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Stripped, le troisième volet tant attendu de la Love Trilogy de Yaron Shani se dévoile en salles le 9 septembre 2020

Le réalisateur Yaron Shani a eu l’ambition de proposer non pas un film, mais trois pour une trilogie de l’amour digne du talent entrevu dans son magnifique Ajami sorti en 2009, déjà, le temps passe. Si Chained et Beloved sont déjà visibles en salles depuis juillet, le troisième volet Stripped sort le 9 septembre pour boucler la boucle. Et les personnages déjà entrevus continuent de s’y croiser dans un drame moderne stylisé qui ne peut pas laisser indifférent par son naturalisme dramatique.

Des corps et des esprits brouillés

La première chose qui vient à l’esprit du spectateur à la fin du film, c’est ce parti pris de brouiller numériquement les parties intimes des corps et des visages apparaissant à l’écran pour un mélange de pudeur et de mystère. Car Stripped comme les deux autres volets n’y va pas par le dos de la cuillère. Le jeune Ziv est ici à la croisée des chemins, il souhaite plus que tout devenir un musicien de talent mais il ne peut échapper au service militaire obligatoire en Israël. Son histoire s’entrecroise avec celle de sa voisine Alice, écrivain de talent qui traverse une période mouvementée de son existence. Comme pour Chained et Beloved, la guerre des sexes continue d’avoir cours, hérissant le spectateur avec des scènes entre scandale et dramaturgie. Stripped est sans doute le volet le plus sombre, quoiqu’aucun ne soit vraiment joyeux, les émotions y sont à fleur de peau, entre nausée et blessures intérieures, et personne n’en sort indemne. Le taiseux et discret Ziv cache un Dark Side qui se révèle peu à peu tout au long du film, entre passion pour la pornographie internet et fantasmes inassouvis avec un final qui suscite un énorme et inconfortable malaise. Surtout que le personnage d’Alice est censée écrire sur des sujets très érotiques et très explicites qui la rapprochent symboliquement de son prédateur caché. Entre perversité, immaturité et menace tapie dans l’ombre, le film louvoie sur des sentiers inconfortables qui interpellent le spectateur. La tension grandit lentement, le jeune homme observe d’abord son ainée, qui est aussi sa voisine, avant de la retrouver à l’occasion d’un projet qu’elle mène et auquel il participe volontiers, les sentiments mélangent sexe, amour et chaos dans une déclinaison qui révèle la désorientation du jeune homme qui n’ose pas embrasser une fille et pense étrangement que la ruse maligne est une perspective plus acceptable pour arriver à ses fins. Le réalisateur a poussé l’expérience jusqu’à demander à ses acteurs de vivre la vie de leurs personnages et de vivre leur vie durant toute la durée du tournage, preuve de l’exigence du réalisateur. Le ton se veut ultraréaliste, entre discussions adolescentes puériles sur le sexe, première expérience d’une femme par l’entremise d’une prostituée et séances d’onanisme sur guitare. Tout est montré mais le brouillage empêche une gêne véritable. Yaron Shani ne cache rien mais fait plus que suggérer.

La Love Trilogy est une vraie expérience de cinéma qui se conclut avec un Stripped qui suit sa propre trame en intégrant des éléments des autres volets. Les personnages se croisent, comme une stripteaseuse déjà entrevue dans Beloved et que le spectateur reconnait malgré son visage brouillé. Le concept est poussé jusqu’au bout, le sexe et les sentiments ne sont décidemment pas une sinécure.

Synopsis: Alice et Ziv sont voisins dans un quartier de Tel-Aviv. Alice vient de publier un premier roman particulièrement remarqué. Ziv est un adolescent passionné de musique, mal à l’aise avec l’expression de ses sentiments. Alice pense que Ziv pourrait être le cœur d’un projet documentaire mais leur rencontre va prendre un tournant inattendu.

NinjA Cyborg publie un brulot synthwave survitaminé intitulé The Sunny Road chez Music Unit

NinjA Cyborg a sorti son nouvel album The Sunny Road le 15 juillet dernier chez Music Unit. Le clip de The Sunny Road paru l’année dernière n’était qu’un avant gout avant une déferlante de synthwave qui imprègne chacun des 8 titres de leur nouveau Ep. En décrivant visuellement et musicalement les aventures de Gordon, un Cyber Ninja justicier, les deux compositeurs Martin Antiphon et Marc Botté se font plaisir et nous font plaisir.

Un voyage musical avec des synthétiseurs analogiques

NinjA Cyborg fonde sa musique sur des synthétiseurs analogiques, ce qui accompagne forcément très bien la passion du duo pour les films d’action des années 80. C’est à l’aide des instruments électroniques illustres Juno 60 et TR808 que le voyage musical se prépare, avec des poursuites en Ferrari et des salles d’arcade enfumées du côté de Venice Beach. Le duo Martin Antiphon et Marc Botté composent une musique très synthwave, entre réminiscences eighties et mode d’aujourd’hui. Ce courant musical a eu quelques illustres représentants comme Carpenter Brut ou Kavinsky, NinjA Cyborg fait le pont entre nostalgie d’un temps pas si ancien et courant musical actuel pour renouveler le genre en s’éloignant des courants dark synth, chill synth ou autres avec la composition de morceaux et pas seulement une musique d’ambiance. Le premier morceau sorti par Martin Antiphon et Marc Botté était Night of the Cobra, déjà un morceau emprunt d’une culture des films de kung fu, le single publié il y a un an The Sunny Road creusait le sillon avec une musique puissante préfigurant l’EP reçu récemment. Accompagné d’un film réalisé en stop motion par Jef Dubrana et Olivier Hernandez de Freaks Motion Studio, The Sunny Road se concentre sur les aventure de Gordon, le Cyber Ninja défiant les ennemis de la ville de Sun City. Le film rappelle une certaine esthétique seventies défendue à l’époque par Frank Zappa avec sa réalisation image par image construite à l’aide de pâte à modeler. Les références se suivent tout au long des 8 titres réalisés en analogique, et mixés dans la Studer 903 de Music Unit.

L’album The Sunny Road se fie plus aux codes de la musique électro qu’à des références à la pop music. On sent l’influence des nombreux visionnages de films d’action de série Z et des heures passées à jouer à des jeux vidéo. Le EP défoule gravement et s’écoute en boucles pour toujours se sentir plus ninja et plus puissant! Le shoot de testostérone de l’été!

Bande annonce : J’irai mourir dans les Carpates – Antoine de Maximy en fiction !

Qui n’est pas fan d’Antoine de Maximy ? Depuis 2005, le globe trotter sillonne le monde dans une série documentaire pour aller dormir chez les gens. Un concept qui a fait mouche immédiatement auprès du public (surtout nous, qui le suivons depuis toujours). Depuis ses premiers J’irai dormir chez vous, l’explorateur a offert de nombreux extras à ceux qui le suivent : on se souvient de son excellent premier long métrage J’irai dormir à Hollywood qui nous avait emballés au cinéma en 2008 par exemple, ou encore l’excellent film J’irai dormir à Burning Man sur le festival le plus déjanté de la planète où Antoine fait de nombreuses expériences, mettant parfois son corps à l’épreuve de substances étranges….

Aujourd’hui, l’homme aux caméras déportées revient avec un nouveau film d’un autre genre puisqu’il semble bien que ce soit une fiction, avec de vrais acteurs dont Max Boubil ou encore Alice Pol. La bande annonce montre qu’Antoine de Maximy a décidé de détourner son concept pour en faire un film qu’il a lui même réalisé et scénarisé évidemment. 

Pour le moment, on n’en sait pas beaucoup plus sur ce projet très différent du format documentaire d’origine, mais qui y puise quand même sa source. Pour que le film se fasse, Antoine a préféré faire appel à un financement participatif plutôt que de tenter sa chance sur des paris sportif ! Et il a eu raison puisqu’il a pu réunir une belle somme (plus de 250.000 euros). Sur le site Kiss kiss bank bank, il explique avec ses mots sa vision du film, fait une petite présentation de ce qu’il fait depuis 15 ans et expose même de belles photos des Carpates. 

Le film sortira en salle en septembre alors il faudra y courir pour soutenir ce beau projet même si, au premier abord, le concept peut destabiliser ! C’est sûr, Antoine n’a pas fini de nous surprendre !

Synopsis : L’histoire commence par un banal accident de voiture sur une route montagneuse des Carpates. La voiture d’Antoine de Maximy, le présentateur de la série « J’irai dormir chez vous » a été emportée dans une rivière et son corps n’a pas été retrouvé. Le matériel et les images du globe-squatteur sont rapatriés à Paris. Agnès, la monteuse de la série, décide de terminer ce dernier épisode. Après avoir visionné les images elle s’attaque au montage du film. Mais des détails attirent l’attention d’Agnès. Petit à petit le doute s’insinue. L’histoire n’est peut-être pas aussi simple…

Dans la combi de Thomas Pesquet, l’excellente BD de Marion Montaigne (Dargaud)

Thomas pesquet BD

Dans la combi de Thomas Pesquet, l’excellente BD de Marion Montaigne (Dargaud)

L’été est souvent l’occasion de profiter de belles soirées la tête dans les étoiles. Et l’ouvrage de Marion Montaigne paru 2017 est l’occasion parfaite pour prolonger ce plaisir en suivant Thomas Pesquet dans son long parcours vers l’ISS (ou International Space Station). Dans la combi de Thomas Pesquet est une véritable bible pour tout astronaute en herbe. On y découvre toutes les coulisses de la vie d’un astronaute : leur sélection parmi la société civile, leur longue et exigeante formation jusqu’à l’attribution de leurs missions spatiales, leur envol, leur séjour dans l’ISS et leur retour sur Terre.

Un tour d’horizon à 360 degrés de l’expérience unique qu’a vécue Thomas Pesquet en partant pour l’ISS. Et autant le dire, l’album prend le temps de s’amuser au gré des situations souvent incongrues qui se présentent à cet explorateur de l’espace. La BD est en effet écrite avec un trait d’humour à nul autre pareil. L’autrice parvient à multiplier les sketchs sans dénaturer son propos tout en parvenant à tisser un vrai fil continu au long des 208 pages de son récit. Elle nous raconte une véritable aventure, une histoire d’un seul tenant, à travers de nombreuses explications dont elle a le secret. Marion Montaigne est en effet reconnue comme l’une des meilleures vulgarisatrices scientifiques : elle est aussi à l’origine de la série truculente Tu mourras moins bête mais tu mourras quand même.

Si vous souhaitez tout savoir sur des sujets brulants tels que comment devenir astronaute ? Comment fait-on ses besoins dans l’espace ? Pourquoi les combinaisons sont-elles gonflées et par quoi ? Pourquoi les astronautes reviennent-ils dans de si petites capsules du Soyouz et pourquoi vaut-il mieux gagner au casino en ligne betFIRST pour acheter un billet aller-retour à la Russie (60 millions de dollars par astronaute) ?

Bref, cet album sur Thomas Pesquet est un vrai petit coup de coeur, qui pourra vous accompagner un moment compte tenu de la générosité (et du volume) de son propos. A lire !

Extrait de la BD :

BD Thomas Pesquet

Résumé de l’éditeur :

Le 2 juin dernier, le Français Thomas Pesquet, 38 ans, astronaute, rentrait sur Terre après avoir passé 6 mois dans la Station spatiale internationale. La réalisation d’un rêve d’enfant pour ce type hors-norme qui après avoir été sélectionné parmi 8413 candidats, suivit une formation intense pendant 7 ans, entre Cologne, Moscou, Houston et Baïkonour… Dans cette bande dessinée de reportage, Marion Montaigne raconte avec humour – sa marque de fabrique – le parcours de ce héros depuis sa sélection, puis sa formation jusqu’à sa mission dans l’ISS et son retour sur Terre.

Date de parution : le 24 novembre 2017
Scénariste(s) : Marion Montaigne
Dessinateur(s) : Marion Montaigne
Genre : Documentaire, Humour
Editeur : Dargaud
Prix : 22,50 € (208 pages)
Acheter sur : Amazon

Raven, tome 1 : la BD pirate de Mathieu Lauffray (Dargaud)

Raven tome 1

Raven, tome 1 : la BD pirate de Mathieu Lauffray (Dargaud)

Raven signe le retour de Mathieu Lauffrey au récit de piraterie. Dessinateur de l’excellent Long John Silver (ou encore de Prophet), l’auteur signe cette fois également le scénario et repart en mer sous les traits de Raven, un pirate qui a tendance à porter malheur à ses coéquipiers. Raven aime l’argent facile. A une autre époque, il aurait peut être choisi de braquer un casino en ligne suisse mais comme tout pirate qui se respecte, Raven passe son temps à chasser les trésors des autres, peu importe où il faut aller les trouver.

Cet oiseau de malheur est la figure du anti-héros solitaire parfaite. Il vivra dans ce premier tome intitulé Génésis de nombreuses aventures : de la perte d’un équipage complet au fond de l’océan à sa poursuite par une tribu de cannibales en passant par le traditionnel bain en fond marin encordé à une ancre de navire, tout y passe. Mais cela ne semble pas avoir d’effet sur la motivation et le moral à toute épreuve de Raven. Son projet ? Doubler une redoutable pirate nommée Lady Darksee dans sa course au trésor. La coiffer au poteau. Mais autant dire que c’est assez mal engagé pour le moment !

Le scénario entame avec ce premier tome une belle amorce, ponctuée de nombreux rebondissements sans oublier de donner le relief et la profondeur suffisants à Raven pour nous y attacher. Un récit essentiellement orienté sur le temps de l’action mais qui ne boude pas son plaisir lorsqu’il s’agit d’admirer le dessin de Lauffray, toujours aussi réussi. Un trait fouillis et dynamique qui offre de superbes planches aux décors d’une richesse visuelle qui emporte immédiatement le lecteur au coeur du récit.

En bref, voici un très bon démarrage pour Raven dont l’histoire est prévue en trois tomes.

Extrait de la BD :

 

Raven Planche

Résumé de l’éditeur :

Au XVIIe siècle, alors que le pavillon de l’Union Jack flotte sur la mer des Caraïbes, Raven, un jeune et impétueux pirate décide de mettre la main sur un prétendu trésor, promis à l’infâme gouverneur de Tortuga qui fait appel à lady Darksee, une redoutable femme pirate, en échange du pardon royal. Mais Raven, qui assiste à la scène, décide de les devancer et d’agir seul grâce à un plan de l’île où se situerait le trésor. L’île volcanique, perdue dans les Caraïbes et peuplée par une tribu cannibale, s’avère pourtant dangereuse… Et c’est précisément sur celle-ci que le nouveau gouverneur de Tortuga et sa famille, venus de France, ont échoué après un long voyage…

Date de parution : le 5 juin 2020
Scénariste(s) : Mathieu Lauffray
Dessinateur(s) : Mathieu Lauffray
Genre : Aventure, piraterie
Editeur : Dargaud
Prix : 15,00 € (56 pages)
Acheter sur : Amazon

Puisque tu m’aimes, le dernier roman de Janine Boissard (Fayard)

Puisque tu m’aimes, le dernier roman de Janine Boissard (Fayard)

Publik’Art suit depuis toujours Janine Boissard.
Si vous partez en vacances et que vous avez envie d’un bouquin facile à lire, alors, Publik’Art vous conseille Puisque tu m’aimes ! C’est un roman que vous lirez d’une traite, assurément !

C’est l’histoire d’une jeune fille, Lou. Sa particularité : elle est jeune, 16 ans, rousse et pompier volontaire. C’est son oncle et parrain qui lui a donné la vocation, étant lui-même pompier volontaire. Elle a une grande admiration pour son parrain. Et être pompier pour elle est le plus beau des métiers !
Lou a perdu son père, il y a trois ans. Alors qu’il était sur le trottoir, il a été renversé par une voiture. Sa mère n’est pas souvent disponible.

Heureusement Lou rencontre Stan, son amoureux. Il est photographe et va entrer dans la vie de Lou.
Mais très vite, la vie de Lou va devenir compliquée. Tout se mélange dans sa tête. Qui croire ? Est-ce possible tout ce qu’on lui raconte ?
Et hop, voilà le lecteur comme happé par cette histoire tout à fait vraisemblable !

Puisque tu m’aimes vous permettra de passer un bon moment à ne penser à rien d’autre qu’à Lou !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : Juin 2020
Auteur : Janine Boissard
Editeur : Fayard
Prix : 19 € (220 pages)

Le Musée Rodin invite le personnel soignant à découvrir le Musée Rodin et son jardin de sculptures le weekend du 8-9 aout!

Publik’Art a souvent visité le musée Rodin et ses expositions. Situé à proximité des Invalides, il abrite une impressionnante collection de sculptures du maitre Auguste Renoir, mais aussi de Camille Claudel. Le penseur, les bourgeois de Calais, Balzac, c’est à un exceptionnel parcours que le Musée Rodin souhaite convier le personnel soignant si impliqué pendant l’épidémie de COVID pour le remercier en lui ouvrant ses portes le temps d’un week-end, les 8-9 août 2020.

Une magnifique occasion de découvrir Renoir

Tout un programme d’activités gratuites est prévu pour découvrir le musée et son jardin de sculptures. Un accrochage de tirages de photographies anciennes présentant Rodin en son jardin se déploie dans le parc, des ateliers de dessin sont offerts les après-midis, des étudiants en histoire de l’art présentent les œuvres. Le pique-nique est autorisé, le café-restaurant l’Augustine propose aussi des rafraîchissements. Tout est rassemblé pour passer un excellent moment dans le jardin du Musée Rodin.

La présentation d’un document attestant la profession exercée (badge de service, carte professionnelle, etc.) donnera l’accès gratuit au soignant et à un accompagnant. Les jeunes de moins de 25 ans bénéficient de la gratuité du droit d’entrée. Tout le programme est disponible sur www.musee-rodin.fr pour un grand moment d’art et ce culture au cœur du Musée Rodin et de ses jardins!

Conditions d’accueil du musée Rodin

Le port du masque dans le musée est rendu obligatoire à toute personne âgée de plus de 11 ans. Le port du masque n’est pas obligatoire dans le jardin. L’entrée et la sortie dans le musée se feront par des issues différentes. Du gel hydroalcoolique est mis à la disposition des visiteurs. L’introduction d’alcool dans l’enceinte du musée est impossible.

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Soigneurs juniors, Mission girafon (Nathan)

Soigneurs juniors, Mission girafon (Nathan)

Tout le monde connaît le ZooParc de Beauval et tout le monde rêverait d’y aller !
Si vous êtes passionnés d’animaux et que vous voulez découvrir ce qui se passe dans ce zoo, alors, il vous faut lire les aventures des « Soigneurs Juniors » !

Qui sont-ils ces Soigneurs Juniors ? Ce sont les enfants des soigneurs du zoo. Et ils rêvent de tout découvrir dans le ZooParc de Beauval où travaillent leurs parents.
Et cette fois-ci, il s’agit de Baya, la girafe. Elle attend un bébé qui ne devrait pas tarder à naître. Mais comment faire pour assister à cette naissance ?

Hermine, Louise, Farès et Alex ont une idée géniale !
Pourront-ils la réaliser et surtout pourront-ils assister à cette naissance ?

Cette série de romans s’adresse aux lecteurs à partir de 8 ans. Non seulement, ils vont être passionnés par la vie du zoo mais ils découvriront également comment vivent et se nourrissent les différents animaux. Une jolie façon de s’instruire !

Soigneurs juniors, Mission girafon, une série à lire cet été !
Lire reste un acte récréatif tout en étant un acte pédagogique !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : juillet 2020
Auteur : Christelle Chatel
Illustrateur : Anne-Lise Nalin
Editeur : Nathan
Prix : 6,95 €

Mignonnes, un premier film clivant de Maïmouna Doucouré, en salles le 19 août


Le premier film Mignonnes de la société Bien ou bien productions réalisé par Maïmouna Doucouré s’est distingué au festival indépendant de Sundance aux États-Unis avec l’obtention du prestigieux prix de la réalisation. En prenant pour héroïne une jeune fille de 11 ans naïve et innocente, la réalisatrice n’a eu peur de rien en lui faisant supporter à elle et ses copines des clichés entiers sur la jeunesse d’aujourd’hui. Injures permanentes, rapport de force constant, hypersexualisation de minettes de 11 ans, utilisation abusive des photos prises sur téléphones portables et diffusées immédiatement sur les réseaux sociaux, l’exposition de ces traits est très appuyée, tellement que la différence entre critique et célébration devient parfois presque floue. Le film a le mérite d’ouvrir le débat, c’est tout à son honneur même si un malaise est parfois perceptible dans la salle de projection.

Un film qui ne fait pas de concessions

Pendant plus d’1h30, c’est une génération entière qui est mise en scène avec le récit de ses excès et de ses franchissements de limites permanents faute de repères suffisants instillés par les ainés. Danses lascives, réactions outrées et injurieuses à chaque contradiction, écoute zéro des conseils des parents, tenues hyper méga courtes et moulantes, le tout avec un contexte familial très vieilles traditions sénégalaises pour bien faire ressortir le fossé qui se creuse. Et comme les héroïnes principales sont censées avoir 11 ans, la question se pose d’une tentative de critiquer la triste réalité aux repères nouveaux et très différents de ceux des ainés. Beaucoup de spectateurs comprendront parfaitement le propos du film et d’autres s’interrogeront. Des parents laissent vraiment leurs enfants s’habiller de cette manière et parler comme des charretières? Peut-être bien, et dans ce cas la réalisatrice est fidèle à ce qu’elle connait. Pas vraiment de misère sociale décrite dans ce film, c’est la question des comportements qui se pose, comme si les plus jeunes devaient se débrouiller tout seuls sans droit de regard parental. En cela le scénario de Mignonnes se déroule sans aucun filtre ni aucune interférence; les tons sont hautains voire méprisants de la part de jeunes filles qui se servent des chanteuses comme modèles, imitant leurs mouvements libidineux presque sans savoir ce que cela peut bien signifier. Le film montre surtout l’absence de discernement et de recul de jeunes semblables à des lions jetés dans la fosse sans aucune protection parentale, devenus constamment sur la défensive et dans l’excès. La réalisatrice a visiblement cherché à accentuer le trait, le procédé déplaira à ceux qui ne veulent pas voir cet aspect d’une certaine réalité. Que le film accumule les caricatures tient surtout d’une intention artistique et renvoie à la réalité tangible de médias qui diffusent des danses dégradantes pour les femmes avec des gestes mimant constamment les actes sexuels. Le film devient alors une critique de notre société, procédé louable donc, même si parfois excessif et manquant de délicatesse dans ce traitement toujours très premier degré. Le spectacle de danse final donné par les héroïnes voit des parents outrés cacher les yeux de leurs rejetons pour qu’ils ne voient pas un spectacle jugé par trop vulgaire. C’est peut être un peu tard, cette scène arrive après des scènes hyper gênantes, sans pudeur aucune, difficilement supportables pour tous ceux qui imaginent la jeunesse toujours innocente à cet âge là. Par ailleurs, le film montre les coulisses d’une famille sénégalaise musulmane où la mère de famille apprend que son mari a pris une seconde épouse. Elle n’est pas vraiment ravie mais doit s’effacer devant le poids des traditions. Au final, ce sujet intéressant est brouillé par les aventures de la jeune Amy, et il n’est qu’un arrière plan sans vraiment d’ampleur. Et puis la République interdit jusqu’à nouvel ordre la polygamie, mais c’est encore une autre histoire…

Mignonnes est un film qui va faire débat avec ce flou constant entre critique sociale et premier degré un peu trop appuyé. Difficile parfois de discerner une vraie distanciation, le malaise l’emporte sur la réflexion et la leçon d’éducation. Le film sort en salles le 19 aout, de quoi se faire rapidement une opinion.

Synopsis: Amy, 11 ans, découvre dans son nouveau collège un groupe de danseuses appelé : Les Mignonnes. Fascinée, elle s’initie à une danse sexy, le twerk, dans l’espoir d’intégrer leur bande et de fuir un bouleversement familial.

Une œuvre musicale étonnante à découvrir, 7ème symphonie par le talentueux compositeur Welan Edvee

Né à Zeghounda, un petit village à deux heures de routes (et quelles routes!) de Ouagadougou, c’est une vie peu commune qu’a vécu Welan Edvee. Arrivé en France en février 1994 après un heureux processus d’adoption auprès d’un couple de Français fantastiques, il a rapidement compris que l’école ne serait pas sa tasse de thé. Pour contrebalancer ce constat définitif, il s’est plongé corps et âmes dans ses deux passions, l’art et le sport.

Un compositeur en devenir

Il a cherché une explication dans un possible héritage familial, avec un père lui-même artiste complet en tant qu’illustrateur de Bandes Dessinées. La musique devient son terrain de jeu favori, elle l’anime, lui transmet une énergie formidable et l’accompagne. Pour preuve, il passe près de 10 ans au conservatoire à apprendre la batterie, 4 ans à pratiquer le piano, avant de se frotter aux outils informatiques de MAO pour composer. Protools et Cubase deviennent ses joujoux de prédilection, véritables rivales de la femme de sa vie, de chair et de sang celle-ci, qui l’encourage dans sa créativité. La musique devient une passion à plein temps, Welan Edvee mélange beats enjoués et féerie. En parallèle, il se passionne par le cinéma et il se rêve en compositeur de films alors que ses mentors de prédilection se nomment Phil Collins et James Newton Howard.

Jusqu’à maintenant, le jeune homme a déjà composé 4 albums et a fait paraitre 2 EP, tous disponibles sur les plateformes de streaming. Un univers complètement unique est à découvrir pou s’envoler vers des contrées singulières. La création est quotidienne et de nombreux projets de bandes originales sont en cours, ainsi qu’un cinquième album en cours de réflexion. 7e symphonie a été réalisé durant les 3 dernières années à l’aide de Cubase pour un résultat de 14 titres à l’univers cinématographique très imprégné des ambiances des plus grands compositeurs de films (James Newton Howard, James Horner, Hans Zimmer, John Williams).

Les titres sont à découvrir notamment sur YouTube pour une belle plongée musicale. Espérons que Welan Edvee parvienne bientôt à concrétiser son rêve, composer pour des films, séries, documentaires et publicités. Croisons les doigts!

Mano de Obra, un film coup de poing mexicain et social de David Zonana, le 19 aout dans les salles

Un ouvrier au plus bas de l’échelle sociale perd son frère sur le chantier d’une luxueuse villa sur lequel il travaille dans un quartier huppé de Mexico. Pris au piège d’un système sans aucune considération pour les petites gens, il profite du décès du propriétaire de la villa pour s’y installer avec des amis pour une vie en communauté qui dérape lentement vers la rancœur collective. Le rêve prend fin de manière abrupte et laisse les spectateurs pantois devant le dénouement désolant d’un rêve brisé.

Une impossibilité à s’en sortir

Francisco (excellent Luis Alberti) n’a rien demandé à personne, il travaille avec assiduité et se contente d’une vie de pas grand chose, entre plafond qui fuit et perspectives difficiles de s’en sortir. Quand il comprend que rien ni personne ne l’aidera à obtenir réparation pour la veuve enceinte de son frère, il prend la décision de supprimer le propriétaire indélicat de la maison qu’il contribue à construire pour se servir de trous dans la législation et occuper la villa. C’est toute une smala disparate qui débarque pour occuper tous les mètres carrés d’une maison que le propriétaire construisait pour son seul confort. Le spectateur ne peut alors pas s’empêcher de penser que la vie est mal faite, avec des riches qui ont tant et des plus pauvres qui n’ont pas assez. C’est alors une belle revanche sur le destin. Sauf que le d’abord très Robin des bois Francisco commence à vouloir profiter de la situation, et que ses compagnons s’en rendent compte et se retournent lentement contre lui. Quand la police débarque finalement pour évacuer tout ce petit monde, le doute s’installe. Francisco a-t-il manœuvré pour procéder à une revanche sournoise, lui qui a été viré manu militari de la plus grande chambre de la villa pour y voir s’installer une famille entière, dans le fil droit de la philosophie collectiviste qui régit les lieux mais cette fois à ses dépens. Le retour de bâtons est sournois, les spectateurs comprennent que Francisco a déguerpi quand la police débarque. L’intérêt particulier a primé, le rêve était beau, trop beau. Le réalisateur David Zonana laisse la mayonnaise monter avec maestria avant de la faire tourner avec une délectation non feinte. C’est très bien réalisé, avec l’exacte quantité d’animosité rentrée et de raccourcis visuels pour ne pas tout montrer et laisser l’audience se faire sa propre idée sur le drame qui se joue.

Mano de Obra (Main d’œuvre en français) est un drame social plain de sens et jubilatoire dans le même temps. Les agissements aux frontières de la loi du personnage principal laissent augurer d’un dénouement dramatique tout en laissant espérer une énième pirouette. Le film sort en salles le 19 aout pour un moment de cinéma rare et précieux.

Synopsis: Francisco travaille avec un groupe d’ouvriers à la construction d’une luxueuse maison à Mexico. Son frère meurt accidentellement sur le site. N’obtenant pas compensation pour ce décès, il décide de se mettre hors la loi.

https://www.youtube.com/watch?v=g7is9Af7KnM

Le chanteur Sidoine lance une grande campagne de crowdfunding pour financer son premier album, à vous de jouer!

Beaucoup se souviennent du chanteur Sidoine pour avoir été dernier finaliste de la team Jenifer dans l’émission The Voice. Passionné et décidé, Sidoine a décidé de financer son premier album grâce à l’aide du public. Il a toujours eu le goût du risque et surtout l’amour de la cohérence par rapport à tout ce qu’il a pu proposer depuis qu’Universal lui a mis le pied à l’étrier. 

Un projet plein de risques et de passion

Pour cela, Sidoine passe par la plateforme de crowdfunding bien connue Kisskissbankbank qui est pour lui l’alternative qui correspond le mieux à son engagement. Sidoine estime que c’est au public de décider si la naissance de ce projet est légitime. Après avoir été demi-finaliste de la Star Academy, puis finaliste de la Team Jenifer sur The Voice, le jeune nazairien se lance dans une nouvelle aventure: l’autoproduction. Pour se faire, Sidoine a lancé un projet Kisskissbankbank, pionnier du crowdfunding. Il reste au jeune chanteur 31 jours pour réunir 22 000€ qui lui serviront à la production, à la réalisation d’un clip et à la promotion du projet. Il a déjà réussi à réunir plus de 25% de la somme en 10 jours. Ce pari qu’il s’est lancé est dans la continuité de tout ce qu’il a fait jusqu’à présent. Il a été le premier talent à interpréter La Marseillaise en direct sur TF1.

Sidoine estime que c’est au public de décider de sa légitimité. En participant à sa récolte, chaque contributeur bénéficie de contreparties (albums dédicacés, places de concerts, journée en studio, apéros, etc.), mais surtout, chaque donateur participe à la création d’une histoire riche de sens. Sidoine s’est déjà entouré d’une équipe talentueuse dont Auden à la réalisation. Cet artiste a collaboré avec des grands noms de la scène internationale  comme Aaron (U Turn, Lili). Mais également David Scrima, premier auteur de l’album de Julien Doré (Les Limites). Il ne tient désormais qu’au public de lui offrir les moyens de concrétiser ce projet. Le crowdfunding permet à des particuliers de financer leur projet grâce à la participation de chacun. Le principe est simple. Si vous croyez au projet, vous participez à hauteur de ce que vous voulez et de ce que vous pouvez. A la fin du temps imparti, Sidoine pourra utiliser cet argent pour réaliser son projet. S’il ne réunit pas cette somme, chaque contributeur est remboursé en totalité. Dans les deux cas, les contributeurs sont gagnants. 

C’est maintenant à vous de jouer pour porter ce beau projet, vous avez le lien vers la plateforme Kisskissbankbank!

Coucou, un album cartonné, à trous, pour tout-petit (Nathan)

Coucou, un album cartonné, à trous, pour tout-petit (Nathan)

Nathan sort un très chouette album pour tout petit : Coucou ! C’est un grand album carré (21x21cm), très joliment illustré, par Gwé, avec des dessins aux couleurs vives et assez géométriques. Très gais et très attrayants !
Tout au long du livre, on va découvrir où vit Mimi : dans une fusée, un avion, un bateau, une maison, un poulailler, une ruche, un nichoir, dans un arbre …
Qui est Mimi et où vit-elle ?
A chaque page, il y a un trou, un trou qui diminue… jusqu’à devenir tout petit !
Mais qui est donc Mimi ?
Coucou est un très bel album qui permettra au tout-petit de partir à la découverte du monde et des animaux ! Un très beau cadeau de naissance ou d’anniversaire à offrir !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 16 juillet 2020
Auteur : Gwé
Illustrateur : Gwé
Editeur : Nathan
Prix : 11,95 €

Lost In Carranza, un film court audacieux et formellement éblouissant de Marin Troude, visible tout de suite sur Vimeo

Marin Troude est un jeune réalisateur français basé entre Paris et Los Angeles. Son film court de 21 minutes Lost in Carranza est une plongée anthropologique dans le monde interlope de San Francisco à la suite d’un personnage en marge. C’est après un beau parcours en festivals que le réalisateur a contacté Publik’Art pour partager son œuvre. Le film a représenté la France en avant-première à l’ouverture de l’American Documentary Film Festival l’année dernière. Le film a une vraie originalité ainsi qu’une histoire à raconter.

Une plongée dans une vie abimée

Lost in Carranza est un film court sans artifices qui raconte l’histoire de Pablo Carranza, jeune skateur issu d’un ghetto de San Francisco, blacklisté par un système économique et social qui ne donne pas sa chance à ceux qu’il préfère marginaliser. A fleur de peau, sa vulnérabilité l’a conduit à plonger dans les drogues dures avec des scènes coup de poing où le jeune plein de bonne volonté saute à pieds joints dans des paradis artificiels comme autant d’échappatoires à la dure réalité. Le système n’accepte pas ceux qui ne respectent pas les codes avec une vie rangée, les bons diplômes et un environnement aseptisé. Le jeune homme se réfugie dans la solitude, la religion et la drogue, trainant avec son skate dans les rues bétonnées d’une ville où il erre plus qu’il ne vit. Le réalisateur aborde notamment le sujet de l’addiction avec un Pablo Carranza qui végète entre les messes et les shoots sans parvenir à s’en sortir malgré ses rêves et une lucidité touchante. Le film devient un vrai documentaire avec un personnage qui vit une vie de pas grand chose, lui qui était parvenu à décrocher replonge dans la dope devant la caméra. La réalité a dépassé la fiction sans prévenir et le tournage est devenu très compliqué à la suite du comportement de plus en plus autodestructeur de Carranza. Le réalisateur nous a appris qu’aujourd’hui, Pablo est sobre et le film est enfin terminé, lumières dans la nuit d’une existence sombre avec ses élans et ses revirements.

Lost In Carranza est une œuvre éminemment personnelle qui compte beaucoup pour son réalisateur. La caméra virevolte avec des plans de pure beauté plastique avec un message utile en direction des plus jeunes au sujet du danger de l’addiction. Quitter les caniveaux de la drogue pour regagner une vie remplie de sens et de projets, c’est ce qu’on peut souhaiter de plus beau à chacun.

Une belle liste de distinctions:

  • 2019 : Festival Tous Courts – Aix-en-Provence (France) – Sélection
  • 2019 : Catalina Film Festival – Los Angeles (États-Unis) – Sélection
  • 2019 : Beverly Hills Film Festival – Beverly Hills (États-Unis) – Film d’ouverture
  • 2019 : AmDocs – American Documentary Film Festival – Palm Springs, CA (États-Unis) – Film d’ouverture
  • 2019 : Redline International Film Festival – Toronto (Canada) – Prix du meilleur court métrage documentaire
  • 2019 : Short Sweet Film Fest – Cleveland (États-Unis) – Prix du Meilleur documentaire
  • 2019 : Mulhouse Tous Courts – Mulhouse (France) – Coup de cœur du jury
  • 2019 : Comète Film Festival – Paris (France) – Prix du Meilleur court métrage en langue étrangère
  • 2019 : Le Festival Européen du Film Indépendant (ÉCU) – Paris (France) – Sélection
  • 2019 : Aux Écrans du Réel – Le Mans (France) – Concours Premier Doc

Le lien pour regarder le film sur Vimeo: https://vimeo.com/marintroude/lostincarranza


Synopsis : Dans la nuit du 12 octobre 2015, Pablo Carranza retombe dans la drogue dure malgré plusieurs années de sobriété et de lutte contre ses addictions. Seul dans son appartement, rongé par les remords et la culpabilité, il décide de se confesser en laissant un dernier message à son premier amour.

Les fleurs de Shanghaï, un film contemplatif de Hsiao-Hsien Hou, au cinéma le 22 juillet

Les Fleurs de Shanghai est un film de 1998 qui a grandement contribué à la renommée de son réalisateur Hou Shiao-Hsien. C’est un style, repris ensuite dans Millenium Mambo, fait de longues discussions et d’un minimum d’action. Certains sont addict à ce type de film étiré en longueur et pourtant très intense et cruel.

Un film qui se mérite

Les Fleurs de Shanghai fascine par son esthétique millimétrée, ses regards silencieux pleins de sens et ce jeu de dupe qui se trame au sein de chaque scène. Un effet quasi hypnotique enjoint de se libérer de son rythme habituel pour rentrer au cœur de ces somptueux plans-séquences au sein d’un univers de luxe et de volupté. Une maison close de Shanghaï sert de contexte ouaté pour un huit clos avec des personnages qui n’en sortent jamais vraiment malgré leur vie du dehors, un peu comme pour une Nicole Kidman prisonnière du décor de Dogville. Certains comparent l’expérience du film à un trip hallucinogène, d’autres vont plutôt s’y ennuyer, c’est une question de sensibilité et de rapport à l’espace-temps. Les 3 personnages principaux – les deux courtisanes Rubis, Emeraude et l’objet de leur fascination M. Wang – semblent flotter dans une atmosphère éthérée. Certains considèrent qu’il faut au moins 2 visionnages pour complètement appréhender le film et comprendre toute la complexité de l’intrigue. Le film se rapproche d’autres pépites historiques hyper formelles, comme chez Luchino Visconti ou Stanley Kubrick, avec une forme au service du fond et des détails aussi lourds de sens qu’une péripétie scénaristique. Le théâtre social qui se joue entre des hommes de pouvoir et des femmes également de pouvoir recèle une cruauté qui échappe aux mots mais contiennent pourtant une grande profondeur. Les visages et les gestes remplissent tout le cadre dans une richesse impressionnante et chaque détail peut révéler le sens caché du tout, au-delà des rituels, des exigences de classe ou des sentiments forcément cachés de chacun.

Voilà, le concept des Fleurs de Shanghaï est attirant, les deux heures de visionnage ne sont pourtant pas une partie de plaisir pour tout le monde. La grâce formelle ne peut pas plaire à tout le monde, et ce que certains appellent grâce est plutôt synonyme d’ennui chez d’autres. Il faut le savoir avant de tenter l’expériences des Fleurs de Shanghaï, visible de nouveau sur grand écran à partir du 22 juillet.

Synopsis: Dans le Shanghai du siècle dernier, entre l’opium et le mah-jong, les hommes se disputaient les faveurs des courtisanes qu’on appelait les fleurs de Shanghai. Nous suivons les aventures amoureuses de Wang, un haut fonctionnaire qui travaille aux affaires étrangères, partagé entre deux courtisanes, Rubis et Jasmin.

Les révoltés de l’an 2000, un film fantastique horrifiant de Narciso Ibáñez Serrador, au cinéma le 12 août dans sa version originale

Les révoltés de l’an 2000

Interdit aux moins de 16 ans à l’époque de sa sortie, prix de la critique au Festival d’Avoriaz 1977, les Révoltés de l’an 2000 est un cauchemar éveillé pour ce couple d’anglais (glaçants Lewis Fiander et Prunella Ransome) pris en otage pendant leurs vacances passées sur une île espagnole. Le principe de base du film est extrêmement dérangeant avec cette horde d’enfants comme hypnotisée par l’un d’entre eux et décidée à se débarrasser de tous ces adultes à l’origine de tant de massacres de par le monde. Les premières minutes du film n’y vont d’ailleurs pas par 4 chemins avec un résumé des pires atrocités du XXe siècle, avec toujours les enfants comme principales victimes. L’horreur de l’époque était bien plus soft qu’aujourd’hui, ce qui n’empêche pas le film d’atteindre sa cible, impossible de rester insensible. Le film ressort en salles le 12 août dans sa version originale anglo-espagnole.

Un tabou battu en brèches

Le réalisateur uruguayen Narciso Ibañez Serrador s’est fait un spécialiste des ambiances horrifiantes avec comme grand œuvre la série d’horreur culte Historias para no dormir produite entre 1965 à 1982. Le réalisateur a réalisé uniquement deux films pour le cinéma, La Résidence en 1969 et Who can kill a child? en 1976 (titre en VO des révoltés de l’an 2000). En mêlant la thématique enfantine à l’horreur, il était évident que le réalisateur aimait à se frotter au tabou social universellement admis qu’on ne touche pas aux enfants. Il insiste dans ce film en prenant comme cadre Almanzora, une île paradisiaque au large de la station balnéaire de Benavis. Quand ils arrivent en bateau sur l’île, les deux adultes amoureux avec la femme enceinte de 6 mois découvrent une ville déserte et abandonnée seulement peuplée d’enfants silencieux et visiblement hostiles. La réalisation du film est un peu datée, avec un rythme lancinant et très peu d’effets visuels. Pourtant, à l’époque, le film fut interdit en Finlande et en Islande car jugé trop violent. Il faut dire que cette adaptation du roman de Juan José Plans El juego de los niños est un vrai cauchemar éveillé car ce sont bien les enfants qui sont la menace. Leurs rires enfantins se mélangent à des actions violentes qui mettent mal à l’aise. Et quand le couple comprend qu’il va devoir tuer un enfant pour s’en sortir, le malaise s’installe encore plus profondément. Le sujet extrêmement subversif dépasse la violente proprement dite montrée à l’écran. Il faut dire que le générique initial de 8 minutes accumule les images d’enfants en proie à la famine, abandonnés ou en train de mourir, pas du cinéma, juste la vérité crue de l’histoire du XXe siècle. Le malaise commence donc même avant le début du film. Soleil et images dignes du genre Western Spaghetti accompagnent une intrigue qui fait froid dans le dos. Pas de zombies ou de serial killers, juste des enfants d’apparence inoffensive qui rivalisent d’imagination et d’application pour se débarrasser de tous les adultes qu’ils croisent sur leur chemin, comme une référence au prologue. Pour empêcher le monde de sombrer dans une violence atroce, il faut annihiler l’origine de cette violence, les adultes. Peu de sang à l’écran, mais ce sentiment lancinant que le réalisateur a fait voler en éclats en tabou. Les enfants ne sont plus d’innocentes victimes incapables de se défendre et le sentiment d’horreur généré est plus réaliste que fantastique. Certains se rappelleront que le film date de 1976, époque où l’Espagne sortait tout juste du règne interminable du dictateur Franco, d’où cette volonté d’aller très loin dans un film assez unique.

Le réalisateur cherche à faire un parallèle entre l’enfant que chacun de nous a été et l’adulte impitoyable que nous pouvons devenir. La violence des enfants se rapproche de la violence gratuite des adultes et interpelle. En cela, même si un peu daté, le film devient un pamphlet anti-guerre avec pour objectif de protéger les enfants contre les assassins qu’ils pourraient devenir. Si on ajoute quelques scènes finales assez horribles philosophiquement, le film devient inoubliable. A découvrir au cinéma le 12 août!

Synopsis: Un couple de touristes anglais arrive sur une île espagnole. Bientôt, ils se rendent compte que les enfants règnent en maîtres sur l’île et qu’ils assassinent tous les adultes.

Joaquin Phoenix en Dr Jekyll et Mr. Hyde ?

Joaquin Phoenix l’homme aux mille visages

Joaquin Phoenix a un talent connu et reconnu pour jouer des figures charismatiques à la personnalité tiraillée si ce n’est pathologique d’un point de vue psychiatrique. Et son dernier grand rôle dans le film Joker de Todd Philipps lui a fait remporter la récompense suprême avec l’Oscar du meilleur acteur en 2020 (sans compter le BAFTA ou encore le Golden Globes du meilleur acteur la même année). Un personnage qui devrait lui coller à la peau pendant moment auprès des studios. Il a d’ailleurs été question d’une suite du film avec la même équipe. Mais ce n’est pas le seul projet en discussion, notamment du côté d’Universal Studios. Et après avoir campé le Joker, c’est le rôle de Dr Jekyll et Mr. Hyde qui se profilerait pour l’acteur (qui serait en concurrence avec Russel Crow).

Ce dernier resterait dans un registre proche puisque ce personnage dont on doit la paternité à Robert Louis Stevenson en 1886 est lui aussi en souffrance psychiatrique. Le pitch de départ est assez simple : pour mémoire, le docteur Jekyll obnubilé par sa double personnalité créé une drogue afin de maîtriser son mal et séparer son bon côté de son mauvais. Mais c’est son mauvais côté qui prendra l’ascendant au fil du récit et le transformera en l’horrible Mister Hyde. Une oeuvre littéraire encore discrète dans notre cinéma contemporain, bien que très présente dans de nombreuses adaptations littéraires. On trouve par exemple de nombreuses séries BD sur ce sujet, qui est aussi régulièrement adapté dans l’univers des jeux en ligne comme avec cette machine à sous spéciale Dr Jekyll et Mr. Hyde !

Une filmographie vertigineuse

Il ne faut pas oublier que ce Joker a déjà eu une longue et prolifique carrière avant sa consécration ultime en 2020. L’acteur a très tôt joué pour les plus grands réalisateurs. Lorsqu’on en fait l’énumération, on ne peut qu’être d’accord, après une légère sensation de vertige. On trouve dans sa filmographie des grands noms du cinéma comme les réalisateur Row Howard (Portrait craché d’une famille modèle, 1989), Gus Van Sant avec lequel il a tourné dans Prête à tout (1995) ou encore  Don’t Worry, He Won’t Get Far On Foot (2018). On note aussi l’excellente collaboration avec Oliver Stone (U-Turn, 1997), ou ses rôles joués pour James Gray qu’il retrouve dans The Yards (2000), La nuit nous appartient, Two Lovers et The Immigrant. C’est plutôt Ridley Scott qui le fait découvrir au grand public dans Gladiator (où il joue le rôle de l’empereur). M. Night Shyamalan le fera jouer quant à lui dans Signes (2002) et Le Village (2004), puis viendra son rôle principal dans Walk the Line de James Mangold (2006)…

On se souvient plus récemment du fameux faux documentaire sur sa dépression post-retraite réalisé par Casey Affleck en 2009 : I’m Still Here. Pendant un an, on suit l’acteur censé être en dépression après la fausse annonce de sa retraite. Les provocations multiples envers le monde d’Hollywood, sa prise de poids et son laissé aller notoire le rendront si crédible que la supercherie sera rapidement dévoilée par le réalisateur pour ne pas nuire davantage au film. On l’a, enfin, retrouvé dans les films de Paul Thomas Anderson : The Master et Inherent Vice, dans Her de Spike Jonze, dans L’homme irrationnel de Woody Allen et même dans Les Frères Sisters de Jacques Audiard.

Alors oui, il existe d’innombrables adaptations de Dr Jekyll et Mr. Hyde, mais autant dire que cet univers mériterait d’être ajouté au long CV de Joaquin Phoenix pour porter ce nouveau projet avec toute l’originalité qu’on lui connait.

Histoires de loup, un livre pour enfants malin et bienveillant, écrit par Eric Coudert chez LC éditions

Histoires de Loup, Eric Coudert

Parmi la longue liste des livres pour enfants qui sortent chaque année, Histoires de Loup se démarque avec son ton de conte très réaliste agrémenté de touches savoureuses de fantastique. Le mélange fonctionne à chaque page d’une histoire faite pour tenir en haleine petits et grands. Le loup est toujours un personnage très méchant qui en veut cette fois non pas aux 7 chevreaux ou aux 3 petits cochons, mais au propriétaire d’une maison d’édition… spécialisée dans les histoires de loup! Le paradoxe est croustillant et plaira aux adultes chargés de raconter à leurs petits une histoire faite de bons sentiments. Transformé en huissier chargé de prévenir un éditeur de la liquidation de sa maison d’édition en cas de non-recouvrement d’une créance, le loup personnifie la crainte que peut susciter le système capitaliste anxiogène pour des petits artisans acculés par les dettes. Avec des pages alternant textes courts et images de contes, petits et grands pourront avaler ensemble le livre pour suivre le destin d’un éditeur tout prêt de se faire avaler par l’implacable machine capitaliste. Charge à l’adulte de s’amuser à varier les tons de sa voix pour tenir en haleine ses jeunes auditeurs jusqu’au dénouement final! Connu pour réaliser et animer le podcast familial à destination des parents Que faire des mômes?, Eric Coudert rajoute une corde à son arc avec ce premier ouvrage qui en appelle d’autres.

Mot de l’auteur: Un livre pour enfant est déjà un trésor en lui-même, mais « histoires de Loup » va bien au delà du simple conte. Il est le reflet de notre société, dans ses maux et ses remèdes. Imaginez un peu que le livre déjà mis à mal par les écrans se retrouve menacé de parution par celui-là même qu’il défend. Imaginez un loup venir détruire par le souffle des moyens financiers de notre modèle capitaliste la maison d’éditions spécialisée dans la mise en avant du loup et des « histoires de Loup ». Vous avez entre les mains le paradoxe du système, le scieur qui scie la branche sur laquelle il est assis. Entre imaginaire et réalité, Éric Coudert avec « histoires de Loup » mélange les frontières et revisite le conte où le coup de pouce peut venir de nul part, de partout et de soi-même. Quand les contes eux-mêmes se viennent en aide pour sauver la fabrique de livres, c’est tous les lecteurs de contes que nous avons été qui prennent le livre et transmettent aux générations futures les rêves, les espoirs, les aspirations et forgent l’imaginaire de demain.

Editeur: LC éditions

Auteur: Eric Coudert

Prix / Nombre de pages: 9,50 euros / 32 pages

« Thyeste » l’astre noir et glaçant qui marqua le Festival d’Avignon en 2018, est à (re)découvrir

"Thyeste" un astre noir et glaçant

« Thyeste » de Sénèque, traduction de Florence Dupont, mise en scène Thomas Jolly – Thyeste © Jean-Louis Fernandez

« Thyeste » un astre noir et glaçant qui marqua le Festival d’Avignon en 2018, est à (re)découvrir

Etoile montante de la scène contemporaine, Thomas Jolly a mis en scène des monstres politiques assoiffés de pouvoir et de cruauté : Henry VI marathon théâtral de 18 h (Molière 2015), Richard III, ou encore Eliogabalo, donné à l’Opéra Garnier la saison dernière.

« Thyeste » – l’une des pièces les plus radicales du répertoire sur fond de haine entre deux frères rivaux, d’infanticide et de cannibalisme, est à (re)découvrir à la fin de cet article en captation intégrale. Elle avait marqué l’ouverture du Festival d’Avignon en 2018.

Thomas Jolly en livre une version opératique spectaculaire, aussi furieuse que ténébreuse, en résonance avec cette tragédie vénéneuse où des enfants, victimes sacrificielles, convoquent l’humanité toute entière et sa déraison.

Le mal incarné

Atrée et Thyeste sont frères jumeaux. Tandis que le premier règne à Mycènes, le second tente de lui ravir le trône, n’hésitant pas à s’emparer du bélier d’or de la royauté avec l’aide de la femme d’Atrée, qu’il séduit. Il est chassé de Mycènes à cause de ce vol et de cet adultère. Mais la vengeance d’Atrée n’est pas assouvie. Feignant de vouloir se réconcilier avec son frère, il l’invite à sa table mais lui sert le plus abject des repas : la chair des fils de Thyeste qu’il a fait apprêter par ses cuisiniers. À la fin du repas, il lui révèle le sacrilège et ignore ses imprécations.

A l’abri d’une esthétique pop/rock, de lumières découpées au laser, d’effets visuels référencés et d’une ambiance sonore : métal/rap/électro qui électrise la violence sourde, Thomas Jolly déroule la tragédie et son impossible retour.

Une mise en scène spectaculaire 

Des moments forts égrènent la dramaturgie tels que l’arrivée de l’ancêtre Tantale sortant de terre à l’instar d’une rock star en costume de lumière, ou encore l’écoute du chœur antique scandé, entre slam et rap, sur fond de musique électro, en passant par le banquet funeste à la table infiniment longue et porteur de la malédiction des Atrides, dynastie marquée du sceau du meurtre, du parricide et de l’inceste.

Et le dramaturge traque sans répit le mécanisme qui transforme un héros, un homme avant tout, en figure démoniaque dont le mal absolu trouve ses racines dans la nature humaine et son dévoiement, faisant écho aux conflits fratricides d’aujourd’hui.

Le tout dans la traduction lumineuse et percutante de Florence Dupont qui aiguise chaque mot du philosophe, imprimant toute la démesure à cette infernale odyssée, et sans que la modernité de la mise en scène de Thomas Jolly ne dénature le texte, entendu admirablement.

Vêtu d’un saillant costume jaune, Thomas Jolly incarne avec aisance et beaucoup de justesse, le maléfique Astrée dont il rend palpable à travers le ressentiment intériorisé, la perversité, l’absolutisme irraisonné, tandis que de sa voix d’outre tombe, Annie Mercier est une impériale furie. Quant à Damien Avice, il est un Thyeste dévasté par la malédiction et son emprise mortifère. Bravo.

Captation intégrale jusqu’au 10/10/2020

L’état sauvage, un western surprenant de David Perrault, sortie DVD le 21 juillet (Pyramide Vidéo)

Le réalisateur David Perrault place son histoire dans un contexte général bien connu, la guerre de sécession fratricide entre états du nord et du sud dans les jeunes Etats-Unis. C’est une famille française émigrée de longue date qui doit faire le choix de rester au risque de représailles ou de repartir en France, avec les deux parents et leurs trois filles tiraillées entre un mystérieux passeur et une bande d’outlaws sanguinaires. Si L’état sauvage n’évite pas certains écueils, il propose néanmoins une relecture stylisée pour le moins originale du genre Western qui semble bien revenir en grâce.

Des femmes prises au piège de leur destin

Peu de gens savent que la France a détenu pendant longtemps une partie non négligeable de l’Amérique du Nord, jusqu’à ce que Napoléon revende ses parts. Lorsque la guerre de Sécession éclate, il reste un contingent de français ayant choisi l’aventure américaine. David Perrault s’attaque au genre du Western avec une histoire partie sur des bases inédites. Cette famille de négociants en parfum fait le choix de la fuite pour ne pas subir les foudres des troupes nordistes en approche suite à leur ralliement officieux aux troupes sudistes. Le père de famille Edmond (Bruno Todeschini) engage un homme de main nommé Victor (Kevin Janssens) pour mener sa famille vers une embarcation en direction de la métropole hexagonale. Avec eux suivent la femme d’Edmond, leurs trois filles (Constance Dollé et Alice Isaaz, Déborah François, Maryne Bertieaux) et une servante dévouée. Suivis par une bande menée par une femme mystérieuse (Kate Moran), ils traversent les dangers d’une route menée à travers des contrées sauvages. Violence et règlements de comptes parsèment le film de scènes tendues où les personnages ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Une fois le cocon familial quitté, la famille se retrouve en environnement hostile, là où les codes du grand ouest ont tôt fait de régler leur compte aux caractères trop timorés. Le film suit un faux rythme avec d’incessants ralentis accompagnés d’une musique comme à contre emploi, entre chamanisme et messe satanique. Les colons français doivent faire preuve d’endurance pour échapper aux troupes nordistes, aux rançonneurs démoniaques et à la nature sauvage prête à ne leur faire aucun cadeau. Ce deuxième long-métrage du réalisateur David Perrault, après le discret Nos Héros Sont Morts Ce Soir fait écho au récent film de Jacques Audiard, les Frères Sisters, pour souligner l’attrait d’une époque révolue sur les réalisateurs français. Si l’ambiance est placée sous l’égide des grands espaces et des règlements de compte expéditifs, le film n’échappe pas à quelques écueils formels avec des tirades un peu éculées et des situations par trop rocambolesques. Les mystères d’un pays encore nouveau, la quête d’identité de colons bientôt déracinés et des bandits sans visages cachés sous des masques rappelant Leatherface se bousculent dans une intrigue un peu brouillonne qui invoque le fantastique avec cette pensée vaudou enserrant la surface de toutes choses. Des plans visuels superbes sont contrebalancés par un voyage un peu trop romancé avec ces femmes de caractère perdues dans une quête qui les dépasse.

L’affiche invoque un propos féministe qui peine à convaincre. Ceci dit, L’État Sauvage aborde un sujet suffisamment dépaysant pour se prendre au jeu et s’oublier dans un scénario parfois biscornu mais assez envoutant pour tenir en haleine.

Synopsis: Etats-Unis, 1861, la guerre de Sécession fait rage. Une famille de colons français décide de fuir le Missouri où ils vivent depuis 20 ans. Edmond, Madeleine et leurs trois filles doivent traverser tout le pays pour prendre le premier bateau qui les ramènera en France. Victor, ancien mercenaire au comportement mystérieux, est chargé de veiller à la sécurité du voyage….

Nevada, tome 2 : BD de Duval, Pécau et Wilson (Delcourt)

Nevada, tome 2 : BD de Duval, Pécau et Wilson (Delcourt)

Route 99 est le second tome de Nevada, série BD des auteurs à succès Fred Duval et Jean-Pierre Pécau accompagnés pour le dessin par Colin Wilson et Jean-Paul Fernandez aux couleurs. Une équipe qui a déjà donné naissance à des séries phare comme Jour J ou encore WonderballNevada est un récit d’action à la sauce western où Nevada Marquez fait figure d’anti-héros rebelle.

Ce deuxième album l’envoie dans le quartier de Chinatown du côté de Los Angeles. Il doit assurer une livraison suspecte pour le compte de la sulfureuse Louise afin de faciliter la signature d’un contrat par les studios hollywoodiens qu’elle représente. Mais le colis qu’il porte attire la convoitise et la jalousie de la pègre locale. L’épisode prend rapidement l’allure d’une course-poursuite où les moteurs remplacent les équidés. Beaucoup d’action qui donne le temps d’apprécier le dessin admirable de Wilson.

Le scénario est plutôt soucieux de faire passer un bon moment de divertissement. Les ressorts de l’histoire sont classiques mais efficaces.

Ce second tome propose, en résumé, une bonne course-poursuite en compagnie d’un Nevada toujours en forme.

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

À peine remis de son excursion au Mexique pour y rattraper l’Étoile du Texas en mal d’émotions fortes, Nevada repart pour une nouvelle mission. Tout ne va pas se passer comme il l’espérait, mais après tout il a l’habitude.

Louise confie à Nevada, l’homme à tout faire des studios d’Hollywood, une livraison de la plus haute importance. À Los Angeles, dans le célèbre quartier de Chinatown, le destinataire attend ce « cadeau » qui facilitera la signature d’un contrat d’exclusivité avec le studio. Malheureusement, le contenu du paquet a l’air de beaucoup intéresser un chef des redoutables triades chinoises…

Date de parution : le 17 juin 2020
Scénariste(s) : Fred Duval et Jean-Pierre Pécau
Dessinateur(s) : Colin Wilson et Coloriste : Jean-Paul Fernandez
Genre : Action
Editeur : Delcourt
Prix : 14,95 €
Acheter sur : Amazon

Vignobles & Signatures, une dégustation renversante de vins de 4 domaines au Bistrot du Sommelier

C’est dans le cadre cosy et élégant du Bistrot du Sommelier (97 boulevard Haussmann 75008 Paris) que le Club Vignobles et Signatures a convié quelques critiques vins pour un grand moment de gastronomie. D’abord sous un soleil radieux, puis dans la cave séculaire du restaurant, les échanges se sont multipliés pour de belles confirmations vinicoles avec les vins d’Alsace du Domaine Paul Blanck & Fils, les vins du Roussillon de Coume del Mas, le Muscadet de Guilbaud frères et les vins de Bourgogne du Domaine Roux.

Des vins de prestige

C’est sous un soleil annonciateur d’un bel évènement que la dégustation proposée par le Club Vignobles et Signatures a débuté. Pour rappel, ce club de prestige créé en 1984 regroupe 20 appellations de qualité provenant de toutes les régions viticoles hexagonales. La mise en commun des moyens et des pratiques commerciales permet une optimisation sans pareil pour la vente de 12 millions de bouteille chaque année pour 18 familles de vignerons unies dans un but commun. C’est dans une cour ensoleillée que les critiques ont pu découvrir deux cuvées par propriété. Les muscadets de Guilbaud Frères ont ouvert le bal avec deux joyaux, le Domaine de la Moutonnière 2018 (6,20 euros) et le Soleil Nantais 2019 (7,20 euros). Tous deux composés de Melon B, ils démontrent une fois de plus que le Muscadet n’est pas qu’un vin de soif et peut atteindre un niveau de qualité réconfortant. C’est ensuite les alsaciens du Domaine Paul Blanck & Fils qui a proposé un F Pinot noir 2014 (23 euros) et un Rosenbourg Riesling 2017 (14 euros) tout à fait représentatifs de ce que l’Alsace peut proposer comme vins de qualité. Le Domaine Roux n’y est pas allé par 4 chemins pour proposer le meilleur de la Bourgogne. Un Clos des Pourzots Meursault 2017 (70 euros) et un Chassagne Montrachet Les Morichots 2017 (Chardonnay, 48 euros) ont émerveillé les palets de critiques sous le charme de la parfaite structuration des vins. Coume del Mas a fermé le bal avec le Folio 2019 (Grenache gris 90% et Grenache blanc 10%, 19,50 euros) et Schistes 2019 (Grenache noir, 19,50 euros), représentants d’une région qui s’étale entre la mer et des cieux plus élevés.

Un déjeuner tout en harmonie

C’est Philippe Faure-Brac lui-même qui a contribué à l’accord mets-vins tout au long du repas. Le Meilleur Sommelier du Monde 1992 a choisi les vins les plus à même de sublimer les plats proposés par le chef Guillaume Saluel. En compagnie des illustres représentants des domaines, les convives n’ont pas chômé. Le Saint Aubin Sur le sentier du Clou blanc 2017 du Domaine Roux a émerveillé les participants avec son Chardonnay bien équilibré. L’entrée est arrivée, des Langoustines rôties travaillées à la feuille de Lime accompagnées du Riesling Furstentum 2017 du Domaine Paul Blank & Fils (23 euros) et du Château Pingossière 2016 de Guilbaud & Frères (7,50 euros). Un régal. Le Quasi de veau aux girolles et brisure de truffe n’a pas démérité non plus avec le Clos de la roche Grand cru 2017 du Domaine Roux (Pinot noir, 240 euros) et les Abysses 2017 (Collioure rouge, 36 euros) de Coume del Mas. Le Framboisier final remportait tous les suffrages pour un repas riche en émotions et pourtant très léger.

Le Club Vignoles et Signatures a bien fait les choses pour faire découvrir quelques fleurons de sa flotte viticole. Le Bistrot du Sommelier s’est révélé un écrin parfait pour une dégustation rêvée. Les références de vin sauront certainement vous donner envie de déguster des bouteilles de haute qualité adaptées à des repas de pure élégance!

Grand Orient, une BD de Jérôme Denis et Alexandre Franc (Ed. Soleil)

Grand Orient, une BD de Jérôme Denis et Alexandre Franc (Ed. Soleil)

Grand Orient propose une plongée amusée dans l’anti-chambre de la Franc-maçonnerie, au coeur de loges à taille humaine dont la simplicité et les petits tracas du quotidien ne sont pas sans rappeler la vie de tous les jours de Monsieur et Madame tout le monde en collectivité. 

Jérôme Denis offre avec cet album un regard tendre sur les coulisses d’Obédiences diverses, de la plus modeste jusqu’au Grand Orient , démystifiant la franc-maçonnerie avec une sincérité amusante. Le scénariste témoigne en effet de sa propre expérience avec malice et bienveillance, ayant suivi le même parcours que son personnage principal Philippe. Le profane découvrira les rituels maçonniques comme l’intronisation, dans une ambiance souvent très décontractée.

Grand Orient est une comédie douce qui tort le cou à de nombreux fantasmes sur la Franc-maçonnerie et s’amuse de manière décomplexée de ce décalage avec la ou les réalités, fonction des obédiences. L’album est illustré tout en sobriété par Alexandre Franc qui colle très bien au propos.

La BD est chapitrée en différents moments de vie et l’on suit l’évolution de Philippe au sein de sa nouvelle famille. Même s’il manque de piments et de rebondissements, ce Grand Orient divertit par ses petites indiscrétions avec beaucoup d’humanité.

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Une délicieuse comédie sociale sur la réalité de la Franc Maçonnerie, par un spécialiste du sujet.

Philippe, 30 ans, parisien, voulait entrer en Franc-Maçonnerie. Commence alors pour lui un quotidien loufoque, tendre, très humain avec les Frères et Soeurs de sa Loge. Loge qui subit des problèmes organisationnels risibles. Jérôme Denis, journaliste et franc-maçon au Grand Orient nous propose une histoire inspirée de son expérience, dévoilant « la réalité de la Maçonnerie » loin des scandales financiers ou des grands élans mystiques, présentant ses paradoxes, ses ridicules, et la recherche bancale et maladroite d’un idéal.

Date de parution : le 27 mai 2020
Scénariste(s) : Jérôme Denis
Dessinateur(s) : Alexandre Franc
Genre : Comédie
Editeur : Soleil
Prix : 17,95 € (112 pages)
Acheter sur : Amazon

Ulysse contre le cyclope, de la série Mythologie & compagnie (Nathan)

Ulysse contre le cyclope, de la série Mythologie & compagnie (Nathan)

Nathan sort une nouvelle série : Mythologie & compagnie. Elle comprend les plus grands romans de la mythologie grecque, réécrits, et illustrés pour les jeunes lecteurs de 7 à 9 ans.

Publik’Art vous a fait découvrir la série par : Antigone, la révoltée.

Aujourd’hui, c’est au tour d’Ulysse contre le cyclope. Voilà une histoire effrayante. Ulysse débarque sur une île inconnue. Ce n’est pas l’île d’Ithaque dont il est le roi. Il décide de s’y arrêter quand même. Pour se ravitailler. C’est alors qu’il va faire la rencontre du géant : le cyclope qui n’a qu’un œil. Lui et ses marins sont en danger. Comment vont-ils s’en sortir ? Le cyclope avale les marins les uns après les autres… Que va faire Ulysse pour y échapper ?

L’histoire est écrite par Hélène Montardre et joliment illustrée par Romain Mennetrier.

Après Antigone, Ulysse, les jeunes lecteurs pourront découvrir Orphée, Pégase, Hercule, Ariane… Une série mythologique faite pour eux !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : juin 2020
Auteur : Hélène Montardre
Illustrateur : Romain Mennetrier
Editeur : Nathan
Prix : 6,20 €

Le jardin des Finzi-Contini, un film éternel de Vittorio De Sica, ressortie en salles le 22 juillet en version restaurée 4k

Le jardin des Finzi-Contini, Film de Vittorio de Sica

Ours d’or au Festival de Berlin 1970 et Oscar du meilleur film étranger 1971, le jardin des Finzi-Contini a marqué l’histoire du cinéma. Le grand réalisateur Vittorio de Sica narre l’histoire de familles juives opulentes dans une Italie au fascisme ascendant au cœur des années 30. Métaphore de l’aveuglement général d’une caste sociale qui se pensait intouchable, le film mélange scènes de tennis languides, amourettes inconséquentes et danger de plus en plus prégnant d’un régime mussolinien liberticide. Ce chef d’œuvre ressort en salles le 22 juillet dans une version restaurée 4K à découvrir pour un vrai plaisir des sens.

Une ressortie en salles à ne pas manquer

Vittorio de Sica choisit de faire débuter son film dans la plus parfaite légèreté. Des jeunes gens jouent au tennis, font des ballades à vélo, rient aux éclats, tout n’est que luxe, calme et volupté. La magnifique Dominique Sanda est au centre d’un marivaudage qui sent bon l’apesanteur et la versatilité. Mais ce ton léger et badin bascule petit à petit comme dans le roman éponyme de Giorgio Bassani, alors que la montée irrésistible de l’antisémitisme en Italie entre 1938 et 1942 fait courir un risque mortel à une grande famille aristocratique juive de Ferrare qui ne voit pas le danger approcher inexorablement. En préférant restés cloitrés dans leur propriété aussi gigantesque que magnifique, avec des cours particuliers pour les enfants et de la place plus qu’il n’en faut, les Finzi-Contini préfèrent ignorer les faits plutôt que de s’y confronter, à croire que les privilèges séculaires les rendent aussi vaniteux qu’aveugles. La jeune Micòl interprétée par Dominique Sanda personnifie à elle seule l’intemporalité de sa condition aristocratique, au-dessus de toute contrainte matérielle contraignante et détachée de la réalité. La relation amoureuse entre elle et le jeune intellectuel bourgeois juif pourrait être l’intrigue principale du film si elle ne s’insérait dans un contexte des plus tragiques. Le désir et le marivaudage semblent bien dérisoires face au destin d’une famille que l’histoire va anéantir.

Cette ressortie en salles du Jardin des Finzi-Contini en version 4K restaurée est un des grands évènements cinéma de l’été. Difficile de résister à la tentation vu la grande majesté d’un film réalisé par un des maitres du cinéma italien.

Synopsis: Italie, 1938… Alors que l’idéologie fasciste imprègne insidieusement les moeurs italiennes, les mesures anti-juives se multiplient et les clubs sportifs sont interdits aux membres non aryens. Les Finzi Contini, pilier de l’aristocratie de Ferrare, accueillent des jeunes gens de la petite bourgeoisie sur les courts de tennis dans l’immense parc qui entoure le palazzo familial. C’est ainsi que Giorgio a l’occasion de revoir son amie d’enfance, Micol, son premier et éternel amour.

https://www.youtube.com/watch?v=SUMkRWry3HA

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