Effet miroir, BD coup de poing de Makyo et Laval NG (Delcourt)
Récit complet proposé par Makyo sur des illustrations de LAVAL NG (duo qui avait donné naissance à Balade au bout du monde), Effet Miroir vient bousculer nos BDthèque en cette rentrée septembre 2020.
Le pitch est assez simple mais d’une redoutable efficacité : Louis Ferrant est un jeune dirigeant d’entreprise qui vit dans un certain confort malgré des difficultés sentimentales. Mais tout va basculer un soir où il décide d’aller faire un footing pour se dégourdir… Un motard va alors mystérieusement s’en prendre à lui et le poursuivre avec une farouche volonté de lui porter le coup fatal.
On établit rapidement une filiation avec le film de SpielbergDuel où un camion pourchassait une voiture dans une ambiance suffocante. Effet Miroir installe la même atmosphère où le mal frappe dans un silence étourdissant. Le lecteur est happé par ce récit en observant cette moto couper à travers bois pour aller percuter sa victime, d’abord sans un mot. Sans explication.
L’album jouit par ailleurs d’un graphisme très dynamique et singulier, exacerbant les tensions du récit en explorant à les contrastes bleu / rouge comme pour souffler le chaud et le froid sur la victime.
Effet miroir est un vrai exercice de style, puissant et réussi !
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Connaître la faiblesse de son ennemi alors qu’il en ignore luimême la nature. Avec ce prétexte scénaristique, Makyo projette ses personnages l’un contre l’autre dans un duel inégal dont l’issue est pourtant imprévisible.
Louis Ferrant dirige l’usine familiale. Aujourd’hui, ce sont ses problèmes de couple qui l’obsèdent. Autant que ce rêve angoissant et récurrent… Le soir venu, il va faire son footing quotidien. Il ne sait pas encore que son cauchemar va le surprendre en pleine réalité. L’épreuve s’annonce pour lui aussi terrible qu’injuste. Et pourtant, elle pourrait s’avérer riche d’enseignements…
Date de parution : le 26 août 2020 Auteurs: Makyo (scénariste), LAVAL NG (dessin et couleurs) Genre : Fiction, thriller
L’ouvrage consciencieusement rédigé par le célèbre rédacteur du site cinéma Ciné Maccro est disponible dans la plupart des points de vente habituels, que ce soit Amazon, la Fnac, Cultura, Decitre, et dans la plupart des librairies. Ce livre de réflexion cinématographique auto-édité via Iggybook est disponible au prix de 10€ pour un panorama aussi large que concis de ce qu’est le cinéma. Pas besoin d’une encyclopédie pour en savoir plus sur cet art mondialisé, monopolisé par les blockbusters mais toujours enclin à laisser des esprits libres s’exprimer.
Le cinéma est un art, multiple et exigeant
Réflexions Cinématographiques est un essai sur le cinéma, avec 6 grands chapitres pour appréhender toutes ses arcanes via des aspects complémentaires. Pas de réponses péremptoires et d’avis clivant, l’objectif est de laisser le lecteur réfléchir en l’accompagnant dans son cheminement avec des indications aussi savantes qu’intéressantes. Antoine Cassé met à profit les 5 années passées en tant que rédacteur sur le site cinéma Ciné Maccro pour donner des références permettant de mieux comprendre cette industrie du divertissement largement détenue par quelques mastodontes hollywoodiens, Disney en tête avec Lucasfilm, Marvel et la Fox dans son escarcelle. Les échanges récurrents sur le site internet ont poussé Antoine Cassé à organiser sa réflexion sur le cinéma pour aboutir à un ouvrage clarifiant sa pensée en récapitulant ses repères personnels à l’intérieur d’une grande thèse. D’une simple série d’article de réflexions cinématographiques est venue l’idée de pousser jusqu’à un premier ouvrage de synthèse, richement documenté et astucieusement argumenté. Les plus cinéphiles ne seront peut-être pas toujours d’accord sur tout, mais la démarche est hautement respectable, et il n’est jamais trop tôt ou trop tard pour écrire sur le septième art. Surtout que le livre ne se veut ni élitiste ni polémique, une volonté de rassemblement anime son auteur et pourra intéresser un large panel de lecteurs d’origines diverses et intéressés par une lecture fouillée sur le sujet.
Loin de la tendance contemporaine de ne se contenter généralement de ne donner qu’un avis ou une opinion pas vraiment objective, Antoine Cassé cherche surtout à faire réfléchir en proposant des pistes de réflexion. Le cinéma est un sujet souvent traité sous un prisme très subjectif, lui essaye d’éviter cet écueil, et c’est réussi car l’ouvrage se dévore du début à la fin. Une liste finale de 100 films incontournables de l’histoire du cinéma donnera du grain à moudre à ceux qui veulent approfondir leur culture ciné. Une très bonne raison de se laisser tenter par cet ouvrage autoédité aussi sérieux qu’instructif!
Les Frères Rubinstein, tome 1, une BD Luc Brunshwig, Etiennz Le Roux et Loïc Chevallier (Delcourt)
Shabbat Shalom est le premier album de la série Les Frères Rubinsteinparue lors de cette rentrée littéraire. L’histoire propose une immersion dans le monde de 1927 à 1948, au côté Salomon et Moïse, deux frères juifs vivants dans une cité minière du Nord de la France. Tandis que la pauvreté et le déterminisme social sont la norme imposée par les plus puissants, le monde semble prêt à basculer dans l’horreur. Salomon, le grand frère protecteur, insouciant et débrouillard, va prendre son cadet, brillant mais réservé, sous son aile. Et cela ne va pas arranger les choses, à moins que…
Un récit passionnant servi par des auteurs de premier choix. Luc Brunschwig (Le Pouvoir des innocents) livre en effet un scénario parfaitement maitrisé, où l’intrigue tisse doucement sa toile à travers différentes temporalités tout en préservant une narration fleuve et très agréable.
Le scénariste retrouve l’illustrateur Etienne Le Roux avec qui il avait déjà collaboré sur la trilogie La Mémoire dans les poches et qui s’associe ici avec Loïc Chevalier pour la partie dessin (les deux dessinateurs ont également travaillé ensemble sur la très bonne série 14-18). L’album est graphiquement très travaillé. Le trait est fin et naturel ; les planches ne sont pas avare de détails, que ce soit pour les décors toujours très riches ou que ce soit pour les personnages tous très différents les uns des autres. Les Frères Rubinstein propose ainsi une mise en scène très esthétique et cinégénique. Le monde d’Hollywood occupe d’ailleurs une place très importante dans ce premier album.
Un excellent démarrage pour Les Frères Rubinstein dont on espère que le destin connaîtra de meilleurs lendemains !
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Première moitié du 20e siècle. Deux frères, réduits à la seule identité juive, accomplissent leur destin dans un monde en train de basculer dans la folie… Une oeuvre puissante réalisée par des auteurs au sommet de leur art. De 1927 à 1948, la vie de deux frères juifs d’origine polonaise, nés pauvres dans un coron du Nord de la France. Salomon, l’aîné, débrouillard et hâbleur, rêve de cinéma. Moïse, le cadet, intelligent et timide, réussit brillamment son parcours scolaire. Peu soucieux de leur identité religieuse, les évènements en feront d’abord une bénédiction avant d’entraîner Moïse au-delà des portes de l’enfer…
Date de parution : le 26 août 2020 Auteurs: Luc Brunshwig (scénariste), Etienne Le Roux et Loïc Chevallier (illustrateurs), Elvire de Cock (coloriste) Genre : Fiction, Histoire
Notre Sélection de livres jeunesse de l’Ecole des Loisirs (#2 – rentrée 2020)
Et voici, comme promis, la deuxième partie de notre sélection de magnifiques livres illustrés. De la lecture pour nos enfants parus aux éditions de L’Ecole des loisirs en cette rentrée de septembre 2020.
1/ Silex
Silex est l’histoire d’un (tout) petit bonhomme de l’époque de la Préhistoire qui se lance un défi pour faire taire les moqueries de ses copains chasseurs de dino : chasser le plus terribles d’entre eux.. Signé Stéphane Sénégas, cet album est particulièrement soigné et ébloui par ses superbes illustrations. Le scénario est quant à lui assez original et joliment mis en scène. A lire sans attendre !
Résumé de l’éditeur : Sur la planète Homo-Dino, les petits sont mangés par les gros. Alors comment devenir chasseur quand on est haut comme trois pommes ? Pour faire taire les moqueries, Silex lance un dangereux pari : dans moins de sept lunes, il viendra à bout… du terrible Mange-Tout !
Collection Kaleidoscope (Âge : 6 à 8 ans / 13,50 € / paru le 02.02.2020) – Acheter sur Amazon
2/ Mini Cowboy
Mini Cowboy reprend la thématique du petit bonhomme mais version western. Egalement très graphique, et offrant des cadrages souvent ingénieux, l’album apprendra à votre garnement que peu importe la taille quand l’union fait la force. Une petite fable très sympathique à lire.
Résumé de l’éditeur : Il est si petit que sur les affiches WANTED du Far-West, la récompense promise pour sa capture est de 10 dollars. Avec sa taille minuscule, tout ou presque lui est interdit : impressionner les autres, commander un verre au saloon, gagner les bagarres. Longtemps il se sent seul. Longtemps il se croit seul. Mais un jour, sur une affiche, il aperçoit quelqu’un qui lui ressemble et vaut le même petit prix…
Collection Albums (Âge : 3 à 6 ans / 14,00 € / paru le 26.08.2020) – Acheter sur Amazon
3/ Un Peu Beaucoup
Un peu beaucouprecentre la question de l’écologie sur un petit écureuil qui n’était pas suffisamment économe (celui-là n’est pas banquier). Et comme nous, il sur-consomme les ressources de son habitacle naturel… Une fable au final inattendu et amusant !
Résumé de l’éditeur : C’est fragile un arbre, il faut en prendre bien soin. Il faut s’en occuper comme d’un ami. Mon arbre et moi, on s’occupe bien l’un de l’autre. Parfois, il me donne une de ses pommes de pin. Une c’est peu, mais attention, toutes c’est beaucoup. Il faut trouver le bon équilibre. Mais si un jour il n’a plus de pommes de pins, il y aura encore ses épines, ses branches ou ses racines…
Collection Pastel (Âge : 6 à 8 ans / 12,50 € / paru le 02.02.2020) – Acheter sur Amazon
4/ Mon île
Mon île est avant tout une aventure graphique. Le dessin est une invitation au voyage onirique au milieu des créatures les plus exotiques, que ce soit celles des fonds marins ou celles qui peuplent le ciel. C’est beau, c’est coloré, et réussi. La magie opère bien que la narration et le scénario soient très économes.
Résumé de l’éditeur : Des naufragés à la dérive échouent sur une île perdue au milieu de l’océan. Mais est-ce vraiment une île ? Sans le savoir, ils ont embarqué pour un nouveau voyage…
Collection Kaleidoscope (Âge : 3 à 6 ans / 13,50 € / paru le 19.08.2020) – Acheter sur Amazon
5/ Je veux un pain au chocolat !
Je veux un pain au chocolat !aurait pu s’appeler j’ai besoin d’aller chez le coiffeur. Une histoire décalée qui nous balade dans le village d’une princesse en quête de pain au chocolat. A découvrir.
Résumé de l’éditeur : Un matin, après un très très long sommeil, la princesse Bertie se réveille, et dit : « J’ai trop faim… Je veux manger un pain au chocolat, tout de suite. » Bertie et ses très très longs cheveux quittent leur haute tour et se rendent au village. Après un parcours sinueux de marchands en marchands, on lui indique finalement le chemin. « Voici la boulangerie ! » s’exclament tous les enfants curieux de voir une vraie princesse. « Il était temps ! dit Bertie. Et je… Aïe ! Qui me tire les cheveux ? »
Collection Pastel (Âge : 3 à 6 ans / 12,50 € / paru le 26.08.2020)
6/ On ne mord pas, Titou !
A destination des plus jeunes, On ne mord pas, Titou ! est l’histoire idéale pour expliquer à votre enfant qu’il n’est jamais bon de mordre son prochain. Et que mieux vaut lui faire des bisous ! Même si, il faut l’avouer, Titou et ses copains sont à croquer !
Résumé de l’éditeur : Titou ne parle pas encore bien et, à la crèche, personne ne le comprend. Qu’est-ce que ça l’énerve ! Alors, CROC ! Il mord ses copains. Titou sait qu’il doit se retenir mais c’est plus fort que lui. CROC ! CROC !
Collection Kaleidoscope (Âge : 2 à 4 ans / 13 € / paru le 26.08.2020) – Acheter sur Amazon
7/ Momo va dormir chez Armand
Dormir chez les copains c’est bien, quand on arrive à dormir ! Et quand Momo va dormir chez Armand tout n’est pas aussi simple. Son papa lui manque… son lit aussi… Bref, la maman d’Armand va devoir veiller sur Momo le temps d’une nuit. Une histoire qui parlera autant aux enfants qu’aux parents !
Résumé de l’éditeur : Aujourd’hui, Momo va dormir chez son ami Armand. Comme on s’amuse chez lui ! Après le repas, vite au dodo ! Armand s’endort pendant les devinettes, Momo est tout seul maintenant. « Je veux ma chambre, je veux mon papa ! » dit-il à la maman d’Armand.
Collection Pastel (Âge : 3 à 6 ans / 9,50 € / paru le 26.08.2020) – Acheter sur Amazon
Une bande d’amis se retrouve pour diner ensemble. Parmi eux, deux frères, un couple, des souvenirs, des histoires cachées et des tensions jamais résolues. L’heure et demie de spectacle fait plaisir, surtout pour ceux qui ne se sont pas rendus au théâtre depuis trop longtemps, confinement oblige. Surtout que les rires fusent, les saillies comiques surgissent par surprise et le volcan rentre en éruption à force de titillements autant amicaux que lourds de sens. Les 4 comédiens s’en donnent à cœur joie, ça fonctionne complètement, l’humour s’étale sur plusieurs degrés, du plus drolatique au plus subtil dans un agencement qui fait plaisir, la salle était visiblement conquise de se retrouver pour ce bon moment de théâtre.
De l’humour qui fait mouche
Quand 4 comédiens doivent maintenir un rythme effréné pendant 1h30 pour mener le vaisseau à bon port, ça demande de l’entrain et de l’application. Jean Barlerin, Amélie Cornu, Tristan Le Goff et Aurélie Noblesse y parviennent aisément, faisant montre d’un sens comique à la hauteur de l’enjeu. Le couple Caroline et Hadrien Marchand ont tous les atours du duo plongé dans un quotidien devenu plan-plan, avec enfant et boulot. Le frère d’Hadrien, Hippolyte, a tout du prof arrogant et taiseux, tandis que Laure, la meilleure amie de Caroline, a visiblement les dents qui raillent le parquet. La petite soirée conviviale prévue de longue date part cependant très vite en live quand Laure annonce sa maternité prochaine et qu’elle dévoile l’identité du père. Commence alors un joyeux jeu de massacre où chacun en prend pour son grade. Le prof se cantonne maladroitement à son esprit de philosophe trop sûr de lui, la future maman réalise petit à petit l’étendue des changements à venir dans sa vie en écoutant le couple révéler la basse réalité de la parentalité, les références aux débats de société actuels – véganisme, féminisme, égalité homme-femme – dévoilent les différences de point de vue et de visions des choses. Et Caroline et Hadrien dévoilent au fur et à mesure de la soirée leurs frustrations particulières, résultat d’une incommunicabilité qui s’est installée malgré eux dans leur couple. Le ton est enlevé, l’énergie communicative et les spectateurs applaudissent devant cette belle débauche d’énergie. Les pointes font mouche et chacun se reconnaitra à un moment ou à un autre dans cette pièce de la plus pure actualité. Certains se souviennent d’Amélie Cornu vue en 2017 dans la pièce Le Cri des Anges déjà vue au Théâtre Essaïon, elle transforme brillamment l’essai avec la troupe de la compagnie Licorne de Brume.
Les 2 dates de showcase mercredi 9 et jeudi 10 septembre à 20h30 dans la grande salle de l’Essaïon ne sont qu’un avant-goût de l’aventure à venir. La troupe est soutenue financièrement par La Région des Hauts-de-France au titre de l’aide à l’émergence et par le Département de l’Oise et la SPEDIDAM au titre de l’aide à la création. Le spectacle pourrait bien partir à Avignon en 2021 avec une programmation à Paris dans la foulée. Succès assuré!
Résumé: Ce soir, Caroline et Hadrien Marchand ont invité Hippolyte, le frère d’Hadrien, Laure, la meilleure amie de Caroline, et José, leur professeur de musique grâce auquel ils se sont connus adolescents, et perdu de vue depuis vingt ans. Et ce soir, chacun.e a quelque chose à fêter. Et à cacher. A commencer par Hippolyte, coureur notoire, qui pourrait bien avoir enfin rencontré la femme de sa vie. Quand à Laure, elle est enceinte… mais de qui ? Pendant que l’on attend José, le professeur de musique qui n’arrivera finalement jamais – les spéculations vont bon train. Caroline et Hadrien, couple établi et déjà parents, ont plus d’un conseil à donner sur la façon de fonder une famille et de gérer un foyer. Mais au fil de la soirée, l’annonce initiale de la grossesse de Laure va peu à peu créer une onde choc : du congé paternité à la charge mentale, en passant par les répercussions dans la sphère professionnelle, l’arrivée de cet enfant va peu à peu bousculer les certitudes de chacun.e. Tandis que malentendus, rancoeurs et révélations se succèdent, la situation finit par s’inverser et le couple initial voit son fragile édifice conjugal et familial vaciller, jusqu’à voler en éclats.
La réputation de chanteur de jazz d’exception de David Linx n’est plus à faire. Avec déjà près d’une trentaine d’albums au compteur, il ne montre aucun signe de fatigue et continue à tailler la route en compagnie de guests renommés. La sortie du single Azadi démontre bien la volonté de dépouillement et d’authenticité du vocaliste pour un résultat tout en émotion.
Une carrière qui parle d’elle-même
Quand on évoque David Linx, beaucoup se souviennent surtout de son album A Lover’s Question publié en hommage à l’écrivain noir américain James Baldwin. Le chanteur a cotoyé les plus grands pendant la vingtaine d’années passées en compagnie du pianiste de jazz néerlandais Diederik Wissels, croisant notamment la route du saxophoniste Fabrizio Cassol, du trompettiste Paolo Fresu et de la chanteuse Maria Joao. A maintenant 55 ans, le compositeur, parolier et chanteur belge David Linx a également croisé le chemin du Brussels Jazz Orchestra et de la soprano Natalie Dessay, preuve de la profusion de ce touche à tout de génie. Il faut se souvenir que David Linx envisageait d’abord de se poser derrière une batterie, prenant de leçons avec la figure majeure du style Bebop, Kenny Clarke, peut-être pas pour rien vu son sens unique du rythme. Se tournant finalement vers la pratique du chant, il utilise sa voix comme un instrument aux sonorités uniques. Seul ou entouré d’autres voix, il a enchainé les projets tout azimut pour une carrière pleine de surprises. Pour son nouvel album Skin in the game, David Linx s’est entouré une fois de plus de musiciens talentueux avec Grégory Privat au piano, le canadien Chris Jennings à la contrebasse et Arnaud Dolmen à la batterie. Manu Codjia intervient également à la guitare sur 5 titres. Pour Skin In The Game, 11 compositions sont issus des textes de David Linx et 7 pour la musique également. Les 13 morceaux font ressentir une émotion constante, avec ce phrasé si particulier et ce tempo qui n’appartient qu’à lui.
David Linx sera au New Morning le 12 octobre à Paris puis en tournée, le moment de découvrir un des plus grands artistes actuels de la scène jazz internationale.
Deux passantes dans la nuit tome 1 : une BD de Patrice Leconte, Jérôme Tonerre et Alexandre Coutelis (Grand Angle)
« Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais… » Bienvenu à Paris sous l’occupation pour le temps d’une nuit où les destins croisés d’Arlette et Anna nous mènent dans un récit d’ambiance étrange. Deux personnalités que tout oppose et qui vont pourtant s’unir le temps de cette nuit. Sur un scénario proposé par Patrice Leconte (connu par le grand public comme étant le réalisateur des films Les Bronzés…) et Jérôme Tonerre (lui aussi venant du monde du cinéma), Deux passantes dans la nuit est un diptyque illustré par Alexandre Coutelis.
L’histoire débute par la sortie de prison d’Arlette en petite tenue d’été au pleine nuit hivernale. On suit la jeune femme jusqu’à tomber sur une jeune magicienne israelite prénommée Anna. Les deux jeunes femmes vont se lier d’amitié et arpenter les rues de Paris pour retrouver de l’espoir, des amis ou tout simplement fuir les milices hostiles…
Si l’on a du mal à se laisser totalement porter par l’histoire au gré des tribulations des jeunes femmes, c’est sans doute parce qu’elle apparait un peu décousue, évoluant au gré des rencontres faites dans les rues. Mais malgré quelques égarements, on se trouve suffisamment intrigué pour vouloir poursuivre la lecture. Côté dessin, l’ambiance est également très particulière, et l’on imagine que dessiner des scènes uniquement de nuit relève d’un véritable défi ! Plutôt bien relevé !
Ce premier album de Deux passantes dans la nuit est ainsi inégal mais attise néanmoins la curiosité.
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
La longue nuit de deux femmes en fuite dans le Paris désert de l’Occupation. Après des années de détention, Arlette recouvre la liberté dans un Paris occupé par les nazis. Et elle entend bien rattraper le temps perdu. Anna, elle, cherche à sauver sa peau. Magicienne et israélite, elle a fui un danger qui l’a rattrapée. La ville occupée est une cage dont elle doit s’échapper au plus vite. Elles sillonneront en une nuit ce Paris obscurci. L’inquiétante étrangeté de l’Occupation, avec ses contrôles d’identité, ses fonctionnaires tatillons, ses sombres ombres et ses connaissances qu’on ne connaît pas si bien que ça et à qui il ne faut pas faire confiance…
Date de parution : le 26 août 2020 Auteurs: Patrice Leconte, Jérôme Tonerre (scénaristes), et Alexandre Coutelis (illustrateur), Genre : Documentaire
La Famille trop d’filles : Elisa, une BD de Barfety et Clotka (Miss Jungle)
A l’heure des inscriptions aux activités loisirs de nos enfants, ce nouvel album de La Famille trop d’filles tombe à pic en faisant la part belle à la danse avec un épisode consacré à Elisa. La série, inspirée des romans de Susie Morgenstern fait partie de la collection Miss Jungle à destination des jeunes filles. L’album intituléElisamet en scène la jeune fille au sein de sa grande famille. La jeune fille ne souhaite qu’une chose : participer à un stage de danse. Mais voilà, ses parents et elle manquent de moyens et elle va devoir redoubler d’imagination pour trouver une solution et s’offrir le stage de ses rêves.
L’histoire se poursuit avec une seconde partie autour d’un détail qui inquiète Elisa : la taille de ses pieds. Elle les trouve trop grands et se demande si elle pourra un jour devenir la danseuse qu’elle espère, avec de si grands pieds.
Des thématiques intéressantes pour un jeune public qui doit parfois faire face à ce genre de situations ou qui doit affronter des complexes naissants. L’ensemble est traité avec beaucoup de légèreté, non sans un trait d’humour. Ma fille de 7 ans, danseuse au conservatoire, a particulièrement apprécié !
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Les filles de la famille Arthur sont de retour… et plus particulièrement Elisa, la danseuse. Pour la quatrième de la fratrie, en ce moment, c’est la déprime : ses pieds n’arrêtent pas de grandir ! Mais qui a déjà vu une ballerine avec des pieds géants ? En plus, personne ne prend son problème au sérieux !
Date de parution : le 20 août 2020 Auteurs: Barféty et Clotska D’après les romans de Susie Morgenstern Genre : Humour
Editeur :Jungle Prix : 10,95 € (48 pages) Acheter sur : Amazon
Les Sorcières de Salem d’Arthur Miller mise en scène & version scénique Emmanuel Demarcy-Mota ®JeanLouisFernandez
Des « Sorcières de Salem » possédées par la troupe du théâtre la Ville
Emmanuel Demarcy-Mota revient avec « Les Sorcières de Salem », une pièce d’Arthur Miller qui raconte comment la manipulation et l’aveuglement collectif peuvent conduire une communauté à se déchirer dès lors que la raison cède à l’injustice et que les fausses croyances s’opposent à toute recherche de vérité.
Un texte porté par des acteurs au diapason et une scénographie crépusculaire dont le metteur en scène restitue avec éclat la puissance souterraine et le trouble irrationnel.
En 1692, la petite ville de Salem, aux États-Unis, fut le théâtre d’une des plus incroyables chasses aux sorcières : en proie à des phénomènes inexpliqués, les habitants traînèrent en justice et condamnèrent à mort, sur les accusations de quelques jeunes filles, 19 membres de la communauté accusés de sorcellerie. C’est ce mécanisme de dénonciation et de traque des boucs émissaires qui intéressa Arthur Miller quand il s’inspira de cette histoire vraie, sachant qu’il avait lui-même baigné dans la période du maccarthysme.
Tout a commencé lorsque Elisabeth découvre la liaison que son mari, John Proctor, entretien avec leur servante Abigail et renvoie celle-ci. Pour se venger, la jeune fille réunit quelques-unes de ses amies et organise au plus profond de la forêt une séance de sorcellerie censée nuire à Elisabeth. Les jeunes filles sont toutefois surprises lors de cette session et afin d’échapper aux sanctions, se prétendent victimes du diable.
Se met alors en branle une machination infernale sur fond de religion et de puissances démoniaques, où entre mensonges, suspicion, délation et vengeance, chacun s’observe, se méfie de l’autre, et tente de sauver sa peau.
Du mensonge à l’aveuglement collectif
On assiste à la mécanique implacable qui se met en place entre des habitants qui s’attaquent et se défendent dans un aveuglement le plus total ou comment chaque individu aux prises avec les plus bas instincts, se laisse aller à dénoncer impunément son voisin, son rival, aux fins de l’éliminer et sous couvert de la recherche d’une forme de pureté.
Entre le puritanisme du révérend Parris, persuadé que toute distraction est l’œuvre du diable ; l’hystérie des Putnan convaincus que seules des sorcières sont à l’origine du décès de leurs jeunes enfants ; la quête d’absolu d’adolescentes en recherche d’une vie moins puritaine ; ou encore la culpabilité de Proctor qui cherche à se faire pardonner son infidélité, tous les villageois se révèlent torturés et tourmentés.
Tourments du corps et de l’esprit donc qui sous l’emprise de l’irrationnel suffisent à entrainer tout le village dans une hystérie meurtrière et mortifère. Emmanuel Demarcy-Mota interroge avec force la complexité des motivations humaines aux prises avec leurs contradictions (mensonge/vérité) et la peur qui les gangrène.
Dans une lumière blanche sur un fondu de noir saisissant, les protagonistes évoluent entre des scènes oniriques ou réalistes, qui traduisent tour à tour une emprise maléfique et la crise collective qui fait rage, jusqu’à la scène finale du procès et sa parodie de justice.
Les 14 acteurs, dans un mouvement choral, sont tous remarquables. Ils nous entraînent au coeur de cette communauté qui voit chacun de ses membres se débattre avec ses mensonges, ses peurs, ses trahisons, et ses déchirements intérieurs.
Dans le rôle d’Abigail, Emilie Bouchez est bouleversante d’intensité entre son désir contrarié et une force noire malfaisante, tandis que Sarah Karbasnikoff (Elisabeth Proctor) se montre une résistante émouvante à l’adversité. Serge Maggiani (John Proctor) et Gérald Maillet (Parris) sont magnétiques d’incarnation où chacun affirme et revendique sa propre vérité.
Dates : du 8 septembre au 10 octobre 2020 Lieu : Espace Cardin (Paris) Metteur en scène : Emmanuel Demarcy-Mota
C’est encore un bel assortiment de bouteilles qui ont été testées pour agrémenter les moments les plus significatifs de vos repas. Beaucoup de vins avec des bulles, mais pas uniquement avec également des vins de différentes couleurs et également des liqueurs. Un bel attelage varié et de qualité à découvrir, avec modération, pour accompagner des moments de table spéciaux, en famille ou entre amis.
Dossier bulles: 4 cuvées réjouissantes à découvrir
On débute avec le Dossier bulles et le Crémant de SavoieEntre Amis Extra Brut de Jean-Pierre et Jean-François Quénard.Composé de Jacquère (60 %), Pinot Noir (20 %) et Chardonnay (20 %), il se distingue par sa bulle fine et légère. Visuellement, la robe or clair fait apparaitre des nuances argentées. Au nez, les fines touches de fruit font penser à de la gelée de coing et de la pêche blanche, ainsi qu’à des épices douces (vanille et une touche de muscade). En bouche, une belle fraîcheur gourmande apparait, tout en harmonie et avec une belle longueur. Cette cuvée est parfaite pour accompagner du crabe et des crevettes, une blanquette de poisson, de la lotte à l’estragon et un saint-félicien. Distribué en vente directe, chez les cavistes et en CHR, ce Crémant de Savoie de très bonne facture est proposé à 14,00 euros départ caves.
Les Vignerons du Vendômois Charme aux Dames proposent une très belle bouteille Méthode Traditionnelle Brut blanc composée de 80% de Chenin blanc et 20% de Chardonnay. Avec sa bulle fine et sa robe dorée, il laisse présager d’un nez fin de pomme-raisin, miel, une touche de caramel et de noix fraîche. La bouche est fraîche et fruitée, avec une jolie longueur sur une note agrumée. Cette cuvée est parfaite à l’apéritif, avec une verrine d’avocat et des Saint-Jacques, ainsi que du chaource. Distribué en vente directe au prix de 5,00 euros départ cave, il représente bien les qualités de ce vignoble que j’affectionne.
Les Domaines Piron – Beaujolais proposent un Crémant de Bourgogne composé de 100% de Chardonnay. Il se distingue par sa bulle fine et sa robe paille, dorée. En bouche, l’arôme de citron apparait rapidement, frais, avec une belle rondeur. La fin de bouche est longue et agréable. Cette cuvée accompagne bien l’apéritif avec des fruits secs et également les plats à table avec des crevettes roses, des sushis, une plancha d’encornets et de poissons, des blancs de volaille aux épices, du reblochon, une tarte aux pommes, de la panna cotta et des sorbets. Distribué en vente directe, ce très agréable Crémant de Bourgogne est proposé à 10,00 euros prix départ cave
Orchidées, Maisons de Vin – Val de Loire –Ackerman Crémant de Loire Émilie Ackerman Brut Blanc : Ce vin composé de Chenin, de Chardonnay et de Cabernet Franc se distingue par sa robe jaune pâle brillante. Le nez est aromatique et floral avec des notes de fruits secs et vanille. La bouche est ample, fraîche et délicate, fruitée coing-poire, avec une longue persistance. Cette cuvée trouve parfaitement sa place comme apéritif, mais également avec des fruits de mer, des poissons et un crumble aux pommes. Distribué chez Leclerc (Pays de la Loire), Système U (Pays de la Loire, Bretagne, Poitou Charente), Géant Casino (Bretagne, Pays de la Loire), il est proposé au prix indicatif consommateur de 8,50 euros.
Dossier cuvées pour accompagner les desserts: le plaisir continue!
Les Vignerons de CASCASTEL – Languedoc – VDN Rancio Vieille Réserve: Ce vin du Languedoc se compose uniquement de Grenache gris pour une robe ambrée avec quelques reflets tuilés. Le nez est marqué par des notes de noix, de fruits secs et de sous-bois. La bouche est longue et soyeuse avec des notes de caramel, de café, de cacao, de petits fruits secs et de fruits confits. Les douceurs de prédilection pour l’accompagner sont la tarte tatin et les pommes au four. Distribué en vente directe, chez les cavistes et en CHR, cette cuvée est proposée au prix indicatif de 8,50 euros départ cave, à ne pas manquer!
LeChâteau de France 2015 – Pessac Léognan rouge est un vin rouge plein de puissance et de nuances. Composé de 60% de Merlot et 40% de Cabernet Sauvignon, sa robe est d’un rubis profond et son nez est intense avec des notes de fruits rouges mûrs groseille-fraise-cerise et une légère note mentholée, finement épicé poivre noir-muscade-réglisse. La bouche est fondue et ronde, harmonieuse entre puissance, gourmandise, fraîcheur et matière, fruitée et poivrée jusque dans la longueur, les tanins sont veloutés. Les douceurs parfaites pour l’agrémenter sont la poire au vin et aux épices, et la soupe de fraises au vin rouge. Distribué en vente directe, chez les cavistes et en CHR, son prix indicatif est de 25,30 euros départ cave pour un très beau moment de gastronomie!
Le vin blancJean Perrier & Fils PURE 2018 contient 100% de Chardonnay. Sa robe est joliment dorée et son nez évoque les fruits blancs poire puis pêche, avec une note amande et noisette. La bouche est fruitée, souple et fraîche, équilibrée jusque dans la longue persistance. Gourmandise toujours avec un accord parfait en compagnie de fruits frais et de tarte sablée. Distribué en vente directe, chez les cavistes et en CHR, son prix indicatif est de 11,50 euros départ cave.
Le cognac ABK6 VSOP Sinle Estate Cognac des Domaines Francis Abécassisa été élu World Best VSOP 2020 au WCA de Londres et a reçu la médaille d’or IWSC Londres août 2020. Composé de 100% d’Ugni-blanc, sa robe est couleur or avec des reflets ambrés soutenus. Le nez est boisé, subtilement épicé cannelle, brioché. La bouche est harmonieuse entre fruité et boisé, la finale est délicate sur des saveurs de pâte de fruits et d’épices. Les gourmandises à recommander en sa compagnie sont la crème brûlée, le clafoutis aux mirabelles et les pommes au four. Distribué en vente directe, chez lescavistes et en CHR, son prix indicatif départ cave est de 57 euros en coffret 2 verres.
Le Repas des Hyènes, un conte initiatique d’Aurélien Ducoudray et Mélanie Allag (Delcourt / Mirages)
Fresque fantastique inattendue, Le Repas des Hyènes nous plonge sans transition au coeur d’une Afrique ancestrale pour interroger de manière elliptique sur le sens de la vie, de nos croyances et la place donnée à nos morts. L’album, scénarisé par Aurélien Ducoudray et illustré par Mélanie Allag, prend des allures de conte initiatique particulièrement inspiré, où l’on suit le jeune Kana dans un voyage incertain et forcé par l’esprit maléfique d’un Yéban.
L’ambivalence du récit fait osciller le lecteur entre scènes très violentes et cruelles et scènes beaucoup plus douces et innocentes. Comme un reflet de l’enfance où se côtoient bien souvent ces deux faces d’une même pièce à l’instar de la vie. Entre bienveillance, survie et cruauté, le récit met ainsi en scène les instincts les plus primaires de l’humanité et en tisse un véritable conte.
C’est aussi original que bien exécuté, jusque dans le dessin très inspiré de Mélanie Allag qui ne fait pas le choix de la facilité en faisant de vraies propositions graphiques audacieuses, surtout en fin d’ouvrage. Très plaisant !
Le Repas des Hyènes surprendra à coup sûr ! Une expérience de lecture inédite, à découvrir !
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Ce conte initiatique et fantastique africain questionne la mémoire face aux bouleversements du monde. Une fable pour adultes, car sous la douceur du trait se cache la violence de la vie.
Kubé et Kana sont jumeaux mais Kubé, né le premier, a le privilège d’accompagner leur père au repas des hyènes dont le rire strident peut faire revenir les défunts d’entre les morts. Kana ne se fait pas à l’idée d’être berger et décide d’assister à la cérémonie d’intronisation de son frère. Malheureusement, le garçon perturbe son déroulement et réveille l’esprit maléfique d’un Yéban. Ce démon va passer un marché avec Kana…
Date de parution : le 2 septembre 2020 Scénariste(s) : Aurélien Ducoudray Dessinateur(s) : Mélanie Allag Genre : Conte fantastique
Le guitariste Gael Rouilhac s’est fait connaitre dans le monde du jazz avec ses impressionnantes capacités à manier son instrument. Il publie son premier album Waterworks et démontre ses talents de compositeur et de leader.
Le jazz manouche en majesté
La préparation de l’album Waterworks se compte en nombre d’années pour arriver à un tel résultat. Gaël Rouilhac a choisi de le présenter en trio mode et sans faire appel à aucune section rythmique. Les instruments s’ébattent en liberté et s’entremêlent divinement pour porter le jazz manouche au sommet. Il est accompagné de la violoniste Caroline Bugala et de l’accordéoniste sicilien Roberto Gervasi pour une confirmation des possibilités déjà apparues au Festival d’Email, où le guitariste dévoilait des compositions prometteuses tout en finesse. Ce premier album se place sous le thème de la fluidité, comme le résultat d’une démarche mûrement réfléchie pour aboutir à une ambiance dans la droite lignée de ses choix personnels. Le guitariste jazz de 37 ans fait un pont entre tradition et modernité avec des sonorités qui rappellent forcément l’univers de DjangoReinhardt. Le maitre mot est le plaisir partagé, plaisir des musiciens qui entrelacent leurs sonorités dans une belle subtilité, tout en fluidité, et plaisir de l’auditeur qui peut se laisser emporter par un cours d’eau musical fort en émotion. Les morceaux laissent transparaitre une vraie nostalgie teintée de mélancolie qui font voyager dans une époque pas si lointaine où le jazz manouche s’offrait au monde. Les morceaux plus enlevés donnent envie de se trémousser avec entrain par la grâce d’un trio habité.
Waterworks sur le Label Laborie Jazz est un vrai plaisir à écouter, même pour ceux qui n’écoutent pas forcément souvent ce genre de musique. Gaël Rouilhac parvient à toucher et à émouvoir avec sa guitare experte aux sonorités multiples. Accompagné par la violoniste Caroline Bugala et l’accordéoniste sicilien Roberto Gervasi, il remplit son objectif et pourrait bien s’imposer auprès d’un plus large public.
Notre Sélection de livres jeunesse de l’Ecole des Loisirs (#1 – rentrée 2020)
Nous vous présentons une première sélection de livres en carton à destination des plus petits parus aux très belles éditions de L’Ecole des loisirs cette rentrée de septembre 2020 ! A lire et à relire avec vos enfants sans hésiter !
1/ Qu’est-ce que tu manges ?
Qu’est-ce que tu manges ? est un petit livre en carton à destination des 0-3 ans qui fait découvrir avec amusement les régimes alimentaires de leurs animaux préférés. Pour savoir qui mange quoi, c’est facile, il suffit de soulever les petits volets ! Un classique qui cache des surprises et demeure très efficace auprès de son public !
Résumé de l’éditeur : Qu’est-ce que tu manges, le chat ? Pour le savoir, ouvre-lui la bouche. Et toi, le lapin ? Une carotte ! Et toi, la souris ? Du fromage ! Et toi, le loup ? Le loup, lui, a plutôt envie de te croquer, alors ferme vite le livre !
Une Farce est lui aussi un petit livre en carton, imaginé par Audrey Poussier. A destination des 2-4 ans, l’histoire est très joliment illustrée et repose sur le principe de l’arroseur arrosé. Plutôt amusant !
Résumé de l’éditeur : Que se passe-t-il quand la souris se cache sous les draps, et que, petit à petit, tous ses amis la rejoignent ? Ce n’est plus une farce ? Peut-être que si…
Collection Loulou & Cie (11,20 €/paru la première fois en 2007, réédité en 2020) – Acheter sur Amazon
3/ Au Lit tout le monde !
Au lit tout le monde ! est aussi un petit livre en carton d’Audrey Poussier à destination des 2-4 ans. Toujours aussi graphique et bourré de malice, on se régale avec des idées incongrues mises en images avec talent !
Résumé de l’éditeur : Dormir avec son doudou, sa bouillotte, son traversin, ça arrive à tout le monde. Mais dormir avec sa boîte à outils, c’est un peu… bizarre… pourtant, ça peut être utile !
Collection Loulou & Cie (11,20 €/paru la première fois en 2010, réédité en 2020) – Acheter sur Amazon
4/ La Bagarre
Résumé de l’éditeur : Qui veut jouer à la bagarre ? Tout le monde aime la bagarre, alors oui, vive la bagarre ! Mais attention, il faut savoir s’arrêter à temps, avant qu’il y ait de vrais bobos !
Collection Loulou & Cie (11,50 €/paru la première fois en 2020, 26.08.2020) – Acheter sur Amazon
5/ La Cabane à dodo !
Dernier livre de cette première sélection de livres en carton, La Cabane à dodo !est une vraie réussite de Frédéric Stehr. Une histoire un peu plus élaborée qui s’adresse aux 3 à 6 ans. Là encore très joliment illustrée, elle s’amuse du temps calme de la crèche pour le transformer en une vraie séance de construction de cabane !
Résumé de l’éditeur : Pendant la sieste à la crèche, Léon le Hibou ne dort pas. Mieux, il a construit une cabane à dodo. Oscar ouvre un oeil : « C’est pas comme ça une cabane. Attends ! » Jules est réveillé : « Je peux venir ? » Piou Piou et Gladys les rejoignent. La salle de sieste est sens dessus dessous. Ce n’est pas une simple cabane qu’il leur faut, mais bien une Super cabane à dodo !
Collection Pastel (9,80 €/paru la première fois en 2020, 19.08.2020) – Acheter sur Amazon
Wilderness, une BD de Ozanam et Bandini (Ed. Soleil)
Wilderness est une libre adaptation du roman très remarqué de Lance Weller par Ozanam (au scénario) et Bandini (pour la partie dessin). La bande dessinée nous plonge ainsi en 1899 aux Etats-Unis, dans une atmosphère très sombre, aux côtés d’un certain Abel Truman, vieux personnage ô combien austère et rongé par ses souvenirs à qui il ne reste plus qu’un chien pour lui tenir compagnie.
Se lançant dans un ultime voyage pour retrouver ses vieux démons et tenter d’exister autrement, le vieil homme est agressé, laissé pour mort et son chien volé…. mais le voyage ne fait que commencer pour Abel. Revivant en chaque instant les moments les plus sombres de son existence, racontés à travers de nombreux flashbacks, le vétéran de guerre civile révèle toute la violence qui l’habite. Ozanam parvient à restituer à travers son récit toute la noirceur de l’âme d’Abel et de ses acolytes qui fait l’essence de cette oeuvre. La narration se trouve toutefois secouée par de si nombreux flashbacks qu’il est difficile pour le lecteur de suivre !
L’histoire est, enfin, servie par un dessin très recherché, notamment dans les jeux de couleurs et de noirs et blancs qui ajoutent un côté très graphique à l’album. Mais là aussi, on a parfois du mal à suivre la trame narrative avec autant de fluidité qu’on le souhaiterait.
Wildernessest un bel album malgré ses petits défauts, dont l’expérience – dont on ne sort pas indemne – vaut la peine d’être vécue !
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
1899. Abel Truman, vétéran sudiste de la guerre civile américaine, vit entre l’océan, la montagne et les forêts pluviales. Comme un dernier soubresaut avant de mourir, il décide de reprendre la route avec son chien.
Un ultime voyage vers le souvenir des rares jours heureux qui s’assombrit quand Abel rencontre deux agresseurs qui le laissent pour mort. Alors, dans les décors de la péninsule des Olympics Mountains, la violence, qu’Abel avait enfouie au plus profond de lui depuis la fin de la guerre de Sécession, remonte et vient frapper de nouveau.
Date de parution : le 26 août 2020 Scénariste(s) : Ozanam Dessinateur(s) : Bandini Genre : Drame, adaptation
Editeur : Soleil Prix : 19,99 € (152 pages) Acheter sur : Amazon
Pionnières, Nellie Bly – journaliste : BD documentaire de Jarry et Tavernier (Soleil)
Série documentaire qui porte bien son nom, Pionnières retrace la vie de femmes d’exception qui ont marqué leur époque. Ce nouvel album nous raconte un épisode de la vie de Nellie Bly, journaliste embauchée à la fin du XIXe siècle par un certain Joseph Pullitzer au New York World. Nicolas Jarry (scénariste), Guillaume Tavernier (illustrateur) et Guillaume Lopez (coloriste) nous racontent comment la jeune femme, alors âgée de 23 ans, est parvenue à se faire interner en asile en se faisant passer pour une aliénée parmi d’autres.
Nellie Bly restera hospitalisée pendant dix jours parmi les pensionnaires de cet asile féminin avant de témoigner dans une série d’articles retentissants. Elle y décrira les conditions désastreuses dans lesquelles vivent ses compagnes, victimes de mauvais traitements, si ce n’est de torture de manière récurrente. L’histoire est donc particulièrement intéressante, d’autant plus qu’elle met en lumière un scandale sanitaire grâce à une infiltration audacieuse.
Un sujet bien traité par le scénario mais dont le dessin peine à éblouir, surtout dans l’illustration des visages qui manquent d’expressivité et de détails, à l’instar d’une coloration trop peu démonstrative.
Cet album de Pionnièresest toutefois l’occasion de découvrir une nouvelle femme d’exception, et l’on y prend plaisir.
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Icône de la presse américaine, pionnière audacieuse et déterminée du journalisme d’investigation, Nellie Bly a fait du reportage clandestin sa marque de fabrique. Embauchée en 1887 par le magnat de la presse, Joseph Pullitzer, au New York World, Nellie Bly, alors âgée de 23 ans, simule la folie et se fait interner dans un asile d’aliénées, le Blackwell’s Island Hospital de New York. Elle y restera 10 jours et en tirera une série d’articles au retentissement énorme, décrivant des conditions effroyables, obligeant les services municipaux à transformer radicalement les méthodes et l’accueil des internés dans les asiles de la ville de New York.
Date de parution : le 20 août 2020 Auteurs: Nicolas Jarry (scénariste), Guillaume Tavernier (illustrateur), Guillaume Lopez (coloriste) Genre : Documentaire
Editeur :Soleil Prix : 15,50 € (60 pages) Acheter sur : Amazon
Nuestras madres a reçu la Caméra d’Or au Festival de Cannes 2019. Le documentariste César Diaz a notamment été le monteur de Bustamantepour le film Ixcanul,premier succès international du cinéma du Guatemala. Cesar Diaz évoque dans son film les minorités de son pays comme les mayas, victimes d’une guerre civile qui ne les a pas épargnés pendant de longues années. Les nombreuses dictatures en place ont quand même causé la mort d’environ 200 000 citoyens de 1960 à 1996, pour la plupart mayas. Le documentaire dévoile tout pour un intense moment d’histoire.
Un documentaire saisissant sur le peuple guatémaltèque
Nuestras Madres est un témoignage vibrant de toutes les victimes de la torture et de la dictature au Guatemala. César Diaz suit une trame directe et émouvante pour livrer en 76 minutes la substantifique moelle d’une thèse sur son pays. Il laisse la parole à ces veuves du Guatemala qui revendiquent la justice et surtout des sépultures décentes pour tous ces disparus jetés sans ménagement dans de vulgaires fosses communes. Le réalisateur prend comme narrateur principal Ernesto, un homme issu de la jeune génération qui mène un véritable travail d’anthropologue à la fondation médico-légale, surtout pour des raisons qui lui sont intimement proches. Cet homme est brusquement mis sur la piste de son père, guérillero disparu pendant la longue période de conflit qui a ensanglanté le pays. Ernesto revient aux sources de l’histoire avec sa mère, développant le récit au contact de toutes ces mères elles-mêmes endeuillées. Le film est d’une intensité pesante, sous doute nécessaire avec ces mémoires vivantes qui racontent des souvenirs douloureux, tout en dignité et en délicatesse. La mise en scène est simple, sans effets inutiles, avec un montage parfait réalisé par Diaz lui-même.
Le film restera gravé dans l’esprit des spectateurs avec ce dénouement final surprenant, sans doute décevant pour beaucoup et pourtant nécessaire. Nuestras Madres est court et elliptique, peut-être un peu trop, mais le documentaire parvient à passer son message auprès d’un public international sous le charme.
Synopsis: Guatemala, 2018. Le pays vit au rythme du procès des militaires à l’origine de la guerre civile. Les témoignages des victimes s’enchaînent. Ernesto, jeune anthropologue à la Fondation médico-légale, travaille à l’identification des disparus. Un jour, à travers le récit d’une vieille femme, il croit déceler une piste qui lui permettra de retrouver la trace de son père, guérillero disparu pendant la guerre. Contre l’avis de sa mère, il plonge à corps perdu dans le dossier, à la recherche de la vérité et de la résilience.
Crusaders tome 2 : BD 100% S-F de Bec et Carvalho (Ed. Soleil)
Série SF par excellence, Crusadersfait sa rentrée avec un second tome « Les émantants » aux éditions soleil. Signée par l’un des spécialistes du genre, Christophe Bec au scénario (à qui l’on doit notamment Prométhée, Deepwater Prison, Olympus Mons...) la série est par ailleurs illustrée par Leno Carvalho.
Après un long premier album introductif, les colons de Titan rentrent dans le vif du sujet en faisant la rencontre de multiples civilisations des systèmes solaires. Ils sont enfin en mesure de comprendre pleinement ce pourquoi ils ont été appelés à s’engager à bord des Crusaders. Les univers doivent se battre contre une espèce extraterrestre méconnue, dont la puissance de frappe permet d’anéantir toute forme de vie instantanément. Le combat est engagé, il va être rude pour ne pas dire impossible.
Le scénario repose sur un thème de prédilection pour tout amateur de science-fiction, malgré son côté déjà vu. La narration est aussi bavarde d’explications et d’exposés « scientifiques » que dans le tome 1, à en perdre parfois le lecteur. Le souci du détail est poussé assez loin et prend une grande place dans le récit, au risque d’oublier le rythme de l’action. Mais l’histoire gagne ainsi en crédibilité. Une cohérence renforcée par le dessin de Carvelho qui cultive un certain goût pour le spectaculaire à travers de nombreuses planches pleines pages, panoramiques ou autre grands formats qui font voyager dans l’espace.
Ce Crusaders n’a pas fini de dévoiler ses surprises astrales, et c’est tant mieux. A découvrir.
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
L’Humanité, associée à d’autres civilisations du système solaire, doit participer à contrer une menace dévastatrice provenant d’une race extraterrestre inconnue ! La colonie humaine installée sur Titan reçoit, via un étrange signal venu des étoiles, les plans révolutionnaires de constructions de fabuleux vaisseaux spatiaux et les coordonnées très précises d’une galaxie lointaine et primitive. Après plusieurs mois de fabrication, le vaisseau, Crusader 1 prend la tête d’une immense armada prête à rejoindre les mystérieux émetteurs du signal.
Date de parution : le 19 août 2020 Scénariste(s) : Christophe Bec Dessinateur(s) : Leno Carvalho et Coloriste : Vyacheslav Panarin Genre : S.-F.
Editeur :Soleil Prix : 14,50 € (48 pages) Acheter sur : Amazon
Thomas Cousin dévoile son premier single Perdre le sommeil comme un témoignage de son univers bien à lui avec des textes travaillés aux images lumineuses. Les souvenirs semblent ravivés avec art dans une ambiance très chanson française et à la belle musicalité pop. Son album Debbie et moi paraitra le 15 septembre pour une plongée passionnante à découvrir rapidement chez Champ libre.
Un album solo rempli de textes personnels
Thomas Cousin aime à accumuler les casquettes. A la fois auteur, compositeur et musicien, il officie depuis déjà plus de 20 ans dans le monde de la musique. Passé par les groupes Aron’C, Tax Brothers & the old Racoon et Shy, l’artiste tente aujourd’hui l’expérience solo avec un premier album difficile à oublier. Habitué à l’écriture et à la composition pour d’autres artistes, celui qui fut d’abord guitariste tente maintenant l’expérience du chant avec sa voix éraillée si caractéristique, qui semble tendue comme un arc prêt à claquer. Le besoin d’écrire des textes intimes l’a étreint à la faveur de la naissance de sa fille. Debbie et Moi est un album éminemment personnel, enregistré tout seul comme un grand, sur une durée plus longue que d’habitude car sans attentes ni pression grâce à ses connaissances dans les domaines de la réalisation et de l’arrangement. Il a même assuré tout seul les parties instrumentales pour livrer un album brut mais truffé de sonorités diverses, personnel mais universel, spontané mais arrangé divinement. Thomas Cousin évolue dans un monde proche de la chanson française à texte de qualité, avec des sonorités pop et même de l’électronique à l’occasion. L’album débute avec un Voir la mer plein de langueur accompagné d’une petite guitare pleine de sensibilité. Dans ma tête gagne en rythme comme un témoignage privé, le chanteur révèle la comète dans sa tête avec un rythme presque dansant. Chanson de pluie rappelle les années 80 avec ses sonorités synthétiques, et toujours cette voix esquintée, comme passée au papier de verre. Pas comme tout le monde débute comme une comptine avant de faire penser à des chansons de Jacques Brel, belles forcément. J’crame tout se fait en duo avec Aron Cohen pour de la pop qui pourrait bien passer à la radio.
Les 7 autres chansons creusent le sillon d’un auteur exigeant qui pourrait bien percer à la faveur d’un premier album finement travaillé avec ces chanson envoutantes. Les plus curieux se demanderont mais qui est donc cette Debbie? Le recto ou le verso de l’album apporteront une réponse claire avec cette photo de couple et une autre de petite fille. Personnel, on vous le disait!
Revoir Total Recall en 2020, c’est un saut temporel surprenant. Car le film de Paul Verhoeven sorti en 1990 était à l’époque tellement avant-gardiste et précurseur qu’il a quelque peu subi les outrages du temps, surtout du point de vue esthétique. Alors l’avantage reste que si le film contient des effets spéciaux devenus maintenant un peu kitchs et surannés, il n’a aucunement perdu de sa puissance et de son ambiance viscérale. Le revoir en version 4K est le bon moyen d’en juger aujourd’hui, dès le 16 septembre même!
Un must de la science-fiction
Total Recall est devenu avec le temps un des 2 ou 3 rôles les plus marquants de la carrière d’Arnold Schwarzenegger avec Predator, Last Action Hero ou Terminator 2. En interprétant le personnage de Doug Quaid, balloté entre rêve et réalité, il a tenté l’expérience d’un film loin de ses standards habituels auprès d’un réalisateur iconoclaste sur le point d’exploser à la face du monde avec Basic Instinct en 1992. Paul Verhoeven densifie la simple trame du film de science-fiction avec des références à une propagande d’état enserrant les médias jusque dans les télévisions posées dans le métro avec pour effet une paranoïa omniprésente. Le doute du héros sur ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas se communique très vite à un spectateur longtemps désorienté vis-à-vis de scènes originales. Surtout que le film utilise des effets spéciaux à l’ancienne, bien avant que l’ère du numérique ne change tout pour toujours, pour une mise en scène inventive et décalée. Le réalisateur a été le dernier d’une longue série de postulants ayant échoués à mettre en branle l’épineux projet Total Recall, et il n’a pas tremblé, livrant un divertissement aussi passionnant que rythmé. Le futur et le présent cohabitent dans une ambiance qui a marqué l’histoire du cinéma. Entre violence viscérale et humour, le réalisateur n’hésite pas à jouer sur plusieurs tableaux pour un résultat entre satire sociale et thriller. Mais le point central du film, c’est évidemment ce Schwarzy échappé de ses machines à cash habituelleset démontrant qu’il est tout à fait crédible dans un rôle plus épais que d’habitude. A ses côtés, le casting est à la hauteur avec notamment Sharon Stone et Michael Ironside qui apparaissent dans des scènes devenues cultes. Alors la question se pose, le film a-t-il vieilli aujourd’hui? Au contraire, pourrait-on dire, il livre un vibrant témoignage sur ce que les années 80 pensaient du futur, et ça se regarde avec toujours autant de plaisir, surtout que la version 4K apporte une image encore plus nette à l’écran, pas de raisons de se priver.
Total Recall s’inscrit dans ces années 80 riches en films d’actions qui ont marqué l’histoire du cinéma. Surtout que le réalisateur a su s’appuyer sur diverses thématiques pour creuser son film très profond et le rendre plus que regardable à l’infini, hier comme aujourd’hui. Le film est à redécouvrir au cinéma le 16 septembre en version 4K, pour votre plus grand plaisir.
Synopsis: 2048. Doug Quaid rêve chaque nuit qu’il est sur la planète Mars à la recherche de la belle Melina. Sa femme, Lori, s’efforce de dissiper ce fantasme. Doug va bientôt s’apercevoir que son rêve était artificiel et que sa femme est une espionne chargée de veiller à son reconditionnement mental.
Un fils débute tel une histoire familiale banale, heureuse et insouciante. Mais le drame ne tarde pas à surgir pour remettre en cause les certitudes et plonger les protagonistes dans les doutes les plus intenses. La famille tunisienne plutôt bien lotie et confortablement installée doit faire face aux turpitudes engendrées par l’extrémisme aveugle quand leur fils est la victime d’une balle perdue. Le temps du film est calé avec l’avènement de la révolution tunisienne en 2011, avec son lot de souffrances et de drames. Le film est une vraie plongée dans le chaos et se transforme rapidement en thriller épileptique pour un intense moment de cinéma, à découvrir en DVD le 8 septembre prochain.
Un film qui retourne le spectateur
La Tunisie est juste de l’autre côté de la Méditerranée et les antagonismes sont criants entre tenants de la tradition, modernistes et population prise en otage entre les deux. C’est avec le socle familial que les choses parviennent à rester en équilibre, au delà des traditions millénaires ou de la pensée scientifique cartésienne. Quand Farès (Sami Bouajila)et Meriem (intense Najla Ben Abdallah ) voient leur fils s’écrouler et rester entre la vie et la mort, leurs certitudes s’effondrent, jusqu’à remettre en cause, justement, le fragile équilibre familial. Car le secret caché de Meriem ne peut plus être gardé sous silence quand les médecins vont procéder à un test génétique sur leur fils blessé Aziz (Youssef Khemiri). Ce n’est plus à un seul drame auquel assistent les spectateurs, mais à 3 drames abordés en parallèle. Le fils meurtri, le couple en plein tourment et le pays tout proche de basculer dans la violence. La Lybie toute proche devient partie prenante de l’histoire et le spectre islamiste parait plus proche que jamais. La réalisation de Mehdi M. Barsaoui reprend l’efficacité de l’autre chef d’œuvre La belle et la meute dans lequel il officiait en tant que 1er assistant réalisateur, et également pour le documentaire Le challat de Tunis. Ce premier film est un thriller aussi efficace qu’émouvant avec deux acteurs principaux qui parviennent à communiquer la tension de leurs sentiments, entre fierté et amour filial inconditionnel. Le personnel médical est montré sous un jour extrêmement exigeant et compétent, en dépit de solutions difficiles à trouver dans un pays aux traditions si vivaces. Les lueurs d’espoir sont rares et interviennent souvent à la limite de la légalité. Le cœur serré des deux parents gagne encore en profondeur, de manière de plus en plus tendue, tandis que le compte à rebours des médecins tourne de plus en plus vite. La vie qui bascule, les manœuvres désespérées pour sauver la vie de leur fils, le film tient en haleine tout au long d’1h36 qui ne laissent pas une minute de répits.
C’est avec le souffle coupé que le spectateur suit Un Fils, jusqu’à une scène finale intense en émotion. Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de découvrir ce film au cinéma, la sortie en DVD le 9 septembre est une bonne occasion pour plonger dans une histoire difficile à oublier.
Synopsis: Farès et Meriem forment avec Aziz, leur fils de 9 ans, une famille tunisienne moderne issue d’un milieu privilégié. Lors d’une virée dans le sud de la Tunisie, leur voiture est prise pour cible par un groupe terroriste et le jeune garçon est grièvement blessé.
Ting Tang Sap Sap raconte l’histoire d’Hippolyte, un jeune homme têtu et décidé à conquérir le cœur d’Adjaratou. Il a une semaine pour rassembler 1 million de Francs CFA sinon elle continuera à se moquer de lui sans aucun espoir de la séduire. La BD narre les exploits du jeune homme débrouillard et futé pour rassembler cette somme faramineuse à force d’astuces, d’idées novatrices et de débrouille. Les 144 pages de la BD offrent une bonne dose de bonne humeur communicative et une belle leçon de résilience en plein cœur de la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou.
Un jeune héros sympa et téméraire
Ce qui frappe dès les premières pages, c’est l’authenticité de cette plongée en plein cœur du Burkina Faso actuel. Les interjections locales fusent, les expressions s’accumulent et les personnages se charrient constamment dans une bonne humeur communicative. Personne ne prend ombrage des pics reçus et tout le monde prend à la rigolade toutes les réparties. Au Pays des Hommes intègres, la vie avec la famille et les amis passe avant tout le reste et quand le jeune héros Hyppolite se met en tête de remporter son pari contre Adjaratou, il se creuse tant et si bien les méninges qu’il rivalise de bonnes idées tout au long des 7 jours le séparant du terme du challenge. Malgré les doutes et les angoisses, il trouve au fond de lui-même les ressources pour se dépasser et réaliser son rêve. En cela, la BD se transforme vite en fable sur les capacités de chacun à se réaliser avec un tant soit peu de jugeote et de volonté. Les dessins très réalistes de Louise-Marie ColonetBenjamin Vinck donnent vie aux paysages urbains de Ouagadougou et ne laissent aucun doute sur la possibilité d’une telle histoire dans la vie réelle. Les péripéties défilent tout au long de 7 journées passées tambour battant par le jeune héros tout occupé à récolter la somme désirée, avec derrière lui les encouragements du lecteur trop heureux de le voir avancer dans sa quête.
Tang Tang Sap Sap est une vraie feel good BD à découvrir le 9 septembre en librairie pour dévorer les aventures du jeune Hyppolite et se plonger dans un monde de couleurs et de bonne humeur.
Synopsis: Au Burkina Faso, de nos jours : Hippolyte sirote tranquillement une bière en compagnie de sa troupe de comédiens fauchés, quand débarque la merveilleuse Adjaratou. Il tente une approche vers cette divine créature qui, entre deux plaisanteries sur l’incompatibilité de leurs ethnies respectives, lui lance un défi pour calmer ses ardeurs : s’il arrive à réunir un million de francs CFA sous une semaine, elle l’épousera. Hippo accepte sans hésiter, et se met aussitôt en quête de cet argent. Pour cela, il élabore différents stratagèmes des plus farfelus aux plus astucieux. Pour cela, il peut compter sur le soutien de sa famille et de ses amis bluffés par sa débrouillardise. Parviendra-t-il à conquérir la belle demoiselle ? Ting Tang Sap Sap est une ode teintée d’humour à l’art de la débrouille et à la solidarité. Un beau voyage, dépaysant et drôle, servi par un trait d’une rare finesse.
Editeur: La Boîte à Bulles
Auteurs: Anaële Hermans, Louise-Marie Colon, Benjamin Vinck
La joute oratoire et terrestre autour du désir de Koltès, revient à Paris
La pièce jouée à l’origine par un noir et blanc (Laurent Malet et Isaac de Bankolé) puis par deux blancs (Laurent Malet et Patrice Chéreau) est portée pour la première par deux femmes : Anne Alvaro et Audrey Bonnet.
Dans cette pièce de Koltès, deux personnages s’affrontent autour d’un accord indicible, le désir. Les deux comédiennes interprètent avec force ce texte aux accents métaphoriques. Dans la mise en scène de Roland Auzet qui dépasse la seule vision de la représentation par une immersion dans l’intime de la poésie âpre du poète, grâce à des casques auditifs remis aux spectateurs, les mots fusent et résonnent au combat des deux protagonistes.
Le spectacle s’ouvre durant quelques instants par une désorientation du public qui, invité à rejoindre la scène plongée dans la pénombre, se raccroche aux voix amplifiées avant de découvrir la silhouette du « dealer » et de son « client » qui s’abordent dans la nuit.
L’un est le vendeur d’une marchandise mystérieuse qu’il refuse de dévoiler, l’autre l’acheteur est en prise avec un désir secret qu’il refuse de nommer. La transaction commerciale est la métaphore du conflit entre les personnages et traite du rapport entre le dominant et le dominé. Dans cette conjonction, les deux comédiens tour à tour se cherchent, se séduisent, s’esquivent et s’opposent.
[…] une danse de mort […]
La mise en scène marque très justement l’opacité du rapport de force qui se joue. Elle souligne cette lutte animale qui existe entre eux mais aussi ce besoin de langage et donc de civilisation.
Les joutes verbales sont introduites au rythme d’un dialogue brûlant qui se noue et se charge de complexité, d’emportement, de légèreté voire d’humour.
Le duel verbal dans une langue imagée se nourrit d’une stratégie de séduction et d’intimidation. Les répliques sont, en apparence, explicites et crues, mais en fait elles sont sujettes pour le spectateur à une interprétation. Elles suggèrent toute une représentation de l’interdit, du secret, où la mauvaise foi, les ruses et les dénis sont présents, sans être immédiatement perceptibles.
On est saisi par la danse de mort entre les deux partenaires-adversaires du dialogue. Au-delà du texte même très poétique et rythmique, ce sont par leur mouvements, leur rapprochements et leur distance que se décodent les pulsions, les manipulations, les mensonges et les rapports de force des deux personnages. L’une prétend « je suis capable de vous éblouir de mes non ! » l’autre rétorque « toutes les sortes de oui, je les sais ! ».
[…] Un texte fort aux accents métaphoriques […]
De ce contact mortifère entre le dealer (Anne Alvaro) et le client (Audrey Bonnet), tous deux intenses, le public perçoit la tension dramatique qui va du désir à l’hostilité puis tend jusqu’à l’extrême précarité, des relations humaines qui en découlent.
La maison de champagne Chassenay d’Arce a convié une petite équipe de journalistes le 27 août dernier pour une journée de découvertes en plein cœur de la côte des Bar, non loin des vignobles au sol kimméridgien autrefois recouvert par la mer, où s’affairait des équipes en charge des vendanges annuelles. Ce sont le président Franck Barroy et le directeur Manuel Henon eux-mêmes, en compagnie de la responsable marketing et communication Elise Dinquel qui ont accueilli les visiteurs, sourire aux lèvres et toujours un bon mot pour répondre aux questions. La vision de paysages d’une pureté infinie avec des vignes s’étendant à perte de vue a été guidée sous la houlette de la conseillère viticole Sabrine Da Paz et c’est le responsable œnologie maison Brice Bécard qui a organisé un atelier de dégustation en préliminaire d’un déjeuner en tout point parfait. L’occasion de déguster les champagnes Chassenay d’Arce en plein accord avec des mets succulents était trop belle pour ne pas le relater!
Une maison de vignerons à la forte identité
Ce sont 5 pionniers qui ont été à l’origine de la fondation de la maison Chassenay d’Arce en 1956 à Ville-sur-Arce. Avec maintenant pas moins de 130 familles et 3 générations de vignerons, la Maison Chassenay d’Arce peut compter sur une large expérience viticole pour assoir ses ambitions et continuer à surprendre. L’esprit initial de de coopération, de solidarité et de transmission des savoirs a depuis lors toujours perduré pour permettre à l’appellation de s’enrichir et de faire fructifier son savoir faire. Le vignoble Chassenay d’Arce s’étend au cœur même de la Côte des Bar sur près de 315 hectares et 12 villages répartis le long de la rivière l’Arce. Avec des cépages majoritairement Pinot noir, mais aussi Chardonnay et Pinot blanc, la maison Chassenay d’Arce s’inscrit dans la démarche environnementale Vignerons Engagés pour une culture raisonnée qui a abouti fin 2019 à la sortie d’une première cuvée Bio millésime 2013. Le label est audité par l’AFNOR tous les 18 mois. Il s’appuie sur la norme ISO 26000, référence internationale reconnue par plus de 100 pays pour le développement durable et la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE).
Les cuvées Chassenay d’Arce sont reconnues pour leur finesse et leur élégance en bouche que des prix accessibles permettent de découvrir dans de nombreux points de contact. Disponibles notamment chez les cavistes Le Printemps du Goût et Le Repaire de Bacchus, les champagnes Chassenay d’Arce sont reconnaissables par leur nouvelle présentation visuelle avec un logo symbolisant le lien qui unit tous les membres de la Maison, l’habillage riche de couleurs fortes et chaleureuses, évocatrices du style de chaque cuvée.
Une dégustation presque complète des gammes 2020
Pour profiter à plein de cette période de vendanges, le sommelier Brice Bécard a débuté la session de dégustation par les jus de raisin récemment récoltés. Mou de Chardonnay et Mou de Pinot noir ont fait valoir leur faible acidité et leur beau potentiel. Ce sont également les raisins de Pinot noir en cours de fermentation qui ont été dégustés, ce fameux Bourru, première étape d’un long processus de fabrication. Après ce préambule très intéressant, le temps de la dégustation proprement dite a pu débuter. La gamme Les Essentielles a vu la Cuvée première ravir les convives, avec ses 61% de Pinot Noir et 39% de Chardonnay. A 24,90 euros la bouteille, c’est un brut entrée de gamme léger, fin et très agréable. La cuvée rosé se distingue par sa belle couleur que les 64% de Pinot noir, 34% de Chardonnay et 2% de Pinot blanc font joliment briller de mille feux (27,40 euros). Pour la gamme les Caractères, 3 bouteilles ont été testées. Le Vintage 2008 (28,50 euros), le fameux bio 2013 (36,70 euros) et le magnifique Pinot blanc 2012, très minéral, composé exclusivement de Pinot blanc pour un vrai plaisir en bouche (45,90 euros). La gamme Les Confidentielles a vu le 100% Pinot noir Confidences (56,10 euros) et le Confidences 2012 (66,30 euros) faire le bonheur des convives. Les questions se sont enchainées une heure durant pour connaitre les meilleurs accords mets vin et connaitre les subtilités de champagne tous différents grâce au travail d’orfèvre du sommelier. Pas une cuvée ne se ressemble et la qualité des champagnes dégustés ne fait aucun doute, ce qu’a confirmé le déjeuner.
Un champagne parfait pour agrémenter les repas de qualité
C’est au cœur des sous-sols centenaires du domaine que des tables richement pourvues ont accueilli les participants du déjeuner. Le nouveau directeur Manuel Henon arrivée en 2020 a participé au repas en compagnie d’Elise Dinquel et de Sabrine Da Paz pour répondre à toutes les questions de journalistes curieux et intéressés. La nouvelle identité le marque a été longuement abordée entre premier plats composés de saumon, ceviche de daurade et homard, avant le passage à un foie gras savoureux et à des salades de légumes savamment préparées. Le cuisinier maison a composé un assortiment de plats exceptionnel pour parfaitement marier les saveurs avec les champagnes Chassenay d’Arce.
La Côte des Bar située à proximité de la ville de Troyes non loin de la Bourgogne est un cadre idyllique pour échafauder des cuvées à découvrir. Un dernier coup d’œil à l’immense salle souterraine renfermant les cuves a suffit pour se convaincre de la démarche totale de la Maison Chassenay d’Arce, entre tradition et modernité, savoir faire et ambition.
Informations: Champagne Chassenay d’Arce Président : Franck BARROY Directeur : Manuel HENON Responsable œnologie : Brice BÉCARD
11 rue du Pressoir – 10110 Ville-sur-Arce – France – +33 (0)3 25 38 30 70
Marie-Gold a fait paraitre en 2018 son premier EP Goal: une mélodie. Depuis son Montréal local, elle envoyait ses good vibes teintées de poésie avant de remporter le prix du EP rap de l’année au GAMIQsacrant ses efforts autodidactes et surtout solitaires. 2 ans plus tard, la rappeuse dévoile son premier album Règle d’or pour lequel elle n’hésite pas à enchainer des collaborations qui enrichissent l’album d’inspirations diverses, mais toujours placées sous le signe d’un rap inspiré et volontaire.
Une artiste à suivre
Même sans être un fanatique de cette musique urbaine, Règle d’or pourra vous séduire par l’art consommé de la rime prônée par une chanteuse décidée à percer. Les flows se suivent dans une belle unité faite de cohérence et de recherche appliquée. Les expérimentations se suivent pour un album que l’inspiration de Marie-Gold parvient à construire morceaux après morceaux. Les lignes tranchées, à l’évidence toujours renouvelée, la fluidité et le rythme ne faiblissent jamais pour 11 morceaux qui créent une vraie attirance. Depuis La Seule règle jusqu’à Pousse ta luck en passant par Aucun bling, aucune vulgarité ni aucun raccourci par les codes parfois paresseux du rap, la chanteuse sait creuser ses morceaux. Et les hexagonaux tomberont sous le charme de cet accent pas anodin, surtout quand elle prononce le mot Luck à la québécoise dans Pousse ta luck. Le français est prédominant avec des incursions anglaises qui se mélangent avec talent. Marie-Gold invite des artistes issus des scènes musicales québécoise et francophone pour des incursions qui ne dépareillent pas. La connexion de la jeune chanteuse avec une culture rap toujours vivace convainc très vite.Le label Faux Monnayeurs se charge de distribuer l’album sur toutes les plateformes et de rendre visible le clip de Mémoire sur artsixMic. Après une première expérience au sein de la formation Bad Nylon, c’est un séjour en Belgique qui décide la rappeuse de tenter sa chance en solo, ce qu’elle fait après son retour à Montréal pour le premier EP que l’on sait. Elle a participé au festival OUMF, à la Osheaga Block Party, au MEG, au FRIMAT et également aux Francos de Montréal. La jeune femme a la tête bien faite puisqu’elle a poursuivi ses études en génie physique à la Polytechnique de Montréal.
Règle d’or est un album qui se redécouvre écoutes après écoutes, accessible à tous, fans de rap confirmés ou néophytes. L’album est disponible, il ne reste plus qu’à découvrir cette chanteuse à l’inspiration foisonnante et au talent palpable.
Tu mourras à 20 ans est un film aux particularités multiples. 8e film jamais produit au Soudan, il évoque le destin funeste d’un nouveau né destiné à mourir avant ses 20 ans, mais aussi et surtout le contexte ultrareligieux d’un pays plongé dans des croyances proches d’une superstition qui imprègne chaque existence. Le film rappelle un autre long métrage africain sorti en 2014, Timbuktu, avec son récit au plus proche de la réalité. Le film est à découvrir en DVD et VOD le 25 août pour une belle surprise, reflet de la vigueur actuelle du cinéma africain.
Entre clairvoyance et obsurantisme
Le film débute avec une scène qui évoque le poids de la religion sur les habitants et leurs consciences en plein coeur du Soudan contemporain. Une mère de famille médusée assiste à la prophétie du cheikh local, et tous les habitants en sont témoins. Le jeune Muzamil mourra le jour de ses 20 ans et personne ne doute de cette prédiction en forme de prophétie. La mère s’habillera désormais en noir pour porter le deuil à venir de son fils, le père fuit par peur. Le destin dujeune Muzamil est tout tracé jusqu’à son tombeau. Soufre-douleur de ses camarades, il est destiné à l’étude du Coran, devenant très doué dans cette discipline. Le spectateur assiste à l’existence d’un jeune homme de plus en plus crispé alors qu’il se rapproche de ses 20 ans. Le drame a priori inéluctable pour les protagonistes se teinte de doutes et de remises en causes, minimes mais lancinantes. Le regard perdu du jeune Mustafa Shehata remplit tout le film d’une belle dramaturgie. Le scénario de Yousef Ibrahim et Amjad Abu Alala souligne l’inquiétude grandissante du personnage résolu à ne pas subit les avanies d’un destin qui lui échappe. Décidé à ne pas subir, il tente malgré tout de se réaliser, mais il est difficile de briser une malédiction édictée dès les prémices de son avènement. Elevé sur le chemin d’une existence sans péché, le personnage en voit les avantages et surtout les impasses, car la chair est faible et la possibilité d’un amour accompagne son apprentissage de la vie. La rencontre avec un vieux sage blasé féru de cinéma et pourvu d’un matérial hérité des anciens occupants anglais finit de faire jaillir le doute dans l’esprit tourmenté du héros. Le réalisateur Amjad Abu Alala manie autant la sensibilité que le réalisme pour dépeindre l’existence d’un quasi-zombie figé dans un éternel présent destiné à se terminer à une échéance donnée. Le résultat est surprenant pour des spectateurs peu habitués à cette temporalité confinant à la mythologie, hors de toute logique cartésienne.
Entre récit d’apprentissage et fable sociale, Tu mourras à 20 ans ouvre les perspectives et permet une réflexion profonde sur ce qui fait notre vie d’humain sur cette terre, si intense et si fragile à la fois. Auréolé dans de nombreux festivals (Lion du futur meilleur premier film au Festival de Venise 2020, Grand Prix aux Festivals d’Amiens, de Fribourg et de Rabat), Tu mourras à 20 ans s’affirme comme une belle oeuvre du cinéma africain. A noter, le DVD contient en Bonus un entretien avec le réalisateur Amjab Abu Alala.
Synopsis: Soudan, province d’Aljazira, de nos jours. Peu après la naissance de Muzamil, le chef religieux du village prédit qu’il mourra à 20 ans. Le père de l’enfant ne peut supporter le poids de cette malédiction et s’enfuit. Safina élève alors seule son fils, le couvant de toutes ses attentions. Un jour, Muzamil a 19 ans.