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Castelmaure, conte BD de Trondheim et Alfred (Delcourt)

Castelmaure, conte BD de Trondheim et Alfred (Delcourt)

Récit fantastique à multiples facettes, Castelmaure convoque les figures classiques du conte médiéval pour un vaudeville original et rythmé. Les destins croisés d’un roi disparu, de sa soeur et de son beau-frère, d’une affreuse sorcière et de trois enfants pas tout à fait normaux viennent s’entrechoquer pour un résultat détonnant et rocambolesque.

La Malédiction de Castelmaure ne délivre ses secrets qu’avec parcimonie dans une mise en scène ingénieuse qui sait maintenir suspens et donc mystère. Les personnages avancent masqués et cela fonctionne plutôt bien. On se prend au jeu de cette fable un peu, voire très, étrange.

Le dessin d’Alfred prend quant à lui les mêmes libertés que le scénario de Trondheim, explorant avec brio la folie des personnages qu’il met en lumière. L’univers graphique est là encore très marqué et personnel, ce qui ne rend l’histoire de Castelmaure que plus authentique.

Castelmaure saura donc vous surprendre par la créativité débordante de ses auteurs et l’originalité de son histoire !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Depuis plus de vingt ans, le mythographe arpente routes et chemins de tout le pays afin d’en collecter les contes et légendes populaires. Il aime ce travail modeste qui lui fait rencontrer toutes sortes d’affabulateurs et autres baratineurs. Mais s’il est une histoire après laquelle il court depuis toujours, c’est bien celle de la Malédiction de Castelmaure, une légende extraordinaire à laquelle tant de destins sont étrangement liés.

Date de parution : le 14 octobre 2020
Auteurs
: Lewis Trondheim (scénariste),
Alfred (dessinateur)
Genre
 : conte fantastique
Editeur : Delcourt
Prix : 18,95 € (152 pages)
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Les 5 Terres, tome 4 : BD coup de coeur de Lewelyn et Lereculey (Delcourt)

Les 5 Terres, tome 4 : BD coup de coeur de Lewelyn et Lereculey (Delcourt)

Passionnante série fantasy rappelant à n’en pas douter la célèbre série Game Of Thrones, Les 5 Terres poursuivent leurs intrigues dans un excellent premier cycle avec ce quatrième épisode, « La même Férocité » (le premier cycle comptera 6 tomes). Et autant dire que le jeune Mederion, héritier du trône, n’a pas fini de nous surprendre.

Le récit prend de la hauteur et s’intéresse au sort des nombreux personnages secondaires, tout en mettant en avant de nouveaux protagonistes comme un groupe d’étudiants animés par de nombreuses doléances adressées directement à sa majesté. Un nouveau terrain de jeu dont on ignore ce que Mederion décidera de faire. Les intrigues sont toujours aussi bien menées, et l’on voyage pas mal à travers les 5 Terres, ce qui ouvre encore l’horizon du scénario.

L’univers des 5 Terres semble ainsi en permanence enrichi de nouvelles figures et de nouveaux lieux, avec un soin tout particulier apporté aux perspectives scénaristiques. Les personnages ont notamment beaucoup de relief, et ce ne sont pas les seuls. 

Difficile de ne pas succomber aux complots qui se jouent à un rythme effréné dans les coulisses des 5 Terres. Et ce quatrième album ne déroge pas à la règle. Un vrai coup de coeur, comme chacun des tomes de la série.

 

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Le putsch fomenté par les lions a été réprimé dans le sang. Le roi Mederion et Terys, son ombre, incarnent un renouveau qui entend en finir avec les rivalités entre races. Pour les activistes étudiants qui veulent mettre à bas la monarchie, c’est une occasion en or. Une fois de plus, les intrigues politiques sont au coeur de la vie d’Angleon, tandis que loin du trône, chacun, qu’il soit otage, mercenaire, garde du corps ou enquêteur, oeuvre à son propre destin…

Date de parution : le 30 septembre 2020
Auteurs
: Lewelyn (scénariste),
Jérôme Lereculey (dessinateur) et Dimitris Martinos (coloriste)
Genre
 : Aventure, Fantasy
Editeur : Delcourt
Prix : 14,95 € (56 pages)
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Tizombi tome 4, BD jeunesse de Cazenove, Jacquemoire et William (Bamboo Edition)

Tizombi tome 4, BD jeunesse de Cazenove, Jacquemoire et William (Bamboo Edition)

Tizombi a sorti son quatrième album pour fêter Halloween dans la joie et la bonne humeur malgré les circonstance. Un album où l’humour est roi, tout autant que les zombies et autres créatures horrifiques dignes d’y figurer !

Dans cet album, intitulé Mondes Cruels, les gags se succèdent et ne se ressemblent pas, en convoquant au passage de nombreuses stars au casting. Une pléthore de super-héros, des figures du cinéma d’horreur qui a bercé notre enfance comme les gremlins ou le clown maléfique de ça, et même un clin d’oeil à Walking Dead avec Rick Grimes… les clins d’oeil ne manquent pas !

De quoi passer un bon moment en compagnie de cet insatiable Tizombi ! Pour les jeunes… et pouquoi pas les moins jeunes également !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Le héros qui a du mordant ! Nom d’un ossuaire, Tizombi a disparu ! Et comme notre petit dévoreur préféré n’est pas du genre à se carapater à la première stèle qui craque ni à aller chercher le calme dans on ne sait quelle crypte lointaine, c’est que quelque chose de préoccupant est arrivé ! Et si cela avait un rapport avec les nombreux mondes parallèles où conduit chaque tombe du cimetière ? Et surtout dans quel but ? Une révolte ? Un complot ? Ce qui est sûr, c’est que Tizombi aura besoin d’avoir toutes ses quenottes bien aiguisées.

Date de parution : le 14 octobre 2020
Auteurs
: Christophe Cazenove (scénariste),
William (dessinateur) et Elodie Jacquemoire
Genre
 : Humour, Jeunesse
Editeur :Bamboo
Prix : 10,95 € (56 pages)
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Messages des pierres au peuple humain, un très beau coffret découverte (Favre)

Messages des pierres au peuple humain, un très beau coffret découverte (Favre)

Joëlle Chautems est droguiste-herboriste. Depuis toute petite elle est à l’écoute de la nature. Joëlle Chautems est passionnée par le rapport de l’homme avec la nature, pour son développement personnel.

Dans Messages des pierres au peuple humain, elle nous livre tous les secrets des pierres semi-précieuses, présentés dans un très beau coffret cartonné.

Quant à Fabrice Chapuis, il est artiste peintre et photographe. Et chacune de ses photos semble être un tableau d’art, tellement elles sont belles.

La lithothérapie

La lithothérapie est le soin apporté à l’homme par les pierres. Chaque pierre a son histoire, ses caractéristiques, son énergie, ses vertus et son message. Il y a alors une interaction entre la pierre et l’humain. Aussi bien au niveau mental, physique et spirituel.

Les pierres de l’oracle

Toutes les pierres de cet oracle ont été choisis en fonction de leur message. Elles ont chacune une fiche-photo, prise dans la nature. Elles sont faciles à trouver et doivent être respectées. Chaque pierre est décrite toujours de la même façon :
Nom, origine, anecdote, purification, recharge, forme cristalline, genèse, lieux, formule chimique, dureté, couleur, sphère, vertus et message.

Tirer une carte

Les cartes sont présentées par ordre alphabétique. Tirez une carte quand vous en sentez le besoin. Vous pouvez toutes les mélanger, les mettre à l’envers et en tirer une. Puis vous lisez ce que cette carte révèle et pourquoi votre instinct vous a amené à cette carte. Ensuite, ressentez au fond de vous ce que cette carte vous apporte comme énergie…

Messages des pierres au peuple humain, un nouveau monde à portée de chacun de nous ! Les pierres n’auront plus de secrets pour vous après avoir lu chaque fiche et peut-être même vous apporteront-elles un certain bien-être !

Infos de l’éditeur :

Formées bien avant l’apparition des humains, les pierres détiennent une sagesse précieuse. Si elles pouvaient parler, qu’auraient-elles à nous dire ? Cet oracle vous emmène à la découverte des caractéristiques physiques ainsi que des vertus en oligothérapie, chromothérapie et lithothérapie de ces joyaux de la terre. Chaque pierre délivre aussi un message d’espoir à l’humanité, pour nous aider à surmonter les obstacles de la vie et nous rappeler que nous faisons partie d’un tout.

Date de parution : 6 octobre 2020
Auteur : Joëlle Chautems
Photographe : Fabrice Chapuis
Editeur : Favre
Prix : 14,90 €

Souvenirs d’un voyage de presse ensoleillé chez les maîtres vignerons de Cascastel en Occitanie

7 journalistes ont eu la chance de partir une journée entière dans une ville presque retirée du monde afin de visiter le Domaine Cascastel. Pour ceux qui se sont donnés rendez-vous à 7h du matin le 27 octobre à Gare de Lyon, 5 heures de voyage n’ont pas été trop long pour les mener à proximité de Narbonne afin de déguster un assortiment très représentatif de l’offre viticole des maîtres vignerons de Cascastel. Au menu, une dizaine de cuvées, un buffet bien achalandé, une visite des vignes et la quête du Lézard Ocellé, un vrai enchantement automnal avec de belles couleurs de saison et un ciel bleu hautement réconfortant.

Un programme de choix avec le Fitou, le Muscat Risevaltes et le Corbières

C’est au cœur d’un environnement très préservé que le domaine se situe dans un petit coin de paradis situé à 20 kilomètres de la Méditerranée. Depuis 1921, les Maîtres Vignerons de Cascastel forment une cave coopérative à taille humaine composée de vignerons artisans sensibilisés de longue date à la qualité et à la protection de l’environnement. La visite des vignes à permis de constater la richesse des terroirs pour un vignoble d’altitude situé entre 150 et 300 mètres d’altitude et constitué d’une myriade de petites parcelles disséminées au cœur des garrigues sur le précieux terroir du Haut Fitou et des Hautes Corbières. La dégustation proprement dite n’a pas lésiné sur les découvertes, depuis la légendaire cuvée F de Cascastel, la dernière-née Révélation, en passant par la cuvée totem sans sulfites ajoutés Timon Lepidus lancée début 2020 ainsi que la toute nouvelle gamme CHR. Le DG Atmann Afannis accompagné de son équipe et du président Geoffrey Fabre ont présenté le vignoble avec ses 850 ha en AOP Fitou et IGP Vallée du Paradis. La démarche en agriculture raisonnée fait partie de l’ADN de la maison avec 30 ha aujourd’hui plus 25 ha supplémentaires en conversion.

Une dégustation vertigineuse

La dégustation a débuté avec l’AOC Corbières Héritage de Bonnafous blanc 2019 composé de 70% de grenache blanc et 30% de Macabeu. Proposé à 9 euros, il est puissant et expressif, il développe une harmonie gustative dans laquelle le floral côtoie le minéral. L’AOC Fitou 2019 Cuvée Nouvel élan se compose de 40% de Carignan, 50% de Grenache noir et 10% de Syrah sur des terroirs calco-schistes. C’est un vin biologique gourmand, fruité et épicé avec une belle longueur, parfait pour accompagner une belle pièce de bœuf, de préférence une entrecôte pour un prix de 12 euros. L’AOC Fitou 2018 Dédicace se compose de 45% de Carignan, 30% de Grenache et 25% de Syrah. Cette cuvée à la robe profonde développe des senteurs de garrigue et de grillé d’une belle intensité pour des arômes de fruits rouges surmûris et compotés pour un prix de 12,50 euros. L’IGP Vallée du paradis rouge 2018 Cuvée Timon Lepidus se compose de 50% de Merlot, 30% de Syrah et 20% de Grenache sur des terroirs argilo-calcaires. C’est un vin gourmand et puissant, le fruit mûr et le bois se marient harmonieusement, il est parfait pour accompagner une grillade entre amis à la bonne franquette, pour un prix de 10 euros. L’AOC Corbières 2017 Cuvée Essor 1914 a déjà été testé sur Publik’Art pour un prix de 15 euros. L’AOC Fitou Expression des schistes 2017 se compose de 45% de Carignan, 25% de Grenache noir et 30% de Syrah pour un vin au potentiel hors norme qui a remporté la Médaille d’or Grands Vins du Sud 2019. En bouche, c’est un bel équilibre entre la maturité et la fraicheur qui l’emporte. La matière est raffinée, les tanins veloutés. Il s’accorde très bien avec les plats épicés comme le tajine, ou de l’agneau, des grillades de viandes rouges, des plats en sauce, les fromages type Saint-Nectaire pour un prix de 9,50 euros. L’AOC Fitou L’accord parfait 2018 se compose de 40% de Carignan, 30% de Grenache noir et 30% de Syrah. Le millésime 2018 est racé, fin et gourmand. En bouche, on sent le fruit des vieilles vignes de Carignan et d’un grand terroir qui apporte à la fois de la chair et de la puissance, tout ça pour un prix de 10,50 euros et une Médaille d’Or Grands Vins du Sud 2019. L’AOC Fitou F de Cascastel Millésime 2018 se compose de 40% de Carignan, 25% de Grenache noir et 35% de Syrah. Le vin est racé, fin et gourmand avec sa belle robe profonde qui développe des senteurs de garrigue et de grillé d’une belle intensité, suivis d’arômes de fruits rouges et d’épices. La bouche est ample, charnue, concentrée avec une belle aromatique pour une production de 7800 bouteilles seulement. L’AOC Fitou 2018 Révélation se compose de 40% de Carignan, 25% de Grenache noir et 35% de Syrah sur des terroirs de schistes purs. La robe profonde développe des senteurs de garrigue et de grillé d’une belle intensité. Le bois bien fondu apporte l’élégance qui se marie très bien avec un magret de canard braisé pour un prix de 18,90 euros. L’AOC Fitou Optimus se compose de 50% de Carignan, 10% de Grenache noir et 40% de Syrah. Le vin marie l’élégance et la générosité aromatique avec une robe dense et sombre. Le nez est concentré, délicat et épicé, laissant place en bouche à une grande complexité aromatique. Ce vin peut être accompagné d’un cassoulet maison ou d’un civet de marcassin, pour un prix de 25 euros. L’AOC VDN Muscat de Rivesaltes Château de Cascastel se compose de 50% de Muscat Alexandrie et de 50% de Muscat Petits Grains. La robe jaune est soutenue, le somatique est aérien, floral et intense. La bouche est ronde, enlevée, légèrement épicée après une longue finale autour de fruits exotiques, pour un prix de 9 euros. L’AOC Rivesaltes Vieille réserve Ranco se compose de 100% de Grenache gris, pour une robe ambrée très soutenue conservant quelques reflets tuilés. Le nez est caractéristique avec des senteurs de noix, de fruits secs et de sous-bois. La bouche est longue et soyeuse, avec des notes de caramel, café, cacao de petits fruits secs et de fruits confits. Il se déguste avec du foie gras, des fromages forts et des desserts à base de fruits cuits ou de chocolat. Le vin est proposé à 8,50 euros. Voilà une belle dégustation!

Le Lézard Occelé, un vrai projet pour la préservation d’une espèce placée sur la liste des espèces menacées

Les Vignerons de Cascastel ont engagé une action biodiversité pour protéger le lézard ocellé, une espèce menacée. Le plus gros Lézard de France métropolitaine mesure un maximum de 75 cm en longueur totale et se distingue par ses ocelles bien bleues sur les flancs. Aussi appelé Timon Lepidus, l’espèce est protégée et fait partie intégrante du paysage viticole des Corbières, de sa biodiversité. Il est le témoin d’un environnement non dégradé. Les Vignerons Artisans de Cascastel ont souhaité agir pour participer à sa préservation au travers de partenariats scientifiques et d’actions concrètes. Depuis 2018, un partenariat est né avec Grégory Deso, herpétologue de l’Association herpétologique de Provence Alpes Méditerranée (AHPAM). En 2019, un deuxième partenariat voit le jour avec Jean Muratet, herpétologue de l’association audoise ECODIV qui vient conforter la démarche collective. Cette collaboration présente un double intérêt : participer à la préservation et à l’étude scientifique de l’espèce en suivant le Lézard ocellé et son évolution sur les terres viticoles, mais aussi renforcer la sensibilisation des vignerons aux enjeux environnementaux ainsi qu’à la préservation de leur terre et des petites créatures qui la peuplent. Par le biais d’une charte déjà signée par 35 adhérents, les vignerons s’engagent à enherber les tournières (bandes de terre en lisière de champ, où l’on fait tourner les engins agricoles) et abords de leurs murets, favorisant ainsi la présence d’insectes dont le reptile raffole. Ils s’engagent également à rénover ces murets où l’animal totem aime tout particulièrement se loger. Les murets sont des habitats de choix pour cette espèce, car ils permettent d’offrir à la fois le gîte et le couvert ainsi que des postes d’insolation recherchés. Ce sont 317 murets qui ont été cartographiés couvrant 10 km sur le secteur de Cascastel, seulement 32% sont en bon état. Le premier chantier de rénovation des murets, habitats de choix pour le lézard, vient de s’achever, avec le travail des jeunes d’un ESAT de Narbonne.

Les Reines de sang – Njinga, tome 1 : BD de Pécau, De Vincenzi et Sayago (Delcourt)

Les Reines de sang – Njinga, tome 1 : BD de Pécau, De Vincenzi et Sayago (Delcourt)

Nouvelle figure de la série Les Reines de SangNjinga fait une entrée fracassante avec un premier tome musclé. La lionne du Matamba nous plonge au XVIIe siècle alors que les européens, au premier rang desquels les espagnols, viennent coloniser le continent Africain. Njinga va alors user de tous ses atouts pour combattre l’envahisseur. 

Mais pour cela, et avant de faire usage de toute la diplomatie dont elle sait faire preuve, encore va-t-elle devoir s’emparer du pouvoir parmi les siens, dans l’impitoyable guerre de succession qui l’oppose aux membres de sa famille. Njinga sait se montrer sanguinaire, et n’hésite pas à s’allier avec des tribus cannibales pour peser dans les négociations. Une stratège redoutable qui fait froid dans le dos.

Ce premier album (sur 2 prévus) fait la lumière sur une figure méconnue mais dont la personnalité complexe est le terrain de jeu parfait pour les auteurs de ce riche récit qui place l’action en son centre.

A suivre donc !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

À la tête d’une armée de guerriers dont les célèbres Amazones, la reine Njinga mène un combat sans merci contre les envahisseurs blancs. Elle décide même de rejoindre la secte terrifiante des cannibales Bangalas afin de contrer un ennemi mieux armé. Elle sait, en fin stratège, jouer de diplomatie pour conserver l’indépendance de son pays face aux colonisateurs trafiquants d’esclaves.

Date de parution : le 30 septembre 2020
Auteurs
: Jean-Pierre Pécau (scénariste),
Alessia De Vincenzi (dessinateur) et Nuria Sayago (coloriste)
Genre
 : Histoire
Editeur : Delcourt
Prix : 14,95 € (56 pages)
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Contes de fées oubliés de filles intrépides et incroyables (Usborne)

Contes de fées oubliés de filles intrépides et incroyables (Usborne)

Contes de fées oubliés de filles intrépides et incroyables (Usborne) : voilà un très beau livre joliment illustré pour jeunes, à partir de 7 ans, mais déjà bons lecteurs !

Il s’agit de huit contes qui mettent tous en avant la vie de jeunes filles pas comme tout le monde ! Des vies qui font rêver ! Elles sont souvent volontaires, têtues et arrivent toujours là où elles veulent ! Sans jamais baisser les bras ! Elles sont courageuses et fortes. Mais rien ne sera facile pour elles ! Il va falloir qu’elles traversent de nombreuses épreuves avant d’arriver à leurs fins ! Mais ce sont surtout des princesses !

Mais bien entendu, on sait bien que les filles possèdent de sacrés pouvoirs, et encore plus des princesses ! Que ce soit la princesse audacieuse qui sauve un prince, ou Blanche-Rose et Rose-rouge, ou la Futée Molly ou Kate Casse-Noisette, chacune fait preuve d’intelligence et de cœur pour sauver l’autre…

Bref ce sont des princesses formidables, futées, qui vont intriguer tous les lecteurs !

Contes de fées oubliés de filles intrépides et incroyables reprend des anciens contes en les modernisant ! Juste pour ne pas les oublier ! Un beau cadeau à offrir !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 22 octobre 2020

Editeur : Usborne Prix : 16,50€

Il Mio Corpo, un film langoureux de Michele Pennetta sur la difficulté de se réaliser, prévu en salles le 4 novembre – nouvelle date à venir

Ce sont deux héros à la marge que la caméra de Michele Pennetta suit dans ce long métrage langoureux. Le jeune Oscar et Stanley l’immigré rêvent de vies meilleures tandis qu’ils évoluent chacun de leur côté sous le soleil brulant de Sicile avec des activités professionnelles qui leur permettent de vivoter mais non point de se réaliser. Le réalisateur s’intéresse à ces personnages obligés de subir et qui n’ont pas vraiment le choix. Faciès renfermés et journée interminables composent des quotidiens de forçats engoncés dans des destins minuscules. Il Mio Corpo ressemble à une rêverie les yeux ouverts et aux réveils perpétuellement difficiles.

La vie en arrêt

La Sicile ressemble dans ce film à un royaume de la débrouille. Oscar parcourt dans la camionnette de son père les déchèteries sauvages de l’île pour récupérer les matériaux revendables à la sauvette. Son paternel n’est pas tendre car leur existence est chiche, l’aigreur transparait dans chacune de ces réflexions et le cadet est un échappatoire facile au ressentiment. Stanley travaille dans une église en échange d’un toit et d’une place dans la société. Pour gagner un petit pécule, il accepte des jobs de saisonnier et de berger qui ne le satisfont pas. Ces deux destins ne se croisent jamais mais se répondent en parallèle, les amertumes se ressemblent et s’accumulent. C’est l’ami de Stanley qui se voit refuser son permis de séjour, c’est Oscar qui voit son père préférer son frère. Le monde chaud et brulant qui les entoure ne leur fait pas de cadeaux, interrogeant sur la possibilité d’une vie au cœur de l’Europe méridionale. Ce sont les locaux plus fortunés qui ne se posent pas de question et définissent les règles d’un jeu aux dés pipés. Le film interroge sur les moyens de s’élever quand rien ni personne ne donne de véritables chances pour s’accomplir. Ne reste que la charité et le cadre familial comme repères et opportunités, maigres et forcément temporaires.

Il Mio Corpo a tout du film d’auteur, réalisé sans beaucoup de moyens et avec des enseignements à découvrir entre les images de deux destins contrariés. Le film sera à découvrir prochainement dans les salles pour un beau moment de langueur sicilienne.

Synopsis: Sous le soleil de Sicile, Oscar récupère de la ferraille avec son père. A l’autre bout de la ville, Stanley le Nigérian vivote grâce aux petits travaux donnés par le prêtre de la paroisse. Tous deux ont le même désir, celui d’une vie meilleure…

L’homme qui courait après sa chance, BD jeunesse de Pozla (Delcourt)

L’homme qui courait après sa chance, BD de Pozla (Delcourt)

Album jeunesse de Polza (qui nous avait déjà marqué par son Carnet de santé foireuse), L’homme qui courait après sa chance est une véritable fable servie avec beaucoup d’humour.

Un petit homme accablé par la malchance décide de tout faire pour s’en défaire et retrouver le soupçon de chance qui lui fait cruellement défaut au quotidien. Cela tombe bien, un étrange escargot lui indique qu’il suffit d’aller voir celui-qui-sait-tout pour retrouver sa chance. L’aventure peut donc vraiment débuter pour lui.

Polza propose un album plein de charme grâce à un récit fleuve raconté avec humour et dérision. On apprécie davantage encore les superbes illustrations de l’auteur dont on reconnait immédiatement la griffe. Un vrai plaisir à lire, malgré la brièveté de l’ouvrage (qui compte quelques 32 pages).

Bref, on en redemande encore et encore !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Accablé par la malchance qui lui colle à la peau, un homme se laisse convaincre d’aller consulter l’ermite de la montagne, seul en capacité de résoudre son problème. En chemin, il croise des compagnons d’infortune. Un tigre sans appétit, un arbrisseau pitoyable et une jeune femme désespérée. C’est décidé, il défendra leur cause auprès du sage de la montagne et reviendra leur donner ses conseils !

Date de parution : le 14 octobre 2020
Auteurs
: Pozla (scénaristes et dessinateur)
Genre
 : conte fantastique
Editeur : Delcourt
Prix : 13,95 € (32 pages)
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Leur Etat : Quand ça va, quand ça va pas – nos institutions expliquées par François Hollande (Glénat jeunesse)

Leur Etat : Quand ça va, quand ça va pas – nos institutions expliquées par François Hollande (Glénat jeunesse)

Les rouages de nos institutions sont parfois difficiles à comprendre pour un néophyte. Dans Leur Etat expliqué aux jeunes et aux moins jeunes, Monsieur le Président François Hollande prend le temps d’expliquer et de rendre accessible tout ce que nous voudrions savoir sur l’Etat, ses rôles, ses devoirs et ses pouvoirs. 

Soulignant au passage les limites et défauts de l’Etat tel qu’il fonctionne à l’heure actuelle, il propose différentes thématiques / missions étatiques telles que protéger, éduquer, soigner, administrer, agir ou encore anticiper. Un vrai cours d’éducation civique illustré, à la fois étoffé et simple à comprendre. La mission est donc accomplie pour l’ancien Chef d’Etat. 

De quoi faire naitre des vocations, notamment pour les plus jeunes qui voudraient en savoir plus… en suivant par exemple des études de droit !

Résumé de l’éditeur :

Après Leur République expliquée aux jeunes et aux moins jeunes, François Hollande nous explique le fonctionnement de l’État.

C’est quoi l’État ? À quoi ça sert ? Qui le dirige ? Qui le contrôle ? Qui finance l’État ? Après avoir décortiqué la République pour que petits et grands en comprennent les tenants et les aboutissants, le Président Hollande, par souci de pédagogie, a décidé de nous faire connaître et comprendre le fonctionnement de l’État, cette ombre puissante sur nos vies qui peut nous effrayer ou nous rassurer. À travers 5 grands chapitres qui reprennent les grandes missions de l’État : protéger, éduquer, soigner, servir et anticiper, il nous permet d’avoir une vision globale de l’État, cet inconnu qui nous veut du bien. Saupoudré d’une touche d’humour et sans aucune vocation partisane, ce livre s’inscrit dans la collection « Quand ça va, quand ça va pas » : à la fin de chaque chapitre, le président détaille les bons et les mauvais fonctionnements. Les illustrations de Laure Monloubou aideront les plus jeunes à s’imprégner du texte et des concepts expliqués.Tout comme son grand frère, cet ouvrage ne s’adresse pas aux enfants de 5 à 10 ans mais aux jeunes de 10 à 100 ans. Il n’est jamais trop tard pour comprendre le pays dans lequel nous vivons !

Date de parution : le 28 octobre 2020
Auteurs
: François Hollande (scénariste),
Laure Monloubou (dessinateur)
Genre
 : Informations, documentaire
Editeur : Glénat
Prix : 15 € (104 pages)
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« Möbius » : l’envol vibrant et poétique en captation intégrale

« Möbius » : l'envol vibrant et poétique en captation intégrale
Möbius – Cie XY & Rachid Ouramdane © Christophe Raynaud de Lage

« Möbius » : l’envol vibrant et poétique en captation intégrale

Révélation de la Biennale de la danse 2014 avec Il n’est pas encore minuit, les circassiens de la Compagnie XY n’ont qu’un seul langage : celui des portés acrobatiques qu’ils développent à partir du collectif. Travailler en nombre leur permet d’aller plus haut, voler plus intensément et démultiplier leur vocabulaire. En inscrivant le mouvement acrobatique dans une continuité faite de renversements et de revirements de situations, leur dernière création Möbius dévoile un espace flottant, poétique, où le temps s’étire et se contracte au rythme des corps qui changent de forme.

Dix-neuf hommes et femmes s’y déplacent, jaillissent, voltigent comme s’ils ne formaient qu’un seul être, à la manière des nuées d’étourneaux, ces vols de centaines d’oiseaux si bien réglés et si denses qu’ils en éclipsent le soleil l’espace d’un instant.

Les acrobates se sont approprié ce vol coordonné, où chaque membre du groupe réagit de façon quasi-simultanée comme s’ils ne formaient qu’un seul être, pour imaginer une pièce où l’espace se vide et se remplit par fulgurances.

C’est dans le mystère de ces ballets aériens, offrant un mouvement sans fin sans jamais se répéter, comme un “ruban Möbius”, que va se jouer la fusion entre les acrobates et le chorégraphe Rachid Ouramdane.

Un mouvement où les espaces se vident et se remplissent par fulgurances, passant de un à dix-neuf en piste en une fraction de seconde. Provoquant des réactions en chaîne et des effets de lévitation qui surprennent le regard, ces jeux d’accélérations et de ralentis nous amènent à des vertiges visuels empreints d’harmonie et de magie.

Comme pour le vol des oiseaux, on y voit naître une intelligence collective du corps. S’élever, se rattraper, se rassembler, se détacher, s’abandonner à l’autre, se relever encore, s’élever toujours. Véritable ode au vivant, Möbius nous renvoie ainsi à cette absolue nécessité du « faire ensemble » comme la base de toute forme de subsistance, de perpétuation et d’invention. Laissez-vous porter !

En captation intégrale jusqu’au 05 mars 2021

Femmes, une belle BD poétique à découvrir aux éditions La Boîte à Bulles le 4 novembre 2020

Femmes ne contient pas de cases ni de bulles, juste des dessins évocateurs et elliptiques, accompagnés de petites notes, l’auteur Paulina Silva se concentre sur l’essentiel, les impressions persistantes, les émotions marquantes, les souvenirs inoubliables et les pensées imprégnées de philosophie. Les 176 pages voient défiler une vie de femme, des prémices jusqu’à la réalisation de soi, ce celle qui raisonnera avec grâce dans l’esprit de toutes celles qui se voient plus esprit libre que corps corseté par une société matérialiste. La BD sort le 4 novembre aux éditions La Boîte à Bulles pour un beau moment de poésie.

De la douceur et de la délicatesse

L’héroïne s’appelle Pilar. Du jour où elle nait, son esprit est occupé par les grandes questions de la vie. Pour quoi faire? Comment se trouver et se réaliser à travers les rencontres et les amours? Toute sa vie, Pilar se raconte des histoires et les partage sous forme d’un conte simple et délicat. A la fois pudique et sensuelle, elle montre pour mieux cacher et cacher pour se révéler. La poésie est constante chez l’auteur Paulina Silva pour un portrait de femme aussi intime qu’universel où la sobriété le dispute à la délicatesse pour souligner l’inéluctabilité du temps qui passe et sa marque sur les corps et les esprits. Traduit par Véronique Massenot, la BD espagnole n’en fait jamais trop, le ton est exact et chaque page se relit avec plaisir. Les dessins pourraient avoir été gravés dans le marbre ou inscrits sur une toile de maitre avec ces belles couleurs qui ajoutent une dimension sensuelle aux écrits.

Femmes est un beau moment de poésie onirique, aussi charmant qu’attachant. L’histoire est simple et directe et parlera autant aux femmes qu’aux hommes pour une belle plongée intime.

Synopsis: « De ma naissance, je n’ai aucun souvenir. Je n’étais plus poisson, j’avais des bras, des jambes, un dos. » Un jour, Pilar naît, puis elle grandit, se questionne, découvre, ressent, rencontre, aime, vieillit… Ainsi, sa vie, elle nous la conte en toute simplicité, délicatesse et sensualité. Avec douceur et poésie, Paulina Silva livre un portrait intime de femme, en toute sobriété et finesse à travers cet album évoquant le temps qui passe, marque les visages, les corps, l’esprit… Le texte français est signé par Véronique Massenot, dont les textes sont reconnus pour leur grande sensibilité. Un ouvrage somptueux, aux illustrations d’une grâce puissante, accompagnées d’un texte à la fois subtil et onirique…

Editeur: La Boîte à Bulles

Auteurs: Paulina Silva / Véronique Massenot

Nombre de pages / Prix: 176 pages / 20 euros

Le chanteur Andréel enchaine les beaux duos sur son album Tu m’apprends

L’auteur compositeur et chanteur Andréel a composé un album de chansons fascinant, Tu m’apprends pour une sortie le 15 janvier 2021 prochain. Parsemé de duos éblouissants avec Judith Chemla, Natacha Régnier, Amandine Bourgeois et Lucile Chriqui, l’album séduit par sa belle poésie. Le premier extrait Mon manque comprend des paroles composées par l’actrice Isild Le Besco et Andréel chante en duo avec l’actrice Judith Chemla, de quoi donner envie d’en savoir plus.

Une belle découverte

La chanson française compte un talent moins visible que beaucoup d’autres mais pas moins réjouissant. Avec ce 7e album, Andréel propose des chansons aux atmosphères pleines de douceur et de sensibilité où l’amour ou l’amitié tiennent une place centrale. Les duos avec Natacha Régnier, Amandine Bourgeois, Judicth Chelma et Lucile Chriqui sont remplis de sensualité pour des frissons chez l’auditeur. Cet album a été enregistré au Studio Ferber avec des musiciens de talent, Elaine Beaumont à la contrebasse, Sébastien Lovato à la Fender Rhodes, Nicolas Parent à la guitare, Elodie Brémaud au violoncelle et Plaf à la flûte. On se souvient que son précédent album proposait un voyage exotique au Brésil, Andréel revient à plus d’introspection et plus de poésie avec des expériences personnelles entre le Boulevard Magenta et André Gide. Les 11 titres composés et arrangés par l’artiste ont bénéficié de l’apport des musiciens qui l’entoure. La couleur musicale de l’album est résolument tournée vers la samba et la bossa nova pour une ambiance résolument colorées. D’autres titres comme Les gens qui chantent ressemblent à des ritournelles tendres et sincères. Les duos avec Amandine Bourgeois, Natacha Régnier ou Lucile Chriqui apportent une jolie touche féminine qui font penser aux célèbres duos initiés par Serge Gainsbourg, tout en élégance. Une femme épanouie est parsemé de cordes féériques, Je suis jaloux est un beau cri du cœur et tout l’album se laisse écouter pour une envie intense d’y revenir rapidement. Pour ceux qui veulent en savoir plus, Andréel a grandit à Paris et appris le piano à l’école normale de musique. Dès l’adolescence, il commence à écrire avant de se mettre au théâtre et à la comédie musicale. C’est en 1995 qu’il chante au sein du groupe Les P’tits joueurs un album à la clé. En 2001 débute sa carrière solo avec notamment la découverte de la chanson populaire brésilienne.

Cet album d’Andréel pourrait marquer un tournant dans sa carrière avec des compositions toute en douceur intimiste. Tu m’apprends privilégie les ambiances poétiques pour un vrai shoot d’émotions que l’auditeur pourra retrouver sur scène, peut-être en 2021.

Shingal, une BD témoignage bouleversante sur le génocide des Yézidis par l’Etat islamique aux éditions La Boîte à Bulles, sortie le 4 novembre

La BD Shingal aux éditions La Boîte à Bulles raconte en détail un épisode trop méconnu des conflits récents s’étant déroulé en Irak lors de l’offensive victorieuse des troupes de Daech en 2004. Les évènements de Shingal, ou Sinjar, ont donné lieu à une série de massacres commis en août 2014 pendant la seconde guerre civile irakienne par les troupes de l’État islamique contre les populations yézidies. Cette communauté monothéiste, qui compte entre 100 000 et 600 000 personnes, est persécutée de longue date et cet épisode est relaté comme la 74e tentative pour les faire disparaitre. La communauté kurdophone fait partie des populations les plus anciennes de la Mésopotamie, où leur croyance est apparue il y a plus de quatre mille ans. Ce peuple est doté d’une capacité de résistance peu commune, comme le montre si bien cette BD à découvrir le 4 novembre aux éditions La Boîte à Bulles.

Une BD témoignage forte en émotion

A l’aide des récits recueillis localement en 2017, les auteurs ont tenté de retracer la chronologie des évènements, avec un luxe dé détails qui fait froid dans le dos. Les trahisons et les lâchetés sont relatées dans un récit qui montre le fil fragile de la vie, mais également les actes de bravoure qui ont permis à de nombreux ressortissants yézidis de s’échapper par un trou de souris de la montagne où ils étaient encerclés. Pour parler de l’essentiel, lors de cette offensive funeste de Daech, les hommes adultes faits prisonniers par Daech ont été systématiquement exécutés, des milliers de femmes et d’enfants ont été enlevés et convertis de force à l’islam, les femmes et les jeunes filles ont été réduites à l’esclavage sexuel et les jeunes garçons ont été enrôlés comme enfants soldats. Le yézidisme étant généralement présenté par ses pratiquants comme l’une des plus vieilles religions monothéistes, le peuple yézidi a souvent fait l’objet de massacres à travers l’histoire, mais ils résistent tant bien que mal. Les évènements de 2014 relatés dans la BD montrent comment ce peuple a réussi à échapper à leurs prédateurs à force de résilience et de persévérance, malgré une aide ténue de la communauté internationale et le peu d’empressement de leurs voisins à les secourir. Le dessin est hyper réaliste et le scénario est haletant, c’est une très belle réussite de BD.

La BD est courte et intense avec un dessin ultra réaliste et des références nombreuses à la riche histoire de ce peuple si mal connu. Les éditions La Boîte à Bulles ouvrent une lucarne tragique sur un évènement qui mériterait plus de visibilité, la BD y contribuera certainement, espérons le.

Synopsis: En août 2014, L’État islamique attaque le peuple Yézidis dans la région montagneuse de Shingal, et perpétue un véritable massacre dans cette région au nord-ouest de l’Irak. Asmail, son frère Mazlum et leurs familles sont des leurs. Comme nombre d’autres Yézidis, ils vont devoir fuir vers ce refuge ancestral que sont les montagnes de Shingal et lutter pour la survie de leurs familles et de leur peuple… Si la crise humanitaire qui a découlé de cette tragédie est relativement connue de tous, de nombreuses zones d’ombre persistent quant aux éléments qui ont conduit au génocide et à l’exode de toute une population.
Tout au long de cet album, Tore Rørbæk et Mikkel Sommer donnent corps à un peuple méconnu, victime de la barbarie, et tentent de faire la lumière sur ces éléments souvent passés sous silence…

Editeur: La Boîte à Bulles

Auteurs: Mikkel Sommer / Tore Rorbaek

Nombre de pages / prix: 112 pages / 20 euros

Le duo tahitien Vaiteani revient avec un nouvel album à son image, Signs

Les Vaiteani sont un duo tahitien. Ils sont de retour avec leur nouvel album Signs, porté par la ballade folk du même nom, toute en délicatesse et en harmonie. Depuis l’île de Tahiti, dans la vallée de la Maroto, les Vaiteani se rappellent les absents et pensent à leur présence invisible. Les paroles et les images s’effacent devant la nature prodigieuse qui les entoure. Après le premier extrait plus énergique et rythmé Homai, c’est une confirmation des belles intentions du couple.

Taihiti dans votre salon

Le second album du duo est prévu pour le 20 novembre et il creuse les envies de voyage avec un périple sonore tout en douceur. Signs est une nouvelle étape pleine de légèreté avec des notes qui séduisent du début à la fin. Le charme opère et il est difficile de ne pas succomber. Les temps ne le permettent pas forcément tout de suite mais une tournée et des concerts pourraient survenir en 2021. Le premier single Homai était plus rythmé, Luc et Vaiteani reviennent avec une facette plus folk avec Signs portée par la voix enchanteresse de la chanteuse. Le clip a été écrit, réalisé et monté par Pascale et Julien Marckt avec une mise en scène du duo depuis le cœur de l’île, où le duo a élu domicile après leur rencontre en métropole. Ces deux âmes sœurs se sont unis et forment maintenant un seul et même prénom. La rencontre de Vaiteani avec Luc a eu tout de l’évidence, lui suspendu à cette voix unique au timbre si particulier. Les couleurs chaudes se mélangent aux teintes sépia dans un rêve en technicolor. Le duo a été Lauréat du tremplin 9 semaines et un jour et ils séduisent Laurent Voulzy en 2011 sur la scène des Francofolies. Vaiteani raconte son admiration pour Ben Harper et Beyonce ce qui se ressent dans l’expression très Soul de sa voix et les rythmiques R’n’B entendues de ci de là.

L’album Signs est un beau kaléidoscope des intentions musicales du duo. De la folk avec Signs, des rythmes avec Homai et Embrace, le voyage est charmant et n’attend que vous pour embarquer.

Inhumain, une BD de Bajram, Mangin et Rochebrune (Dupuis)

Inhumain, une BD de Bajram, Mangin et Rochebrune (Dupuis)

Paré de l’une des plus belles couvertures que l’on ait vue depuis longtemps, Inhumain est le nouvel album SF de l’un des maîtres du genre, à savoir Denis Bajram (Universal War) et sa compagne Valérie Mangin (Alix Senator). Le couple signe le scénario de ce one-shot tandis que le dessin est assuré par Thibaud de Rochebrune.

Des explorateurs spatiaux échouent de manière inexpliquée sur une exoplanète où l’océan est roi. Mais sauvés par de mystérieuses créatures marines, les rescapés sont remis entre les mains d’êtres humains sur la terre ferme. Ils découvrent rapidement des us et coutumes étranges, dont le cannibalisme et l’existence de croyances avilissantes. De quoi contrarier tout être humain en possession de sa pleine conscience. Allant de découvertes en découvertes, nos rescapés vont finalement comprendre  quel est ce Grand Tout auquel font référence ces autochtones. 

Un récit haletant, riche de questionnements sous-jacents, qui fait la part belle à l’action et au suspens. Parfaitement maîtrisé. Tout comme l’univers graphique d’Inhumain qui surprend et détonne par rapport à la couverture. Beaucoup moins lumineux, voire plutôt sombre et dominé par un rouge omniprésent, le dessin installe vite une atmosphère suffocante. L’effet est bien choisi. On ressent le malaise qui envahit l’équipage échoué. Coincés sur cette planète, on vit comme un huis clos à ciel ouvert.

Inhumain apporte ainsi son lot de sensations fortes propres au genre SF. Déjà un classique.

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Dans un moment de folie, un petit vaisseau spatial en mission d’exploration s’écrase sur une planète océan inconnue. Heureusement des sortes de pieuvres géantes aident les cinq rescapés à remonter à la surface et à rejoindre la seule île à l’horizon. À leur grande surprise, ils sont accueillis sur le rivage par des humains aussi primitifs que bienveillants. Si ces hommes et femmes au sourire figé se révèlent être cannibales, le plus inquiétant reste leur totale docilité. Les naufragés sont-ils condamnés eux aussi à se soumettre à la volonté du mystérieux Grand Tout ? « Inhumain » marque le grand retour au scénario de science-fiction de Valérie Mangin et Denis Bajram. En maître du genre, le couple explore à la fois les entrailles d’un monde mystérieux et les tréfonds de l’âme humaine. Ce récit surprenant et spectaculaire permet au dessin de Thibaud de Rochebrune de se déployer avec sensibilité et vertige. Entre récit addictif et fable philosophique, « Inhumain » questionne notre humanité : la souffrance est-elle forcément le prix de la liberté ?

Date de parution : le 2 octobre 2020
Auteurs
: Valérie Mangin et Denis Bajram (scénaristes),
Thibaud de Rochebrune (dessinateur)
Genre
 : Aventure, S.-F., thriller, anticipation
Editeur : Dupuis
Prix : 24,95 € (104 pages)
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La Bête ou le Marsupilami revisité par Zidrou et Frank Pé (Dupuis)

La Bête ou le Marsupilami revisité par Zidrou et Frank Pé (Dupuis)

Revisiter le mythe du Marsupilami, créé par Franquin, c’est l’énorme défi que se sont lancés Zidrou et Frank Pé. De l’audace, il en fallait pour relever ce challenge. La Bête en est une belle preuve. Les auteurs ont en effet pris le parti de raconter une toute autre histoire, beaucoup plus réaliste et sombre que l’oeuvre originelle. 

C’est au Port d’Anvers, dans la Belgique d’après-guerre, que La Bête débarque depuis le fond d’une cale de bateau. Elle est ensuite retrouvée par un heureux hasard par un jeune garçon passionné par les animaux. Une passion-refuge qui lui fait oublier les persécutions qu’il subit de ses camarades à l’école. Malheureusement, le duo aura du mal à préserver sa confidentialité. Les problèmes vont alors rapidement se poser…

Le récit de La Bête est prévu en 300 pages réparties en deux volumes. Et cette première partie est une belle entrée en matière. La narration est fleuve, tout comme le découpage. Il en ressort un certain classicisme élaboré avec un soin tout particulier, on le sent. D’autant plus lorsque l’on admire le magnifique dessin de Frank, infiniment détaillé et inspiré. La Bête prend vie sous nos yeux ébahis, qui n’ont qu’à suivre le mouvement de son pelage.

Ce premier tome sonne comme un superbe hommage dont on a hâte de découvrir la suite !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Capturé en pleine Palombie par des Indiens Chahutas et vendu à des trafiquants d’animaux exotiques, un marsupilami débarque dans les années 50 au port d’Anvers. Réussissant à s’enfuir, il arrive dans la banlieue de Bruxelles et est recueilli par François, un jeune garçon fan d’animaux dont le quotidien est loin d’être facile. Le début d’une aventure passionnante, parfois sombre mais toujours porteuse d’espoir, et d’une belle amitié. Les auteurs rendent un superbe hommage à l’animal fabuleux créé par Franquin dans la série « Spirou et Fantasio » tout en dénonçant la maltraitance et le trafic d’animaux exotiques. Une magnifique aventure dont le coeur est l’amitié extraordinaire qui peut unir un enfant à un animal.

Date de parution : le 9 octobre 2020
Auteurs
: Zidrou (scénariste), Frank (dessinateur)
Genre
 : Fiction
Editeur : Dupuis
Prix : 24,95 € (156 pages)
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A bout de Souffle, le chef d’oeuvre de Jean-Luc Godard au cinéma le 28 octobre pour la première fois en version restaurée 4K

A bout de souffle est également disponible en édition collector UHD et Blu-Ray pour une ressortie le 4 novembre 2020. Véritable bombe à sa sortie en 1960, le film de Jean-Luc Godard remet tout à plat. Tournage hors des studios, jeunes acteurs inconnus, scènes semi-improvisées avec un Jean-Paul Belmondo en cavale déambulant dans les rues de Paris avec une éternelle clope au bec, le film est devenu emblématique de la Nouvelle Vague. Et comme la fameuse phrase de Jean-Pierre Melville continue de fasciner Devenir immortel, et puis mourir, c’est une belle occasion de redécouvrir ce monument cinématographique en haute définition 4K en salles le 28 octobre.

Un truand nonchanat, une ville lumière et une américaine inconséquente

À bout de souffle est considéré à sa sortie par le réalisateur Claude Chabrol comme une œuvre cinématographique radicale, ce qui peut sembler aujourd’hui un peu excessif, mais il faut se replonger dans l’époque. Lui-même, François Truffaut et Jean-Luc Godard allument un pétard encore vivace aujourd’hui en lançant un mouvement jamais vu auparavant. Loin des dogmes imposés depuis toujours par les grands studios, ils prônent l’immédiateté, le réel et le fulgurant. Le scénario est avant tout un descriptif des principales séquences autour desquelles le budget et le plan de travail sont élaborés. Et surtout les acteurs sont libres, ce que Belmondo ne se prive pas d’articuler dans ce film qu’on dirait totalement improvisé. La spontanéité est constamment recherchée pour des dialogues en roue libre et des mimiques laissées au bon vouloir de chacun. Un régal pour lui. Jean-Luc Godard, Jean Seberg et Belmondo s’asseyaient au café du coin chaque matin pour mettre en forme chaque plan de travail quotidien avec un apport essentiel de tous. Lauréat du prix Jean-Vigo 1960, A bout de souffle a immédiatement trouvé son public, avide de vie réelle et de vérité, loin des corsets étriqués des films d’avant-guerre. Jean Seberg devient une égérie mode du jour au lendemain, la IT Girl de l’époque sans maquillage, avec ses cheveux courts et son charme ravageur. A ses côtés, le cabotinage viril du futur Bebel fait merveille pour un chef-d’œuvre qui a changé le visage du cinéma, dixit Truffaut.

A bout de souffle fait partie de ces films que chacun peut revoir encore et encore sans jamais se lasser. Cette ressortie en version restaurée 4K est un petit évènement qui ravira les cinéphiles et les amoureux de cinéma.

Synopsis: Marseille, un mardi matin. Michel Poiccard vole une voiture de l’U.S. Army et prend la route nationale en direction de Paris. Énervé par une 2CV qui n’ose pas dépasser un camion, Michel double en plein virage et se fait prendre en chasse par un motard. Paniqué, il abat le policier d’un coup de revolver et s’enfuit. Le lendemain, en arrivant à Paris, Michel retrouve une jeune étudiante américaine, Patricia, avec laquelle il a une liaison amoureuse libre. Elle veut devenir journaliste et, pour pouvoir financer ses études à la Sorbonne, vend le New York Herald Tribune sur les Champs-Élysées…

Sillage Premières armes, tome 2 : une BD de Morvan, Buchet et Chan (Delcourt)

Sillage Premières armes, tome 2 : une BD de Morvan, Buchet et Chan (Delcourt)

Nous y sommes : la série Sillage Premières Armes a atteint sa vitesse de croisière avec ce second album toujours aussi agréable à lire. Nävis connait des premières missions détonnantes en tant qu’agent spécial, parmi lesquelles celle qui vise à élucider d’inexplicables disparitions de cargo de tourisme…

Pour percer ce mystère à jour, la jeune femme va infiltrer un de ces vaisseaux en tant que barmaid. Et les pirates ne vont pas tarder à se lancer à l’abordage de la navette. Un récit riche en action, raconté avec beaucoup d’efficacité et de rythme au service d’un suspens de tous les instants. Le divertissement est total, l’univers de Sillage étant exploré avec brio.

Résolument moderne, le dessin ne manque pas de séduire par la finesse dont il fait montre. On savoure.

Un nouvel album toujours aussi réussi. Sillage n’a pas fini de nous embarquer.

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Retrouvez les aventures de Nävis aux premières heures de son intégration à Sillage, de ses premières missions en tant qu’agent spécial, de ses premières armes en tant qu’unique représentante du peuple humain au sein du convoi.
Dans un rôle de barmaid qui lui sert de couverture et où elle s’ennuie à mourir, Nävis a infiltré un vaisseau de croisière spatiale pour assurer sa sécurité car de nombreux cargos disparaissent mystérieusement sans laisser de trace. L’agent spécial et son commandement croient avoir affaire à de simples actes de piraterie mais les choses sont rarement ce qu’elles semblent être.

Date de parution : le 7 octobre 2020
Auteurs
: Philippe Buchet , JD Morvan (scénaristes),
Pierre-Mony Chan (dessinateur)
Genre
 : Aventure, S.-F.
Editeur : Delcourt
Prix : 14,50 € (56 pages)
Acheter sur : Amazon

Le Silence est d’ombre, une BD jeunesse L. Clément et Sanoe (Delcourt)

Le Silence est d’ombre, une BD jeunesse L. Clément et Sanoe (Delcourt)

Nouvel album jeunesse de la collection « Les Contes des coeurs perdus« , Le Silence est d’ombre est écrit par Loïc Clément et illustré par Sanoe. Explorant l’univers des fantômes, le récit nous emmène du côté du Monde Sombre, là où les âmes échouent après la mort. Un monde qui coexiste avec celui des vivants mais dans lequel Amun se sent en sécurité, loin des traumatismes qu’il a vécus plus jeune.

C’est pourquoi Amun ne se sent pas prêt à repartir pour un nouveau cycle de vie. Mais la rencontre du jeune Yaël va peut-être changé les choses…

Voici un album sur l’au-delà empreint de poésie, joliment illustré par Sanoe. Le scénario aurait peut-être mérité d’être un peu plus étoffé mais la part belle est donnée au côté graphique, contemplatif et poétique de l’histoire. Pour le plus grand plaisir des yeux !

Résumé de l’éditeur :

Après la mort et avant une nouvelle vie, il existe un entre-deux que l’on appelle le monde sombre. Les Contes des coeurs perdus du scénariste Loïc Clément explore cet endroit merveilleux illustré par la talentueuse Sanoe.
Amun a beaucoup souffert durant sa courte existence et se sent désormais en sécurité dans ce monde protégé, loin du tumulte du quotidien. Il n’est guère pressé de quitter ce cocon pour repartir dans un nouveau cycle de vie. Il rencontre alors Yaël, bien plus extraverti et aventureux que lui. À deux, ils vont vivre des expériences uniques qui vont bouleverser leur vision des choses…

Date de parution : le 7 octobre 2020
Auteurs
: Loïc Clement (scénariste), Sanoe (dessinateur)
Genre
 : Jeunesse
Editeur : Delcourt
Prix : 10,95 € (40 pages)
Acheter sur : Amazon

Musique pour moment de détente, très bel album pour tout-petit (Usborne)

Musique pour moment de détente, très bel album pour tout-petit (Usborne)

Les Editions Usborne sortent un nouvel album cartonné, très beau et apaisant pour les tout-petits : Musique pour moment de détente.

Les jeunes lecteurs pourront à la fois lire, admirer les très belles illustrations, et écouter de la musique classique pour les apaiser, et faire un temps calme. Toujours bienvenu à n’importe quel moment de la journée.

Très vite, le tout-petit comprendra qu’il faut appuyer sur le bouton pour entendre la musique. Les extraits sont courts mais peuvent être répéter autant de fois que l’on veut !
Il découvrira ainsi :
Le concerto pour trompette en mi bémol de Joseph Haydn
Adelita de Francisco Tarrega
Impromptu en si bémol de Franz Schubert
Pavane de Gabriel Fauré
Méditation de Thaïs de Jules Massenet

Musique pour moment de détente, un très bel album avec de très beaux morceaux de musique qui initieront l’enfant à la méditation…

Infos de l’éditeur :

Date de parution : septembre 2020
Auteur : Sam Taplin
Illustrateur : Elsa Martins
Editeur : Usborne
Prix : 13,50 €

Vann Nath, une bd pour ne jamais oublier la barbarie des Khmers rouges aux éditions La Boîte à Bulles, sortie le 4 novembre 2020

C’est une BD terriblement nécessaire que proposent les éditions Le Boîte à Bulles. De 1975 à 1979, 2 millions de cambodgiens ont succombé au régime Khmers rouge mis en place par le dictateur sanguinaire Pol Pot. Vann Nath est lui même emprisonné au sinistrement connu camp S-21. Témoin des atrocités commises par des bourreaux qui obéissent sans question ni pitié, il retranscrit dans des tableaux effrayants les crimes commis au nom d’un pouvoir tout puissant qui a requis l’obéissance aveugle de ses sbires pendant 4 longues années.

Au plus profond de l’obéissance aveugle

Le scénario de Matteo Mastragostino n’invente rien, tout a été consigné dans les comptes-rendus de procès qui ont fini par condamner les principaux protagonistes de cette macabre aventure. Paolo Vincenzo Castaldi se base sur les tableaux réalisés par Vann Nath lui-même pour proposer des scènes à la limite du supportable. Tortures, exécutions, mise à mort, les 128 pages enchainent les extrémités pour faire toucher du doigt l’ignominie d’un système qui n’a du son succès qu’à la peur qu’il suscitait chez ses partisans comme chez ses opposants. Le récit montre à quel point la mort était une possibilité omniprésente dans l’esprit de prisonniers enfermés sans aucune explication et soumis à un régime de terreur continue. Le héros Vann Nath n’a du sa survie qu’à ses capacités à peindre le portrait des leaders khmers rouges, avec la peur que le résultats ne soit pas tout à fait à la hauteur des attentes et un châtiment à suivre immédiatement. Mais il survivra pour raconter le quotidien de véritables camps de la mort où l’espoir était impossible pour des être humains rabaissés à la position de quantités négligeables. La BD se termine sur le bilan du régime avec des chiffres vertigineux de cruauté. 20 00 prisonniers au camp S-21, 12 survivants… Le très beau dessin fait penser à des photos sépias avec du Noir et blanc augmentées de touches de gris, de kaki, de marron ou de rouge. De quoi replonger dans une époque pas si lointaine où la cruauté humaine a atteint des sommets.

Vann Nath est une BD témoignage à la force d’évocation peu commune pour ne pas oublier de quoi sont capables des dictateurs seulement obnubilés par la pérennité de leur pouvoir tout puissant en se basant sur les esprits étroits de petites mains seulement désireuses de bien se faire voir, comme Eichmann dans les camps nazis, tel que l’explique Hannah Arendt. Vann Nath est un moment de lecture bouleversant.

Synopsis: En 1978, alors qu’il est encore un tout jeune peintre, Vann Nath est arrêté par les Khmers rouges. Accusé de violation du code moral, il est enfermé à la tristement célèbre prison de Tuol Sleng, plus connue sous le nom de S-21.
Dès lors, la peinture deviendra pour lui synonyme de survie puisqu’il sera réquisitionné, comme bon nombre d’artistes et artisans cambodgiens, afin de mettre son talent au service de la dictature.
À travers ce récit, l’on découvre les racines de l’art de Vann Nath, pour qui peindre est devenu, à sa libération, un devoir de mémoire et d’hommage aux victimes du régime de Pol Pot.
Au-delà de sa portée biographique, cet ouvrage présente le combat mené par le peintre pour que les crimes de ses bourreaux ne demeurent pas inconnus de tous. Un album aussi passionnant que percutant…

Editeur: La Boîte à Bulles

Auteurs: Matteo Mastragostino (Scénario) / Paolo Vincenzo Castaldi (Dessin)

Nombre de pages / Prix: 128 pages / 22 euros

Captain Ginger, tome 1 : comics chatoyant de S. Moore, J. Brigman, R. Richardson et V. Gandini (Delcourt)

Captain Ginger, tome 1 : comics chatoyant de S. Moore, J. Brigman, R. Richardson et V. Gandini (Delcourt)

Quand Stuart Moore se décide à faire une série comics chatoyante, cela donne Captain Ginger : un space opera où les chats sont rois. Et affrontent leurs ennemis depuis leurs vaisseau spatial en y mettant les grands moyens. Captain Ginger et son sergent ont toute une meute de chats humanoïdes sous leurs ordres, aux caractères bien trempés. De quoi mettre l’ambiance et dynamité le récit à grands renforts de pensées félines. L’univers de chats est en effet exploité à son maximum. On a parfois l’impression d’être plongés avec humour dans un élevage de chats.

La narration est inventive, parfois un peu poussive, mais l’on sent que l’hommage à ces petites boules de poils est sincère et fait avec amour. L’histoire ne manque pas de piment mais il est vrai qu’on est parfois face à un grand bazar spatial. Cette sensation peut surtout est ressentie face au dessin très chargé de June Brigman et la coloration ultra saturée de Véronique Gandini.

Une mini-série qui ravira les tous fans inconditionnels de chats !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Stuart Moore (scénariste et éditeur de nombreuses séries Marvel et DC Comics) et June Brigman (Power Pack) nous entraînent sur les traces de… chats humanoïdes dans l’espace, dans cette série étonnante et originale, entre Blacksad et Star Trek !
Lorsque la race humaine s’est éteinte, les chats ont hérité de la Terre! Ou au moins d’un vaisseau spatial. Dorénavant, l’intrépide Capitaine Ginger lutte pour garder ses compagnons félins unis et envie au coeur d’un univers hostile – sans compter qu’il doit également protéger les membres de son équipage de leurs pires instincts félins.

Date de parution : le 23 septembre 2020
Auteurs
: Stuart Moore (scénariste), June Brigman (dessinateur),
Veronique Gandini (coloriste)
Genre
 : S.-F.
Editeur : Delcourt
Prix : 15,50 € (160 pages)
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Conquêtes, tome 6 : une BD de Jarry, Istin, Benoit, Duarte et Héban (Soleil)

Conquêtes tome 6

Conquêtes, tome 6 : une BD de Jarry, Istin, Benoit, Duarte et Héban (Soleil)

C’est reparti pour un nouvel album de Conquêtes (déjà le sixième au compteur), où une flotte russe armée jusqu’aux dents tente de mettre fin au conflit qui les oppose à de redoutables guerriers autochtones : les Caméléons. Ces derniers sont spécialisés dans les attaques furtives où ils ne laissent aucun survivant. Autant dire que ça va saigner. 

Un scénario musclé et bourré d’action. Un dessin dynamique et fluide qui propose de belles scènes d’affrontements explosifs. Bref, ce sixième opus de Conquête est la promesse de passer un bon moment de divertissement SF comme on les aime. 

A découvrir en librairie !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Les Américains ont eu leur Vietnam ! Les Russes auront Adonaï ! Là, au milieu d’une jungle dense, poisseuse et humide, l’ennemi invisible les cerne.
La flotte russe a atteint Adonaï et découvre qu’une jungle s’étend sur toute la surface de la planète. Après avoir établi une tête de pont, les commissaires lancent une offensive contre les Caméléons, des humanoïdes presque invisibles qui ont mené des raids meurtriers contre les humains. Après des mois de campagne, l’armée s’est enlisée dans une guerre d’usure et les morts se comptent en milliers. Alors, lorsque le sous-lieutenant Orlov et son escouade se retrouvent coupés de leur ligne avec pour seul équipement ce qu’ils portent sur le dos, pour eux, pas d’autre alternative que d’avancer ou de crever…
 
Date de parution : le 7 octobre 2020
Auteurs
: Jean-Luc Istin, Nicolas Jarry (scénaristes), Bertrand Benoit (dessinateur)
Olivier Héban (coloriste)
Genre
 : Aventure, Science-fiction
Editeur : Soleil
Prix : 15,50 € (60 pages)
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Atom Agency, tome 2 : une BD de Yann et Schwartz (Dupuis)

Atom Agency, tome 2 : une BD de Yann et Schwartz (Dupuis)

Retour dans les années 50 avec ce second album d’Atom Agency. Un nouveau polar qui nous plonge avec nostalgie dans une époque d’après-guerre fidèlement retranscrite à la fois au scénario et au dessin. 

Entre le 36 quai des Orfèvres, la 2e division blindée et l’agence de détectives privés Atom Agency, il y a du beau monde pour mettre en ébullition les enquêtes à mener. Et tandis que les policiers du quai des orfèvres cherchent à porter le coup final pour l’arrestation de l’ennemi public numéro un, nos détectives privés vont être mis à contribution pour partir à la recherche d’une certaine Annette, infirmière de la 2e division blindée du général Leclerc, portée disparue depuis la guerre…

Un scénario riche, parfois bavard, qui prend le temps de nous imprégner avec brio de son époque à travers des dialogues percutants et des rebondissements bien emmenés. Le dessin dégage quant à lui une atmosphère au graphisme rétro qui est parfaitement à propos. Une BD agréable à parcourir ! A suivre !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Depuis la fin de la guerre, personne n’a revu Annette, la belle ambulancière : une héroïque « Rochambelle », cette unité féminine intégrée à la 2e division blindée du général Leclerc. Cinq ans plus tard, c’est l’ébullition au 36 Quai des Orfèvres : le commissaire Vercorian est sur le point de coffrer l’ennemi public n°1. Alors quand un ancien compagnon de la 2e DB vient lui demander son aide pour retrouver Annette, il se débarrasse de l’affaire en vantant les mérites de son fils, le détective privé de l’Atom Agency. Le duo Yann-Schwartz ressuscite les polars noirs dans la tradition de Maurice Tillieux et de Gil Jourdan. Porté par des dialogues truculents qui jouent avec les argots d’après-guerre, cet épisode jubilatoire et plein de gouaille qui donne le beau rôle à la star de La Bête humaine, Pépé le Moko et Quai des brumes investit par le prisme de la diaspora arménienne une perspective sociale, ajoute un zeste d’ironie dans cette atmosphère nostalgique et nous transporte dans l’atmosphère des 50’s.

Date de parution : le 16 octobre 2020
Auteurs
: Yann (scénariste), Schwartz (dessinateur)
Genre
 : Aventure, Rétro, Policier
Editeur : Dupuis
Prix : 15,95 € (56 pages)
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