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Un grand numéro de comédiens dans Légende d’une vie au Lucernaire

Légende d'une vie
Légende d’une vie, mise en scène de Caroline Rainette et Lennie Coindeaux, Lucernaire

Un grand numéro de comédiens dans Légende d’une vie au Lucernaire

Caroline Rainette et Lennie Coindeaux sont tous les deux sur scène pour multiplier de longues et fascinantes tirades qui tournent subtilement autour de la psychologie humaine, comme souvent chez Stefan Zweig. Cette adaptation d’un de ses nombreux ouvrages privilégie l’art des comédiens à l’esbroufe de la mise en scène combien même les interventions vocales de Patrick Poivre d’Arvor et d’Anne Detuyter ainsi que la projection d’un film ne manquent pas d’ajouter une profondeur supplémentaire à la prestation impressionnante des comédiens.

L’ombre omniprésente du père

Friedrich Franck (Lennie Coindeaux) est un jeune poète qui doit présenter en grandes pompes son premier poème lors d’une manifestation publique qui va réunir la fine fleur de la bourgeoisie viennoise. Organisé par la fidèle secrétaire Clarissa (Caroline Rainette), l’évènement doit permettre d’adouber publiquement un nouveau jeune talent plein de promesses. Mais Friedrich est tiraillé. Fils de l’immense poète et écrivain Karl Amadeus Franck, il doit tuer le père pour se réaliser et enfin exister par lui-même. La pièce au Lucernaire laisse une place immense aux comédiens pour des monologues représentatifs de l’art de Stefan Zweig pour scruter et révéler l’esprit humain. Entre admiration et répulsion, respect et hostilité, le jeune homme étale face au public attentif tout le spectre des émotions humaines que peut avoir un garçon pour son père décédé. Devenu un jeune adulte, il doit pourtant s’imposer pour ne pas se laisser écraser par l’image d’un homme tant vanté dans la biographie écrite par Clarissa sous les directives de la mère de Friedrich. Celui-ci est d’abord visiblement tourmenté, possédé par la passion de la jeunesse et perdu dans une équation où il lui semble manquer de certaines pièces importantes. Clarissa est complètement maitresse d’elle-même, assise derrière son bureau. La discussion initiale reprend une fois la présentation publique terminée. La jeune femme placide se laisser aller aux confessions, sous les effets de l’alcool conjugué au poids d’une culpabilité qu’elle ne parvient plus à réfréner. Friedrich écoute et prend conscience de la duplicité des choses et des mensonges soigneusement distillés dans la biographie de son père. Tout l’art de Stefan Zweig se révèle dans ce renversement final, le blanc est noir et le noir est blanc, les repères se brouillent et la réalité acceptée par tous devient une autre. Tel Oedipe, le jeune homme peut tuer le père et orienter sa vie comme bon lui semble.

L’adaptation théâtrale de Légende d’une vie rend justice au génie littéraire de Stefan Zweig avec une intrigue lourde de sens grâce à ses révélations inattendues et l’art des comédiens pour donner une épaisseur à leurs personnages. La pièce est à découvrir au Lucernaire jusqu’au 26 aout pour un vrai beau moment de psychologie humaine.

Dates :  du 23 mai au 26 aout 2018, du mardi au samedi à 18h30, le dimanche à 15h
Lieu : Lucernaire (Paris)
Metteur en scène : Caroline Rainette
Avec : Patrick Poivre d’Arvor, Anne Deruyter, Caroline Rainette et Lennie Coindeaux

L’Entrée des Artistes fait son numéro au Théâtre des Mathurins

L'Entrée des Artistes
L’Entrée des Artistes

L’Entrée des Artistes fait son numéro au Théâtre des Mathurins

L’école de théâtre l’Entrée des Artistes dirigée par Olivier Belmondo a pignon sur rue, preuve en est avec l’audition annuelle proposée à un public nombreux le lundi 11 juin au Théâtre des Mathurins. 11 scènes glanées dans un large panorama de pièces de outes époques ont permis aux 8 élèves de la promos 2017 de montrer leurs capacités théâtrales dans des registres divers, de la comédie au drame, dans le répertoire classique comme dans un champ plus moderne.

Un spectacle comme un jalon 

Les élèves de troisième année Myra Bitout, Lila Guennas, Charlotte Landoy, Medhi Léger, Michael Mahjoubi, Elisa Noyez, Julie Tatukila, Garance Teillet épaulés par le diplôme 2014 Thomas Khawam, le diplômé 2015 Maxime Martigane et l’élève de 2e année Gio Bernardin ont bravé le trac et la foule pour se glisser dans des rôles divers. Ross et Rachel dans la série Friends, la jeune héroïne énervée du film Divines de Houda Benyamina, Juliette sur le point de s’empoisonner volontairement dans la pièce de Shakespeare ou les héros quarantenaires de la pièce comique Le Prénom, les facettes ont été nombreuses et ont permis d’explorer des territoires disparates pour bien souligner bien le potentiel énorme de jeunes comédiennes et comédiens qui misent beaucoup sur les compétences de leur professeur Olivier Belmondo pour progresser et s’épanouir. Depuis 10 ans, la réputation de cette école de théâtre ne cesse de grandir et sa place dans les palmarès annuels gravit quelques marches chaque année pour valider sa stratégie pédagogique. Dans la salle, l’illustre Jean-Paul Belmondo vient gratifier la petite troupe de son rôle de parrain de l’école pour encourager des élèves jeunes, parfois empruntés mais toujours volontaires. Il faut du courage pour se lancer devant une salle scrutatrice, ils n’en manquent pas et tous savent déclamer leurs répliques sans erreur. Si quelques inévitables défauts de clarté soulignent le chemin qu’il reste à parcourir, le public n’a pas manqué de saluer leurs efforts et leur entrain. D’autres têtes bien connues se faisaient voir dans la salle, notamment Daniel Russo et Robert Hossein, montrant bien l’aura grandissante d’un cours de théâtre qui accouchera certainement de quelques têtes bien connues du petit et du grand écran à l’avenir. A noter la performance désopilante d’un Benjamin Guicheteau comique à souhait en Monsieur Loyal introduisant chaque prestation avec un humour qui le disputait parfaitement à un art consommé de l’auto dérision. Malgré la chaleur de la salle, le public a pu constater que la jeunesse a un potentiel énorme pour prendre sa place sur les scènes et les écrans de l’avenir!

La bonne humeur était de mise parmi la petite troupe enfin libérée du poids d’une terrible audition. L’Entrée des Artistes a validé la qualité de son enseignement quand les élèves des promotions antérieures ont bien montré le niveau final atteint. Si vous aussi vous souhaitez devenir comédien, n’hésitez pas à vous renseigner!

Dates :  le 12 juin 2018
Lieu : Théâtre des Mathurins, L’Entrée des Artistes (Paris)
Metteur en scène : Olivier Belmondo
Avec : Myra Bitout, Lila Guennas, Charlotte Landoy, Mehdi Leger, Michael Mahjoubi, Elisa Noyez, Julie Tatukila, Garance Teillet, Thomas Khawam, Maxime Martigane, Gio Bernardin

Tout homme est une nuit, est sorti en livre audio (Audible)

Tout homme est une nuit, est sorti en livre audio (Audible)

Depuis 2014, tout le monde connaît Lydie Salvayre qui avait reçu cette année-là le Prix Goncourt avec Pas pleurer. Avec Tout homme est une nuit, l’auteur s’attaque à des thèmes très forts, universels : le français et l’étranger, l’amour et la haine, la banlieue oubliée, la campagne et la ville, la liberté, la peur et la suspicion, les rumeurs…

Annonce de la maladie

Anas est trentenaire. Suite à l’annonce de son cancer, il se sépare de sa compagne. D’après son psychiatre, la maladie lui a provoqué un tel choc qu’elle va lui permettre de se recentrer. Anas a le cœur lourd. Avec la maladie il a peur de devenir méchant. Grâce à elle, il réalise un de ses rêves : partir en Provence. Il décide de tout quitter pour aller se soigner dans le Sud.

L’étranger face au village

Il débarque dans un petit village de Provence, laissant tout derrière lui. Il loue une chambre et part à la découverte des environs. Il pense qu’il va finir sa vie ici. Car il est sûr que ce fichu cancer va l’emporter. Il fait le deuil de lui-même.

Alors qu’il pensait se ressourcer, il va découvrir un tout autre monde. Etant professeur de français, il décide d’écrire son journal. Mais il se retrouve dans une extrême solitude. Dans ce village, il existe un seul endroit où tous se retrouvent : Le Café des Sports. Mais très vite, Anas sent qu’il n’est pas le bienvenu.

Deux mondes opposés

Tout au long du livre, on suit parallèlement la vie du Café et celle d’Anas. Il est d’origine espagnole et on le traite d’arabe, de sale étranger. Au café, Dédé, Gérard, Emile et Marcellin parlent très vulgairement, souvent de sexe, et répandent de fausses rumeurs sur Anas. Ils sont pauvres de paroles, de concepts, une terrible pauvreté intellectuelle à l’opposé d’Anas. La voix du narrateur, l’étranger, alterne avec les habitués du Café des Sports. La tension monte tout au long du roman. Anas ne comprend pas mais il commence à avoir peur. Il se sent en insécurité. Et surtout il ne comprend pas cette hostilité à son égard. Une agressivité qui se transforme en haine.

La vie, un combat

Anas pensait trouver un réconfort dans le Sud. Il n’en est rien. Les villageois lui renvoient ses origines sociales et familiales. Celles qu’il voulait tant oublier. Du coup, son cancer passe au second plan. Il a peur. Il vit reclu, enfermé, pour se faire oublier. Mais quel est son délit ?

Avec Tout homme est une nuit, Lydie Salvayre nous livre une très bonne analyse des rapports humains et sociaux. Ce roman est d’autant plus touchant quand on sait qu’elle-même a souffert d’un cancer. Elle aborde ce sentiment de se découvrir mortel et l’envie de vivre mieux, le mieux possible. Le fait d’écouter ce livre, avec les différentes voix, interprétées par Lazare Herson-Macarel et Alain Granier, rend l’histoire encore plus vivante. Les différents accents du Midi ajoutent la touche de piment au livre !
Vraiment un bon livre à écouter et à méditer.

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Tout homme est une nuit

Des hommes retournent sur d’autres la brutalité d’un ordre dont ils souffrent. Ils s’inventent à peu de frais de commodes ennemis. Certaines frayeurs en eux les agissent. Des questions vieilles comme le monde mais d’une brûlante actualité, auxquelles Lydie Salvayre donne ici forme littéraire.

Un roman, donc, et d’une causticité jubilatoire, où vont se faire face, d’une part : un solitaire, un lettré, un pas-tout-à-fait-pareil, un pas-tout-à-fait-conforme, un homme malade qui a choisi de se retirer dans un lieu de beauté, et de l’autre : les habitants d’un paisible village que l’arrivée de ce nouveau, de cet intrus, bouscule et profondément déconcerte. Très vite surgiront, entre l’un et les autres, l’incompréhension et la méfiance, puis les malentendus et les soupçons mauvais, puis les grandes peurs infondées et les violences que sourdement elles sécrètent. Puisque tout homme est une nuit.

©2017 Éditions du Seuil (P)2018 Sixtrid SAS

Ce livre audio en version intégrale vous est proposé par Audible et est disponible en téléchargement.

Date de parution : le 24 mai 2018
Auteur : Lydie Salvayre
Lu par : Lazare Herson-Macarel, Alain Granier
Durée : 5h et 28mn
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La vie parfaite, notre gros coup de cœur (Liana Lévi)

Silvia Avallone

La vie parfaite, notre gros coup de cœur (Liana Lévi)

Si Silvia Avallone est un auteur italien, son roman s’adresse à toutes les femmes du monde. La vie parfaite, des portraits poignants de femmes, écrit par une femme. Silvia est toute jeune (34 ans) et déjà d’une très grande maturité. Dès son premier livre, D’acier, elle remporte un succès incroyable. Cette fois-ci, elle reste toujours dans son registre avec La vie parfaite, où elle s’attache plus particulièrement à deux portraits de jeunes femmes, de milieux sociaux totalement différents.

Adèle, 17 ans, enceinte

Adèle est une jeune fille, amoureuse de Manu. Elle habite dans la banlieue pauvre de Bologne. Elle vit seule, modestement, voire très pauvrement, avec sa mère et sa jeune sœur. Très vite, elle se rend compte qu’elle est enceinte. Elle aime Manu. Elle veut le garder son enfant. Mais Manu s’enfuit. Incapable d’assumer ses responsabilités. Un faible, Manu. D’ailleurs tout dans sa vie prouve que c’est un loser. Mais un loser qui gagne beaucoup d’argent, quasiment du jour au lendemain. Argent facile.

Dans la vie lycéenne d’Adèle ; il y aussi Zeno. Aussi et surtout. C’est son voisin et c’est aussi le meilleur ami de Manu. Elle ne le connaît pas mais lui, oui. Cela fait des mois, des années, qu’il l’espionne par la fenêtre. Zeno est brillant au lycée. Mais sombre. Sa vie est triste, terriblement triste. Il a son secret.

Adèle, tout au long du livre, se pose des questions. Elle ne sait pas ce qu’elle doit faire. Quelle décision prendre et jusqu’à la fin du livre, elle nous tient en haleine. C’est terriblement stressant de la voir évoluer, seule, avec son « colocataire », au fil des jours, des semaines de grossesse.

Dora, 30 ans, mariée, sans enfant

Dora est mariée à Fabio. Dora n’est pas comme tout le monde. Elle est née avec une infirmité. Ils vivent dans un tout autre monde qu’Angèle. Ils ont un chouette appartement, dans un quartier chic de Bologne. Aucun problème matériel. Ils s’aiment. Leur gros problème est le suivant : Dora n’arrive pas à être enceinte. Elle a fait plusieurs FIV, mais sans résultat. Sa vie devient un enfer. Donc, celle de Fabio aussi. Jusqu’au jour où ils prennent la décision d’adopter. Pas facile à prendre cette décision. Fabio se sent mal, de plus en plus mal. Sera-t-il capable d’adopter un enfant de 8 ans, malade ou informe peut-être ou séropositif ? Dora veut être mère, c’est le sens de sa vie. Peu importe comment il sera, elle le veut.

Angèle et Dora

Ces jeunes femmes n’ont apparemment aucun point commun. Tout les sépare. L’auteur nous dévoile les secrets intimes de chacune ainsi que de leur entourage très proche, leurs forces et leurs faiblesses. Le centre de leur vie : la maternité, présente ou absente. Mais même absente, elle est tellement envahissante dans la vie de Dora, qu’elle lui pourrit la vie. De la même façon qu’Angèle se sent obsédée par sa maternité. Ca l’empêche de vivre.

Silvia Avallone aborde de deux façons différentes la maternité. Deux points de vue qui font mal. Qui font souffrir. Dans les entrailles. Et chaque femme rêve d’une vie parfaite. Elles vivent un présent dur, imparfait, inhumain et espèrent un futur meilleur, une vie parfaite.

Maternité et paternité

Publik’Art a été sous le charme de l’écriture de Silvia Avallone. Une écriture tranchante, vraie, sans détour. Le fait d’aborder ainsi la maternité sous deux angles opposés le rend encore plus proche de nous. La paternité n’a pas le bon rôle. Père absent, en prison, ou en cavale. Ou pas de père du tout. Heureusement Fabio relève le défi en acceptant d’être un père adoptif même s’il doute de ses capacités. Jusqu’à la fin, on ne sait pas ce que la vie va réserver à nos jeunes héros. A travers leur vie quotidienne qui est vraiment difficile, on s’attache à Angèle, et à Dora. Et à ceux qui gravitent autour d’elles. La vie parfaite est un livre qui se lit d’une traite, le souffle court. Une écriture poignante qui va nous marquer longtemps. Un vrai coup de cœur pour Publik’Art !

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Le matin de Pâques, Adele quitte le quartier Labriola et part accoucher, seule. Parce que l’avenir n’existe pas pour les jeunes nés comme elle du mauvais côté de la ville, parce qu’elle n’a que dix-huit ans et que le père est en prison, elle envisage d’abandonner son bébé. À une poignée de kilomètres, dans le centre de Bologne, le désir inassouvi d’enfant torture Dora jusqu’à l’obsession. Autour de ces deux femmes au seuil de choix cruciaux, gravitent les témoins de leur histoire. Et tous ces géants fragiles, ces losers magnifiques, cherchent un ailleurs, un lieu sûr, où l’on pourrait entrevoir la vie parfaite.
Avec un souffle prodigieux et une écriture incandescente, Silvia Avallone compose un roman poignant sur la maternité et la jeunesse italienne écartelée entre précarité et espoir.

Date de parution : le 5 avril 2018
Auteur : Silvia Avallone
Editeur : Liana Levi
Prix : 22 € (400 pages)
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Une adaptation de Duras ambiguë avec La douleur, en sortie DVD/Blu-Ray le 15 juin

La douleur
La douleur, film de Emmanuel Finkiel, Copyright Les Films du losange

Une adaptation de Duras ambiguë avec La douleur, en sortie DVD/Blu-Ray le 15 juin

Les films traitant de la seconde guerre mondiale sont pleins de ces histoires ambiguës où des personnages doivent se sacrifier dans un intérêt supérieur. La douleur n’échappe pas à la règle avec l’héroïne Marguerite interprétée par la douce Mélanie Thierry qui attend le retour de son mari des camps de concentration sans savoir s’il reviendra vraiment tout en faisant son possible pour permettre ce retour. L’absence est rendue comme affreusement présente pour évoquer en filigrane le déni général à la fin du conflit quand les prisonniers des camps ne revenaient pour la plupart pas. Un film qui évoque une période difficile, dans une reconstitution de Paris minutieuse et des atours d’années 40 soigneusement chorégraphiés et scénarisés pour un drame si souvent vécu au dénouement du conflit.

La douleur au sens propre comme au figuré

Le réalisateur Emmanuel Finkiel adapte le roman de Marguerite Duras en prenant soin de rendre palpable l’incertitude d’une époque où une population se retrouve divisée, certains combattant l’occupant et d’autres s’en accommodent très bien, avec en plus la menace de la déportation dans des endroits très mal connus mais à la déjà sinistre réputation. Les rues de Paris sont rendues obscures par des procédés visuels pour figurer la difficulté de l’époque. Les couleurs sont ternies, les sourires sont tristes, le confort est remisé à plus tard. L’actrice Mélanie Thierry n’était pas le premier choix du réalisateur mais les essais ont été suffisamment concluants pour lui faire la choisir comme héroïne déboussolée. Le mari est parti, déporté dans des camps, elle attend son retour avec une confiance vacillante et ballottée par les personnages qu’elle côtoie. Une liaison avec un ami, des rapports ambivalents avec un agent de la Gestapo, Marguerite se retrouve au coeur de luttes de pouvoir, elle qui ne veut que revoir son mari disparu. Sans être une autobiographie de la romancière, le film La douleur fait penser que Duras aurait être elle-même à la place de la jeune femme, avec son regard lucide sur les choses et sa sensibilité à fleur de peau.

Entre la crainte engendrée par les écueils quotidiens de l’occupation, la perspective de la libération et l’affreuse attente, l’héroïne fait passer un large spectre d’émotions pour un film à découvrir en DVD/Blu Ray le 15 juin prochain.

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La douleur
La douleur

Juin 1944, la France est toujours sous l’Occupation allemande. L’écrivain Robert Antelme, figure majeure de la Résistance, est arrêté et déporté. Sa jeune épouse Marguerite, écrivain et résistante, est tiraillée par l’angoisse de ne pas avoir de ses nouvelles et sa liaison secrète avec son camarade Dyonis. Elle rencontre un agent français de la Gestapo, Rabier, et, prête à tout pour retrouver son mari, se met à l’épreuve d’une relation ambiguë avec cet homme trouble, seul à pouvoir l’aider. La fin de la guerre et le retour des camps annoncent à Marguerite le début d’une insoutenable attente, une agonie lente et silencieuse au milieu du chaos de la Libération de Paris.

Sortie DVD : le 15 juin 2016
Durée : 02h06
Réalisateur : Emmanuel Finkiel
Avec : Mélanie Thierry, Benoît Magimel, Benjamin Biolay
Genre : voir fiche allociné
Prix : 19,99 € (DVD)
Acheter : sur Amazon

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Le mariage de mon ex, sortie sur la VOD le 11 juin

Le mariage de mon ex
Le mariage de mon ex, film de Ryan Eggold

Le mariage de mon ex, sortie sur la VOD le 11 juin

Une comédie romantique avec un air de Woody Allen, un peu de Rom’Com’ et un zest de délire, ça vous dit? Le mariage de mon ex mélange tous ces ingrédients avec certes quelques longueurs bavardes mais surtout un personnage principal tête à claques et furieusement irrésistible. Pour rire un bon coup tout en réfléchissant sur sa propre vie, le film remplit sa mission. Se faire se gondoler et faire réfléchir, ça fait du bien parfois.

Une petite comédie sympathique

Le héros a quitté son ex et celle-ci l’invite à son mariage. Toute personne sensée refuserait illico mais Adam a le malheur d’accepter. Il doit se coltiner le futur mari, les anciens amis communs, l’ex-belle famille et supporter l’insupportable. Justin Long en fait des tonnes comme souvent chez les acteurs américains, il en rajoute, s’enfonce, enchaine les avanies et ça fonctionne pas mal. On se demande encore comment un jeune adulte peut faire preuve de tant de pitrerie dans la vraie vie, mais le film n’hésite pas à en faire des tonnes, quitte à enchainer les dialogues un peu longs et les situations légèrement invraisemblables. Mais c’est le principe et pour un bon plateau télé, le film atteint son but, on n’aimerait pas être à la place du héros, mais comme ce n’est pas le cas, le spectateur en profite sans fausse culpabilité.

Le mariage de mon ex sort sur la VOD le 11 juin pour un moment de rire et de philosophie et savoir quoi ne surtout pas faire en présence de son ex, surtout si des sentiments existent encore.

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Le mariage de mon ex
Le mariage de mon ex

Encore amoureux d’Allison, son ex, Adam ne s’est jamais remis de leurs rupture. Son monde est tourné sens dessus dessous quand elle l’appelle pour lui annoncer qu’elle se marie et qu’il est invité.

Sortie DVD : le 11 juin 2018
Durée : 01h45
Réalisateur : Ryan Eggold
Avec : Cobie Smulders, Justin Long, Charlotte McKinney
Genre : voir fiche allociné

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Des Cris d’amour entre passion et raison, bientôt à Avignon

Cris d'amour
Cris d’amour, mise en scène de Luda Nekrassov, Avignon

Des Cris d’amour entre passion et raison, bientôt à Avignon

Un comédien seul en scène déclame de la poésie et des tirades de théâtre dans un décor de clochardisation avancée. Entre un caddie rempli de papiers sales, des livres abimés et un dénuement visible, le personnage s’élève par la grâce de tirades de théâtre et de poèmes. En français, en anglais, en italien ou en allemand, les mots résonnent à l’oreille des spectateurs pour un moment entre rires et émotions. Maxence Mailfort occupe la scène et ne perd pas son souffle pour chanter à l’occasion en dansant. Une vraie pièce pour les amoureux de la langue et de ce beau sentiment.

Un bréviaire inspiré

Le théâtre sert aussi à ça, accoucher des mots avec force et conviction pour exprimer tantôt des sentiments, tantôt des contradictions. La mise en scène dépouillée souligne la place centrale de la langue face aux futilités du monde. Le personnage dont on ne connait pas le monde n’a besoin de rien sinon de livres et de pensées. Il passe d’Apollinaire à Cocteau, de Racine à Jean Yanne, le spectateur entend parler de Titus et Bérénice, de cris d’amour, de rancunes et de réconciliations. Pas d’intrigue dans cette pièce, le personnage ne sert que de réceptacle pour les mots des autres, il les déclame avec envie et il faut avoir le gout de la prose et des vers pour garder le fil. Cris d’amour est une pièce destinée aux amoureux de la langue, de toutes les langues, pour frémir au son de quelques bons mots ou d’extraits toujours aussi fascinants. Luda Nekrassov est à la mise en scène pour une métaphore de l’homme détaché des richesses de ce monde, car il a les mots et les idées, les feuilles et les ouvrages. Le monde est peut être détruit ou en ruines, l’homme peut être encore heureux d’avoir l’amour et toutes ces belles façons de l’exprimer avec emphase.

Cris d’amour s’adresse à tous ceux qui aiment les mots et les auteurs. Maxence Mailfort livre une prestation en full frontal pour exprimer un sentiment universel que chaque auteur aborde selon une face différente. Que ce soit pour en rire ou s’en attendrir, l’amour parle à tout le monde, la preuve. Peut être que certains seront tristes de ne pas trouver certains de leurs poèmes préférés, mais ils en découvriront d’autres à coup sûr!

Dates :  du 10 mars au 28 mai
Lieu : (Avignon)
Metteur en scène : Luda Nekrassov
Avec : Maxence Mailfort

De battre la chamade, la suite de la vie de Marie-Lou (Albin Michel)

Sophie Tal Men
Sophie Tal Men

De battre la chamade, la suite de la vie de Marie-Lou (Albin Michel)

Sophie Tal Men nous régale encore une fois avec son dernier roman : De battre la chamade. Même si on n’a pas lu les deux précédents livres de Sophie Tal Men, peu importe ! Publik’Art avait bien aimé : Entre mes doigts coule le sableDe battre la chamade, nous permet de retrouver Marie-Lou, qui fait ses stages d’internat. Elle va de Brest à Quimper. Et change de service et de colocataires, avec optimisme. Par contre, le gros problème de Marie-Lou est son Matthieu. Rien n’est simple avec lui et pourtant elle l’aime. Il est parti retrouver son père à La Réunion et depuis, Marie-Lou n’a plus de nouvelles. Et même sans aucune communication, elle reste accro à son Matthieu. Et pourtant, vraiment, elle aurait tant besoin de lui. Mais pour Matthieu aussi, la vie est compliquée. Il va falloir rattraper les années perdues avec son père…

A travers ce roman, De battre la chamade, le lecteur voyage, d’abord en Bretagne, puis à La Réunion. Un beau livre de vacances. Même si Marie-Lou a des soucis, elle garde une énergie et une force qui font du bien. On est à chaque fois étonnée de tout ce qu’elle abat à l’hôpital, de ses rapports avec les malades, et aussi avec ses professeurs. Et surtout on suit avec interêt sa vie privée.

On attend déjà avec impatience la suite de la vie énergique de Marie-Lou !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

En commençant son internat de médecine à Brest, Marie-Lou est très vite happée par le tumulte de l’hôpital. Un concentré d’humanité où les rencontres, les émotions, les disparitions aussi, font grandir, mûrir. Plus qu’un apprentissage, c’est une prise de conscience, sur soi et sur le monde. C’est là que bat le cœur de la vie.
Côté sentimental, les choses ne sont pas moins compliquées… Comment retenir l’instable et insaisissable Matthieu dans ses filets ? Lui qui a dû mettre la médecine entre parenthèses pour retrouver son père disparu ?
On retrouve l’énergie et la fraîcheur de l’auteur des Yeux couleur de pluie et de Entre mes doigts coule le sable dans ce roman du quotidien mouvementé de Marie-Lou et Matthieu. Un chassé-croisé amoureux sans répit, un portrait sans fard du monde hospitalier, des histoires d’amitié, beaucoup de résilience pour une vraie surprise.

Date de parution : le 2 mai 2018
Auteur : Sophie Tal Men
Editeur : Albin Michel
Prix : 18 € (295 pages)
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Une exposition éclairante avec Nymphéas, l’abstraction américaine et le dernier Monet au Musée de l’Orangerie

Nymphéas, l'abstraction américaine et le dernier Monet
Nymphéas, l’abstraction américaine et le dernier Monet, Musée de l’Orangerie

Une exposition éclairante avec Nymphéas, l’abstraction américaine et le dernier Monet au Musée de l’Orangerie

L’oeuvre de Monet fait dorénavant partie du panthéon pictural universel. Ses nymphéas sont reconnus comme une étape décisive de son travail considérable et les touristes du monde entier se bousculent pour voir les toiles en exposition permanente au Musée de l’Orangerie. Peu se souviennent que cela n’a pas toujours été le cas, la première partie du XXe siècle laissait plutôt la place aux contempteurs critiquant les tâches de peinture sans forme ni tracé d’un artiste vieillissant et considéré comme passéiste. C’est peu après la fin de la seconde guerre mondiale qu’une redécouverte de son oeuvre par des artistes américains innovants a permis de réévaluer l’apport gigantesque du peintre de Giverny. L’exposition Nymphéas, l’abstraction américaine et le dernier Monet propose une plongée virtuose dans une période clé de l’histoire de l’art, avec peu de toiles mais beaucoup d’enseignement pour comprendre l’apport vertigineux de Monet dans le développement de l‘abstraction américaine.

Le maître Monet

Il faut imaginer les grands panneaux des Nymphéas entreposés dans les ateliers de Giverny, presque à l’abandon. Claude Monet est mort depuis une éternité, 1926, quand ses toiles font l’objet d’une fascination renouvelée. Il faut attendre 1955 pour voir le MOMA de New York acquérir l’immense panneau W1992 et déclencher une frénésie collective. Car les artistes de ce temps découvrent que Monet a osé la couleur sans formes, la profondeur sans contours, le mélange de l’eau, du ciel et de la flore dans des compositions de nouveau considérées comme fascinantes. Du naturalisme oui, mais sans cadre, sans contraintes, laissant l’esprit voguer dans des compositions oniriques. Et l’école contemporaine américaine d’abstraction ne s’y est pas trompé en plaçant Monet en bonne place dans la liste des précurseurs de l’art moderne du XXe siècle. L’exposition au Musée de l’Orangerie met en regard les tableaux de la série des Nymphéas de Claude Monet avec des oeuvres abstraites pour une comparaison riche de sens. Le Autumn Rhytmn de Jackson Pollock entre en résonance avec la placidité calme et naturelle des nymphéas. Quand éclot le mouvement d’impressionnisme abstrait, Claude Monet est redevenu une référence auquel tout le monde se réfère. C’est ainsi une vingtaine de toiles d’artistes américains qui sont disséminées au fur et à mesure d’un parcours qui interroge. En plus du totem Jackson Pollock, ce sont également Mark Rothko, Barnett Newman, Clyfford Still, Helen Frankenthaler, Morris Louis, Philip Guston, Joan Mitchell, Mark Tobey, Sam Francis, Jean-Paul Riopelle et Ellsworth Kelly qui sont présents pour un ravissement pictural qui appelle à baisser le rythme des pas pour rester de longues minutes devant les toiles. Ce dernier fait de plus l’objet d’un hommage particulier, avec un regard plus approfondi sur le rapport de son oeuvre avec les Nymphéas.

Le Musée de l’Orangerie propose une exposition qui mélange les périodes artistiques pour une mise en abime vertigineuse qui tisse des liens entre l’abstraction américaine et l’oeuvre majeure de Claude Monet. L’exposition est à découvrir jusqu’au 20 aout pour un véritable moment de ravissement esthétique.

Dates : jusqu’au 20 aout 2018
Lieu : Musée de l’Orangerie (Paris)
Entrée : 9 €

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Nymphéas, l'abstraction américaine et le dernier Monet
Nymphéas, l’abstraction américaine et le dernier Monet

Nymphéas, l'abstraction américaine et le dernier Monet
Nymphéas, l’abstraction américaine et le dernier Monet

Nymphéas, l'abstraction américaine et le dernier Monet
Nymphéas, l’abstraction américaine et le dernier Monet

Nymphéas, l’abstraction américaine et le dernier Monet

 

 

 

 

 

Moi, ma vie, ma mère en textos, un échange mère-fille (Albin Michel)

Moi, ma vie, ma mère en textos, un échange mère-fille (Albin Michel)

Nathalie Riché et Rosalie Melin forment un duo d’auteurs des plus originaux. Mère et fille dans la vraie vie, elles écrivent à quatre mains. Après la sortie de leur conte animé en 2013, elles réitèrent l’expérience avec Moi, ma vie, ma mère en textos.

Une forme originale

Le roman de Nathalie Riché et Rosalie Melin, destiné à la jeunesse, fait preuve de beaucoup d’originalité, du moins sur le forme. Le lecteur s’en aperçoit dès les premières pages. En effet, sous la forme d’un échange de SMS, on peut suivre les aventures de Flora et sa mère. Ce moyen de communication est le plus simple qu’elles aient trouvé pour rester un contact, comme la mère de Flora est plus souvent en voyage d’affaires qu’à la maison. La lecture en est forcément très fluide et on découvre, jour après jour, la relation qu’entretiennent Flora et sa mère.

Une relation compliquée

Flora a du mal à mettre un mot sur ce qu’elle ressent, mais on pourrait facilement apparenter ça à de la rancœur. Au fil des pages et de leurs échanges, elle cherche à faire comprendre à sa mère qu’elle lui en veut d’être absente si souvent et de manquer les moments les plus importants de sa vie. Vivant seule une bonne partie du temps, Flora est forcée de grandir plus vite qu’elle ne devrait. Alors que de son côté, sa mère fait son possible pour être présente, même si ce n’est que grâce à son téléphone. Leur relation a beau être compliquée, le lecteur comprend très rapidement qu’elles sont fusionnelles et la grande majorité de leurs échanges nous laissent le sourire aux lèvres.

Combler l’absence

Flora essaye par tous les moyens de combler le vide créé par les absences à répétition de sa mère et celle, permanente, de son père, parti à sa naissance. La jeune fille de treize ans doit alors trouver sa place dans un monde où sa mère ne tient pas en place, lui transmettant à son tour le goût du voyage.

Le tandem d’auteurs, mère et fille, apporte sans aucun doute au roman une crédibilité qu’il aurait été difficile d’atteindre autrement. La lecture en est d’autant plus fluide qu’elle est rythmée par les différents voyages de Flora et sa mère.

Page de l’éditeur :

Flora, 13 ans, et sa mère vivent ensemble. Enfin « vivent » tient davantage de l’expression que de la réalité car la mère passe sa vie en voyage d’affaires à l’autre bout du monde. Le père de Flora est aux abonnés absents depuis sa naissance… La mère est souvent loin du quotidien de sa fille, alors pour garder le contact, toutes les deux ont adopté un mode de communication par sms. C’est tout un quotidien qui se dessine ainsi… et puis il y a ce secret qui plane autour du père… Un jour, une grand-mère outre-Atlantique réapparaît et invite sa petite-fille en vacances à New York. Elle lui présente une cousine de son âge, Tessy. Une cousine… vraiment ? Flora découvre que sa mère lui a beaucoup menti. La réconciliation se fera tandis que Flora devra affronter ce père tant espéré et détesté à la fois…

À partir de 11 ans.

Date de parution : le 30 mai 2018
Auteur : Nathalie Riché et Rosalie Melin
Editeur : Albin Michel
Prix : 10,90 €
Acheter : Amazon

Un fabuleux monologue habité avec François d’Assise au Théâtre de Poche Montparnasse

François d'Assise
François d’Assise, mise en scène de Adel Hakim, Théâtre de Poche Montparnasse

Un fabuleux monologue habité avec François d’Assise au Théâtre de Poche Montparnasse

Le comédien Robert Bouvier incarne sur les planches du Théâtre de Poche Montparnasse un homme en joie et en pleine exultation. Ce François d’Assise ne fait pas de prêche ou de prosélytisme, il jubile par son amour des hommes et de la nature dans un monologue transcendant où le maitre mot est la liesse communicative. Le texte de Joseph Delteil interroge d’abord sur la place de l’homme sur cette terre avant de convaincre par sa musique toute droite sortie du coeur. Et comme Robert Bouvier s’adonne totalement à la force de l’instant, les spectateurs ne peuvent que s’enthousiasmer de ce tour de force théâtral.

Une pièce enivrante

C’est peut être ça l’extase. La capacité à s’émerveiller de tout et à ne pas s’encombrer de barrières stériles, dans l’amour de l’homme et, ici, de Dieu. Car si le texte de Joseph Delteil ne met pas l’accent sur la théologie et la foi, il aborde évidemment ces sujets mais se concentre avant tout sur l’exaltation d’un homme qui a trouvé le bonheur dans la renonciation aux choses matérielles de ce monde pour vivre dans une béatitude permanente. La pièce se place volontairement très loin des standards actuels en privilégiant les mots aux effets de manche, le comédien à la mise en scène, les mimiques au maquillage. Un anorak informe et un pantalon de jogging figurent le dénuement de la robe de bure, un muret de brique illustre les chemins de campagne, le jeu de lumière soustrait à l’occasion au regard des spectateurs la nudité d’un homme en union avec la nature pour une pudeur salutaire. La mise en scène est aussi sommaire que les mots sont envoutants. Robert Bouvier n’arrête jamais, enchainant près d’1h30 d’allocutions dans une parfaite emphase émerveillée, emmenant avec lui un public subjugué. Il évoque un homme d’abord inscrit dans son temps avant de s’en extraire pour s’élever à l’universalité, avec à la clé la création d’un ordre qui subsiste encore aujourd’hui et un message qui ne cesse de fasciner. Loin de la théorie capitaliste de l’accumulation matérielle à outrance se trouve un contrepoint si loin et en même temps si proche. La pièce produit un effet enivrant sur qui se laisse aller à une sorte de lâcher prise intellectuel, pour un recul phénoménal sur notre civilisation. Dans un monde si compliqué et bardé d’hypocrisie, le retour à la simplicité peut être une solution.

La prestation de Robert Bouvier captive par sa sincérité et les applaudissements finaux valident le parti pris volontairement dépouillé d’un moment de théâtre aussi poétique que chaleureux. La pièce est à découvrir jusqu’à la mi-juillet au Théâtre de Poche Montparnasse, pour un moment passé en compagnie d’un personnage haut en couleur, rempli d’empathie et fascinant.

Dates : Du 30 Mai AU 15 Juillet 2018 – du mardi au samedi 19h, dimanche 17h30
Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris)
Metteur en scène : Adel Hakim
Avec : Robert Bouvier

Swimming pool, une histoire saisissante pour les ados (Rageot)

Swimming pool, une histoire saisissante pour les ados (Rageot)

Sarah Crossan est un phénomène de la littérature Young Adult. Diplômée en littérature et écriture créative, tous ses romans sont des succès internationaux. Elle a reçu de nombreux prix littéraires et ses deux romans traduits en français, Inséparables et plus récemment Swimming pool ont entraîné un grand enthousiasme chez les lecteurs.

Des personnages forts et attachants

Kasienka a douze ans, presque treize. Née en Pologne, elle y a vécu toute sa vie, c’est tout ce qu’elle connaît. La voilà obligée de mettre les pieds dans un pays qu’elle ne connaît pas, de quitter tout ce qu’elle a toujours connu pour habiter dans un appartement beaucoup moins bien que celui dans lequel elle vivait et d’intégrer une école qui, dès sa rentrée, ne l’accepte pas. Kasienka se retrouve en sixième, avec des plus petits qu’elle et pas d’amis en perspective. Comme si les choses n’étaient pas assez compliquées, chaque soir, sa mère la traîne dans les rues humides et froides d’Angleterre à la recherche de son père, parti sans laisser d’adresse. Ce qui rend Kasienka si forte et attachante, c’est qu’elle ne se laisse pas abattre. Même si la situation ne lui plaît pas, elle ne se plaint pas et garde la tête haute.

Une forme originale

Si la forme peut surprendre le lecteur au début, elle n’en reste pas moins originale et incroyablement bien choisie ! En effet, Swimming-pool est écrit en vers libres. C’est ce qui permet à Sarah Crossan de rendre son roman aussi poignant et surtout, rythmé. Assez courte, l’histoire de Kasienka n’en reste pas moins mémorable pour le lecteur, autant pour son contenu que l’originalité de sa forme.

La difficulté d’adaptation à cette nouvelle vie

L’histoire de Kasienka est l’occasion pour Sarah Crossan d’aborder d’autres points tout aussi importants, tels que le harcèlement scolaire. Kasienka ne ressemble pas aux autres filles de sa classe : sa peau est trop blanche, ses cheveux trop courts et son anglais pas assez bon pour qu’elle se fonde dans la masse. Immédiatement, on la prend pour cible. Kasienka est laissée de côté à cause de sa différence. Après avoir été arrachée à ses racines, Kasienka doit essuyer de nombreuses déceptions

Kasienka se sent tiraillée entre l’envie de retrouver sa vie d’avant si facile et le besoin de s’adapter à cette vie qui est maintenant la sienne, qu’elle le veuille ou non. Toute la force de ce roman se retrouve en Kasienka. Sarah Crossan a su lui donner une voix pour raconter son histoire et toucher ses lecteurs.

Page de l’éditeur :

Kasienka vient d’arriver en Angleterre avec sa mère. Elle qui n’a jamais connu que la Pologne fait sa rentrée dans un pays qui n’est pas le sien, avec des gens qu’elle ne connaît pas, dans une langue qu’elle maîtrise mal. Et le soir venu, de quartier en quartier, elle cherche son père, qui a quitté le domicile familial sans laisser d’adresse. Bref, ce pays est gris, humide, et parfois assez inhospitalier. Heureusement, il y a la piscine, il y a l’eau. Et dans l’équipe de natation, il y a William…

Dès 12 ans.

Date de parution : le 16 mai 2018
Auteur : Sarah Crossan
Editeur : Rageot
Prix : 14,90 € (256 pages)
Acheter : Amazon

L’histoire revisitée avec bonne humeur mais pas sans partialité avec Cabaret Mai 68 au Théâtre de Poche Montparnasse

Cabaret Mai 68
Cabaret Mai 68, mise en scène de Christophe Barbier, Théâtre de Poche Montparnasse

L’histoire revisitée avec bonne humeur mais pas sans partialité avec Cabaret Mai 68 au Théâtre de Poche Montparnasse

L’imaginaire collectif hexagonal aime revêtir les événements de Mai 68 d’une aura mythique et le temps qui passe ne cesse d’épaissir la couche de nostalgie d’une dimension de quête héroïque. Christophe Barbier a le bon gout de recadrer les choses avec un déroulé chronologique des événements de mars à juillet 68. L’exaltation d’une jeunesse fatiguée par l’usure d’un pouvoir empli de doutes face à cette manifestation populaire inédite est avivée en chanson et dans la bonne humeur. La petite troupe ravit une audience qui a pour sa grande majorité l’âge d’avoir des souvenirs de cette époque. La plongée anthropologique se fait en sourires et en boutades pour un résultat qui privilégie la bouffonnerie au sérieux, le cliché à la rigueur, la caricature au cartésien. C’est un choix.

Mai 68 pour les nuls 

Revenir en détail sur une période charnière de la France contemporaine demande d’avoir plus que quelques notions, un regard affuté sur l’histoire et des connaissances politiques apportent de l’épaisseur et du liant. Et Christophe Barbier est loin d’en être dépourvu, fort de son expérience journalistique, notamment à la rédaction de L’Express. Le spectacle aborde les enjeux étudiants, les questions sociales et la quadrature du cercle politique. Car personne n’avait anticipé ce qui se déroulerait à Nanterre et à la Sorbonne, avec une fronde étudiante sans précédent, un mouvement ouvrier national dans la foulée et un Général De Gaulle mis personnellement en cause. Les comédiens personnifient les protagonistes principaux avec force mimiques, pantomimes et gesticulations. Une cigarette au bec pour Krasucki et Pompidou, un air altier pour De Gaulle, des yeux rieurs pour Dany le rouge, la fresque politico-historique perd quelque peu de sa superbe pour fureter du côté de la farce rieuse. Les plaisanteries fusent pour une connivence très orientée en faveur de la contestation, la subjectivité est volontairement reine pour un succès public qui ne se dément pas. Surtout qu’un programme musical d’époque confirme la dimension cabaret. Emmanuelle Goizé gratifie l’audience de sa voix superbe, les autres protagonistes l’accompagnent avec entrain, un Sylvain Katan cocasse en tête. Bella ciao, Les Bonbons, Les élucubrations, Let the sun shine, l’ambiance est furieusement hippie et décontractée, surtout avec le piano de Vincent Prezioso qui ajoute à la bonne humeur ambiante.

La pièce ravira les convaincus de l’héritage Mai 1968, laissant penser que décidément l’histoire est une fois de plus écrite par les vainqueurs. Les gaullistes sont représentés en pantins poussiéreux dans une belle parodie potache. Cabaret Mai 1968 aborde légèrement un sujet qui interroge sur l’évolution de la société française, les anciens étudiants contestataires sont maintenant aux manettes sans vraiment s’interroger sur la répétition de l’histoire. L’avenir dira s’ils en seront surpris.

Dates :  Du 29 Mai au 11 Juillet 2018 – Mardi et mercredi à 21h
Lieu : Théâtre de Poche Montparnasse (Paris)
Metteur en scène : prénom nom
Avec : Christophe Barbier, Emmanuelle Goizé, Sylvain Katan, Pierre Val, Vincent Prezosio

Les nouvelles aventures du Fakir au Pays d’Ikéa, en livre audio (Audible)

Les nouvelles aventures du Fakir au Pays d’Ikéa, en livre audio (Audible)

Publik’Art avait déjà beaucoup apprécié le premier roman de Romain Puértolas : L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa. Alors, c’est évidemment avec beaucoup de plaisir que nous avons écouté la suite de la vie du fakir : Les Nouvelles Aventures du FAKIR au pays d’IKEA.

Le fait d’écouter, et non de lire, rend ce roman encore plus drôle et plus vivant. Les différents accents interprétés par l’acteur Dominique Pinon nous font vraiment éclater de rire ! Les jeux de mots deviennent un pur régal.

Suite de Fakir 1

Si le premier roman de Romain Puértolas abordait déjà le thème de l’immigration clandestine, le Fakir 2 l’approfondit. Toujours sous le même ton un peu délirant, très humoristique et avec de nombreux jeux de mots hilarants. Mais cette fois-ci, l’auteur aborde aussi d’autres thèmes à travers la vie du fakir. Les chapitres sont alternés : ceux qui s’intéressent à la dure enfance du fakir au nom imprononçable, Ajatashatru Lavash Patel, que vous pouvez prononcer ainsi : J’attache ta charrue, la vache, et ceux qui racontent la vie du fakir à 40 ans. Et bien sûr, l’auteur explique que le fakir à 40 ans a forcément des séquelles de ce qu’il a vécu à 9 ans.

Personnages du Fakir 1

On retrouve les personnages du Fakir 1 de Romain Puértolas. Ajatashatru est toujours marié avec Marie Rivière et semble très heureux avec elle. Il est devenu très riche grâce à son premier roman qui a eu un succès mondial. Il a écrit son second roman mais son éditeur ne le trouve pas aussi bon et l’invite à partir en Suède pour « se retrouver ». Il décide donc d’aller directement rencontrer le grand patron d’Ikéa pour lui commander un Kisifrøtsipik, la Rolls du lit à clous. Et évidemment, rien ne sera simple pour Aja. Mais vraiment rien ! La fin du roman ressemble à un Vaudeville suédois où tous les personnages se retrouvent.

L’enfance du fakir

On découvre la vie du jeune fakir, qui a été adopté et qui est entré à 9 ans à l’école du fakir, EDF, dans le seul but de devenir très riche un jour. Il sera le seul élève de cette école, ne comprenant pas un seul mot du maître ! Tous les autres élèves ont fui, suite au discours du maître. Et son maître, Baba Ohrom, qui deviendra plus tard le Baron Shrinkshrankshrunk, le maltraite à tous les niveaux. Si le ton de l’auteur reste humoristique, il dénonce tout de même ouvertement la maltraitance faite aux enfants. A chaque mésaventure de Aja, une leçon de morale jaillit, un peu comme les Fables de La Fontaine. Malgré cette maltraitance, cette victimisation, le fakir en sort toujours grandi et plus fort.

De l’humour pour faire passer des messages

Dans Les Nouvelles Aventures du FAKIR au pays d’IKEA, il est clair que l’auteur utilise l’humour pour aborder des thèmes très sérieux, comme il l’avait déjà fait dans le Fakir 1. Cette fois, non seulement la maltraitance d’enfants est abordée, mais également le problème de l’immigration clandestine. L’auteur ridiculise également le monde occidental tellement égoïste et cruel. Aja se trouve toujours dans des situations qui nous font rire, car il est tellement innocent et naïf, que l’on ne peut que rire. Et grâce à sa débrouillardise, il arrive toujours à s’en sortir ! Mais dans le fond, c’est grave et sérieux. On se régale et en même temps, le texte nous interpelle :
Les gens riches ne sont pas heureux, les pauvres, oui.
S’accepter aux yeux des autres c’est s’accepter soi-même. Ou encore un proverbe chinois : Ne cherche pas à te venger. Assieds-toi au bord de la rivière et bientôt tu verras passer le cadavre de ton ennemi.
Ce qui ne tue pas, rend plus fort.

Un second tome qui en appelle un autre

Maintenant qu’on en sait un peu plus sur ce jeune fakir devenu très riche, on attend avec impatience le tome 3. Car vous verrez, vous entendrez, à la fin du tome 2, Aja prédit un futur incroyable !

Publik’Art a particulièrement aimé toutes les situations plus invraisemblables les unes que les autres, mais toujours truculentes de ce jeune fakir qu’on aime de plus en plus. Avec de nombreuses références littéraires et également d’actualité, le style de Romain Puértolas est toujours aussi vivant, simple, un peu naïf, comme s’il racontait ces aventures à un enfant ! Un pur régal pour nous, simples terriens ! A chaque moment d’écoute, on s’envole avec le fakir, loin de notre quotidien ! Un très chouette moment de récréation ! Des ondes positives qui font tellement de bien !

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Les nouvelles aventures du Fakir au Pays d’Ikéa

Rappelez-vous l’épisode précédent : L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea ; soit Ajatashatru Lavash Patel et un soubresautant tour du monde emboîté dans une armoire Ikea qui l’avait vu, par avion ou par cargo, transbahuté d’Angleterre en Espagne et de Tripoli à Paris. Nous avions laissé l’homme coulant les plus doux des jours avec Marie Rivière, la dame de son cœur et écoulant par palettes entières le récit de sa déménageante saga.

Notre héros macère dans l’aisance avec la volupté d’un cornichon dans la saumure et se confit dans le plus gras bien-être, son éditeur retoque son second opus, lisse à l’excès et bien bouffi de consensualité. Pour la faire brève, notre fakir est devenu mou du clou, glabre du sabre et son tapis de braises vire à la moquette haute laine. Réagissez mon bon ! Et notre Patel de repartir à la reconquête de soi. Cap sur la Suède pour rencontrer Dieu lui-même, l’Allah de la clé Allen, le maître d’Ikea, et se fournir en Kisifrøtsipik, la Rolls du tapis à clous.

Romain Puértolas, en digne fils de Verne et parfait gendre d’Alexandre Dumas, réaffirme cette vérité d’évidence : le monde n’est qu’une commode Ikea, assemblée par un fakir, pleine de fausses portes et de doubles fonds, et que l’on n’assemblera jamais !

©2018 Le dilettante (P)2018 Audiolib

Ce livre audio en version intégrale vous est proposé par Audible et est disponible en téléchargement.

Date de publication : le 16 mai 2018
Auteur : Romain Puértolas
Lu par : Dominique Pinon
Durée : 6h et 6mn
Acheter sur : Audible

Une comédienne épidermique à découvrir dans la pièce Poil à gratter au Festival d’Avignon

Poil à gratter
Poil à gratter, mise en scène de Laurence Campet

Une comédienne épidermique à découvrir dans la pièce Poil à gratter au Festival d’Avignon

C’est dans un appartement parisien qu’une foule d’invités a pu découvrir en show case privé la pièce imaginée et interprétée par Adeline Piketty. Poil à gratter est une pièce revêche qui extrapole l’existence d’une figure de la rue de la Roquette à Paris. Vêtue de frusques informes, Chantale vit dans la rue et la comédienne illustre en 19 scènettes son quotidien étriqué, laissant au public le choix de se faire une opinion sur le caractère volontaire ou subi de cette existence indigente. Le regard autant que les mots expriment une chute émotionnelle, avec la conscience sous-jacente de la possibilité d’un ascenseur social dégringolant et peut être d’un lâcher prise intime pour fuir les contraintes futiles d’une société capitaliste anxiogène.

Un seul en scène troublant 

Adeline Piketty figure physiquement une femme qui erre réellement sur le macadam parisien. Troublée par cette apparition constante qu’elle croise quasi-quotidiennement, elle a imaginé mettre en scène une page de cette vie cloitrée sur quelques mètres carrés de bitume. Elle appelle cette femme Chantale et l’imagine ancienne psychiatre rompant toutes les attaches avec une existence certainement confortable. Reste la raison d’un tel choix, est-il le fruit d’une réflexion? Ou d’une pathologie? Ou d’un accident de la vie? La comédienne ne livrera pas ce secret qu’elle même ne peut que conjecturer. Cette femme a-t-elle de la famille, des enfants? Le spectateur doit faire dans sa tête le chemin vers elle  pour tenter d’accepter ce naufrage volontaire, hors des sillons du capitalisme universel pour une vie au jour le jour, sans perspectives au-delà du court terme ni plan sur 30 ans. L’expérience théâtrale est éreintante mais enrichissante, comme si pour une fois le spectateur avait enfin le temps d’entendre une sorte de confession, avec des mots de la rue et un regard différent sur la réalité. La SDF voit les gens se presser, s’inventer une silhouette pour exister socialement, s’attifer de sacs de marque, autant de choses que Chantale regarde avec dédain. Le public se demande également si cette héroïne de la vie réelle a besoin d’aide, son destin semble parfaitement lui convenir, se débrouiller avec des petits bouts de rien, des restes de la boulangerie ou des conserves récupérées au supermarché lui peut lui apparaitre comme un sort tout à fait enviable.

Une pièce qui fait réfléchir

La mise en scène sommaire donne toute la place à la comédienne. Dans les oripeaux de Chantale, mais aussi en narratrice ou en ami SDF, elle conserve ce regard aussi doux que lucide sur une échappée de la société. Présente au milieu de la multitude mais seul parmi les passants, Chantale est une métaphore d’un choix conscient sur les limites de notre système incapable de digérer tous ses membres et oublieux de tous ceux qui lui tournent le dos. Avec l’éternelle musique de Purcell pour les funérailles de la reine Mary qui rythme la pièce de son air solennel, la comédienne occupe tout l’espace, a la liberté de s’approcher des spectateurs pour les toiser ou les invectiver. Munie de son sac en toile vendu sur les trottoirs près de Barbès, Chantale ne détient que de rares vêtements comme seuls biens matériels. Symbole du refus du capitalisme et des conventions, elle symbolise un jusque boutisme qui place le spectateur face à un paradoxe vivant. Plongée dans le dénuement, Chantale est peut être une Sisyphe moderne, heureuse de son sort malgré les avanies qui pour elles n’en sont pas. De quoi singulièrement changer les perspectives et se poser un tas de questions.

Ce Poil à gratter démange le spectateur, ne cessant justement de le gratter dans des endroits habituellement impassibles de l’esprit. Ce regard donné par Adeline Piketty sur une image humaine abimée qui ne l’est peut être pas tant que ça ne cesse d’interroger et garde sa place dans l’esprit du spectateur longtemps après. La pièce sera à découvrir à Avignon cet été pour un écho qui ne manquera pas de raisonner jusqu’à vous.

Dates :  Festival Off d’Avignon du 6 au 29 juillet à 14h30, relâche le mercredi
Lieu : Espace Alya (Avignon)
Metteur en scène : Laurence Campet

Avec : Adeline Piketty

Hôpitaux en détresse, patients en danger, une bombe qui tue (Flammarion)

Hôpitaux en détresse, patients en danger, une bombe qui tue (Flammarion)

Cris d’alarme et de détresse

Ce sont les Professeurs Halimi et Marescaux qui ont décidé de dévoiler au monde entier les horreurs qui se passent dans nos hôpitaux en France. Le suicide du Professeur Mégnien, à 54 ans, en décembre 2015, à Paris, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Il y eut aussi le suicide de Laurent Selek, à 36 ans, neurochirurgien pédiatrique brillant, à Grenoble.
Ce livre de près de 300 pages recueille de nombreux témoignages de personnes qui ont personnellement subi une forme de harcèlement à l’hôpital, sur leur lieu de travail.

Un véritable massacre

Il s’agit souvent de personnes très hautement qualifiées :
Le Professeur Halimi, 56 ans, chef du service radiologie, Président de l’Association JL Mégnien qui recense déjà plus de 400 dossiers de harcèlement.

Le Professeur Marescaux, 61 ans, ancien PU-PH neurologue. Il dénonce des aberrations au sein de son hôpital, concernant la prise en charge des patients. On le poussera à la porte, et il perdra tout ou presque tout.

Le Docteur Thibault Liot, médecin urgentiste, chef de pôle urgence du Samu-Smur de Seine et Marne. Lui aussi dénonce des dysfonctionnement graves au sein de son hôpital. Il se raconte et décide de se battre pour que la vérité explose. Mais lui, il a quitté l’hôpital, pour sauver sa vie.

Un cri de détresse d’un directeur adjoint qui a vu sa vie bouleversée suite à l’arrivée d’un nouveau directeur à son hôpital. Il a été tout simplement licencié.

Le Docteur Florence Rollé, cardiologue-réanimatrice, à Limoges. Elle a été harcelée, mise au placard suite au décès accidentel de son chef avec qui elle formait une excellente équipe depuis 25 ans.

Au nom de la rentabilité de l’hôpital

Dans ce livre, d’autres témoignages tous plus bouleversants les uns que les autres. Certains restent anonymes. Soit leur histoire est en cours, soit leur situation reste trop fragile pour pouvoir être ouvertement évoquée. A travers ces témoignages il en ressort encore beaucoup de souffrance psychique. On ne peut qu’être choqué de découvrir tout ce massacre alors que ce sont des personnes hautement indispensables à la France et ayant soigné des centaines de milliers de personnes. Une véritable honte et une très grande perte pour nous tous. Car forcément la retombée sur les patients est inévitable.

Pour bien comprendre ces mécanismes de harcèlement, le Professeur Granger, psychiatre à Paris, et professeur de psychiatrie à l’université Paris Descartes, nous dresse un portrait de l’harceleur et de celui de sa victime. Un jeu de pouvoir où l’un écrase volontairement l’autre, ayant tout pouvoir au sein de l’hôpital.

Il faut que cela cesse

Tout ce qui est révélé dans ce livre peut paraître inconcevable et pourtant, c’est du vécu. Bravo au Professeur Halimi et au Professeur Marescaux d’avoir eu le courage de crier haut et fort toutes ces atrocités qui se passent en France, dans nos hôpitaux. Bravo aussi à tous les passeurs d’alertes qui ont eu le courage d’apporter leur pierre à cet édifice au risque de leur vie. Il est temps de crier au scandale et de mettre un terme à ces pratiques complètement inhumaines et scandaleuses. Voilà un livre à faire diffuser très largement, le plus largement possible.

Pour compléter ce livre, Publik’Art vous invite à regarder cette vidéo : CHU de Grenoble : la fin de l’omerta.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Plus de deux ans après le suicide du professeur Jean-Louis Mégnien à l’hôpital Georges-Pompidou, c’est un vibrant SOS que lancent les professeurs Philippe Halimi et Christian Marescaux, ardents défenseurs du service public hospitalier : « Nous ne sommes pas des incendiaires mais nous voulons alerter et dénoncer un mal insidieux qui divise les équipes et laisse à terre des gens qui perdent le goût de travailler, parfois même le goût de vivre… »
À travers de nombreux témoignages, souvent bouleversants, ce livre démontre les effets dévastateurs, pour les personnels comme pour les patients, d’un système qui contraint aujourd’hui les équipes hospitalières à soigner vite par souci de rentabilité et d’économies. Une logique financière qui pousse de nombreuses directions d’établissement à diminuer les effectifs et les moyens, puis à écarter violemment ceux qui s’opposent à ces stratégies mortifères ou décident d’en dénoncer les dérapages.
Abus de pouvoir, menaces de représailles, mises au placard, harcèlement moral, impunité pour les maltraitants, tous les moyens sont bons pour que l’ordre règne…
« L’heure est venue d’une véritable prise de conscience pour que cesse la destruction de l’hôpital public. »

Date de parution : le 4 avril 2018
Auteur : Philippe Halimi, Christian Marescaux
Editeur : Flammarion
Prix : 19,90 € (292 pages)
Acheter sur : Amazon

Le basket à l’honneur dans le film La légende au cinéma mercredi 6 juin

La légende
La légende, film de Florian Hessique,

Le basket à l’honneur dans le film La légende au cinéma mercredi 6 juin

La Légende n’évoque pas l’existence glorieuse de Michael Jordan ou de Kobe Bryant, mais le parcours fictionnel d’un jeune basketteur français décidé à intégrer l’équipe de France de basket par la grâce de son talent et de sa persévérance. Jean-Christophe Markovic (Florian Hessique) est aussi doué qu’ombrageux et son caractère de cochon va buter autant contre les limites de son corps que contre les blocages d’un système piégeux. L’acteur est aussi le réalisateur et propose une version loin d’Hollywood sur le monde impitoyable du basket tricolore.

White men can jump

Si le titre peut paraitre injustement présomptueux par rapport au contenu du film, l’intrigue fait la part belle à un homme décidé à provoquer le destin en dépit des embuches, dans un déroulé plus rugueux que flamboyant. Florian Hessique insiste sur les longues séances d’entrainement et tout le travail de l’ombre pour souligner que le talent n’est rien sans le travail. Si le film a souvent bien malgré lui une esthétique de téléfilm qui diminue son ampleur, l’acteur/réalisateur compense avec sa volonté de bien faire et de brosser le portrait d’un acharné à la recherche de son rêve. Le basket occupe une énorme place dans un film qui intéressera avant tant tout les fans de la balle orange car Florian Hessique s’est énormément préparé pour devenir affuté et crédible dans son rôle de prodige hexagonal retourné contre toutes attentes dans son club formateur pour continuer son ascension. Une histoire d’amour se greffe ainsi que des histoires de rivalités au sein de l’équipe et l’apparition du président de club interprété par un Patrick Préjean fait plaisir et ravira les nostalgiques de Tigrou ou d’Il était une fois la vie. La légende se passe d’effets visuels et de pyrotechnie pour se focaliser sur l’histoire d’un homme qui aime le basket et veut atteindre le plus haut niveau possible. Ca peut paraitre un peu futile mais quand vous mêmes vous avez enchainé les paniers encore et encore, c’est au contraire très important en plus de rappeler de beaux souvenirs!

La légende plonge dans le monde du basket avec ses embuches et ses vicissitudes avec un héros que rien n’arrête.  Le film sort sur les écrans le mercredi 6 juin.

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La légende
La légende

A 25 ans, Jean-Christophe Markovic est au sommet de sa carrière de basketteur professionnel. Alors qu’il est courtisé par les plus prestigieux clubs Européens, Jean-Christophe va faire le choix étonnant de retourner dans son club formateur fraichement promu au plus haut niveau… Son ambition? L’équipe de France.

Sortie : le 6 juin 2018
Durée : 1h23
Réalisateur : Florian Hessique
Avec : Florian Hessique, Géraldine Lapalus, Patrick Prejean
Genre : Drame

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L’ouvrage définitif sur Quentin Tarantino par Alberto Morsiani aux éditions Gremese

Quentin Tarantino
Quentin Tarantino, un libre de Alberto Morsiani, Editions Gremese

L’ouvrage définitif sur Quentin Tarantino par Alberto Morsiani aux éditions Gremese

Si tout le monde connait Quentin Tarantino et que beaucoup apprécient grandement son oeuvre, peu peuvent se targuer de le connaitre aussi bien qu’Alberto Morsiani. Déjà auteur de plusieurs ouvrages sur le bonhomme, Il commet un nouveau pensum aussi fouillé que richement documenté avec 248 pages de textes et de photos, de déclarations du réalisateur, d’analyses et surtout de perspectives sur l’avenir des projets de celui qui n’a jamais cessé de faire souffler un vent de nouveauté sur un monde du cinéma qui en a bien besoin.

Un ouvrage riche et documenté

C’est peu de le dire que l’ouvrage d’Alberto Morsiani dit tout sur tout concernant Quentin Tarantino. Il faut savoir que cet auteur érudit féru de cinéma bénéficie d’un CV plus qu’intéressant. Notamment directeur artistique de l’Association Circuito Cinéma de Modène, pour laquelle il organise des séminaires et des manifestations culturelles, il est également directeur de salles de cinéma publiques et privées et critique cinématographique au quotidien Nuova Cazzetta di Modena. Il collabore également à des organismes et des revues cinématographiques, parmi lesquelles Cineforum. Mais surtout, et c’est sur cela que nous le connaissons dans nos contrées, il écrit de nombreux essais, en particulier sur le cinéma américain. Et outre Quentin Tarantino, il a déjà abordé Anthony Mann, Joseph L. Mankiewicz et Gus Van Sant. Peu de doutes donc sur ses capacités à creuser l’oeuvre de Tarantino pour un bréviaire unique qui intéressera avant tout les passionnés qui ne rechignent pas à la lecture de 248 pages. Pas de raccourcis ni d’idées lancées à la volée, Alberto Morsiani creuse et creuse encore avec des références nombreuses, aussi techniques qu’historiques pour mieux comprendre les intentions du réalisateur et les moyens mis en oeuvre pour les exprimer le mieux possible. Les éditions Gremese traduisent en français un ouvrage qui comblera les cinéphiles avertis, ceux qui se posent des questions sur chaque plan pour découvrir leurs origines et leurs possibles implications , tant philosophiques que sociales ou cinématographiques. Seul bémol, mais c’est vraiment question de chipoter, les photos (nombreuses!) sont toutes en noir et blanc, mais à vrai dire, est-ce vraiment un problème quand on a déjà vu tous les films de Tarantino?

L’ouvrage dédié à Quentin Tarantino aux éditions Gremese se lit comme une encyclopédie savante sur l’univers d’un réalisateur qui a peu de concurrents de nos jours hormis David Fincher et Christopher Nolan. Les cinéphiles se rueront sur un ouvrage qui ouvre autant de perspectives qu’il aborde savamment une oeuvre appelée à marquer l’histoire du cinéma.

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Quentin Tarantino
Quentin Tarantino, un libre de Alberto Morsiani, Editions Gremese

Réalisateur mais également acteur, scénariste, producteur et même distributeur, Quentin Tarantino est avant tout un cinéphile omnivore qui a fait de ses obsessions la matrice d’un genre cinématographique à part entière: chacun de ses films est un « film de Tarantino » avant d’être une histoire de gangsters, un pulp movie ou un western. Pour permettre aux lecteurs d’apprécier pleinement toute la complexité et l’originalité de cette icône de la culture de masse contemporaine, Alberto Morsiani offre ici une lecture complète de son cinéma. Chaque film est raconté, analysé individuellement et accompagné de photos emblématiques, puis répertorié dans sa filmographie (qui, outre les réalisations du cinéaste prodige, mentionne ses scénarios, ses interprétations et ses productions). Et pour élargir le champ de connaissances de l’univers tarantinfien, d’autres contenus accompagnent la rétrospective des films: un dictionnaire rassemble et classe les déclarations du réalisateur sur la vie, son travail et ses convictions. Clos par un chapitre révélant toutes les anticipations disponibles sur ses projets en cours, cet ouvrage offre aux lecteurs l’enquête la plus complète et approfondie sur l’oeuvre de Tarantino. Il met en avant le vent de nouveauté constant que Quentin Tarantino insuffle dans le cinéma et a culture dans le monde entier.

Date de parution : Juin 2018
Auteur : Alberto Morsiani
Editeur : Stock
Prix : 19 € (248 pages)
Acheter sur : Amazon

The Cakemaker, tout d’un grand film

The Cakemaker
The Cakemaker, film de Ofir Raul Graizer, Copyright Karma Films

The Cakemaker, tout d’un grand film

Parfois, sans crier gare, un petit film arrive sur les écrans sans tambours ni trompettes et provoque un raz de marée émotionnel chez le spectateur. The Cakemaker fait partie de ceux ci avec une histoire simple qui touche à l’universel. Entre Berlin et Jérusalem, les frontières n’ont plus cours quand les sentiments s’en mêlent. Le problème tient dans tous ces mensonges et ces compromissions qui brouillent les pistes et génèrent une légitime ambiguïté. Un film tout en émotion, qui se laisse le temps et emporte le public dans son intrigue.

La confusion des sentiments

Le début du film semble banal en diable. Oren est un homme d’affaires israélien et il tombe sous le charme de Thomas, pâtissier allemand travaillant à Berlin. Même marié au pays à Jérusalem, le premier ne parvient pas à résister au physique massif du second et à sa bonhomie tranquille. Mais quand Oren ne donne plus de signes de vie, Thomas s’en inquiète jusqu’à apprendre sa disparition presque par hasard. Commence alors un jeu de cache cache pour un pâtissier irrésistiblement attiré par Anat, la veuve d’Oren, gérante d’une gargote à Jérusalem. Les sentiments s’établissent dans un contexte à la portée plus sociale où les règles strictes régissant la société israélienne apparaissent au premier plan. Nourriture casher fortement recommandée, shabbat qui commence invariablement le vendredi soir, société clairement patriarcale, les limites sont nombreuses et la question du choix aboutit sur une vision presque morale des choix de chacun. Le réalisateur commet un premier film tout en maitrise, ne hâtant rien et laissant se développer la montée des sentiments et du trouble. Le portrait brossé de la société israélienne se développe via des personnages qui accordent plus ou moins d’importance aux règles. Que vous soyez par trop scrupuleux ou plus libéral, le carcan n’est pas le même. Thomas s’installe dans sa patrie d’adoption, travaille et se rapproche d’Anat mais son statut d’allemand non juif s’installe comme un obstacle infranchissable qui en plus de lui fermer les portes et devient un danger pour la jeune femme. Même extrêmement doué pour la confection de gâteaux qui participent de plus en plus au succès de la gargote, le risque de se faire stigmatiser comme non juif persiste. Et comme Thomas lui cache sa liaison avec Oren, le spectateur sent que le mensonge causera forcément des dommages collatéraux. Le réalisateur a le bon gout de ne pas insister plus que cela sur les questions d’orientation sexuelle, le spectateur comprend beaucoup de choses sans qu’il y en ait plus à ajouter, c’est fin et sensible comme il faut, sans prosélytisme ni militantisme excessifs.

The Cakemaker est une merveille de film israélo-allemand, avec des personnages non pas monolithiques mais remplis de doutes. Le réalisme d’ensemble fait toucher du doigt les tempêtes sous les crânes et les questionnements qui ne cessent de les animer. La variété du cinéma du monde s’illustre parfaitement dans un opus qui restera hélas certainement anecdotique alors qu’il aborde des aspects significatifs du monde d’aujourd’hui, et ce n’est pas rien.

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The Cakemaker
The Cakemaker

Thomas, un jeune pâtissier allemand, a une liaison avec Oren, un homme marié israélien qui voyage régulièrement à Berlin pour affaires. Quand Oren meurt dans un accident de voiture, Thomas se rend à Jérusalem à la recherche de réponses concernant sa mort. Sans révéler qui il est, Thomas se plonge dans la vie d’Anat, la veuve de son amant, qui tient un petit café. Il commence alors à travailler pour elle.

Sortie : le 6 juin 2018
Durée : 1h44
Réalisateur : Ofir Raul Graizer
Avec : Tim Kalkhof, Sarah Adler, Roy Miller
Genre : Drame

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Deux, un savant mélange entre jazz et electro par le duo de musiciens belges Glass Museum

Glass Museum
Glass Museum

Deux, un savant mélange entre jazz et electro par le duo de musiciens belges Glass Museum

Le duo belge electro/jazz Glass Museum s’est fait connaitre récemment avec son titre Opening paru fin 2017. Composé des deux musiciens défricheurs d’ambiances musicales poétiques et aériennes Antoine Flipo et Martin Grégoire, le groupe fait paraitre son premier album Deux avec 6 titres plus mélancoliques les uns que les autres. Distillant leurs morceaux au compte gouttes depuis fin 2017, les deux artistes n’ont pas hésité à accompagner chaque sortie d’un remix non inclus sur l’album, on pourra hélas le regretter.

Les 6 morceaux de Deux sont exclusivement instrumentaux pour un résultat furieusement contemplatif qui rappellera l’atmosphère des albums ambient de Brian Eno ou les envolées pianistiques de grands jazzmen pianistes. Mais l’arrière plan musical ne se prive d’aucune fioriture pour épaissir le son et moderniser l’album non pas destiné uniquement aux fans de jazz mais surtout à tous les curieux de crossover musical. Batterie, boite à rythme, trompette et guitare participent à la fête pour un album qui fait évoluer ses morceaux entre calme et tempête.

Opening débute avec une rythmique proche du jungle et un piano diaphane comme suspendu dans les airs et qui rappellera les compositions de Philip Glass. Une boite à rythme se joint d’ailleurs à lui pour une atmosphère qui monte en tension. Shadow’s face se rapproche de la pop avec sa batterie et ses airs de trompettes qui donnent au morceau des airs épiques, certains se rappelleront de compositions de Robert Wyatt notamment sur Rock Bottom. Tribal Coffee continue sur une rythmique jouée au piano avec une même trompette et une déclinaison qui rappelle le morceau précédent. Wu revient à une mélodie plus apaisée et à des arrangements aériens. Waves laisse le piano en liberté pour un morceau entre calme et nervosité, sans oublier sa mélodie comme une musique de film. L’album se conclut sur Electric Silence et son piano à la Keith Jarrett, augmenté d’arrangements qui l’accompagnent pour de forts élans mélancoliques.

Deux est un album qui tranche avec les productions actuelles, son ambition harmonique et ses orientations jazz font merveille et ravissent l’auditeur. Un vrai album pour mélomanes à découvrir au plus vite.

WU est un titre produit par Glass Museum

Un one man show désopilant avec World Man Bio au Théâtre BO Saint Martin

World Man Bio
World Man Bio, mise en scène de Jay, Théâtre BO Saint Martin

Un one man show désopilant avec World Man Bio au Théâtre BO Saint Martin

Jay prend possession des planches du Théâtre BO Saint Martin tous les mercredis à 20h pour convaincre le public de la justesse de son choix: devenir vegan envers et contre tout. Mais pas seulement, il parle également de son cousin JP tout en subtilité, de son gout pour les voyages, de son expérience dans une auberge de jeunesse et de son séjour chez des hipsters hippies. Le spectacle est aussi comique que léger, Jay sait faire s’exclamer le public avec son humour tout en fausse modération. Pas de critique acerbe de la société ou de jugements de valeur à l’emporte pièce, le spectacle se veut avant tout distrayant, et ça fonctionne parfaitement!

La nouvelle génération de comiques 

Jay débarque sur scène attifé comme un globe trotteur. Catogan, short en jean, gilet de sport et carotte autour du cou. Détendu comme jamais, il explique sa ferme résolution d’arrêter toute consommation de protéine animale. Ses explications sont aussi drolatiques que furieusement orientées. Arguant d’une évolution de l’humanité qui a mal tourné, il enjoint une audience pliée en deux de cesser d’ingérer des ovules de poules (oeufs), de boire du lait (pour sauver les petits veaux) et de manger des épinards pour devenir super fort comme Popeye. Le spectacle est tout sauf sérieux et Jay ne manque aucune occasion de glisser un commentaire ironique pour gentiment brocarder les fans de yoga, les vegans extrémistes ou les globe-trotteurs de pacotille dans des scènes où son art de l’imitation fait merveille. Seul en scène avec quelques accessoires, il réussit parfaitement sa mission: faire cesser de manger de la v… euh, faire rire joyeusement un public tout acquis à sa cause. Le bonhomme n’hésite certes pas à utiliser quelques expressions vulgaires à la mode mais de manière si retenue que les plus complexés n’hésiteront pas à rire en coeur avec le reste du public.

Nul besoin d’être vous même vegan pour aller découvrir Jay au Théâtre BO Saint Martin dans son spectacle World Man Bio. La bienveillance et l’empathie sont la règle pour des scènettes avant tout humoristiques qui ne feront pas de mal à une vache. Et si Jay parvient tout de même à vous convaincre de vous mettre au Quinoa, il ne faut pas hésiter à lui en faire part!

Dates :  Les mercredis à 20h
Lieu : Théâtre BO Saint Martin (Paris)
Metteur en scène : Jay
Avec : Jay

Le mythe ressuscité en chansons avec Don Quichotte Flamenco au Théâtre du Gymnase

Don Quichotte Flamenco
Don Quichotte Flamenco, Mise en scène de Gérard Chambre, Théâtre du Gymnase

Le mythe ressuscité en chansons avec Don Quichotte Flamenco au Théâtre du Gymnase

L’affiche distille une foule d’informations éparses qui ne peuvent qu’immanquablement éveiller la curiosité du public. Don Quichotte, Flamenco, Jacques Brel, le spectateur veut savoir à quoi s’attendre concernant un spectacle seulement présent pour quelques représentations exceptionnelles au Théâtre du Gymnase entre le 29 mai et le 3 juin 2018. Le spectacle adapte dans les grandes lignes L’homme de la Mancha, numéro lui-même adapté en 1968 par Jacques Brel après l’avoir découvert à Broadway en 1967. Tours de chant, numéros de danse, scènes truculentes, numéros de Flamenco évidemment, la comédie est au rendez-vous pour un divertissement total.

Don Quichotte revisité avec truculence

Dès l’entrée sur scène, le ton est donné. Plusieurs guitaristes prennent place au milieu de la scène, une troupe de femmes énergiques débarque à son tour en ordre dispersé et un chanteur distille ses morceaux andalous de sa voix puissante et rauque. La soirée est lancée, furieusement hispanisante et sensuelle. Quand un cheval de métal débarque au bout d’une dizaine de minutes, poussé par un petit homme sympathique et bedonnant, le doute n’est plus permis. Don Quichotte va bien occuper le devant de la scène pour reléguer rapidement le Flamenco au second plan. L’intrigue est simple et directe. Accompagné de son fidèle Sancho Panza, le chevalier errant sans titre ni fortune débarque dans un village pour réclamer l’hospitalité. Il y fait la connaissance de sa Dulcinée et va vivre des aventures épiques qui le confronteront à ses démons. La plus grande partie du spectacle est consacrée aux numéros de chant, les plus épris du chanteur belge Jacques Brel pourront aisément l’imaginer déclamer les refrains, notamment le sublimement connu La Quête. Le chanteur principal Gérard Chambre est grand et élancé, sa voix porte clair, comme celle du Grand Jacques avant lui. La mise en scène fait la part belle aux froufrous et aux tours de passe passe pour ajouter à l’ambiance décomplexée du spectacle à coups de bouts de ficelle artisanaux. Les personnages se croisent, se toisent, brettent en chanson et s’aiment avec éclat. Les sentiments sont forcément aussi outranciers que la folie du héros perdu dans un monde de géants et de chevaliers. Le spectacle rend un bel hommage aux compositions adaptées par Brel voici de cela 50 ans, la bonne humeur communicative est de mise pour un public conquis par le spectacle. Certains auraient peut-être  aimé un peu plus de Flamenco, mais cette danse si expressive aurait pu perdre une partie de l’audience en cas d’excès les béotiens ne se plaindront pas de la dose très comptée mais tout aussi représentative de danse espagnole.

Don Quichotte Flamenco offre un beau moment hors du temps avec un spectacle volontiers picaresque. Les dates ne sont plus très nombreuses, il faut se dépêcher pour réserver sa place et passer un beau moment de comédie au Théâtre du Gymnase.

Dates :  du 29 mai au 3 juin 2018, du mardi au vendredi à 21h, samedi à 10h30, dimanche à 15h et 17h30
Lieu : Théâtre du Gymnase (Paris)
Metteur en scène : Gérard Chambre
Avec : Gérard Chambre, Véronique Fourcaud, Fabrice Coccitto, Lucie Fabry, Pierre Babolat, Mika Apamian

La perle Final Horror de Old Caltone

Old Caltone
Old Caltone, Final Horror, Roy Music

La perle Final Horror de Old Caltone

Old Caltone, ce n’est nul autre que Jérôme Amandi lancé dans un nouveau projet musical en parallèle de son groupe habituel Talisco qui a commis récemment l’album Capital Vision. Avec un premier album présent dans les bacs depuis le 25 mai, Old Caltone se singularise non seulement par une pochette au gout douteux mais aussi et surtout par un mélange jouissif de pop, punk, électro et hip hop. L’album se prête à un voyage musical fascinant où l’auditeur va de surprises en surprises piste après piste. Pour qui découvre le bonhomme en même temps que l’album, c’est juste bluffant de folie créatrice.

Un projet digne d’un boulimique de musique

Pour beaucoup, l’album Final Horror rappellera le meilleur du Rubin Steiner de la grande époque avec des influences musicales variées et un tourbillon musical entre bidouillages bordéliques et harmonies découpées à la hache. Jérôme Amandi doit aimer se balader dans les cimetières à la nuit tombée pour baptiser son projet du nom d’un endroit funéraire d’Edimbourg. La richesse le dispute à la créativité avec des sons rappelant – pêle mêle – MGMT, Cornershop, Tom Waits, Gorillaz, Mogwai, Tindersticks et Thiervery Corporation. Si le thème initial de l’album est censé faire référence à Dracula, l’auditeur pourra surtout se plonger dans 11 morceaux plus variés les uns les autres et se laisser brinquebaler au fur et à mesure des morceaux. L’album commence avec un Old Caltone présents qui débute sur un orgue horrifique avant de se diriger vers une voix plus soul et des sonorités electro, le couvert est mis et les fans de Mr Oizo retrouveront leurs petits avant que des sonorités plus pop prennent la suite pour un mélange éblouissant. Mr. D ressemble furieusement à du MGMT période premier album pour un morceau plus pop. The creator (From Jack) s’enfonce dans l’electro assumée. Et ça continue sur tous les titres, des références par ci, des délires par là, c’est renversant d’ingénuosité autant qu’euphorisant. Two Devils est beaucoup plus hip hop et ça ne choquera personne, Jérôme Amandi aurait pu mixer Vivaldi, ça n’aurait pas été plus surprenant. In the beginning est une belle pépite qui rappèlera l’époque bénie du Trip hop et surtout la voix sublime du chanteur de Tindersticks. Des références, de la vitalité, Old Caltone est une belle pépite de musique à découvrir!

Il n’y a rien à jeter dans un album qui tente une exploration en profondeur des grandes tendances de la musique actuelle ou récente. De quoi trouver son bonheur dans un maelström vivifiant et réjouissant.

Two Devils est un titre produit par Roy Music.

https://www.youtube.com/watch?v=fQBHaMY0yHU

Mnouchkine, Pommerat et Daguerre, grands vainqueurs de la 30e Nuit des Molières

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Mnouchkine, Pommerat et Daguerre, grands vainqueurs de la 30e Nuit des Molières
photo DR

Mnouchkine, Pommerat et Daguerre, grands vainqueurs de la 30e Nuit des Molières

Ariane MnouchkineJoël Pommerat et Jean-Philippe Daguerre sont les grands vainqueurs de cette 30e Nuit des Molières, retransmise, en léger différé sur France 2, depuis la salle Pleyel.

Récompensée de deux Molières (prix de la mise en scène et du spectacle public), la fondatrice du Théâtre du Soleil et figure engagée d’un théâtre de troupe, voit donc sa pièce « Une chambre en Inde », écrite sur fond des attentats à Paris, honorée de la fameuse statuette.

L’auteur et metteur en scène Joël Pommerat, qui avait obtenu en 2016 le Molière du théâtre public avec sa pièce Ça ira (1) fin de Louis, rafle encore cette fois-ci la mise avec trois Molières, dont celui du metteur en scène d’un spectacle privé avec Cendrillon.

Spectacle initialement créée en 2011 en Belgique, puis jouée au théâtre public de l’Odéon avant d’être repris au théâtre privé de la Porte Saint-Martin.

Quant à Jean-Philippe Daguerre, surtout connu pour ses mises en scène de classiques comme « L’avare » ou « Le Cid », il remporte quatre Molières pour « Adieu Monsieur Haffman », dont celui du théâtre privé. Il s’agit d’une tragi-comédie poignante qui raconte l’histoire d’un bijoutier juif caché dans une cave pour échapper aux Nazis dans la France occupée.

Enfin, Blanche Gardin qui n’a pas sa langue dans poche, obtient le Molière de l’humour avec son son spectacle, »Je parle toute seule », un petit bijou d’humour noir, aussi trash qu’irrésistible.

Le palmarès complet de la soirée :

Molière du Théâtre privé :

Adieu Monsieur Haffmann, de Jean-Philippe Daguerre, mise en scène Jean-Philippe Daguerre, Petit Montparnasse.

Molière du Théâtre public :

Une Chambre en Inde, création collective du Théâtre du Soleil, mise en scène Ariane Mnouchkine, Théâtre du Soleil

Molière de la Comédienne dans un spectacle de Théâtre privé :

Laure Calamy, dans Le Jeu de l’amour et du hasard, de Marivaux, mise en scène Catherine Hiegel.

Molière du Comédien dans un spectacle de Théâtre privé :

Jean-Pierre Darroussin, dans Art, de Yasmina Reza, mise en scène Patrice Kerbrat.

Molière du Metteur en scène d’un spectacle de Théâtre public :

Ariane Mnouchkine, pour Une Chambre en Inde, création collective du Théâtre du Soleil.

Molière du Metteur en scène d’un spectacle de Théâtre privé :

Joël Pommerat, pour Cendrillon, de Joël Pommerat.

Molière de la Comédienne dans un spectacle de Théâtre public :

Marina Hands, dans Actrice, de Pascal Rambert, mise en scène Pascal Rambert.

Molière de la Comédienne dans un second rôle :

Christine Murillo, dans Le Tartuffe, de Molière, mise en scène Michel Fau.

Molière du Comédien dans un second rôle :

Franck Desmedt, dans Adieu Monsieur Haffmann, de Jean-Philippe Daguerre, mise en scène Jean-Philippe Daguerre.

Molière de la Création visuelle :

Cendrillon, de Joël Pommerat, mise en scène Joël Pommerat, Théâtre de la Porte Saint-Martin.

Molière de l’Auteur francophone vivant :

Jean-Philippe Daguerre, pour Adieu Monsieur Haffmann.

Molière de la Révélation féminine :

Julie Cavanna, dans Adieu Monsieur Haffmann, de Jean-Philippe Daguerre, mise en scène Jean-Philippe Daguerre.

Molière de la Révélation masculine :

Rod Paradot, dans Le Fils, de Florian Zeller, mise en scène Ladislas Chollat.

Molière du Jeune public :

Le Petit Chaperon rouge, de Joël Pommerat, mise en scène Joël Pommerat, Cie Louis Brouillard.

Molière du Spectacle musical :

Histoire du soldat,, de Ramuz et Stravinsky, mise en scène Stéphan Druet, Théâtre de Poche-Montparnasse.

Molière du Seul(e) en scène :

Vous n’aurez pas ma haine, avec Raphaël Personnaz, d’après Antoine Leiris, mise en scène Benjamin Guillard, 984 Productions – Arnaud Bertrand

Molière de l’Humour :

Blanche Gardin, dans Je parle toute seule, de Blanche Gardin, mise en scène Maïa Sandoz.

Molière du Comédien dans un spectacle de Théâtre public :

Jacques Gamblin, dans 1 heure 23’14  » et 7 centièmes, de Jacques Gamblin et Bastien Lefèvre, mise en scène Jacques Gamblin.

Molière de la Comédie :

Le Gros Diamant du Prince Ludwig, de Henry Lewis, Jonathan Sayer et Henry Shields, adaptation Gwen Aduh et Miren Pradier, mise en scène Gwen Aduh, Théâtre du Gymnase.

Une nouvelle bande dessinée passionnante sur la confusion de la guerre d’Espagne avec Dr Uriel aux éditions La Boîte à Bulles

Dr Uriel
Dr Uriel, Scénario et Dessins de Senti, La Boîte à Bulles

Une nouvelle bande dessinée passionnante sur la confusion de la guerre d’Espagne avec Dr Uriel aux éditions La Boîte à Bulles

Les éditions La Boîte à Bulles publient une bande dessinée dense et passionnante qui suit le parcours d’un jeune médecin pendant la guerre d’Espagne. Dans un noir et blanc teinté de quelques couleurs le dessinateur et scénariste Sento retrace les heures sombres d’une nation déchirée entre franquistes et républicains. Sento est rien de moins que le gendre de Pablo Uriel, médecin successivement emprisonné et embrigadé par les deux camps sans jamais perdre l’espoir d’en sortir vivant pour reprendre le cours d’une existence normale.

Une BD fleuve 

Sento noircit rien de moins que 432 pages pour raconter quelques années tourmentées d’une vie pourtant initialement destinée à la pratique routinière de la médecine dans l’Espagne des années 30. Mais le déclenchement de la guerre civile en juillet 1936 va durablement impacter le cours de la vie de Pablo Uriel, jeune médecin de 23 ans, sportif et enthousiaste, pas du tout fait pour être brinquebalé de la vie de prisonnier à celle de médecin de guerre, avec l’angoisse constante de se faire fusiller ou de périr dans une attaque sans jamais revoir sa famille. Les différents épisodes de cette lucarne ouverte sur une page sanglante de l’histoire moderne se fait au rythme d’une correspondance ininterrompue et entretenue avec sa famille restée à Saragosse. Scènes de vie avec d’autres prisonniers, témoignages d’expériences en temps de guerre, travail de médecin sur le front, la BD ne cache rien et expose tout dans un déroulé qui se suit comme une aventure en territoire hostile. Ce sont pourtant des espagnols qui se battent contre d’autres espagnols, enchainant les exécutions sommaires pour purger le pays d’opposants inlassablement combattus. Sento utilise un dessin très rond aux lignes claires our figurer des personnages pris dans la tourmente de la guerre.

Dr Uriel est une BD nécessaire pour revivre une page trouble de l’histoire contemporaine avec des êtres humains opposés à d’autres êtres humains pour des motifs politiques et n’hésitant pas à recourir aux pires exactions. C’est dans ce contexte que Sento exhume l’histoire de Pablo Uriel, personnage simple et attachant perdu dans un conflit qui le dépasse mais n’abat jamais sa soif de vivre.

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Fraîchement diplômé de médecine, Pablo Uriel effectue son premier remplacement dans un petit village du nord de l’Espagne. Alors qu’il découvre les joies de son métier et d’une vie paisible à la campagne, un soulèvement nationaliste éclate. En juillet 1936, la bourgade de La Rioja, dans laquelle exerce Pablo, est assaillie par une unité franquiste. Le jeune homme est immédiatement fait prisonnier. Contraint de soigner les phalangistes durant le siège de Belchite, Pablo sera par la suite emprisonné par les républicains. Successivement condamné par les deux camps, le docteur Uriel devra, au milieu du champ de bataille, faire face à ses premiers cas de conscience et au-delà de ses convictions politiques, préserver son humanité.
Un brillant témoignage sur les désastres et les injustices de la guerre civile espagnole raconté par le gendre du docteur Uriel.

Date de parution : le 6 juin 2018
Scénariste(s) : Sento
Dessinateur(s) : Sento
Genre : Biopic
Editeur :La Boîte à Bulles
Prix : 29 € (432 pages)
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Dr Uriel
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