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Debbie et moi, le premier album à textes de Thomas Cousin sort le 15 Septembre 2020 chez Champ Libre

Thomas Cousin dévoile son premier single Perdre le sommeil comme un témoignage de son univers bien à lui avec des textes travaillés aux images lumineuses. Les souvenirs semblent ravivés avec art dans une ambiance très chanson française et à la belle musicalité pop. Son album Debbie et moi paraitra le 15 septembre pour une plongée passionnante à découvrir rapidement chez Champ libre.

Un album solo rempli de textes personnels

Thomas Cousin aime à accumuler les casquettes. A la fois auteur, compositeur et musicien, il officie depuis déjà plus de 20 ans dans le monde de la musique. Passé par les groupes Aron’C, Tax Brothers & the old Racoon et Shy, l’artiste tente aujourd’hui l’expérience solo avec un premier album difficile à oublier. Habitué à l’écriture et à la composition pour d’autres artistes, celui qui fut d’abord guitariste tente maintenant l’expérience du chant avec sa voix éraillée si caractéristique, qui semble tendue comme un arc prêt à claquer. Le besoin d’écrire des textes intimes l’a étreint à la faveur de la naissance de sa fille. Debbie et Moi est un album éminemment personnel, enregistré tout seul comme un grand, sur une durée plus longue que d’habitude car sans attentes ni pression grâce à ses connaissances dans les domaines de la réalisation et de l’arrangement. Il a même assuré tout seul les parties instrumentales pour livrer un album brut mais truffé de sonorités diverses, personnel mais universel, spontané mais arrangé divinement. Thomas Cousin évolue dans un monde proche de la chanson française à texte de qualité, avec des sonorités pop et même de l’électronique à l’occasion. L’album débute avec un Voir la mer plein de langueur accompagné d’une petite guitare pleine de sensibilité. Dans ma tête gagne en rythme comme un témoignage privé, le chanteur révèle la comète dans sa tête avec un rythme presque dansant. Chanson de pluie rappelle les années 80 avec ses sonorités synthétiques, et toujours cette voix esquintée, comme passée au papier de verre. Pas comme tout le monde débute comme une comptine avant de faire penser à des chansons de Jacques Brel, belles forcément. J’crame tout se fait en duo avec Aron Cohen pour de la pop qui pourrait bien passer à la radio.

Les 7 autres chansons creusent le sillon d’un auteur exigeant qui pourrait bien percer à la faveur d’un premier album finement travaillé avec ces chanson envoutantes. Les plus curieux se demanderont mais qui est donc cette Debbie? Le recto ou le verso de l’album apporteront une réponse claire avec cette photo de couple et une autre de petite fille. Personnel, on vous le disait!

Total Recall, le classique de Paul Verhoeven ressort en salles en version 4K le 16 septembre

Revoir Total Recall en 2020, c’est un saut temporel surprenant. Car le film de Paul Verhoeven sorti en 1990 était à l’époque tellement avant-gardiste et précurseur qu’il a quelque peu subi les outrages du temps, surtout du point de vue esthétique. Alors l’avantage reste que si le film contient des effets spéciaux devenus maintenant un peu kitchs et surannés, il n’a aucunement perdu de sa puissance et de son ambiance viscérale. Le revoir en version 4K est le bon moyen d’en juger aujourd’hui, dès le 16 septembre même!

Un must de la science-fiction

Total Recall est devenu avec le temps un des 2 ou 3 rôles les plus marquants de la carrière d’Arnold Schwarzenegger avec Predator, Last Action Hero ou Terminator 2. En interprétant le personnage de Doug Quaid, balloté entre rêve et réalité, il a tenté l’expérience d’un film loin de ses standards habituels auprès d’un réalisateur iconoclaste sur le point d’exploser à la face du monde avec Basic Instinct en 1992. Paul Verhoeven densifie la simple trame du film de science-fiction avec des références à une propagande d’état enserrant les médias jusque dans les télévisions posées dans le métro avec pour effet une paranoïa omniprésente. Le doute du héros sur ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas se communique très vite à un spectateur longtemps désorienté vis-à-vis de scènes originales. Surtout que le film utilise des effets spéciaux à l’ancienne, bien avant que l’ère du numérique ne change tout pour toujours, pour une mise en scène inventive et décalée. Le réalisateur a été le dernier d’une longue série de postulants ayant échoués à mettre en branle l’épineux projet Total Recall, et il n’a pas tremblé, livrant un divertissement aussi passionnant que rythmé. Le futur et le présent cohabitent dans une ambiance qui a marqué l’histoire du cinéma. Entre violence viscérale et humour, le réalisateur n’hésite pas à jouer sur plusieurs tableaux pour un résultat entre satire sociale et thriller. Mais le point central du film, c’est évidemment ce Schwarzy échappé de ses machines à cash habituelles et démontrant qu’il est tout à fait crédible dans un rôle plus épais que d’habitude. A ses côtés, le casting est à la hauteur avec notamment Sharon Stone et Michael Ironside qui apparaissent dans des scènes devenues cultes. Alors la question se pose, le film a-t-il vieilli aujourd’hui? Au contraire, pourrait-on dire, il livre un vibrant témoignage sur ce que les années 80 pensaient du futur, et ça se regarde avec toujours autant de plaisir, surtout que la version 4K apporte une image encore plus nette à l’écran, pas de raisons de se priver.

Total Recall s’inscrit dans ces années 80 riches en films d’actions qui ont marqué l’histoire du cinéma. Surtout que le réalisateur a su s’appuyer sur diverses thématiques pour creuser son film très profond et le rendre plus que regardable à l’infini, hier comme aujourd’hui. Le film est à redécouvrir au cinéma le 16 septembre en version 4K, pour votre plus grand plaisir.

Synopsis: 2048. Doug Quaid rêve chaque nuit qu’il est sur la planète Mars à la recherche de la belle Melina. Sa femme, Lori, s’efforce de dissiper ce fantasme. Doug va bientôt s’apercevoir que son rêve était artificiel et que sa femme est une espionne chargée de veiller à son reconditionnement mental.

Un Fils, l’intense film de Mehdi M. Barsaoui sort en DVD le 8 septembre 2020

Un fils débute tel une histoire familiale banale, heureuse et insouciante. Mais le drame ne tarde pas à surgir pour remettre en cause les certitudes et plonger les protagonistes dans les doutes les plus intenses. La famille tunisienne plutôt bien lotie et confortablement installée doit faire face aux turpitudes engendrées par l’extrémisme aveugle quand leur fils est la victime d’une balle perdue. Le temps du film est calé avec l’avènement de la révolution tunisienne en 2011, avec son lot de souffrances et de drames. Le film est une vraie plongée dans le chaos et se transforme rapidement en thriller épileptique pour un intense moment de cinéma, à découvrir en DVD le 8 septembre prochain.

Un film qui retourne le spectateur

La Tunisie est juste de l’autre côté de la Méditerranée et les antagonismes sont criants entre tenants de la tradition, modernistes et population prise en otage entre les deux. C’est avec le socle familial que les choses parviennent à rester en équilibre, au delà des traditions millénaires ou de la pensée scientifique cartésienne. Quand Farès (Sami Bouajila)et Meriem (intense Najla Ben Abdallah ) voient leur fils s’écrouler et rester entre la vie et la mort, leurs certitudes s’effondrent, jusqu’à remettre en cause, justement, le fragile équilibre familial. Car le secret caché de Meriem ne peut plus être gardé sous silence quand les médecins vont procéder à un test génétique sur leur fils blessé Aziz (Youssef Khemiri). Ce n’est plus à un seul drame auquel assistent les spectateurs, mais à 3 drames abordés en parallèle. Le fils meurtri, le couple en plein tourment et le pays tout proche de basculer dans la violence. La Lybie toute proche devient partie prenante de l’histoire et le spectre islamiste parait plus proche que jamais. La réalisation de Mehdi M. Barsaoui reprend l’efficacité de l’autre chef d’œuvre La belle et la meute dans lequel il officiait en tant que 1er assistant réalisateur, et également pour le documentaire Le challat de Tunis. Ce premier film est un thriller aussi efficace qu’émouvant avec deux acteurs principaux qui parviennent à communiquer la tension de leurs sentiments, entre fierté et amour filial inconditionnel. Le personnel médical est montré sous un jour extrêmement exigeant et compétent, en dépit de solutions difficiles à trouver dans un pays aux traditions si vivaces. Les lueurs d’espoir sont rares et interviennent souvent à la limite de la légalité. Le cœur serré des deux parents gagne encore en profondeur, de manière de plus en plus tendue, tandis que le compte à rebours des médecins tourne de plus en plus vite. La vie qui bascule, les manœuvres désespérées pour sauver la vie de leur fils, le film tient en haleine tout au long d’1h36 qui ne laissent pas une minute de répits.

C’est avec le souffle coupé que le spectateur suit Un Fils, jusqu’à une scène finale intense en émotion. Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de découvrir ce film au cinéma, la sortie en DVD le 9 septembre est une bonne occasion pour plonger dans une histoire difficile à oublier.

Synopsis: Farès et Meriem forment avec Aziz, leur fils de 9 ans, une famille tunisienne moderne issue d’un milieu privilégié. Lors d’une virée dans le sud de la Tunisie, leur voiture est prise pour cible par un groupe terroriste et le jeune garçon est grièvement blessé.

Ting Tang Sap Sap, une BD très bonne ambiance à découvrir le 9 septembre aux éditions La boîte à Bulles

Ting Tang Sap Sap raconte l’histoire d’Hippolyte, un jeune homme têtu et décidé à conquérir le cœur d’Adjaratou. Il a une semaine pour rassembler 1 million de Francs CFA sinon elle continuera à se moquer de lui sans aucun espoir de la séduire. La BD narre les exploits du jeune homme débrouillard et futé pour rassembler cette somme faramineuse à force d’astuces, d’idées novatrices et de débrouille. Les 144 pages de la BD offrent une bonne dose de bonne humeur communicative et une belle leçon de résilience en plein cœur de la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou.

Un jeune héros sympa et téméraire

Ce qui frappe dès les premières pages, c’est l’authenticité de cette plongée en plein cœur du Burkina Faso actuel. Les interjections locales fusent, les expressions s’accumulent et les personnages se charrient constamment dans une bonne humeur communicative. Personne ne prend ombrage des pics reçus et tout le monde prend à la rigolade toutes les réparties. Au Pays des Hommes intègres, la vie avec la famille et les amis passe avant tout le reste et quand le jeune héros Hyppolite se met en tête de remporter son pari contre Adjaratou, il se creuse tant et si bien les méninges qu’il rivalise de bonnes idées tout au long des 7 jours le séparant du terme du challenge. Malgré les doutes et les angoisses, il trouve au fond de lui-même les ressources pour se dépasser et réaliser son rêve. En cela, la BD se transforme vite en fable sur les capacités de chacun à se réaliser avec un tant soit peu de jugeote et de volonté. Les dessins très réalistes de Louise-Marie Colon et Benjamin Vinck donnent vie aux paysages urbains de Ouagadougou et ne laissent aucun doute sur la possibilité d’une telle histoire dans la vie réelle. Les péripéties défilent tout au long de 7 journées passées tambour battant par le jeune héros tout occupé à récolter la somme désirée, avec derrière lui les encouragements du lecteur trop heureux de le voir avancer dans sa quête.

Tang Tang Sap Sap est une vraie feel good BD à découvrir le 9 septembre en librairie pour dévorer les aventures du jeune Hyppolite et se plonger dans un monde de couleurs et de bonne humeur.

Synopsis: Au Burkina Faso, de nos jours : Hippolyte sirote tranquillement une bière en compagnie de sa troupe de comédiens fauchés, quand débarque la merveilleuse Adjaratou. Il tente une approche vers cette divine créature qui, entre deux plaisanteries sur l’incompatibilité de leurs ethnies respectives, lui lance un défi pour calmer ses ardeurs : s’il arrive à réunir un million de francs CFA sous une semaine, elle
l’épousera. Hippo accepte sans hésiter, et se met aussitôt en quête de cet argent. Pour cela, il élabore différents stratagèmes des plus farfelus aux plus astucieux. Pour cela, il peut compter sur le soutien de sa famille et de ses amis bluffés par sa débrouillardise.
Parviendra-t-il à conquérir la belle demoiselle ? Ting Tang Sap Sap est une ode teintée d’humour à l’art de la débrouille et à la solidarité.
Un beau voyage, dépaysant et drôle, servi par un trait d’une rare finesse.

Editeur: La Boîte à Bulles

Auteurs: Anaële Hermans, Louise-Marie Colon, Benjamin Vinck

Nombre de pages / Prix: 144 pages / 22 euros

La joute oratoire et terrestre autour du désir de Koltès, revient à Paris

La joute oratoire et terrestre autour du désir de Koltès, revient à Paris
Dans la solitude des champs de coton. de Bernard-Marie Koltès © Roland Auzet 2017

La joute oratoire et terrestre autour du désir de Koltès, revient à Paris

La pièce jouée à l’origine par un noir et blanc (Laurent Malet et Isaac de Bankolé) puis par deux blancs (Laurent Malet et Patrice Chéreau) est portée pour la première par deux femmes : Anne Alvaro et Audrey Bonnet.  

Dans cette pièce de Koltès, deux personnages s’affrontent autour d’un accord indicible, le désir. Les deux comédiennes interprètent avec force ce texte aux accents métaphoriques. Dans la mise en scène de Roland Auzet qui dépasse la seule vision de la représentation par une immersion dans l’intime de la poésie âpre du poète, grâce à des casques auditifs remis aux spectateurs, les mots fusent et résonnent au combat des deux protagonistes.

Le spectacle s’ouvre durant quelques instants par une désorientation du public qui, invité à rejoindre la scène plongée dans la pénombre, se raccroche aux voix amplifiées avant de découvrir la silhouette du « dealer » et de son « client » qui s’abordent dans la nuit.   

L’un est le vendeur d’une marchandise mystérieuse qu’il refuse de dévoiler, l’autre l’acheteur est en prise avec un désir secret qu’il refuse de nommer. La transaction commerciale est la métaphore du conflit entre les personnages et traite du rapport entre le dominant  et le dominé. Dans cette conjonction, les deux comédiens tour à tour se cherchent, se séduisent, s’esquivent et s’opposent.

[…] une danse de  mort […]

La mise en scène marque très justement l’opacité du rapport de force qui se joue. Elle souligne cette lutte animale qui existe entre eux mais aussi ce besoin de langage et donc de civilisation.

Les joutes verbales sont introduites au rythme d’un dialogue brûlant qui se noue et se charge de complexité, d’emportement, de légèreté voire d’humour.

Le duel verbal dans une langue imagée se nourrit d’une stratégie de séduction et d’intimidation. Les répliques sont, en apparence, explicites et crues, mais en fait elles sont sujettes pour le spectateur à une interprétation. Elles suggèrent toute une représentation de l’interdit, du secret, où la mauvaise foi, les ruses et les dénis sont présents, sans être immédiatement perceptibles.

On est saisi par la danse de mort entre les deux partenaires-adversaires du dialogue. Au-delà du texte même très poétique et rythmique, ce sont par leur mouvements, leur rapprochements et leur distance que se décodent les pulsions, les manipulations, les mensonges et les rapports de force des deux personnages. L’une prétend « je suis capable de vous éblouir de mes non ! » l’autre rétorque « toutes les sortes de oui, je les sais ! ».

[…] Un texte fort aux accents métaphoriques […]

De ce contact mortifère entre le dealer (Anne Alvaro) et le client (Audrey Bonnet), tous deux intenses, le public perçoit la tension dramatique qui va du désir à l’hostilité puis tend jusqu’à l’extrême précarité, des relations humaines qui en découlent.

Dates : 2 septembre 2020 – Lieu : Parvis de la BNF, Paris 13 – 21h 
3 et 4 septembres – Lieu Les Plateaux Sauvages 5, rue des Plâtrières 75020 Paris
Metteur en scène : Roland Auzet l Avec : Anne Alvaro / Audrey Bonnet

Visite du domaine Chassenay d’Arce, compte rendu d’un voyage de presse fastueux au cœur de l’exploitation viticole

La maison de champagne Chassenay d’Arce a convié une petite équipe de journalistes le 27 août dernier pour une journée de découvertes en plein cœur de la côte des Bar, non loin des vignobles au sol kimméridgien autrefois recouvert par la mer, où s’affairait des équipes en charge des vendanges annuelles. Ce sont le président Franck Barroy et le directeur Manuel Henon eux-mêmes, en compagnie de la responsable marketing et communication Elise Dinquel qui ont accueilli les visiteurs, sourire aux lèvres et toujours un bon mot pour répondre aux questions. La vision de paysages d’une pureté infinie avec des vignes s’étendant à perte de vue a été guidée sous la houlette de la conseillère viticole Sabrine Da Paz et c’est le responsable œnologie maison Brice Bécard qui a organisé un atelier de dégustation en préliminaire d’un déjeuner en tout point parfait. L’occasion de déguster les champagnes Chassenay d’Arce en plein accord avec des mets succulents était trop belle pour ne pas le relater!

Une maison de vignerons à la forte identité

Ce sont 5 pionniers qui ont été à l’origine de la fondation de la maison Chassenay d’Arce en 1956 à Ville-sur-Arce. Avec maintenant pas moins de 130 familles et 3 générations de vignerons, la Maison Chassenay d’Arce peut compter sur une large expérience viticole pour assoir ses ambitions et continuer à surprendre. L’esprit initial de de coopération, de solidarité et de transmission des savoirs a depuis lors toujours perduré pour permettre à l’appellation de s’enrichir et de faire fructifier son savoir faire. Le vignoble Chassenay d’Arce s’étend au cœur même de la Côte des Bar sur près de 315 hectares et 12 villages répartis le long de la rivière l’Arce. Avec des cépages majoritairement Pinot noir, mais aussi Chardonnay et Pinot blanc, la maison Chassenay d’Arce s’inscrit dans la démarche environnementale Vignerons Engagés pour une culture raisonnée qui a abouti fin 2019 à la sortie d’une première cuvée Bio millésime 2013. Le label est audité par l’AFNOR tous les 18 mois. Il s’appuie sur la norme ISO 26000, référence internationale reconnue par plus de 100 pays pour le développement durable et la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE).

Les cuvées Chassenay d’Arce sont reconnues pour leur finesse et leur élégance en bouche que des prix accessibles permettent de découvrir dans de nombreux points de contact. Disponibles notamment chez les cavistes Le Printemps du Goût et Le Repaire de Bacchus, les champagnes Chassenay d’Arce sont reconnaissables par leur nouvelle présentation visuelle avec un logo symbolisant le lien qui unit tous les membres de la Maison, l’habillage riche de couleurs fortes et chaleureuses, évocatrices du style de chaque cuvée.

Une dégustation presque complète des gammes 2020

Pour profiter à plein de cette période de vendanges, le sommelier Brice Bécard a débuté la session de dégustation par les jus de raisin récemment récoltés. Mou de Chardonnay et Mou de Pinot noir ont fait valoir leur faible acidité et leur beau potentiel. Ce sont également les raisins de Pinot noir en cours de fermentation qui ont été dégustés, ce fameux Bourru, première étape d’un long processus de fabrication. Après ce préambule très intéressant, le temps de la dégustation proprement dite a pu débuter. La gamme Les Essentielles a vu la Cuvée première ravir les convives, avec ses 61% de Pinot Noir et 39% de Chardonnay. A 24,90 euros la bouteille, c’est un brut entrée de gamme léger, fin et très agréable. La cuvée rosé se distingue par sa belle couleur que les 64% de Pinot noir, 34% de Chardonnay et 2% de Pinot blanc font joliment briller de mille feux (27,40 euros). Pour la gamme les Caractères, 3 bouteilles ont été testées. Le Vintage 2008 (28,50 euros), le fameux bio 2013 (36,70 euros) et le magnifique Pinot blanc 2012, très minéral, composé exclusivement de Pinot blanc pour un vrai plaisir en bouche (45,90 euros). La gamme Les Confidentielles a vu le 100% Pinot noir Confidences (56,10 euros) et le Confidences 2012 (66,30 euros) faire le bonheur des convives. Les questions se sont enchainées une heure durant pour connaitre les meilleurs accords mets vin et connaitre les subtilités de champagne tous différents grâce au travail d’orfèvre du sommelier. Pas une cuvée ne se ressemble et la qualité des champagnes dégustés ne fait aucun doute, ce qu’a confirmé le déjeuner.

Un champagne parfait pour agrémenter les repas de qualité

C’est au cœur des sous-sols centenaires du domaine que des tables richement pourvues ont accueilli les participants du déjeuner. Le nouveau directeur Manuel Henon arrivée en 2020 a participé au repas en compagnie d’Elise Dinquel et de Sabrine Da Paz pour répondre à toutes les questions de journalistes curieux et intéressés. La nouvelle identité le marque a été longuement abordée entre premier plats composés de saumon, ceviche de daurade et homard, avant le passage à un foie gras savoureux et à des salades de légumes savamment préparées. Le cuisinier maison a composé un assortiment de plats exceptionnel pour parfaitement marier les saveurs avec les champagnes Chassenay d’Arce.

La Côte des Bar située à proximité de la ville de Troyes non loin de la Bourgogne est un cadre idyllique pour échafauder des cuvées à découvrir. Un dernier coup d’œil à l’immense salle souterraine renfermant les cuves a suffit pour se convaincre de la démarche totale de la Maison Chassenay d’Arce, entre tradition et modernité, savoir faire et ambition.

Informations: Champagne Chassenay d’Arce
Président : Franck BARROY
Directeur : Manuel HENON
Responsable œnologie : Brice BÉCARD

11 rue du Pressoir – 10110 Ville-sur-Arce – France – +33 (0)3 25 38 30 70

champagne@chassenay.com – www.chassenay.com

Rap en stock avec l’album Règle d’or de la jeune chanteuse Marie-Gold, disponible depuis le 27 mars 2020 (Les Faux monnayeurs)

Marie-Gold, Règle d’or, Les faux monnayeurs

Marie-Gold a fait paraitre en 2018 son premier EP Goal: une mélodie. Depuis son Montréal local, elle envoyait ses good vibes teintées de poésie avant de remporter le prix du EP rap de l’année au GAMIQ sacrant ses efforts autodidactes et surtout solitaires. 2 ans plus tard, la rappeuse dévoile son premier album Règle d’or pour lequel elle n’hésite pas à enchainer des collaborations qui enrichissent l’album d’inspirations diverses, mais toujours placées sous le signe d’un rap inspiré et volontaire.

Une artiste à suivre

Même sans être un fanatique de cette musique urbaine, Règle d’or pourra vous séduire par l’art consommé de la rime prônée par une chanteuse décidée à percer. Les flows se suivent dans une belle unité faite de cohérence et de recherche appliquée. Les expérimentations se suivent pour un album que l’inspiration de Marie-Gold parvient à construire morceaux après morceaux. Les lignes tranchées, à l’évidence toujours renouvelée, la fluidité et le rythme ne faiblissent jamais pour 11 morceaux qui créent une vraie attirance. Depuis La Seule règle jusqu’à Pousse ta luck en passant par Aucun bling, aucune vulgarité ni aucun raccourci par les codes parfois paresseux du rap, la chanteuse sait creuser ses morceaux. Et les hexagonaux tomberont sous le charme de cet accent pas anodin, surtout quand elle prononce le mot Luck à la québécoise dans Pousse ta luck. Le français est prédominant avec des incursions anglaises qui se mélangent avec talent. Marie-Gold invite des artistes issus des scènes musicales québécoise et francophone pour des incursions qui ne dépareillent pas. La connexion de la jeune chanteuse avec une culture rap toujours vivace convainc très vite. Le label Faux Monnayeurs se charge de distribuer l’album sur toutes les plateformes et de rendre visible le clip de Mémoire sur artsixMic. Après une première expérience au sein de la formation Bad Nylon, c’est un séjour en Belgique qui décide la rappeuse de tenter sa chance en solo, ce qu’elle fait après son retour à Montréal pour le premier EP que l’on sait. Elle a participé au festival OUMF, à la Osheaga Block Party, au MEG, au FRIMAT et également aux Francos de Montréal. La jeune femme a la tête bien faite puisqu’elle a poursuivi ses études en génie physique à la Polytechnique de Montréal.

Règle d’or est un album qui se redécouvre écoutes après écoutes, accessible à tous, fans de rap confirmés ou néophytes. L’album est disponible, il ne reste plus qu’à découvrir cette chanteuse à l’inspiration foisonnante et au talent palpable.

Tu mourras à 20 ans, le film de Amjab Abu Alala sort en DVD et VOD le 25 août 2020 (Éditeur: Pyramide vidéo)

Tu mourras à 20 ans

Tu mourras à 20 ans est un film aux particularités multiples. 8e film jamais produit au Soudan, il évoque le destin funeste d’un nouveau né destiné à mourir avant ses 20 ans, mais aussi et surtout le contexte ultrareligieux d’un pays plongé dans des croyances proches d’une superstition qui imprègne chaque existence. Le film rappelle un autre long métrage africain sorti en 2014, Timbuktu, avec son récit au plus proche de la réalité. Le film est à découvrir en DVD et VOD le 25 août pour une belle surprise, reflet de la vigueur actuelle du cinéma africain.

Entre clairvoyance et obsurantisme

Le film débute avec une scène qui évoque le poids de la religion sur les habitants et leurs consciences en plein coeur du Soudan contemporain. Une mère de famille médusée assiste à la prophétie du cheikh local, et tous les habitants en sont témoins. Le jeune Muzamil mourra le jour de ses 20 ans et personne ne doute de cette prédiction en forme de prophétie. La mère s’habillera désormais en noir pour porter le deuil à venir de son fils, le père fuit par peur. Le destin dujeune Muzamil est tout tracé jusqu’à son tombeau. Soufre-douleur de ses camarades, il est destiné à l’étude du Coran, devenant très doué dans cette discipline. Le spectateur assiste à l’existence d’un jeune homme de plus en plus crispé alors qu’il se rapproche de ses 20 ans. Le drame a priori inéluctable pour les protagonistes se teinte de doutes et de remises en causes, minimes mais lancinantes. Le regard perdu du jeune Mustafa Shehata remplit tout le film d’une belle dramaturgie. Le scénario de Yousef Ibrahim et Amjad Abu Alala souligne l’inquiétude grandissante du personnage résolu à ne pas subit les avanies d’un destin qui lui échappe. Décidé à ne pas subir, il tente malgré tout de se réaliser, mais il est difficile de briser une malédiction édictée dès les prémices de son avènement. Elevé sur le chemin d’une existence sans péché, le personnage en voit les avantages et surtout les impasses, car la chair est faible et la possibilité d’un amour accompagne son apprentissage de la vie. La rencontre avec un vieux sage blasé féru de cinéma et pourvu d’un matérial hérité des anciens occupants anglais finit de faire jaillir le doute dans l’esprit tourmenté du héros. Le réalisateur Amjad Abu Alala manie autant la sensibilité que le réalisme pour dépeindre l’existence d’un quasi-zombie figé dans un éternel présent destiné à se terminer à une échéance donnée. Le résultat est surprenant pour des spectateurs peu habitués à cette temporalité confinant à la mythologie, hors de toute logique cartésienne.

Entre récit d’apprentissage et fable sociale, Tu mourras à 20 ans ouvre les perspectives et permet une réflexion profonde sur ce qui fait notre vie d’humain sur cette terre, si intense et si fragile à la fois. Auréolé dans de nombreux festivals (Lion du futur meilleur premier film au Festival de Venise 2020, Grand Prix aux Festivals d’Amiens, de Fribourg et de Rabat), Tu mourras à 20 ans s’affirme comme une belle oeuvre du cinéma africain. A noter, le DVD contient en Bonus un entretien avec le réalisateur Amjab Abu Alala.

Synopsis: Soudan, province d’Aljazira, de nos jours. Peu après la naissance de Muzamil, le chef religieux du village prédit qu’il mourra à 20 ans. Le père de l’enfant ne peut supporter le poids de cette malédiction et s’enfuit. Safina élève alors seule son fils, le couvant de toutes ses attentions. Un jour, Muzamil a 19 ans.

Les Géants, tome 1 : une BD jeunesse de Drouin, Lylian et Lorien (Glénat / Tchô!)

les géants tome 1

Les Géants, tome 1 : une BD jeunesse de Drouin, Lylian et Lorien (Glénat / Tchô!)

Nouvelle série phare de la collection jeunesse tchô! des éditions Glénat, Les Géants propose une aventure de science-fiction dans laquelle des jeunes enfants font la rencontre de géants et s’associent à eux pour développer des pouvoirs surnaturels et se préparer à sauver la planète. Dans Erin, le premier album fait la part belle à un géant végétal qui entre en harmonie avec la jeune Erin tout en introduisant le propos de la trame générale : un autre géant, maléfique cette fois, est sur le point de se réveiller et il faut se préparer à le combattre.

Le scénario de Lylian (La Quête d’Ewilan) reprend les classiques du genre en instillant une critique du capitalisme outrancier représenté par Crossland Corporation. Cette multinationale aux moyens colossaux part en quête de l’ensemble des géants dont elle a détecté présence. Et elle est prête à faire de nombreux dégâts pour parvenir à ses fins. La thématique écologique apparaît également en trame de fond puisque la nature est utilisée comme un super-pouvoir pour lutter contre ces super-méchants.

Un récit maitrisé qui ne s’éloigne pas des sentiers battus mais qui est très joliment illustré par Paul Drouin (On the Road, La Famille Fantastique, L’Aventure Fantastique). Ce dernier qui propose des géants aux silhouettes recherchées, dessinés avec finesse et détails. L’ensemble est par ailleurs mis en couleurs avec brio par Lorien Aureyre (Aspic).

Les Géants a tous les atouts pour rencontrer son public et le tenir en haleine durant les 6 albums qui sont annoncés.

Extrait de la BD :

les géants tome 1 extrait

Résumé de l’éditeur :

Une aventure aux proportions titanesques.

Endormi depuis des temps immémoriaux dans un bloc de glace en Arctique, un mystérieux géant à l’allure bestiale est découvert par une multinationale du nom de Crossland Corporation.Au même moment, en Écosse, Erin se réveille en sursaut. Encore et toujours le même cauchemar… Celui rejouant la scène d’accident dans lequel ses parents sont morts. Le cœur blessé mais le sourire aux lèvres, Erin rassure son oncle et sa tante en continuant à jouer avec son cousin et en poursuivant son activité favorite : l’entretien du jardin qu’elle chérit depuis sa naissance. Plus tard, alors qu’elle cherche un peu de solitude dans la forêt bordant son foyer, une bande d’enfants mal intentionnés la poursuit en la traitant de sorcière. Sauvé par un géant au pelage de feuilles et au squelette de bois, Erin ne soupçonne pas encore la force des liens qui l’unissent à cette majestueuse créature. L’apparition simultanée de ces deux géants fantastiques n’est certainement pas un hasard, mais loin de s’y intéresser, Crossland Corporation souhaite surtout se servir de leurs pouvoirs pour favoriser ses propres intérêts. Comment Erin protégera-t-elle son colossal allié ?
Parabole écologique et récit d’aventure chargé d’action et d’émotions, Les Géants est une série prévue en 6 tomes dans laquelle le destin de la planète se retrouve entre les mains d’enfants associés à des géants représentant les forces de la nature.

Date de parution : le 26 août 2020
Scénariste(s) : Lylian
Dessinateur(s) : Paul Drouin et Couleurs : Lorien Aureyre
Genre : Jeunesse / science-fiction
Editeur : Glénat
Prix : 10,95 € (48 pages)
Acheter sur : Amazon

Ghost Kid, une BD western de Tiburce Oger (Grand Angle)

Ghost Kid, une BD western de Tiburce Oger (Grand Angle)

Nouveau western de Tiburce Oger (dont on avait déjà beaucoup aimé Buffalo Runner), Ghost Kid suit le vieux Ambrosius Morgan dans sa quête pour retrouver sa fille. Le cow-boy découvre en effet du jour au lendemain qu’il est père d’une certaine Liza Jane Curtis, portée disparue. Il décide de tout abandonner et de partir la chercher à dos de cheval à travers l’Arizona.

L’aventure est ponctuée de rencontres dangereuses, qui précipiteront le vieil homme dans des situations parfois désespérées. Tant et si bien qu’il croit parfois voir des mirages, notamment lorsqu’il se retrouve suivi par un jeune garçon muet qu’il surnomme Ghost Kid durant son périple.

Si le scénario peut paraître brut voire linéaire, il est accompagné d’un superbe dessin qui dégage énergie et puissance. Peut-être que l’ensemble aurait mérité d’un rythme un peu plus soutenu. Mais cet album s’apprécie comme une histoire introspective et originale d’autant qu’elle est proposée par un as du genre western en bande dessinée. 

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Hiver 1895, un vieux cow-boy entreprend un long voyage pour retrouver sa fille inconnue. À ses côtés, un « ghost kid » apache, qu’il croit être le seul à voir, l’accompagne…

« Old Spur » Ambrosius Morgan est un vieux cowboy du Montana. Malgré les rhumatismes, il persiste à rouler sa bosse et ses éperons de ranch en ranch et ne s’est jamais fixé. Un jour, une lettre de la femme qu’il aima des années auparavant lui apprend qu’il est le père d’une jeune femme, Liza Jane Curtis, et que celle-ci a disparu depuis son départ pour l’Arizona. Le vieux cowboy décide de partir à la recherche de cette fille inconnue, accompagné du fantôme d’un jeune Apache qu’il croit être le seul à voir. Ne sachant s’il reviendra de cette expédition, il règle ses affaires courantes et quelques vieux comptes.

Date de parution : le 19 août 2020
Scénariste(s) : Tiburce Oger
Dessinateur(s) : Tiburce Oger
Genre : Western
Editeur : Grand Angle
Prix : 18,90 € (80 pages)
Acheter sur : Amazon

L’oiseau rare, tome 1 : une BD de Cédric Simon et Eric Stalner (Grand Angle)

Couverture de l'Oiseau Rare tome 1

L’oiseau rare, tome 1 : une BD de Cédric Simon et Eric Stalner (Grand Angle).

Après avoir travaillé ensemble sur Exilium puis La Curée le duo composé du jeune scénariste Cédric Simon et du très expérimenté Eric Stalner au dessin revient avec un diptyque sur une bande de petites frappes d’un bidonville parisien dans L’oiseau Rare. Ce premier album nous invite dans la Zone du XIXe siècle. Là habitaient les plus pauvres repoussés de l’autre côté des fortifications de la capitale.

On y découvre une bande de brigands en recherche de plans faciles pour réunir le maximum d’argent afin qu’Eugénie parvienne à réaliser son rêve : restaurer L’oiseau rare, le théâtre de son grand-père qui a été ravagé par un terrible incendie. Le groupe formé autour de la jeune fille est comme une joyeuse troupe, soudée et attachante, avec ses fortes têtes. Le récit développe très bien les personnages grâce à des profils et caractères très différents. On entre ainsi très facilement dans cette histoire plutôt originale, qui sait préserver la juste dose de mystère pour nous inviter à poursuivre plus encore la lecture. Celle-ci s’en trouve d’autant plus agréable qu’elle est également bordée de suspens dans une mise en scène ingénieuse.

Quant au dessin d’Eric Stalner, il est comme toujours fait d’un trait particulièrement fin et précis. C’est à chaque fois un réel plaisir de contempler les planches de l’artiste.

Ce premier album de L’Oiseau Rare est donc enthousiasmant. On attend déjà la suite avec impatience.

Extrait de la BD :

planche de la BD l'Oiseau Rare

Résumé de l’éditeur :

Dans ce bidonville parisien, au milieu du petit peuple chassé par la spéculation immobilière, vit Eugénie et sa bande : le vieil Arthur, Tibor, l’ancien dompteur hongrois et les deux frères, Constantin et Lucien. Le ciment de cette famille, c’est Eugénie qui les entraîne dans son rêve fou de reconstruire L’Oiseau rare, le cabaret de son grand-père. Pour cela, chanter dans les rues ne suffit pas. C’est un prétexte pour attirer les bourgeois aux bourses pleines. Vols et filouteries sont leurs véritables activités. Mais les combines de plus en plus risquées, les problèmes avec les apaches et la police vont précipiter le petit groupe dans une spirale dangereuse.

 

Date de parution : le 19 août 2020
Scénariste(s) : Cédric Simon
Dessinateur(s) : Eric Stalner et Couleurs : Florence Fantini
Genre : Fiction
Editeur : Grand Angle
Prix : 14,90 € (64 pages)
Acheter sur : Amazon

Ne vous retournez pas (Don’t look now), le thriller horrifique de Nicolas Roeg ressort en salles le 16 septembre en version restaurée 4K (Distributeur: Potemkine Films)

Le réalisateur Nicolas Roeg a réalisé quelques films esthétiquement marquants dans les années 70. Performance avec Mick Jagger en 1970, L’homme qui venait d’ailleurs avec David Bowie en 1976 et donc Ne vous retournez pas avec Donald Sutherland et Julie Christie en 1976. Cette adaptation d’une nouvelle de Daphné du Maurier est un véritable hommage au style du giallo italien dont Dario Argento s’est fait le maitre. Références mystico-religieuses, psychologie ambigüe des personnages, incursions paranormales et épouvante, tous les éléments sont présents au cœur d’une Venise transformée en ville funèbre dérangeante. Si le film semble avoir quelque peu vieilli, il n’a pas perdu de son aura démoniaque.

Un drame aux arcanes étranges

Nicolas Roeg a d’abord officié comme directeur de la photographie dans de nombreux films britanniques et s’est démarqué par un usage immodéré de couleurs flashy à l’écran, presque violentes. Son passage à la réalisation a démarré sur les chapeaux de roue avec un Performance resté dans les annales et attaché à la période illustre du Swinging London. Ne vous retournez pas est une autre étape fameuse avec le choix du réalisateur de placer ses deux personnages principaux dans une ambiance bizarrement morbide. L’accident mortel qui touche dès le départ la fille du couple Sutherland/Christie augure d’un film aux références visuelles nombreuses et ambigües. Car le couple se retrouve à Venise, non plus la sérénissime, mais une ville en pleine décrépitude, aux murs sales et aux rues labyrinthiques qui mettent mal à l’aise. Le film d’abord déchirant avec ce drame tragique initial se transforme en thriller psychologique aux notes occultes qui déstabilisent le spectateur. Donald Sutherland interprète un architecte chargé de sauver une église de l’ensevelissement et de la décrépitude. Julie Christie est son épouse mal encore remise de son deuil récent et qui est comme hypnotisée par deux étranges sœurs dont l’une, aveugle, se targue de pouvoirs de médium et lui parle de sa fille disparue. Le film s’enfonce alors dans une ambiance oppressante, avec en plus des meurtres répétés qui endeuillent la ville et cette impression d’apercevoir leur fille dans les rues de la ville. Ne vous retournez pas est très marqué seventies et souffre aujourd’hui d’une aura un peu datée qui ne manque cependant pas de charme. A l’époque de sa sortie, le film avait retenu l’attention pour une scène d’amour torride dont la légende dit qu’elle ne serait pas feinte mais authentique. Le film se clôture sur un dénouement équivoque, avec une scène en rappelant une autre arrivée plus tôt dans le film. Au spectateur de se faire son opinion sur un paradoxe de cinéma envoutant.

Ne vous retournez pas est vite tombé dans un oubli poli à l’époque de sa sortie, et pourtant il recèle d’une beauté vénéneuse qui demande à être redécouverte aujourd’hui. La ressortie en salles le 16 septembre prochain pourra être l’occasion de se replonger dans une atmosphère oppressante qui n’est pas prête de vous lâcher.

Synopsis: Suite à la mort tragique de leur fille, les Baxter partent à Venise afin de changer d’air. John Baxter, architecte (pas besoin de préciser, on comprend), est embauché par un mystérieux prêtre pour rénover une église. Un jour, alors que les amoureux se baladent, deux sœurs les accostent et l’une d’entre elles, voyante, leur apprend que leur enfant est toujours vivant. S’en suivent d’autres rencontres et visions étranges qui feront raviver de douloureux souvenirs du passé.

Scanners, le chef d’œuvre de David Cronenberg ressort en salles en copie neuve le 19 aout 2020

En matière de cinéma exigeant et sans concessions, David Cronenberg a su imposer son univers très personnel depuis son premier film Stereo sorti déjà en 1969. Avec Scanners réalisé en 1981, ce fut pour lui l’occasion de bénéficier de moyens confortables et de jouer dans la cours des grands, lui permettant de toucher une plus large audience et surtout d’assouvir ses ambitions en matière de cinéma dérangeant. Avec cette intrigue horrifique sur les dangers d’une science mise entre de mauvaises mains, il livre un thriller technologique implacable interprété par une belle cohorte d’acteurs illustres, notamment le trop rare Michael Ironside et le Prisonnier revenant Patrick McGoohan. Beaucoup de morts et d’hémoglobine dans cette ultime variation d’un adage Science sans conscience qui a rarement semblé autant d’actualité.

De l’action et de la réflexion

Le postulat de départ fait froid dans le dos. Certains humains détiennent de mystérieux pouvoirs télépathiques qui leur permettent de prendre le contrôle d’autres esprits en les scannant. Quand le méchant du film Daryl Revok apparait comme une menace mortelle pour une compagnie industrielle désireuse de commercialiser un mystérieux produit à destination des femmes enceintes, le ton est donné avec une image marquante du film, cette tête qui explose littéralement, dévoilant dès le départ les intentions troubles du personnage interprété par le toujours très bon et trop rare Michael Ironside. Un peu comme le Joker dans tous les Batman, chacune de ses apparitions à l’écran marque un tournant dans le film, le hissant à un niveau que les autres personnages ont du mal à approcher. Notamment le vrai héros du film interprété par le presque insipide Stephen Lack avec un combat final rempli d’images dérangeantes de corps en déliquescence. La théorie du complot n’est plus ici l’œuvre d’un état omnipotent mais d’une firme capitaliste, soulignant le danger représenté par des firmes échappant à tout contrôle national. En 1981, Cronenberg anticipait le ton de notre société contemporaine où les états sont devenus moins puissants que les plus grandes entreprises. Les décors du film faits de pièces blanches aseptisées et de longs couloirs monochromes ajoutent à cette impression d’asservissement généralisé à des objectifs qui dépassent les individus. Le médicament produit ici par la firme Consec, l’Ephémérol, a d’ailleurs des effets secondaires qui rendraient justice à n’importe quelle théorie du complot développée sur les réseaux sociaux du XXIe siècle. Cette paranoïa généralisée est décuplée par une violence qui surgit comme par surprise à intervalles réguliers, à coups de prises de contrôle télépathiques douloureuses ou de gunfights pétaradants. Si l’esthétique du film peut paraitre aujourd’hui quelque peu datée, elle n’empêche pas d’apprécier l’esprit visionnaire du réalisateur qui a fait le choix de coller à son époque et de ne pas anticiper le futur avec des décors qui pourraient aujourd’hui paraitre quelque peu kitsch et désuets. Il colle à la réalité et imagine un complot industriel au cœur de la société américaine, avec des êtres spéciaux évoluant au beau milieu d’une population ignorante de leur existence. Des thèmes presque mythologiques permettent de plus à l’intrigue de toucher des sommets, comme ce combat final fratricide qui en rappelle tant d’autres (Cain et Abel, Romulus et Remus, Étéocle et Polynice, et tant d’autres…), rappelant que Cronenberg connait ses classiques et sait comment toucher le spectateur.

En s’inspirant d’un cas réel de scandale sanitaire au Canada dans les années 1940 où une firme a donné à des femmes enceintes un produit non testé avec pour conséquence des malformations chez les nouveaux nés, Cronenberg a réalisé un nouveau classique qui ne dépareille pas dans sa filmographie riche en films dérangeants. Le film pourra être visible en salles le 19 août dans une version copie neuve qui n’a pas perdu son pouvoir de séduction auprès des spectateurs. A découvrir ou redécouvrir d’urgence donc!

Synopsis: Cameron Vale est un télépathe qui vit en marge de la société. Repéré par la ConSec, société secrète qui mène des recherches sur ce type d’individus nommés “scanners”, il apprend auprès du Docteur Ruth à domestiquer son pouvoir. Cameron est alors chargé de localiser Daryl Revok, un scanner qui organise à échelle industrielle un trafic d’Ephémérol : une substance chimique dangereuse destiné aux femmes enceintes…

Un enfant à tout prix, roman de Pascale Rault-Delmas (Charleston)

Un enfant à tout prix, roman de Pascale Rault-Delmas (Charleston)

Dans son roman, Un enfant à tout prix, Pascale Rault-Delmas, nous livre une histoire incroyable tournant autour du désir de maternité.

On va suivre des femmes dans leur histoire personnelle et leur vie intime. Elles désirent un enfant et font tout pour y arriver. Malheureusement la nature semble s’acharner et rien ne se passe comme elles l’auraient voulu.


Du coup, leur vie privée et amoureuse est bouleversée. Leur conjoint suit, comme il le peut, le rythme des espoirs et des déceptions, vécues mois après mois. Plus ou moins présent, plus ou moins compatissant. L’auteur montre bien la différence entre le désir de maternité et le désir de paternité.


Si la première moitié du roman est tout à fait vraisemblable, en analysant le psychisme des femmes et leur dur combat vers une possible maternité, la seconde l’est beaucoup moins ! On entre vraiment dans la fiction ! Pas une fiction qui fait rêver, mais plutôt une fiction qui engendre des frissons… 


Un enfant à tout prix, une bonne lecture de vacances !

Infos de l’éditeur :

Date de parution :  Juillet 2020
Auteur : Pascale Rault-Delmas
Editeur : Charleston
Prix : 18 € (304 pages)

Les Cartes, la Roulette et l’Art

Les casinos représentent le cadre idéal pour raconter une histoire. Le monde des casinos a toujours intrigué les écrivains, les réalisateurs et les artistes. Prenez, par exemple, Edvard Munch, l’un des artistes les plus célèbres du siècle dernier. Il était un joueur passionné et un invité de longue date au Casino de Monte Carlo. Il a visité le casino lors de son séjour à Nice, dans le sud de la France et a servi d’inspiration pour l’un de ses tableaux. Il y a plusieurs peintures qu’il a réalisées à partir du souvenir qu’il avait des intérieurs. Pendant cette période de sa carrière, il a essayé différents styles d’art. Vincent van Gogh, Edgar Degas et Paul Gaugin ont été ses principales sources d’inspiration.

Le sujet des Paris dans l’art

Edvard Munch est surtout connu pour son tableau The Scream, un tableau connu par des gens du monde entier. D’autres artistes sont devenus célèbres pour leurs peintures liées aux jeux de hasard, et le thème du casino se retrouve dans l’univers de nombreux autres artistes comme Caravaggio. Cela montre à quel point le monde des paris est imprégné dans notre passé. Il a également fourni à de nombreux artistes le cadre idéal pour raconter une histoire. Edvard Munch est l’un des artistes qui parvient à capturer un moment ou une scène de la vie réelle. La table de roulette est l’un des tableaux les plus sous-estimés. La peinture est réalisée dans un style impressionniste, que Munch a perfectionné au fil du temps, et parvient à recréer les émotions qui peuvent se produire pendant un moment à la roulette. Ses œuvres font de lui un pionnier de l’art impressionniste et s’inscrivent dans un mouvement connu sous le nom de mouvement symboliste.

En Norvège, son pays d’origine, ses peintures ont fait l’objet de nombreuses critiques. Les œuvres qu’il a créées n’étaient pas censées avoir une esthétique décorative, mais plutôt une révélation psychologique. Ses œuvres ont souvent été considérées comme inachevées, ce qui a offensé de nombreux critiques d’art à l’époque. Cependant, le scandale que son travail a engendré est ce qui a réussi à se faire connaître dans le monde de l’art. Son œuvre la plus populaire s’appelle la Frise de la vie, et de nombreuses versions des mêmes tableaux ont été créées.

Un autre peintre célèbre est Paul Cézanne. Il est connu pour avoir consacré une grande partie de son énergie à la création de son style basé sur les œuvres de Caravage et de Chardin. Son œuvre la plus célèbre est celle des joueurs de cartes, un sujet qu’il a abordé à plusieurs reprises, en affinant à chaque fois les figures et les poses de ses objets. Son souci d’obtenir une composition parfaite se retrouve dans cette collection et il a passé beaucoup de temps à rendre la scène floue jusqu’à ce que chaque détail soit au bon endroit. En préparant la création de sa collection, Cézanne a fait un grand nombre de dessins et d’études de personnages, dont beaucoup proviennent des ouvriers agricoles locaux. La collection est composée de cinq tableaux au total. Chaque tableau est de taille différente et est considéré comme l’une des meilleures de ses œuvres.

Trouver l’Art dans les Casinos

Dans la vraie vie, beaucoup de casinos peuvent être considérés comme des entreprises artistiques intéressantes. Citons par exemple le casino de Monte Carlo, l’un des casinos les plus reconnaissables au monde, en raison de sa belle représentation de l’Art nouveau. Il y a aussi le casino de Baden-Baden en Allemagne, près de la Forêt-Noire. Le Baden-Baden, situé près de la ville du même nom, est connu pour sa décoration intérieure somptueuse et glamour. Il y a aussi le Bellagio à Las Vegas, qui a été le lieu d’exposition de nombreux chefs-d’œuvre célèbres. Des œuvres de maîtres célèbres tels que Picasso, Vincent van Gogh. À part eux, d’autres grands noms dont l’œuvre a été réalisée sont Toulouse-Lautrec et Monet. On pourrait s’attendre à trouver de tels emplois uniquement exposés dans un musée connu.

Pour beaucoup, les paris sont une forme d’art, pour d’autres, une passion. Les nombreuses plateformes de casino en ligne peuvent être considérées comme un musée de différents styles artistiques, chaque casino ayant sa propre collection. Les machines à sous sont souvent de styles différents, chacune d’entre elles s’adressant à des publics variés. Beaucoup d’entre elles s’inspirent des médias populaires, tandis que d’autres cherchent à avoir leur propre identité. Parfois, l’art et le jeu vont de pair, et dans de nombreuses situations, l’un complète l’autre.

Bombay Rose, un très beau film animé entièrement peint à la main de Gitanjali Rao, sortie en VOD le 6 aout 2020

Gitanjali Rao multiplie les casquettes pour le film Bombay Rose en étant à la fois scénariste, monteuse, réalisatrice et productrice. Elle imagine un destin de femme au cœur de la ville de Bombay, tiraillée entre les tabous sociaux traditionnels toujours vivaces et ses aspirations de liberté. Des personnages divers apparaissent et se croisent pour bien figurer la complexité de la société indienne. Les couleurs chatoyantes des dessins et le rythme frénétique de l’intrigue imprègnent le film d’une belle énergie douce amère. Bombay Rose est à découvrir dès le 6 aout en VOD pour un dépaysement total.

Une très belle réussite

La réalisatrice Gitanjali Rao a percé avec un premier court-métrage Printed Rainbow au présenté au Festival de Cannes 2006 et sélectionnable à l’Oscar du Meilleur court-métrage 2008. Elève à l’école des beaux-arts de Bombay, Gitanjali Rao a la particularité de peindre plan par plan tous ses films d’animations. Les court-métrages Orange (2002), Printed Rainbow (2006), Girgit (2011), Chai (2013) et True Love Story (2014) ont précédé son premier long-métrage Bombay Rose sorti en 2019. La réalisation de ce film lui a pris pas moins de 6 années pour parfaire l’écriture du film, réaliser la peinture des plans, finaliser l’animation et peaufiner le montage. Dès 2013, elle a commencé à écrire le scénario en imaginant une historie très actuelle au cœur de la métropole colorée de Bombay. Pour coller à une ambiance très proche des films de Bollywood, Gitanjali Rao a fait appel à Swanand Kirkire pour l’écriture des chansons intégrées au film. Le personnage principal Kamala s’est enfuie de son village pour échapper à une union forcée qu’elle repoussait de tous ses vœux. Arrivée dans une gigantesque ville où les individualités se diluent dans le flot des passants, la jeune hindoue doit vendre des fleurs le jour et danser dans les bars la nuit dans le but de subsister tant bien que mal. Elle ne sait d’abord pas que Salim, jeune migrant débarqué du Cachemire, à des vues sur elle. Mais il est musulman et cette distinction va leur attirer des inimités mortelles. Au côté de cet amour impossible, Bombay Rose brosse un portrait chamarré d’une société indienne encore prisonnière de ses vieux démons. Les enfants sont exploités par des patrons sans scrupules, les fanatismes religieux compriment les âmes et les aspirations à la libération et les jeunes filles sont destinées à des mariages forcés non consentis. Ce sont les couleurs brulantes qui enthousiasment pour une belle plongée dans une société indienne mal connue ici.

La réalisatrice s’est livrée à un vrai travail artisanal pour finaliser un Bombay Rose réjouissant, autant destiné aux plus jeunes qu’aux adultes. Sans grand nom et avec des moyens riquiquis, Gitanjali Rao a réussi son pari malgré les difficultés pour obtenir des financements. La coproduction entre la France, l’Inde, le Qatar et le Royaume-Uni a permis de présenter Bombay Rose dans plusieurs festivals prestigieux, notamment à la Mostra de Venise et au Festival international du film de Toronto en 2019.

Synopsis: Kamala, vingt-et-un ans, est une migrante originaire du Madhya Pradesh vivant à Bombay. Elle habite une cabane au bord de la plage de Juhu avec son grand-père et sa jeune sœur. La journée, elle tresse des guirlandes de jasmin pour faire vivre sa famille. De l’autre côté de la rue, un autre vendeur de fleurs, Salim, dix-neuf ans, venu du Cachemire, ne la quitte pas des yeux. Il tombe amoureux d’elle et lui déclare sa flamme. Une véritable fable Bollywoodienne, mais Salim découvre que Kamala danse la nuit dans un bar pour survivre…

Light of my life, le deuxième film très apocalyptique de Casey Affleck, sortie en salles le 12 août 2020

Casey Affleck avait déjà réalisé un film en 2010 avec son frère Joaquin, le très expérimental I’m Still here. Il est de retour avec un film dystopique centré sur la fuite éperdue d’un père et sa fille dans un monde où les femmes ont presque totalement disparu suite à une peste scélérate. Pas de grands effets spéciaux ni d’action éperdue dans un récit de survie contre la cruauté d’un monde où tous les repères ont disparu. Des longs dialogues aux plans éternellement fixes jalonnent cette tentative de conserver son humanité par delà un environnement hostile.

Un retour aux sources

Light of my life est surtout un récit d’amour filial entre un père protecteur et sa fille encore trop jeune pour être livrée à elle-même. Dans des paysages essentiellement ruraux, les deux personnages marchent beaucoup et respectent une stricte discipline pour éviter les mauvaises rencontres. Car la peste a décimé les femmes et les hommes rescapés pourraient vouloir du mal à la jeune fille. Casey Affleck arbore une toison d’homme des bois hirsute et distille de bons conseils à sa fille en jetant des perpétuels regards derrière son épaule. Leur relation prend toute la place dans un film où deux lieux principaux regroupent l’essentiel de l’action, une maison abandonnée dans les bois et une maison habitée par des hommes sages dans une région enneigée. Ces deux lieux de civilisation sont en fait des pièges inattendus, phares trop visibles dans un océan de désolation. Pas de crainte de famine comme dans La Route où un cannibalisme généralisé tient lieu de menace principale faute de nourriture, le risque tient surtout au statut de la jeune fille, face à des hommes érigés en menace mortelle. L’économie de moyens apparait par le refus d’utiliser la caméra à l’épaule ou la streadycam, les plans sont fixes avec des cadres où les acteurs ont toute latitude pour se mouvoir, sans indications préalables rigides. L’effet produit est suffisamment anxiogène pour instiller ce degré de tension que l’absence quasi totale d’action empêche souvent de générer. Des mauvaises rencontres émaillent cette fuite éperdue vers un ailleurs illusoire, le père doit se battre pour sauvegarder sa progéniture devenue sa raison de vivre depuis la disparition de sa femme. Des flashbacks montrent une Elizabeth Moss appelée à disparaitre par la faute d’une pandémie qui résonne étrangement dans le contexte actuel. Et si la civilisation humaine devait s’éteindre malgré son avancement technologique et toute sa connaissance du monde qui l’entoure?

Le film appelle à une réflexion profonde pendant deux heures parfois un peu longuettes. Le réalisateur a fait le choix du dénuement pour répondre à la question du sens de la vie dans un monde qui a perdu presque toute raison d’exister. Sans femmes, pas de lendemains, alors pourquoi continuer à avancer? Vaste sujet auquel Casey Affleck tente d’apporter quelques réponses.

Synopsis: Dans un futur proche où la population féminine a été éradiquée, un père tâche de protéger Rag, sa fille unique, miraculeusement épargnée. Dans ce monde brutal dominé par les instincts primaires, la survie passe par une stricte discipline, faite de fuite permanente et de subterfuges. Mais il le sait, son plus grand défi est ailleurs: alors que tout s’effondre, comment maintenir l’illusion d’un quotidien insouciant et préserver la complicité fusionnelle avec sa fille ?

Dernier caprice, le chef d’œuvre de Yasujirô Ozu ressort en salles le 5 aout 2020

Ce film de 1961 est l’avant dernier chef d’œuvre du maitre japonais. Tout son style si caractéristique s’y retrouve avec ces longs plans fixes à hauteur de tatamis, ces paysages montrés langoureusement et puis ce réalisme à toute épreuve, sans esclandres ni dramatisations excessives. Sans pathos ni effets superfétatoires, le réalisateur parvient à instiller dans l’esprit du spectateur les graines d’une tragédie à venir. L’insouciance et le laisser-vivre s’effacent devant l’anxiété croissante des filles d’un vieux propriétaire de brasserie de saké qui agit contre le sens commun, jusqu’à se mettre en danger. Un film à redécouvrir le 5 aout en salles pour une ressortie très attendue.

Du Ozu pur jus

Entre jeunes femmes entreprises par des prétendants compassés et ton pudique à l’ancienne, Dernier Caprice dévoile tout un monde aujourd’hui disparu. Alors que le drame de la seconde guerre mondiale est encore dans tous les esprits, les personnages semblent avant tout légers voire frivoles, au moins dans un premier temps, vissés dans les certitudes d’une époque, avant que les agissements d’un vieux patriarche à la nombreuse progéniture mais allant rencontrer en secret une vieille maitresse ne jette un voile d’inquiétude sur un film qui devient une réflexion sur la fugacité des choses et le temps qui passe irrémédiablement. L’angoisse n’est pas visible proprement dite mais elle transparaît dans tous ces dialogues qui n’évoquent jamais directement les choses mais sont d’autant plus pesants par leur manière de tourner autour du pot. La scène finale de cortège funèbre avec ces corbeaux assistant à la tristesse humaine en dit bien plus long que n’importe quel dialogue finalement inutile. Les fondamentaux de l’existence humaine sont subtilement évoqués par Ozu pour en faire ressortir l’universalité et provoquer une émotion réelle chez les spectateurs. Et comme le maitre réalisateur ne cesse d’opérer avec une économie de moyens n’ayant que d’égal la justesse de sa technique, le bon goût le dispute constamment à la pudeur pour toucher au cœur.

Il faut se rappeler qu’avec 54 films et à presque 60 ans, se sachant malade et usé par une vie d’excès, ce Dernier Caprice fait figure de film testament pour Ozu. Et quand le vieux Banpei voit sa brasserie autrefois prospère décliner sous les assauts de grandes firmes capitalistes inspirées du modèle américain, la métaphore ne fait pas de doute. L’artisanat du cinéma ne fait pas le poids devant la puissance financière des entreprises du divertissement, mais le vieil homme sourit continuellement alors que ses filles font grise mine devant les sombres perspectives du futur. Un film très actuel, finalement.

Synopsis: Manbei Kohayagawa est le patron d’une petite brasserie de saké au bord de la faillite. Le vieil homme est entouré de ses trois filles : l’aînée, Akiko, veuve et mère d’un petit garçon, qu’il souhaite remarier ; la cadette, Fumiko, dont l’époux, gérant de la brasserie, se dévoue corps et âme pour la survie de l’entreprise ; et la benjamine, Noriko, qui refuse tous les prétendants choisis par sa famille. Ces derniers temps, Manbei trouve du réconfort auprès de Tsune Sasaki, son ancienne maîtresse chez qui il se rend en douce. Bientôt, la santé du patriarche commence à décliner…

https://www.youtube.com/watch?v=GWK0q43RFOc

Superbe exposition Monet, Renoir… Chagall, Voyages en Méditerranée à l’Atelier des lumières

Atelier des lumières

Après Klimt et Van Gogh, c’est au tour d’une belle bande d’artistes mondialement connus d’être à l’honneur de l‘Atelier des Lumières. Le nouveau spectacle immersif dévoile des œuvres chaudes et colorées prenant comme thème les paysages bariolés de la Méditerranée avec une heure de rêverie ininterrompue au son d’œuvres musicales retentissantes. Et ce sont pas moins de 500 œuvres qui composent ce Voyage en Méditerranée à découvrir jusqu’au 3 janvier 2021.

Un parcours riche en couleurs et en saveurs

L’Atelier des Lumières tente cette année la rétrospective collective avec un voyage immersif au cœur de la Méditerranée, terre de contrastes et de découvertes pour des artistes attirés par la variété de ses déclinaisons et de ses lumières. Les œuvres des grands maîtres Claude Monnet, Auguste Renoir, Pierre Bonnard, Henri Matisse, Raoul Duffy et Marc Chagall sont projetées sur les murs de l’Atelier des Lumières avec pour thématique les rives de la Mare nostrum. Leurs représentations se font de manière variée avec autant de techniques et de perspectives qu’il y a d’artistes. Autour de ce thème apprécié de la peinture défilent sous les yeux d’une foule nombreuse venue profiter de cette période de déconfinement pour apprécier les représentations de plus de 500 toiles croisant les genres, de l’impressionnisme au modernisme. Evidemment, cette technologie moderne permet une orchestration des mouvements avec incrustation d’effets visuels et couleurs en mouvement grâce aux 140 vidéoprojecteurs dissimulés dans un espace monumental de 2000 m². En parallèle de l’exposition, le studio de création Cutback présente l’exposition Yves Klein, l’infini bleu, qui fait écho à cette célébration de la Méditerranée au regard de 90 œuvres et 60 images d’archives animées au son vibrant de Vivaldi. Certains reconnaitront également le Summertime de Gershwin en version jazz et suivi du Pieces of my heart chanté par la grande Janis Joplin. Ouvert en avril 2018 au sein d’une ancienne fonderie de fer créée en 1835 par la famille Plichon, l’Atelier des Lumières est le premier Centre d’Art Numérique de la capitale et réussit le pari d’immerger les visiteurs ravis dans l’œuvre d’un ou plusieurs artistes. C’est désormais un lieu désormais incontournable qui a frappé fort dès sa toute première exposition dédiée à Gustav Klimt et qui a ouvert le bal à d’autres expositions au succès retentissant, comme Colours x Colours, Terra Magnifica ou encore Japon rêvé, images du monde flottant et Van Gogh, La nuit étoilée, présentées jusqu’au 31 décembre 2019.

Ces Voyages en Méditerranée sont l’occasion rêvée de s’évader au cœur d’un été chaud et prudent. Les visiteurs revêtent leurs masques et déambulent dans l’espace gigantesque de l’Atelier des Lumières en respectant sans efforts les distances de sécurité pour un maximum d’émotions et un lâcher prise total. Une exposition visuelle immersive à ne pas manquer!

Lieu: Ateliers des lumières, 38 rue Saint Maur 75011 Paris

Prix: 15 euros tarif plein

Au cœur de l’été, Les Orfèvres du vin proposent le très rafraichissant Clos de l’église 2019 Mâcon / Charnay les Mâcon!

Les dégustations de l’exploitation viticole des Orfèvres du vin renommée s’enchainent sur Publik’Art pour toujours la même confirmation. Les vins sont fins, bien équilibrés avec ce même plaisir de la dégustation. Le Clos de l’église blanc 2019 est un nouveau plaisir à découvrir!

Un vin blanc plein de charmes

La Cave de Charnay dispose de nombreux terroirs géographiquement très diversifiés. Parmi ceux-ci, cette appellation se distingue de longue date. En spécialiste des appellations du sud de la Bourgogne et plus particulièrement du Mâconnais, la Cave avait à cœur de proposer à ses clients un produit d’un secteur distinct, voisin d’une autre appellation renommée, venant enrichir sa gamme Tradition. Cet élevage dans la tradition du Maître de Chais Michaël Da Fré et de la Caviste Amélie Thomas parachève l’intérêt remarquable de ce nouveau produit. Ce millésime 2019 se distingue pat sa robe or brillante avec des reflets dorés. La palette aromatique est riche et les arômes d’abricot bien mûrs sont tout de suite présents. La bouche est d’abord fraiche, puis ronde et soyeuse. Un bel équilibre avec beaucoup de gras s’identifie rapidement. La fin de bouche reste souple. Ce vin blanc se marie parfaitement avec du jambon braisé accompagné de pommes de terre sautées, des poivrons farcis et des fromages de chèvre secs. Il peut se garder 3 à 4 ans et se conserver à 12-13°.

La bouteille est proposée au prix très attractif de 8,70 euros en prix direct cave. Au côté des rosés de l’été, ce blanc très convaincant peut trouver facilement sa place sur votre table. Le site de l’exploitation pourra vous faire découvrir l’étendue de leur offre viticole avec des rosés, des vins rouges et des vins blancs qui ne demandent qu’à être dégustés! D’autres vins sont attendus chez Publik’Art, les comptes-rendus seront publiés après les vacances, fin aout 2020, patience!

L’homme qui tua Chris Kyle, une BD documentaire de Nury et Brüno (Dargaud)

L'homme qui tua chris kyle

L’homme qui tua Chris Kyle, une BD documentaire de Nury et Brüno (Dargaud)

Documentaire exigeant sur la vie du plus célèbre sniper des Etats-Unis, L’homme qui tua Chris Kyle, Une légende Américaine a été immédiatement salué par la critique au moment de sa sortie en librairie en mai dernier. Chris Kyle a été le sniper le plus meurtrier de l’histoire des navy seals avec plus de 160 cibles officiellement tuées en mission (en Irak). De retour au pays, il a su faire fructifier sa légende en cédant les droits de son autobiographie à Hollywood (ce qui est plus efficace encore que de gagner dans le meilleur jeu de casino en ligne), et en créant sa propre société de sécurité. Il prenait également du temps pour aider des vétérans abîmés par la vie… jusqu’au jour où il fit une mauvaise rencontre.

Campé à l’écran par Bradley Cooper dans le film de Clint Eastwood American Sniper en 2014, Chris Kyle est abattu froidement en février 2013 par un inconnu du nom d’Eddie Ray Routh.

Ce roman graphique scénarisé par l’excellent Fabien Nury (Charlotte Impératrice, Il était une fois en France, L’Or et le sang) et illustré par Brüno pose plus largement un regard froid sur l’Amérique de Trump à partir de ce fait divers retentissant. Le duo d’auteurs avait d’ailleurs déjà travaillé ensemble sur une série à succès : Tyler Cross.

Reprenant à la manière d’une enquête policière chaque élément important qui scella le destin du sniper, l’album de Nury et Brüno s’empare de manière rigoureuse de l’affaire en la replaçant dans son contexte historique, politique et social. Comme tirer le portrait sans fioriture de l’Amérique d’aujourd’hui, avec les travers qu’il comporte. Le récit reprend les nombreuses interviews des personnages clés et met en perspective chaque détail avec brio. La mise en scène offre un épilogue en miroir intéressant, sans en faire trop. 

Un travail journalistique énorme qui apporte un témoignage forcément critique et pertinent de ce crime. Ceux qui n’ont pas vu American Sniper apprécieront d’autant plus en ne connaissant pas l’affaire. Pour les autres, c’est l’occasion de sortir légèrement des sentiers battus, patriotiques et glorifiants de Clint Eastwood (qui signe son meilleur succès commercial avec ce film).

Extrait de la BD :

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Résumé de l’éditeur :

Chris Kyle est un héros. Ancien sniper chez les Navy Seals durant la deuxième guerre d’Irak, il a tué plus de 160 « cibles ». Au faîte de sa gloire (Clint Eastwood a même acheté les droits de son autobiographie, bestseller aux États-Unis, pour en faire un film – ce sera « American Sniper »), Chris Kyle dédie sa vie à aider ses anciens camarades de combats marqués aussi bien physiquement que mentalement par la guerre. Eddie Ray Routh est l’un d’entre eux. Le 2 février 2013, l’inconnu EDDIE RAY ROUTH abat la Légende Chris Kyle. Ce livre raconte le crime – et ses conséquences.

Date de parution : le 29 mai 2020
Scénariste(s) : Fabien Nury
Dessinateur(s) : Brüno
Genre : Documentaire, roman graphique
Editeur : Dargaud
Prix : 22,50 € (164 pages)
Acheter sur : Amazon

Citoyens du monde, une comédie italienne pleine d’humanité de Gianni Di Gregorio, sortie en salles le 26 aout 2020

Le réalisateur de Le Déjeuner du 15 aout et Gianni et les femmes est de retour pour une nouvelle comédie douce amère irrésistible dans l’Italie contemporaine. Gianni Di Gregorio imagine trois seniors qui imaginent quitter la péninsule pour vivre une existence confortable ailleurs, loin de leur pays devenu incapable de leur offrir. Le scénariste, réalisateur et acteur multiplie les badineries inconséquentes pour délivrer une belle leçon de vie remplie de générosité et d’humanité.

Une comédie très feel good movie

Citoyens du monde part du principe que tous ceux qui ont cravaché toute leur vie durant ont un sentiment malsain de déclassement social. Ils doivent alors imaginer partir à l’étranger pour retrouver le rang qu’ils pensent leur être du. Mais il n’est pas si simple de partir à l’aventure et d’abandonner son cadre douillet habituel. Les 3 papys sont forts en gueule mais parlent beaucoup plus facilement qu’ils n’agissent. Au cœur du magnifique quartier romain de Trastevere, le film de Gianni Di Gregorio fait rentrer le spectateur dans une ambiance inimitable où les longues discussions sont parsemées d’esclandres futiles et de remontées de bretelles drolatiques. Ce sont trois personnages de la Comedia del Arte qui s’invectivent devant la caméra, avec autant de pas en avant que de remises en cause philosophiques sur le bien fondé de leur projet. La farce à l’italienne fait sourire tout du long grâce à ce défilé de mimiques, surtout quand l’idée saugrenue de partir à Bali, Cuba, Sofia ou dans les Açores tient en haleine un spectateur qui sait très bien que toute cette histoire tient plus du rêve éveillé que de la vraie résolution. Ces anciens hommes conquérants sont devenus désabusés et ne se rendent pas compte de la douceur de leur dolce vita italienne.

Les femmes sont rares dans ce film d’hommes qui sert de bilan pour toute une génération qui se trouve mal considérée. Au final, Lontano Lontano brille par son ton badin pour un divertissement qui fonctionne très bien. L’intelligence du propos et un ton très loin du donneur de leçon emportent l’adhésion et plairont au plus grand nombre.

Synopsis: Il n’est jamais trop tard pour changer de vie. Deux retraités, le Professeur, qui a enseigné le latin toute sa vie, et Giorgetto, Romain pur jus qui touche une pension de misère, se disent qu’ailleurs, dans un autre pays, l’herbe sera plus verte et leur pouvoir d’achat plus conséquent. Ils sont rejoints dans leur projet de départ par Attilio, antiquaire bohême et grande gueule. Déménager, mais où ? C’est la première question, et peut-être déjà celle de trop. Tant bien que mal, le trio s’organise. Il faut faire ses adieux, retirer ses économies, etc. Mais le plus dur dans l’exil, c’est quand même de partir.

Vera, un rôle en or pour Karin Viard, est à (re)découvrir

Véra, un rôle en or pour Karin Viard : captation intégrale
« Vera », Petr Zelenka, mise en scène Élise Vigier et Marcial Di Fonzo Bo – Karin Viard © Tristan Jeanne-Valès

Vera, un rôle en or pour Karin Viard : captation intégrale

La pièce est une épopée capitaliste crue, traduite par Alena Sluneckova et montée par Martial di Fonzo Bo et Elise Vigier.

Son auteur le dramaturge et cinéaste tchèque au regard corrosif, Petr Zelenka y dresse le portrait sans concession d’une carriériste cynique qui va être broyée par le système après l’avoir propulsée au sommet. Et à travers elle, c’est la dénonciation d’une société tchèque qui est passée du communisme au libéralisme économique sans foi ni loi. Un rôle en or pour Karin Viard.

Vera (Karin Viard) est directrice d’une agence de casting pour comédiens à Prague.

C’est une femme dure et sans scrupule qui va user, abuser de tout, céder au pire pour renforcer son pouvoir et sa réussite sociale, congédiant un acteur en même temps qu’elle en recrute un autre, maternant l’un, avant d’humilier l’autre.

Une descente aux enfers

Son entreprise est leader quand elle décide de fusionner avec une autre agence, plus grande encore, basée en Grande-Bretagne.

La décision de trop qui inaugurera sa descende aux enfers et la verra se faire éjecter de son poste avant de finir par tout perdre.

Le texte de Zelenka s’apparente à l’univers de certains films de Fassbinder : le secret de Véronica Voss par exemple, un monde exposé, brillant, celui des stars, qui cache le plus sombre, le plus putréfié, derrière la fine pellicule de l’image.

On est d’entrée aux prises avec une réalité exagérée, un monde clos qui s’autodétruit, qui s’asphyxie.

Phénoménale Karin Viard

Perchée sur ses hauts talons aiguilles et moulée dans une jupe en cuir bordeaux qui jure avec le satin violet de son chemisier, Vera se panne devant son père que le « monde est merveilleux » car elle vient de signer la fusion avec Global Casting, lequel reste pourtant sceptique quant au bonheur réel de sa fille si fière de lui offrir pour son anniversaire une guitare de prix. 

Par l’exagération qu’il donne aux situations, l’omniprésence de la mort ou le comique de chaque scène, Zelenka donne une dimension décalée et grinçante au récit. Et la trame de la fable avec sa surenchère est source permanente d’intranquillité.  

L’assurance de Vera, sa totale autosatisfaction, son sentiment de puissance et de maîtrise absolue impriment la catastrophe à venir.

Découpée sous forme de séquences qui s’enchaînent comme dans un film, la mise en scène électrique, place Véra au centre d’un dangereux tourbillon que matérialisent les cinq acteurs qui se relaient autour d’elles dans de multiples rôles et différents lieux

Par un jeu rythmé et endiablé, les acteurs Helena Noguerra, Lou Valentini, Rodolfo De Sousa, Pierre Maillet et Marcial Di Fonzo Bo s’emparent avec brio et second degré des enjeux des situations, emmenés par une Karin Viard, phénoménale, en femme de pouvoir à l’assurance explosée et brisée.  

Captation disponible jusqu’au 31/08/2020

Family Romance, un film entre fiction et documentaire tourné au Japon par Werner Herzog, le 19 aout 2020 en salles

Le nouveau film de Werner Herzog a tous les atours d’un documentaire tourné au cœur du Japon actuel. Family Romance imagine un personnage entre rêve et réalité, documentaire et fiction, agent d’une agence où les employés sont payés pour jouer des rôles et faire semblant. L’ambiguïté est constamment palpable chez ce professionnel apparemment toujours sincère dans toutes ses prestations, et pourtant… Avec des acteurs tous non-professionnels, Werner Herzog brouille les frontières entre fiction et documentaire en ajoutant à ses 6 heures de rush des images du Japon coincé entre tradition et modernité.

Un film entre fiction et réalité

Cet homme engagé par une société pour se faire passer alternativement pour le père disparu d’une fillette de 12 ans et pour d’autres personnages fantasmés mélange réel et fantasme, improvisation et part de lui-même, jusqu’à faire douter le spectateur sur ses talents d’acteur. N’est-ce pas justement parce qu’il reste toujours lui-même qu’il parvient à convaincre sans mal? Le film n’utilise aucun effet ni artifices visuels, ce qui concourt à sa très grande langueur. Du fait d’un budget riquiqui et qu’il a été tourné de manière artisanale, le film doit s’appuyer sur les acteurs amateurs pour réussir à fonctionner. Le cinéaste allemand de Aguirre la colère de Dieu ou Fitzcarraldo a toujours alterné le tournage de films et de documentaires, il mélange ici les deux pour un résultat surprenant. L’entreprise Family Romance sert de prétexte à une réflexion sur l’apparence dans notre société de plus en plus dématérialisée où n’importe qui peut se passer pour un autre pour peu qu’il s’en donne la peine. Cette location de proches pourrait sembler invraisemblable, elle devient bizarrement crédible au fur et à mesure que le film avance. Que ce soit pour ressembler à un père disparu ou pour obtenir une marque d’affection ou de soutien, les circonstances semblent pleinement justifier la demande de mystificateurs pour combler des vides ou répondre à des problèmes insolubles. Plusieurs histoires s’accumulent en parallèle et décrivent un pays certes moderne mais pourtant en proie à une déshumanisation problématique. Le besoin de reconnaissance se passe de crédibilité et une escouade de photographes loués pour une occasion particulière suffit pour combler n’importe quel besoin de reconnaissance. Comme sur une scène de théâtre, les acteurs jouent un rôle pour le seul plaisir de leur public, aucune différence avec n’importe quel autre spectacle. L’absence d’artifices ou d’effets dans la mise en scène du réalisateur concourt à rendre ultraréalistes les mini-scénettes qui se jouent, instillant un sentiment de malaise chez le spectateur. La fragilité des loueurs apparait dans toute sa nudité, le besoin de ressentir une émotion forte prend le pas sur la crédibilité de la situation.

Le constat lancinant que tout n’est que forfaiture n’empêche pas le spectateur de se prendre au jeu d’acteurs qui rivalisent de talent pour remplir leur tâche. Les bonheurs même pathétiques participent à enjoliver la vie terne des ces humains sans épaisseur, et en cela le film de Werner Herzog parvient à cerner en quoi une société moderne au cœur d’un pays riche se trouve dans une impasse, car rien ne remplace l’amour pour lier les gens. Le film sera en salles le 19 août prochain!

Synopsis: Perdu dans la foule de Tokyo, un homme a rendez-vous avec Mahiro, sa fille de douze ans qu’il n’a pas vue depuis des années. La rencontre est d’abord froide, mais ils promettent de se retrouver. Ce que Mahiro ne sait pas, c’est que son “ père ” est en réalité un acteur de la société Family Romance, engagé par sa mère.

Sortie du nouveau EP de la chanteuse Carine Erseng, alias Hoze, avec le titre très pop je danse sur les toits le 15 juillet 2020 chez Ovni Productions

La chanteuse Carine Erseng revient avec un nouvel EP qu’elle présente sous le nom de code de Hoze. Nouveau départ et nouveau souffle dans une carrière qui pourrait bien prendre un nouvel envol. Porté par un single que vous pourrez fredonner tout l’été, Je Danse sur les Toits, le Ep mérite une écoute prolongée. Ce projet Pop très dansant dévoile le joli filet de voix d’une chanteuse à l’énergie débordante et qui détonne dans le paysage musical francophone. Le Ep est à découvrir depuis le 15 juillet.

Hoze et ça repart

Hoze est la nouvelle incarnation d’une chanteuse à l’histoire musicale déjà riche mais hélas mal connue. La chanteuse parisienne a grandi dans l’Oise et écrit ses premières chansons dès l’âge de 9 ans. Sa première expérience musicale a lieu à l’âge de 12 ans lorsqu’elle intègre un groupe de rock avec ses potes de classe sous influence pop/rock (The Cure, Deep purple, Police). C’est à 18 ans qu’elle saute le pas pour s’installer à Paris et devenir chanteuse. D’auditions en auditions, elle se présente au César Palace à Montparnasse ou au cabaret Montmartrois Chez ma cousine où elle se produit presque tous les soirs encore aujourd’hui. Elle a produit trois albums en 5 ans avec un total de ventes de 80 000 exemplaires en distribution uniquement en direct à la sortie des salles, preuve d’une belle persévérance. Carine Erseng a également produit son premier Olympia avec près de 2 000 personnes présents à ce fameux concert du 17 mars 2008. Son premier album La vitesse supérieure est paru en 2008 chez Polydor. Avec plusieurs premières parties (Elie Semoun, Diana Krall, Maurane), elle poursuit ses concerts et enregistre en 2013 un EP intitulé tout simplement Carine Erseng aux sonorités pop avant de passer à la Cigale en 2014. La chanteuse est de retour avec le projet Hoze, un nouveau look et un son pop électro aux influences french touch qui ne sont pas passées inaperçues outre manche. C’est sa rencontre avec le producteur JokaFace du groupe The City qui a permis la réalisation de ce Ep à la pop acidulée aussi rafraichissante qu’énergique.

Les 6 titres du EP sont à découvrir dès maintenant pour découvrir un univers musical plein de joie de vivre et sans prises de tête. La période post-confinement est suffisamment plombante pour s’aérer un peu l’esprit avec cette expérience musicale joyeuse et enthousiasmante.

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