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Sortie prochaine en DVD, Blu-Ray et VOD du film romantique noir Joueurs

Joueurs
Joueurs, Film de Marie Monge, Copyright Bac Films

Sortie prochaine en DVD, Blu-Ray et VOD du film romantique noir Joueurs

Les films sur fond d’addiction dramatique au jeu sont légion dans le cinéma contemporain. Les joueurs avec Matt Damon, Baie des Anges avec Jeanne Moreau, Lucky You avec Eric Bana, les intrigues sont multiples et les tour de passe passe légions. Joueurs ne déroge pas à la règle avec Tahar Rahim en joueur de bas étage qui initie Stacey Martin à la fièvre des jeux d’argent. Pour un perpétuel doute sur son honnêteté et les raisons qui la poussent à le suivre, jusqu’à investir son argent dans ses plans minables. Le film se suit comme un film romantique mâtiné de film noir avec son suspense constant et ses rebondissements récurrents. Un agréable moment de cinéma qui se délite un petit peu au fur et à mesure du film, le commencement est plus épileptique que la fin un peu morose.

Un beau duo de cinéma

Lorsque Abel (Tahar Rahim) rencontre Ella (Stacey Martin), les choses sont d’ores et déjà compliquées. Ella travaille dans le restaurant familial tenu par son père (Bruno Wolkowitch) et son destin est tout tracé. Peu de sourires sur un visage obnubilé par les services quotidiens et les ardoises qui se suivent. Quand Abel apparait, Ella est curieuse de savoir où il va la mener. Quand elle découvre avec lui le monde des salles de jeu parisiennes, elle se prend au jeu, tombe amoureuse et perd tout sens commun. Le film devient une longue descente aux enfers avec règlements de comptes, gros paris et déconvenues multiples vu la trempe des gangsters rencontrés. Joueurs vaut surtout par sa mise en scène au cordeau, ses plans serrés et cette musique obnubilante. L’histoire ne peut que mal finir, tout le monde s’en doute. Les moments d’euphorie succèdent aux moments plus pénibles et les acteurs jouent les tourments de l’amour avec une surprenante conviction. Tahar Rahim a beau avoir enchainé quelques rôles peu concluants, il retrouve une certaine grâce après un Réparer les vivants déjà partagé avec un Karim Leklou déjà très convaincant.

Joueurs sort en DVD, Blu-Ray et VD le 7 novembre pour retrouver une histoire de jeux d’argent addictifs qui mènent sur la pente fatale. Une bonne expérience à découvrir chez soi pour contempler un film français tendu et addictif.

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Joueurs
Joueurs

Lorsqu’Ella rencontre Abel, sa vie bascule.
Dans le sillage de cet amant insaisissable, la jeune fille va découvrir le Paris cosmopolite et souterrain des cercles de jeux, où adrénaline et argent règnent.
D’abord un pari, leur histoire se transforme en une passion dévorante.

Sortie DVD : le 7 novembre 2015
Durée : 01h45
Réalisateur : Marie Monge
Avec : Tahar Rahim, Stacy Martin, Karim Leklou
Genre : voir fiche allociné
Prix : 19,99 € (DVD)
Acheter : sur Amazon

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Tenir jusqu’à l’aube, la dure vie d’une mère célibataire (L’Arbalète Gallimard)

Carole Fives

Tenir jusqu’à l’aube, la dure vie d’une mère célibataire (L’Arbalète Gallimard)

Carole Fives nous livre son quatrième roman avec Tenir jusqu’à l’aube. Cette fois-ci, elle s’attache au portrait d’une jeune femme qui se retrouve mère célibataire.

Portrait proche d’une certaine réalité

Elle est séparée de son compagnon et s’occupe seule de son bébé. Elle n’a pas de nom, ni de prénom, pas plus que son bébé. Elle peut être n’importe qui, vous, moi, elle. Elle adore son fils de deux ans et lui consacre entièrement ses journées. Souvent elle se sent débordée par ses cris, ses caprices. Elle se sent une mauvaise mère. Elle n’a pas d’argent, aucun moyen de le faire garder. Donc, difficile de travailler chez elle, avec son bébé à côté, tout à côté. Et cette extrême solitude. Personne à qui parler en de-dehors de son fils.

Forum sur le Net

Elle se sent si seule qu’elle parcourt le Net à la recherche de forum. Elle tape des mots-clés et commence des discussions. Souvent très intolérantes. Du coup, elle n’ose pas trop dire ce qu’elle ressent. Car dans le fond, elle a un peu honte. Difficile d’avouer qu’elle n’en peut plus de son fils. Qu’elle étouffe ! Qu’elle voudrait tant sortir. Voir autre chose, rencontrer des gens ; vivre tout simplement.

Besoin d’oxygène

Ca devient vital pour elle de sortir un peu le soir, quand son bébé est bien endormi. Il ne risque rien son bébé. Il dot à poings fermés. Il ne se réveillera pas avant 2 ou 3 heures du matin. Donc, elle sort. Juste un moment. Vingt minutes, pas plus. Vingt minutes rien que pour elle. Et puis les minutes vont se rallonger au fil des sorties nocturnes. Comme un besoin vital pour cette pauvre mère.

Place de la mère dans notre société

Carole Fives ne parle que de la mère. Pas n’importe laquelle. Celle qui est mise de côté dans notre société. La mère célibataire. Entièrement seule, pas du tout aidée. Elle doit toujours se débrouiller, s’organiser. Personne ne lui viendra en aide. C’est son problème si elle a un bébé. Elle l’a voulu, donc, elle l’assume. Et le père ? Le père, il est parti. Il les abandonnés. C’est comme ça. Il ne subira rien ! Personne ne saura qu’il a un enfant de deux ans, abandonné quelque part. Ca ne l’empêche pas de vivre… la mère, si. Tout le monde le sait et personne ne l’aide. Si ce portrait est dur, il reste néanmoins proche d’une certaine réalité. Même si le statut de la femme a beaucoup évolué dans nos sociétés, il reste encore bien des choses à accomplir pour l’améliorer encore. Et la mère qui élève seule ses enfants fait partie des laissés pour compte…

Tenir jusqu’à l’aube, un livre à lire, par tous. Et sûrement pas que par les mères célibataires ! Elever un enfant est un acte d’amour qui demande énormément de ressources ! Une période difficile qui devrait être aidée par la société beaucoup plus qu’elle ne l’est aujourd’hui.

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Une jeune mère célibataire s’occupe de son fils de deux ans. Du matin au soir, sans crèche, sans famille à proximité, sans budget pour une baby-sitter, ils vivent une relation fusionnelle. Pour échapper à l’étouffement, la mère s’autorise à fuguer certaines nuits. À quelques mètres de l’appartement d’abord, puis toujours un peu plus loin, toujours un peu plus tard, à la poursuite d’un semblant de légèreté.

Comme la chèvre de Monsieur Seguin, elle tire sur la corde, mais pour combien de temps encore?
On retrouve, dans ce nouveau livre, l’écriture vive et le regard aiguisé de Carole Fives, fine portraitiste de la famille contemporaine.

Date de parution : le 1 juillet 2018
Auteur : Carole Fives
Editeur : L’arbalète/Gallimard
Prix : 17 € (177 pages)
Acheter sur : Amazon

Khalil, un portrait très réaliste d’un kamikaze, de Yasmina Khadra (Audible)

Khalil, un portrait très réaliste d’un kamikaze, de Yasmina Khadra

Khalil fait partie de cette belle rentrée littéraire et existe également en livre audio (Audible), interprété par la voix très grave de l’acteur Cédric Dumond. Qui donc que Yasmina Khadra pouvait écrire ce livre, Khalil ? Personne ! Personne n’aurait osé faire parler un terroriste, et encore moins un kamikaze. Khalil habite Bruxelles, est d’origine marocaine et s’apprête à aller à Paris, faire un attentat ce 13 novembre 2015.


Portrait de Khalil

Dès la première page, le lecteur se fait embarquer par Khalil. Il fait partie des « frères » qui vont commettre dans quelques heures des attentats, les plus meurtriers de Paris, ce 13 novembre 2015. C’est la première fois que Khalil vient en France. Il habite Bruxelles, dans le quartier de Molenbeek. Il part avec Driss, son meilleur ami, son « frère », persuadé de devenir un martyr en tuant le plus possible de personnes dans le RER, près du Stade de France, à Paris.

La vie du quartier

Khalil raconte sa vie dans son quartier. Ses deux meilleurs amis, Rayan et Driss. Rayan était choyé par sa mère, bon élève. Il avait tout ce qu’il voulait. Envié par ses amis Khalil et Driss. Si Rayan poursuit sa scolarité, Driss l’abandonne au lycée et Khalil l’imite, étant plein d’admiration pour ce dernier. C’est d’ailleurs Driss qui l’entraine chez les « frères ». A partir de ce jour-là, Khalil ne sera plus jamais paumé, mais entouré par ses « frères » et sa vie prendra sens. Il fréquentera assidument la mosquée intégriste et plus rien ne sera comme avant.

Logique implacable

Khalil est brouillé avec toute sa famille. Il n’a rien dans la vie. Rien ni personne. Les frères lui promettent la vie éternelle et le paradis, s’il meurt en martyr. Mais il doit le mériter. Il doit montrer son enthousiasme et être choisi. Khalil est très fier d’avoir été choisi pour les attentats de Paris, avec son ami Driss. Ils vont tuer le maximum de personnes. Driss au Stade de France, Khalil dans le RER. Au moment précis de l’attentat, sans hésitation, Khalil pousse sur le bouton de sa ceinture d’explosifs, au milieu de la foule. Mais rien ne se passe. Il recommence plusieurs fois, mais ça ne marche pas. Il se retrouve perdu, errant dans les rues de Paris sans comprendre ce qui lui arrive.

Mais pourquoi ?

Khalil réussit à retourner en Belgique. Mais cette histoire le taraude. Pourquoi est-ce arrivé ? Il se sent éperdument seul. Il doit se planquer. Il a appris que son ami Driss est mort, mais en-dehors du Stade de France. Il a donc échoué sa mission, lui aussi. Que s’est-il passé ? Qui a fait ça ? Sa ceinture n’a pas fonctionné mais elle était reliée à un téléphone. Qui devait donc la déclencher ? Tout devient compliqué dans sa tête. Ses convictions vont peu à peu s’effondrer les unes après les autres…

Portait implacable d’un terroriste

Dans ce livre, le lecteur n’a pas envie que le héros soit un terroriste. Ca le dérange. Ca fait mal. Ca réveille les douleurs, les mémoires. Et au fil des pages, Khalil se dévoile sous son vrai jour. C’est un gars complètement paumé, exclu de la société, qui n’intéresse personne. On va, enfin, lui donner un rôle, et un rôle décisif. Car à travers le personnage de Khalil, on découvre les « frères », leurs discours implacables, leurs logiques et leurs vrais rôles. Face à eux, des personnes de l’entourage proche de Khalil tentent de le faire réagir et lui reprochent d’être devenu inhumain, un véritable monstre. Qui croire ? Les frères ou les autres ? Le doute s’immisce dans la tête de Khalil… Jusqu’au jour où il est personnellement touché par un attentat.

Khalil est un livre qui ne va entrer dans aucune catégorie. Il ne défend pas le terrorisme, il explique comment cela devient possible dans la tête de Khalil. Et des Khalil, il y en a plusieurs dizaines de milliers à travers le monde. Hélas.

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Khalil

Vendredi 13 novembre 2015. L’air est encore doux pour un soir d’hiver. Tandis que les Bleus électrisent le Stade de France, aux terrasses des brasseries parisiennes on trinque aux retrouvailles et aux rencontres heureuses. Une ceinture d’explosifs autour de la taille, Khalil attend de passer à l’acte. Il fait partie du commando qui s’apprête à ensanglanter la capitale.

Qui est Khalil ? Comment en est-il arrivé là ?

Yasmina Khadra nous livre une approche inédite du terrorisme, d’un réalisme et d’une justesse époustouflants, une plongée vertigineuse dans l’esprit d’un kamikaze qu’il suit à la trace, jusque dans ses derniers retranchements, pour nous éveiller à notre époque suspendue entre la fragile lucidité de la conscience et l’insoutenable brutalité de la folie.

©2018 Éditions Julliard, Paris (P)2018 Lizzie, un département d’Univers Poche, Paris

Date de parution : le 4 octobre 2018
Auteur : Yasmina Khadra
Lu par : Cédric Dumond
Durée : 5 h et 43 mn
Editeur : Julliard
Acheter sur : Audible

Le sel des larmes est parfois doux, un roman poétique de Joëlle Tiano-Moussafir (Zinedi)

Le sel des larmes est parfois doux, un roman poétique de Joëlle Tiano-Moussafir (Zinedi)

Joëlle Tiano-Moussafir nous présente son deuxième roman : Le sel des larmes est parfois doux. L’histoire se situe à la fin du XIX siècle. Trois personnages en sont les héros.

Nous avons d’abord le Padre Pinto, puis, l’Obscurci, et enfin la jeune métisse, Artémisia. Au premier abord aucun point commun entre eux trois.

Le Padre Pinto est un prêtre portugais. Un beau jour, il décide de quitter cette terre et part, abandonnant tout et tous derrière lui. Il fuit au Cap Vert. Là-bas, il va avoir des révélations totalement incroyables sur ses parents et ses propres origines. Et ce sera L’Obscurci qui lui dévoilera ses racines. L’Obscurci est simple d’esprit, et d’origine juive. Quant à Artémisia, elle est une jeune esclave affranchie. Un beau jour, elle aussi, décide de tout quitter. Finie la plantation ! Elle part sur le chemin de la liberté et fera la rencontre du Padre. Une très belle rencontre.

Le sel des larmes est parfois doux est un roman d’une infinie poésie qui pose la question de l’identité, au plus profond de chaque être. A travers cette recherche, chaque personnage découvre la vie sous un autre jour, à partir du moment où il a décidé de vivre libre. Ils nous entraînent sur leur chemin de Vérité, leur chemin de liberté.

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1896. Pourquoi le Padre Pinto abandonne-t-il un jour d’été son église de Castelo das Fontes ?

Pourquoi l’Obscurci, le simple d’esprit d’Altas Pedras, un étrange village voisin, se lance-t-il au même moment sur les chemins et les routes de la Serra da Estrela, au nord du Portugal ?

À des milles de là, dans l’archipel du Cap-Vert, qu’est-ce qui, tôt un matin, décide Artémisia, une jeune métisse, esclave affranchie, à quitter la plantation de Campina Morna ?

À travers leurs cheminements, leur départ pour le grand large ou le long du rivage, se conjuguent et se répondent trois destins dont chacun fait écho à l’autre, où se tissent, indissociables, la recherche d’identité, la quête de vérité et le désir impérieux de liberté.

Date de parution : le 11 octobre 2018
Auteur : Joëlle Tiano-Moussafir
Editeur : Zinedi
Prix : 14,90 €
Acheter sur : Amazon

Une oeuvre et une vie magnifiquement retranscrites dans l’exposition Miro au Grand Palais

Exposition Miro, Grand Palais
Exposition Miro, Grand Palais

Une oeuvre et une vie magnifiquement retranscrites dans l’exposition Miro au Grand Palais

Le peintre, sculpteur, graveur et céramiste espagnol Joan Miro a les honneurs d’une exposition fastueuse au Grand Palais pour un panorama exhaustif sur une existence marquée par le sceau de l’engagement et de la totale indépendance. En clamant sa volonté de rompre avec toute méthode pré-existante, il s’est inscrit dans une démarche éminemment personnelle qui a marqué la postérité aux côtés de nul autre q’un Picasso. Le parcours avant tout chronologique fait traverser le XXe siècle, avec l’arrivée décisive à Paris, l’inclusion passionnée dans le mouvement surréaliste et la marque indélébile laissée par la seconde guerre mondiale. Une exposition qui fait honneur au grand peintre en lui rendant la place qui est la sienne dans l’histoire picturale du XXe siècle, centrale.

Un parcours aussi instructif qu’éblouissant

Joan Miro est généralement associé à l’abstraction, à tort à en croire les commentaires de l’exposition. Car l’artiste suivait avant tout ses mouvements internes, préférant rêver pour imaginer de nouveaux univers picturaux tout en se plaçant en dehors des courants artistiques majeurs. Pour donner une bonne idée d’une vie entière dédiées à l’art, le Grand Palais réunit environ 150 oeuvres dont certaines inédites sur le territoire pour retracer une carrière de 70 ans dans une rétrospective qui couvre toutes les étapes de son engagement artistique. Après des débuts avant tout figuratifs à Barcelone, l’artiste a privilégié la voie de ses rêves pour imaginer des univers iconoclastes et poétiques. A l’aide de traits très simples, il arrange des compositions sans queue ni tête pour mener le spectateur au bout d’une ligne, de formes métaphoriques ou de traces d’eau. Les assemblages intriguent et orientent dans une pensée exigeante qui n’acceptait aucune concession. Les couleurs chaudes rappellent sa Catalogne natale tout autant que son tempérament méditerranéen Chaque tableau devient une vraie découverte à apprivoiser et à contempler longtemps pour la faire sienne.

Le parcours offert par le Grand Palais offre autant de poésie que de chocs picturaux au cours d’un parcours qui s’étire sur de nombreuses salles successives qui accumulent des oeuvres majeures du XXe siècle. Le mot de la fin revient à l’artiste qui a marqué l’art du XXe siècle: « Pour moi, un tableau doit être comme des étincelles. Il faut qu’il éblouisse comme la beauté d’une femme ou d’un poème ».

Dates : du 3 octobre 2018 au 4 février 2019
Lieu : Grand Palais (Paris)
Entrée : 15 €

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Gauthier Fourcade en roue libre dans Liberté! au Studio Hébertot

Liberté!
Liberté!, mise en scène de William Mesguich, Studio Hébertot

Gauthier Fourcade en roue libre dans Liberté! au Studio Hébertot

Le spectacle Liberté! est bref mais intense, le public ne sait plus où donner de la tête tant le comédien Gauthier Fourcade manie les mots de la langue français avec délectation, multipliant les double sens et les homonymies avec bonheur. Pas d’intrigue simpliste, le comédien semble continuellement sauter du coq à l’âne, jouant avec les lumières, gesticulant avec les mots et courant sur une scène trop petite pour lui. Liberté! ressemble à un grand défouloir frénétique qui laisse le comédien et le public exsangues. Et heureux. Gauthier Fourcade rend tout simplement heureux, sans vulgarité, sans effets de manche inutiles, chaque mot touche au coeur. C’est beau.

Un spectacle iconoclaste et réjouissant

Gauthier Fourcade est seul sur scène mais il prend toute la place. Son regard perpétuellement halluciné accompagne sa voix chantante triturant la langue française en tous sens. Il semble être à chaque instant lui-même, racontant des aventures vécues et non pas inventées. Il faudrait revoir le spectacle pour savoir si chaque prestation est peut être différente, ou pas, ce qui doit être obligatoirement le cas vu la créativité du personnage. Il débute en parlant de liberté, réfléchissant sur la signification véritable du mot. Le comédien parle de choix, de création, de rêverie et de contraintes. Car choisir, n’est-ce pas sacrifier un peu de soi même? Gauthier Fourcade disserte et son spectacle prend des accents de Raymond Devos pour le plus grand plaisir du public. Les jeux de mots se succèdent pour des paradoxes truculents et une féroce dérision. Mais sans jamais aucune acrimonie, le comédien sait éviter les écueils de la méchanceté gratuite pour privilégier les réflexions philosophiques cachées dans la langue de tous les jours. Le public semble d’abord quelque peu perdu, ne sachant pas dans quel voyage va les emmener le comédien. Mais au bout de plusieurs minutes, la magie opère et les sourires se multiplient. Tandis que les histoires se succèdent avec des personnages imaginaires – ou non – et des histoires aux accents d’universalité, le public ne voit plus le temps passer et s’immerge complètement dans la folie douce d’un comédien au talent resplendissant. Pas de réflexes dignes des réseaux sociaux faits de jugements à l’emporte pièce et de crucifixions péremptoires, Gauthier Fourcade s’interroge et se pose des questions simples. La création du monde, l’amour, la politique, tout y passe et l’audience aimerait que ça ne s’arrête jamais. Le seul en scène est foisonnant et nul doute que beaucoup recommanderont ce spectacle avec extase tant le samedi n’est plus le même une fois ce spectacle contemplé.

Liberté! est un grand cri, de liberté mais pas seulement, de vie aussi, d’enthousiasme surtout et d’émerveillement. Gauthier Fourcade est un philosophe moderne qui ne prend pas les choses pour argent comptant. Il s’amuse de son environnement et le passe à la question pour en retirer le meilleur. Séparer le bon grain de l’ivraie, c’est ce que le comédien apprend à faire pendant un spectacle à découvrir absolument.

Dates :  Du 20 octobre 2018 au 28 avril 2019, le mercredi à 19h et le samedi à 15h
Lieu : Studio Hébertot(Paris)
Metteur en scène : WIlliam Mesguich
Avec : Gauthier Fourcade

Le choc Sobibor le 7 novembre prochain en DVD, Blu-Ray et VOD

Sobibor
Sobibor, film de Konstantin Khabenskiy, crédits: Lukas Salna Photography

Le choc Sobibor le 7 novembre prochain en DVD

Le cinéma russe embrasse de plus en plus des sujets historiques avec un luxe de moyens pour des résultats de plus en plus saisissants. Et une distribution internationale qui fait plaisir. Sobibor ne déroge pas à la règle en ravivant la mémoire d’une évasion rocambolesque survenue le 14 octobre 1943 dans un camp de la mort où les prisonnier ont décidé de réagir. Ce jour là, ils ont pris la poudre d’escampette en neutralisant 11 gardes SS. Le film montre le quotidien des camps de la mort, ces petites joies nécessaires pour survivre, mais également ces monstrueuses exactions qui collent à l’image des nazis sanguinaires. Le casting international fait la part belle aux acteurs russes et américains avec Christophe Lambert apparait également dans le rôle d’un soldat SS aussi sinistre que peu recommandable. Une belle réussite à découvrir le 7 novembre en DVD.

Un réalisme froid

La première chose qui frappe dans ce Sobibor, c’est la volonté de ne rien cacher, quitte à faire frémir les âmes sensibles. De mémoire, c’est la première fois que je vois dans un film une chambre à gaz en pleine action avec les pommeaux de douche rejetant du zyklon B à la place de l’eau attendue par des prisonniers fatigués par de longues heures de train. L’arrivée dans les camps met bien en avant le simulacre mis en place par les nazis pour empêcher toute action de résistance, avec petite musique et discours rassurant craché par les hauts parleurs. Et le quotidien des camps varie entre sadisme et souffrance nous stop. Sobibor privilégie pendant longtemps la plongée en apnée avec ses gardiens SS sans pitié et les victimes abusivement torturées. Le rythme devient un peu plus hollywoodien sur la fin quand les prisonniers parviennent enfin à s’enfuir. Rappelant la triste réalité, peu ont finalement réussi à survivre dans un pays occupé et quadrillé par les armées ennemies. Et le camp a été rasé pour ne rien laisser subsister d’un épisode par trop honteux pour les nazis, ordre d’Himmler lui-même. Sobibor fait apparaitre quelques têtes connues au sein d’une mise en scène au réalisme criant. Un Christophe Lambert grimé interprète un nazi sadique et Konstantin Khabenskiy est à la fois réalisateur et acteur dans le rôle du soldat russe qui instille la flamme de la résistance dans les esprits éteints des prisonniers. Loin d’être une partie de plaisir, le film fait ressortir la souffrance généralisée d’une époque pas si lointaine où une population entière a pris comme bouc émissaire une autre partie de la population. De quoi faire réfléchir sur la vilénie humaine… Là où Le Fils de Saul scrutait un camp de la mort de manière plus chirurgicale que cinématographique, Sobibor suit des personnages à la croisée des chemins, obligés de réagir pour survivre. Des histoires particulières s’inscrivent dans un destin collectif qui fait froid dans le dos. Et on se surprend à applaudir quand quelques officiers nazis se font finalement trucider.

Sobibor mérite plus qu’un coup d’oeil appuyé tant le film hérisse les poils. Sortie DVD, Blu-Ray et VOD le 7 novembre pour un film qui a connu un joli succès en Russie à sa sortie en mai 2018, avec un sujet douloureux et un traitement qui rend un bel hommage à ceux qui ont osé défier l’ogre nazi.

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Sobibor
Sobibor

Le camp de Sobibor, ses prisonniers maltraités par les nazis et leur évasion rocambolesque. Un film russe à découvrir le 7 novembre en DVD.

Sortie DVD : le 7 novembre 2018
Durée : 01h50
Réalisateur : Konstantin Khabenskiy
Avec : Konstantin KhabenskiyChristopher Lambert, Michalina Olszanska
Genre : voir fiche allociné
Prix : 14,99 € (DVD)
Acheter : sur Amazon

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https://www.youtube.com/watch?v=-53atFou89Y

Comment le Grinch a volé Noël, notre coup de coeur (Le Nouvel Attila)

Comment le Grinch a volé Noël, notre coup de coeur (Le Nouvel Attila)

L’auteur, le Dr Seuss, est très connu aux Etats-Unis. Même s’il est décédé en 1991, ses livres pour enfants connaissent toujours un énorme succès. Quelle chance avons-nous que l’édition, Le Nouvel Attila, publie et traduise (grâce à Stephen Carrière) un livre par saison, soit quatre livres par an.

Le Grinch

Qui est donc ce Grinch ? Un être très grincheux qui habite Chouville. Quand les autres, les Chous, se réjouissent, cela le met en colère. De toute manière, il n’aime rien le Grinch. Et surtout pas Noël. Il veut à tout prix gâcher la fête de Noël. Rendre malheureux tous les Chous. Et Noël, c’est déjà demain. Il décide donc de saboter cette fête et dans la nuit, il va s’introduire dans toutes les maisons de Chouville et se transformer en Père Noël. Mais le Père Noël Grinch a une idée « super abonimable » !

La morale de l’histoire

Impossible de vous raconter ce que va faire le Grinch déguisé en faux Père Noël. Une chose est sûre : il ne ressemble pas du tout au vrai Père Noël. Il veut faire de la peine à tous les Chous de la ville de Chouville. Mais malgré tout, il n’y réussira pas. Car à Noël, il n’y a pas que les cadeaux qui comptent…

Comment le Grinch a volé Noël, un très bel album jeunesse, avec des dessins originaux et un texte qui ne peut laisser personne indifférent, les petits comme les plus grands. D’une rare pureté et éternellement vrai ! Un vrai coup de coeur pour Publik’Art !
Une très belle idée de cadeau de … Noël ! Assurément !

Page de l’éditeur :

Saviez-vous qu’il est possible de détester Noël ?
À Chouville, le Grinch fait tout pour gâcher la fête qui se prépare : voler les cadeaux, manger la bûche, brûler le sapin, tout y passe !
La magie de Noël sera-elle plus forte qu’un Grinch grognon ?

Date de parution : octobre 2016
Auteur : Dr Seuss
Editeur : Le Nouvel Attila
Prix : 12 €
Acheter : Amazon

Dix-sept ans, un livre très personnel d’Eric Fottorino (Gallimard)

Eric Fottorino

Dix-sept ans, un livre très personnel d’Eric Fottorino (Gallimard)

Dix-sept ans est présenté comme un roman d’Eric Fottorino. Mais en réalité, il s’apparente davantage à une autobiographie qu’à une fiction. L’auteur nous confie sa relation avec sa mère, jamais évidente. Le livre est écrit à la première personne.

Le personnage principal du roman : sa mère

Le roman commence par un déjeuner, un dimanche chez sa mère qui avait convoqué toute la famille. Eric, sa femme et sa fille, et ses deux frères étaient présents. Leur mère leur signifia dès leur arrivée qu’elle voulait parler à ses trois fils, après le repas. Ce n’était pas vraiment son style. Et ce qu’elle leur révéla fut comme une bombe sur eux, même si chacun a réagi différemment. Ce secret gardé durant des années dévoila Lina sous un tout autre jour. Car de tout temps, Eric n’a jamais pu appeler sa mère autrement que par son prénom. Mais comme il aurait aimé dire « ma petite maman » !

Une sœur plutôt qu’une mère

A travers ce roman, l’auteur part à la découverte de sa mère. De sa mère avant sa conception et depuis sa naissance. Il part sur ses traces. Il part à sa rencontre. Il sait qu’il est né de père marocain, de Fès, Moshé. Il découvre ses origines juives, anéanties par sa grand-mère. Qu’ensuite, à ses dix ans, sa mère a épousé Michel Signorelli qui a adopté Eric en lui donnant son nom.

« Michel avait remplacé Moshé sur la terre, le temps de m’aider à grandir. Moshé est réapparu sur la fin. Michel, Moshé. Deux pères ont effacé une mère comme un drame peut en cacher un autre ». p.77

A la recherche de l’amour de sa mère

Tout au long du livre, Eric part à la recherche de preuves d’amour de sa mère à son égard. Il a besoin de savoir si elle l’a vraiment aimé. Elle, cette jeune fille de dix-sept ans qui l’a eu toute seule, loin de celui qu’elle a aimé. Lui, son fils, n’a jamais su lui dire qu’il l’aimait. Tout était bloqué en lui. Comme on avait « bloqué » sa mère, on lui avait enlevé son identité, sa religion, son père, et même sa mère. Comment est-il possible de vivre sans dire Maman, ma petite maman ?

Dix-sept ans est un roman poignant qui donne la chair de poule car à travers les « confessions » de l’auteur, le lecteur ne peut que sentir la douleur et le manque qui ont creusé le cœur d’Eric. C’est un véritable cri d’amour, étouffé certes, mais réel, d’un fils à sa mère. Dix-sept ans fait partie des quinze livres sélectionnés pour le Goncourt cette année ! Publik’Art félicite Eric Fottorino et on lui souhaite bonne chance !

Extraits :

Si tu étais ma sœur, qui devais-je aimer pour aimer ma mère ? Un barrage d’incompréhension se dressait devant moi. Le cours normal de mes sentiments avait été dévié comme on détourne un fleuve. Une mère, on l’aime sans réserve. Une sœur, on peut la détester. P.130

Mes lèvres remuent : « Je suis le fils d’une pute qu’un salaud de juif a tringlée avant de se tirer ». P.136

L’oubli est une assurance-vie.

[…] Péché. Faute. Mal. Coupable. Juif. Conversion. Adoption. Coupable. Juif. Adoption. P.246

Tu ne m’aimais jamais assez puisque je t’aimais trop. P.262

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«Lina n’était jamais vraiment là. Tout se passait dans son regard. J’en connaissais les nuances, les reflets, les défaites. Une ombre passait dans ses yeux, une ombre dure qui fanait son visage. Elle était là mais elle était loin. Je ne comprenais pas ces sautes d’humeur, ces sautes d’amour.»
Un dimanche de décembre, une femme livre à ses trois fils le secret qui l’étouffe. En révélant une souffrance insoupçonnée, cette mère niée par les siens depuis l’adolescence se révèle dans toute son humanité et son obstination à vivre libre, bien qu’à jamais blessée.
Une trentaine d’années après Rochelle, Éric Fottorino apporte la pièce manquante de sa quête identitaire. À travers le portrait solaire et douloureux d’une mère inconnue, l’auteur de Korsakov et de L’homme qui m’aimait tout bas donne ici le plus personnel de ses romans.

Date de parution : le 16 août 2018
Auteur : Eric Fottorino
Editeur : Gallimard
Prix : 20,50 € (272 pages)
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Prendre soin de l’enfant intérieur, un livre audio qui fait du bien (Audible)

Prendre soin de l’enfant intérieur, un livre audio qui fait du bien (Audible)

Publik’Art a déjà chroniqué des livres sur le bonheur (Mange, prie, aime, Imparfaits, libres et heureux), et la méditation (Le bonheur de la méditation). Cette fois-ci, il s’agit d’un livre écrit par un grand maître du bouddhisme qui nous révèle une démarche totalement personnelle qui allie l’estime de soi et la méditation. Thich Nhat Hanh, nous livre de précieux conseils pour savourer notre bonheur au quotidien et faire la paix avec soi en prenant soin de son « enfant intérieur ». En voici quelques-uns.

L’enfant intérieur

En chacun de nous se trouve un enfant. Un enfant qui souffre. Même si nous ne le sentons pas, si nous l’ignorons, il existe bel et bien cet enfant en souffrance. Thich Nhat Hanh nous donne les clés pour guérir cet enfant blessé, respirer avec lui, l’écouter, le soigner. Cela peut vous paraître bizarre, au premier degré, mais en écoutant Thich Nhat Hanh, interprété par la voix posée de Christian Bobet, le lecteur lâche prise et apprend la pratique de la respiration en pleine conscience, pour soulager les souffrances de cet enfant. Lui parler, le choyer, le guérir.

Marcher avec nos ancêtres

Nous sommes reliés à la nature, au cosmos et dépendons des autres, des plantes, des minéraux, de l’eau. Nous sommes également le prolongement de notre mère, de notre père et de toutes les générations d’ancêtres. Nous marchons avec eux. Ils sont en nous. De la même façon, nous transmettons notre karma à nos enfants, au monde entier. Nous devons cultiver la pleine conscience pour éliminer la violence. Notre façon de vivre, d’agir provient de nos ancêtres.

Notre peur

Notre peur est née en même temps que nous. Dans l’utérus, nous étions à l’abri, sans crainte. Utérus en vietnamien veut dire : le palais de l’enfant. On était en harmonie avec notre mère. Nous n’étions qu’une seule personne. Avec notre naissance, la peur s’est ancrée en nous. La souffrance également. Nous devons apprivoiser la souffrance, arriver à en prendre soin pour mieux la comprendre. La souffrance est notre maître à tous. On apprend beaucoup de la souffrance.

Respirer, lâcher prise, laisser faire

L’important est de vivre l’ici et maintenant. Grâce à la respiration consciente, on revient à l’essentiel. Apprendre à vivre chaque moment du quotidien. L’important est de développer la compassion, l’amour que l’on porte à soi-même.
Thich Nhat Hanh propose des exercices de respiration profonde qui vont ramener notre esprit au moment présent. La paix en respirant. La paix en marchant.

Transformer la souffrance

La souffrance existe. Nous ne devons pas la fuir mais la reconnaitre, la transformer, la gérer. Il faut arrêter de courir après le plaisir. Ne plus fuir. Nous devons examiner en profondeur notre souffrance et aller ainsi vers l’amour. Si nous fuyons le mal-être, nous ne trouverons pas le bonheur. Si nous acceptons la vie telle qu’elle est, sans se révolter, nous sommes sur le bon chemin. Nous pouvons pratiquer la méditation sur l’enfant de cinq ans que nous avons été. L’important est d’écouter l’enfant blessé qui vit en nous, ici et maintenant. Et nous arrivons à la réconciliation, en prenant soin de soi et des autres.

Ecrire pour avancer

Thich Nhat Hanh propose d’écrire une lettre que l’on rédige à la place du petit enfant blessé. L’important est de rester en communication avec notre enfant intérieur. Nous nous libérons de notre souffrance et arrêtons les ruminations. L’important est la pratique de la paix, en vivant chaque moment intensément. Des conseils qui ne peuvent que nous faire du bien en éloignant notre colère et en nous apportant la paix et la joie avec compréhension et compassion.

Ecouter Prendre soin de l’enfant intérieur reste un moment privilégié, en-dehors du monde, un moment de paix, un moment partagé avec soi-même. Un beau moment. Une belle approche du bouddhisme.

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Prendre soin de l’enfant intérieur

Vous avez l’impression de ne pas avoir suffisamment confiance en vous ? De manquer parfois de recul face aux épreuves du quotidien ? Et si certaines de vos blessures d’enfant vous empêchaient de vous construire sereinement ?

Thich Nhat Hanh nous aide grâce à des exercices de respiration, de concentration et de méditation à apaiser la colère, la peur, la tristesse qui hantent encore nos vies d’adulte, et à les transformer en une force de réconciliation et de compassion.

©2018 Éditions Michel Lafon. Traduit par Bénédicte Genot (P)2018 Lizzie, un département d’Univers Poche

Date de parution : le 4 octobre 2018
Auteur : Thich Nhat Hanh, Fabrice Midal
Lu par : Christian Bobet
Durée : 7 h et 57 mn
Acheter sur : Audible

La nuit a mangé le ciel, Prix littéraire Matmut 2018 (Denoël)

La nuit a mangé le ciel, Prix littéraire Matmut 2018 (Denoël)

Gauthier Steyer écrit son premier roman : La nuit a mangé le ciel. Et le succès est déjà là puisqu’il vient de se voir attribuer le Prix littéraire Matmut 2018 ! Un grand bravo à Gauthier Steyer qui est éducateur spécialisé à La Réunion.

L’histoire tragique de Juanito

Dans le roman La nuit a mangé le ciel, Juanito nous raconte son histoire. Ou plutôt, il nous la confie. Juanito a onze ans. La première phrase du roman nous donne le ton :

« A onze ans, j’ai foutu le con ».

Et tout au long du roman, le lecteur va suivre, avec angoisse le petit Juanito. Mais aussi avec humour ! Il n’a pas envie de mourir. Et pourtant il va se couper les veines, juste pour voir ce que ça fait… Il faut bien comprendre la situation de Juanito. Il a été placé dans une famille d’accueil sans en comprendre les raisons. Les services sociaux en ont décidé ainsi. Il était bien avec sa mère, dans son quartier de La Marmite. En plus, sa mère, elle n’a que lui pour lui soigner ses pieds. Il est très mal le petit Juanito sans sa mère. Et très malheureux dans sa famille d’accueil. Du coup, il va faire plein de bêtises et se retrouver dans des situations de plus en plus dramatiques.

Peur de rien

Juanito n’a peur de rien. Il est prêt à tout pour rentrer chez lui, retourner près de sa mère. Il va fuguer, être retrouvé et encore fuguer. Et comme il sera enfin heureux de se nicher dans les bras de sa mère ! Le vrai bonheur.

A travers Juanito, le lecteur découvre la vie difficile des jeunes placés en famille d’accueil ou en foyer. Les prises en charge de cet enfant sont souvent à côté de la plaque. Au lieu d’aider l’enfant à s’en sortir, on a l’impression que tout est fait pour l’enfoncer davantage dans son malheur, jusqu’à en devenir fou.

Un roman proche de la réalité

La nuit a mangé le ciel est un roman poignant car on sait que l’auteur connaît bien le milieu étant lui-même éducateur spécialisé. Même si Juanito n’existe pas, il représente des dizaines d’enfants, « des milliers d’enfants, ces gosses de l’Assistance, cette racaille, ces cas soc’ devenus des hommes et des femmes ».

Tout le monde sait que la mère est indispensable à tout enfant et que ce sera toujours sa quête éternelle. La souffrance de Juanito devient de plus en plus insupportable tout au long du roman.

La nuit a mangé le ciel, un très beau premier roman, poignant et écrit avec beaucoup d’humour !

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Préface de Philippe Labro

J’ai posé le front contre la vitre et j’ai regardé les images dehors. On remontait le temps. Il y avait d’abord que le vert des arbres qui se barraient à fond la caisse en sens inverse. Puis très vite, j’ai commencé à y voir plus clair. La forêt a laissé place à des prés, à des champs, bien carrés, bien découpés, avec de belles lignes droites. C’était déjà moins la jungle, avec de grands pylônes électriques au fond, comme il y en a dans la zone à côté de ma cité. Même les couleurs étaient plus nettes, plus propres. Puis les premiers immeubles ont pointé le bout de leurs derniers étages, il y avait de plus en plus de bagnoles sur la grande route, ça commençait à sentir le béton et le goudron. La ville était là. C’était trop bon de rentrer chez soi.

Trimbalé de foyer en famille d’accueil, Juanito, onze ans, refuse l’étiquette de «cas soc’» qui lui colle à la peau et n’a qu’une idée, retrouver la Marmite, la cité où il a grandi.

Date de parution : le 20 septembre 2018
Auteur : Gauthier Steyer
Editeur : Denoël
Prix : 20 € (224 pages)
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Des expositions Basquiat et Schiele extraordinaires à découvrir à la Fondation Louis Vuitton

Basquiat Schiele
Basquiat Schiele, Fondation Louis Vuitton

Des expositions Basquiat et Schiele extraordinaires à découvrir à la Fondation Louis Vuitton

La Fondation Louis Vuitton propose souvent rien de moins que du très lourd. L’exposition dédiée au Moma avait déjà ébloui les foules en novembre 2017, celles dédiées à Egon Schiele et Jean-Michel Basquiat se hissent au même niveau en offrant des panoramas aussi exhaustifs qu’éblouissants sur deux carrières courtes mais marquantes par la rupture qu’elles ont provoquées dans leurs époques. Le peintre, poète et dessinateur autrichien a tout autant introduit de nouvelles manières d’appréhender l’art et la vie que l’artiste peintre américain, à environ 70 ans d’écart. Les deux expositions parallèles montrent réellement ce qu’est l’originalité, l’excentricité et le non-conformisme. Quand des esprits sont remplis d’idées saugrenues et de points de vue tranchants, ça donne des oeuvres fortes, et des expositions à découvrir absolument.

Deux artistes inclassables réunis dans un même maelström esthétique

Egon Schiele a vécu de 1890 à 1918 avant de mourir de la grippe espagnole après avoir produit quelques trois cents peintures, dix-sept gravures et lithographies, deux gravures sur bois, de nombreuses sculptures et 3 000 dessins, aquarelles et gouaches. Une vie courte mais intense sous le signe de la névrose galopante et d’une vision pessimiste de l’humanité. Si quelques oeuvres rappellent Gustav Klimt et d’autres préfigurent Lucian Freud, c’est la teinte verdâtre de corps décharnés qui attirent l’attention. En plaquant sur ses toiles les contours malades de son esprit névrosé, des pensées pornographiques, allégoriques et pessimistes en ressortent. L’humain est retranscrit dans sa plus pure bestialité, sans poésie mais pas sans arrière pensée. Ses oeuvres mettent mal  à l’aise par leur lucidité morbide et leurs couleurs alternativement brulantes ou glaciales. De quoi préfigurer les excès  cathartiques d’un Jean-Michel Basquiat qui a lui aussi vécu 28 ans de 1960 à 1988 pour révolutionner l’art par ses visions sans concessions. Les symboliques religieuses et érotiques traversent des oeuvres qui font crisser l’esprit des visiteurs. L’artiste multiplie les faciès de squelettes, les arrières plans graphiques et les symboliques morbides. Celui qui a attiré l’attention d’Andy Warhol pour un coup de pousse essentiel a poussé la représentation de l’esprit humain dans ses derniers retranchements. Les visites des différents étages multiplient les surprises et maintiennent en haleine tout du long. Les visiteurs du weekend se demanderont si une telle foule nombreuse ne serait pas plus clairsemée en semaine mais cela ne gâche pas le plaisir de la visite. Car loin d’être classiques et conventionnels, les artistes offrent des perspectives aussi différentes que magistrales. Ce sont deux univers qui s’ouvrent devant les yeux émerveillés du public pour une avalanche d’oeuvres marquantes. Le nombre d’oeuvres présentées est invraisemblable et il faut prendre son mal en patience pour arriver au bout du parcours sans en demander encore plus.

La Fondation Louis Vuitton réussit u nouveau tour de force avec deux expositions à découvrir à proximité du Jardin d’Acclimatation au coeur du Bois de Boulogne. Il reste encore du temps, jusqu’au 14 janvier, pour un vrai chambardement esthétique qui ne pourra laisser personne indifférent.

Dates : Jusqu’au 14 janvier 2019
LieuFondation Louis Vuitton, Paris
Entrée : 16 €

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Fondation Louis Vuitton Basquiat Schiele
Fondation Louis Vuitton Basquiat Schiele

Fondation Louis Vuitton Basquiat Schiele
Fondation Louis Vuitton Basquiat Schiele

Fondation Louis Vuitton Basquiat Schiele
Fondation Louis Vuitton Basquiat Schiele

Fondation Louis Vuitton Basquiat Schiele
Fondation Louis Vuitton Basquiat Schiele

Une écrivaine de légende revit sur la scène du Lucernaire avec Françoise par Sagan

Françoise par Sagan
Françoise par Sagan, mise en scène de Alex Lutz, Le Lucernaire

Une écrivaine de légende revit sur la scène du Lucernaire avec Françoise par Sagan

Caroline Loeb devient littéralement Françoise Sagan sur la scène du Lucernaire. Avec sa perruque à la forme si caractéristique, elle ajoute une voix trainante et saccadée pour parfaire sa composition. Pendant 1h10, elle monologue en reprenant des textes d’interviews qui l’ont fait se dévoiler, avec son inimitable humour, sa candeur charmante mais aussi sa triste lucidité. Le spectacle se situe entre la la sincérité recluse et la confession sans fard, et il passe comme un souffle d’air chaud dans la salle tant le public est conquis.

Un spectacle écrit et interprété par une Caroline Loeb au sommet

La jeune génération ne sait certainement que peu de choses au sujet de celle qui créa le scandale en 1954 à la sortie de son premier ouvrage Bonjour Tristesse alors qu’elle n’avait que 18 ans. Le succès commercial est à la hauteur du scandale suscité par un ouvrage où l’héroïne de 17 ans couche avec un garçon sans en être amoureuse et sans tomber enceinte. On a peine à croire le cataclysme provoqué dans une époque encore enserrée dans les carcans surranés de l’après guerre, même l’église s’effarouche alors vertement au sujet de cet ouvrage iconoclaste et libertaire avant l’heure. C’est surtout le début d’une richesse inespérée pour celle qui brula la vie par les deux bouts, vivant la nuit, s’adonnant aux excès jusqu’à finir ruinée, seule et désenchantée. Le spectacle expose les points de vue atypiques de celle qui était issue de la bourgeoise provinciale et n’aimait ni la vulgarité ni la trivialité. La comédienne fait revivre celle qui disparut en 2004 pour un parti pris forcément subjectif. Pas de mentions de l’addiction à la blanche ni aux démêlés avec le fisc, le spectacle préfère privilégier les partis pris piquants plutôt que les scandales de magazines, et pourquoi pas. Nommé aux Molière 2018 dans la catégorie Seul en scène, Françoise par Sagan hypnotise le public pendant un peu plus d’une heure. La mise en scène volontairement dépouillée d’Alex Lutz laisse toute la place à la personnification du Charmant petit monstre comme l’appelait François Mauriac. Même si tout le monde se doute qu’elle jouait plus qu’elle ne se livrait pendant les entretiens, une petite musique ressort du spectacle, comme dans les ouvrages pas du tout datés et toujours d’actualité. Avec des phases comme L’amour c’est parler avec quelqu’un ou le temps ne s’écoule pas de la même manière le jour ou la nuit, on se doute que le spectacle parle autant à l’intellect qu’à la sensibilité de chacun. Car Sagan était une grande sensible, forcément humaine avec tout ce que l’expression comporte de maladresse.

Françoise par Sagan subjugue par l’interprétation de Caroline Loeb. Elle devient l’écrivaine sur scène, son naturel convainc complètement et l’élocution donne l’impression de voir réapparaitre la grande dame disparue sur scène. Un spectacle à découvrir absolument jusqu’au 12 janvier.

Dates :  jusqu’au 12 janvier 2019, à 19h du mardi au samedi
Lieu : Le Lucernaire(Paris)
Metteur en scène : Alex Lutz
Avec : Caroline Loeb

Leurs enfants après eux, le Prix Goncourt décerné à Nicolas Mathieu (Actes Sud)

Nicolas Mathieu

Leurs enfants après eux, un roman passionnant de Nicolas Mathieu (Actes Sud)

Nicolas Mathieu nous livre son deuxième roman : Leurs enfants après eux.

La vie dans les années 90 dans l’Est

C’est l’histoire d’ados que l’on va suivre durant quatre étés. De 1992 à 1998. Anthony a quatorze ans en 1992. Il passe tout son temps avec son cousin. Ils connaissent tout le monde à Heillange. Une ville quelque part dans l’Est de la France, qui ressemblerait fort à Hayange… Une ville où les hauts-fourneaux ne fonctionnent plus depuis longtemps, où le travail se fait rare. Et à travers ces ados, l’auteur décrit parfaitement la vie dans cette petite ville, qui n’est ni une cité, ni un village, mais une ville moyenne, avec ses zones commerciales, ses pavillons, et ses fêtes foraines. Sans oublier le bal du 14 juillet. Bien sûr, Anthony est « travaillé » par les filles. Et son rêve est de coucher avec Steph, la petite bourgeoise d’Heillange.

Les études, la drogue et le sexe.

Quand on est ado et qu’on habite une ville comme Heillange, on n’a qu’un rêve : la quitter et si possible « monter » à Paris. Pour cela, il faut s’en donner les moyens et réussir dans les études.

Nicolas Mathieu décrit parfaitement la vie au quotidien de ses jeunes ados un peu désœuvrés. Les bêtises fusent. L’alcool coule à flot, la drogue circule. Certains dealent et deviennent très riches. D’autres se retrouvent en prison. et tous ont envie de découvrir le sexe et l’amour.

A travers ce livre, Leurs enfants après eux, le lecteur n’a aucune nostalgie de ce temps-là. Leur vie ne donne pas envie. Ils se sentent oubliés du système, perdus, non reconnus. La vie de leurs parents a été toujours difficile. Ils ont payé toute leur vie le crédit pour leur petit pavillon. Et n’ont jamais profité de rien. Et leurs enfants ne veulent surtout pas de cette vie-là. Tout sauf la vie de leurs parents qui leur paraît dérisoire et sans intérêt. Eux, flambent, veulent de l’argent, vite, très vite. Et puis, le temps passe. Leurs « conneries  » diminuent.

Le vol de la moto

Hacine vole la moto d’Anthony, un soir de fête. Le problème est que cette moto est celle de son père et qu’il n’avait pas le droit de la prendre. A partir de là, tout dégénère dans la famille d’Anthony, et ce, pour des années. Jusqu’à la dernière page, on ne sait pas comment ça va tourner. Car même si les garçons se sont assagis avec les années, ils réagissent au quart de tour quand il s’agit de moto ou de fille !

Nicolas Mathieu parle sûrement de ce qu’il a connu dans son adolescence. C’est à la fois une bonne étude sociologique des années 90 et un bon rendu de la vie au quotidien pour des citoyens de cette France de l’entre-deux. L’auteur nous amène jusqu’à la coupe du Monde 98, époque où les téléphones portables étaient inexistants ainsi qu’Internet ! Une époque qui paraît à des années-lumière de la nôtre !

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Août 1992. Une vallée perdue quelque part dans l’Est, des hauts-fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a quatorze ans, et avec son cousin, pour tuer l’ennui, il décide de voler un canoë et d’aller voir ce qui se passe de l’autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence.

Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d’une vallée, d’une époque, de l’adolescence, le récit politique d’une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Quatre étés, quatre moments, de Smells Like Teen Spirit à la Coupe du monde 98, pour raconter des vies à toute vitesse dans cette France de l’entre-deux, des villes moyennes et des zones pavillonnaires, de la cambrousse et des ZAC bétonnées. La France du Picon et de Johnny Hallyday, des fêtes foraines et d’Intervilles, des hommes usés au travail et des amoureuses fanées à vingt ans. Un pays loin des comptoirs de la mondialisation, pris entre la nostalgie et le déclin, la décence et la rage.

Date de parution : le août 2018
Auteur : Nicolas Mathieu
Editeur : Actes Sud
Prix : 21,80 € (432 pages)
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Une belle exposition Collections privées au Musée Marmottan Monet

Exposition Collections Privées, Musée Marmottan Monet
Exposition Collections Privées, Musée Marmottan Monet

Une belle exposition Collections privées au Musée Marmottan Monet

Le Musée Marmottan Monet s’est fait une spécialité des expositions à thèmes, sur un peintre ou une période. Après Corot, Pissarro ou La femme à sa toilette, la Maison des Collectionneurs laisse la place à des œuvres issues exclusivement de collections particulières, séculaires ou récentes provenant du monde entier. L’exposition offre un large tour d’horizon, des impressionnistes aux fauves pour des regards toujours passionnants sur la nature, les femmes ou des architectures. Les peintures côtoient des sculpures et des dessins rarement montrés au public. Le moment d’une belle immersion artistique à proximité des jardins du Ranelagh!

Un voyage dans le temps

Après une première toile de Vuillard montrant le salon d’un collectionneur, c’est l’adage A tout seigneur tout honneur qui prend le dessus, l’exposition débute avec des toiles du maitre des lieux, Claude Monet. Celui qui a donné son nom à un mouvement artistique majeur et dont la toile Impressions Soleil Levant est d’ailleurs visible dans une salle du bas à proximité de quelques Nymphéas, est choisi pour débuter ce beau moment de découvertes où 62 peintures se dévoilent aux yeux de visiteurs émerveillés. A ses côtés, ce sont Degas, Caillebotte et Renoir qui sont exposés. Ce sont moins les artistes qui surprennent que des œuvres souvent cachées au sein de collections purement privées. Et des paysages qui pourraient être familiers se dévoilent. Une vue de Courbevoie par Seurat, une berge de Gennevilliers par Caillebotte, des habitantes de Montmartre par Toulouse-Lautrec, ce sont bien des visions de notre monde qui sont représentées, avec poésie et magnificence. La visite transporte les spectateurs à Pont Avent avec Gauguin, chez les Nabis et enfin à l’époque du fauvisme. Une grande place est d’ailleurs laissée à plusieurs œuvres de Matisse pour une seule de Picasso. A la fin du parcours, l’impression d’avoir voyagé au long de l’histoire de la peinture fige le visiteur qui se demande si un deuxième tour des toiles ne serait pas fichtrement raisonnable.
Le Musée Marmottan Monnet offre une plongée éblouissante entre fin du XIXe siècle et début du XXe. Il faut se laisser à la rêverie devant des toiles qui illustrent des courants picturaux qui ont été jusqu’à influencer notre époque. Certains collectionneurs sont vernis de pouvoir contempler leurs œuvre du matin au soir. Rien de mieux qu’une visite au Musée Marmottan Monet  pour s’en rendre compte.

Dates : du 13 septembre 2018 au 10 février 2019
Lieu : Musée Marmottan Monet
Entrée : 12 €

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Exposition Collections privées, Musée Marmottan Monet
Exposition Collections privées, Musée Marmottan Monet

Exposition Collections privées, Musée Marmottan Monet
Exposition Collections privées, Musée Marmottan Monet

Exposition Collections privées, Musée Marmottan Monet
Exposition Collections privées, Musée Marmottan Monet

Exposition Collections privées, Musée Marmottan Monet
Exposition Collections privées, Musée Marmottan Monet

Sortie en DVD d’En Guerre, où Lindon y incarne la résilience pure.

Vincent Lindon, encore une fois impeccable dans la peau d’un homme prêt à tout pour défendre les siens.

En Guerre, le nouveau brûlot sur les conséquences de la mondialisation carnassière du duo Lindon/Brizé, sort en DVD/BluRay/VOD.

Ni d’une, ni de deux, Stéphane Brizé avance le menton fier comme son alter égo Vincent Lindon pour signer un nouveau film coup de poing après la franche réussite qu’était La loi du marché, récompensé à Cannes. Un uppercut cinglant au visage du tout puissant capitalisme quitte à passer pour un militant rouge vif. Ici, pas le temps de tergiverser, la multinationale allemande, Dimke, endosse très vite le mauvais rôle. Il faut dire que leur volonté de fermer l’usine de Perrin Industrie, et ainsi liquider 1 100 salariés, pour raison de trop faible rentabilité (mais rentabilité quand même !), alors que les dividendes de l’actionnariat continue à augmenter, passe très mal. Brizé dresse rapidement un tableau sans nuance et met en avant un Vincent Lindon omniprésent et incarné dans la peau du syndicaliste Laurent Amédéo, loin d’être le plus tranchant au début du film. On croit même y déceler de la fragilité et sentir un être, assez introverti, obligé de prendre les banderoles par la force des choses. L’assurance sans borne et les costards lissés du patronat en face appuient de manière indécente cette lutte qui s’entame sous les accords acides de guitares entêtantes, faisant ainsi monter crescendo l’intensité du récit.

En Guerre est un vrai tourbillon de sentiments condensés en deux heures de cinéma guérilla.

Même avec un tel portrait à charge du capitalisme globalisé, le spectateur ne peut qu’être pris d’empathie devant le choix des mots, la gestuelle et le phrasé empreints de ces syndicalistes, figures de proue d’un combat qui s’annonce perdu d’avance. Derrière ce brulot, Stéphane Brizé pousse à la réflexion sur notre quotidien, sur notre futur, sur les choix sociétaux qui doivent être fait pour ne pas voir toute la ruralité et l’industrie française aux abois dans quelques années. En guerre est aussi un pur condensé de cinéma. Jamais les coulisses d’une négociation syndicale n’ont été aussi bien retranscrites. Un bras de fer à couper le souffle où Vincent Lindon prouve encore par sa stature et sa sacrée gueule (ou gueule sacrée ?) qu’il peut tout jouer, mais encore mieux, incarner la résilience et la lutte contre les injustices comme dans le déjà très fort Welcome. L’un des plus grand acteur de sa génération qui n’hésite pas à utiliser son talent pour nous éclairer régulièrement sur les dérives de notre société « moderne ».

En guerre sort le 2 octobre en Bluray, DVD et VOD. Le duo Lindon/Brizé continue leur lutte sans répit contre le rouleau compresseur capitaliste, remettant sans cesse l’humain au centre des réflexions. En bonus, les commentaires du réalisateur vous aideront à disséquer un peu mieux les négociations sans merci qui constituent le cœur du film.

[vc_text_separator title= »SYNOPSIS ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Malgré de lourds sacrifices financiers de la part des salariés et un bénéfice record de leur entreprise, la direction de l’usine Perrin Industrie décide néanmoins la fermeture totale du site. Accord bafoué, promesses non respectées, les 1100 salariés, emmenés par leur porte‑parole Laurent Amédéo, refusent cette décision brutale et vont tout tenter pour sauver leur emploi.

Sortie DVD : le 2 octobre 2018
Durée : 1h53
Réalisateur : Stéphane Brizé
Avec : Vincent Lindon, Mélanie Rover, Olivier Lemaire, Bruno Bourthol, Valérie Lamond
Genre : Drame
Distributeur : Diaphana vidéo
Prix : à partir de 19,99 € (DVD)
Acheter : sur fnac.com

[vc_text_separator title= »BANDE ANNONCE » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

https://www.youtube.com/watch?v=qOB9mroJ1zU

International Guy, Tome 1 : Paris, une série audio sexy (Audible)

International Guy, Tome 1 : Paris, une série audio sexy (Audible)

Audrey Carlan est un jeune auteur américain. Elle est l’un des auteurs les plus vendus dans le New York Times ! Sa spécialité : les histoires d’amour plus ou moins érotiques et les séries ! International Guy, lu par François Tavares, est à la fois une série très originale et une drôle d’affaire.

Qui se cache sous International Guy ?

International Guy est une entreprise créée par trois copains. Parker, le chef, est le Dream Maker. Il aime les femmes et leur enseigne comment profiter de la vie et de l’amour. Bo est le Love Maker. Sa spécialité est de relooker les clientes, entièrement, de la tête aux pieds ! Et Royce est le Money Maker, il s’occupe de tout le côté financier de la situation et tentera de rendre les clientes encore plus riches ! A eux trois, ils sont inséparables et transforment la vie de leur cliente. Cette fois-ci ils obtiennent un contrat avec une très riche héritière, Sophie Rolland. Elle a besoin d’eux étant propulsé à la tête de l’énorme entreprise de son père qui vient de décéder.

Portrait de cette héritière

Sophie Rolland est une jeune femme, sans artifice. Elle ne se préoccupe guère de son physique. Elle est « un vrai diamant brut ». La voilà PDG et ne sait pas comment faire face à toutes ses obligations. Elle fait donc venir International Gay à Paris pour la coacher, dans tous les domaines. Elle les installe somptueusement à Paris et leur offre un énorme contrat. Pour elle, l’argent coule à flots. Elle semble craintive, fragile, et marquée par le récent décès de son père. Elle n’a pas le temps de s’occuper d’elle et n’a pas fait l’amour depuis plus d’un an !

Relookage complet

Bo s’attaque direct à son apparence physique. Premièrement, elle doit se maquiller et prendre des cours pour apprendre à bien le faire. Elle doit également refaire toute sa garde-robe ! Et il commence déjà par les chaussures. 630€ la paire ? Peu importe ! Il lui en faut 5 ou 6 ! Sophie semble revivre ! Il l’emmène ensuite chez Dior et choisit les plus beaux tailleurs pour elle ! Et bien sûr l’inévitable LBD : Little Black Dress, la petite robe noire ! Très vite, Sophie est méconnaissable et bien sûr Parker commence à fondre ! Il dit ne jamais coucher avec ses clientes… Est-ce bien vrai ?

Histoire d’amour

Les sages résolutions de Parker restent au placard ! Dès les premières heures de rencontre, il désire ardemment Sophie. Il l’embrasse dans le grand magasin alors qu’elle est en plein essayage… Et bien sûr, il ne s’arrête pas là ! Il est sûr de lui et se retrouve très vite dans le lit de sa chère cliente, So, qu’il appelle immédiatement ma chérie. Les rencontres seront infinies et très sexy. Une sacrée leçon de vie et surtout d’amour pour So ! Mais en réalité, elle en connaît un rayon en sexe ! Pas vraiment besoin de coach !

Les incontournables

Cette série saura captiver son audience car vous découvrirez des conseils de coach ! Entre autres les cinq incontournables pour permettre à une femme de se sentir sexy. Et ce n’est pas tout. Car ne l’oublions pas, Sophie est PDG et doit gérer son entreprise. Elle a affaire à une plainte de harcèlement sexuel et ne sait comment faire pour résoudre cette sordide histoire. C’est alors que ses trois coachs vont la soutenir et trouver avec elle la solution à ses problèmes. Avec beaucoup d’autorité et non sans souffrance pour Sophie !

Des conseils mais surtout du sexe !

Audrey Carlan nous livre une histoire sérieuse de femme PDG qui a besoin de conseils, mais cela nous passionnerait beaucoup moins s’il n’y avait pas cette relation plus que chaude entre Sophie et Parker. Leurs rencontres sont sensuelles, sexuelles et fréquentes ! Rien n’échappe à Parker quant il s’agit du corps de So. Il sait la faire jouir, même s’il dit que leur histoire n’est pas une histoire d’amour ! Il aime l’odeur sucrée et épicée de son parfum. Il lui concocte des rendez-vous romantiques uniques, comme celui en plein cœur du Louvre, dans un salon privé ! Romantiques et érotiques bien sûr !

International Guy, Tome 1 : Paris est une belle série distrayante. Ces trois garçons ont tout pour nous plaire et nous distraire !

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Offre d’essai Audible : 1 livre audio gratuit !

Profitez de l’offre d’essai Audible pour vous offrir gratuitement un livre Audio avec Audible.fr, pendant le premier mois d’un abonnement mensuel. Si vous n’avez pas aimé l’expérience, vous pouvez vous désabonner quand vous le souhaitez. Si au contraire, vous souhaitez rester abonné, vous recevrez chaque mois un crédit audio vous permettant de télécharger un livre audio, pour 9,95 euros.

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International Guy, Tome 1 : Paris

Un homme au service des femmes. Découvrez le premier opus de l’agence de coaching dont vous ne pourrez plus vous passer. Faites la connaissance de Parker Ellis et ses comparses. La première mission de l’agence International Guy se déroule à Paris dans l’univers des parfums.

Nos trois héros débarquent dans la capitale afin de venir en aide à Sophie, jeune héritière d’une grosse société. Le « Dream Maker » – Parker -, le « Love Maker » – Royce – et le « Money Maker » – Bo – vont unir leurs forces et leurs compétences pour se mettre au service de la jeune femme. Entre leurs mains expertes, elle va s’épanouir et devenir une chef d’entreprise efficace et sûre d’elle. Les trois experts sauront-ils rester professionnels face à l’éclosion d’une jeune femme sexy ?

Ce livre audio en version intégrale vous est proposé en exclusivité par Audible et est uniquement disponible en téléchargement.

©2018 Hugo Roman. Traduit de l’anglais par Lucie Marcusse (P)2018 Audible Studios

Date de parution : le 27 septembre 2018
Auteur : Audrey Carlan
Lu par : François Tavares
Durée : 3 h et 48 mn
Acheter sur : Audible

Bonheur de la méditation, un véritable guide d’apprentissage de la méditation (Livre de Poche)

Bonheur de la méditation, un véritable guide d’apprentissage de la méditation (Livre de Poche)

Yongey Mingyour Rinpotché nous dévoile quelques secrets de la méditation. Yongey Mingyour Rinpotché est un grand maître et moine bouddhiste, né en 1975. Dans son livre, Bonheur de la méditation, il raconte d’ailleurs comment il est devenu maître et moine. Dès le plus jeune âge il a reçu une éducation bouddhiste et fera une première retraite dès l’âge de 13 ans, ce qui est excessivement jeune. Il a fait ensuite plusieurs longues retraites solitaires de méditation.

Leçons de méditation

Dans son livre, il essaie juste de nous initier, nous Occidentaux à la méditation. Dans un premier temps, il explique les bienfaits de la méditation sur le corps humain. Il fait également un parallèle très poussé avec les découvertes scientifiques. Il explique tout le fonctionnement du cerveau et de certains organes en particulier. Par exemple, il considère l’amygdale comme jouant « un rôle décisif dans la capacité de ressentir des émotions et de créer des souvenirs émotionnels ». p.77

La vacuité

Il nous enseigne ce qu’est la vacuité. Un des enseignements les plus célèbres du Bouddha :
La forme est la vacuité
Et la vacuité est la forme.
La vacuité n’est rien d’autre que la forme
Et la forme n’est rien d’autre que la vacuité. P.121
A méditer…

Le mal-être des Occidentaux

Yongey Mingyour Rinpotché a remarqué, lors de ses nombreuses conférences, que les personnes des pays occidentaux, ayant un grand confort matériel, se sentent souvent seuls et souffrent de dépression. Cela viendrait du fait que les personnes ne savent pas ce qu’est le bonheur et restent de perpétuels insatisfaits.

[…] lorsque notre esprit est conditionné par le désir-attachement, rien de ce que nous possédons ne nous apporte de satisfaction durable, et nous ne pouvons plus distinguer entre la pure expérience de bonheur et les objets qui nous rendent temporairement heureux. P.202

Le bonheur grâce à la méditation

Il est clair que la notion de bonheur est fondamentale pour y arriver ! Et pour cela la méditation est le chemin qui peut nous mener au bonheur. Il faut arriver à reposer son esprit ; ce n’est pas évident, mais Yongey Mingyour Rinpotché nous donne quelques clés pour tenter d’y arriver, ou de s’en approcher. Il faut commencer à pratiquer, quelques minutes, voire même secondes, et faire des pauses au milieu de notre vie quotidienne pour « observer son esprit ». Il nous propose quelques exercices de méditation, très simples à réaliser.

Vaincre nos douleurs

Yongey Mingyour Rinpotché peut réellement nous aider si nous souffrons de douleurs chroniques. « Si nous prenons la douleur comme objet de méditation, elle devient un moyen d’accroître la clarté de notre esprit. » p.242

Aujourd’hui, dans les pays occidentaux, il est vrai que l’on parle de plus en plus des effets bénéfiques de la méditation. Yongey Mingyour Rinpotché nous explique parfaitement bien dans son livre : Bonheur de la méditation, comment chacun peut trouver sa voie et reprendre confiance en soi, donc devenir plus serein et certainement plus heureux.

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Dans cet ouvrage, unique en son genre, Yongey Mingyour Rinpotché, un grand maître tibétain, révèle les bienfaits réels de la méditation, en établissant un pont entre les enseignements du bouddhisme et les découvertes les plus récentes de la science, et plus particulièrement des neurosciences.

L’auteur expose l’essence de cette tradition millénaire de façon entièrement nouvelle et adaptée aux particularités de notre culture moderne. Grâce à de nombreux exemples, il nous dévoile que de simples exercices quotidiens de méditation (au bureau, dans le métro ou même dans la rue !), consistant à laisser aller et venir nos pensées sans y attacher d’importance mais sans les rejeter non plus, peuvent changer notre vision du monde et répondre à nos préoccupations essentielles.

Date de parution : le 15 avril 20O9
Auteur : Yongey Mingyour Rinpotché
Editeur : Le livre de Poche
Prix : 7,10 € (416 pages)
Acheter sur : Amazon

Shut up and play the piano, un documentaire exaltant à découvrir sur Chilly Gonzales!

Shut up and play the piano
Shut up and play the piano, documentaire de Philipp Jedicke, Copyright 2018 RAPID EYE MOVIES & GENTLE THREAT

Shut up and play the piano, un documentaire exaltant à découvrir sur Chilly Gonzales!

Shut up and play the piano est ce qu’on appelle un documentaire pas comme les autres. Car toute son histoire tourne autour de l’artiste iconoclaste Chilly GonzalesJason Charles Beck de son vrai nom, héritier d’une des plus grandes fortunes du Canada et très tôt décidé à sortir du droit chemin. Certains en concluront fort hâtivement qu’il est plus facile de faire n’importe quoi quand on débute avec une telle aisance financière. Certes, mais Gonzales a su devenir un personnage bigger than life via un parcours assez unique en son genre. Le documentaire montre son passage par la case punk jusqu’à devenir un pianiste mondialement reconnu. grâce à son album Solo Piano Un vrai moment de découverte que ce documentaire, furieusement stimulant!

Chilly Gonzales, un artiste total

Dans son déroulé, Shut up and play the piano est plus que classique. Sa narration chronologique débute au Canada, avec deux frères qui veulent percer dans la musique sur fond de rivalité fraternelle. Jason débute dans un groupe local très pop et conventionnel avant de faire le grand saut en partant à Berlin. Et là, le musicien s’épanouit au sein de la scène underground locale, faisant la connaissance d’autres tarés prénommés Peaches et Feist. Il fait du rap, joue de la batterie, vit de bric et de broc, s’éclate en enfreignant toutes les règles de la musicalité basique. Mais reste en lui un fond de normalité quand il se met derrière son piano. Et après quelques années de performances barrées, il se met à composer son fameux album Solo Piano. Et c’est la consécration immédiate. Le punk loufoque cachait au fond de lui une âme sensible et torturée. Il a enfin pu multiplier les performances avec son piano et des orchestres pour une renommé grandissante. Tout au long du documentaire, Chilly Gonzales se livre dans un entretien empreint de vibrante honnêteté, dévoilant l’homme derrière le clown, l’artiste derrière le performer. Et le spectateur ne peut pas s’empêcher de prendre fait et cause pour cet hurluberlu qui cherche surtout à vivre sa vie intensément. Ceux qui connaissaient Gonzales seront ravis de le voir  s’ouvrir, ceux qui ne le connaissaient pas sortiront de la salle avec la volonté d’écouter tous ses albums. Car sa musique touche au coeur, le personnage impressionne par son jusque boutisme et le documentaire envoute par son parti pris forcément engagé qui dévoile surtout une personnalité unique.

Une galerie de personnages parcourt le film, Daft Punk, Peaches évidemment, Feist aussi, des chefs d’orchestre renommés, de quoi convaincre de se déplacer pour ce beau moment de musique au cinéma.

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Shut up and play the piano
Shut up and play the piano

Chilly Gonzales est à la fois un compositeur distingué d’un Grammy, un pianiste virtuose et un showman. Navigant entre le rap, l’électro et le piano, il est devenu un artiste performer pop qui s’est invité dans le sérail du monde de la musique classique. Cet artiste excentrique inspire et multiplie les collaborations avec entre autres Feist, Jarvis Cocker, Peaches, Daft Punk et Drake. Le changement reste le seul élément constant de sa créativité et il étonne à chaque fois le public par ses évolutions radicales. Shut Up and Play the Piano permet de suivre la carrière de Chilly Gonzales et nous plonge dans la dualité entre l’Homme et l’Artiste, où le doute et la mégalomanie sont les 2 faces de la même pièce.

Sortie : le 3 octobre 2018
Durée : 1h21
Réalisateur : Philipp Jedicke
Avec : Chilly Gonzales, Peaches, Leslie Feist
Genre : Documentaire, Musical

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Dominique Blanc, l’atout gagnant de la Comédie-Française

Dominique Blanc, l'atout gagnant de la Comédie-Française
« Britannicus » de Racine :
Hervé Pierre (Burrhus) et Dominique Blanc (Agrippine) © Brigitte Enguérand/Comédie-Française

Dominique Blanc, l’atout gagnant de la Comédie-Française !

Stéphane Braunschweig signait avec « Britannicus », ce classique de Racine aux 1800 alexandrins qui revient à l’affiche en alternance jusqu’au 01 janvier 2019, sa première mise en scène à la Comédie-Française.

Le spectacle inaugurait aussi l’arrivée très attendue de la comédienne Dominique Blanc en tant que nouvelle pensionnaire du Français dont le jeu enlevé et souverain se révèle jubilatoire. L’empereur Claude a eu un fils, Britannicus, avant d’épouser Agrippine et d’adopter Néron, fils qu’elle a eu d’un précédent mariage. Après avoir empoisonné son troisième mari, l’empereur Claude, Agrippine écarte du pouvoir Britannicus au profit de sa progéniture.

Une fois sur le trône, Néron sous la coupe de sa mère accomplit son règne de manière exemplaire jusqu’au moment où il fait enlever Junie amoureuse de Britannicus dont il est épris. Jaloux de cet amour et vouant à sa mère qui ne l’a jamais vraiment aimé un ressentiment de plus en plus violent, il met tout en oeuvre pour contrarier cette union, résolument approuvée par Agrippine.

Finalement acculé, il décide de faire assassiner Britannicus en l’empoisonnant, commettant ainsi son premier forfait. A travers cette pièce construite comme un thriller sur fond d’intrigues et de rebondissements, Racine montre la part de l’affect et de l’intime dans la conduite d’une action publique où comment Néron se métamorphose en tyran, sous l’emprise d’une relation maternelle irrésolue.

[…] construite comme un thriller sur fond d’intrigues et de rebondissements […]

L’auteur y dévoile aussi les coulisses du pouvoir avec ses personnages doubles : vertueux ou pervers, manipulateurs et stratèges, soucieux d’une l’opinion publique et de son jugement qui conditionne ses choix, faisant écho aux stratégies de communication politique d’aujourd’hui.

Résonance pleinement contemporaine donc de cette tragédie du pouvoir où la mise en scène et la scénographie saisissante de Stéphane Braunschweig dévoilent un espace épuré, intriguant, et moderne, là où se décide le destin du monde à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes : vaste table ovale, mobilier design et portes closes.

[…] la langue scande au rythme de la passion et de la turpitude des êtres […]

Elle superpose espaces réel et mental dans une configuration à la fois concrète et abstraite en correspondance avec les enjeux politiques et psychologiques qui se trament dans l’exercice sans merci du pouvoir, ses coulisses, et l’angoisse qui habite et fige les protagonistes.

Tout en nuance et virtuosité, Dominique Blanc est une Agrippine solaire. Tour à tour volontaire et manipulatrice, séductrice et habile, elle porte haut cette distribution à l’unisson où le cristal de la langue scande au rythme de la passion et de la turpitude des êtres.

Dans le rôle de Néron, Laurent Stocker incarne tout le trouble de son personnage aux prises entre le désamour de sa mère et la distanciation cruelle de son action. Britannicus sous les traits de Stéphane Varupenne se montre à la fois fougueux et candide. Hervé Pierre est un Burrhus torturé et Benjamin Lavernhe, un Narcisse puissant tandis que Georgia Scalliet campe une Junie aussi sensible que fragile.

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Dates : du 8 octobre au 01 janvier 2019 l Lieu : Comédie-Française (Paris)
Metteur en scène : Stéphane Braunschweig

Le Guide anti-Alzheimer, tout ce qu’il faut faire pour éviter la maladie (Cherche Midi)

Philippe Amouyel

Le Guide anti-Alzheimer, tout ce qu’il faut faire pour éviter la maladie (Cherche Midi)

Philippe Amouyel, Professeur au CHU de Lille et direction de la Fondation Plan Alzheimer, a écrit un livre que nous devrions tous lire : Le Guide anti-Alzheimer, Les secrets d’un cerveau en pleine forme.

Présentation du livre

Le livre contient plus de 300 pages. Il est effectivement épais, avec un grand format (150×210) et aux caractères très agréables à lire. De plus, il utilise deux couleurs : le noir et le bleu turquoise. Tout ce qui est écrit en bleu turquoise souligne les traits les plus importants du chapitre : soit un résumé scientifique, soit des rituels à suivre pour rester en pleine forme. Un des points positifs de ce livre est qu’il est à la portée de tous ! Toutes les explications scientifiques sont remarquables de clarté ! Et les multiples conseils du Professeur Amouyel seront d’une grande aide à chacun de nous.

Rituels et tests

Non seulement, le lecteur va pouvoir facilement suivre ces nombreux conseils, mais il va surtout à prendre à mieux utiliser toutes les capacités de son cerveau. Le seul but étant d’éviter de tomber dans la maladie d’Alzheimer. Des tests sont également proposés dans le livre, ce qui permet au lecteur d’avoir un premier aperçu de ses capacités cognitives. Mais surtout, le lecteur ne doit pas hésiter à voir un médecin au moindre doute. Car bien évidemment, plus la maladie est diagnostiquée tôt, mieux ce sera.

Un livre plein de bon sens

Dans ce guide contre la maladie d’Alzheimer, le Professeur Amouyel nous demande d’agir pour ne pas tomber malade. Il existe plusieurs formes d’actes : bien se nourrir (avec de nombreux conseils alimentaires, le fameux régime méditerranéen), bouger (éviter à tout prix la surcharge pondérale), garder des relations sociales et sexuelles, même après la retraite, lire (excellent travail cérébral), développer ses cinq sens et faire travailler son cerveau à tout prix. Et rester positif ! Il nous apprend aussi ce qu’il ne faut pas faire. Par exemple il ne faut jamais bloquer un éternuement. Cela peut être très grave et même provoquer une rupture d’anévrisme. Alors, oubliez les règles de bienséance et éternuez comme les enfants !

Vous serez sûrement surpris par les conclusions du Professeur Amouyel ! Les optimistes seront moins touchés que les pessimistes ! Alors, prêt pour découvrir ce guide ? Le seul but est de retarder le plus tard possible cette fichue maladie ! Et ça, nous le voulons tous !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Votre cerveau ne s’use que si vous ne vous en servez pas !
Où ai-je mis mes clés ? Comment s’appelle-t-il déjà ? Où suis-je garé ? Nous nous posons tous ces questions sans vraiment y prêter attention. Mais, avec l’âge, nous finissons par nous interroger : Et si c’était la maladie d’Alzheimer ? Aujourd’hui, aucun traitement médical n’a été trouvé.

L’apparition des premiers signes peut-elle être reculée de plusieurs années ? Est-il possible qu’aucun symptôme ne se manifeste de notre vivant ? Et, si oui, comment ?

Philippe Amouyel livre ici un véritable guide du quotidien pour agir sur les facteurs d’apparition et prévenir la maladie d’Alzheimer. Des conseils et rituels sont proposés : simples, accessibles à tous et fondés sur les données scientifiques les plus récentes. Quel que soit votre âge, vous trouverez ceux qui vous correspondent.

Avec Le Guide anti-Alzheimer, maintenez votre cerveau en forme et profitez pleinement des années à venir.

Date de parution : le 8 mars 201!
Auteur : Philippe Amouyel
Editeur : Cherche Midi
Prix : 19 € (316 pages)
Acheter sur : Amazon

Les prénoms épicènes, un très bon livre audio de la rentrée littéraire (Audible)

Les prénoms épicènes, un très bon livre audio de la rentrée littéraire (Audible)

Amélie Nothomb publie depuis 1992, un livre par an chez Albin Michel. Publik’Art l’attend toujours avec impatience ! Et cette année, Les prénoms épicènes sort également en livre audio chez Audible, lu par l’actrice de la Comédie Française Françoise Gillard. Une bien belle rentrée littéraire 2018 !

Epicène et cœlacanthe

Avec Amélie Nothomb, on est toujours sûr d’apprendre quelque chose, toujours symbolique. Cette fois-ci, il s’agit de deux termes qui reviennent régulièrement dans le roman : épicène et cœlacanthe.

Les prénoms épicènes sont à la fois des prénoms masculins et féminins, comme Claude et Dominique, les héros de ce roman. Quant à la découverte du cœlacanthe, il s’agit d’un énorme poisson, le plus vieux du monde…

Histoire surprenante

Il est très difficile de parler de ce dernier roman de Amélie Nothomb. Impossible de dévoiler quoi que ce soit du scénario sans rompre l’effet de surprise. Car l’auteur nous surprend toujours et encore. Cette fois-ci, le livre est court, trop court même. Elle va droit au but et ne s’encombre d’aucun détail. A nous de deviner… La perversité domine !

D’ailleurs, chaque phrase a son importance. Si le lecteur est bien attentif, il pourra mieux comprendre la trame de ce livre surprenant. Il y est toujours question de grands thèmes qu’affectionnent particulièrement Amélie Nothomb : les relations amoureuses, la maternité, la paternité, la haine, la vengeance, et surtout le mensonge.

Couple épicène ?

Les premières minutes du roman nous déstabilisent. Et on aurait tendance à les oublier alors que ce sont elles qui sont la clé de voûte du roman. Reine annonce à son amant qu’elle va épouser Jean-Louis dans deux jours. On ne sait pas qui est son amant, mais on sait qu’il ne décolèrera pas…

Et puis, l’histoire change de ton. Claude part à la conquête de Dominique. Conquête bizarre et très brève, accompagnée du Chanel N°5. Il épouse Dominique, très vite. Ils s’installent à Paris où il monte sa société. Dominique est conquise, même si les sautes d’humeur de son mari la contrarient car elle n’en comprend pas la raison.

Fille Epicène

Dominique met au monde, dans une souffrance extrême, une fille qu’ils nomment Epicène. Sans en comprendre la raison, Dominique constate que Claude rejette sa fille alors qu’il la désirait ardemment. Beaucoup plus qu’elle. Peu importe, Dominique adore sa fille et entretient avec elle une relation fusionnelle. Mais Epicène, jeune fille très brillante, très effacée, très timide lui pose vite des problèmes. Elle n’arrive plus à la comprendre. Les relations avec son père sont de plus en plus tendues. Epicène prend alors une résolution terrible, et sait qu’elle tiendra parole.

Imagination débordante

Impossible de vous en dire plus. Publik’Art vous incite juste à écouter cette histoire qui saura à tous les coups vous captiver ! On regrette juste une chose : que l’écoute soit si courte. Pourquoi donc écrire aussi brièvement quand on possède une telle plume ? Une imagination complètement époustouflante et toujours surprenante, et un style qui est l’identité même de l’auteur ! Et qui fait froid dans le dos ! Bref, vous serez captivé par l’écoute de ce roman : Les prénoms épicènes. Une bien belle rentrée littéraire !

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Les prénoms épicènes

Épicène, adj. : Qui a la même forme au masculin et au féminin.

Claude et Dominique, dont la rencontre au café a été fortuite, se marient et filent à Paris conquérir une nouvelle vie. De leur union naquit un enfant : Épicène. Un amour mère-fille fusionnel. Une détestation père-fille immédiate.

Le dernier roman d’Amélie Nothomb est un jeu de piste familial shakespearien, écrit d’une main de maître.

©2018 Éditions Albin Michel (P)2018 Audiolib

Date de parution : le 12 septembre 2018
Auteur : Amélie Nothomb
Lu par : Françoise Gillard
Durée : 2 h et 28 mn
Acheter sur : Audible

Découvrez une super idée cadeau: la MasterBox!

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Masterbox
Masterbox

Découvrez une super idée cadeau: la MasterBox!

A l’occasion du test de la Masterbox, Publik’Art a reçu un échantillon très représentatif pour tester la qualité des envois et la qualité des produits proposés. Pour des tarifs débutant à 39,90€, il est possible de se faire plaisir ou de faire plaisir! Suivez le guide!

 

Une Box, des Box, des idées, du plaisir!

En quoi consiste exactement le concept de la Masterbox? Pour des tarifs qui s’échelonnent à partir de 39,90€, Masterbox vous envoie un catalogue pour Elle ou pour Lui afin de faire votre choix. Le but? Recevoir des cadeaux à domicile selon 6 thèmes principaux qui multiplient le champ des possibles. Beauté & Bijoux, Thé Café & Chocolat, Bière Vin & Rhum, Cuisine & Pâtisserie, Produits du terroir, Jardinage & Plantes, les thématiques sont autant festives que gastronomiques ou éducatives.

Chaque box contient un coffret cadeau contenant un chèque cadeau et un livret détaillant les partenaires sélectionnés et croyez moi, il y en a pléthores! Le chèque cadeau contient un code activation pour passer commande et recevoir un joli cadeau peu de temps après. Le test du rédacteur a porté sur la Box Trois Fois Vin. Cette prestation de vin par abonnement propose une sélection de vins choisis par Marie-Dominique Bradford, pour les oenologues néophytes ou confirmés. De quoi faire plaisir, initier une vocation ou faire de belles découvertes comme ce Cairanne 2016 du Domaine Brunely (rouge évidemment) ou ce Gaillac blanc sec du Domaine Grand chêne poétiquement intitulé La Parcelle de l’Ortolan. Deux breuvages qui valent la découverte, parfait reflet des surprises que peut proposer ce beau coffret cadeau.

En quelques références, quelles autres alternatives propose Masterbox? Peut-Être connaissez-vous ces noms, ils sont tous disponibles dans la MasterboxUne petite mousse, Gourmibox, Incroyables chocolats, Le grand dressing, Mon petit coin vert. De quoi méditer sérieusement sur une belle idée cadeau à tarif tout à fait abordable!

« Ithaque », l’épopée homérique de Christiane Jatahy

"Ithaque", l'épopée homérique en résonance avec notre époque de Christiane Jatahy
Ithaque, Notre Odyssée 1 de Christiane Jatahy © Elizabeth Carecchio

« Ithaque », l’épopée homérique de Christiane Jatahy

La metteure en scène brésilienne Christiane Jatahy s’inspire librement de « L’Odyssée » pour nous raconter le monde et son chaos.

Entre performance, théâtre, vidéo et partage avec le public, son œuvre singulière s’impose désormais comme un espace manifeste de réinvention. Un nouveau langage qui expérimente les frontières entre l’acteur et le personnage, l’espace scénique et sa projection qui convoque différents angles, l’instant théâtral et le plan séquence de la caméra.

Avec cette traversée de L’Odyssée, la dramaturge brésilienne questionne les mouvements migratoires et l’exil, les relations entre les hommes et les femmes, et le retour vers la terre natale.

Une épopée humaine

Un homme de pouvoir (Ulysse) cherche à rentrer chez lui après vingt ans d’absence. Parallèlement sa femme (Pénélope) restée dans son royaume, l’attend, sans savoir si son mari est encore vivant. Entre temps, il aura été recueilli par une femme (calypso) devenu sa maîtresse.

L’action se déroule dans un espace bifrontal. L’un de ses côtés est Ithaque. L’autre est un lieu de passage, le chemin vers Ithaque.

À Ithaque se trouvent trois Pénélopes et trois prétendants. De l’autre côté, trois Ulysses et trois Calypsos. Le tout interprété par six comédiens en osmose totale.

Ce procédé n’est nullement un artifice mais fait partie intégrante de la dramaturgie qui cristallise deux points de vue entre celui qui reste et celui qui part, tout en questionnant le rapport à l’autre, son absence, et le fait d’être un étranger.

Très vite, des rapports de force se font jour sur fond de fête qui tourne court, entre le poids pressant des prétendants sur Pénélope et la volonté d’Ulysse de rentrer chez lui en abandonnant Calypso.

Les deux versions sont jouées en même temps et interrompues au tiers du spectacle pour permettre au public de changer de coté et d’assister à chacune d’elle.

Dans cette temporalité propre à la dramaturge où s’intercalent le réel et la fiction, l’ici et l’ailleurs, l’intime et l’universel, le politique et l’actualité, les personnages changent de peau, passent d’un pièce à l’autre, et se provoquent dans une guerre des sexes entre rapport de domination et de séduction ainsi qu’un appel du large.

Puis de l’eau se met à couler de toutes parts sur le plateau tandis que les rideaux qui séparaient la scène en deux se lèvent pour dévoiler un seul espace réunifié.

Un mer envahissante fait désormais face aux spectateurs où chacun des protagonistes tente de sauver sa peau. Leurs corps à corps filmés au plus près par les comédiens eux-mêmes nous renvoient aux images dramatiques des migrants échoués, porteuses de tant d’errances et d’espoirs brisés.

Exceptionnels comédiens que Karim Bel Kacem, Julia Bernat, Cédric Eeckhout, Stella Rabello, Matthieu Sampeur et Isabel Teixeira dont la proximité du jeu – sa sensualité, son abandon, sa vérité – habite sans relâche d’une humanité palpable, cette épopée politique, intime et existentielle.

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Dates : du 1 au 6 octobre 2018 l Lieu 104 (Paris)
Metteur en scène : Christiane Jatahy

Le choc Climax actuellement au cinéma!

Climax
Climax, film de Gaspard Noé, Copyright Wild Bunch Distribution

Le choc Climax actuellement au cinéma!

Tantôt décrié, tantôt porté aux nues, Climax mérite pourtant largement le détour. Gaspard Noé propose un film iconoclaste entre chaos et anarchie, avec une bande son furieusement 1996 et majoritairement portée sur la techno avec Daft Punk, Dopplereffekt, Cerrone ou Aphex Twin.  Si la scène de début fait l’unanimité par la flamboyance de sa furieuse scène de danse interprétée par une cohorte d’interprètes aux qualités physiques impressionnantes, les apartés suivent vite pour laisser place à un lâcher prise dramatique facilité par l’absorption d’une sangria infectée par une drogue inconnue. Commence alors une véritable descente aux enfers, perturbante et passionnante, en tout cas peu recommandée aux âmes sensibles.

Un film d’abord follement technoïde…

Située en 1996, Climax se situe avant le déploiement insubmersible d’Internet et du téléphone portable de manière généralisée. La French Touch bat son plein et fait danser les protagonistes sur des gros beats bien gras qui rendront nostalgiques plus d’un spectateur. Les références sont nombreuses mais le style de Gaspard Noé se veut à la fois dépouillé et virevoltant. Sa caméra passe d’un personnage à l’autre dans une farandole d’apartés experts et entraine frénétiquement le spectateur sans pourtant le fatiguer. Car le rythme et la dynamique sont les vraies signatures d’un film qui ne s’accorde presque aucune pause. La première heure est une véritable ode à la musique électronique avec des numéros de danse éblouissants. Puis le réalisateur multiplie les discussions à deux avec des personnages plus complexes qu’il n’y parait pour essayer de brosser des portraits en coupe. Ca parle de mecs, de nanas, de sexe et de légèreté exacerbée. Climax est d’abord une ode à l’humanité avec son casting multiculturel et son empathie galopante. Gaspard Noé fait autant une plongée dans un temps pas si lointain que dans une ambiance artistique. Les danseurs s’apprécient, cohabitent avec bonheur et participent à une ambiance qui chante les louanges de la jeunesse, de l’énergie et du laisser vivre. L’actrice Sofia Boutella sort de The Mummy et  Kingsman pour un rôle dans un film d’auteur trash à la limite du hardcore suscitant des émotions vraies.

… qui dérape sérieusement

Et puis l’accident bête, quelqu’un a frelaté la sangria de la fête. Et les masques tombent, les drames s’accumulent et la tragédie se dévoile dans un cercle infernal. Gaspard Noé multiplie des plans séquences qui ont certainement demandé une tonne de préparations. Les drames s’accumulent, personne n’est épargné par les effets secondaires de l’acide versé dans le pot de sangria. Les secrets les plus enfouis se dévoilent, ls tendances cachées se font jour et l’harmonie générale se transforme en joyeuse cacophonie, l’adjectif étant de pure ironie tant le film glace les sangs comme jamais auparavant au cinéma depuis la séance inconfortable du Mother de Darren Aronofksy. La foule est ennemie, les coups bas pleuvent et le danger se cache au détour d’un couloir rendu anxiogène par sa couleur verdâtre. Les effets visuels du réalisateur ajoutent à la symbolique avec cette couleur rouge démoniaque dans la salle de danse autrefois festive et ces plans retournés qui collent les personnages au plafond. L’effet sur le spectateur est boeuf, particulièrement celui qui s’est laissé aller à un « P***** quand même » final qui résume bien le sentiment général. De trip technoïde, on passe au cauchemar le plus noir (rouge?) qui délimite finalement les personnages. Les faux sympas, les vraies enflures et les monstres cachés. Des êtres humains faibles, finalement.

Climax provoque un déferlement d’émotions qui ne peut pas laisser indifférent. Gaspard Noé ne ménage pas le spectateur avec ses scènes à couteaux tirés, ses guerres froides et ses déclarations intempestives. Et la caméra virevolte, avivant les sentiments des spectateurs pour un malaise croissant jusqu’à l’acmé final. Une prouesse, ce Climax est un vrai tour de force cinématographique.

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Climax
Climax

Naître et mourir sont des expériences extraordinaires. Vivre est un plaisir fugitif.

Sortie : le 119 septembre 2018
Durée : 1h35
Réalisateur : Gaspard Noé
Avec : Sofia Boutella, Romain Guillermic, Souheila Yacoub
Genre : Drame, Thriller

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