Jeremiah Johnson, Chapitre 1 : BD western de Duval, Pécau, Jadson et Sayago (Soleil)
Après le film de Sydney Pollack sorti en 1972 et dans lequel Robert Redford interprétait le rôle titre, on retrouve l’histoire vraie de la vie de Jeremiah Johnson racontée par les scénaristes de Nevada,Jean-Pierre Pécau et Fred Duval. Le tout sous les traits du dessinateur Jack Jadson avec une coloration signée Nuria Sayago.
Ce premier tome entre dans le vif du sujet dès les premières secondes de lecture. On y voit Jeremiah Johnson, en 1847, dévorer le foie de Craws qu’il vient de scalper. L’homme est en réalité en quête de vengeance pour punir le crime de sa femme et de l’enfant qu’elle portait. L’album remonte ensuite le temps jusqu’à ce basculement final.
Le scénario raconte avec fluidité les débuts de Jeremiah Johnson en tant que chasseur/trappeur dans les Rocheuses. Une vie d’ermite où les rares liens d’amitiés qu’il tissera seront presque de nature filiale. On aurait aimé en apprendre encore plus sur cette période de sa vie. Mais l’album doit suivre sa marche vers cette douloureuse réalité qui l’attend. La mise en scène est parfois inégale et ne permet pas de s’attacher pleinement aux personnages secondaires, comme la femme de Jeremiah. Mais l’ensemble demeure cohérent et l’envie de découvrir la suite ne lâche pas le lecteur du début à la fin.
Le dessin est quant à lui digne d’un bon western, avec de beaux territoires sauvages en toutes saisons et des bêtes sauvages très bien mises en scènes. On vit l’aventure. On voyage en pleine nature. On respire. C’est bien exécuté.
On attend donc le second album avec impatience !
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Tout le monde connaît Jeremiah Johnson sous les traits de Robert Redford dans le film de Sydney Pollack. Mais peu de gens savent que le personnage a bel et bien existé. Cette série raconte son histoire…
Jeremiah Johnson arriva dans les montagnes Rocheuses au milieu du XIXe siècle pour s’y faire trappeur. Mais l’assassinat de son épouse indienne le conduisit àmener une sanglante vendetta contre la tribu des Crows. Impitoyable, il mangeait cru le foie de ses ennemis… Une ode à la sauvagerie brute et à la nature.
Date de parution : le 19 août 2020 Auteurs: Fred Duval, Jean-Pierre Pécau (scénaristes), Jack Jadson (dessinateur) et Nuria Sayago (coloriste) Genre : Western
Editeur: Soleil Prix : 15,50 € (60 pages) Acheter sur : Amazon
Notre Sélection de livres jeunesse de l’Ecole des Loisirs (#4 – rentrée 2020)
Dans cette quatrième et dernière partie de notre sélection spéciale rentrée, nous abordons tout types de formats, petits et grands. Ils sont tous illustrés. De la lecture pour nos enfants parue aux éditions de L’Ecole des loisirs en cette rentrée 2020.
1/ Le livre des petits bonheurs
Le livre des petits bonheurs est fait de petites douceurs qui calmeront votre tout petit en rappelant que les choses simples sont souvent les meilleures… et les plus efficaces.
Résumé de l’éditeur : Quand on ne va pas bien, on fait un câlin à maman et on pense à des choses agréables, des petites choses comme une coccinelle qui se pose sur la main, ou quand on mange des frites, ce sont simplement les petits bonheurs de la vie !
Collection Loulou & cie (Âge : 0 à 3 ans / 11,50 € / paru le 16.09.2020) – Acheter sur Amazon
2/ Croc Copain
Comme un petit jeu, Croc Copain saura faire rire son lectorat à condition de ne pas finir dans la gueule du crocodile au moment du calin ! Un livre très apprécié par l’intéressé qui ne le quittait plus !
Résumé de l’éditeur : Et voilà Croc le crocodile qui fait des grimaces après s’être brossé les dents, qui fait des bisous à son doudou, mais tu ne veux pas lui faire un bisou aussi ?
Collection Loulou & cie (Âge : 0 à 3 ans / 10,00 € / paru le 16.09.2020) – Acheter sur Amazon
3/ La Balançoire de l’espace
C’est parti pour la grande aventure avec La Balançoire de l’espace ! Une histoire qui rappelle qu’il n’y a qu’une chose qui compte pour vivre les aventures les plus surprenantes : l’imagination ! Et c’est d’autant plus amusant quand toute la famille y participe !
Résumé de l’éditeur : Mim et Crocus ont installé avec Papa une balançoire. Pas n’importe quelle balançoire, une balançoire de l’espace et ils invitent maman à l’essayer. Avec sa clochette, Papa sonne le départ pendant que Mim et Crocus lancent la balançoire. Di-ling di-ling ! Papa sonne la fin du voyage.
Collection Loulou & cie (Âge : 0 à 3 ans / 10 € / paru le 23.09.2020) – Acheter sur Amazon
4/ Moi, veux ça !
On retrouve l’univers de Simon dans Moi, veux ça ! Un livre illustré en grand format qui trouvera les bons prétextes pour comprendre qu’il ne faut pas réclamer, ni faire de caprices. Les premiers pas de l’être sans l’avoir.
Résumé de l’éditeur : Aujourd’hui Simon et son petit frère Gaspard vont faire les courses avec leur mère au supermarché. Maman a été très claire : on achète à manger, et rien d’autre. Les deux lapins font quelques tentatives devant les bonbons, les cartes Kikojun et les peluches Bloubiga : « Moi veux ça ! » Inflexible, Maman emplit son caddie de bons légumes, quand, tout à coup, elle aussi se met à hurler comme une folle…
Collection Albums (Âge : 3 à 6 ans / 12,70 € / paru le 09.09.2020) – Acheter sur Amazon
5/ Mercredi avec papa
Mercredi avec papa est une plongée dans la réalité des familles de parents séparés. Jeanne va devoir passer son mercredi avec son papa. L’occasion d’évoquer la relation père-fille au détour de quelques appréhensions et idées reçues.
Résumé de l’éditeur : « Jeanne, demain, c’est mercredi. C’est ton père qui vient te chercher », m’a dit maman. Bien sûr que je le sais. Comme je sais aussi qu’il va être en retard, qu’il sera comme toujours très occupé et qu’à part dessiner, je n’aurai pas grand-chose à faire.
Collection Mouche (Âge : 6 à 8 ans / 6,50 € / paru le 09.09.2020) – Acheter sur Amazon
6/ Fred
Fred nous enchante comme une poésie. Avec des dessins doux et lumineux, ce petit livre propose deux petites histoires toutes mignonnes. A découvrir.
Résumé de l’éditeur : Deux histoires de Fred, le petit lapin observateur de la nature et de ses habitants. Et une ! Fred, le lapin, s’occupe du petit arbre. Zut ! Il n’y a plus une goutte d’eau dans l’arrosoir. Oh mais voilà un joli nuage gorgé d’eau ! Et deux ! « Où allez-vous ? C’est un secret ? » demande Fred aux petites fourmis. « Ce n’est pas un secret mais c’est un secret quand même » répond l’une d’elles mystérieusement.
Collection Album (Âge : 3 à 6 ans / 12,50 € / paru le 30.09.2020) – Acheter sur Amazon
7/ Milo l’ours polaire
Milo l’ours polaire nous invite sur la banquise à la rencontre d’un ours blanc pas comme les autres, emmené bien loin de chez lui, à New York, pour affronter sur un Ring un morse, champion de combat. Oui, mais voilà, Milo est un grand pacifiste, plus rêveur que combattant…. Une histoire joliment illustrée, éditée en grand format pour le plaisir des yeux.
Résumé de l’éditeur : Les ours polaires n’aiment qu’une seule chose dans la vie : se battre. Milo est différent. Il aime compter les étoiles filantes et prendre soin de ses protégés, les blanchons. Mais voilà qu’à la suite d’un malheureux quiproquo, il est choisi pour combattre sur un ring. Le paisible Milo doit quitter sa banquise, direction New York, pour le combat de boxe du siècle…
Collection Kaleidoscope (Âge : 6 à 8 ans / 13,50 € / paru le 16.09.2020) – Acheter sur Amazon
8/ Mission p’tit déj !
Mission p’tit déj ! c’est une affaire de maman ! Et que ne ferait-elle pas pour son fils ? Aller décrocher la lune ? Et pourquoi pas ! Une idée originale qui charme immédiatement. Très bien vu !
Résumé de l’éditeur : Arthur est un p’tit garçon chanceux. Sa maman ferait n’importe quoi pour le rendre heureux… même céder à ses caprices les plus fous. Alors, tous les matins, au p’tit déj, Arthur arrive avec une nouvelle idée loufoque. Jusqu’où sa maman ira-t-elle pour lui faire plaisir ?
Collection Kaleidoscope (Âge : 3 à 6 ans / 13 € / paru le 23.09.2020) – Acheter sur Amazon
« Mes Frères » : le conte originel et décapant de Pascal Rambert
Dans une pièce écrite pour le metteur en scène Arthur Nauzyciel, Pascal Rambert convoque les mythes du théâtre et l’origine de la tragédie. Sous forme d’un conte originel et décapant, les protagonistes masculins ramenés à leurs pulsions primaires, sont aux prises avec leur désir castrateur et la représentation d’une femme qui refuse les codes imposés par ces hommes. Édifiant.
Marie cohabite avec quatre frères dont elle est la servante. Ces derniers la maltraitent, la convoitent, la désirent, la brutalisent, l’oppriment, la briment. Sa vengeance n’en sera que plus radicale !
Ces hommes frustrés, abandonnés, vivent seuls, au cœur d’une forêt. Bûcherons, ils sont littéralement obsédés par Marie qui, amoureuse d’un jeune homme croisé dans la forêt et ne supportant plus leurs assauts et son enfermement, les assommera, les cuisinera et les servira à table, où, ignorants de sa vengeance, ils se mangeront les uns les autres.
On pense, bien sûr à Thyeste de Sénèque, à Titus Andronicus de Shakespeare. Où l’univers est proche d’une fable ou d’un conte avec cette dimension fantasmatique, mythologique, dévastatrice, qui mêle le désir, la sexualité, la nourriture, la violence et la nature.
Entre rêve et cauchemar, onirisme et réalisme, les personnages sont en proie avec leur instinct et à son asservissement qui les transforme en bête humaine.
Rire et effroi
C’est la nuit, chacun des frères rêve. Ils se reprochent d’ailleurs de faire irruption dans leurs rêves réciproques. Dévorer le rêve de l’autre comme pour mieux en piétiner son individualité.
Une ambiance lourde circule entre les hommes aux prises avec un empêchement et des pulsions d’ordre sexuel, de violence contre le monde, contre la nature, contre les animaux, contre les femmes. Et cet univers très masculin renvoie à une solitude et à une frustration extrêmes.
De ce rapport de force entre les hommes et Marie qui représente toutes les femmes, naît une parole collective et épique de résistance mais aussi et surtout de libération. Car Marie se révolte contre toutes les résignations et contre l’acceptation que les rapports entre les femmes et les hommes, entre les dominants et les dominés, sont justes.
C’est un texte tendu entre le rire et l’effroi qui nous saisit où la langue très singulière, dans laquelle le spectateur doit accepter de rentrer, passe du lyrisme au trivial, de la poésie à l’épique qui voient les personnages se laisser entraîner par les possibilités d’un échappatoire fantasmé comme pour survivre à l’isolement et à la perdition.
On nage dans les eaux profondes de l’inconscient et son inconnu pour révéler l’indicible.
La mise en scène d’Arthur Nauzyciel et sa juste distance scrute avec force le dehors à l’atmosphère de bout du monde propice à tous les mystères comme le dedans des protagonistes et leur folie intime offerte au rituel comme au cauchemar, à l’animalité et à l’abandon.
Dans cette fuite en avant, les acteurs sont au diapason : Adama Diop, Pascal Greggory, Frédéric Pierrot et Arthur Nauzyciel sont une fratrie aussi dérangeante qu’intrigante tandis que Marie-Sophie Ferdane hypnotise la scène, en souffre douleur ravagé mais jamais résigné, elle est la voix de la raison et de la justice. Bravo !
Dates : du 25 septembre au 21 octobre 2020 – Lieu : Théâtre de la Colline (Paris) Metteur en scène : Arthur Nauzyciel
AVBE présente le clip de son titre Where I Go réalisé avec le concours du chanteur américain Sam H. en préambule de son EP Dawn prévu en octobre. L’auteur, compositeur et producteur AVBE (qui se prononce bien aube) mélange pop et électro pour une ambiance rafraichissante et colorée qui fait perdurer les derniers rayons de l’été.
Un EP frais et rythmé
Mixé à Los Angeles par Jesse Ray Ernster (Kanye West, Burna Boy), Dawn fait appel à de nombreuses collaborations avec Calypso Valois, Sam H. ou Sylvain Beuf pour un cross-over musical entre France et Etats-Unis. La démarche est d’autant plus compréhensible quand on sait qu’AVBE aka Raphael Olivier est lui-même empreint d’une double culture franco-américaine/ Il vit aujourd’hui à Chicago et compose des morceaux qui lui ressemblent, entre envies d’ailleurs et revendication d’un hédonisme festif. Le premier extrait Where I Go est représentatif de ses intentions avec ses riffs de guitare qui accompagnent une rythmique reggaeton où les voix des deux chanteurs se mélangent pour clamer leur envie de profiter du présent avec détermination. Mais qui est AYBE? Sa passion pour la musique a débuté de manière très précoce, dès ses 4 ans avec la pratique du violoncelle et il a rapidement participé à ses premiers concerts avec des ensembles classique à travers l’Europe. Mais il n’en est pas resté là et il a découvert d’autres instruments comme la batterie, la basse et le piano, avant de choisir son instrument de prédilection, la guitare. Il s’installe dès ses 15 ans aux Etats-Unis à Chicago et collabore avec divers ensembles Jazz, Rock, Rap et Classique pour des concerts donné dans des lieux aussi emblématiques que le Lincoln Hall, le Chicago Symphony Center ou l’Art Institute of Chicago. Il revient également à Paris pour devenir guitariste jazz et compositeur de musique de film avec le CNSM de Paris. Ce touche à tout multiplie les projets avec notamment un concert à la Philharmonie de Paris en tant que soliste et l’enregistrement d’un premier projet jazz aux Studios Davout. Il a également composé des thèmes musicaux pour des marques comme Cartier. Son déjà impressionnant CV se complète en 2018 du projet solo AVBE pour un son nouveau et personnel. Aussi versé dans la folk que dans la pop ou l’électro, il a composé ses premiers morceaux originaux et a écrit ses premières paroles dans des ambiances musicales où il adjoint de la guitare, de la batterie électro et des synthés. AVBE est déjà connu sur la toile avec 2 millions d’écoutes sur les plateformes de streaming pour ses six premiers morceaux, ainsi qu’une présence sur de nombreuses playlists. Dawn est le résultat de 2 années de travail pour un artiste à l’œuvre sur toutes les étapes de la création, écriture, composition, production et interprétation. Il collabore sur ce EP avec Sam H. et Calypso Valois au chant, Sense à la production, Sylvain Beuf au saxophone, Isabelle Olivier à la harpe et David Paycha à la batterie.
Le EP Dawn ouvre une belle lucarne sur un univers riche et varié. Vous pourrez le découvrir en octobre pour vous imprégner d’une vraie démarche musicale entre pop, rock et électro.
Le film de Svitlana Smirova s’intéresse à l’existence cabossée de soldats ukrainiens volontaires gravement blessés au cœur de la guerre qui voit actuellement s’affronter leur pays et la Russie. L’hôpital de Kiev sert de décor à une plongée fascinante dans des esprits qui tentent de se remettre de traumatismes qui ont changé leur vie à jamais. Si les premières minutes laissent penser à un film de propagande nationaliste, l’effet s’estompe rapidement devant la sincérité touchante d’être humains qui doivent surmonter l’écueil du handicap et continuer à avancer.
Un documentaire touchant
La guerre actuelle entre l’Ukraine et la Russie dans le Donbass depuis 2014 est une guerre qui ne dit pas son nom et dont personne ne parle La réalisatrice Svitlana Smirnova était actrice de théâtre en Ukraine avant de venir en France lorsque le conflit a éclaté. Décidée à s’y impliquer comme de nombreux de ses compatriotes, elle se fait porter volontaire pour officier en tant qu’infirmière à l’hôpital de Kiev et apporter des soins aux soldats volontaires blessés sur le front. Cette expérience et toutes les rencontres faites durant ce moment d’abnégation lui ont donné envie de revenir, mais cette fois avec un caméraman pour recueillir les témoignages des blessés amputés et obligés de passer de longs mois de rééducations intensives et douloureuses. La réalisatrice fait cohabiter le spectateur plus d’une heure durant avec des êtres humains qui ont tout fait pour aider leur pays et qui sont ressortis meurtris dans leur chair. Que peut bien représenter un soldat face à des obus de mortier dévastateurs et des chars meurtriers? La guerre de matériel et la fragilité inhérente du corps humain paraissent disproportionnés l’un par rapport à l’autre, mettant en avant la question de l’engagement. Au cœur de cet hôpital aux corps brisés, tout est fait pour réconforter les âmes à l’aide d’animations musicales, de visites régulières et d’activités permettant aux esprits de se sentir utiles et vivants malgré la perte de leur autonomie totale. 3 volontaires principaux, Dmytro , Anatolii et Oleksii racontent leurs vies d’avant, les raisons de leur engagement et leur ressenti par rapport à leur situation. Les 3 parcours différents interrogent sur leur psyché avec différentes subjectivités.
Si rien n’est dit sur la vacuité de la guerre, les différents parcours des narrateurs, avec leurs espoirs et leurs coups de blues parviennent à toucher les spectateurs par la vérité de leurs propos. Ce ne sont pas des personnages mais des êtres humains touchés dans leur âme et leur corps, ce qui donne à ce film de beaux élans d’humanisme. Le documentaire est à découvrir le 7 octobre dans les salles.
Synopsis: Trois volontaires ukrainiens, Dmytro Trompac, Anatolii Fateev, Oleksii Sokolovsky, blessés lors de la guerre avec les Russes et les séparatistes sont soignés à l’hôpital militaire de Kiev. Représentants trois générations, trois milieux sociaux, trois régions différentes, ils se rétablissent, s’ennuient, espèrent et préparent leur avenir.
L’artiste parisienne Thérèse a dévoilé mercredi 30 septembre son premier clip « T.O.X.I.C » réalisé par Charlie Montagut.Dans une ambiance très claustrophobique, elle figure une relation qui se craquelle doucement avec l’insertion d’images d’une nature abstraite qui se mélangent aux images de l’artiste, tel un collage. Toxique, c’est le constat d’une relation où les sentiments de suffocation, d’angoisse et d’enfermement aboutissent finalement à la libération, l’apaisement et l’espoir.
Une artiste militante à l’univers unique
Thérèse chante dans son clip avec une langue anglaise qui touche à l’universel. Son expérience dans la mode en tant que styliste et ambassadrice a été suivie par une incursion qui se précise dans la musique.En plus de tout cela, Thérèse multiplie les actions militantes pour mettre au cœur du débat la place des femmes dans la culture et plus largement dans la société. Elle défend l’idée d’un féminisme inclusif et parle d’identité culturelle et de notre rapport au corps, sans oublier d’évoquer les discriminations dont sont victimes de nombreuses personnes. Thérèse se définit comme un électron libre, insaisissable, au carrefour d’une mixité sociale agitée. Avec ses nombreuses casquettes de musicienne, styliste, modèle et militante, cette poupée-tigre pourrait bien toucher une très large audience à l’aide de ce titre rythmé qui rentre immédiatement dans l’esprit pour ne plus en sortir. Après avoir été pendant 3 ans la moitié du duo La Vague entre rock pesant, pop-électro lumineuse et beats réjouissants, Thérèse a eu envie d’un projet plus personnel qu’elle assume pleinement. Avec une musique libre, engagée, métissée, populaire et exigeante, elle devient enfin elle-même et s’offre une nouvelle expérience pleine de perspectives. A l’aide du producteur lillois Adam Carpels, elle dévoile « T.O.X.I.C » comme une invitation joyeuse à rompre avec les relations toxiques, à commencer par celle que l’on a avec soi-même.
« Il est al. Je vous l’offre. Me suis jamais sentie aussi à poil, sapée en costard. Prenez soin de lui. Chantez, twerkez, chialez, baisez dessus. Je vous envoie du love fort. » _Thérèse
Annulé en mars, le Festival La Finlande en 3 films proposera trois films inédits à l’affiche au Reflet Médicis, il s’agit d’un événement convivial qui permettra de célébrer le cinéma nordique, malgré les turpitudes de la situation actuelle. L’occasion surtout de se frotter à des réalisations inédites et originales.
3 films surprenants
Au programme au Reflet Médicis:
Le paradis de Maria, de Zaida Bergroth, le 2 octobre à 20h
Synopsis: Dans les années vingt, sur le chemin vers la Terre Promise, la prédicatrice charismatique Maria Akerblom s’arrête avec ses adeptes à Helsinki. Salome, une adolescente orpheline, la préférée de Maria Akerblom, se lie d’amitié avec Malin, une jeune prostituée qui rêve de liberté. A son contact, Salome, dont les certitudes sont brusquement ébranlées, est déchirée entre un désir neuf d’émancipation et l’amour dévorant et dangereux de Maria.
Master Cheng, de Mika Kaurismäki, le 3 octobre à 20h
Synopsis: Venu de Chine, Cheng débarque avec son fils en Laponie dans le restaurant d’un village de campagne, tenu par Sirkka. Il arrive sans autre projet que de trouver un certain M.Fongtron. Cette arrivée bouscule les habitudes de la petite communauté. Mika Kaurismäki réalise un film sur la rencontre heureuse des cultures et profite de l’occasion pour montrer la Finlande dans ses coutumes les plus populaires et la Laponie en été, quand le soleil ne se couche jamais.
Les chiens ne portent pas de pantalon, de J-P Valkeapää, le 4 octobre à 20h
Synopsis: Incapable de surmonter la mort de sa femme qui s’est noyée, Juha vit replié sur lui-même depuis 10 ans auprès de sa fille en pleine adolescence. Il rencontre par hasard Mona, une dominatrice SM. Cet homme à la vie rangée prend goût à ces pratiques dans une escalade de violence qui le conduisent dans des états de transe où il parvient à se rapprocher de son épouse. Cette sexualité masochiste et son rapport étrange avec Mona dont il est dépendant le ramèneront vers des émotions qui lui permettront de faire le deuil de sa femme.
D’autres films seront visibles à l’Institut finlandais, informations disponibles sur le lien www.institut-finlandais.fr
L’exposition Turner, peintures et aquarelles Collections de la Tate au Musée Jacquemart André retrace l’existence du célèbre peintre anglais dans une chronologie pleine de sens faisant entrevoir l’évolution de son art pictural tout au long de son riche parcours. L’utilisation de l’aquarelle, son incorporation dans la peinture à l’huile, ses incessants voyages dans toute la Grande-Bretagne et dans l’Europe entière, le maitre des couleurs et de la lumière s’est peu à peu transformé en forçat de la peinture, ne cessant jamais de travailler pour un héritage proprement vertigineux cédé entièrement ou presque à la nation britannique.
Une rétrospective éclairante
Le représentant le plus connu de l’aquarelle anglaise Joseph Mallord William Turner (1775-1851) s’établit au musée Jacquemart-André jusqu’à début 2021 pour nous faire admirer ses paysages baignés d’effets de lumière et de transparence. L’exposition révèle en 8 grands chapitres l’application mise par le peintre à approfondir et épurer ses talents picturaux tout au long d’une existence que l’on dirait toute entière tournée vers son art. Issu d’un milieu modeste et autodidacte à ses débuts, le jeune Turner a d’abord travaillé chez un architecte, en profitant pour travailler sur les arts de la perspective et de la topographie, avant d’entrer à l’école de la Royal Academy à l’âge de 14 ans. Les visiteurs peuvent constater que depuis les prémices des premières œuvres académiques de sa jeunesse avec des œuvres envoyées à la Royal Academy jusqu’à sa parfaite maitrise de la lumière et des couleurs avec des soleils rayonnants et flamboyants, c’est un panorama vertigineux qui se dévoile devant leurs yeux. Si de nombreuses expositions ont déjà donné l’occasion de l’admirer en France depuis 10 ans, celle-ci choisit un parti pris éminemment pédagogique pour comprendre son évolution et ses partis pris esthétiques. La Tate Britain de Londres abrite la plus grande collection de Turner au monde et ce sont 60 aquarelles et 10 peintures à l’huile qui ont été prêtées, dont certaines jamais présentées auparavant dans l’hexagone. L’œuvre complète de Turner compte pas moins de 32 000 œuvres au total et si certaines ont été vendues par l’artiste de son vivant, il en a conservé pour lui-même l’écrasante majorité. Aquarelles, dessins, carnets de croquis, esquisses, il conservait la plupart d’entre eux car il travaillait avant tout pour son plaisir, pour lui-même, avec l’aide financière de mécènes subjugués par ses productions, lui permettant ainsi de voyager et de s’exercer sans cesse. Le peintre romantique tient lieu de précurseur de l’impressionnisme avec ces paysages où les limites entre la terre et la mer sont floutées et où les effets visuels composent des formes spectrales où chacun peut y voir ce qu’il veut selon son imagination. L’exposition permet de s’extasier devant des tableaux d’une beauté infinie et de toucher du doigt les intentions d’un peintre aussi insatiable que secret.
Le parcours chronologique de l’exposition fait comprendre à l’aide d’explications éclairantes l’évolution artistique de l’artiste pour constater sa radicalité finale, s’affranchissant des règles préétablies pour s’en inventer de nouvelles dans de fascinantes expérimentations. L’exposition Turner au Musée Jacquemart André est un incontournable pour découvrir ou redécouvrir un artiste d’une belle modernité.
Le goût de vivre, un livre poignant de Sabrina Missègue (Favre)
Sabrina Missègue nous livre son premier roman qui est, en fait, une biographie. Sabrina nous dit tout sur elle. Elle, ce n’est pas Sabrina, c’est elle. A la fois sa meilleure amie, pense-t-elle, et sa plus grande ennemie. Elle, c’est cette fichue tumeur qui lui bouffe le corps et l’âme. Elle, Sabrina l’a ramenée des Etats-Unis. Et elle ne l’a plus quittée depuis ses 15 ans…
Mais Sabrina a réussi à s’en défaire, au bout de vingt ans… Or, elle sait qu’elle n’est jamais très loin, elle. Alors, Sabrina reste prudente.
Le goût de vivre montre au lecteur à quel point Sabrina, malgré sa maladie, a envie de vivre. Elle n’y arrive pas et chaque seconde ressemble à un combat, à des souffrances indescriptibles. Mais son désir le plus profond est de vivre et de profiter de la vie.
Si la rencontre avec Patrick Poivre d’Arvor a été déterminante pour Sabrina, elle a surtout permis de mettre des mots sur des maux. Avec un seul objectif : y arriver. Ne pas être une victime de plus. Surtout pas.
Il est évident que Le goût de vivre va aider aussi bien les familles, les amis de personnes anorexiques, mais aussi et surtout les malades eux-mêmes. S’ils se sentent emprisonnés, comme Sabrina, sans aucun moyen de se défendre, ils vont comprendre le cheminement de Sabrina, long, semé d’embûches et de souffrances, mais un chemin qui mène à la liberté !
Le style vrai et simple de Sabrina rend ce livre poignant. Vraiment. Les très belles illustrations de Sabine Fèvre, rendent la maladie palpable !
Le goût de vivre, à mettre dans toutes les mains, soit pour éviter de se faire piéger par elle, soit, comme accompagnement sur le chemin de la guérison.
L’heure de pièce passe comme un ouragan dans ce Cabaret Louise où un duo de comédiens déchainé invoque la mémoire d’une Louise Michel d’abord enseignante puis devenue une dangereuse anarchiste et qui s’élève contre l’injustice de la misère sociale. Les tours de chant succèdent à des rappels historiques soulignant la dureté de la condition humaine à une époque où les petites gens étaient peu considérées par une classe politique bradant le pays à l’envahisseur allemand. Mais les choses ont-elles changé? Régis Vlachos propose une réponse sous forme de revisite de l’histoire officielle avec l’aide d’une Charlotte Zotto délicieusement incontrôlable.
La grande histoire battue en brèche avec humour
Qui de nos jours se souvient du massacre des communards pendant la semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871? La répression féroce menée par les troupes versaillaises avec son lot d’exécutions sommaires massives a été chiffrée à environ 30 000, soit autant que les massacres de la Saint-Barthélemy, mais dans la France entière en 1572. Ce triste constat clôture une pièce haute en couleurs où les références historiques alternent avec des disgressions décalées entre des personnages qui règlent leurs comptes en direct, face à l’audience. Régis Vlachos est Edouard, l’assistant dévoué mais un peu revêche de Simone, interprétée par une Charlotte Zotto, comédienne interprétant Louise Michel au cœur du volcan de la révolte, enseignante auprès de ses jeunes élèves, révolutionnaire présente sur la colline de Montmartre pour défendre les canons de ses camarades et enfin en plein procès à l’issue duquel elle sera condamnée à 8 années de déportation en Nouvelle-Calédonie. Les apartés historiques donnent une profondeur particulière alors que l’anniversaire des 150 ans de la Commune de Paris seront célébrés l’année prochaine, mais certainement pas par tout le monde. La pièce montre avant tout que des évènements peuvent être relatés de différentes manières, selon une inévitable subjectivité propre à chacun. Régis Vlachos imagine une pièce remplie de bonnes vibrations, volontairement foutraque avec un régisseur appelé à participer parfois à la pièce pour palier le départ des deux comédiens en pleine querelle amoureuse. Les spectateurs ne se privent pas de rire et d’applaudir à l’issue des tours de chant pour signifier leur adhésion au concept de théâtre en toute liberté. L’absence apparente de contraintes est le résultat d’un travail de préparation que l’on imagine certainement ardu pour arriver à de telles apparences d’improvisation.
Cabaret Louise mélange chansons, hommage à un grand personnage de l’histoire de France et considérations polémiques. Pas de facilité dans une pièce susceptible autant d’irriter que de réjouir. La pièce est visible jusqu’au 25 octobre au Lucernaire, une bonne occasion de passer un agréable moment en compagnie de ces deux fous furieux.
Synopsis: C’est une histoire d’amour qui rejoint l’Histoire de la Commune de Paris de 1871. C’est aussi un cabaret foutraque et colérique qui suit Louise Michel pendant la Commune de Paris, les trahisons de la République, un forgeron dénonçant Louis XVI, le retour de Johnny Hallyday, un Hugo poète et dragueur…
Il fut un temps où le cinéma italien proposait des longs-métrages inventifs dans des genres néo-réaliste ou comique avec le même bonheur. Souvent considéré comme un film néo-réaliste tardif, Jours d’amour réunit les encore tout jeunes Marcello Mastroianni et Marina Vlady dans une romance aussi amoureuse que sociale. Giuseppe De Santis à qui est généralement attribué le film s’associe à Leopoldo Savona pour un pitch étonnant, sur fond de monde paysan aussi laborieux que grippe-sou.
Une chronique sociale roublarde
Le film débute avec une description qui se veut la plus réaliste possible en montrant la condition de vie paysanne dans l’Italie de l’après guerre. Le labeur est aussi intense que ses rétributions sont maigres. C’est dans ce contexte que les jeunes personnages interprétés par le tout juste trentenaire à l’époque Marcello Mastroianni et la jeune Marina Vlady âgée alors de 16 ans mais au CV fort de déjà 15 films s’aiment. Les deux acteurs se sont déjà épris l’un de l’autre dans le film en noir et blanc Penne Nere de Oreste Biancoli. Le futur séducteur de la Dolce Vita interprète Pasquale Droppio et la beauté presque slave de Vladiy joue Angela Cafalla. Leurs parents respectifs sont pauvres, ou bien trop radins pour risquer leur maigre pécule dans une noce qu’ils ne voient peut être pas d’un si bon œil, au moins du point de vue financier. Un plan est échafauder pour permettre l’union, mais à moindre coût. Le jeune homme doit enlever la jeune fille et consommer leur amour pour que l’union de réparation devienne irrémédiable. Mais rien ne se passe comme prévu, les familles d’abord de mèche se fâchent dans un bel imbroglio made in Italy et la jeune femme refuse de céder si facilement sa vertu. Les images néo-réalistes des paysans en plein travaux harassants dans les champs tranchent avec les sentiments sincères des deux tourtereaux, leur vision de l’amour se veut pure alors qu’autour d’eux tout le monde ne pense qu’en terme d’argent. Quand les péripéties surviennent, le rythme faiblit un peu mais le charme tout italien du film subsiste jusqu’à une fin qui se veut optimiste, du moins en apparence car l’argent n’est pas apparu entre temp par magie. De Santis offre des images d’une beauté confondante, avec des belles couleurs et des plans émouvant de paysans misérables s’échinant dans les des plaines italiennes, faisant ainsi comprendre l’origine de leur pauvreté et ainsi de leur prudence redoutable. La love story à l’italienne est à plusieurs niveaux, pour le plus grand plaisir des spectateurs.
Le film Jours d’amour de 1954 sera visible en salles le 30 septembre en version restaurée 2K pour se plonger dans un temps où le cinéma italien savait enchainer les perles cinématographiques sans faiblir, offrant une alternative de qualité à la grande machinerie hollywoodienne.
Synopsis: Angela et Pasquale ont grandi ensemble dans une petite ville d’Italie et sont tombés amoureux. Ils aimeraient pouvoir se marier mais leurs familles respectives, de modestes paysans, n’ont pas assez d’argent pour organiser la noce. Face au désarroi de leurs enfants, ils trouvent bientôt un stratagème qui devrait leur éviter trop de dépenses inutiles : Pasquale va » enlever » Angela et rester seul avec elle pendant quelques jours. À leur retour, il ne restera plus qu’à les marier sans cérémonie officielle, donc sans frais…
Notre Sélection de livres jeunesse de l’Ecole des Loisirs (#3 – rentrée 2020)
Dans cette troisième partie de notre sélection, nous abordons des formats de poche. Ils sont tous illustrés. De la lecture pour nos enfants parus aux éditions de L’Ecole des loisirs en cette rentrée de septembre 2020.
1/ L’orage
L’Orage est une jolie histoire pour les plus petits. Alors qu’un orage gronde à l’école, les enfants sont invités à faire de la danse à la place de leur cours de gym. Et chacun y va de son interprétation. Et cela permet même à certaine de révéler leur talent ! Très mignon.
Résumé de l’éditeur : « Ce matin, pas de gym dehors, nous allons faire de la danse ! » dit la maîtresse. Piou Piou veut montrer à tout le monde ce qu’elle sait déjà faire, avec son tutu et sur la pointe des pieds. « C’est nul, c’est pas comme ça qu’on danse » répliquent les autres. Pour Jules, danser c’est bouger les fesses. Pour Clotilde, c’est bouger les bras et puis les pieds. L’excitation monte et dehors l’orage gronde.
Collection Les lutins (Âge : 3 à 6 ans / 5 € / paru le 26.08.2020) – Acheter sur Amazon
2/ Sidonie Souris
Très joliment illustrée, Sidonie Sourisest particulièrement facile à lire (plutôt pour un enfant de 6 ans). Sidonie adore écrire des histoires mais est en panne d’inspiration… jusqu’à ce que sa maman l’envoie cueillir des coquelicots à la rivière. Un récit qui donnera soif d’aventure et d’écriture à votre enfant !
Résumé de l’éditeur : Sidonie Souris aime beaucoup écrire. Ce qu’elle préfère, c’est raconter des récits d’aventures. Mais, un jour, c’est la panne. Elle n’a plus d’idées…Heureusement, sa maman a plus d’un tour dans son sac !
Collection Moucherons (Âge : 6 à 8 ans / 6,00 € / paru le 19.08.2020) – Acheter sur Amazon
3/ Berlingot et Vermicelle
Récit un peu plus dense que le précédent, Berlingot et Vermicelle est une vraie aventure pleine d’humour. Ecrit comme un petit roman chapitré, il est aussi illustré très généreusement. Un voyage plein de rebondissements qui vous emmènera jusqu’à Saturne !
Résumé de l’éditeur : Berlingot et Vermicelle sont une paire de chaussures. Leur propriétaire, Jean-Émile, se déplace beaucoup, alors pas facile d’avoir une conversation lorsqu’on est toujours en mouvement ! Au fil du temps, le joyeux Berlingot et la sage Vermicelle ont appris à s’apprécier. D’autant que l’hiver, ils restaient au placard tous les deux. L’occasion pour eux de discuter et de jouer avec des cailloux, une passion commune qu’ils avaient nouée. Puis, quand les cailloux ont commencé à manquer, ils ont pensé au parc où ils étaient sûr d’en trouver. Mais sortir sans pieds à ses chaussures est une drôle d’aventure !
Collection Mouche (Âge : 6 à 8 ans / 7,50 € / paru le 19.08.2020) – Acheter sur Amazon
4/ Thao et le Hamö secret
Thao et le Hamö secret propose une véritable évasion au monde merveilleux du Hamö. Un monde sous-marin aux milles créatures. Un monde dont on ne peut accéder que par un passage secret situé dans la cave de la maison de Thao. Cette même cave où ses parents entassent des sacs de pierre comme autant de disputes… Le récit est très joliment illustré. Il pourra être utile pour tous les enfants dont les parents se séparent.
Résumé de l’éditeur : La maison de Thao est tout en désordre. Ses parents se chamaillent sans cesse à propos de travaux qu’ils n’arrivent pas à commencer. En attendant, ils entassent des sacs de pierres dans la cave. Ça lui fait un peu peur à Thao, toutes ces pierres. Une nuit, courageusement, il part explorer la cave. Il découvre alors quelque chose d’incroyable : un passage vers un monde sous-marin et secret, le Hamö !
Collection Mouche (Âge : 6 à 8 ans / 8 € / paru le 02.09.2020) – Acheter sur Amazon
Chinese Queer, le récit trash d’une jeunesse chinoise désabusée par Seven (Sarbacane)
Album résolument trash, Chinese Queerdépeint une jeunesse chinoise désabusée, vivant au jour le jour avec la conviction de n’avoir pas voix au chapitre du lendemain.
Tian Fushi est l’un de ces jeunes. Homosexuel, avec un goût certain pour le laisser aller, il s’interroge sans toujours se remettre en question. Il partage sa vision de la vie, souvent avec cynisme. A défaut d’avoir une situation stable, il fait la fête où l’alcool, la drogue et la violence ne sont jamais très loin… Il exprime ses envies, dénonce ses désillusions, et essaye de vivre à sa manière, de préférence la tête hors de l’eau.
Graphiquement très élaboré, Chinese Queer offre un voyage kaléidoscopique au coeur de la jeunesse chinoise. Les planches sont particulièrement riches et explosives. Les couleurs jaillissent dans une mise en mouvement perpétuelle. Ça décoiffe !
Très original, Chinese Queer percute au moins autant par son propos que par son dessin. A découvrir.
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Peter Pan en pays Queer… Portrait acide d’une jeunesse chinoise. Ébouriffant !
Qui es-tu, Tian Fushi ? Un artiste incompris de l’industrie du manga, un citoyen dépravé de la Chine pornographique, un jeune gay égaré dans un monde ultraviolent, un garçon perdu de Peter Pan ? Comment vas-tu rassembler les morceaux fragmentés de toi pour découvrir qui tu es vraiment ? Queer : étrange, qui ne rentre pas dans les cases ; c’est assurément le cas de ce roman graphique. Portrait acide d’une jeunesse chinoise en recherche d’amour et de sens, Chinese Queer et une quête identitaire moderne intime et saisissante.
Date de parution : le 2 septembre 2020 Auteurs: Seven (scénariste et dessinateur) Genre : Fiction
Après le monde, récit d’anticipation de Timothée Leman (Sarbacane)
Récit d’anticipation post-apocalyptique, Après le monde est la première bande dessinnée de Timothée Leman. On y découvre Héli, plongé dans un monde fantôme, abandonné à son sort. Toute sa famille a disparu. Et avec elle toute la population semble s’être volatilisée. Seule trône une immense tour blanche qui fend le ciel de la ville. Héli décide un jour de partir explorer les rues qui l’entourent et tenter de trouver une explication à ce qui est arrivé.
Timothée Leman propose une aventure mystérieuse, presque poétique, à travers des illustrations originales et abouties. Un sens graphique aiguisé utilisé à bon escient pour mettre en mouvement la dynamique du récit.
On passe un bon moment de lecture en compagnie de ce premier album réussi. Un jeune auteur à suivre.
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Entre Princesse Monoké et Alice au Pays des merveilles, de – très – bonnes fées se sont posées sur le tout jeune et talentueux Timothée Leman Depuis qu’une étrange tour de lumière blanche a fait son apparition, le monde s’est progressivement évaporé. Les gens ont disparu un à un, aspirés, inexplicablement. Héli et Selen ne se connaissent pas, mais sont les derniers survivants. Autour d’eux, c’est une ville fantôme, un monde arrêté : ne reste que la mystérieuse tour blanche, qu’ils tiennent pour responsable de toutes ces âmes volées. Alors c’est décidé : ensemble, ils vont y aller afin de découvrir la vérité.
Aventure atypique d’une originalité graphique folle, dans un monde qui mêle le post-apo au road-trip onirique, Après le monde est la quête de soi, drôle et magique, de deux jeunes adolescents aux prises avec des puissances et des enjeux qui les dépassent.
Date de parution : le 19 août 2020 Auteurs: Timothée Leman (scénariste et dessinateur) Genre : SF / Anticipation
À l’occasion des 25 ans du festival Polar de Cognac, les Humanoïdes Associés publient une anthologie de polars réalisée avec le concours de 30 auteurs primés ou sélectionnés par le festival de Cognac tout au long de ses différentes éditions. Par affection pour ce festival à la déjà belle et longue histoire, 15 récits ont été assemblés pour donner le frisson et le plaisir.
Une BD florilège en forme de best of du crime
Le festival Polar de Cognac se tiendra cette année du 16 au 18 octobre et fêtera ses 25 ans d’existence. Richard Bohringer en sera est l’invité d’honneur. La compétition de Romans et de Bandes Dessinées donnera lieu à la Remise des Prix Cognac 2020. En parallèle, la compétition de Films de Cinéma et de Télévision remettra des Grands prix Cinéma et des Grands Prix télévision du Festival Polar de Cognac pour des films français et internationaux et des séries françaises et internationales inédits. C’est notamment pour accompagner ce bel évènement maintenu malgré le contexte particulier que cette anthologie tombe à pic en rassemblant des récits courts de polar en bande dessinée, totalement inédits, spécialement écrits pour cette occasion. Les 96 pages contiennent 15 histoires courtes et inédites signées avec le dessin par Borris, Luc Brahy, David Charrier, Sébastien Corbet, Olivier Jolivet, Alain Paillou, André Le Bras, Éric Liberge, Mako, David Morancho, Facundo Percio, Jeanne Puchol, Séra, Servain et Pierre Taranzano. Côté scénario sont mis à contribution Algésiras, Luc Brahy, Brrémaud, Didier Daenincks, Philippe Hauret, Thierry Lamy, Éric Le Pape, Éric Liberge, Jean-François Miniac, David Morancho, Jean-David Morvan, Moutch, Jeanne Puchol, Raule, Rémy Roubakha et Segura. Le visuel de la couverture est signé Fred Vervisch. C’est le même que pour l’Affiche de la 25e édition. En fin d’album est proposé un portfolio composé des affiches emblématiques du Festival de Cognac. Des séances de dédicaces auront lieu lors du festival au centre de congrès La Salamandre, Place Jean Monnet, le samedi 17 et le dimanche 18 octobre 2020. Pour information, une de ces 15 histoires courtes a été adaptée afin d’être tournée et d’être présentée hors compétition ou en compétition (selon le choix de la commission de sélection) pour le Grand Prix 2020 du Court Métrage.
L’album a été préfacé par l’acteur, réalisateur et scénariste Olivier Marchal (acteur, réalisateur et scénariste) avec un mot montrant bien l’amour porté à ce festival où se rencontrent acteurs, réalisateurs, écrivains, acteurs et dessinateurs de bande dessinée dans un genre qu’il affectionne particulièrement, le polar. Le public pourra y trouver son bonheur et s’y rendre avec le respect évident des mesures sécurité et ne pas bouder son plaisir!
Sur les balcons du ciel, un très beau livre de Sophie Henrionnet (Editions du Rocher)
Sophie Henrionnet nous livre son cinquième roman avec Sur les balcons du ciel. Un roman choral vrai, juste et très émouvant.
L’auteur donne la parole à Vadim d’une part, et Alma de l’autre. Deux êtres qui n’ont aucune raison de se rencontrer et aucun point commun. Si ce n’est un certain mal être et une extrême solitude.
Vadim est un adolescent, en proie à de multiples remises en question. La vie ne l’a pas épargné. Tout jeune il a perdu son père, de façon terriblement violente, et du coup, il a été montré du doigt. Et ça, il n’aime pas. Vadim est discret et veut se faire tout petit, surtout qu’on ne le remarque pas. Du coup, il n’a pas d’ami, Vadim. Sauf Valentine. Avec elle, il se sent bien. Il se réfugie sur les toits de son immeuble. Valentine, c’est son double. Ils se comprennent sans se parler. Mais Valentine s’en est allé et Vadim souffre, chaque jour davantage… Il ne peut exprimer son ressenti.
Quant à Alma, jeune femme, dentiste, de 36 ans, elle se définit « peu bienveillante envers elle-même ». Et seule, très seule. Si sa vie professionnelle est intense, sa vie privée est vide.
Et puis, un beau jour, Vadim va lui tomber dessus, au propre comme au figuré. Et leur vie à tous les deux va être radicalement bouleversée. Si Alma sauve Vadim, celui-ci donne un sens à la vie d’Alma.
Sur les balcons du ciel, est un livre qui dit tout sur la détresse de l’adolescent, son besoin de reconnaissance et d’amour, ou d’écoute tout simplement. Grâce à l’écriture de Sophie Henrionnet, le lecteur s’identifie aussi bien à Vadim qu’à Alma.
Sur les balcons du ciel est sorti la veille du confinement et mérite toute notre attention !
« RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS »
Vadim, adolescent intuitif et caustique, cherche encore à faire le deuil de son père lorsqu’il perd son amie Valentine. Jour après jour, sous les regards impuissants de ses proches, il s’isole. Incapable de retourner au collège, cloîtré chez lui, Vadim s’échappe sur les toits de son immeuble pour trouver une issue à sa mélancolie. Une rencontre va le sauver : par le hasard d’une chute, Vadim tombe sur Alma…
Le roman poignant de deux solitudes, qui vont s’amadouer, s’épauler, se heurter parfois. Une très belle histoire d’amitié.
Date de parution : le 18 mars 2020 Auteur : Sophie Henrionnet Editeur : Editions du Rocher Prix : 15,50 €
Le soleil reviendra propose une plongée pleine d’émotions dans la vie d’une femme de militaire. Emma (Florence Eugène) est seule à Paris, enceinte et isolée alors que son fiancé Laurent est un militaire parti en opérations spéciales sur le terrain dangereux d’Afghanistan. Elle découvre petit à petit les inquiétudes vécues par d’autres femmes elles-mêmes femmes de militaire, chacune à l’histoire différente, parfois tragique, toujours déroutante pour elle débarquée du Sud pour suivre l’homme qu’elle aime à Paris. Au fur et à mesure des 2 heures du film, le spectateur passe par une vaste gamme d’émotions via la maternité du personnage, les coups de blues du quotidien et le drame final qu’elle doit affronter. La réalisatrice Cheyenne-Marie Carron aborde un sujet difficile et ne ménage pas son héroïne, sans jamais aucun pathos excessif. Elle réussit surtout à faire toucher du doigt sa volonté de surmonter les coups du sort.
Un film dur et authentique
La première chose qui frappe à la vision de Le soleil reviendra, c’est son réalisme. L’héroïne seule et déboussolée tente de trouver du réconfort auprès d’autres femmes de militaires, et on croirait à des témoignages authentiques partagés par des personnages réels. Et justement, la réalisatrice Cheyenne-Marie Carron a fait appel à des vraies femmes de militaire, parfois veuves, pour qu’elles insufflent ce supplément de réalisme qui serre le cœur pendant le film. Parler de la perte d’un proche pendant des opérations militaires devient d’une proximité troublante, surtout quand le ressenti déchirant le partage à l’incompréhension d’une institution militaire qui fuit parfois ses responsabilités. Le sentiment de se voir fermer la porte au nez et par là-même abandonnée par l’armée fait frémir, alors que les veuves auraient justement besoin d’un soutien qui leur est refusé dans des moments particulièrement douloureux. L’amour des femmes pour leurs hommes partis au loin parfois pour longtemps sur le terrain tient du sacrifice et de l’engagement moral. L’actrice Florence Eugène parvient à faire passer des émotions qui ébranlent tout en restant toujours dans la plus pudique retenue. La scène où la radio d’un taxi annonce la mort de deux soldats en Afghanistan avec la peur intime que son homme puisse en faire partie est un déchirement. La réalisatrice avait abordé le sujet de l’engagement d’un jeune homme dans l’armée dans son film précédent Jeunesse aux cœurs ardents, elle poursuit son travail d’exploration du monde militaire en s’attaquant au sujet des femmes de militaires et des épreuves qu’elles traversent. Sortes de fantômes discrètes non reconnues par la société, elles vivent des destins difficiles avec une solitude parfois pesante que la réalisatrice aborde via le prisme de récits qui montrent la variété des comportements que certaines adoptent. Ce sont des mères, des épouses, des compagnes ou des sœurs qui doivent vivre leur vie par procuration, tout en abnégation, pour le bien de leur compagnon et finalement du pays, tâche parois pesante et éreintante pour des simples femmes.
Le Soleil reviendra montre avec pudeur les petites joies du quotidien et les grands drames vécus par des femmes attachées aux destins de leurs compagnons partis sur le terrain sans savoir s’ils reviendront. L’acceptation de l’éloignement, de l’incertitude et la solitude ne va pas de soi et un chemin mental tortueux doit se faire pour ne pas se laisser submerger. Le soleil reviendra devient finalement une ode à l’optimisme et un hommage à des femmes courageuses trop peu souvent racontées au cinéma. Le film sortira le 7 octobre dans les salles pour offrir un grand moment d’émotion.
Synopsis: Emma, 26 ans, est fiancée de Laurent, militaire envoyé en Afghanistan. En attendant son retour, Emma, enceinte, prépare leur future vie de famille : mais Laurent tarde à revenir de mission. Grâce à la force de leur relation, et à la complicité d’autres femmes de soldats, Emma tient le coup jusqu’à ce qu’une nouvelle épreuve vienne tout remettre en question…
Man Ray est connu pour son statut d’américain à Paris, peintre frustré et photographe inopiné. Tombé dedans comme par accident, il ne cessera d’innover en multipliant les procédés techniques pour transformer le papier écrit jusque là dominé par les dessins au crayon avec des clichés retravaillés par ses soins. Et quand la photo est prise par Man Ray, c’est la porte ouverte à la créativité la plus débridée. Rayographie, solarisation, recadrages, colorisations, les procédés apportent une touche unique à des photographies rentrées dans l’histoire, comme le montre très bien cette exposition au Musée du Luxembourg.
La photographie en majesté
Arrivé à Paris en 1921 sur les conseils de son ami Marcel Duchamp, Emmanuel Radnitsky cherche d’abord de quoi subsister. Et c’est par bonheur qu’il débute dans le portrait mondain alors que la ville lumière bruit d’une effervescence peu commune. Au fur et à mesure d’un succès grandissant, il glisse vers la photo de mode encore discrète dans le principal média de l’époque, la presse écrite. Vogue, Vanity Fair, Vu, Harper’s Bazar, tous se l’arrachent pendant deux décennies où il se fait remarquer par son art de la photo. Les plus grands modèles passent devant son appareil. Kiki de Montparnasse ou Lee Miller succèdent à Coco Chanel et Elsa Schiaparelli. L’exposition permet d’admirer des tirages originaux et des tirages contemporains de grand format, mais également des documents cinématographiques où la mode passe à un stade supérieur avec un soin particulier apporté à la coiffure et au maquillage. Man Ray n’est pas bridé par le noir et blanc en vigueur, il s’amuse au contraire des contraintes et en joue pour des partis pris esthétiques devenus des normes pour les générations suivantes. La liberté et l’humour servent de socle à des expérimentations parfois très surréalistes qui brouillent les frontières entre art et mode. L’exposition organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais et la Ville de Marseille est placée sous le patronage du Commissaire général Xavier Rey, directeur des musées de Marseille.
Cette exposition surréaliste est une occasion parfaite pour s’évader loin de l’atmosphère particulière héritée du confinement récent, dans des conditions de sécurité optimales -port du masque, distanciation sociale, gel hydroalcoolique – pour un plaisir en toute sécurité. Les œuvres de Man Ray s’étalent sur tous les murs pour des vrais chocs esthétiques qui en font un précurseur toujours autant d’actualité.
L’Alcazar, une chronique sociale de Simon Lamouret (Sarbacane)
Décrivant la vie contemporaine d’un chantier au coeur d’une grande ville d’Inde, L’Alcazar est un roman graphique aux allures de documentaire intimiste signé Simon Lamouret. Un bel ouvrage qui met en scène une société stratifiée, où les origines, les religions, les diplômes et les castes sont autant de couches à l’étanchéité saisissante.
Mais bien que ne se mélangeant jamais, ces peuples différents se retrouvent par exemple sur des projets de construction immobilière dans cette Inde à l’urbanisation galopante. Des simples ouvriers sans le sou aux ingénieurs en passant par les maîtres d’ouvrage et les différents corps de métiers, tous sont obligés de se côtoyer et de travailler ensemble. L’auteur tisse alors une véritable pièce de théâtre où tous les coups sont permis pour sauver sa tête, souvent au détriment des autres.
Une comédie humaine qui offre un aperçu de la misère sociale qui règne de ce côté du globe, malgré une modernisation irrésistible. Tandis que les us et coutumes ont la dent dure, la précarité demeure très présente chez les travailleurs les plus démunis. Et le scénario le décrit très bien à travers des personnages particulièrement attachants.
Côté dessin, l’album est baigné de lumière et l’on ressent presque la chaleur qui frappe ce chantier laborieux. On a plaisir à admirer ces planches qui font voyager en un clin d’oeil.
L’Alcazar est un bel album à découvrir !
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Véritable portrait social et culturel de la société indienne dans ses hiérarchies et fragmentations les plus intimes, L’Alcazar est un récit choral d’une beauté formelle saisissante, terriblement audacieux et dépaysant. Inde, de nos jours, dans le quartier résidentiel d’une grande ville…
Sur le chantier d’un immeuble en construction coexistent une dizaine de personnages venus des quatre coins du pays : Ali, le jeune ingénieur inexpérimenté, Trinna, un contremaître intransigeant, Rafik, Mehboob et Salma, manoeuvres provinciaux rêvant de lendemains meilleurs… mais aussi Ganesh et sa bande de Rajasthani, carreleurs hindous aux accents conservateurs qui viennent grossir les rangs de ce chantier supervisé par un jeune et riche promoteur.
Ce petit théâtre offre une vue microscopique de l’Inde contemporaine, où se côtoient langues, religions, chefs et larbins dans une précarité toujours portée par un vent tragi-comique. Et, à mesure que l’immeuble s’élève laborieusement, les rêves et ambitions de chacun se heurtent et s’entremêlent dans ce paysage humain et urbain à couper le souffle.
Date de parution : le 2 septembre 2020 Auteurs: Simon Lamouret (scénariste et dessinateur) Genre : Chronique sociale
Peu de gens le savent et pourtant, l’état de New York est bel et bien une terre de vignobles avec de belles découvertes à y faire. Dominés par le Riesling, le Chardonnay et le Cabernet Franc, une multitude d’appellations se développent et gagnent en savoir faire pour proposer des bouteilles tout à fait recommandables. Une dégustation parisienne a permis d’en savoir plus et de multiplier les questions en prévision de leur arrivée en Europe.
Une histoire déjà ancienne
Pour beaucoup, les vins aux Etats-Unis se résument à la Californie et à sa Nappa Valley, comme le montrait si bien le film Sideways sorti en 2004. C’est donc une belle surprise d’apprendre que l’état de New York monte sur la troisième place nationale au coude à coude avec l’état de Washington pour proposer des cépages prêts à traverser l’Atlantique en force. Des exploitations de petite et moyenne taille existent depuis déjà quelques décennies et leur nombre ne cesse de s’accroitre. D’une petite vingtaine en 1975, leur nombre dépasse aujourd’hui la centaine grâce à une loi de 1976 autorisant l’élaboration de vin. Malgré des conditions climatiques pas forcément idéales, des cépages parviennent à s’épanouir, et en premier lieu les variétés blanches comme le Riesling et le Chardonnay. Les petits français vont s’imaginer à tort que des vignobles se cachent au cœur de Manhattan, il faut pourtant faire route à l’ouest pendant pas loin de 400km, soit 4 heures de route, pour s’approcher des Finger Lakes, vaste région formée de 6 grands lacs où les gorges et les vallons permettent la culture de la vigne. Comme certains l’auront déjà deviné, c’est bien la forme des lacs disposés en parallèle en forme de doigts qui expliquent l’origine du nom de cette région viticole située dans l’ouest de l’état de New York, au sud du lac Ontario. Loin des buildings et des grandes avenues, la nature y est reine avec des collines, des lacs, des terres fertiles et des vignobles.
Des vins rouges et des vins blancs très intéressants
11 vins ont pu être dégustés pour la confirmation d’un potentiel énorme à l’exportation. Pour l’instant, la plupart ne sont proposés que localement, dans les restaurants notamment, et il est rare de pouvoir les trouver en Europe. La dégustation a débuté avec deux vins représentatifs de la région en matière de Riesling. Le Boundary Breaks Riesling Dry 239 2018 et le Herman J. Wiemer Riesling Bio 2017 soulignent le savoir faire de la région dans la production de ce type de vin généralement associé à l’Alsace ou à l’Allemagne. Recherches faites, c’est effectivement d’outre-rhin que Hermann Wiemer est arrivé dans les années 60 pour s’établir aux Finger Lakes avec comme bagage l’expérience d’une famille qui fabriquait du vin dans la vallée de la Moselle en Allemagne depuis plus de 300 ans. Autre type de vin banc largement répandu dans la région, le Chardonnay avec l’Osmote Seneca Lake Chardonnay 13.1% 2017 et l’Element Chardonnay 2016. Certains se souviendront du gout des américains, et plus précisément des américaines pour ce type de vin blanc en commandant au bar un Chardonnay quelque soit sa provenance à la manière des héroïnes de Sex and the city. Dernière étape de la dégustation avec 5 exemples de vin rouge uniquement composés de Cabernet Franc. Le Fox Run Cabernet Franc Red 2017, le Wagner Cabernet Franc 2017, le Keuka Lake Cabernet Franc 2017B, le Lamoreaux Landing Cabernet Franc 2018 et le Boundary Breaks Red 2017 sont des belles découvertes qui montrent que du chemin reste à parcourir en matière de caractère mais que le potentiel est déjà bien présent. En bonus, deux bouteilles d’Element Pinot Noir 2014 et d’Element Finger Lakes Cabernet Franc 2014 ont permis de clôturer en beauté cette belle séance de dégustation.
Les vins de New York sont une belle découverte qui montrent une expertise grandissante des viticulteurs locaux à faire s’exprimer leurs vins dans des déclinaisons agréables à déguster. Nul doute qu’ils sauront trouver leur chemin jusqu’à vos verres pour des moments de convivialité à planifier bientôt!
Mangez-le si vous voulez, l’horreur absolue adaptée en BD par Dominique Gelli (Delcourt)
Adapté du roman éponyme de Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez fait le récit glaçant de l’une des pires atrocités commise par l’espèce humaine lorsqu’une foule, gagnée par la folie, décide du lynchage publique d’un Monsieur tout le monde. Mis au bûcher sur la place publique avant d’être dévoré, Alain de Monéys aura subi un véritable supplice, victime des pires actes de torture et de barbarie. Des faits difficiles à croire mais bien réels.
Tout se passe en 1870, alors que le Second Empire de Napoléon III est mis en échec à Sedan lors de la guerre contre la Prusse. Alain de Moneys est un jeune notable de Dordogne désireux de s’engager aux côtés des soldats de l’Empereur. Mais alors qu’il apprend la victoire prussienne, des villageois l’entendent crier « A bas la France ». Un quiproquos dont il ne parviendra pas à se défaire et qui le plongera dans un abîme sans fin.
D’une violence inouïe, cette adaptation restitue une atmosphère de folie, âprement glauque. De quoi donner aisément la nausée au lecteur non préparé. Le récit abasourdit tout autant que les images qui l’accompagnent. Des illustrations en noir et blanc, ponctuées de touches de couleurs viennent souligner les violences subies par le sang ou les souillures qui éclaboussent ainsi les planches. Le trait est fouillis, souvent flou et sombre comme dans un cauchemar dont les contours restent incertains, inexpliqués. Redoutable.
Cette adaptation se révèle presque trop efficace et l’on n’en sort pas indemne. A ne pas mettre entre toutes les mains !
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
À l’été 1870, alors que la puissance de l’armée prussienne décide du sort du second Empire, le moral du peuple français est au plus bas. Quand un jeune notable de Dordogne, Alain de Monéys, se rend à la foire d’Hautefaye, il ne sait pas que c’est pour y subir les pires tortures, jusqu’à son meurtre et sa dévoration par une foule rendue hystérique d’avoir cru l’entendre dire : « à bas la France »…
Date de parution : le 2 septembre 2020 Auteurs: Dominique Gelli (scénariste et dessinateur) d’après un roman de Jean Teulé Genre : Histoire, Adaptation littéraire
Editeur:Delcourt Prix : 18,95 € (168 pages) Acheter sur : Amazon
C’est un témoignage émouvant qui parait le 7 octobre aux éditions La Boîte à Bulles. Alors que la France tombait sous le joug nazi en 1940, quelques jeunes femmes décidaient d’organiser un réseau d’évasion de prisonniers français et d’alsaciens fuyant le service du travail obligatoire. Sans moyens au-delà de leur propre volonté et de leur courage, elles ont contribué à la fuite de 500 individus. La BD raconte cette histoire difficile à imaginer aujourd’hui et pourtant belle et bien véridique.
Des destins de jeunes femmes admirables
L’auteur et dessinateur Etienne Gendrin s’est livré à un travail de recherche minutieux pour exhumer cette histoire enfouie dans les caves de l’histoire. Il faut s’imaginer Strasbourg en 1940 alors que le pays est vaincu et que l’Alsace a été rattachée à l’Allemagne nazie. Peu ont fait le choix d’une réaction à l’ennemi, pour des raisons qui touchent à l’intime. Protéger les siens, peur des représailles, inaction naturelle. Mais comme le dit le titre de l’ouvrage, Alice Daul est une tête de mule et elle ne peut se résoudre à courber l’échine. Avec des camarades aussi déterminées qu’elle, elle organise un réseau d’exfiltration qui a tout de l’artisanat. Mais à force d’organisation et de persévérance, elles réussissent à berner l’ennemi pendant de longs mois. Le dessin rappelle les grandes heures de la BD belge avec ces faciès rappelant Tintin, mais c’est surtout le scénario qui interpelle, rappelant que rien n’est impossible pour qui a la force d’y croire, et la foi en ce qui concerne ces personnages féminins anciennes scouts. Si la première moitié de la BD fait frémir par crainte qu’elles soient découvertes, la seconde moitié montre la détermination de l’héroïne à s’évader de son camp d’internement. Car les jeunes femmes ont été découvertes et l’ennemi, stupéfait de se retrouver face à des simples jeunes femmes, n’a pas le cœur de faire autrement que de les emprisonner. Après l’aventure de l’action vient le récit d’une résolution à s’évader pour une Alice Daul qui ne recule devant rien pour mener son entreprise à bien, malgré le froid et les risques de se faire attraper.
Têtes de mule est une BD qui remet les idées en place, rappelant qu’il faut bien choisir ses combats et ne pas s’éparpiller dans d’inutiles querelles. Ces héroïnes sont autant de rappels à l’importance de rester souder pour ne pas subir l’oppression. La Boîte à Bulles va faire paraitre cette BD le 7 octobre à lire absolument.
Synopsis: Alice est une jeune fille de la petite bourgeoisie strasbourgeoise. En septembre 1939, à 21 ans, cette guide de France, anticonformiste et francophile s’engage comme infirmière dans l’armée française. Après la débâcle, elle rentre chez ses parents à Strasbourg, en Alsace, que les Allemands s’emploient à nazifier. Très vite, Alice s’insurge contre la situation et, avec ses amies Guides de France, elle constitue une équipe clandestine qui vient en aide aux prisonniers de guerre français et étrangers enfermés dans les casernes de la ville. Pendant deux ans, elles recueillent, nourrissent, munissent de faux papiers et exfiltrent d’Alsace près de 500 prisonniers de guerre ou d’alsaciens fuyant le Reichsarbeitsdienst, le service du travail du Reich. Mais suite à une imprudence, le réseau est repéré, les filles arrêtées, et enfermées dans la forteresse de Ziegenhain (près de Kassel). Lucienne, la cheffe d’équipe est condamnée à mort. En septembre 1944, Strasbourg est libéré, Alice n’a alors plus qu’une idée en tête, s’évader, et retrouver sa famille.
Depuis ses deux premiers romans « En finir avec Eddy Bellegueule » et « Histoire de la violence », Edouard Louis décrypte les mécanismes de domination qui broient les êtres et leurs relations. Thomas Ostermeier qui a déjà monté « Histoire de la violence » avec sa troupe d’acteurs de la Schaubühne à Berlin, poursuit sa collaboration avec Édouard Louis en le mettant en scène dans son propre rôle. Un monologue percutant.
Avec « Qui a tué mon père », qui est l’histoire d’un retour, celui de l’écrivain qui, après des années d’absence, décide de renouer avec son père, Édouard Louis dessine les contradictions d’un homme brisé et revient sur la relation qui les a rendus peu à peu absents l’un à l’autre.
L’écriture égrène les souvenirs d’une enfance difficile et pauvre, habitée par la honte du père qui peine à regarder ce garçon trop efféminé dans un milieu rural et populaire où la virilité répond à des codes bien précis. Le tout ponctué de moments suspendus, d’amour non-dit, d’espoirs déçus, et de fiertés inavouées.
Dans ce récit quasi auto‑biographique, les mots s’attachent aussi à décrire la mort sociale de ce père ouvrier, dont le corps a été détruit par un accident de travail, dont la vie a été consumée par les réformes restreignant les droits des plus démunis, déclinées depuis le milieu des années 1990 par les dirigeants successifs de notre pays. « La violence dont je parle n’est pas abstraite, explique le jeune écrivain, elle s’incarne dans la politique et dans les femmes et hommes qui la font ».
Avec ce texte brûlant au carrefour de l’intime et du politique, l’écrivain s’engage dans ce qu’il nomme une « littérature de la confrontation« . Qui sont les gens que l’on appelle « les classes populaires » et que les hommes et femmes politiques méprisent avec un tel cynisme?
La figure du père mal aimant écrasé par la violence sociale et privé de parole s’inscrit avant tout dans une histoire sociétale et aliénante que dénonce avec force Édouard Louis, laquelle renvoie à un système politique qui met à mal les hommes qui n’y ont pas leur place.
Thomas Ostermeier accompagne d’une main de maître ce réquisitoire coup de poing où en trois lieux de la scène, l’auteur acteur s’adresse implacablement à chacun de nous où sur fond d’images vidéo défilent des paysages désertés, filmés dans une belle lumière grise.
Édouard Louis est d’une justesse confondante avec des flash-back affolants. On le voit danser notamment sur les succès mondiaux de son enfance, « Barbie Girl » d’Aqua et « Baby One More Time » de Britney Spears en passant par la chanson du Titanic, le renvoyant enfant quand il voulait attirer le regard de ce père façonné par une certaine idée de la masculinité. Ou encore endosser un costume de super héros et épingler à l’instar d’un tableau de chasse, le portrait des figures politiques dont l’action a aggravé la situation des plus démunis. Les photos de Chirac, Sarkozy, Hollande, El Khomri, Macron sont alors suspendues à un fil et fustigées sous une pluie de pétards ! Bravo.
Les vignerons de Cascastel sont des habitués de cette page avec des découvertes œnologiques tout à fait intéressantes. Deux nouveaux breuvages ont été adressés pour dégustation, le Révélation, Fitou 2018 et Essor 1914, Corbières 2017 qui se partagent le rôle d’ambassadeurs de ces vignerons artisans.
Révélation, un Fitou 2018 de qualité
Le vin Révélation Fitou 2018 se compose de 40% de Carignan, 25% de Grenache noir et 35% de Syrah, issus des vieilles vignes sur des terroirs de schistes purs. Le Carignan et la Syrah sont vinifiés en macération carbonique avec une cuvaison d’environ 12 jours. Le Grenache est vinifié en fermentation traditionnelle en vendange égrappée 30 jours sous marc. En fin de fermentation malolactique, l’élevage des cépages séparés est réalisé 100 % en barriques neuves de chêne français à grain fin pendant 12 mois. Chaque barrique est ensuite dégustée et sélectionnée par l’œnologue de la cave pour l’assemblage final. A l’œil, la robe est d’un rubis profond. Le nez est très parfumé et gourmand, floral pivoine-violette, fruits rouges, avec une note mentholée et garrigue. La bouche est ample et fondue, complexe, minérale et fraîche, finement épicée, longue. Pour l’accompagner, rien de mieux que des samossas sauce menthe, du saumon grillé, même un couscous ou un carré d’agneau aux herbes, mais aussi du magret de canard et du brie. Distribué en vente directe et en CHR, le vin est proposé au prix de vente départ cave de 18,90 euros.
Essor 2014, Corbières 2017, pour se marier à des bons plats
Le vin est constitué de 30% de Carignan, 30% de Grenache noir et 40% de Syrah issus de terroirs argilo-calcaires. Le Carignan est vinifié en macération carbonique avec une cuvaison d’environ 12 jours. Le Grenache et la Syrah sont vinifiés en fermentation traditionnelle en vendange égrappée 30 jours sous marc. En fin de fermentation malolactique et après assemblage, l’élevage est réalisé en barriques de chêne français à grain fin pendant 12 mois, 100% en fûts neufs. Chaque barrique est ensuite dégustée et sélectionnée par l’œnologue pour l’assemblage final avec du Grenache non élevé en barriques qui permet d’apporter du fruit, de la gourmandise et de la sucrosité. L’équilibre final est de 80% boisé et 20% non boisé. En bouche, le vin est gourmand et puissant. Le fruit mûr et le bois sont harmonieusement mariés. Pour le boire, préférez du pavé de bœuf avec une sauce aux champignons ou tout simplement seul, un soir d’hiver, au coin d’une cheminée. Distribué en vente directe et en CHR, le vin est proposé au prix de vente TTC départ cave de 15 euros.
L.J. Wagner publie un premier roman qui impressionne. Gangrène est un titre qui pourrait facilement faire penser à une histoire d’horreur. C’est pourtant bien une histoire d’amour contemporaine entre une jeune femme décidée à ne pas s’engager et son prince charmant parfait sous tout rapport… au moins au début. Le livre passe de la chronique de société contemporaine au thriller amoureux au fur et à mesure des péripéties vécues par le couple. Un roman à découvrir depuis le 23 juin aux éditions Souffles Littéraires.
Un roman qui se dévore… jusqu’au dénouement final surprenant!
L’auteur LJ Wagner se distingue tout d’abord par son style précis et percutant pour décrire la rencontre entre une jeune femme libre dans son corps et libre dans sa tête, Chloé, vendeuse sans passion dans une grande enseigne culturelle complètement renversée par le sourire désarmant de Colin, charmant jeune homme parfait en apparence. Pour lui, elle va revoir ses principes jusqu’à se mettre en danger et surtout abandonner sa folie prédatrice de croqueuses d’homme. L’amour ne la lâche plus, lui faisant abandonner sa prudence légendaire et tout pardonner à son prince charmant. Les mœurs féminines de l’héroïne sont astucieusement disséquées par l’auteur masculin, réparties et réflexions pimbêches inclues, pour un départ pétaradant dans le monde littéraire. C’est le personnage de Colin qui revêt longtemps un profond mystère, l’auteur s’amusant à distiller de maigres indices comme autant de miettes, alors que ses réactions prêtent d’abord à sourire jusqu’à finalement interroger sur ses intentions véritables, pour un suspense qui attrape irrémédiablement le lecteur pour ne plus le lâcher. C’est une suite de rebondissements qui donne tout son sel à un ouvrage qui se lit d’abord avec curiosité jusqu’à devenir complètement addictif. Le style est soigné, les expressions tantôt modernes tantôt classiques pour une variété bienvenue qui coupe toute velléité de baisser l’attention. Certains connaissent déjà l’auteur pour sa vie professionnelle dans le monde de la culture, lui qui voue une passion pour la scène. Journaliste de formation, il écrit régulièrement des pièces de théâtre et a créé une société consacrée aux relations presse de spectacles vivants.
Gangrène est une très bonne surprise dans cette fin d’été post-confinement, un roman impossible à lâcher jusqu’à la dernière page qui brosse un fascinant tableau de la femme d’aujourd’hui, multiple, décidée, forte et fragile à la fois!
Synopsis: Chloé, jeune femme libre et indépendante, a une conception toute personnelle de la vie et surtout de l’amour, ce qui désarçonne son entourage. Jusqu’au jour où elle rencontre Colin, à l’indéfectible sourire. Les sentiments vont peu à peu infecter Chloé malgré elle, jusqu’à la gangrène de son cœur. Mais Colin est-il arrivé par hasard dans sa vie ? Une anti-romance cynique, cruelle et corrosive qui pose un diagnostic sur la maladie d’amour.