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Expérience mort, Tome 1: une BD de Valérie Mangin, Denis Bajram et Jean-Michel Ponzio (Ankama)

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Date de sortie : février 2014

Auteurs : Valérie Mangin, Denis Bajram (scénario) et Jean-Michel Ponzio (dessin)

Prix : 13,90 € (48 pages)

Expérience mort est une série d’anticipation (diptyque) créée par le couple Valérie Mangin (Alix Senator…) – Denis Bajram (UW1…) ainsi que Jean-Michel Ponzio (Le Complexe du Chimpanzé, Black Lord) où, comme son nom l’indique, les personnages embarquent pour une expérience inédite : celle du voyage dans le tunnel de l’au-delà…

Résumé de l’éditeur :

Vous êtes mort. Saurez-vous revenir ?
 
Mme Fork, la célèbre milliardaire américaine, ne peut supporter de voir son fils unique agoniser d’une terrible maladie. Elle décide de tenter l’impossible : l’accompagner à la frontière de la mort et l’empêcher de la franchir. Pour cela, elle réunit une équipe de savants qui construit un incroyable vaisseau capable de suivre une âme désincarnée où qu’elle aille. C’est un stupéfiant voyage hors de notre réalité qui les attend. Aucune des expériences de mort imminente connues n’aurait pu laisser imaginer ce qu’ils vont découvrir. On ne force pas impunément les portes de l’Au-delà !

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Le scénario d’Expérience mort offre une réflexion sur les enjeux que représente la recherche scientifique de l’expérience de mort imminente. Partir et revenir. Pour ceux qui peuvent. Après les difficultés scientifiques, voilà qui peut poser des problèmes d’éthique, de religions, ou encore politiques et sociaux. Sous cette trame générale, c’est une expérience top secrète qui est menée. Une équipe de scientifiques embarque pour la vivre à leurs risques et périls. Le lecteur avec eux. Un récit palpitant qui rappelle l’univers des Thanatonautes  dans une version beaucoup plus sombre.

Ce qui s’explique aussi par le style graphique de Ponzio,  à l’hyper réalisme exacerbé dont il a le secret. On a l’impression de contempler des photos. C’est toujours stupéfiant de talent.

Expérience Mort est ainsi l’oeuvre de trois maîtres de la BD et leur premier album en témoigne par son efficacité d’écriture. On ne peut qu’attendre impatiemment la suite.

419 African Mafia, une BD de Loulou Dédola et Lelio Bonaccorso (Ankama)

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Date de sortie : 9 mai 2014

Auteurs :   Loulou Dédola (scénario) et  Lelio Bonaccorso (dessin)

Prix : 13,90 € (64 pages)

419 African Mafia c’est l’histoire d’une descente aux enfers, celle qui mène en plein coeur de la mafia nigériane par la porte du proxénétisme et de la drogue. Un polar noir extrêmement bien ficelé écrit par Loulou Dédola (leader du groupe RCP, auteur, compositeur, interprète et infiltré dans les réseaux criminels africain) adapté également en long-métrage (actuellement en cours de production ; avec Richard Bohringer, Adel Bencherif et Liya Kebede dans les rôles principaux). Pour la version BD, c’est Lelio Bonaccorso (Mafia Tabloids) qui s’est chargé des dessins.

Résumé de l’éditeur :

Entre Lagos et Lyon, de l’arnaque 2.0 à la prostitution : plongez dans l’enfer de la mafia nigériane !

« 419 » est à l’origine le numéro de l’article du code pénal nigérian condamnant les arnaques sur Internet, abusant de la crédulité des victimes pour leur soutirer de l’argent. Considérée aujourd’hui comme l’une des plus lucratives mafias au monde, le 419 s’est étendu au proxénétisme et au trafic de drogue, notamment grâce aux body packagers (mules) et à la traite des femmes, comme sous-traitant à d’autres mafias. Mino, un jeune musicien de la banlieue lyonnaise qui a séjourné en Afrique, fait la rencontre de Grace, une Nigériane enrôlée dans ce trafic d’êtres humains, menacée, endettée, déterminée à épouser sa condition pour retrouver sa liberté.

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L’écriture implacable de 419 African Mafia en fait une BD coup de poing redoutable. Un polar très bien construit, qui est sans doute inspiré de l’expérience d’investigation et d’infiltration de l’auteur. On y découvre l’une des mafias les plus puissantes au monde, aux pratiques ultra-violentes. Notre héros va s’y frotter, et s’y bruler les ailes évidemment. Le spectacle va crescendo de façon très contrôlée, grâce à un découpage particulièrement réussi. On s’attache presque immédiatement aux personnages bien qu’on ne sache pas grand chose de leurs passés. Loulou Dédola est vraiment doué, et pas que pour parler le broken english (mélange entre le dialecte nigérian et l’anglais).

Le dessin de Lelio Bonaccorso est très moderne. Des traits fins et un cadrage toujours adapté aux scènes d’action en font un illustrateur de talent. La coloration est réalisée  avec beaucoup de jeux de lumières, la plupart du temps de nuit.

419 African Mafia est au final un excellent one shot qui frappe par son réalisme ambiant et la violence qu’il met en scène.

Private Liberty, tome 1 : une BD de Nérac, Jean-Blaise Djian et Cyrille Ternon (Editions Vagabondages)

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Date de sortie : 23 avril 2014

Auteurs :   Nérac, Jean-Blaise Djian (scénario) et Cyrille Ternon (dessin)

Prix : 13,90 € (54 pages)

Private Liberty est une trilogie policière et fantastique écrite par Nérac (pour qui L’échelle de Kent est le premier album) et Jean-Blaise Djian (Les Quatre de Baker Street, Prospero, Le Grand Mort…) et illustrée par Cyrille Ternon (La conjuration des vengeurs). Le premier tome – L’échelle de Kent, sorti il y a peu – met en scène Jean Fanal, un journaliste qui enquête sur un crime aux allures surnaturelles : un homme écrasé par un 4×4 sur une plage de Normandie alors qu’aucune trace de pneu n’est décelée….

Résumé de l’éditeur :

Un homme est retrouvé mort sur la plage d’Omaha en Normandie, un 4X4 sur la tête : c’est le début de l’enquête surnaturelle que va mener le journaliste Jean Fanal. Son père a disparu et les cadavres de touristes pas comme les autres s’accumulent. C’est alors toute l’existence de ce reporter taciturne, cynique et attachant qui va se voir bouleversée. Du 6 juin 1944 à l’Amérique des années 20, Fanal découvrira qui est son père mais également qui il est lui-même, en exhumant l’histoire d’une guerre oubliée qui fait rage en secret depuis des siècles.

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Le scénario de Nérac et Djian offre un récit haletant à mi-chemin entre l’enquête policière réaliste et le comics de super-héros. Jean Fanal est un journaliste désabusé dont la vie privée semble plutôt chaotique. Un profil idéal pour en faire une sorte d’enquêteur acharné qui va vite découvrir que son père est lié à tous les mystères qui l’entourent. Un père aux capacités physiques hors normes (on retrouve un peu l’homme qui valait trois milliards) qui promet de dynamiter le rythme narratif. Course-poursuites, flash-backs et scènes d’action succèdent ainsi aux interrogations avec brio sans que le voile ne soit tout à fait lever, loin de là même.

La qualité du scénario est confortée par un dessin aux traits fins et légers dont le cadrage est souvent précis et dynamique.

Ce premier album réussi de Private Liberty promet une excellente suite qu’on attend de pied ferme.

Le brigand du Sertao, une BD de Flavio Colin et Wellington Srbek (Sarbacane)

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Date de sortie : avril 2014

Auteurs :   Wellington Srbek (scénario) et Flavio Colin (dessin)

Prix : 22,00 € (160 pages)

Le brigand du Sertao est une BD One shot de Wellington Srbek (5 prix HQ Mix et 2 prix Agelo Agostini) et Flavio Colin (souvent présenté comme le meilleur dessinateur de bandes dessinées brésilien de tous les temps). L’histoire d’un brigand sanguinaire à l’allure effrayante : Antonio Mortalma. Un western à la brésilienne aux multiples facettes.

Résumé de l’éditeur :

Région du Sertao, Nordeste du Brésil, années 20. Une suite d’histoires retrace la fabuleuse épopée du mythique brigand, le cangaçeiro Antonio Mortalma, mi-homme mi-démon. Les histoires se suivent, se mêlent, en empruntant chaque fois un nouveau conteur, qui poursuit l’histoire entamée par un autre… en variant les angles avec poésie. Tout au long du récit de nombreux personnages grandiloquents et théâtraux apparaissent, mais le terrible Antonio Mortalma demeure la référence : son destin concerne toute le monde, et chacun est partie prenante de sa légende. La narration est à l’image de la contrée qui lui sert de cadre : haute en couleur. Elle reflète la sauvagerie des hommes, la philosophie de ses habitants, et donne une place de choix aux plaisirs de la chair.

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Le scénario est réparti en six chapitres et autant de parachutages dans la tête de personnages différents. Il s’agit d’en savoir plus sur Antonio Mortalma bien sûr, mais il est loin d’être le seul homme à chapeau haut en couleurs dans le récit, et on lui vole bien souvent la vedette. Sous la chaleur étouffante de l’Amérique du Sud, on passe ainsi d’un journaliste à lunettes (ci-dessus), à un colonel borgne sans foi ni loi ou encore à un esclave noir etc… Un pêle-mêle dont on a d’abord du mal à trouver une cohérence avant de découvrir un univers insoupçonné  où tout s’imbrique avec intelligence et fluidité.

Le dessin de Flavio Colin (décédé en 2002) est quant à lui original pour les franco-belges que nous sommes. Avec un trait fin mais appuyé, il illustre des planches à la fois épurées et détaillées, en noir et blanc.

Le brigand du Sertao est une aventure hors du commun, un western qui n’a pas son pareil.

Les Cartes du Pouvoir au Théâtre Hébertot dès le 29 août 2014, à Paris

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PARTIR DU 29 AOUT 2014
SEANCES :
soirées : du mardi au samedi à 21h
Réservations :
matinées : samedi 15h30 & dimanche 18h
Réservations :
 http://theatrehebertot.com/

Les Cartes du Pouvoir D’après Farraguth North de Beau Willimon
Mise en scène Ladislas Chollat
avec : Raphaël Personnaz, Thierry Frémont, Elodie Navarre, Roxane Duran, Julien Personnaz, Francis Lombrail, Jeoffrey Bourdenet, Adel Djemai

Les Cartes du Pouvoir, traite de l’évolution psychologique des personnages, lors de l’élection du candidat démocrate des primaires américaines, dans une atmosphère de comédie de moeurs où l’engagement humain, professionnel et privé, se fait et se défait lorsqu’il est confronté à la grandeur et à la décadence de la cynique quête du pouvoir.

Stephen Bellamy, attaché de presse et conseiller de campagne du gouverneur Morris est jeune, séduisant, brillant, ambitieux et déjà très expérimenté. Il prépare les primaires de la présidence américaine, sous la tutelle de Paul Zara, directeur de campagne incontournable qu’il admire et dont il a toute la confiance. Tous deux, profondément convaincus de leurs idéaux politiques et sociaux, s’engagent honnêtement, avec une solidarité indéfectible dans ce combat électoral.

Mais il faut gagner … Dans le jeu des Cartes du Pouvoir, la trahison est-elle inéluctable?

Les Cartes du Pouvoir est l’adaptation française de la pièce de théâtre Farragut North de Beau Willimon, elle-même basée sur l’histoire vraie de Howard Dean.

Pièce à l’origine du film Les Marches du Pouvoir (The Ides of Marchs) réalisé par George Clooney, sorti en 2011. Le film a fait l’ouverture de la Mostra de Venise 2011.

 

Quatre Couleurs, une BD de Blaise Guinin (Vraoum!)

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Date de sortie : 14 mai 2014

Auteur : Blaise Guinin (scénario et dessin)

Prix : 16,00 € (144 pages)

Quatre Couleurs est le dernier One Shot de Blaise Guinin (En attendant que le vent tourneGeorges et la mort) sorti aux éditions Vraoum!. Un récit réaliste entièrement illustré au légendaire bic quatre couleurs, mais ce n’est pas tout ce qui le distingue… L’auteur propose en effet un scénario brillant, mettant en scène deux étudiants fraudeurs qui vont perdre le contrôle de leurs mensonges…

Résumé de l’éditeur :

Changer de vie comme on change de couleurs.

Grégoire et Pierre sont deux amis étudiants qui, le temps d’un cours, échangentleur identité pour améliorer leurs moyennes dans les matières que chacun des deux maîtrise. En suivant les cours dans la fac de l’autre, ils y rencontrent quatre femmes, sous le signe des quatres couleurs du bic du même nom.

Noir pour Chloé de Jais, l’ex du cynique Grégoire, qu’il a traumatisé sans mêmesans rendre compte, Vert comme les lunettes de sa troublante enseignante, Rouge comme la cheveleure de Mathilde dont Pierre tombe amoureux et qu’il séduitsous l’identité de son ami et Bleu comme cette brune mystérieuse que ne cesse de croiser Grégoire.

Chloé, toujours amoureuse, une romance qui commence sous le sceau du mensonge, un accident et l’histoire sans conséquence va alors prendre un tour beaucoup moins anodin…La chronique au bic d’un échange d’identité qui tourne mal.

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Le scénario de l’autodidacte Blaise Guinin est extrêmement inventif, écrit sur un ton réaliste qui mêle humour, passion et enquête policière avec brio. Le lecteur est tenu en haleine avec une intensité rare, qui ne lâche pas prise tout au long du récit. On se délecte ainsi d’une écriture terriblement efficace chapitrée par couleurs (rouge, vert, noir et bleu). Les personnages de l’histoire sont très bien travaillés, chacun avec un caractère fort, qui laisse présager une catastrophe. Et le final ne déçoit pas, bien au contraire !

Le dessin est à l’image du récit. Haut en couleurs. Le trait est simple (forcément au bic) mais les cadrages sont réfléchis. Il s’en dégage beaucoup de fraicheur créative.

Quatre Couleurs est un véritable coup de coeur, sans doute l’une des meilleurs sorties de ces dernières semaines. A ne manquer sous aucun prétexte !

Magnum Photos, Tome 1: Omaha Beach, 6 juin 1944 le docu-BD de Jean-David Morvan et Dominique Bertail (Aire Libre / Dupuis)

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Date de sortie : 30 mai 2014

Auteurs :   Jean-David Morvan, Séverine Tréfouël (scénario) et Dominique Bertail (dessin)

Prix : 15,50 € (104 pages)

Pour commémorer le 70ème anniversaire du débarquement, Jean-David Morvan (Sillage) et le dessinateur Dominique Bertail ont décidé de raconter l’histoire du photographe Robert Capa, présent aux premières lignes le 6 juin 1944, parmi les soldats. Quatre photographes avaient été habilités à débarquer. Deux seulement seront présents au D-Day. Et, au final, seules onze photos (celles de Capa) pourront être tirées des centaines prises ce jour là. On les appelle The Magnificient Eleven….

Résumé de l’éditeur :

Avec ce premier volume consacré à Robert Capa et à sa photo prise à Omaha Beach le 6 juin 1944, Magnum Photos / Aire Libre invente une nouvelle manière de raconter la photographie. Mondialement connue, cette image illustre magistralement le débarquement allié de 1944. Elle nous raconte la guerre, le danger, l’incroyable tension de ce moment unique, mais elle ne nous dit rien du photographe, de son histoire au moment précis où il a appuyé sur le déclencheur de son appareil. Ce trou noir, Magnum Photos / Aire Libre se propose de le combler, au moyen d’un récit en images, sur la genèse d’une image.

À travers cette rencontre entre un dessinateur et un photographe, Magnum Photos / Aire Libre nous invite à suivre plusieurs fils entrelacés, ceux de l’histoire du monde, de l’histoire de la photographie, de l’histoire d’un regard et d’un langage…

Enrichi de quarante pages d’archives photographiques de l’agence Magnum Photos, d’interviews, de planches contact, de témoignages, chaque album devient le dépositaire de l’histoire du photojournalisme et de ses représentants les plus éminents.

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Les auteurs proposent un ouvrage en deux parties. La première est inspirée des photos de Robert Capa, sous forme de BD illustrée par Dominique Bertail. Elle retrace les derniers instants qui ont précédé le débarquement, et la grande tension qui régnait avant de mettre les pieds dans l’eau (certains ne parviendront pas jusqu’au sable). On assiste à l’horreur des affrontements à travers un Robert Capa qui ne quitte pas son objectif malgré la peur. Les photos d’origine sont revisitées, vues d’un autre angle qui met le photographe dans une perspective inédite. Une habile mise en scène. La seconde parties est une biographie écrite du reporter de guerre qu’il fut, accompagnée de quelques photos de l’agence Magnum Photos.

On aurait aimé que le concept de docu-BD soit poussé jusqu’au bout avec une biographie entièrement dessinée, toujours directement inspirée des photos. Mais le sujet est ici le débarquement de 1944 photographié par Robert Capa, ne l’oublions pas.

Le format de la BD est également original puisqu’il se rapproche du format photos, comme une sorte de petit album souvenir.

Un ouvrage original et pertinent qui vous fera découvrir la vie de ce photographe exceptionnel.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=0-w98vfUU_g]

Exposition contemporaine Monumenta 2014, au Grand Palais, à Paris : L’Etrange cité – Ilya et Emilia Kabakov –

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Du 10 mai au 22 juin 2014.

MONUMENTA 2014 – L’Etrange cité – Ilya et Emilia KABAKOV – Grand palais

Les Russes ont toujours été précurseurs en matière d’explosifs, de Molotov à Kalachnikov. Cette année, c’est notre rapport aux cités utopiques que les deux artistes russes Ilya et Emilia Kabakov ont décidé de dynamiter. Après l’Ile Utopia de Thomas More, L‘abbaye de Thélème de François Rabelais, le Phalanstère de Charles Fourier ou encore les projets utopiques de Rodchenko et Melnikov, il ne vous tarde de découvrir l’Etrange cité. Le concept d’art contemporain Monumenta revient pour sa septième édition dans la Nef du Grand Palais à Paris. Depuis 2007, des artistes internationaux ont exposé leurs œuvres : Anselm Kiefer, Richard Serra, Christian Boltanski, Anish Kapoor et Daniel Buren. Cette année avec un labyrinthe grandeur nature composé de salles hétéroclites, les artistes Kabakov donnent à réfléchir sur la condition humaine ou encore les progrès scientifiques destructeurs de l’homme. Alternative au monde d’aujourd’hui, critique du matérialisme ou encore du régime autoritaire russe, l’installation, composée de sept salles aux projets différents mais dont les thèmes se rejoignent, se focalise sur la spiritualité.

Un haut mur blanc, voilà ce à quoi l’on peut s’attendre à l’entrée. Il s’agit de longer les courbes de cet œuf blanc géant couvert par la verrière pour enfin apercevoir une gigantesque coupole. Cette coupole dont les couleurs sont changeantes, s’apparente à la complexité des vitraux ecclésiastiques. Cette installation constitue, au delà du projet, une véritable expérience pour le spectateur. Une musique de l’artiste russe Alexandre Scribine nous porte dans une osmose apaisante. La synesthésie s’opère. On se sent happé par le point central du dôme comme-ci allait s’ouvrir à nous un passage vers un autre monde : une cité « blanche ».

Un vestige antique fait office d’entrée dans la cité. La lumière étincelante et la blancheur clinique des murs éblouissent et donnent presque mal au crâne. Tout se ressemble et il paraît plutôt aisé de se perdre.

Au sein des sept salles toutes plus différentes les unes que les autres, la plus surprenante est sûrement celle du Centre de l’énergie cosmique. Il aurait existé une ville au nord du Tibet appelée Manas entourée de huit montagnes. Elle se déployait sur deux niveaux : le premier est celui de la vie quotidienne et le second est celui du monde supérieur soit le céleste. Cette ville pouvait grâce au Centre de l’énergie cosmique communiquer avec des mondes lointains et notamment la noosphère qui, selon la théorie du chimiste russe Vladimir Vernadsky, constitue une couche autour de la Terre rassemblant l’ensemble des pensées et consciences de l’humanité.

Dans la pièce, maquettes et dessins d’étranges mécanismes, laboratoires, antennes, réservoirs véhiculent une atmosphère scientifique. La précision des croquis et descriptions des instruments pourraient donner lieu à un questionnement de la part du spectateur quant à la véracité de ce Centre de l’énergie cosmique. Cet aspect s’apparente aux projets du photographe contemporain espagnol Joan Fontcuberta qui use de manipulation afin d’entraîner le spectateur dans une réalité insolite. Cette salle attribue aux Kabakov une imagination débordante et un talent de narrateur univoque. Il ne faut pas oublier qu’Ilya a créé de nombreux albums fictifs et s’est affirmé comme un excellent illustrateur.

Cependant, quand on sait que le projet de Monumenta réside dans l’exploitation des 13 500 m2 de la Nef on est un peu déçu de s’enfermer dans des pièces semi-obscures étroites et étouffantes quand bien même cela fasse partie du projet.

Les moyens de communication qui s’articulent par un centre, des portails, des tableaux dans les autres salles, sont au cœur de la démarche des Kabakov et semblent être les moyens d’améliorer la condition de l’homme.

C’est ainsi que le cocktail Kabakov s’embrase, on admire le génie d’une œuvre capable d’enflammer les passions.

Solidays 2014 : Fight must go on !

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Du 27 au 29 juin, c’est la 16ème édition du festival des Solidays, 80 concerts et de nombreuses animations sont prévues pour l’occasion, à l’Hipopdrome de Longchamp.

Vidéo : Entretien exclusif avec Steve Cuzor à la Comédie du Livre 2014 (Montpellier)

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A l’occasion de la Comédie du Livre à Montpellier, où Xavier Dorison (Long John Silver, XIII Mystery, Asgard, Black Lord…) avait carte blanche pour la programmation, nous avons eu le plaisir  d’échanger un long moment avec Steve Cuzor, notamment auteur BD des séries BlackJack et O’Boys et dessinateur sur la série XIII Mystery… Un auteur au talent reconnu de tous, dont la générosité n’a pas de limite. Cette vidéo en est l’illustration : un condensé d’un entretien de près d’une heure où il nous fait voyager dans ses univers et ses projets. Et il faut reconnaître que ça aussi, il le fait avec talent.

A voir tout de suite :

 

Five Thirteen, un film de Kader Ayd

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Sortie : le 11 juin 2014

Durée : 1h50

Avec : Malik Barnhardt, Avelawance Philips, Tom Sizemore…

 

Synopsis :

Tre et Mike, deux frères à la recherche d’une vie meilleure, essaient désespérément de laisser derrière eux l’emprise du passé. Après avoir été libéré de prison pour un crime qu’il n’a pas commis, Mike tente de renouer contact avec sa petite fille, contre l’avis de son ex-femme qui n’est pas disposée à oublier le passé. Mais il va vite se rendre compte que la justice de la rue va bien au-delà que tout ce qu’il a pu vivre en prison. Son frère aîné, Tre, accepte à contrecœur une dernière « livraison », pour essayer de libérer sa petite amie et son frère de l’influence de ce milieu sans avenir. Il en résulte une épopée tragique et sauvage où plusieurs vies se croisent sans le savoir et où les décisions prises les hanteront tous à jamais.

Five Thirteen est la troisième réalisation de Kader Ayd, 38 ans, après Ennemis Publics en 2005 et surtout Old School en 2000, premier long métrage avec Joey Starr qui l’a révélé au public. Ce nouveau film possède les qualités et les défauts d’un jeune réalisateur.

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Après une ouverture percutante qui flirte avec le cinéma de Michael Mann, la suite du film sera hélas plus en dent de scie. La faute à un casting en demi-teinte dans lequel brillent Malik Barnhardt (8 Mile), Steven Bauer (Scarface), James Russo (Donnie Brasco), Danny Trejo (Machete) et surtout Tom Sizemore (Heat) dans le rôle d’un gangster imprévisible. ce dernier éclipse à lui seul le reste d’un casting dont les choix sont parfois hasardeux, comme d’avoir choisi le couturier Christian Audigier, qui n’est donc pas un acteur, mais possède une « gueule ». Autre point faible, la méthode de création du scénario reposant sur des improvisations. La démarche est à saluer pour son originalité dans le cadre d’une production hollywoodienne et ici proche du cinéma indépendant à la Tarantino, mais livrant un polar d’action sympathique mais bancal, dans lequel jaillit par instant quelques étonnantes fulgurances. Five Thirteen possède des séquences d’une grande maîtrise formelle avec un beau sens de l’espace qui alterne avec d’autres moments beaucoup plus maladroits et ennuyeux, dont les dialogues sonnent parfois terriblement artificiel et semble singer ceux de Pulp Fiction (1994) et Reservoir Dogs (1992).

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Le jeune réalisateur français Kader Ayd (cocorico !) est à l’évidence très doué, mais il manque à son film la rigueur narrative que lui aurait apporté un scénario plus solide, ainsi Five Thirteen aurait pu ressembler aux meilleurs des films de gangsters américains. Au final nous avons droit à un bon petit polar qui se laisse voir, ce qui n’est déjà pas si mal.

[youtube http://youtu.be/4Tw5PkxLUCk]

Colorama, un livre-peinture de Sophie Ledesma

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Publié aux Editions de La Martinière Jeunesse, le 9 mai 2014

32 pages – 12,90€

A partir de 4 ans

Ce beau livre de coloriage-peinture s’adresse aux enfants, dès l’âge de 4 ans. Mais un enfant d’une dizaine d’années trouvera aussi son bonheur et pourra s’inspirer des beaux dessins pour les reproduire.

C’est un livre de 32 pages, très épaisses, qui reprend le thème des couleurs mais sous une forme originale. Le lecteur doit intervenir pour donner vie au soleil, au caméléon, à l’oiseau, à la forêt… Chaque page est une histoire qui doit être complétée, coloriée par le lecteur-dessinateur, avec sa propre imagination.

Comme les pages sont épaisses, elles ne gondolent pas même si l’enfant met beaucoup de peinture !

Les dessins sont beaux, simples, mais harmonieux et faciles à reproduire.

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Avec ce livre, une palette de douze couleurs de peinture est jointe, ainsi qu’une palette pour mélanger les couleurs, et un pinceau. Votre enfant va apprendre les couleurs primaires mais aussi les pastels et les mélanges.

Une très beau livre qu’il gardera ensuite pour admirer ses œuvres !

Sophie Ledesma a fait l’école de l’ESAG Penninghen, à Paris. Non seulement elle écrit et illustre des livres pour enfants, mais elle a également créé un studio de design textile baptisé Colorama Studio. On lui souhaite bonne chance !

Royal Légende au Lucernaire : plus que quelques jours !

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Il vous reste quelques jours pour aller voir la pièce Royal Légende au Théâtre du Lucernaire. Un spectacle qui mêle Histoire et imagination, du mardi au samedi à 20h00 jusqu’au 8 juin.

Synopsis

« Royale Légende » c’est l’Histoire vraie d’une correspondance qui n’a jamais existé entre Marie Antoinette et le Chevalier d’Eon. Vingt ans d’une amitié fidèle, en quelques lettres, depuis les premiers pas de « l’autrichienne » sur le sol français jusqu’à ses derniers pas sur l’échafaud. Qu’est-ce qui unit si fort le redoutable chevalier excentrique et la reine grave et frivole ? Une certaine ambivalence, le large fossé entre la croûte et le coeur, un même destin de paria, tantôt couverts d’or, tantôt de haine, l’incapacité à vivre la vie d’une femme libre… tout simplement. Dans « Royale Légende », les années qui précèdent la révolution française s’observent par le trou de la serrure, depuis l’intimité de deux témoins perdus dans un costume qui ne leur va pas. « Royale Légende » est un regard décalé sur un monde qui s’écroule, une divagation pétillante sur l’Histoire, une rencontre avec deux êtres humains dans leur intimité, leur complexité, et le récit déchirant de leur déchéance.

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Teaser

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=ohEtZb3mzm0]

 

Royal Légende
Jusqu’au 8 juin
Théâtre du Lucernaire
Du mardi au samedi à 20h
Dimanche à 15h

26 ème Cérémonie des Molières : le palmarès 2014

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La 26e cérémonie des Molières s’est tenue lundi soir juin au Théâtre des Folies Bergères, à Paris. Après deux années d’interruption, la soirée de remise des prix, retransmise sur France 2, était orchestrée par Nicolas Bedos dont l’humour décomplexé, provocateur et corrosif a renouvelé le genre.

Numéro de danse, mots d’esprit, et petites piques bien senties ont étayés la soirée avec en guest-stars Denis Podalydès en vieillard, Michel Fau en diva, Florence Foresty survoltée, Guy Bedos égal à lui-même  ou encore Valérie Lemercier complètement à l’ouest avec leur quart d’heure de célébrité décalé donc sans oublier la place faite aux intermittents et leur actualité brûlante, le tout sous le regard médusé de la ministre de la culture, Aurélie Filippetti.

Un hommage a été rendu à Patrice Chéreau disparu cette année et un Molière d’honneur remis par Fabrice Luchini à Michel Bouquet, 88 ans, et longuement ovationné

Les prix de meilleur spectacle de l’année ont récompensé pour le théâtre public « Paroles Gelées », l’adaptation enlevée d’après Rabelais par Jean Bellorini et pour le privé, « Le Père » de Florian Zeller, qui prend comme sujet la relation entre un père atteint de la maladie d’Alzheimer interprété par Robert Hirsch (meilleur comédien) et sa fille Isabelle Gélinas (meilleure comédienne).

Parmi les autres récompenses, un vent de jeunesse a soufflé avec Alexis Michalik, 31 ans, auteur de deux pièces, Le cercle des Illusionnistes et Le Porteur d’histoire, lequel a été primé en tant qu’auteur et metteur en scène du théâtre privé, tandis que la révélation féminine est allée à l’actrice Jeanne Arenes.

Le jeune metteur en scène Jean Bellorini  s’est vu attribuer une deuxième distinction, celle de la meilleure mise en scène pour « Paroles Gélées » & La bonne âme du Se-Tchouan. Il n’était pas là pour recevoir ses trophées car il se trouvait lundi soir à Ramallah en Palestine où il présentait sa toute première pièce, « Tempête sous un crâne ».

Philippe Torreton, fabuleux interprète de Cyrano de Bergerac mis en scène par Dominique Pitoiset (actuellement à l’Odéon) a reçu le prix du meilleur comédien. Il a dédié son prix aux intermittents, jugeant « lamentable de devoir le faire sous un gouvernement socialiste ».

Le prix de la meilleure comédienne est allé à Valérie Dréville pour les « Les Revenants », une pièce noire d’Henrik Ibsen où elle excelle dans un jeu énigmatique mise en scène par Thomas Ostermeier qui était en lice avec Isabelle Huppert pour les Les fausses confidences

La suite du palmarès de cette 26 ème édition :

– Meilleur spectacle du théâtre public : « Paroles gelées » d’après Rabelais, mise en scène Jean Bellorini

– Meilleur spectacle du théâtre privé : « Le Père » de Florian Zeller

– Révélation féminine : Jeanne Arenes (« Le Cercle des illusionnistes« , mis en scène par Alexis Michalik)

– Révélation masculine : Grégori Baquet (« Un obus dans le coeur » de Wajdi Mouawad)

– Meilleure comédienne d’un spectacle public : Valérie Dréville (« Les Revenants » mis en scène par Thomas Ostermeier)

– Meilleur comédien d’un spectacle public : Philippe Torreton (« Cyrano de Bergerac » mis en scène par Dominique Pitoiset)

– Meilleur comédienne d’un spectacle privé : Isabelle Gélinas (« Le Père » de Florian Zeller)

– Meilleur comédien d’un spectacle privé : Robert Hirsch (« Le Père »)

– Meilleur comédien « seul en scène » : Grégory Gadebois (« Des Fleurs pour Algernon »)

– Meilleure Comédie : « Dernier coup de ciseaux« , mis en scène par Sébastien Azzopardi

-Meilleur acteur dans un second rôle : Davy Sardou dans « L’affrontement »

-Meilleure actrice dans un second rôle : Isabelle Sadoyan dans « L’origine du monde »

– Meilleure création visuelle (Scénographie, Lumières, Costumes) : Tabac rouge, mise en scène James Thierrée

Rosco le Rouge, l’intégrale : une BD de Jean-Louis Marco (Physalis)

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Date de sortie : 2013

Auteur :   Jean-LouisMarco (scénario et dessin)

Prix : 17,90 € (144 pages)

Rosco le Rouge, c’est un capitaine de pirates un peu fou, même complètement déjanté, imaginé par  Jean-Louis Marco (Mac Steel, Mémoires d’un guerrier). L’intégrale de la série regroupe les trois aventures (pour trois albums) de l’énergumène qui fait (trop) confiance à son instinct et se trouve à chaque fois embarqué dans des histoires improbables…

Résumé de l’éditeur :

Par les mille requins albinos… Rosco le Rouge est de retour !
ET revoici en un seul tome de 144 pages, trois aventures affligeantes du pirate d’opérette Rosco le Rouge, faux méchant mais vrai looser, incapable notoire en quête de célébrité ! Au programme, de la bagarre, de l’amour, de l’humour et de la trahison…
 – Alors, comme ça tu t’es lancé dans le commerce !
– Oui, je suis dans l’import-export. C’est un beau métier. Je vends des tissus, des épices, des trucs comme ça.
– Tu me prends pour une courge, Rosco !!! 

Des critiques dytiren, dithiran, dix tyrans ?… Incroyables !
Il a des moustaches en pointe, une barbe effilée, l’oeil mauvais et la gâchette ultrasensible.
Il s’appelle Rosco le Rouge et c’est un vrai pirate, entouré d’une bande d’affreux, d’un petit mousse nommé la Pieuvre et dont les intentions sont toujours saines : voler, piller, tuer. 
Après avoir piqué un plan du trésor à un concurrent aussi teigneux que lui, il vogue jusqu’à une île peuplée de cannibales dans le but de remplir ses cales d’or, qui sont jusqu’à présent occupées par des oeufs de pingouins, maigre butin récupéré lors d’un précédent abordage…
Une BD culte… à pisser de rire !

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L’univers de Rosco le Rouge bouillonne de bonnes idées. Servi sur un ton décalé et drôlatique, le scénario de Jean-Louis Marco nous plonge dans les folles aventures du capitaine le plus loser qui soit, et de ses acolytes tout autant chanceux. Des pirates souvent sans bateau et sans fortune qui se débrouillent toujours pour nous faire rire malgré eux tout en nous emmenant loin… très loin ! La narration choisie est aussi plaisante que divertissante. On s’amuse vraiment à chaque instant. Un vrai moment de détente.

Le dessin est quant à lui dans le même ton : caricatural et plein d’énergie, avec une coloration vive et un cadrage qui ne souffre d’aucun défaut.

A lire !

Un léger bruit dans le moteur, une BD de Gaet’s et Jonathan Munoz (Physalis)

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Date de sortie : août 2012

Auteurs:  Gaet’s (scénario) et Jonathan Munoz (dessin)

Prix : 12,90 € (60 pages)

Un léger bruit dans le moteur est un one shot écrit par Gaet’s et illustré par Jonathan Munoz (Les Dormants). Un thriller adapté du roman de Jean-Luc Luciani qui met en scène le plan machiavélique d’un jeune garçon projetant d’assassiner tout le petit village dans lequel il vit avec sa famille. A commencer par son frère.

Résumé de l’éditeur :

Dans une petite et sinistre communauté villageoise isolée, située en bordure d’une route qui mène à la grande ville, un gamin se prépare à commettre le pire. En effet, persuadé d’avoir tué sa mère à sa naissance et après le terrible meurtre, un peu plus tard, de son frère, ce dernier a décidé de décimer tous ceux qui l’entourent. C’est ainsi que, se référant à un plan diaboliquement simple, le gamin égraine une à une les victimes sans soulever le moindre soupçon sur sa personne. Se pourrait-il que le passage d’un véhicule qui n’avait aucune raison apparente de s’arrêter puisse freiner les aspirations mortifères du gosse ?

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Un léger bruit dans le moteur est une plongée horrifique en plein coeur d’un village isolé, dont les habitants semblent pauvres et pas toujours honnêtes. Et il y a ce petit garçon, qui n’a d’ailleurs pas de nom. Ce gamin qui expose pour chacun les raisons de sa volonté de les supprimer : l’institutrice a une haleine fétide, le voisin fait des bruits bizarres le soir après s’être enfermé avec sa fille ect… Il échafaude un plan machiavélique à partir duquel il pourra les éliminer un à un, jusqu’au dernier. Une adaptation très bien exécutée d’un thriller qui glace le sang, surtout à travers la narration subjective de cet enfant démoniaque !

Le dessin de Jonathan Munoz renforce le paradoxe avec des traits ronds qui donnent à cet enfant un aspect presque sympathique. Mais la coloration lugubrement subtile distille habilement une ambiance angoissante – presque claustrophobe – dans ce thriller à huis clos.

Un léger bruit dans le moteur est un excellent one shot à ne pas mettre entre toutes les mains !

La faucheuse des moissons, tome 1 : une BD de Frédéric Chabaud et Julien Monier (Physalis)

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Date de sortie (tome1) : septembre 2013

Auteurs:  Frédéric Chabaud (scénario) et Julien Monier (dessin)

Prix : 12,90 € (60 pages)

La faucheuse des moissons est une série écrite par Frédéric Chabaud et illustrée par Julien Monier, duo qui se connaît bien pour avoir déjà réalisé En attendant l’Aube ou encore Sang NoirC’est toujours de la première guerre mondiale dont il s’agit avec cette fois un récit plus romancé, où il est question avant tout d’amitié et d’amour. Des sentiments qui vont être mis à l’épreuve du front.

Résumé de l’éditeur :

De nos jours, au mois de Novembre, sur la place d’un petit village, tout le monde s’est réuni pour décorer le dernier poilu de la région, Jean Rocaillon.
Alors que le maire s’apprête à lui agrafer la funeste distinction, les souvenirs brûlant reviennent en mémoire du vieil homme. De vieux souvenirs, de très vieux souvenirs… toujours aussi douloureux.
Qui a dit que les blessures du cœur ne cicatrisaient jamais ?
Ils étaient trois frères, les jumeaux Jean et Lucien et le petit Joseph.
Toujours à faire les quatre cent coups dans le village avec Cyprien, Justin et même le jeune fils du comte de  St-Pons, Pierre.
De bancs de l’école à l’apprentissage, de la cour de récré à la cour d’honneur de St Cyr pour Pierre…Rien n’a réussi à les séparer.
Pas même la jolie Charlotte dont tous revendiquent la préférence en ce mois d’Août 1914.
Comment imaginer que toute cette fraternité va voler en éclats, lorsque le tocsin de la mobilisation va retentir sur les blés coupés…

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Le second album de La Faucheuse des Moissons est paru il y a tout juste un mois. Mais fallait-il encore commencer par le commencement. Et les bases que pose Frédéric Chabaud semblent prometteuses avec ce premier tome, intitulé Les Blés coupés. L’auteur nous fait revivre l’enfance heureuse et nostalgique d’un ancien combattant. Avec sa bande d’amis de toujours, il a fait les 400 coups. Au milieu, il y avait Charlotte, une jeune fille qui leur faisait tourner la tête. Mais voilà, les temps changent et les enfants grandissent… Puis vient le jour où chacun est appelé. De quoi précipiter les sentiments… Et quand l’un d’entre eux finit dans les bras de la tant convoitée Charlotte, d’autres pleurent leur amitié ainsi bafouée. Un récit romanesque qui promet.

On a également plaisir à retrouver le dessin de Julien Monier avec ses traits toujours appuyés qui dégagent un certain caractère et sa coloration authentique et naturelle.

Autant dire que le second tome ne nous résistera pas longtemps !

Sang Noir, une BD de Frédéric Chabaud et Julien Monier (Physalis)

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Date de sortie : 2013

Auteurs:  Frédéric Chabaud (scénario) et Julien Monier (dessin)

Prix : 14,90 € (96 pages)

Sang Noir est un one shot qui raconte la vie et l’évolution d’un tirailleur sénégalais parti se battre aux côtés des français lors de la première guerre mondiale. Le récit de Frédéric Chabaud (En attendant l’Aube, La Faucheuse des Moissons) retranscrit la peur et la violence qui régnaient dans les tranchées boueuses et insalubres pendant les combats (notamment la bataille de Verdun, qui occupe une place importante du récit). Des scènes effrayantes illustrées par Julien Monier (En attendant l’Aube, La Faucheuse des Moissons).

Résumé de l’éditeur :

C’est l’histoire d’un tirailleur sénégalais (Yacouba Ndaw), issu d’une classe populaire de l’ethnie Wolof. Au départ, il regarde les français avec une forme « d’admiration ». Ce sont des guerriers puissants, des surhommes qui méritent de les dominer. En allant au feu il revoit son jugement. Il croise des hommes blancs qui ont plus peur que lui, qui refusent d’aller au combat, il voit la peur dans le regard du soldat allemand.
Dans les tranchées, il apprend l’égalité humaine, dans la peur, la souffrance et la mort. Il apprend à se positionner en  égal du blanc.
2 officiers français dirigent son « bataillon ». L’un est respectueux de ses hommes tandis que l’autre les méprise. L’histoire s’orientera sur la relation de plus en plus amicale de Yacouba envers l’un et l’affrontement crescendo avec l’autre.
2 batailles (Verdun et le chemin des dames) seront particulièrement mises en avant dans le récit et serviront de décors aux relations entre les protagonistes.
Si Yacouba change durant l’histoire, il en est de même pour les soldats français qu’il croise. Au départ les poilus sont curieux , parfois  hostiles envers les tirailleurs. Au fur à mesure des batailles, ils apprennent à les respecter. Ceux qui auront vécu dans la boue des tranchées, dans les relents putrides de corps en décomposition, dans la tourmente des orages d’acier, seront à jamais frères d’armes.

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Le scénario de Frédéric Chabaud est construit autour du personnage de Yacouba, jeune paysan sénégalais choisi par son oncle pour aller se battre sous la bannière des tirailleurs. Un destin forcé qu’il n’hésitera pas à empoigner avec courage. Il fera à cette occasion de nombreuses rencontres. Notamment celle avec ses deux supérieurs blancs : l’un raciste jusqu’au bout des ongles, l’autre altruiste bien veillant. Le jeune tirailleur va vite se rendre compte que tous sont fait du même bois et qu’il n’y a aucune raison d’admirer les blancs plus que les noirs. Au fil des amitiés qui se font et se défont au rythme des obus, on suit ce tirailleur ordinaire plongé droit en enfer. L’écriture est fluide et agréable et le suspens bel et bien présent face à tant d’horreurs.

Le dessin de Julien Monier est quant à lui simple et efficace, avec des traits épais et appuyés, dans un cadrage intelligent et avec une coloration contrastée et naturelle.

Sang Noir propose ainsi une immersion en pleine guerre d’un point de vue original : à travers les yeux d’un jeune noir parti défendre les blancs.

Les drôles de poissons-chats, un film de Claudia Sainte-Luce

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Sortie le : 28 mai 2014

Durée : 1h29

Avec : Wendy Guillen, Lisa Owen, Ximena Ayala, Sonia Franco, Andrea Baeza…

Claudia Sainte-Luce réalise là son premier film, avec brio. C’est à la fois drôle, touchant, très émouvant même et inspiré de sa propre histoire.

Synopsis :

Claudia a 22 ans et vit seule dans une grande ville du Mexique. Une nuit, elle atterrit aux urgences pour une crise d’appendicite. Elle se lie d’amitié avec Martha, qui occupe le lit voisin. Martha a 46 ans, 4 enfants, et une inépuisable joie de vivre. A sa sortie de l’hôpital, Martha invite Claudia à habiter chez elle. D’abord désorientée par l’organisation chaotique de la maisonnée, Claudia trouve progressivement sa place dans la tribu. Et tandis que la santé de Martha s’affaiblit, le lien de Claudia avec chaque membre de la famille se renforce jour après jour.

 

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Claudia Sainte-Luce rencontra Martha quand elle avait 22 ans. Elle vécut deux ans dans sa famille avant que Martha ne disparaisse. Ayant été très marquée par cette rencontre, elle décide d’en faire un long métrage. Une jolie façon de rendre hommage à Martha. Et le rôle de Wendy, l’une des filles de Martha, est joué par sa propre fille, Wendy Guillen, tout à fait étonnante de réalisme. Il faut dire que tous les acteurs sont remarquables de naturel. D’ailleurs, l’ensemble des actrices du film a reçu le Prix d’interprétation féminine au festival de Biarritz de l’Amérique Latine 2013 : Lisa Owen, Martha, Ximena Ayala, Claudia, Sonia Franco, Alejandra, Wendy Gullen et Andrea Baeza, Mariana.

Ce film sort du lot ! C’est une histoire triste, certes, mais la vie l’emporte sur la maladie. Martha transmet son message d’amour, à tous. Et surtout on voit cette pauvre Claudia revivre au contact de cette famille mexicaine qui semble un peu fofolle. Trois filles et un garçon entourent avec tout leur amour leur mère malade.

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Avant cette rencontre, la vie de Claudia ressemblait à un cauchemar. Elle vivait dans une espèce de garage, travaillait au super marché où elle devait vendre des saucisses ou des crèmes épilatoires… Et un jour, par hasard, Martha va totalement transformer le quotidien de Claudia. On voit cette évolution tout au long du film. De la même façon on découvre la sensibilité de chaque membre de cette famille. De façon très subtile, lente, réfléchie, posée. Au même rythme que celui de Martha qui lutte contre la maladie, et apprivoise peu à peu sa propre mort. On reparle du sida, maladie presque oubliée aujourd’hui… Martha est entourée par ses enfants. Rien n’est parfait, mais ils sont là. Et l’amour les réunit tous. On découvre la vraie personnalité de Alejandra, Mariana, Armando et surtout Wendy, pétillante et pourtant si fragile.

Un film écrit par une mère, presque assurément ! Avec un cœur de mère, obligatoirement !

Lucrèce Borgia de Victor Hugo, mise en scène de Denis Podalydès, à Paris

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© Christophe Raynaud de Lage

Comédie Française du 24 mai au 20 juillet 2014 

Pièce noire et baroque portée par la virtuosité de la langue Hugolienne et les figures qui s’y déploient, elle emprunte à la liberté du drame shakespearien et aux passions des tragédies antiques.

Des personnages qui prennent à la fois une dimension dramatique, propre à l’intrigue et à ses rebondissements, et une dimension allégorique, mythique avec un souffle poétique : Lucrèce la sainte martyre dans un corps de démon, Gubetta l’Antéchrist, Gennaro héritant de Moïse et d’Œdipe, Alphonse le mari jaloux et cauchemardesque ou encore un groupe de jeunes gens décadents.

[pull_quote_left]Dans cette inversion des genres et ce parti pris de mise en scène qui donnent à voir des représentations chimériques, se calque en miroir toute la dimension tragique de l’œuvre, porteuse du destin impossible de la mère empêchée et du fils hanté.[/pull_quote_left]

Hugo disait à propos de ce texte : « Je cherche dans cet océan de noirceur la goutte de lait qui va teinter tout le reste » et cette perle de lait, c’est la monstrueuse Lucrèce femme de pouvoir aux mains tachées de sang qui cache un cœur de mère en quête de rédemption.

La version qui nous est présentée par Denis Podalydès rappelle cette indication de l’auteur « Les ténèbres sont multiples, la nuit est une ». Opératique et somptueuse, elle nous plonge au cœur d’un espace temps onirique et révélateur aux contrastes affirmés, mêlant le grotesque et le sublime, l’ironie et la mort.

LUCRECE BORGIA -

© Christophe Raynaud de Lage

Avec des costumes sombres aux doublures de couleurs signés Christian Lacroix, les lumières en clair-obscur de Stéphanie Daniel, les décors d’Eric Ruf tout droit sortis de l’école hollandaise, la musique funèbre de Verdi, s’impriment des corps et des visages qui émergent puis retournent à la nuit.

Nous sommes à Venise durant le carnaval. Gennaro est soldat, fils abandonné, il ignore qu’il est le fruit d’un inceste entre Lucrèce Borgia et son frère Jean. Lucrèce y séjourne également, sous une fausse identité. Elle découvre Gennaro endormi et, débordant d’amour maternel, elle dépose un baiser sur son front. Le Duc Alphonse d’Este, son troisième mari, la soupçonne aussitôt de le tromper…

Identités cachées puis révélées, quiproquo, haine, désamour…Tous les ingrédients d’un drame romantique sont mis en place.

Guillaume Gallienne incarne loin de toute emphase mais dans une intériorité enivrante et puissante cette femme dévastée aux prises avec son instinct maternel rédempteur et l’infamie séculaire dont elle veut se défaire.

Tandis que dans un parfait contrepoint, son fils caché, le jeune Gennaro, est joué par l’excellente Suliane Brahim, un homme/enfant à l’esprit pur et chevaleresque, entre rejet et horreur pour Lucrèce, dont elle restitue à l’abri d’un jeu d’une grande maîtrise tout le poids dévastateur du secret et l’impulsivité frondeuse.

LUCRECE BORGIA -

© Christophe Raynaud de Lage

Dans cette inversion des genres et ce parti pris de mise en scène qui donnent à voir des représentations chimériques, se calque en miroir toute la dimension tragique de l’œuvre, porteuse du destin impossible de la mère empêchée et du fils hanté.

[pull_quote_left]La version qui nous est présentée par Denis Podalydès rappelle cette indication de l’auteur « Les ténèbres sont multiples, la nuit est une« . Opératique et somptueuse, elle nous plonge au cœur d’un espace temps onirique et révélateur aux contrastes affirmés, mêlant le grotesque et le sublime, l’ironie et la mort.[/pull_quote_left]

Scène saisissante qui voit dans un duel de monstres s’affronter Lucrèce et son époux qu’elle implore pour ne pas exécuter la condamnation à mort de Gennaro. Elle offre à Eric Ruf une partition mémorable et de haut vol où se déversent avec une intensité inouïe la perversité, la souffrance et la dévastation de Don Alphonse d’Este.

Christian Hecq dans le rôle du serviteur exécuteur des basses oeuvres est un Gubetta aussi démoniaque que vénéneux.

Bravo également à Eric Génovèse (Jeppo) et Georgia Scalliet (la princesse Negroni).

Une plongée sans retour dans les ténèbres de l’âme humaine…

Little Secret, le dernier album de Nikki

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 L’album ‘’Little Secret’’ : sortie le 19 mai 2014

 

Every day is Saturday

On retrouve autour d’une tasse de café, la même Nikki que l’on aurait pu voir sur scène, derrière un micro. En d’autres termes, Nikki est une artiste vraie, et avant d’être Nikki la chanteuse, elle est Nikki Yanofsky. Pas de mensonge, sincérité revendiquée. On comprend rapidement qu’elle ne triche pas, elle chantonne quand elle ne parle pas. Une réelle passion pour la musique anime sa vie : pour elle, impossible de vivre sans.

Et ça fait du bien de voir qu’un milieu de ringards se disant artistes tractés par leur célébrité éphémère, machine à sous et puant le dollar, pondeurs de dauberies impersonnelles, des jolies fleurs comme Nikki Yanofsky germent et puissamment rayonnent. Ce bonbon canadien compose et écrit ses chansons, c’est ce qui fait en grande partie que son album ‘’Little Secret’’, sorti le 19 mai dernier, fonctionne. Dans cet album, elle ne cherche pas à ressembler à ses idoles Stevie Wonder, Ella Fitzgerald, mais simplement à elle-même. D’ailleurs, elle avance qu’elle chante avant tout, pour elle.

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Fruit épicé d’une collaboration avec Quincy Jones, l’immense, son dernier album est un décapage du jazz-soul-pop traditionnel. Amoureusement elle tente d’offrir des morceaux personnels, mariage entre des rythmiques jazz –soul classiques et d’une fraîche modernité. Et en découle de ce disque le sirop adorable au timbre chaud de la canadienne, met de choix pour nos oreilles qui jamais ne se trouvent gavées.

Nikki Yanofsky est à retrouver sur Paris le 01 juillet Au Divan du Monde.

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=AXrMnm9TxCI]

« Et n’oublie pas d’être heureux » un livre de Christophe André

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Christophe André, auteur de « Et n’oublie pas d’être heureux » était l’invité de la conférence organisée par Psychologies Magazine lundi 26 mai, aux Folies Bergères.

Chef de file de la thérapie comportementale, Christophe André est également l’auteur de nombreux ouvrages pour le grand public sur différents thèmes de la psychologie : l’estime de soi, la méditation (qu’il pratique et utilise pour soigner ses patients), l’anxiété… La force de chacun de ses livres résidant dans une incroyable aptitude à vulgariser ce qui pourrait relever de théories scientifiques ou médicinales parfois obscures pour certains. Psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne et spécialisé dans les troubles anxieux et dépressifs, Christophe André est également un blogueur hyperactif, ou plutôt « Psychoactif » comme le nom de son blog. Il est également contributeur régulier dans Psychologies Magazine.

C’est son dernier ouvrage en date, « Et n’oublie pas d’être heureux », qui faisait l’objet d’une conférence sur la psychologie positive aux Folies Bergères, lundi dernier. Fort d’une humilité sans pareille et d’une agréable capacité à capter l’attention des spectateurs, Christophe André laisse devant lui une salle éblouie, et heureuse. Il commence par un test psychologique, durant lequel la salle doit choisir entre deux types de formes se référant à une troisième, avant d’expliquer en quoi choisir telle forme plutôt que l’autre relève d’un état psychologique particulier. Durant tout son exposé, on rit ou on sourit de voir à quel point son propos est pertinent, à quel point on se reconnaît dans telle ou telle situation du quotidien. Comment faire pour être heureux ? Quels sont les secrets du bonheur ? Qu’est-ce que la psychologie positive ? Comment apprendre à être heureux ? Des émotions négatives peuvent-elles être bénéfiques ?

[quote_box_right]« Le bonheur n’est pas un luxe, c’est une nécessité »[/quote_box_right]

Christophe André explique alors la relativité du bonheur, l’importance de prendre conscience des événements joyeux, car sans conscience il n’y a pas de vrai bonheur. Il illustre son propos de bandes-dessinées, d’illustrations amusantes, son discours n’en étant que plus sérieux et captivant. Il évoque des détails du quotidien, et même des détails de son quotidien. Et son livre, comme l’exposé de sa conférence, est à la fois composé de définitions et d’expériences vécues, de conseils et d’anecdotes.

« J’aime bien que les détails du quotidien me bousculent, me forcent à réfléchir, à ressentir et à observer plus attentivement ma vie. »

Et c’est alors que pour conclure son exposé sur le bonheur, Christophe André, psychiatre et psychothérapeute mais aussi papa, affiche une photographie vieillissante qui lui évoque des souvenirs. Sur la photo mal cadrée, ternie par le temps, des peluches semblent esquisser un sourire à l’objectif d’un appareil jetable. Cette photo, ce sont des souvenirs heureux de son passé et du bonheur de ses enfants, mais également la preuve du temps qui s’écoule. Et c’est avec émotion qu’il conclue son discours, devant une salle émue, et ravie.

Et pendant l’espace de quelques instants, on se dit que la vie est  vraiment belle et qu’il faut savoir profiter des instants de bonheur du quotidien. Et on n’oublie plus d’être heureux…

Résumé du livre « Et n’oublie pas d’être heureux« 

« N’aie pas peur d’être heureux. Ne t’inquiète pas de savoir si ton bonheur cessera un jour : il cessera. Mais ne te désespère pas : il reviendra, toujours. Ne t’inquiète donc pas et savoure plutôt chaque instant de ta vie. Souris, fais de ton mieux, et surtout : n’oublie pas d’être heureux. »

Dans cet ouvrage très personnel, Christophe André nous accompagne sur le chemin d’une vie plus épanouie, plus heureuse et plus sage, pour mieux traverser les hivers et les étés de notre existence. Parcouru de conseils et d’exercices, cet abécédaire constitue une méthode passionnante et convaincante pour apprendre à vivre heureux.

Les mystères de Saint Pétersbourg, racontés par Vladimir Fédorovski, à La Gare du Midi, à Biarritz.

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Le 27 mai 2014,à La Gare du Midi, à Biarritz

Vladimir Fédorovski est un écrivain russe, d’origine ukrainienne, né à Moscou en 1950.

Vladimir parle plusieurs langues couramment, dont le français, l’anglais et l’arabe. Passionné d’histoire, il a été également ambassadeur de l’URSS en Mauritanie, en 1972, a servi d’interprète au Kremlin en négociation avec les pays arabes.

Il fut surtout le porte parole du mouvement des réformes démocratiques pendant la résistance au putsch communiste de Moscou en août 1991.

Vladimir est un passionné d’Histoire, de politique et d’écriture. Il a rencontré les Grands de ce Monde : Dali, Chagall, Aragon…

Il a écrit de très nombreux livres et reçu de nombreux prix. Son dernier livre, Poutine, l’itinéraire secret, vient d’être publié aux Editions du Rocher.

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Ce soir encore, il a partagé avec son public ses très nombreuses connaissances et sa passion sur l’histoire de la Russie. Tout cela sans aucune note !

Il nous a concocté une soirée des plus surprenantes, avec son ami Mikhaïl Rudy, l’un des plus grands pianistes du Monde. Pianiste français, d’origine russe, né en 1953. Il fut condamné par le régime soviétique et voué à l’exil. Il demande alors l’asile politique en France. Il est retourné en Russie en 1989, pour enregistrer l’émission Le grand échiquier. Et depuis, il joue avec les plus grands orchestres russes.

Il a écrit le spectacle Le Pianiste, en 2001, qui connut un énorme succès.

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La première partie de la soirée fut consacrée à l’œuvre de Vassili Kandinsky qui créa lui-même, en 1928, un spectacle inédit de ses tableaux, à la fois décomposés et animés, sur une musique des tableaux d’Une Exposition de Moussorgski. C’est Kandinsky qui est à l’origine de chaque scène ! Un moment tout simplement magique : on découvre les œuvres de Kandinsky sous un autre jour, d’autres couleurs, et tout cela parfaitement en adéquation avec la musique. C’est à la fois gai, naïf, rapide, fulgurant même, toujours très colorés et plein de vie ! Grâce à Mikhaïl Rudy qui interprète l’œuvre de Moussorgski ! Il joue cette partition pour la première fois à la Cité de la Musique de Paris, en 2010. Et hier soir, Mikhaïl Rudy nous a offert son plus beau piano, sans aucune partition, bien entendu ! Du très grand art !

Vladimir Fédorovski nous a expliqué, tout au long de la soirée, l’importance du va et vient entre Saint Pétersbourg et la France, leurs liens étroits depuis des années. Histoire étonnante de Saint Pétersbourg. Chagall disait de cette ville : « Je n’ai rien inventé, tout se trouve dans les façades de Saint Pétersbourg.». Ville-miracle.

Vladimir Fédorovski nous conte l’histoire des tsars, de Pierre Legrand qui fonde Saint Pétersbourg en 1703, d’Elisabeth 1ère de Russie, de Catherine II, avec des anecdotes cocasses et d’autres historiques et tragiques.

La deuxième partie de cette soirée très originale fut un concert de l’Orchestre Symphonique Confluences, de Lyon, dirigé par le très remarquable et très énergique Philippe Fournier, avec Ravel, Moussorgski, Tchaïkovski… Absolument grandiose !

Du grand art à l’état pur, très apprécié par le public de Biarritz. On peut juste regretter qu’il n’y ait pas davantage de jeunes dans le public, d’autant plus qu’il y a eu une campagne avantageuse pour cette belle soirée : une place achetée = une place offerte… Les jeunes présents étaient enchantés de leur soirée !

Concert proposé grâce au soutien de la Caisse d’Epargne, ne l’oublions pas !

Madame Claude, un film de Just Jaeckin, sortie en dvd le 22 avril 2014

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Sortie : en 1977 au cinéma, en DVD le 22 avril 2014 chez Zylo

Durée : 1h45

Avec : Françoise Fabian, Maurice Ronet, Murray Head, Klaus Kinski

 

Synopsis :
L’histoire vraie de Madame Claude, patronne d’un réseau de call girls qui « exercent » leurs talents pour de hauts dignitaires et fonctionnaires du gouvernement. Certains d’entre eux vont subir un chantage, car David, photographe de métier, possède des images de ces messieurs et dames dans des positions compromettantes.

 

Durant les années 60 à 70, Fernande Grudet, connue sous le nom de Madame Claude, dirigeait un réseau de prostitution dans lequel trempait de hauts fonctionnaires et des membres du gouvernement de l’époque. Un scandale politique qui a alimenté la presse et entaché l’image de la république après des années de mensonge et d’obtentions d’informations ultra secrètes qui la mettront à l’abri durant des années, avant que le juge Bruguière ne vienne démanteler son réseau en 1976. A l’époque de la présidence de Valéry Giscard D’Estaing, l’activité de proxénétisme est sévèrement réprimé et Madame Claude sera poursuivie par la justice et le fisc. Elle s’enfuit aux Etats-Unis puis retourne en France en 1985, pensant bénéficier alors de la prescription fiscale, à tort puisque qu’elle sera arrêtée et purgera finalement une peine de prison de 4 mois. A sa sortie, elle tente de monter un nouveau réseau de prostitution mais la justice la condamne encore plus fortement. Fernande Grudet vit toujours et a aujourd’hui 90 ans.

 Madame Claude

 Cette affaire d’état sulfureuse a donc été à la source de nombreuses adaptations littéraires et cinématographiques dont l’une des plus illustres est ce film de Just Jaeckin. Notoriété en partie dû à son casting de classe et à l’énorme succès de Histoire d’O (1974) à la suite de celui de Emmanuelle (1975) du même réalisateur. Un genre de cinéma érotique « grand public » qui n’a plus cours aujourd’hui et dont la chaîne M6 s’est un temps fait le relais le dimanche soir, avant internet et les chaînes du réseau de diffusion de la télévision numérique. A revoir aujourd’hui ce Madame Claude, l’aspect scandaleux des scènes de sexe ne fait plus le même tapage, reste une intrigue solide et une réalisation classique au charme suranné qui en font avant tout le témoignage de la liberté sexuelle d’une époque qui n’avait pas encore plongé dans les années sida. Françoise Fabian qui tient ici le rôle principal, est parfaite dans le rôle de Madame Claude et elle a autour d’elle un panel d’acteurs de premier plan comme Maurice Ronet, François Perrot, Evelyne Dress, le chanteur Murray Head et Klaus Kinski. Leurs apparitions apportent un cachet certain à ce thriller politico-érotique qui reste avant tout destiné aux amoureux du cinéma français d’exploitation des années 70, mais qui risque de laisser les moins cinéphiles sur le carreau.

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Les Mystères de la Cinquième République, tomes 1 & 2 : une BD de Philippe Richelle et François Ravard (Glénat)

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Date de sortie : le 28 mai 2014

Auteurs:  Philippe Richelle (scénario) et François Ravard (dessin)

Prix : 14,50 € (56 pages)

Le second album des Mystères de la Cinquième République, écrit par Philippe Richelle (Secrets Bancaires, Les Coulisses du Pouvoir, Amours Fragiles) et illustrée par François Ravard (Le Portrait, Hamlet 1977, La Faute aux Chinois, Bosanska Slika) est sorti aujourd’hui en librairie. L’occasion de revenir sur cette série à succès (100.000 exemplaires vendus pour Les Mystères de la [3ème, 4ème et 5ème] République) qui retrace des faits historiques de la France des années 30 à nos jours. Dans ce dernier diptyque, les auteurs s’intéressent à une enquête policière en marge de la manifestation tristement célèbre du FLN en octobre 1961 (cf. résumé ci-dessous).

Résumé de l’éditeur (tome 2) :

20 octobre 1961. Trois jours après la célèbre manifestation organisée par le FLN qui a tourné au massacre, un épicier algérien, Mohamed Mansouri, est retrouvé mort le corps criblé de balles dans une ruelle parisienne. Le commissaire Verne, dépêché sur les lieux, se rend compte avec effroi qu’il connait la victime : Mohamed était le père de son meilleur ami, à Alger, lorsqu’il était enfant. Dans un climat sous haute tension, alors que le couvre-feu est instauré pour les ressortissants algériens et que les bavures policières se multiplient, Verne va tout faire pour identifier les coupables. Quitte à se heurter à sa hiérarchie ou à se frotter aux réseaux troubles du FLN en métropole…

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Dans ce dernier album, Octobre noirPhilippe Richelle développe une enquête policière dans la droite lignée des précédents albums. Un récit efficace qui met à profit de sombres histoires du passé grâce à une écriture à la fois digne et respectueuse d’un bon vieux polar. Le style du scénariste est à la fois intimiste et haletant, mélange de confidences de flics enquêteurs et de suspens lié à l’enquête elle-même. Un équilibre savant qui opère avec magie sur le lecteur qui ne boude pas son plaisir. Voilà qui justifie tout le succès de la série, qui fait office de grand classique.

Surtout lorsque c’est François Ravard qui se charge des dessins. Son trait appuyé et incisif donne beaucoup de caractère à ses personnages, avec une coloration vive et contrastée, ajoutant des effets de lumière non sans un certain génie.

Bref, Les Mystères de la Cinquième République est à ne pas manquer…

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