Harry Potter : Le chemin de traverse, dans la collection, le Carnet Magique (Gallimard)
Le Carnet magique est une collection publiée par Gallimard, entièrement consacrée à Harry Potter. Harry Potter : Le chemin de traverse s’adresse plutôt aux jeunes lecteurs de Harry Potter. Soit à ceux qui ont déjà lu les fabuleuses aventures de Harry Potter, écrit par J.K. Rowling’s, soit pour découvrir l’environnement dans lequel vit Harry Potter.
Le Chemin de Traverse est la rue commerçante des sorciers. Là où ils achètent tout ce qu’il leur faut pour réaliser leurs sorcelleries.
Non seulement les lecteurs vont découvrir les décors du film mais ils auront droit également à de nombreuses surprises, au fil des pages.
Le Chemin de Traverse va dévoiler tous ces trucs et astuces, mais il va aussi faire voyager le lecteur dans le monde improbable de Harry Potter et même lui proposer de réaliser lui-même différentes potions magiques ! Des potions que le lecteur pourra offrir à ses amis ! La Grande classe ! Sans aucun risque d’empoisonnement !
Vous trouverez le plan détaillé du Chemin de Traverse, ainsi vous sera-t-il impossible de vous y perdre ! En passant par la banque des sorciers, vous pourrez y récupérer quelques Noises, Mornilles et Gallions !
Quant à la boutique d’Ollivander, la boutique des baguettes magiques, elle reflète parfaitement l’atmosphère « à la Dickens » que le chef décorateur a voulu recréer.
Publik’Art ne vous en dévoilera pas davantage ! Il ne faudrait pas gâcher la magie de notre super héros Harry Potter que nous adorons tous ! Un seul conseil : suivez-le à travers ces Carnets magiques !
Et bientôt une nouvelle surprise sur Harry Potter vous attendra sur Publik’Art !
Page de l’éditeur :
Trad. de l’anglais par Marie Renier
Hors Série Harry Potter, Gallimard Jeunesse
Parution : 31-05-2018
Depuis le Magicobus jusqu’aux gobelins en passant par les balais, baguettes magiques et autres boîtes à Flemme, ce livre permet d’explorer les coulisses de l’extraordinaire décor du Chemin de Traverse. Ce carnet magique comporte de nombreuses surprises à détacher et à déplier, dont le plan du Chemin de Traverse et un poster de La Gazette du Sorcier, mais aussi des Noises, Mornilles et Gallions à collectionner ainsi que des stickers.
De 8 à 13 ans
Date de parution : le 31 mai 2018 Editeur : Gallimard Prix : 19,90 € Acheter : Amazon
La petite fille sur la banquise, la révélation universelle d’Adélaïde Bon (Grasset)
Adélaïde Bon vient d’écrire son premier livre : La petite fille sur la banquise. Elle le dédie, entre autres, à toutes les victimes de violences. Dans ce livre, l’auteure raconte sa vie, sans s’apitoyer sur son sort. Avec beaucoup de classe, et une grande dignité.
Effondrement à 9 ans
Tout au long des pages, Adelaïde essaie de comprendre ce qu’il se passe dans son corps. Son corps va mal, et ce, depuis des années. « Dans le ventre, j’ai des méduses ». Et ces horribles méduses la torpillent à tout moment. A l’intérieur de son corps. Rien de visible. Mais tellement imprévisibles et douloureuses.
AdélaÏde Bon a été violée à l’âge de 9 ans. A l’époque on ne parle que de violences sexuelles. Ce n’est que 18 ans plus tard qu’elle comprendra qu’elle a été victime de viol, avec pénétration digitale.
La littérature comme prise de conscience
Car l’auteure n’a pas peur des mots. Elle explique tout. Toute l’horreur qu’elle a vécue, suivie d’amnésie traumatique. Elle raconte aussi son parcours au sein de sa propre famille, avec ses amoureux, puis avec son mari. Que de relations compliquées. Mais pourquoi donc se sent-elle si nulle, si moche, si sale ?
Impossible de lire La petite fille sur la banquise de façon anodine. Quand on sait qu’un enfant sur cinq est victime de violences sexuelles, on se doit de lire ce livre. Pour mieux comprendre. Pour mieux les écouter. Pour ne rien banaliser. Pour savoir le calvaire vécu par ces victimes. Bien sûr la lecture est difficile, voire certains passages insupportables. Mais ce n’est rien par rapport à ce que l’auteure a vécu, à ce que les victimes vivent encore aujourd’hui.
Ce livre, La petite fille sur la banquise, devrait tirer une sonnette d’alarme de façon à ce que soit pris au sérieux toute agression sur un enfant. Rien n’est anodin. Tout laisse des traces. Et de mettre des mots sur des maux, de les dénoncer permet de guérir et d’avancer.
Un grand bravo à Adélaïde Bon qui a eu le courage de partager avec nous son horreur, son cauchemar, à l’aide d’une écriture époustouflante de justesse.
https://www.youtube.com/watch?v=m9ZvGmqcfoY
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« J’ai neuf ans. Un dimanche de mai, je rentre seule de la fête de l’école, un monsieur me suit. Un jour blanc.
Après, la confusion.
Année après année, avancer dans la nuit.
Quand on n’a pas les mots, on se tait, on s’enferme, on s’éteint, alors les mots, je les ai cherchés. Longtemps. Et de mots en mots, je me suis mise à écrire. Je suis partie du dimanche de mai et j’ai traversé mon passé, j’ai confronté les faits, et phrase après phrase, j’ai épuisé la violence à force de la nommer, de la délimiter, de la donner à voir et à comprendre.
Page après page, je suis revenue à la vie. »
A. B.
Quand ses parents la trouvent en pleurs, mutique, Adélaïde ignore ce qui lui est arrivé. Ils l’emmènent au commissariat. Elle grandit sans rien laisser paraître, adolescente puis jeune femme enjouée. Des années de souffrance, de solitude, de combat.
Vingt ans après, elle reçoit un appel de la brigade des mineurs. Une enquêtrice a rouvert l’affaire dite de l’électricien, classée, et l’ADN désigne un cambrioleur bien connu des services de police. On lui attribue 72 victimes mineures de 1983 à 2003, plus les centaines de petites filles qui n’ont pas pu déposer plainte.
Au printemps 2016, au Palais de justice de Paris, au côté de 18 autres femmes, Adélaïde affronte le violeur en série qui a détruit sa vie.
Avec une distance, une maturité et une finesse d’écriture saisissantes, Adélaïde Bon retrace un parcours terrifiant, et pourtant trop commun. Une lecture cruciale.
Date de parution : le 14 mars 2018 Auteur : Adélaïde Bon Editeur : Grasset Prix : 18,50 € (256 pages) Achetersur : Amazon
Sélection des meilleurs livres, du 1er semestre 2018, pour vos vacances
C’est le moment de faire vos valises pour partir en vacances. Alors, Publik’art va vous aider à choisir vos livres pour vos vacances. Il m’a été difficile de choisir parmi mes 70 chroniques littéraires, ayant eu de nombreux coups de coeur ! Cette sélection n’engage que moi. Un grand bravo à tous les auteurs et un grand merci aux éditeurs.
Une première liste sera divertissante, à lire ou à écouter où vous voulez, et la seconde plus sérieuse demande plus de concentration, mais à chaque livre, le coup de cœur est assuré ! Vous trouverez de belles histoires de femmes, d’amour, mais aussi de drôles de contes ou de lettres. Vous apprendrez beaucoup sur l’Art, sur la femme (on n’aura jamais fini d’apprendre !), mais également sur l’homme, et les ados ! Des blessures et des drames. Mais aussi de belles choses à admirer. Bref, la littérature dans toute sa splendeur ! Il vous suffit de cliquer sur le lien de chaque titre pour découvrir notre chronique.
La sélection de Publik’Art devrait plaire à beaucoup d’entre vous ! Nous vous souhaitons de très belles vacances et surtout de très belles lectures !
Le dernier face à face, film de Sergio Sollima, Copyright Wild Side
Sortie en DVD, BluRay et VOD du western crépusculaire Le dernier face à face le 4 juillet 2018
La fin des années 60 représente un nouvel âge d’or pour le western, mais cette fois-ci de ce côté de l’Atlantique. Alors que l’aura des grands héros américains de l’ouest américain commence à décliner auprès d’un public qui est passé à autre chose, de jeunes réalisateurs italiens renouvellent le genre avec des héros fatigués et ambigus. Sergio Leone évidemment est la tête de proue de ce mouvement avec notamment sa célébrissime trilogie du dollar mais Sergio Sollima se fait également un nom avec Colorado et Le dernier face à face. Ce dernier ressort en édition prestige, en HD dans une édition riche et complète à découvrir pour un vrai moment de dépaysement. L’ouest américain y est montré dans toute son ambiguité.
Une amitié ambiguë
Il n’existe pas d’homme irremplaçable… Tout être humain a le droit de choisir le rôle qu’il souhaite jouer dans l’Histoire… En 1967, Sergio Sollima réalise le second volet de sa trilogie culte aux accents ouest-américains qu’il co-écrit avec Sergio Donati (Il était une fois dans l’Ouest). Le film narre la rencontre entre Solomon Bennet, un bandit de grands chemins interprété par l’acteur fétiche du réalisateur Tomás Milián aux faux airs de justicier inconnu dans V pour Vendetta (inspiration?) et un professeur honnête mais malade. Mené à la potence, le bandit s’échappe avec l’aide involontaire de ce professeur interprété par le grand Gian Maria Volontè. Entre deux personnages que tout oppose se nouent une amitié et un respect mutuel qui va mener le second sur les chemins de la violence que connait très bien le premier. La frontière entre le bien et le mal est volontairement floue dans un western qui donne une place centrale à des marginaux épris de liberté mais pourchassés par les représentants zélés et violents de la société américaine. L’ouest est représenté comme un endroit impitoyable où la force fait plus souvent la loi que la justice. Des élans humanistes font naitre des sentiments amoureux sans cesse contrecarrés par la réalité du terrain, dure et aride. La bande originale est évidemment l’oeuvre d’Ennio Morricone avec un thème qui este incrusté dans l’esprit pour longtemps. Les DVD et BluRay contiennent un entretien avec Jean-François Giré, spécialiste du western européen ainsi qu’un livret exclusif de 60 pages, écrit par Alain Petit et illustré de photos d’archives rares.
Le dernier face à face n’est pas le western spaghetti le plus connu mais il mérite un visionnaire pour une découverte surprenante. Loin du manichéisme habituel qui oppose souvent un justicier inébranlable à des bandits sans pitié, le film montre au contraire toute l’ambiguïté de personnages tiraillés entre l’argent et l’honneur, les sentiments et l’ambition. Des scènes coupées dans la version de 1967 ont été inclues de nouveau pour un western qui offre une vision différente de ce que pouvait être l’ouest américain à l’époque du fil télégraphique et de la diligence.
Brad Fletcher est un honnête homme qui déménage au Texas, au calme, afin de se remettre de ses problèmes de santé. Sur le chemin, il se fait prendre en otage par un hors-la-loi blessé. Brad, le voyant mal en point, va malgré tout le secourir et le soigner. Une fois remis sur pied, le bandit lui laisse la vie sauve et l’invite à parcourir l’Ouest américain comme un bandit. Brad accepte…
SortieDVD : le 4 juillet 2018 Durée : 01h48 Réalisateur : Sergio Sollima Avec : Tomás Milián, Gian Maria Volonte, William Berger Genre : voir fiche allociné Prix : 24,99 € (DVD) Acheter : sur Amazon
David Foenkinos écrit son roman, Vers la beauté, comme une confession intime. En plusieurs actes.
Retournement de la vie d’Antoine
La première partie, au ton plutôt léger, est réservée à Antoine Duris. Quand on découvre Antoine, il est gardien de salle au musée d’Orsay. Il avait déposé son CV, espérant être pris. Quand il a été convoqué par la DRH, Mathilde Mattel, il a eu du mal à expliquer sa démarche. En effet, comment expliquer qu’un maître de conférences, à Lyon, ayant une certaine renommée ait envie de se retrouver simple gardien de salle dans un musée. Antoine avait fait une thèse sur Modigliani et voulait être au cœur de cette exposition. Et admirer durant des heures le tableau de Jeanne Hébuterne, la muse de Modigliani. A l’insu de tous.
Il a donc décidé de tout quitter, à Lyon. Le lecteur ne comprend pas vraiment pourquoi du jour au lendemain, Antoine a changé totalement de vie. Une rupture amoureuse, une envie d’écrire et de s’isoler ? Une chose est sûre : Antoine Duris ne veut plus aucun contact et est devenu insaisissable ! Du coup, il est attrayant et attire les regards !
« On peut panser une plaie psychique par la répétition d’un geste mécanique », pense-t-il.
L’amour
En deuxième partie, l’auteur revient sur la vie d’Antoine avec Louise, alors qu’il était professeur d’Histoire de l’Art. Sept ans de vie commune. La rupture ravage Antoine. Sa sœur lui conseille alors de faire des rencontres. Il tente sa chance avec Sabine, une collègue. Impossible, il a encore Louise dans sa tête, dans son corps. Jusqu’au jour, où il apprend que Louise a quelqu’un dans sa vie. Antoine fut complètement débloqué et revit plusieurs fois Sabine, juste pour avoir des relations sexuelles avec elle. Sans amour, sans aucune délicatesse. Louise continuait néanmoins à le hanter. Antoine était un professeur passionné. Chaque cours était pour lui une réussite. En fin d’année, il félicita chaleureusement une élève, plutôt discrète, une certaine Camille…
Vie d’une jeune artiste
La troisième partie, de plus en plus noire, est consacrée à Camille Perautin. Elle vit dans la banlieue lyonnaise avec ses parents. Son père, souvent absent, sa mère, Isabelle, est infirmière. On apprend que Camille appréciait les cours de M. Duris. Depuis ses 16 ans, Camille ne sourit plus, ne mange plus, ne veut plus aller au lycée. Une collègue d’Isabelle est mariée à Yvan, professeur de dessin. Ce dernier trouve que Camille a du talent. Mais il lui manque les bases. Il lui propose des cours, le mercredi après-midi. Camille est ravie ! Elle fait d’énormes progrès, de plus en plus passionnée par ses peintures. Jusqu’au jour où, sans explication, Camille sombre. Personne ne la comprend. Sauf, nous, lecteurs, totalement impuissants à son drame. Une horreur absolue qui ne dure que 2 minutes. 2 minutes qui ont entièrement dévasté la vie de Camille, la personne de Camille. On sent que David Foenkinos est envoûté par cette jeune artiste, un peu comme il l’a été avec Charlotte Salomon (voir la chronique de son roman Charlotte, prix Renaudot et Goncourt des Lycéens). Son analyse psychologique est fine et terriblement dure. « Une conscience en souffrance ne se relâche pas ». On souffre avec elle, sans échappatoire possible. Vers la beauté.
L’Art, la beauté
Le lecteur ne comprend pas vraiment le rapport entre Antoine et Camille. Il lui faudra attendre la toute fin du livre pour découvrir toutes les explications liées aussi bien à Camille qu’à Antoine… L’écriture de Foenkinos va droit au but. Sans fioriture. Sérieusement. Que ce soit pour parler de la beauté ou du drame, pas de mots inutiles. A l’image d’Antoine, même les signes de ponctuation en disent long…
Comme souvent l’auteur, passionné d’art, nous partage ses connaissances et plus précisément sur Jeanne Hébuterne, qui l’a envoûté.
Une œuvre tournée Vers la beauté, à la fois intérieure et extérieure. Une beauté qui peut se transformer en horreur en 2 minutes. Un roman terriblement poignant.
« Elle comprenait la puissance cicatrisante de la beauté. Face à un tableau, nous ne sommes pas jugés, l’échange est pur… »
Publik’Art ne peut guère vous en dire plus mais vous invite à écouter cette histoire passionnante, lue merveilleusement par Xavier Béja. Un seul conseil : prévoyez du temps devant vous car vous aurez du mal à appuyer sur le bouton « pause » ! Vers la beauté, un réel coup de cœur pour Publik’Art !
Accédez au livre audio de David Foenkinos : Vers la beauté
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Manuel de la parfaite petite jouisseuse
Antoine Duris est professeur aux Beaux-Arts de Lyon. Du jour au lendemain, il décide de tout quitter pour devenir gardien de salle au Musée d’Orsay. Personne ne connaît les raisons de cette reconversion ni le traumatisme qu’il vient d’éprouver. Pour survivre, cet homme n’a trouvé qu’un remède, se tourner vers la beauté. Derrière son secret, on comprendra qu’il y a un autre destin, celui d’une jeune femme, Camille, hantée par un drame.
« Tragédies romaines » : le feuilleton titanesque d’Ivo van Hove sur le pouvoir
Shakespeare le retour ! Après avoir accueilli en janvier 2016 « Kings of War » qui nous offrait déjà une puissante immersion au coeur des arcades du pouvoir, Ivo Van Hove retrouve le Théâtre National de Chaillot pour s’attaquer cette fois-ci aux trois tragédies romaines : Coriolan, Jules César, Antoine et Cléopâtre.
Et questionner encore et toujours le champ du politique à travers ces trois aventures qui mettent en scène l’histoire et les destins tragiques d’hommes et de femmes confrontés au pouvoir.
Car si Ivo van Hove emprunte à Shakespeare, c’est pour mieux mettre en parallèle notre réflexion à bonne distance historique sur ce qui peut paraître immuable dans les pratiques de ce pouvoir et ses dérives.
De la bonne distance Shakespearienne à la transposition contemporaine
Ambition, rivalité, certitude d’être l’homme providentiel ou le sauveur ultime, démagogie inhérente à la démocratie, arme de la communication réductrice, refus d’un pouvoir partagé, impuissance chronique cachée sous des discours lyriques, refoulement de l’intime, autant de thèmes qui traversent ces tragédies shakespeariennes et qu’Ivo van Hove place au cœur de notre monde contemporain, dans des lieux de pouvoir tels que nous les connaissons, salles de conférences internationales ou plateaux de télévision.
Au plus près du texte original, il fait entendre pendant pas moins de 5h45 ces questionnements en mettant en exergue les passions humaines et leurs contradictions aux prises avec les enjeux de domination, d’ambitions, et de visions du monde.
De Coriolan qui refuse la démocratie en niant le poids de la plèbe, en passant par Brutus qui veut sauver la démocratie en tuant le démagogue César, et Antoine qui ne peut plus sortir de l’imbroglio mêlant son avenir politique et sa vie amoureuse, ces héros Shakespearien voulaient pourtant tous, comme aujourd’hui, transformer la société mais au prix de combien d’erreurs, de compromissions et de reniements idéologiques. Le tout sous l’emprise d’un aveuglement despotique, hégémonique dont les noirs desseins et leurs résultats sont toujours d’actualité.
Dans un décor ultra contemporain, les personnages en costumes de ville évoluent au milieu de canapés design, invitant les spectateurs à les rejoindre sur scène pour boire un verre ou encore consulter leurs emails !
En opposant à ces tribuns qui sont aussi des hommes de chair, la passion à la trahison, la dictature à la démocratie, l’amour au devoir, Ivo van Hove et sa troupe du Toneelgroep Amsterdam éblouissante de maîtrise – sur fond musical tonitruant ou opératique orchestré par des musiciens qui accompagnent le chaos et son vertige – donnent à voir cette déflagration entre la sphère publique et intime, qui précipite la chute.
Un rétrospective visionnaire qui passe au crible dans une réactualisation percutante mais sans cynisme, un système de gouvernement aussi ravageur que ravagé par l’égo, les passions intimes, les luttes intestines et la communication politique.
Dates : du 29 juin au 5 juillet 2018 l Lieu : Théâtre National de Chaillot (Paris) Metteur en scène : Ivo van Hove
L’affaire Julie Clain, le pouvoir d’une rumeur (Zinedi)
Martine Gasnier est Docteur en histoire du droit et a toujours écrit dans le cadre de son travail. Elle travaille sur son premier roman, L’affaire Julie Clain, depuis qu’elle est à la retraite. Elle s’est largement inspirée d’un fait divers datant de 1860.
L’affaire Julie Clainest un livre remarquablement écrit. On sent que chaque mot est choisi avec minutie. C’est un petit livre compact mais dense et riche.
Vie plutôt banale
L’histoire est très simple. Julie Clain est une jeune femme de 27 ans qui vit avec sa mère veuve, dans une ferme. Elle s’occupe des travaux aux champs. Elle est discrète, plutôt introvertie, besogneuse et ne demande rien à personne. Et puis, un beau jour, la rumeur s’acharne sur elle. Sans raison. Mais la rumeur a-t-elle besoin d’une raison ? Qui alimente donc la rumeur ? Comment y faire face quand tout un village se ligue contre vous. La rumeur raconte qu’elle a accouché toute seule et a tué son bébé. On ne lui connaît pas d’amant. Mais c’est sûr qu’elle a fait ça.
La rumeur criminelle
La rumeur enfle et peu à peu envahit sa vie. Et sans aucune preuve, Julie se retrouve enfermée en prison. L’auteur raconte très bien la vie d’autrefois, dans un petit village, à Bazoges, où il n’y avait rien à faire, en-dehors du travail dans les champs ou du bistrot pour les hommes et bien sûr de l’église.
Julie nie. Julie a toujours nié. Julie n’a pas tout dit mais elle garde son secret et de toute manière, elle n’a jamais accouché et n’a jamais tué personne. Mais elle a sa vie, à elle, rien qu’à elle. Elle se trouve quand même devant la cour d’assises de l’Orne, remarquablement défendue par Maître Léon de la Sicotière. Sans aucune preuve, juste une rumeur.
Martine Gasnier nous fait vivre cette affaire avec une intensité poignante. On est projeté en 1860. Avec une jeune femme déjà très en avance sur son temps. Une jeune femme qui veut être libre ! On la suit avec angoisse, page après page. Comme on suit cette rumeur devenir criminelle sans aucun élément révélateur. Un livre passionnant et très angoissant.
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Septembre 1860 dans le Perche, la gendarmerie du paisible bourg de Bazoches-sur-Hoesne s’émeut : la rumeur accuse Julie Clain, demeurant à la ferme de La Motte, d’être coupable d’infanticide. Une affaire reposant sur le seul rapport d’expertise d’un médecin local et quelques témoignages à charge qui conduiront l’accusée devant la Cour d’Assises de l’Orne. Son avocat, Maître Léon de la Sicotière, personnalité ornaise dont le souvenir est encore très vivace, sera son défenseur…
En s’appuyant sur ce fait divers, l’auteur livre un roman où prédomine l’analyse d’une certaine société. Elle emboîte ainsi le pas à d’illustres prédécesseurs et nous invite à méditer sur la fragilité de la justice humaine.
Date de parution : le 24 mai 2018 Auteur : Martine Gasnier Editeur : Zinedi Prix : 14,90 € (152 pages) Achetersur : Amazon
La sirène et la licorne, une romance qui bouscule les codes (Rageot)
Erin Mosta fait son entrée dans le monde de la littérature Young Adult avec son premier roman, La sirène et la licorne. Son amour des vieux films transparaît dans ses romans, comme celui qu’elle porte aux paysages de Charente-Maritime.
S’échapper le temps d’un été
Lorsque Lili part vivre chez sa tante le temps d’un été en Charente-Maritime, elle tente d’échapper à son passé. Si Lili préfère rester seule chez elle devant un film en noir et blanc, elle fait rapidement la connaissance de Cris, grâce à qui elle va découvrir tout ce que la région a à lui offrir. Avec Cris, elle peut enfin être elle-même. L’auteure nous montre ces deux adolescentes s’ouvrir l’une à l’autre jusqu’à ce que cela devienne une évidence.
Le poids des secrets
Lorsque Lili débarque chez sa tante, qu’elle ne connaît pas vraiment, elle découvre rapidement que quelque chose ne va pas. Sa tante lui cache quelque chose et est bien décidée à ne rien lui dire, peu importe la curiosité de Lili. En creusant un peu plus, Lili apprend que ce secret est loin d’être le seul. Elle comprend alors que des secrets qui perdurent depuis des années pèsent sur sa famille, au point de la déchirer.
Des personnages forts
Le point culminant de La sirène et la licorne est la profondeur apportée par l’auteure à ses deux personnages principaux, Lili et Cris. Réalistes, ces deux adolescentes au passé compliqué se frayent un chemin jusqu’au cœur des lecteurs, lentement mais sûrement, au fil des pages. Leur évolution est phénoménale et leurs sentiments parfaitement décrits.
Des thèmes difficiles…
Sans être complètement centré sur le harcèlement scolaire, La sirène et la licorne aborde avec sincérité les conséquences pour les adolescents qui en sont victimes. Erin Mosta met l’accent sur de nombreux problèmes que peuvent rencontrer les lycéens avec finesse.
… mais une lecture légère
La sirène et la licorne est une romance aux allures d’été, qu’il fait bon de lire sur la plage ou au bord de la piscine, tout en abordant des sujets plus compliqués. Erin Mosta a su trouver le juste équilibre pour livrer à ses lecteurs un roman d’une justesse parfaite.
Au-delà de bouleverser les préjugés, La sirène et la licornebouscule les codes de la littérature Young Adult. Le roman d’Erin Mosta célèbre la diversité, l’amour, le tout avec autant de douceur qu’une plume peut partager.
Page de l’éditeur :
Tout les oppose, pourtant elles s’attirent, et vont vivre une très belle histoire d’amour au coeur de l’été.
La licorne, c’est Lili. 17 ans, cheveux longs couleur arc-en-ciel, ballerines pailletées. Elle est passionnée par les effets spéciaux et le maquillage au cinéma. Elle a été harcelée sur le Net par les élèves de sa classe. Pour oublier, elle quitte la banlieue parisienne et part en vacances chez sa tante près de l’océan. En apparence, tout va bien et elle assume. La réalité est moins facile.
La sirène, c’est Cris. Cheveux courts, baskets défoncées, vieux jean trop large. Passionnée de voile et de natation, elle est plus à l’aise sur l’océan qu’au milieu de la foule. En vacances dans la maison de vacances familiale, elle tente de guérir d’une blessure. Fragile en apparence, elle possède une vraie force intérieure.
Date de parution : le 20 juin 2018 Auteur : Erin Mosta Editeur : Rageot Prix : 15,50 € (272 pages) Acheter : Amazon
I Love Piaf, mise en scène de François Chouquet, Le Lucernaire
Retour en fanfare du spectacle I Love Piaf au Lucernaire!
Après deux premiers spectacles joués et appréciés en 2016 au Théâtre du Marais et au Théâtre Edgar, c’est dorénavant au Lucernaire que la pièce sur la vie de la grande Edith Piaf se joue jusqu’au 19 août. L’inénarrable narrateur Jacques Pessis laisse parfois sa place à Patrick Maktav pour un coup de jeune qui n’enlève rien à la force de histoire racontée à un public sous le charme. Mtatiana tient avec grâce et sensibilité le micro pour interpréter les chansons éternelle de la Môme Piaf devant un public qui reprend avec allégresse les standards enjolivés par l’accordéon d’Aurélien Noel ou de Maryll Abbas. Les larmes aux yeux, le souffle coupé, le coeur battant à tout rompre, le spectacle réussit une fois de plus à provoquer une émotion autant chez le public français qu’anglo-saxon par la grâce d’un écran traduisant instantanément les paroles. Le moment est beau, le moment est fort, le moment est à découvrir au Lucernaire!
Une vie romanesque à découvrir
Le film récent avec l’oscarisée Marion Cotillard a remis sous les feux des projecteurs l’existence haute en couleurs de la plus grande chanteuse française du XXe siècle. Car partie de rien, la jeune Édith Giovanna Gassion a gravi les échelons de la célébrité grâce à son charisme et à sa voix. Les grands épisodes sont connus, les chansons aussi et surtout. Tout y passe, de Padam en passant par La vie en rose ou Milord. La narration égrenée par le truculent Patrick Maktav s’accompagne de prises de becs drolatiques avec ses deux comparses dans une ambiance de cabaret bon enfant. Celle qui est devenue Edith Piaf a contribué à l’évasion de prisonniers français pendant la seconde guerre mondiale, a connu l’amour absolu avec Marcel Cerdan et est décédée à seulement 47 ans en marquant au fer rouge un pays tout entier bouleversé par l’incomparable présence d’une femme bigger than life. Le spectacle rend majestueusement justice à une grande dame qui a dépassé les frontières de son art pour irradier toute entière sur une société à la recherche d’exemples. La narration, les chansons et l’accordéon donnent au spectacle une dimension onirique qui conquiert l’audience toute entière. C’est beau, c’est juste, c’est parfois drôle, souvent émouvant, un vrai spectacle passion à découvrir au Lucernaire. Les connaisseurs seront peut être déçus de ne pas tomber un soir avec Jacques Pessis, mais sa doublure ne dépareille pas pour rendre un vibrant hommage à la môme Piaf!
Le spectacle I Love Piaf ravit le public français mais aussi la foule d’invités anglo-saxons qui peuvent partager ce moment avec les sous-titres affichés à l’arrière plan. Emotion et passion sont les maitres mots d’un spectacle à découvrir ou redécouvrir au Lucernaire jusqu’au 19 aout! Même pour la 3e fois, l’effet est garanti car même sans être un inconditionnel d’Edith Piaf, la prestation des 3 comédiens chanteurs sur scène touche au coeur!
Dates : du 13 juin au 19 aout 2018 Lieu : Le Lucernaire (Paris) Metteur en scène : François Chouquet Avec : Mtatiana, Jacques Pessis ou Patrick Maktav, Aurélien Noel ou Maryll Abbas
A l’Odéon : un Avare inspiré qui décoiffe et ne lâche rien
Porté par une relecture inspirée à l’énergie explosive, le metteur en scène Ludovic Lagarde offre une vision contemporaine et très enlevée de ce classique de Molière.
L’avare est ici un homme ordinaire, paranoïaque et sadique, aux prises avec une famille en crise qu’il ordonne et terrorise, sous couvert d’une fortune amassée mais confisquée, qui pervertit autant qu’elle manipule, les relations et les sentiments.
Avarice, obsession de l’accumulation, violence liée au rapport à l’argent et à son culte mortifère, sont donc au cœur de l’intrigue où tout peut lui être sacrifié, puisque rien d’autre ne compte plus, rien ne vaut plus, que l’argent, justement.
Et au diable les autres mais aussi lui-même car dans cette dévotion compulsive pour son vice, c’est aussi une fosse au fond de laquelle l’Avare creuse sa propre tombe dont la scène finale vaut son pesant d’or !
La tragédie d’un homme et le pouvoir malsain de l’argent
C’est la tragédie d’un homme qui maltraite son entourage, s’isole de plus en plus, et du pouvoir malsain de l’argent où tout le monde se ment, que fait entendre dans toute sa noirceur et sa violence, Ludovic Lagarde dans un rapport très concret, très réaliste au texte, en mettant à distance les conventions de jeu généralement associées à ce théâtre.
Le metteur en scène inscrit cet avare dans une figure de notre temps où les richesses dématérialisées sont concentrées entre les mains de quelques uns. Dans un intérieur aux allures d’entrepôt, les caisses amoncelées disparaissent tandis que les sentiments se révèlent. Là où le manque et l’accumulation obsèdent et exacerbent les turpitudes jusqu’à son paroxysme.
Ludovic Lagarde s’empare de la langue crue et incisive de Molière avec un évident plaisir du jeu qui pointe l’humour cinglant et ravageur du dramaturge visionnaire.
La troupe à l’unisson est emmenée par le saisissant Laurent Poitrenaux en Harpagon dont la puissance de jeu se charge de tous les ingrédients d’un drame qui tient autant de la comédie noire que de la mascarade cruelle et sans appel. Bravo !
Dany Brillant en concert au casino Barrière de Lille le 10 juin
Chanteur, crooner, danseur, charmeur et même acteur, Dany Brillant est un autodidacte unique en son genre. L’interprète des tubes « Quand je vois tes yeux », « Suzette » ou « Ya que les filles qui m’intéresse » revient sur scène avec sa tournée et son album : Rock and Swing Tour. Si l’on en croit le principal intéressé, il faut s’attendre à un show «50% rock, 50% swing et 100% dansant » avec comme mots d’ordres, l’amour, le bonheur et le lindy hop!
Après des passages à la salle Pleyel de Paris ou au casino Barrière d’Enghien, le Rock and Swing Tour de l’inimitable Dany Brillant a fait donc escale au casino Barrière de Lille le 10 juin. Une nouvelle fois, l’établissement a accueilli le public pour un rendez-vous qui diffère des événements traditionnels habituellement proposés comme le PokerStars Festival Lille du 16 au 22 juillet. En effet, tout au long du mois de juin le casino accueillait de nombreux artistes comme Pink Martini, Michel Drucker, Verino ou le Memphis Show pour des diner-spectacles, concerts ou one-man-show haut en couleurs.
Avec plus de cinq millions d’albums en vingt années de chansons et de concerts, Dany Brillant veut célébrer l’« amour » et la « vie » à travers sa tournée. Après avoir fait du théâtre, le chanteur de 52 ans a vécu une période de passage à vide, un coup de moins bien. Grâce au soutien de sa femme Nathalie Moury et de ses deux enfants Lino et Dean, Dany Brillant a réalisé que la musique reste un antidépresseur indispensable de nos jours. Cette prise de conscience lui a donc permis d’écrire de nouvelles chansons remplies de bonheur et de positivité.
Une énergie qu’il prend plaisir à partager avec son fidèle public depuis son premier album « C’est ça qui est bon », sorti en 1991. Le chanteur né à Tunis le 28 décembre 1965 a toujours été attiré par la musique. Très tôt, il décide d’arrêter ses études de médecine pour vivre de sa passion. Il se produit alors dans les cabarets parisiens et prend des cours de comédie au célèbre cours Florent. Inspiré par l’amour et les femmes, ce dandy au grand cœur est souvent comparé à Elvis Presley, son idole de toujours.
Si le public connaît ses talents de musiciens et son univers rétro rythmé au son du jazz, de la salsa ou du cha cha cha, Dany Brillant possède aussi un talent d’acteur. On peut le retrouver dans plusieurs films comme « Des nouvelles du bon Dieu » (1996), « Changement d’adresse » (2006) ou « Fais-moi plaisir ! » (2009). En 2011, il cède aux sirène du théâtre et partira pour une tournée d’un an à la rencontre du public, son allié de toujours.
Quatre ans après son dernier album « Le Dernier Romantique », Dany Brillant est de retour sur scène et dans les bacs. Le crooner est heureux et cela se voit. Sa bonne humeur communicative et son sourire charmeur vous transporteront des un univers musical festif. L’occasion idéale d’obliger tous ses soucis et de partager un moment convivial avec sa famille ou ses amis.
Dany Brillant était au casino Barrière de Lille, le 10 juin 2018. Sa tournée continuera toute l’année.
Au Poste, film de Quentin Dupieux, Copyright Diaphana Distribution
Au Poste, un nouveau délire scénaristique de Quentin Dupieux
Une soirée très longue au poste de Police. L’inspecteur Buron (Benoit Poelvoorde) interroge un suspect (Grégoire Ludig) pour le passer à la question. Le pitch est réducteur car le film fait la part belle aux longs intermèdes de bavardage et de coupages de cheveux en 4 dans une ambiance nocturne très singulière. Quentin Dupieux prend le contre pied de ses précédents films plutôt américains et ensoleillés pour un numéro de joutes verbales en pleine nuit, en grande partie en vase clos dans un commissariat. C’est un concept, sans intérêt pour certains, jouissif pour d’autres, comme souvent chez ce réalisateur qui ne sait pas ne pas diviser.
Un Garde à vue du 21e siècle
La faune de ce commissariat anonyme n’est pas anodine. On se croise, on se harangue, on se met en boite, l’enquête elle-même ressemble à une plaisanterie sortie d’un numéro de farces et attrapes. L’inspecteur Buron mène la danse avec un flegme hautain qui ne supporte aucune contradiction. Fugain ressemble à une souris de laboratoire prise au piège d’une béchamel infernale. Fiona (Anais Dumoustier) ressemble à une godiche, Champonin (Philippe Duquesne) ne semble servir à rien, le commissariat tourne à vide avec une équipe de flics complètement insensibles au sort de leurs semblables. Ca jacte, ça éructe mais ça endort quelque peu le spectateur habitué à un peu plus d’action. Loin de l’atmosphère outrancièrement décalée du chef d’oeuvre Wrong Cops, celle d’Au Poste semble être branchée sur pilote automatique. Pas de lapin qui sort du chapeau, même le twist final semble quelque peu forcé. Le premier film 100% français de l’ex-Mr Oizo lui a laissé les mains libres pour les dialogues dans des rapports de force humains continuels, avec un choix du dénouement qui n’en est pas un, et l’évolution de personnages qui peuvent sembler un peu préfabriqués. Le huit clos manque singulièrement de tension et de péripéties, il serait bon de savoir si le réalisateur a laissé une marge de manoeuvre à ses acteurs car tout ça semble enserré dans un corset par trop serré qui aurait mérité un peu plus de lâcher prise.
Au Poste est un film concept tarabiscoté mais sans vraiment de folie. Cette garde à vue grandiloquente fait un tantinet pschitt pour une durée d’1h13 qui détonne dans le paysage cinématographique actuel. Mais les fans hardcore de Mr Oizo s’y retrouveront certainement tant l’univers ne ressemble à rien de connu.
Il y a quelques temps, on a eu envie de vous faire découvrir une box qui nous tient à cœur : la box Envouthé. Une box comme on les aime, originale et de très grande qualité. Mais alors, Envouthé, qu’est ce que c’est ?
C’est une petite box au design épuré et recherché qui nous offre la possibilité de découvrir une sélection de thés et de tisanes que l’on ne trouve bien évidemment pas en supermarché, voire nulle part ailleurs si ce n’est au bout du monde ! On le dit Envouthé, c’est de la Qualité !
Nous avons donc pu découvrir la box du mois d’Avril (bon on a pris un peu de temps pour faire ce test, on vous le concède ^^) au doux thème printanier « En fleurs ».
Ce fut une floraison de saveurs d’ici et d’ailleurs, aux senteurs de roses, de jasmin ou bien encore de cerisiers. Des thés verts, des thés blancs, des thés noirs et même des tisanes ! Une sélection pour toutes les occasions et les moments de la journée !
Difficile de ne pas vouloir tous les déguster dès l’ouverture de la box. On en mangerait presque ! De plus, cette box nous offrait également deux petites tasses de dégustation Gong fu chapour nous initier à la cérémonie du thé Gong fu cha. Et oui, parce qu’une box sans cadeau ce n’est pas vraiment une box et cela reste toujours l’occasion de tester de nouvelles choses.
Notre coup de cœur pour ce mois d’avril a été le thé Dhiya de la maison SAYRA. Le jasmin, le matin c’est une véritable bulle de douceur.
D’un point de vue purement pratique, avec Envouthé, vous aurez suffisamment de thé pour un mois, car les doses sont très bien calculées. Si après cela, vous n’avez pas envie de tester, c’est que vous n’aimez pas le thé !
L’enfant aux yeux d’étoile, un conte qui donne la chair de poule (Anne Carrière)
Frédéric Lesur aurait exercé plusieurs métiers avant de devenir instituteur. Il semble que L’enfant aux yeux d’étoile soit son premier roman. Une pure merveille ! Encore un coup de cœur pour Publik’Art !
Un conte proche du Petit Prince
Il n’était sûrement pas dans l’intention de l’auteur de prolonger le texte de Antoine de Saint Exupéry. Mais il l’a tout de même fait en quelque sorte ! Il nous raconte la vie de Mathys, fils unique d’enseignants. Dès le début du roman, on apprend que Mathis, enfant précoce, vient de perdre ses deux parents dans un accident de voiture. Le choc pour Mathis est terrible. Tellement horrible qu’il s’enfonce dans le déni. Il n’est plus Mathis, il devient le Petit Prince. Car sa maman le surnommait « son Petit Prince ». Mathis connaît l’histoire du Petit Prince par cœur. Et cela va considérablement l’aider dans sa douleur.
Analyse psy
Non seulement, le lecteur fait face aux réactions psychologiques de l’enfant, mais aussi à ses nombreuses réactions physiques, hyper violentes. Il agresse sauvagement toute personne portant une blouse blanche. Car Mathys a dû être hospitalisé. Son état ne cesse de s’aggraver et personne ne semble compétent pour l’approcher. Mathys est devenu une bête féroce. C’est alors que son psychiatre fait appel à son collègue et ami, Louis Russel, un pédopsychiatre de renom.
Approche thérapeutique
Pour apprivoiser Mathys, le pédopsy va avoir une idée géniale. Il va se faire passer pour le petit-fils de Antoine de Saint-Exupéry. Il décide de porter le même prénom que lui, Antoine. Et peu à peu, la relation de confiance va s’instaurer auprès de Mathys. Plus question de Mathys, mais uniquement du Petit Prince. Tout tourne autour de lui. Il veut retrouver son renard. Alors, Antoine, le faux, va l’emmener un mois en Aubrac, retrouver son renard. Il lui faudra tout ce temps pour faire renaître Mathys. Le retour dans le monde réel de Mathys ne se fera pas sans souffrances. Mathys est un enfant aux yeux d’étoile…
Publik’Art a particulièrement apprécié les nombreux dialogues entre l’enfant et le pédopsy. Quoi de plus difficile que d’aborder la notion de mort à un enfant qui a perdu ses deux parents ? Comment répondre à ses nombreuses questions sur la mort, sur le devenir des morts, sur l’âme ? L’auteur a une approche à la fois enfantine et emplie d’une grande sagesse, et preuve d’une grande maturité. Chacun y trouvera son compte.
L’enfant aux yeux d’étoile est riche d’un dialogue profond entre un enfant et un adulte. A la fois un conte et une belle leçon de vie. Une très belle histoire à lire et relire et surtout à faire partager ! Un vrai coup de cœur !
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Enfant précoce, Mathys est le fils unique d’un couple d’enseignants. Il a dix ans quand un accident emporte brutalement ses parents. Le choc le fait s’effondrer dans une psychose réactionnelle incroyable : voilà qu’il prétend être « le Petit Prince » et qu’il agresse quiconque tente de le ramener au réel !
On fait appel à Louis Russel, pédopsychiatre, spécialiste des traumatismes infantiles et homme de cœur. Une thérapie baroque s’engage. Russel emmène Mathys sur le haut plateau d’Aubrac où s’est produit l’accident. Le faux Petit Prince retrouve peu à peu le goût du lien, mais son déni tient bon.
Alors que le séjour s’achève, Russel conduit l’enfant jusqu’à un lac isolé dans la montagne puis s’éclipse. C’est alors que surgit un renard…
Tendre et optimiste, ce premier roman aborde sans affliction la condition orpheline. Ceux dont la vie a été marquée par la perte d’être irremplaçables y trouveront des pistes de réconfort.
Date de parution : mai 2018 Auteur : Frédéric Lesur Editeur : Anne Carrière Prix : 18 € (265 pages) Achetersur : Amazon
La plus belle femme du monde : The Incredible Life of Hedy Lamarr, scénario de William Roy, dessin de Sylvain Dorange, Editions La Boîte à Bulles
Une BD haletante avec La plus belle femme du monde : The Incredible Life of Hedy Lamarr au éditions La Boîte à Bulles
Les éditions La Boîte à Bulles proposent une histoire de femme forte mais hélas quelque peu oubliée de nos jours. Car si Hedy Lamarr fut connue et reconnue pour être la plus belle femme du monde au détour des années 30 et 40 par la grâce de ses nombreuses apparitions cinématographiques, elle fut également une pionnière du cryptage et même et surtout de la WIFI. Difficile à croire, mais l’existence d’Hedy Lamarr a tout eu de la folle épopée.
Une femme sans concessions
Née en novembre 1914, la jeune Hedwig Eva Maria Kiesler a d’abord connu la quiétude et les fastes d’un empire austro-hongrois en fin de vie. Car la défaite lors de la première guerre mondiale a plongé le pays dans une profonde dépression qui conduisit à l’annexion du pays par l’Allemagne nazie lors de l’Anschluss de 1938. Il ne lui resta plus qu’à fuir, ce qu’elle fait très tôt pour débuter une carrière cinématographique qui la mène à Londres puis à Hollywood grâce à sa rencontre fructueuse avec le producteur Louis B. Mayer. Etre une femme dans un monde d’homme requiert un sacré caractère, ce que la nouvellement nommée Hedy Lamarr démontra pour s’imposer même si les avanies ne manquèrent pas comme le démontre ses nombreux mariages avortés. Le caractère de la belle la mena à reprendre ses expérimentations jusqu’à mettre au point un système de communication cryptée, qui sera utilisé pour le guidage des missiles mais aussi pour le WIFI. William Roy livre un scénario passionnant pour découvrir un destin hors du commun, pas toujours rose mais marqué du sceau de la détermination. Les dessins de Sylvain Dorange dévoilent une femme sûre d’elle même qui partit de Vienne pour devenir une icône mondiale.
La bande dessinée La plus belle femme du monde : The Incredible Life of Hedy Lamarr se dévore avec passion tant le récit est haletant et tient en haleine. Le récit est à découvrir en novembre 2018 et nous en reparlerons au moment de sa sortie!
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L’histoire vraie d’Hedy Lamarr, juive autrichienne devenue star hollywoodienne. Hedy Lamarr est jeune, intelligente, talentueuse, belle. Si belle, que cela lui a valu le surnom de « plus belle femme du monde ». Quand se réalise son rêve de devenir actrice, elle se retrouve embarquée dans une vie qu’elle n’imaginait pas.Après avoir fuit l’Autriche nazie et un premier mari marchand d’armes, elle se retrouve à Hollywood.Dans le milieu des années 40, l’industrie du cinéma est dirigée exclusivement par des hommes. Alors quand on est jeune actrice comme Hedy Lamarr, incroyablement séduisante et aimant les hommes (6 maris et de nombreux amants célèbres), difficile d’exister pour autre chose que sa beauté.Mais Hedy n’est pas juste belle, elle est aussi curieuse, intelligente, et adore imaginer des inventions, sérieuses ou farfelues. En collaboration avec le compositeur et écrivain George Antheil, elle met ainsi au point un système de communication cryptée, qui sera plus tard utilisé pour le guidage des missiles mais aussi pour le WIFI. Un destin exceptionnel pour une femme hors norme. Et si être belle n’était finalement pas un atout ?
Date de parution : novembre 2018 Scénariste(s) : William Roy Dessinateur(s) : Sylvain Dorange Genre : Biopic Editeur : La Boîte à Bulles Prix : 23 € (176 pages) Acheter sur : Amazon l BDFugue
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Un album doux comme une étreinte avec Indéfiniment de Yara Lapidus
Dès le premier morceau Depuis Toi, l’album de Yara Lapidus dévoile une surprenante fragilité. Entre instruments de musique arabe, petit filet de voix fragile et poésie délicate, la chanteuse et ancienne créatrice de mode envoute l’auditeur. Loin des chanteuses à voix R&B plus ou moins bienheureuses qui hantent actuellement les ondes, Yara Lapidus fait le choix d’une intimité troublante en susurrant des paroles empreintes de mélancolie, ce que confirme le second morceau Indéfiniment. Certains se rappelleront de Keren Ann époque La Disparition ou de Françoise Hardy, il y a de ça. Le timbre de voix prend le pas sur la performance vocale pour une sensibilité à fleur de peau.
Un album magique
Originaire du Liban, Yara Lapidus a sorti un premier album intitulé Yara en 2009. C’est en rencontrant en 2012 le compositeur de chansons et de musiques de films (Le Patient anglais, Cold Mountain, Juste la fin du monde) Gabriel Yared qu’elle a pu affirmer son univers musical. Il lui a composé des chansons qui parlent majoritairement d’amour dans des chansons plus douces que passionnées, plus sensibles qu’extatiques. L’enregistrement a eu lieu aux mythiques studios Abbey Road en compagnie de 43 musiciens. L’écriture des 11 chansons de l’album par Yara Lapidus a révélé un gout pour l’authenticité en même temps que pour la simplicité. La troisième chanson Saudade de Vocé ressemble à une déclaration d’amour touchante et toute en émotion. Le grain de voix de la chanteuse révèle son influence méditerranéenne natale, ce que confirme le 4e morceau Ilalabad chanté en arabe et en français. Les incursions dans une musique plus pop comme dans le 5e morceau No no no no ne t’en fais pas laisse un peu perplexe mais le 6e Ca sert à rien rassure, la douce voix est de retour et la délicatesse prédomine. Deux années d’écriture ont été nécessaires pour tisser une toile avant l’enregistrement à Londres. L’impression d’un joyau sonore prédomine avec une langueur palpable qui imprègne la plupart des compositions. Le 7e morceau Loin très loin le confirme, la douleur de la séparation et la peur du vide émeuvent l’auditeur. La chanteuse parle-t-elle d’une expérience personnelle douloureuse ou de son pays meurtri par la guerre? Le plus doux des rêves semble voler dans le ciel, porté très haut par une voix gracile et enchantée. Un matin sans toi ressemble à une ritournelle presque sixties époque Michel Legrand et vingt-quatre heures creuse le sillon de la mélancolie. Il faut attendre le morceau final Encor Encor pour entendre la voix de Gabriel Yared dans un duo tout en subtilité. La chanteuse et le compositeur mêlent leurs voix dans une apothéose qui conclut magnifiquement l’album.
La voix de Yara Lapidus est magnifiquement exprimée par des accompagnements fragiles qui la subliment sans jamais l’engloutir. Douceur et mélancolie pénètrent les 11 compositions de l’album pour un moment de magie sonore à découvrir!
Depuis toi est un titre de l’album de Yara Lapidus, Indéfiniment, produit par Yara Music, édition Deva Music
Le Coney Island rêvé de Woody Allen prend forme dans Wonder wheel qui sort en DVD, BluRay & VOD.
On ne se refait pas quand on s’appelle Woody Allen. Après une parenthèse européenne plus où moins en réussite, le cinéaste nous replonge dans son New York adoré. Celui jazzy des années 50. Celui à la mordorure léchée des sunsets de Coney Island. Celui des pantalons à pinces hautes pour ces messieurs, ou des robes embonbonnées pour ces mesdames. Une époque qui le rend nostalgique depuis toujours, pour son phrasé particulièrement appuyé, pour ses communautés segmentées mais poreuses, mais surtout pour ses personnages de loosers magnifiques ou de demoiselles désespérées d’amour parfait. Wonder wheel est un peu de tout ça et bien plus encore. Notre cinéaste prend de l’âge, son inquiétude aussi.
Wonder wheel permet à Kate Winslet d’intégrer comme une évidence le panthéon des actrices alleniennes.
Evidemment, vous me direz que Woody n’a jamais été la personne la plus optimiste que vous ayez croisé dans une salle obscure, mais force est de constater que depuis quelques temps son pensum existentialiste a pris le pas sur sa lubricité. Comme une évidence, c’est Kate Winslet qui se charge ici de traduire les névroses et hantises de son auteur. Une performance de haute volée dans la peau de la facétieuse Ginny, en quête d’amour et de lumière, que notre cher Stanislas Claude avait déjà souligné lors de la sortie en salle du film. Justin Timberlake et Juno Temple signent également leurs premières partitions chez Allen avec cette tonalité propre au cinéaste faite de répliques ciselés à la syllabe prêt. Un cru à la teneur douce en bouche et brillante grâce à la photographie du génial Vittorio Storaro.
Wonder wheel sort le 27 juin en DVD, BluRay et VOD. Un Woody Allen dans la veine de ses derniers succès où la part belle est faite aux actrices, ici Kate Winslet irrésistible en héroïne du quotidien, fiévreuse et nostalgique.
Wonder Wheel croise les trajectoires de quatre personnages, dans l’effervescence du parc d’attraction de Coney Island, dans les années 50 : Ginny, ex-actrice lunatique reconvertie serveuse ; Humpty, opérateur de manège marié à Ginny ; Mickey, séduisant maître-nageur aspirant à devenir dramaturge ; et Carolina, fille de Humpty longtemps disparue de la circulation qui se réfugie chez son père pour fuir les gangsters à ses trousses.
SortieDVD : le 27 juin 2018 Durée : 1h41 Réalisateur : Woody Allen Avec : Kate Winslet, Justin Timberlake, Juno Temple, Jim Bellushi Genre : Comédie dramatique Distributeur : AB Productions Prix : à partir de 19,99 € (DVD) Acheter : sur fnac.com
Derrière le sourire, les confidences intimes de notre Grizou international (Audible)
Quand Antoine Griezmann a écrit son livre, Derrière le sourire, il était en pleine ascension ! Ce livre est paru en mai 2017, et vient de sortir chez Audible, en exclusivité. Il est lu par le comédien Benoît Berthon. Grizou fait parler de lui quasiment tous les jours en ce moment, en plein Mondial 2018 ! Et aujourd’hui, on attend encore tant de Griezmann ! Dans ce livre, Antoine Griezmann, dit Grizou, nous raconte comment il est devenu ce grand champion d’aujourd’hui que tout le monde connaît. Grizou, gaucher, Petit Prince des Français, a un tatouage sur le bras avec cette devise d’Antoine de Saint Exupéry :
« Fais de ta vie un rêve et d’un rêve une réalité ». Cette devise, il la vit chaque jour.
Son enfance et ses choix
Grizou se confie avec son franc-parler, sa spontanéité. « Derrière le sourire, j’en ai chié ». Originaire de Mâcon, son père fut son premier coach. Il lui a transmis sa passion. Jamais sans son ballon. A l’école, depuis tout petit, son ballon était plus important que son cartable ! Il a de qui tenir puisque son grand-père maternel était un joueur professionnel au Portugal. Il s’est installé à Mâcon où est née Isabelle, la mère d’Antoine. Il est mort un an avant sa naissance. Antoine dit qu’il doit tout au foot ! Ses parents se sont même rencontrés grâce au foot ! Le rêve d’Antoine, depuis ses 9 ans : devenir footballeur professionnel. Son père était alors son entraineur. Il le faisait jouer pieds nus ! Mâcon reste l’endroit où il se ressource, l’endroit idéal pour déconnecter.
Ses déceptions
De nombreux clubs, en France, l’ont refusé. Trop petit. On lui faisait des radios du poignet pour découvrir quelle sera sa taille adulte. Ce fut vraiment difficile à accepter tous ces refus. Antoine ne comprenait pas. A chaque fois, il recevait une claque, une énorme claque. Il était doué, mais on ne voulait pas de lui. Jusqu’au jour où la Real Sociedad lui demande de venir faire un essai à San Sébastian, d’une semaine. Essai prolongé encore d’une semaine. Puis, ce fut enfin l’admission ! Antoine n’avait que 13 ans ! Il a quitté Mâcon, sa famille, pour aller habiter à Bayonne, chez son entraineur, Eric Olhats. Antoine était prêt à tout pour devenir footballeur professionnel.
Son adaptation
Très vite, Antoine s’adapte à sa nouvelle vie. Même si c’est un crève-cœur de se séparer de sa famille à toutes les vacances scolaires. Surtout les séparations avec sa mère, dit-il. Là-bas à Bayonne, il pense foot, mange foot, et fait du foot non-stop après le Collège, jusqu’à 22h. Eric a pris en charge son éducation. Il n’était pas un élève motivé au Collège, mais au foot, oui ! Eric veillait sur lui en permanence. Il devait être focalisé uniquement sur le foot.
Surveiller son image
Pour Grizou, l’important est de garder le sourire. Son père ne l’a jamais forcé, dit-il, et a toujours fait en sorte de prendre du plaisir en jouant. Là est son secret. Ne pas s’intéresser à ce qu’on dit sur lui, et continuer à jouer. Il ne lit jamais les critiques sur lui. S’il ne plait pas à tout le monde, eh bien, tant pis, dit-il ! Mais il est heureux de constater qu’il arrive à rendre les gens heureux, qu’il est de plus en plus populaire ! Et que ses maillots se vendent de plus en plus ! Il aime changer de coiffure et les assume toutes ! Son sourire est sa force, presque une arme. Le mental est le pire ennemi du footballeur, déclare-t-il. « Le foot, c’est les jambes, mais surtout la tête ».
L’amour au Pays Basque
Antoine adore le Pays Basque et sa philosophie. Il parle espagnol couramment. Il a également connu sa femme au Pays Basque, Erika, qui est espagnole, avec qui il a eu une petite fille, Mia. Erika, c’est la patronne ! C’est son vrai soutien moral. Et Mia, une princesse qui a transformé son papa ! Durant toute sa formation à la Real Sociedad, Antoine joue « comme s’il était dans la rue avec ses potes ».
Un parcours époustouflant
Quand Antoine parle de son parcours, on sent toute sa fierté. De la Real Sociedad à l’Atlético de Madrid, en passant par l’équipe de France, il en a fait du chemin, le petit Antoine ! Il termine 3ème au Ballon d’Or 2016 ! Et depuis, plus rien ne l’arrête ! Aujourd’hui encore, on le suit tout au long du Mondial. Il attire tous les regards et nous mettons en lui tous nos espoirs ! A travers son livre, Derrière le sourire, vous saurez tout sur lui, depuis ses 13 ans. Tous ses matches, tous ses buts, toutes ses joies, mais aussi toutes ses déceptions. Car il lui a fallu du temps avant d’être reconnu ! Et non sans souffrances. Il a aussi fait des bêtises, Antoine, qu’il a payées très cher : 13 mois de suspension. Mais il nous confie que grâce à ça, il est devenu un autre homme, conscient de son statut et de ses responsabilités. Aujourd’hui, il est heureux à l’Atlético.
Et Vive Le Mondial, Vive le n°7 !
Publik’Art ne vous dévoilera pas tous ses secrets les plus intimes et vous laisse les découvrir en écoutant son histoire sur Audible. En pleine coupe du Monde, quoi de mieux que d’écouter un de nos champions préférés ? Bien sûr que nous l’aimons notre Petit Prince. Bien sûr que nous comptons sur lui pour nous emmener le plus loin possible lors de cette coupe du Monde 2018 ! Et ce livre nous permet de mieux le connaître, de mieux le comprendre et de mieux l’admirer !
Profitez de l’offre d’essai Audible pour vous offrir gratuitement un livre Audio avec Audible.fr, pendant le premier mois d’un abonnement mensuel. Si vous n’avez pas aimé l’expérience, vous pouvez vous désabonner quand vous le souhaitez. Si au contraire, vous souhaitez rester abonné, vous recevrez chaque mois un crédit audio vous permettant de télécharger un livre audio, pour 9,95 euros.
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Derrière le sourire
Les confessions du footballeur préféré des Français.
« Aujourd’hui, je profite à fond. Mais, derrière le sourire, j’ai galéré. Avant d’y arriver, j’ai souvent pleuré… »
Rejeté par tous les centres de formation français à cause de sa taille et de son physique frêle, Antoine Griezmann s’exile au Pays basque espagnol dès l’âge de quatorze ans, la Real Sociedad de Saint-Sébastien étant le seul club à croire en lui. Il lui faudra une persévérance à toute épreuve pour atteindre les sommets.
Désigné en 2016 meilleur joueur du championnat espagnol devant Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, l’attaquant de 26 ans réalise des prouesses avec l’Atlético Madrid mais également avec les Bleus lors de l’Euro en France ; elles lui valent les titres de meilleur buteur et de meilleur joueur de la compétition.
D’ordinaire réservé et peu bavard, le troisième au Ballon d’or a décidé de revenir sur son parcours. Sans rien cacher de ses doutes ni de ses ambitions, il se livre pour la première fois : son enfance à Mâcon, centrée sur le ballon, ses essais infructueux, les coulisses de son fantastique Euro, ses échanges avec Didier Deschamps, sa suspension de treize mois de l’équipe nationale après une sortie dans une boîte de nuit parisienne, le match France- Allemagne au Stade de France le 13 novembre 2015 tandis que sa sœur était au Bataclan…
L’histoire d’un champion pas comme les autres racontée avec émotion, sincérité et franc-parler.
Le Musée du Quai Branly organise une belle exposition pour mieux connaitre Paul Robeson
L’acteur, athlète, chanteur et écrivain américain Paul Robeson a les honneurs d’une exposition au Musée du Quai Branly pour mieux connaitre son implication entre les années 30 et 60 en faveur des minorités dans un pays profondément divisé. Si son nom ne dit pas grand chose dans nos contrées, nul doute que l’exposition offrira un éclairage qui réhabilitera un personnage qui mérite plus de reconnaissance posthume dans nos contrées.
Une expo brève mais intense
Le parcours de l’exposition dédiée à Paul Robeson au Musée du Quai Branly fait replonger dans une époque où l’Amérique diabolisait l’ennemi communiste et mettait (déjà) les individus dans des cases. Africain américain aussi costaud qu’intelligent, Paul Robeson s’est d’abord fait connaitre derrière un micro et devant une caméra avec quelques morceaux encore connus aujourd’hui et des prestations cinématographiques qui lui ont offert une belle notoriété. Lui qui clamait refuser l’esclavage, il fit entendre sa voix toute sa vie durant en faveur des opprimés. Refusant les rôles trop caricaturaux, il imposa le même charisme à l’écran que celui qu’il démontra dans ses luttes. Ses partis pris en faveur des pays non alignés, du panafricanisme, de l’Union Soviétique ou des ouvriers ont démontré une belle persévérance dans ses combats. Photos, films et enregistrements permettent de se frotter avec un personnage quelque peu enfoui dans les oubliettes de l’histoire, lui qui mériterait pourtant une belle réhabilitation compte tenu de ses prises de position et de sa belle régularité dans les bons choix militants.
Paul Robeson se voit offrir une belle occasion se se rappeler à la mémoire de nos contemporains. Si son époque était celle des luttes, la notre pourrait et devrait suivre le même exemple pour nous faire tous nous lever contre les injustices de notre monde actuel. Une exposition à découvrir jusqu’au 14 octobre au Musée du Quai Branly.
Dates : du 26 juin au 14 octobre 2018 Lieu : Musée du Quai Branly (Paris) Entrée : 10 €
How to talk to girls at parties, film de John Cameron Mitchell, Copyright ARP Sélection
La semi-déception How to talk to girls at parties
La bande annonce laissait entrevoir un film furieusement punk avec une bande son qui déchire et une ambiance complètement barrée. Le film est légèrement différent avec une atmosphère plus SF que punk et une intrigue assez incompréhensible. Quelques moments punk donnent une certaine ampleur à un film que John Mitchell Cameron laisse un peu filer dans un univers abscons bizarrement sans saveur. Sans être complètement scandaleux, How to talk to girls at parties n’atteint pas les niveaux stratosphériques de ses précédents films Hedwig and the angry inch et Shortbus.
Un faux film punk
Enn (Alex Sharp (II)) et ses deux acolytes vivent dans l’Angleterre de 1977. Ils ne pensent qu’à une chose, coucher enfin avec des filles dans le contexte de l’ère punk qui chamboule tout le pays. The Clash et les Sex Pistols sont passés par là, jusqu’à effrayer les ainés et réjouir une jeunesse en quête d’idéal anarchiste. Quand ils s’introduisent dans une maison censée abriter une bamboula punk, ils découvrent des gens étrangement éthérés et habillés à la mode futuriste. Enn a un crush pour Zan (Elle Fanning) et va vivre une aventure extraordinaire avec elle. Le pitch n’est pas très punk avec certes quelques intermèdes punk, notamment un concert jouissif avec Enn et Zan aux micros, mais le reste est à la fois bavard et compliqué. La rom’com’ s’alourdit de détails extraterrestres qui coupent le rythme et s’encombrent de difficultés rhétoriques. Le titre promettait des combines pour approcher les filles pendant des surprise party, il finit sur un ton totalement et volontairement irréaliste. Les fans de musique se sentiront quelque peu floués par cette pochade sans queue ni tête finalement pas très originale et un peu longuette. Quelques morceaux punk éternels et un scénario moins tarabiscoté auraient apporté un peu de chaleur à un film qui se perd dans des méandres métaphysiques inutiles. Le film pose tout de même la question: qu’est ce que c’est être punk? Il ne suffit pas de porter des vêtements déchirés et de brailler pour l’être, et finalement personne ne l’a finalement jamais vraiment été selon un John Mitchell Cameron très lucide sur la question, surtout si l’on considère la récupération sans vergogne du mouvement par l’industrie du disque.
How to talk to girls at parties propose des situations délicieusement barrées mais jamais très convaincantes. Nicole Kidman interprète un rôle annexe qui n’apporte pas grand chose dans la romance entre une alien et un jeune un peu rêveur. Quant au film définitif sur le punk, le contrat n’est pas rempli, hélas.
1977 : trois jeunes anglais croisent dans une soirée des créatures aussi sublimes qu’étranges.
En pleine émergence punk, ils découvriront l’amour, cette planète inconnue et tenteront de résoudre ce mystère : comment parler aux filles en soirée…
Sortie : le 20 juin 2018 Durée : 1h42 Réalisateur : John Cameron Mitchell Avec : Elle Fanning, Alex Sharp (II), Nicole Kidman Genre : Comédie, Science fiction, Romance, Musical
Best kiss, une romance émouvante d’Abbi Glines (&moi)
Abbi Glines est une auteure américaine, qui, depuis de nombreuses années, ravit son public en écrivant des romances toutes plus originales les unes que les autres. Celle qui partage sa vie entre l’écriture et ses trois enfants est l’auteure de la saga Rosemary beach, aujourd’hui terminée, qui compte treize tomes indépendants les uns des autres.
Des secrets, de l’espoir…
Rose Henderson, fraîchement arrivée à Rosemary beach, semble pleine de secrets. La nouvelle serveuse du restaurant du très sombre Captain le connaît en effet bien plus qu’il l’imagine. Rose le connaît sous le nom de River Kipling, quand ils n’étaient qu’adolescents. Mais Captain, qui a eu beaucoup de mal à surmonter la mort de sa meilleure amie, Addy, n’est plus que l’ombre de celui qu’il a été. Pourtant, il retrouve en Rose beaucoup de sa Addy, lui redonnant espoir pour l’avenir. La lueur d’espoir qui vient éclairer des journées toutes plus sombres les unes que les autres est ce qui rend son personnage si intéressant.
Se sentir chez soi
Abbi Glines évoque avec toute la douceur et sincérité de sa plume la difficulté pour les enfants en familles d’accueil de se sentir chez eux. C’est ce qu’a vécu Rose, personnage principal de Best kiss. Après être passée de foyer en foyer, elle s’imagine enfin avoir une vraie famille, un chez-elle. C’est sans compter sa mère d’accueil, qui lui rappelle à chaque instant qu’elle est une pièce rapportée et qu’elle est sur un siège éjectable.
Le droit à une deuxième chance
Grâce à des sauts dans le temps réguliers, Abbi Glines nous permet de bien comprendre le passé des personnages et surtout, met l’accent sur la question de la deuxième chance et du pardon. Rose et Captain sont tous deux persuadés qu’ils ont laissé passer leur chance au bonheur il y a des années. Petit à petit, cela redevient une possibilité, jusqu’à ce que le lecteur comprenne pourquoi ils ont perdu tout espoir. Les éléments de leur passé nous sont dévoilés pas à pas.
Des personnages hauts en couleurs
Dans Best Kiss, Abbi Glines présente à ses lecteurs des personnages aussi hauts en couleur qu’ils se complètent. Rose, très souvent caractérisée par sa petite taille, a un caractère bien trempé mais sait également faire preuve de délicatesse. Captain, quant à lui, est beaucoup plus difficile à cerner, ce qui le rend d’autant plus intéressant. Le personnage qui vient apposer une touche de douceur et d’humour, c’est la fille de Rose, Franny. C’est Franny qui apporte au roman toute sa légèreté.
La plume d’Abbi Glines, légère et rythmée, se plie parfaitement à l’écriture d’une romance comme Best kiss, qui alterne entre émotion et moments plus légers. D’une façon inattendue, elle arrive à mêler à la romance beaucoup de suspense, si bien que le lecteur ne peut qu’attendre avec appréhension les prochaines pages, dévorant Best kiss jusqu’à arriver à la dernière page et au dénouement de cette histoire pas comme les autres.
Page de l’éditeur :
Après avoir perdu l’amour de sa vie, River Kipling, alias Captain, a sombré dans le crime organisé. Mais le moment est venu pour lui de tirer un trait sur cette sordide existence. La seule chose qui le retient encore à Rosemary Beach est le nouveau restaurant qu’il s’est engagé à lancer. Même si, alors que l’ouverture est imminente, son aventure avec la cheffe de salle, la sulfureuse Elle, lui complique plus l’existence qu’autre chose.
Jusqu’à ce qu’il remarque Rose Henderson, la nouvelle serveuse. Tout ce qu’il sait de cette jolie rouquine à lunettes est qu’elle est une jeune mère célibataire, sérieuse et appliquée à la tâche. Pourtant, dans son rire, dans sa façon de regarder Captain, il y a quelque chose d’étrange, de trop familier… Qui est-elle vraiment ? Le passé de Captain risquerait bien de le rattraper…
Traduit de l’anglais par Fabienne Gondrand
Date de parution : le 3 janvier 2018 Auteur : Abbi Glines Editeur : &Moi Prix : 12,90 € (288 pages) Acheter : Amazon
Une 13e édition impressionnante pour le Festival Les Pianissimes
Entre Saint-Germain-au-Mont-d’Or et Neuville sur Saône à proximité immédiate de Lyon se tient chaque année au mois de juin le festival très orienté piano Les Pianissimes. Le soleil était de la partie cette année pour des performances qui illustrent très bien l’ampleur prise par le festival. Le lauréat du Concours International Chopin de VarsovieJean-Marc Luisada était la tête d’affiche d’un évènement qui a multiplié les surprises pour l’évidence d’une manifestation musicale qui s’impose années après années dans le paysage national et international.
Une semaine de fééries musicales
La petite troupe de dévoués bénévoles ne s’est pas ménagée pour offrir au public nombreux des conditions d’accueil dignes de ce nom. Entre l’église de Saint-Romain-au-Mont-d’Or, celle de Neuville-sur-Saône et le verdoyant Domaine des Hautannes à Saint-Germain au Mont-d’Or, les lieux privilégiés se sont succédé pour accueillir des interprètes émergeants sur la scène musicale ou confirmés depuis déjà de longues années pendant toute une semaine de bonheur musical. Ce furent d’abord le violoncelle et la harpe d’Astrid Siranossian et de Saha Boldachev qui illustrèrent à coup de Bach, Schubert et Rimsky-Korsakov qu’il n’y a pas que le piano dans la vie. Le 4 mains du duo montant Clément Lefebvre et Alexandre Lory fit s’extasier le public le vendredi soir avec notamment Ravel, Debussy et la Moldau du compositeur tchèque Smetana, oeuvre connue il y a plusieurs années par l’entremise d’une pub télé marquante. Puis Aurèle Marthan et le Quatuor Hanson firent s’enthousiasmer l’audience du samedi après-midi avec Mozart et Haydn. Jean-Marc Luisada gratifia le festival de sa présence exceptionnelle le samedi soir pour un concert de 1h20 clôturé par une heure de rappels titanesques composés de Chopin et de Mozart. Un vrai moment hors du temps avec quelques morceaux que le public retiendra longtemps, notamment un Scherzo n°2 proprement stupéfiant, rappelant bien les liens privilégiés entretenus par le pianiste avec Chopin. Enfin le dimanche, l’heure du jazz sonna peu avant midi avec le Fred Nardin Trio accompagné de David Enhco pour un moment musical au soleil qui se termina avec un pique-nique estival et convivial sur les pelouses du bucolique domaine des Hautannes. Les petits veinards ont pu revenir le dimanche après midi pour une improvisation sur Bach de Pierre Mancinelli sous les arbres du domaine ombragé. Difficile de ne pas conclure à la lecture de ce compte-rendu que ce festival gagne autant en notoriété qu’en qualité pour atteindre peut être prochainement un rang aussi enviable que les Folles Journées de Nantes fin janvier chaque années ou la Roque d’Anthéron chaque été!
La boucle est bouclée, la musique à l’honneur et le festival sur une pente ascendante qui lui fait enchainer les moments musicaux marquants chaque année. Si vous aussi vous voulez profiter du soleil et de récitals angéliques, il ne vous reste plus qu’à vous inscrire à la newsletter du Festival les Pianissimes pour planifier dès maintenant une semaine de villégiature musicale en juin prochain. Il faut savoir que des concerts ont également lieu tout au long de l’année à Paris, au Couvent des Récollets, au Duc des Lombards, à la Salle Cortot ou au Bal Blomet, le site comporte toutes les informations pour en savoir plus!
Jerico, film de Copyright Compacto, Copyright Compacto
Un documentaire joyeux et coloré avec Jerico, le vol infini des jours
Jerico, le vol infini des jours est un film sur la transmission orale et la mémoire transmise par les habitants de la ville colombienne de Jerico qui racontent leurs vies à une caméra devenue autant une amie qu’une confidente. Les souvenirs joyeux cohabitent avec les évocations plus douloureuses pour des instantanés sans filtres.
Un film touchant
La réalisatrice Catalina Mesa a imaginé Jericó, le vol infini des jours à partir des discussions qu’elle a pu avoir avec sa grand mère disparue. Les souvenirs partagés et la remémoration de tant et tant d’évèmenents passés lui ont donné de rencontrer d’autres habitants de Jerico pour brosser un portrait plus global d’une région reculée de la Colombie. Appelée l’Athènes du sud ouest d’Antioquia, Jerico abrite de vrais personnages qui n’hésitent pas à multiplier les réflexions truculentes. Les compositeurs colombiens de la fin du 19è siècle et du 20ème siècle sont mis à l’honneur pour donner l’impression de déambuler dans les rues de la ville elle-même. Catalina Mesa a accumulé plus de 80 heures d’images correspondant à 3 mois de tournage. La réalisatrice a rencontré beaucoup d’individus et a finalement choisi de se concentrer sur 8 femmes pour un film en forme de kaléidoscope où chacune d’elles représente une couleur et un archétype féminin. Les exposés se regardent avec délice tant les histoires semblent vivantes. Le film évoque un temps où la transmission orale avait une importance capitale, bien avant internet. Les femmes âgées dominent le film pour faire revivre une époque idéalisée. Mais la jeunesse n’est pas oubliée avec cette petite fille qui prépare gaiement la fête des cerfs-volants. Le film souligne l’esprit d’une région où le temps semble s’être arrêté. Le village enclavé fait vivre très longtemps ses personnes les plus âgées qui contribuent à maintenir ce monde traditionnel que la réalisatrice veut faire vivre un peu plus longtemps pour faire découvrir au monde la mémoire collective de la région d’Antioquia et de la Colombie.
Jerico, le vol infini des jours est visible au cinéma depuis le 20 juin pour un moment hors du temps en compagnie de personnages charismatiques qui évoquent leurs vies et une région, jusqu’à donner envie de les découvrir soi-même.
À Jericó, village de la région d’Antioquia en Colombie, des femmes d’âges et de conditions sociales différentes évoquent les joies et les peines de leur existence. Leurs histoires se dévoilent l’une après l’autre, ainsi que leur espace intérieur, leur humour et leur sagesse. Chila, Luz, Fabiola, Elvira… tour à tour frondeuses, nostalgiques, pudiques et impudiques. Un feu d’artifices de paroles, de musique et d’humanité.
Sortie : le 20 juin 2018 Durée : 1h17 Réalisateur : Catalina Mesa Avec : Acteurs inconnus Genre : Documentaire
La lettre de réclamation, un livre absolument excellent et hilarant (Zinedi)
Christine Sagnier est une passionnée d’art mais aussi de voyages. Avec La lettre de réclamation, elle nous emmène bien loin de notre petite France, puisqu’elle va narrer le voyage en Inde de Jean Guézennec, un breton à la retraite. Ce petit livre est un bijou, notre coup de cœur, assurément ! A lire absolument surtout si on envisage de passer ses vacances en Inde cet été ! Peut-être sera-t-on mieux préparé au choc des cultures…
Le choc en Inde
Suite à son voyage, Jean écrit une lettre de réclamation à l’éditeur du guide de voyage sur l’Inde qu’il avait acheté avant son départ et dont il a suivi scrupuleusement les conseils ! Bien lui en a pris car très souvent, grâce à ce guide, sa vie en Inde a viré au cauchemar. Il nous raconte les nombreuses péripéties auxquelles il a dû faire face. L’Inde n’est pas le pays paradisiaque décrit dans le guide. Loin de là !
Envie de voyager
Il faut dire que Jean n’est pas vraiment bien disposé. Il vient de se faire « larguer » par sa femme après plus de trente années de mariage. Et ses enfants ont pris le parti de leur mère. Ses petits-enfants, il les connaît à peine. Il faut dire qu’il a travaillé dur toute sa vie pour répondre aux besoins de sa femme, de plus en plus luxueux.
Jeune retraité, il décide de voyager et son choix s’oriente sur l’Inde. Comme il a toujours été consciencieux, il suit les conseils du guide qu’il vient d’acheter. Mais ceux-là s’avèrent totalement absurdes face à un pays aussi moyenâgeux que l’Inde. Et quand Jean nous décrit sa vie à Bombay, le lecteur rit, car les scènes sont vraiment cocasses. On l’imagine dans certaines situations, hilarantes pour nous, et désastreuses pour lui.
Adaptation quasi impossible
Jean doit à la fois affronter des conditions matérielles déplorables, un climat épouvantable, des conditions hygiéniques inimaginables, de la nourriture tellement épicée que la « tourista » le rendra épouvantablement malade… Malgré tout ce qui lui arrive, Jean garde le moral, pratique l’auto-dérision et l’humour pour survivre. Une belle leçon de vie ! Car Jean va en tirer des bénéfices de toutes ces malédictions, au final…
Bref, Publik’Art ne vous racontera pas toutes les situations qu’a vécues Jean, mais vous invite très fortement à lire ce petit bijou écrit avec une plume légère, corrosive et toujours emplie d’humour et de joie ! Un vrai coup de cœur !
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Contraint à un voyage en solitaire, Guézennec, retraité nouvellement divorcé, s’envole pour l’Inde avec, en poche, un guide touristique qu’il a la fâcheuse idée de prendre pour une bible. L’apprenti globe-trotter, mal préparé à ce choc culturel, s’en mordra les doigts. Trois mois après son retour en France, le temps de se refaire une santé mentale, le rescapé entreprend d’écrire une lettre de réclamation plus que circonstanciée à l’éditeur dudit guide. La rédaction de ce courrier lui permet de découvrir une nouvelle facette à ses tribulations. Car l’Inde, il le comprend alors, est un voyage sans retour. Un chemin vers l’autre, un chemin vers soi…
Par l’auteure de Roméo à la folie. Un texte incisif, drôle et profond, au rythme soutenu.
Date de parution : le 19 avril 2018 Auteur : Christine Sagnier Editeur : Zinedi Prix : 13,90 € (128 pages) Achetersur : ICI
Ma Fille, FIlm de Laura BispuriCopyright Real Fiction
Une histoire de famille compliquée dans le film Ma fille
Le soleil de la Sardaigne ne quitte pas un seul instant les 3 protagonistes du film italien Figlia Mia. La réalisatrice Laura Bispuri revient avec son actrice fétiche Alba Rohrwacher après Vierge sous serment en 2015 pour un film centré sur la quête d’identité et le portée de la maternité en compagnie également de l’éternelle Valeria Golino. Film de femmes, Ma Fille impose sa langueur tandis que les lourds secrets se dévoilent et que la mère et la fille tentent se passer outre les avanies d’un monde refermé sur lui-même.
3 personnages en quête de sens
La petite Vittoria (Sarah Casu) vit en Sardaigne en compagnie de sa mère Tina (Valeria Golino). Celle-ci veille scrupuleusement sur sa petite, tentant de l’éduquer du mieux possible comme tant de générations de mères avant elle. L’arrivée d’Angelica (Alba Rohrwacher) remet en cause la douce quiétude du couple avec sa folie fantasque teintée d’inconséquence. Tina la connait et demande à sa fille de ne pas trop l’approcher, mais Vittoria est irrésistiblement attirée par ce personnage. Figlia Mia raconte l’histoire d’une société qui se raccroche aux traditions et hésite à accepter l’inexorable modernité. Tina et Angelica représentent chacune de ses deux références et Vittoria navigue entre les deux pôles magnétiques. La Sardaigne semble un territoire magique hanté par les mythes ancestraux et les légendes d’autrefois mais la marche du temps ne recule jamais et l’appel du large se double d’un désir de liberté. Le film se laisse le temps de faire apparaître les contradictions et les frustrations avec un rythme longtemps apathique avant que les révélations ne bouleversent le petit monde de Vittoria. La langue italienne chantante empreint le film de sonorités estivales qui donnent envie de découvrir la Sardaigne et de connaitre le fin mot d’une histoire de secrets familiaux. Les hommes sont comme spectateurs du petit théâtre qui invoque les rêves d’émancipation et d’ascension sociale.
Figlia Mia sort sur les écrans le 27 juin, l’été débute, les températures se réchauffent et le film sait interroger le spectateur tout du long avec cette étrange histoire de femmes qui cache un secret qui interroge sur le rôle de la mère et ses responsabilités envers une petit fille trop malicieuse pour ne pas comprendre ce qui se trame.
Vittoria, dix ans, vit avec ses parents dans un village reculé de Sardaigne. Un jour de fête, elle rencontre Angelica, une femme dont l’esprit libre et l’attitude provocante tranchent avec le caractère posé de sa mère, Tina. Vittoria est fascinée, mais sa mère ne voit pas d’un bon œil ses visites de plus en plus fréquentes à la ferme où Angelica vit comme hors du monde. Elle ne sait pas que les deux femmes sont liées par un secret. Un secret qui la concerne, elle…
Sortie : le 27 juin 2018 Durée : 1h37 Réalisateur : Laura Bispuri Avec : Valeria Golino, Alba Rohrwacher, Sara Casu Genre : Drame