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2 films de Michelangelo Antonioni, Chronique d’un amour et le désert rouge à découvrir le 26 janvier en salles en version 4K inédite

Le réalisateur italien Michelangelo Antonioni a marqué son temps avec ses films exigeants et souvent retors. Avec la ressortie en salles le 16 janvier de 2 films moins connus que les célèbres L’éclipse ou La Notte, à savoir Chronique d’un amour et Le désert rouge, l’accent est mis sur 2 portraits de femme troublées qui naviguent entre aspirations sociales et passions amoureuses.

Chronique d’un amour (1950), un film entre film noir et chronique de moeurs

Chronique d’un amour est un jalon marquant dans la longue carrière d’Antonioni. Lui qui avait réalisé 9 documentaires entre 1943 et 1950, il réalise son premier film en 1950 avec cette première tentative marquée par une forte empreinte moderniste qui va influencer le cinéma de son temps. Porté par le couple formé par Lucia Bosé et Massimo Girotti, le film évolue dans une ambiance de film noir nimbée de mystère. Le noir et blanc fait penser que le film se déroule constamment la nuit, les regards sont fuyants, les sourires sont compassés, les non-dits sont omniprésents. Chronique d’un amour est un premier long-métrage qui annonce les thématiques à venir dans la carrière d’Antonioni, le malaise dans le couple, les différences qui se creusent dans les aspirations de chacun et puis la peur du lendemain mêlée à la crainte de finir seul. Sorte de première tentative d’échafauder un vrai style cinématographique, le film annonce notamment L’Avventura avec une forte thématique catholique souvent plongée en pleine culpabilité vis à vis de leurs actes et de leurs aspirations. Le film est réellement destiné aux aficionados du cinéma italien, si élégant dans sa scénographie et son image.

Synopsis: Un riche industriel milanais charge un détective privé d’enquêteUn riche industriel engage un détective privé pour enquêter sur le passé de sa femme. Se rendant à Ferrare, ville où Paola a vécu et fait ses études, l’homme apprend que sept ans auparavant, la jeune femme a aimé Guido, un modeste vendeur de voitures dont la fiancée s’est suicidée…

Le désert rouge (1964), le premier film en couleur du maitre italien

Le désert rouge a notamment reçu le Lion d’or au Festival de Venise de 1964, en faisant un sommet marquant dans la carrière de Michelangelo Antonioni, notamment par l’utilisation de la couleur pour la première fois. La grande égérie du réalisateur, Monica Vitti, interprète une femme souffrant d’un mystérieux mal. Le film se déroule dans le décor grandement industriel d’une ville portuaire du nord de l’Italie. Des cheminées crasseuses rejettent des fumées noires, les murs sont sales, les décombres encombrent les rues et leurs bas-côtés. Les couleurs sont blafardes, le ciel est gris et chargé de pluie à tomber. L’effet ressenti par le spectateur est immédiatement anxiogène, presque plombant. L’atmosphère oppressante semble un miroir déformant de l’état d’esprit de l’héroïne fragile. Le film n’égrène pas les moments marquants, le quotidien répétitif est la norme, avec l’apparition du regretté Richard Harris et des personnages qui semblent perdus. Le portrait de femme prend toute la place et sert le propos du film, avec subtilité et élégance.

Synopsis: Mariée à un riche ingénieur, Giuliana est sujette à de fréquentes crises d’angoisse. Dans la banlieue industrielle de Ravenne, elle cherche le réconfort auprès de Corrado, un collègue de son mari venu recruter de la main-d’œuvre…

Pop.pop.pop, les animaux familiers, un imagier pop-up (Nathan)

 

Pop.pop.pop, les animaux familiers, un imagier pop-up (Nathan)

Les Editions Nathan nous proposent une nouvelle collection : Mon imagier pop-up. Pour les tout-petits, dès un an.

Pop.pop.pop, les animaux familiers, est un album, entièrement cartonné, centré sur le chat, le chien, le cochon d’Inde et le poisson rouge.

C’est très gaiement illustré, et la présentation est très originale. L’enfant peut manipuler l’album et le tourner sur 360° pour tout découvrir. Sur chaque page, l’enfant va découvrir le bon vocabulaire et aura un « cherche et trouve » qui va lui permettre de mettre des mots sur des dessins, et inversement. Une façon ludique d’apprendre de nouveaux mots.

Exemple : dans la famille des rongeurs, le lapin, le hamster, la souris sont associés au cochon d’Inde. Avec la carotte, les graines et les crottes, bien sûr ! Sans oublier la paille, le jouet, la cabane, l’œil…

Sur la dernière page de l’album, un grand décor avec une double page pop-up qui reprend tous les animaux de la maison !

Pop.pop.pop, les animaux familiers est un très chouette album pop-up, à offrir aux plus jeunes !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 27 janvier 2022
Auteur : Géraldine Cosneau
Illustrateur : Géraldine Cosneau
Editeur : Nathan
Prix : 9,95 €

Sortie du nouvel album de La Bronze le 28 janvier 2022 chez Audiogram / The Orchard, Vis moi

La Bronze se présente comme une artiste aux multiples facettes, portée par une pop électro grisante, tour à tour énergisante et émouvante. Elle s’est fait connaitre avec la reprise du Formidable de Stromae en arabe marocain et elle n’a pas fini de surprendre comme le prouve son nouvel album Vis moi.

Une chanteuse totale

La Bronze est aux manettes de son oeuvre et s’occupe de presque toutes les strates de sa musique. A la fois Auteure, compositrice et interprète, elle nous vient du Quebec et n’hésite pas à porter bien haut et sans complexes ses racines marocaines. Sa musique mélange avec art électro, pop alternative et rock pour un mélange détonnant porté par une voix charismatique et grisante. Ses performances sur scène mettent bien en avant son envie de liberté et de faire partager au public son envie d’affirmer sa féminité et sa volonté de partage. Surtout qu’elle est également actrice, apparue dans le chef d’oeuvre de Denis Villeneuve Incendies et la série Quart de vie, tout en menant en plus une carrière d’animatrice. Certains la connaissent surtout pour la série Jeunesse arabe, Yallah! diffusée sur TV5 pour laquelle elle a parcouru 5 territoires à la rencontre d’une jeunesse avide de liberté. Le premier extrait de l’album, Briller, est décrit comme un titre ouvertement pop et se veut le reflet de cette pression infligée par les réseaux sociaux d’être toujours parfait, quitte à oublier qui on est. L’album proposer des titres rythmés qui alternent avec des chansons plus intimistes comme le monte bien le single A fleur de peau. L’artiste se fait accompagner sur son nouvel album de musiciens, cuivres et danseuses pour faire passer une impression festive et introspective des plus réjouissantes.

Vis moi est une vraie belle découverte, l’artiste pourrait bien exploser auprès du public français par la variété et la qualité de ces morceaux qui s’impriment bien profondément dans l’esprit.

Une Exposition Gaston Paris, l’œil fantastique étonnante à la Galerie Roger-Viollet jusqu’au 23 avril 2022

Tombé dans l’oubli depuis son décès en 1964, le photographe Gaston Paris est actuellement en pleine réhabilitation avec 2 expositions organisées au Centre Pompidou (sous le titre Gaston Paris. La photographie en spectacle) et à la Galerie Roger-Viollet. Cette dernière a acquis en 1964 plus de 15 000 tirages de cet artiste à l’œil acéré pour saisir des instantanés de l’existence à l’aide de son appareil Rolleiflex. La visite permet d’admirer des photos aux thèmes variés et à la puissance évocatrice étonnante.

Un photographe phare des années 30 et 40


Différentes thématiques s’étalent sur les murs de la Galerie Roger-Viollet. Cirques et fêtes foraines, portraits de star, ouvriers à l’usine et spectacles aux Folies-Bergères soulignent la folie des années d’avant seconde guerre mondiale. Gaston Paris, de son vrai nom, a été le seul photographe salarié de la célèbre revue VU et ses clichés ont connu une grande notoriété en son temps. Et puis la guerre est passée par là et le photographe a immortalisé les difficultés de l’après deuxième guerre mondiale avec des clichés émouvants d’enfants et de familles démunis dans les faubourgs de Paris. Tous les clichés sont de forme carrée, la forme des images prises par le célèbre appareil Rolleiflex. Les clichés présentés dans la galerie semblent exhumés d’un trésor enfoui et oublié. L’accrochage de 80 tirages modernes permet d’admirer tout l’art d’un photographe qui devrait regagner une notoriété plus à la hauteur de son talent. Il est possible d’admirer Edith Piaf, Henri Salvador, Kiki de Montparnasse, Joséphine Baker et tant d’autres illustres personnages des années 30. Des clichés semblant échappés de romans photos policiers permettent également d’admirer les talents de mettre en scène d’un photographe phare de son époque.

Les photos sont accrochées jusqu’au 23 avril 2022 pour un saut dans le temps émouvant qui fait revivre une époque aujourd’hui oubliée et pourtant riche de vrais moments de joie de vivre. Tous les clichés peuvent être achetés selon une grille tarifaire disponible à la galerie.

La chanteuse Vanessa Philippe fait paraitre son nouvel album soudain les oiseaux le 21 janvier 2021 chez Le Poisson spatial / Modulor

Certains se souviennent de l’album A L’Abri Du Vent sorti en 2018, Vanessa Philippe revient avec son nouvel album Soudain les oiseaux porté notamment par les singles Suivre Le Soleil, Les maux et Soudain les oiseaux. L’album sort le 21 janvier dans un univers toujours aussi onirique entre rêve et réalité. L’artiste, chanteuse et la musicienne ne cesse de surprendre avec 12 titres à l’originalité pop qui devrait faire mouche sur la scène musicale française.

Un univers singulier

Pour ceux qui la connaissent mal, l’auteur et chanteuse Vanessa Philippe a passé son enfance en Afrique, plus précisément au Cameroun et en Mauritanie avant de revenir passé son adolescence à Marseille et mené des études à la McGill University de Montréal. Beau parcours de vie avant un atterrissage à Paris où elle peut continuer à mener de front sa grande passion, l’écriture, ainsi que la danse avec notamment une formation au RIDC (Françoise et Dominique Dupuy). Après une hésitation sur le fait de chanter elle-même ou de proposer ses textes, elle décide de chanter, devenant auteure et interprète de ses 2 premiers albums de chanson française, La dérive en 2008 et La fille sans qualités en 2011. En 2015 elle saut le pas de faire un disque franco-anglais plus rock avec My Man, co-composé avec Naïm Amor (Calexico), avec Yan Péchin à la guitare (Bashung, Brigitte Fontaine). Et ça ne s’est pas arrêté là avec un nouvel opus plus électro pop en 2018 intitulé A l’ abri du vent, qu’elle a écrit et composé seule pour 5 titres recomposés avec Fredda. Le nouvel album Soudain les oiseaux trouve son origine, tragique, dans le décès de sa grande sœur en août 2019 et la chanteuse le lui dédie avec émotion. La réalisation est une fois de plus l’oeuvre de Pascal Parisot et le mixage est l’oeuvre de Angy Laperdrix. Cet album est porté par des clips réalisés par Vanessa Philippe où elle se met en scène elle-même pour bien marquer son univers. Avec sa voix fragile, elle cisèle des paroles douces amères empreintes d’une grande mélancolie comme dans Les Maux, surtout quand on connait le contexte.

Soudain les oiseaux est un album coup de cœur, empli de sensibilité et de mélancolie, de quoi laisser l’album courir du début à la fin pour se laisser emporter par cette petite voix portée par une belle musicalité et les sonorités diverses d’un album très dense et varié.

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Une BD qui donne le sourire, Le jeune acteur 1, aventures de Vincent Lacoste au cinéma par Riad Sattouf aux éditions Les livres du futur

Devenu un des dessinateurs les plus en vue depuis le succès de ses séries Les pauvres aventures de Jérémie, Pascal Brutal et L’arabe du futur, Riad Sattouf s’est également lancé dans le cinéma avec 2 films plutôt comiques, Les Beaux Gosses en 2009 et Jacky au royaume des filles en 2014. L’auteur revient sur sa rencontre avec un jeune Vincent Lacoste, pas du tout destiné au cinéma mais au naturel qui fait mouche.

Une rencontre incongrue

Les premières pages offrent un surprenant dialogue entre l’acteur et l’auteur. Ils se racontent tour à tour pour offrir 2 visions d’une rencontre faite de malentendus et de subjectivités. L’auteur n’est pas encore la star qu’il est devenu depuis, il est mal à l’aide et n’a pas forcément confiance dans ses capacités de réalisateur. Le jeune Lacoste a 14 ans, il est encore au collège et n’a encore rien tourné. La rencontre a tout du malentendu, Riad Sattouf a d’autres premiers choix, Lacoste a l’impression d’avoir foiré son audition, et pourtant, l’attraction se fait petit à petit. Le lecteur comprend vite que chacun est le miroir de l’autre, ils se retrouvent chacun dans les faiblesses et les ambitions de l’autre, et ils doivent s’apprivoiser pour grandir tous deux. Le récit autobiographique est double et chacun se dévoile en révélant leurs histoires respectives. Riad Sattouf a été marqué par François Truffaut et son personnage lui-même miroir d’Antoine Doinel interprété 4 fois par Jean-Pierre Léaud, Vincent Lacoste évolue dans un milieu légèrement hostile où les ados dominants s’accaparent les plus jolies filles. Les anecdotes et les digressions font côtoyer au plus près une relation privilégiée entre 2 personnages devenus extrêmement marquants dans la culture populaire avec des albums pour l’un et des films pour l’autre.

La BD se lit avec le sourire aux lèvres, avec toujours cet effet grossissant d’identification cher à l’auteur. Les dessins s’inscrivent dans la droite lignée de son oeuvre déjà pléthorique et appelée à devenir un reflet miroir de son époque et surtout de sa jeunesse.

Synopsis: En 2008, Riad Sattouf réalise son premier film, Les Beaux Gosses. Il choisit comme premier rôle le jeune Vincent Lacoste, timide et complexé, qui n’avait jamais imaginé être acteur. Le collégien de 14 ans se retrouve alors propulsé dans le monde secret, fascinant et parfois flippant du cinéma !

Editeur: Les livres du futur

Auteur: Riad Sattouf

Nombre de pages / Prix: 144 pages / 21,50 euros

Cachée, un témoignage bouleversant de Sylvie Benilouz (Editions du Rocher)

Cachée, un témoignage bouleversant de Sylvie Benilouz (Editions du Rocher)

Sylvie Benilouz est née en 1934, à Paris. Ses parents sont juifs, originaires de Russie. Elle décide de nous confier ses souvenirs d’enfance avec son livre, Cachée, coécrit avec Agathe Steyn.

Cachée renferme tous les souvenirs de Sylvie Zalamansky. Des souvenirs douloureux, très douloureux puisqu’en rapport avec la Seconde Guerre mondiale. Toute sa vie Sylvie a témoigné de ce qu’elle a vécu enfant. Et elle continue à le faire et à être très active puisqu’aujourd’hui encore, Sylvie contribue encore au Mémorial de la Shoah et témoigne dans les écoles pour la mémoire de toutes les victimes de la Shoah. Pour que personne n’oublie jamais.

Si elle a écrit ce livre-témoignage, c’est surtout pour elle, écrit-elle. Autant sa mère fuyait son passé et ne voulait jamais en parler, autant Sylvie a besoin d’en parler pour, peut-être soulager, son immense douleur. Une façon aussi de remercier toutes les personnes qui l’ont aidée, elle, mais aussi, tous les Juifs en souffrance durant la Seconde Guerre mondiale. Et également une jolie façon de continuer à faire vivre son père qui a été déporté et est mort quand Sylvie avait neuf ans.

Sylvie Zalamansky a été heureuse durant sa petite enfance mais l’Histoire lui a volé son enfance et son adolescence et sans doute une grande partie de sa vie adulte. A sa façon, elle nous montre le chemin de la Vie !

Cachée, un magnifique témoignage à faire lire au plus grand nombre. Pour ne jamais oublier !

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Infos de l’éditeur :

Date de parution : 19 janvier 2022
Auteur : Sylvie Benilouz, Agathe Steyn
Editeur : Editions du Rocher
Prix : 14 €

Mad Max, au delà de la radicalité aux éditions Playlist Society, une analyse multiple de la mythologie post apocalyptique de George Miller

Playlist Society laisse pour une fois la parole à plusieurs contributeurs pour tenter de cerner l’univers Mad Max. Alors si les analyses sont parfois un peu succinctes avec moins de 30 pages allouées à chaque rédacteur, la multiplicité des angles permet de cerner l’histoire, le contexte, les contraintes et les ambitions qui ont accompagné l’oeuvre du réalisateur australien George Miller. A la lecture des 128 pages, il y a de quoi vouloir plonger encore un peu plus dans un univers de moins en moins dystopique et aux ambitions autant formelles que scénaristiques tellement poussées que la quadrilogie est devenue tout simplement culte.

Une histoire puissamment réaliste

Ceux qui l’ont vu en 1979 le savent bien, le premier Mad Max était d’abord classé X, donc difficile à voir. Car très violent, certainement trop pour la censure tatillonne de l’époque. Avec un budget minimal, George Miller a imposé pourtant sa patte pour toucher une audience très large au niveau mondial. Car le film tourné en Australie est imprégné de la culture locale faite d’immigration européenne, de forte culture automobile pour parcourir les grands espaces et d’héroïsme très mâle dans un pays que la civilisation européenne a du dompter, quitte à laisser sur le carreau la population aborigène locale. La mythologie australienne imprègne le premier volet pour se diffuser dans les 3 suivants. Jusqu’à 2015 et la diffusion d’un Mad Max Fury Road largement acclamé avec ses cascades furieusement réalistes réalisées sans (trop) d’effets spéciaux pour plus de punch à l’écran. Et ça a marché, toute une nouvelle génération s’est ruée sur les anciens épisodes avec le d’abord policier Mel Gibson devenu un outlaw dans un monde sans loi suite à l’élimination violente de sa famille. L’ouvrage de Playlist Society peut se lire d’une traite ou se déguster pour peser les mots des illustres rédacteurs de la collection. Les mots sont précis et les analyses finement amenées, jusqu’à titiller le cortex du lecteur. Si le sujet est grand public, à la limite du blockbuster, les pistes déroulées rivalisent d’ingéniosité, de quoi s’élever à la hauteur de la légende d’une collection qui commence à faire son nid dans l’esprit des cinéphiles, pour devenir bientôt culte elle aussi?

Après quoi… 15? 20? livres lus chez Playlist Society, il n’est pas question de s’attendre à une quelconque facilité, les auteurs qui écrivent ici livrent de vraies pépites d’analyse, de quoi contextualiser, analyser et rêver sur des histoires qui cachent bien leur jeu. Et derrière la poussière du bush australien se cache une mine d’analyses brillamment exposées dans cet ouvrage petit mais costaud.

Synopsis: De son surgissement, incarné par Mel Gibson, à sa renaissance, portée par Tom Hardy et Charlize Theron, la saga Mad Max a traversé pied au plancher quatre décennies de cinéma. Peuplée de formes hybrides, elle se nourrit de mutations successives, passant du film fauché au spectacle total, du nihilisme à la fragile lueur d’espoir. Chacun des quatre films remet les compteurs à zéro et réinvente la saga. Pour nous alerter sur les catastrophes écologiques et sociales à venir, ils transforment les voitures en monstres. Elles consument les hommes, deviennent un prolongement de leurs chairs, un substitut de leurs âmes.

Dopés à l’adrénaline, noircis par la hantise de la dévastation, les Mad Max soulignent l’influence destructrice des hommes sur le monde. Mad Max, au-delà de la radicalité est une plongée dans l’œuvre phare de George Miller, créateur lucide et ambitieux, qui espère prendre les hommes de vitesse pour ouvrir une voie vers un futur vivable.

Editeur: Playlist Society

Auteurs: Nico Prat, Manouk Borzakian, Alexandre Mathis, Elise Lépine, Erwan Desbois, Lloyd Chéry

Nombre de pages / Prix: 128 pages, 14 euros

[BD] L’Ogre Lion : Le Lion Barbare, un album coup de coeur signé Bruno Bessadi (Drakoo)

[BD] L’Ogre Lion : Le Lion Barbare, un album coup de coeur signé Bruno Bessadi (Drakoo)

Proposée par Bruno Bessadi pour la première fois en tant qu’auteur complet (il était dessinateur notamment sur Zorn et Dirna, Bad Ass, Amazing Grace), L’Ogre Lion est une nouvelle série heroic fantasy parue aux éditions Drakoo, prévue en trois tomes. Le Lion Barbare est un premier album musclé mais aussi particulièrement réussi. La référence à Conan n’est pas un hasard puisque L’Ogre Lion en est en partie inspiré.

Série anthropomorphique, L’Ogre Lion nous plonge dans un univers médiéval où un petit chevreau du nom de Wilt fait une rencontre incongrue : celle d’un être cornu survolté qui dévaste tout sur son passage avant de se réincarner dans le corps d’un Lion amnésique et dépressif… C’est ce dernier, bardé de cicatrices et meurtri par les flashbacks de son lourd passé, qui va accompagner Wilt dans un périple jusqu’aux Terres du Sud, en quête de liberté et de vérité. Sur leur route, ils vont rencontrer dans ce premier album un peuple de petites souris guerrières toute mignonnes, qui nous réserverons quelques surprises.

Les personnages sont aussi attachants qu’ils savent attiser la curiosité. Le mystère qui les entoure est très plaisant. Un peu dans le même esprit que Zorn et Dirna, on retrouve un trait aux courbes arrondies qui dégage une certaine douceur de l’enfance et qui vient violemment se télescoper à des scènes de rage intense où les corps sont déchiquetés en masse… Le contraste est intéressant et brillamment mis en tension. Le scénario comme le dessin sont en parfait équilibre et on le ressent à la lecture qui est d’une grande fluidité. Bref, L’Ogre Lion est un excellent album à ne surtout pas manquer !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Une généreuse aventure tendre et farouche où s’entrechoquent démon maléfique et injustices sociales.
Dans les contrées du Nord, nul n’a jamais vu de lynx aussi grand.
Normal : Kgosi est un lion. Mais que fait-il si loin de ses terres ? Pourquoi partage-t-il son corps avec un sanguinaire démon pourfendeur de carnivores ? Accompagné de Wilt, imprévu compagnon de route, Kgosi va découvrir au fil du périple vers le royaume au-delà des mers la vérité qui lui permettra de se retrouver et de délivrer son peuple…

Date de parution : le 19 janvier 2022
Auteurs
: Bruno Bessadi (Scénario et Dessin)
Genre : BD heroic-fantasy, Conan
Editeur : Drakoo
Prix : 14,50 € (56 pages)
Acheter sur : BDFugue

Anéantir de Michel Houellebecq, le destin d’un homme dans le vide de l’existence

Véritable évènement littéraire de ce début d’année 2022, la sortie du 8e roman de Michel Houellebecq a fait beaucoup parlé, dans tous les sens, en bien ou en mal. Outre le temps nécessaire pour venir à bout des 736 pages, l’accumulation de mini-intrigues jamais vraiment finalisées destabilise, comme si l’auteur avait amalgamé plusieurs ouvrages jamais finis pour aboutir à Anéantir. Histoire politique, histoire de famille, histoire personnelle, tous les styles se juxtaposent avec quelques personnages pour créer un semblant de lien et une cohérence de bric et de broc. Pas de sensation de lire un livre qui traversera les âges comme pour Extension du domaine de la lutte en 1994, Plateforme en 2001 ou son grand oeuvre Les Particules élémentaires en 1998, comme si le prix Goncourt reçu en 2010 pour La Carte et le Territoire avait eu raison de la singularité inspirée de Michel Houellebecq.

Une ampleur limitée

Une fois la dernière page tournée, le sentiment qui domine est une sorte de Tout ça pour ça. Les pages réellement profondes existent mais sont rares, une longue litanie de faits et de gestes prédomine, les personnages font des trajets en voiture, ouvrent des bouteilles, entrent dans des pièces, les interactions ne font pas le sel de l’ouvrage. Le livre se lit en quelques jours studieux mais il ne reste aucun sentiment final perturbant ou intrigant. Le buzz autour du personnage du ministre Bruno Juge inspiré de Bruno Lemaire ressemble à plus à une galéjade journalistique plutôt qu’à une réelle plus-value littéraire. Le personnage principal, Paul Raison, a l’apparence de tout haut-fonctionnaire dévoué à la cause de l’état mais la proximité de ses 50 ans le fait gentiment dérailler et s’interroger sur son parcours, ses rencontres, ses amours et ses parents. Assez peu de sexe frontal dans cet ouvrage, peut-être pour la première fois l’auteur préfère l’ellipse à la description chirurgicale des actes, des fantasmes et des positions. Là où Les particules élémentaires ne se refusaient rien, Anéantir ne va pas au bout, et c’est un signe. Car au-delà des nombreuses scènes explicites, Les particules élémentaires était surtout un brillant ouvrage de science-fiction s’interrogeant sur l’avenir de l’homme en révélant son profond ennui et la vacuité de son monde réel, un des 2 frères découvrait la possibilité inouïe de relier tous les humains par des gênes de jumeaux, de quoi abolir les conflits et les guerres. L’adaptation récente du livre au Théâtre de l’Odéon faisait cohabiter grande thèse sociologique et détails graveleux dans un mélange savoureux. Et justement, Anéantir n’offre aucun ajout notable sur la grande étagère des idées lumineuses. Anéantir est souvent malin, il ne se prive pas d’interroger sur le sens de la vie et des priorités de chacun, invoquant les affres répétés de la société déshumanisante, mais sans jamais se hisser bien haut.

La semaine de lecture de l’ouvrage est agréable mais non point inoubliable, tout comme pour Soumission ou Sérotonine, encore que quelques pages de ces 2 ouvrages parvenaient à se hisser bien haut, moments courts mais intenses. Anéantir cache sous son nombre important de pages une chronique contemporaine qui colle à l’actualité, certes sans Covid, mais surtout sans proposition pour s’interroger sur notre avenir.

Synopsis: L’histoire se situe en 2027. Elle est centrée sur le personnage de Paul Raison, conseiller et confident d’un ministre de l’Economie prénommé Bruno (allusion à Bruno Lemaire qui s’est vanté récemment de son amitié avec l’écrivain ?) et fils d’un fonctionnaire de la DGSI.

Editeur: Flammarion

Auteur: Michel Houellebecq

Nombre de pages / Prix: 736 pages / 26 euros

From the Astral, le nouvel album très jazz de Oli Astral est sorti le 14 janvier 2022 chez Multiple Chord Music

Oli Astral, c’est 3 musiciens qui échafaudent une musique entre jazz moderne et technologie avec Olivier Grenier Bédard à la guitare, Frédéric Alarie à la contrebasse et William Régnier à la batterie . L’univers musical est singulier et touche rapidement l’auditeur par sa grande sincérité.

Un groupe jazz canadien à suivre

Oli Astral navigue dans des sonorités jazz portées par l’adjonction des 3 instruments et menées par cette guitare qui semblerait un peu jazz manouche. La technologie audio numérique donne une belle profondeur à une musique rythmée et emballante. Le groupe se distingue par la présence d’ordinateurs sur scène, l’utilisation d’instruments virtuels, des contrôleurs MIDI et les synthétiseurs modulaires de Frédéric Alarie. Tous ces éléments étonnants ne font pas oublier la pierre angulaire qu’est le Jazz avec ces longues séances improvisations qui démontrent la grande capacité du trop et son talent créatif, à la limite de la prise de risque. Chaque morceau s’organise autour d’une mélodie pour s’envoler autour d’un déroulé où les instruments se marient à merveille dans une ambiance aussi poétique qu’onirique, sans paroles ni mots mais pas sans allant, comme si les notes faisaient office de texte. Des artistes audio ont travaillé sur cette musique, Thibaut Quinchon, Derek Orsi et Olivier Grenier-Bédard avec l’utilisation des techniques du mixage créatif, du montage créatif et de la conception sonore par ordinateur. Le groupe parvient ainsi à élargir ainsi ses sonorités avec l’adjonction de textures musicales, de boucles et d’overdubs qui ancrent la musique dans son époque, comme dans le très beau From The Deep qui rappelle les expériences sonores de Yes ou de ELP, voire Pink Floyd. Le trio apprécie plus que tout l’expérience Live pour faire plonger les auditeurs dans une véritable expérience sensorielle. L’enregistrement a été suivi d’un travail avec l’artiste visuel Bruno Scabini pour créer une illustration visuelle et animée de la musique avec des techniques de dessin créatives et des effets cinématographiques. Sur scène, une image vidéo complète la musique pour l’accompagner et l’approfondir.

L’univers musical du groupe est impressionnant. A note qu’Olivier Grenier-Bédard est un membre actif du groupe montréalais LEAF, dont le premier album éponyme est sorti en 2017. Il est également titulaire de prix et distinctions tels que le Prix du public du Concours La Musique Change des Vies (2015) organisé par le Festival International de Jazz de Montréal et le Prix du Public (2019) au Festival International de Jazz de Rimouski, dans le cadre du Grand Prix LOJIQ avec LEAF. Autant dire que le groupe mérite plus qu’une écoute distraire, au contraire, c’est cu vrai jazz qui fait rêver.

« Avant la retraite », un huit clos sulfureux au Théâtre de la Porte Saint-Martin

"Avant la retraite",un huit clos sulfureux au Théâtre de la Porte Saint-Martin
© Jean-Louis Fernandez

« Avant la retraite », un huit clos sulfureux au Théâtre de la Porte Saint-Martin

L’œuvre de Thomas Bernhard brûle d’une rage dévastatrice et se débat à la fois contre et avec le poids d’une culture empreinte de traditions, de chaos et de contradictions. Une hargne propre à dénoncer une société mortifère, gangrénée par sa lâcheté collective, et qui s’efforçait de cacher son passé historique dans lequel elle s’était compromise.

Attaquant violemment son Autriche natale et son histoire, Bernhard témoigne aussi de nos sociétés occidentales écrasées par le poids de la culture muséifiée et conformiste dont elles se servent comme expiation à leur médiocrité et à leur vide spirituel.

Cet emportement verbal qui procède chez le dramaturge d’une impossibilité viscérale à supporter le monde tel qu’il va, est celui d’une voix solitaire, qui butte et s’obstine, soutenue par le seul combat obstiné de l’artiste, jusqu’au risque de sa détestation et de son autodestruction.

Coincés dans la maison familiale, un frère et deux soeurs attendent que l’heure soit venue. L’heure de la retraite. L’heure de fêter l’anniversaire de Himmler, comme tous les ans. L’heure de pouvoir le faire au grand jour, à nouveau. Créée en 1979, « Avant la retraite » s’apparente à un exutoire destiné à se débarrasser des résidus nazis nichés dans les entrailles domestiques des sociétés allemandes et autrichiennes.

Rudolf Höller (Andre Marcon), ancien officier nazi reconverti en respectable président de tribunal, s’apprête donc à prendre une retraite bien méritée au terme d’une carrière exemplaire au service du droit et de la justice. Sous le vernis d’honorabilité bourgeoise, sommeille, pourtant, encore la bête immonde.

Névroses et frustrations

C’est ainsi que chaque année, le sept octobre, il endosse son plus bel uniforme pour fêter dans le secret de son appartement l’anniversaire du Reichsführer SS Heinrich Himmler, lequel fut, faut-il le rappeler, l’organisateur méthodique des camps d’extermination.

Dans cette sordide mise en scène clandestine, qu’il orchestre comme une « conjuration », avant que ne vienne le temps où, il n’en doute pas, il pourra le faire « au grand jour devant tout le monde », il revit dans une extase teintée de paranoïa l’époque héroïque où il était commandant de camp, entraînant sa sœur Vera (Catherine Hiegel) – et amante – dans un duo d’amour-haine proprement hallucinant.

Cette grande plongée orgiaque et nostalgique dans le passé pourrait donner lieu à un bonheur sans faille, si il n’y avait la présence violemment réprobatrice de sa seconde sœur Clara (Noémie Lvousky), paraplégique, qui les observe, enfermée dans son silence. Parole interdite, elle exprime, immobile, une haine infinie pour les siens, où elle est à la fois le souffre-douleur, l’otage et le réceptacle de cette fratrie.

La pièce est un véritable blasphème contre les autrichiens qui non seulement ont plébiscité Hitler, mais participé largement aux exactions nazies. Après la guerre, malgré une vague de procès, nombre d’entre eux ont été amnistiés (20% d’anciens nazis avaient des responsabilités dans la politique et la fonction publique). Et un silence aussi criminel que les crimes s’étant imposé en Autriche. Mais la pièce n’étant pas écrite sur le mode de la critique ou de la dénonciation, on assiste à une cérémonie d’une hérésie inclassable, à la verve satirique aussi ravageuse que dévastatrice. D’un humour noir, très noir.

Sous-titrée « comédie de l’âme allemande », elle racle dans les recoins les plus nauséabonds de la bonne conscience et de l’hypocrisie d’une société toujours travaillée par ses vieux démons. Construite comme une partition de musique répétitive, servie par une langue obsessionnelle, elle ne se contente pas de démasquer, ce qui serait trop naïvement optimiste, mais démontre qu’un masque peut en cacher un autre derrière lequel l’humain est trop souvent dissimulé. « Parfois, on s’attend au pire, mais on a tort, car c’est bien pire encore qui arrive. »

La mise en scène avec sa direction d’acteurs au cordeau d’Alain Françon, ainsi que les éclairages et la musique, offrent une partition ciselée à ce huis clos familial aussi feutré que vampirique.

Catherine Hiegel est impressionnante d’aisance et d’ambiguïté. Elle est tour à tour cette maîtresse femme monstrueuse, dévoratrice, mais aussi une femme soumise à la destinée étouffée entre son rôle de mère et d’amante de son frère castrateur, où s’explorent en filigrane toutes les névroses, frustrations et empêchements que provoque cette relation incestueuse. Le tout distillant un climat sulfureux et anxiogène. Face à elle, André Marcon est parfait dans le rôle du frère repu, ignoble et satisfait de lui-même tandis que Noémie Lvovsky incarne cette humanité interdite.

Dates : du 12 janvier au 2 avril 2022 – Lieu : Théâtre de la Porte Saint-Martin (Paris)
Mise en scène : Alain Françon

[BD] Les Mantes religieuses tome 1 : une évasion royale (Soleil)

[BD] Les Mantes religieuses tome 1 : une évasion royale (Soleil)

Faire évader Louis XI de ses geôles, c’est la mission confiée à un duo improbable grimé en bonnes soeurs pour l’occasion. L’évasion de l’araignée est le premier album de cette nouvelle série humoristique nommée Les Mantes Religieuses

Avec un certain sens de l’aventure et du jeu de mots, Bernard Swysen et Sophie Flamand proposent un scénario simple mais efficace dans la bonne humeur et la joie. Les pirouettes sont multiples et le ton léger. L’album offre un bon moment de détente, accompagné du trait inspiré de Christian Paty.

Un univers qui séduit sans se prendre au sérieux, loin de là !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Pour délivrer le roi emprisonné par un vil conspirateur, Blanche et Arnaud, héros malgré eux, seront intégrés à leur insu à un couvent des plus atypiques, abritant une communauté religieuse aux spécificités surprenantes. Forts de leurs pouvoirs respectifs, chacun contribuera à sa manière à venir en aide à un Louis XI résigné, n’ayant plus pour seul atout que sa maîtrise du monde animal.

Date de parution : le 12 janvier 2022
Auteurs
: Bernard Swysen et
Sophie Flamand (Scénario)
Christian Paty(Dessin)
Genre : BD humour
Editeur : Soleil
Prix : 14,95 € (48 pages)
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Un documentaire puissant à découvrir, Sunless Shadows, sortie le 26 janvier 2022

Le réalisateur iranien Mehrdad Oskouei avait livré le déjà très puissant Des rêves sans étoiles en 2016 qui s’intéressait à un centre de détention et de réhabilitation pour mineures en Iran pour lequel il avait du attendre 7 ans pour obtenir une autorisation de tournage. Le réalisateur est de retour dans le même établissement pour Sunless Shadows où il suit le quotidien d’un groupe d’adolescentes accusées de meurtre sur la personne de leur père ou d’un membre de leur famille, le plus vouent avec l’aide ou la complicité de leur mère. Pas un sujet très répandu par ici!

Un documentaire qui prend aux tripes

La réalisation du film Des rêves sans étoiles avait valu à Mehrdad Oskouei une condamnation d’un an d’emprisonnement, à laquelle il échappa finalement. De cette expérience subsista une question sur laquelle il voulait pouvoir creuser un peu plus concernant les raisons qui peuvent pousser à tuer son père. Après d’encore grandes difficultés pour obtenir l’autorisation de tourner dans ce centre de détention, il réussit finalement à instaurer un climat de confiance pour échanger avec quelques jeunes filles pour les laisser s’exprimer et relater des souvenirs douloureux. Chaque jeune fille s’adresse directement à la caméra, sans voir l’interlocuteur et sans témoin de leurs propos. Chaque jeune fille déclenche l’enregistrement lorsqu’elle se sent prête à se livrer. Elles passent des messages à leurs familles ou à leurs mères, ou même au père qu’elles ont tué, avec des analyses sur leurs actes ou leurs motivations en toute sincérité. Chaque jeune fille revient assez peu sur les meurtres eux-mêmes ne laissant subsister que les raisons que chacun peut deviner, une lutte contre l’oppression au quotidien que subissent les femmes dans la société iranienne marquée par le poids de la religion et la présence omniprésente des mollahs. La violence subie par elles au sein de leurs foyers en est certainement la conséquence. L’page des jeunes filles surprend, elles sont jeunes, presque trop pour ce type d’accusations pour lesquelles les familles refusent souvent d’accorder un pardon qui les libérerait.

Le film est direct en présentant des jeunes filles qui ne dénoncent pas directement le système mais montrent la réalité des violences subies par les femmes en Iran. A noter que le film a reçu de nombreux prix dont en 2019 celui du meilleur réalisateur à l’IDFA (International Documentary Film Festival d’Amsterdam), et en 2020 le Grand Prix Nanook (Festival International Jean Rouch, Paris). Un film à voir pour en savoir un peu plus sur la réalité de la vie pour les femmes en Iran.

Synopsis: Le réalisateur suit la vie d’un groupe d’adolescentes qui purgent une peine dans un centre de détention pour jeunes filles coupables du meurtre de l’un des hommes de leur famille. Avec la caméra en témoin, elles révèlent leurs pensées intimes, leurs sentiments et leurs doutes.

[BD] Le Loup Gris : nouvelle machine de guerre imaginée par Pécau, Mavric et Verney (Delcourt)

[BD] Le Loup Gris : nouvelle machine de guerre imaginée par Pécau, Mavric et Verney (Delcourt)

Le Loup gris est le cinquième album de la série de one shots Machines de Guerre, imaginée par le scénariste Jean-Pierre Pécau avec Senad Mavric au dessin et Jean Verney à la coloration.

Reprenant les basiques du concept, Le Loup Gris est un char d’assaut de la Seconde Guerre Mondiale ultra gros calibre capable de pulvériser n’importe quel tank ennemi. Une femme soldat de l’armée russe va le découvrir au dépens de ses camarades. Elle en sortira seule rescapée et va se lancer à sa poursuite pour tenter de mettre fin à son règne. Une course poursuite à dos de monstres de métal imaginaires qui reste très linéaire et sans grande surprise quant à son issue.

Le Loup Gris pêche un peu par sa manière expéditive d’appréhender les choses. On aurait aimé une histoire plus inspirée. Mais l’album n’est pas déplaisant à lire.

 

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Ce projet de char, le plus gros de toute la Seconde Guerre, un monstre de 188 tonnes, fut produit à seulement deux exemplaires. Dans notre histoire, le titan d’acier rôde dans les forêts ukrainiennes, semant chaos et destruction. Une jeune et courageuse chef de tank russe s’est jurée de stopper sa course meurtrière. Le combat s’annonce rude.

Date de parution : le 12 janvier 2022
Auteurs
: Jean-Pierre Pécau (Scénario), Senad Mavric (Dessin), Jean Verney (couleurs)
Genre : BD histoire, uchronie
Editeur : Delcourt
Prix : 15,95 € (56 pages)
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[BD] Sangre tome 3 : Hovanne l’irrésolue ou le voyage au pays de glace (Soleil)

[BD] Sangre tome 3 : Hovanne l’irrésolue ou le voyage au pays de glace (Soleil)

Série proposée sur un scénario de Christophe Arleston,  et des dessins de Fred Blanchard et Adrien Floch, Sangre retrace la quête de vengeance à travers les mondes d’une jeune femme traumatisée après avoir assisté à l’assassinat de sa propre famille par sept criminels appelés les Écumeurs. Chaque album nous emmène ainsi dans un monde différent exploré par Sangre pour les retrouver, un à un.

Dans ce troisième opus, c’est Hovanne l’irrésolue qui nous intéresse, au coeur d’un monde entièrement fait de glace, où les manoirs voyagent à dos d’icebergs à la dérive et où la culture du prestige et la hiérarchie sociale qui en découle y sont poussées à l’extrême. Les plus nobles de Mi-Ho-Dwigg ont par ailleurs le pouvoir de ne pas craindre le froid… mais évidemment, Sangre va devoir percer ce mystère comme de nombreux autres pour parvenir à ses fins.

Une série qui se poursuit avec une qualité toujours au rendez-vous, parvenant à se renouveler intrigues après intrigues. Et ce troisième album ne déroge pas à cette recette qui marche. Une bonne lecture promise à chacun. 

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Introduite au manoir de Mermillade, Sangre enquête pour savoir laquelle des jeunes nobles a eu un passé secret de pirate sous l’identité d’Hovanne. Un exercice difficile dans cette société d’oisifs où tout est basé sur le prestige personnel.

Date de parution : le 05 janvier 2022
Auteurs
: Christophe Arleston (Scénario), Fred Blanchard
Adrien Floch (Dessin), Claude Guth (couleurs)
Genre : Heroic Fantasy
Editeur : Soleil
Prix : 14,95 € (56 pages)
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[BD] Mezkal : drogues, cartels et plus si affinités (Soleil)

[BD] Mezkal : drogues, cartels et plus si affinités (Soleil)

Récit complet explosif, Mezkal raconte l’improbable trajectoire d’un jeune américain qui perd sa mère dépressive chez qui il habite toujours. Boulot pourri, vie de m… rien ne va plus pour Vananka qui décide de fuir vers un monde meilleur… ou pas. De l’autre côté de la frontière mexicaine, il va enfin pouvoir trouver l’amour. Mais pas que ! Que ce soit les cartels locaux, les gangs de motards ou la DEA, tout le monde semble vouloir s’amuser avec Vananka !

Plein de ressources, le scénario de Kevan Stevens ne manque pas de nous poudrer la figure à grands renforts de trafic de drogues et de traite d’êtres humains, le tout arrosé d’une bonne dose de munitions pour gros calibres. Car Mezkal est une course poursuite où chacun cherche l’autre en quête de vengeance. Et autant dire que les balles sifflent et que les bagnoles explosent. Un récit explosif ultra efficace, servi par le dessin très musclé de Jef (Gun Crazy). On passe vraiment un très bon moment au coeur de ce délire très revigorant. A lire d’urgence !

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Un jeune américain part à l’aventure après la mort de sa mère. Il va croiser une jeune femme au sang indien sur laquelle veille un chaman aux étranges pouvoirs. Mais aussi l’un des plus grands cartels mexicains pour qui il va être forcé de travailler. Vananka n’aura qu’une idée en tête : retrouver sa bien-aimée, détenue par une famille de Hell’s Angels…

Date de parution : le 05 janvier 2022
Auteurs
: Kevan Stevens (Scénario)
Jef (Dessin)
Genre : BD Aventure
Editeur : Soleil
Prix : 26,50 € (184 pages)
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Le guitariste Yohann Le Ferrand présente un beau métissage musical avec Yeko, sortie le 14 janvier 2022 chez Back2Bam Productions

Yohann Le Ferrand est un guitariste sans frontières. Il le prouve dans son nouveau projet Yeko en collaborant avec des artistes africains et plus spécialement maliens. Les rythmes occidentaux et de là bas se mélangent dans une belle rencontre à découvrir le 14 janvier 2022 chez Back2Bam Production.

UN beau métissage musical

Le titre Yerna Fassé enregistré avec la chanteuse Khaira Arby à la voix, considérée comme la voix d’or de Tombouctou et trop tôt disparue, montre la couleur et l’autre titre Dunia avec Tina Traoré le confirme. Le guitariste a voulu rencontrer de prestigieux musiciens d’Afrique de l’Ouest pour un beau métissage musical entre Europe et Afrique, les rythmes sont envoutants et les voix célestes. Les morceaux ressemblent à des portraits musicaux comme un compte-rendu d’un voyage riche et passionnant dans des territoires mal connus de beaucoup vu d’ici. L’album se veut à la fois pop et rythmé, la guitare se fond dans un paysage musical rappelant les étendues jaunâtres du Sahara. Des percussions du désert mènent la danse jusqu’à la transe, les sonorités de cuivres chauds accompagnent les mélodies et un violon peul accompagne le refrain pour le relier aux musiques traditionnelles. Les 6 titres de l’album Yeko se compose de 4 titres très rythmés qui donnent envie de se lever pour danser avec une jolie touche afro-beat matinée de funk. 2 autres titres, Dunia avec Salimata Tina Traoré au chant et Sauver avec Kiko Dembélé sont 2 belles balades qui touchent au cœur avec des sonorités émouvantes entre folk et musique traditionnelle malienne. La guitare et la Kora y jouent en parallèle pour une belle intensité. Yohann Le Ferrand a commencé son exploration musicale de l’Afrique de l’Ouest en s’attachant plus particulièrement au Mali. Il a participé à la guitare aux spectacles de Rokia Traoré & Serge Aimé Coulibaly, et aux côtés d’Inna Modja ou même Tiken Jah Fakoly. Si le guitariste a débuté en spécialisant en musique traditionnelle bretonne, il a vite évolué vers des musiques afro-américaines jazz et funk pour un débouché plus qu’évident vers l’Afrique.

Ce voyageur musical propose un bel album à découvrir le 14 janvier 2022 pour un vrai choc musical entre Europe et Afrique, tantôt doux, tantôt rythmé, une belle surprise pour ce début d’année 2022!

Une BD érudite et pédagogique avec Et Dieu dans tout ça aux éditions La Boîte à Bulles, sortie le 26 janvier 2022

Le Boîte à Bulles laisse la plume à Olivier Oltramare et Hervé Loiselet pour répondre à 5 questions simples en lien avec la spiritualité. Alors que le frère ainé d’Hervé vient de mourir, ce dernier ressent l’envie de répondre à des questions insuffisamment abordées dans notre société matérialiste sur le thème de la spiritualité. Et pour cela, les 2 amis vont rencontrer des personnalités de tous horizons pour faire valoir les singularités et les différences dans un véritable enrichissement mutuel. Aidés par la dessinatrice Violette Vaïsse, ils livrent une BD aussi érudite que divertissante et intéressante pour rendre compte de leur démarche.

Une BD comme un chemin de vie

La BD est organisée en 5 grandes questions correspondant aux questions posées par les 2 amis à leurs interlocuteurs: Mais qu’est-ce que la spiritualité? Comment découvrons-nous la spiritualité? Quelle parabole illustrerait votre pensée? Quelle place pour la spiritualité aujourd’hui? Quelle est la place de la mort? Une autre question est ajoutée à la fin, Quelles sont les limites entre profane et sacré? Si les questions sont les mêmes pour tous les interlocuteurs, les réponses sont libres et chacun peut répondre selon sa sensibilité, son histoire ou son appartenance religieuse. De nombreuses réponses renvoient à des paraboles ou à des histoires, tirées de Platon, de la bible, de la pensée bouddhiste ou autre. Le déroulement de l’ouvrage se change en parcours multiple et passionnant où les interventions orientent chacune des pensées dans une direction, avec au total une densité de réponses assez impressionnante. Les 2 amis rebondissent sur les réponses, y apportent des éclaircissements et des commentaires qui densifient encore un peu plus l’ouvrage. Des explications renvoient également à la franc-maçonnerie pour en savoir un plus plus. L’organisation de la BD fait rebondir la réponse de chaque intervenant sur celle des autres, pour un cheminement éclairant.

L’ouvrage apporte des réponses variées qui pourront toucher chaque lecteur à la mesure de son histoire ou de sa sensibilité. L’ouvrage ne ferme aucune porte et ne fait aucun jugement dans un respect des croyances assez réconfortant. Une bonne lecture pour ouvrir un peu son esprit et son âme.

Synopsis: Le frère ainé d’Hervé vient de mourir. Le jour des funérailles, l’église est remplie de personnalités politiques et de francs-maçons. A la fin de la cérémonie, Hervé retrouve son ami Olivier qui l’interroge quant à l’appartenance du défunt à cette société. La conversation est entamée, et au fil de leur échange, les deux hommes finissent par se poser une question : la spiritualité ne naît-elle pas de la conscience de la mort ?
De cette discussion émerge alors un projet commun : celui de parler du thème de la spiritualité dans une bande dessinée. L’objectif ? Réunir les points de vue de plusieurs « professionnels » issus de religions et de courants de pensées différents, autour de cette notion.
Au travers d’entretiens menés par les deux auteurs, Et Dieu dans tout ça présente les visions croisées d’initiés spirituels, dans leur singularité mais aussi dans ce qu’elles ont de commun. En fonction des goûts, des croyances et de la foi de chacun, leur discours est accompagné d’un récit, d’une prière, d’un conte ou d’une légende, qui permet d’imager le courant de pensée traité.

Avec le père Jean-Loup Lacroix, la pasteure Jéma Taboyan, le frère Benoît, le rabbin Azoulay, le cheikh Bentounès, Michel Manens, Long et Kim Quach-Hiep, Michel Aguilar, Cathy Penot, Michel Thao Chan, Jean-André Galeyrand, Olivier Clerc, Jehan Bassigny, Laurent Gounelle, Stéphane Allix, Patricia Serin, Martine Quentric-Séguy et Valérie Seguin.

Editeur: La Boite à Bulles

Auteur: Olivier Oltramare (Scénario) / Hervé Loiselet (Scénario) / Violette Vaïsse (Dessin)

Nombre de pages / Prix: 180 pages / 24 euros

[BD] Demain, Acte 1 : nouvelle pépite de Léo, Rodolphe et Louis Alloing (Delcourt)

[BD] Demain, Acte 1 : nouvelle pépite de Léo, Rodolphe et Louis Alloing (Delcourt)

Nouvelle série S.-F. signée Léo et Rodolphe (créateurs des mondes d’Aldébaran, Centaurus et Europa) et illustrée par Louis Alloing, Demain débarque avec un premier album aussi réjouissant qu’énigmatique. Un premier acte qui plante le décor bien mystérieux de protagonistes appartenant à des univers parallèles diamétralement opposés.

Joe semble mener une vie insouciante au coeur des années 50 en passant du bon temps avec sa bande d’amis ados dans des maisons abandonnées non loin de son village. Fleur a le même âge mais doit se battre seule avec son père dans un monde post-apocalyptique, laissés à leur triste sort face aux gangs hostiles qui font régner la terreur. Fleur va devoir fuir, arme à la main. 

Pourtant, ces deux jeunes gens vont se croiser dans leur rêve… On ne sait encore rien des tenants et aboutissants, mais on peut d’ores et déjà affirmer que Demain s’annonce sous les meilleurs auspices grâce à une narration particulièrement fleuve et bien rythmée, appuyée par un dessin, certes très classique mais toujours maitrisé. Une série à suivre de près.

Extrait de la BD :

 

Résumé de l’éditeur :

Dans l’insouciance des fifties, Joe découvre dans une vieille maison abandonnée un passage étrange, immense et sombre. Ailleurs, Fleur doit fuir avec son père car les gangs de ce monde apocalyptique dans lequel ils vivent se font de plus en plus menaçants. Deux jeunes adolescents de deux mondes très différents que tout semble séparer et qui pourtant se retrouvent dans leurs rêves…

Date de parution : le 05 janvier 2022
Auteurs
: Rodolphe et Leo (Scénario)
Louis Alloing (Dessin)
Genre : BD S.-F.
Editeur : Delcourt
Prix : 13,50 € (56 pages)
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[BD] Saint-Elme tome 2 : un polar déjanté toujours aussi génial (Delcourt)

[BD] Saint-Elme tome 2 : un polar déjanté toujours aussi génial (Delcourt)

Serge Lehman et Frederik Peeters avaient créé la surprise en octobre dernier lorsqu’est paru le premier album de Saint-Elme, un polar noir aussi explosif que décalé qui n’avait pas manqué de nous séduire. C’est dire combien ce second volet des aventures du malheureux détective privé Franck Sangaré était attendu. L’attente fut donc brève, pour notre plus grand bonheur car, en effet, ce second tome parvient à surprendre avec malice et génie.

Graphiquement irrésistible notamment par son jeu de couleurs punchy, la justesse du trait de Peeters dont l’expressivité des personnage et le sens de la mise en mouvement nous comble de joie à chaque instant. Le scénario prend le lecteur à contrepied en permanence, usant de tous les ressorts possibles pour nous happer littéralement dans cette folle histoire. Les personnages sont aussi barrés et drôles que dangereux et imprévisibles. Saint-Elme n’a jamais été aussi hostile. 

C’est donc un réel plaisir que de retrouver la famille Sax et leurs amis. Le résultat est toujours aussi absurde et déjanté. Un coup de coeur assuré.

Extrait de la BD :

Résumé de l’éditeur :

Franck Sangaré est aux mains des Sax, la famille qui a pris le contrôle de Saint-Elme, et son frère Philippe tarde à répondre aux appels angoissés de madame Dombre. Pendant ce temps, à l’auberge de la Vache Brûlée, Romane Mertens apprend à tirer au pistolet avec Paco tandis que son père passe ses journées à parler seul dans sa chambre… Tout seul, vraiment ?

Date de parution : le 12 janvier 2022
Auteurs
: Serge Lehman (scénario)
et Frederik Peeters (dessin)
Genre : BD Polar
Editeur : Delcourt
Prix : 16,95 € (80 pages)
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Ostende et Ostende Carnets de Dominique Gobet aux éditions FRMK, un roman graphique et son prolongement à découvrir

Le dernier livre de Dominique GobletOstende, est sorti le 9 décembre. En Janvier, la maison d’édition Le Frémok fait paraitre une autre facette de ce même projet intitulé Ostende Carnets. Ces carnets montrent les travaux préparatoires à l’écriture de l’ouvrage Ostende ainsi que la vie secrète de ses personnages. L’ouvrage est rempli de formes abstraites, avec très peu de mots pour figurer des divagations virtuoses.

Une clé de lecture fascinante

Ostende Carnets est comme son nom l’indique une sorte de carnet de croquis préparatoires au roman graphique Ostende de Dominique Goblet. Il permet de voir l’évolution des formes et des idées en vue de l’élaboration de l’ouvrage publié à la fin de l’année 2021. Le lecteur peut admirer la naissance des personnages et les motifs picturaux de l’oeuvre. Il est donc souhaitable de connaitre Ostende avant de lire Ostende Carnets. La ville belge d’Ostende située en région flamande est le cadre d’une histoire énigmatique près de la plage vide et grisâtre qui borde la mer du nord. Le héros semble obnubilé par une certaine Irène, il la voit partout et y pense incessamment. Irène est-elle sur la plage en train d’exhiber des parties de son corps ou est-elle le fruit de l’imagination d’un narrateur, chacun pourra se faire son idée.

Ostende et Ostende Carnets semble forme un tout pour un roman graphique onirique à découvrir, avec des couleurs qui laissent divaguer l’esprit et demandent à revenir encore et encore sur ces pages.

Synopsis: «Dans un appartement situé sur la digue, au quatrième étage, on peut voir : quatre femmes élégantes assises autour d’une table carrée. Elles sont habillées de façon sobre et classique, comme on pourrait l’être pour aller un dimanche à la messe. Devant chacune d’elle est posé un verre d’eau. Elles se sont retrouvées pour jouer ensemble. Debout sur la gauche, face contre le mur, immobile, un homme attend slip baissé à un bras de ces dames , plus concentrées semble-t-il par leur combinaison de cartes que par son derrière.»

Ostende – le carnet est l’origine du livre paru quelques semaines plus tôt, la coulisse où le ballet se prépare, la planque reculée d’où l’on peut mieux observer le paysage, la palette où se mélangent les formes, les couleurs, les gestes des personnages et de leur créatrice. Il témoigne d’une oeuvre en gestation, là où Ostende est l’aboutissement de ce travail. Des objets y mutent comme des êtres vivants, des humains évoluent, expérimentent en secret, se découvrent. Des idées naissent, changent, se fixent mais le plus souvent s’y refusent, avant de trouver leur place dans l’oeuvre finale, la série picturale narrative Ostende, que le carnet de Dominique éclaire d’un jour nouveau.

Pour nous, lecteurs et lectrices, le carnet en sera aussi l’aboutissement, la clé de lecture et le révélateur. En voyant ce qui, de la vie des personnages et du travail de l’autrice, n’était pas visible dans les peintures, on percevra ce que les personnages projettent entre les murs d’une grange ou derrière les rideaux. On en apprendra plus sur la majorette et ceux qui l’accompagnent, on y verra des corps ou des parties de corps – bustes, fesses, visages, mains – et l’on comprendra peut-être pourquoi Irène exhibe le sien sur les plages Ostende. Ou peut-être ne le comprendra-t-on pas. On verra, mais on sera libre de donner la suite que l’on veut à ces textes et à ces scènes ouvertes à l’interprétation.

On retournera le point de vue, pour voir enfin derrière. On verra les formes abstraites d’Ostende naître, fondre, se transformer jusqu’à devenir cristaux, roches molles, matière aux contours flous ou abrupts. On percevra des mouvements, des bruits sourdre paisiblement de l’espace vierge des pages d’un carnet, espace de liberté formelle absolue pour sa détentrice.

Plusieurs niveaux de lecture apparaîtront alors. On pourra observer ces changements comme des mouvements primaires que l’œil reconstitue, récits sans objet quelque part entre l’animation et la séquence, ou chaînon manquant entre le figuratif et l’abstraction. On pourra voir des personnages en train d’être créés et de se créer eux-mêmes une nouvelle identité, cachée, imperceptible mais pourtant bien présente sur les plages d’Ostende. On verra une artiste se chercher, chercher son propos et les techniques appropriées à celui-ci, et une oeuvre se construire par touches successives, du fourmillement de tentatives chaotiques et audacieuses à la sérénité qui fait la force d’Ostende. Et l’on fera, comme elle, des va-et-vient d’un livre à l’autre, d’un format à l’autre, repérant quelles techniques, quelles présences, quelles formes ont retenu son attention, tentant de comprendre ce qui se joue en chacun des êtres et des lieux représentés.

Editeur: FRMK

Auteur: Dominique Goblet

Nombre de pages / Prix: 124 pages / 22 euros

Conférence, un film choc sur le devoir de mémoire, sortie en salles le 12 janvier 2022

Conférence évoque la volonté de se souvenir d’un attentat tragique en Russie, survenu en 2002, pour les survivants et leurs proches. La prise d’otages du théâtre Dubrovka en 2002 a fait 128 morts, un total très lourd qui a laissé des traces. Le film suit principalement les récits de ceux qui ont vécu la tragédie de près, avec énormément de réalisme et une volonté de remettre les choses à leur place. Pas de scènes inutiles ou d’effets spectaculaires, juste le besoin de mémoire pour pouvoir continuer à vivre.

Un drame inoubliable pour les familles et les survivants

Le réalisateur Ivan I. Tverdovsky, déjà à la barre de l’insensible en 2016, a imaginé un film destiné à montrer le cours des évènements à ceux qui n’y étaient pas. Le film débute avec un contexte familial particulier pour l’élargir et évoquer un sentiment de peur général. Quand les participants à cette session de mémoire se réunissent, leur temps est compté;, les responsables de la salle ont donné une heure limite. Pourtant le personnage de Natasha refuse d’abroger la rencontre et se comporte comme une preneuse d’otages, bloquant les portes et étirant en longueur la séance. Son objectif est d’abroger cette peur qui tiraille tous les survivants de cette véritable tragédie russe, très mal connue chez nous, et pourtant aussi marquante que le 11 septembre en Russie. Tout le monde là-bas connait de près ou de loin quelqu’un qui y est lié. Le réalisateur a préparé son film en rencontrant lui-même des personnes qui étaient présentes dans ce théâtre de sinistre mémoire. Il a recueilli des témoignages et il a été attentif aux gestes et aux attitudes pour coller au plus près de la réalité. Conférence n’est pas un titre anodin, car le récit de chacun des survivants se veut extrêmement précis et détaillé pour faire revivre la tragédie minute pas minute. Qui entrait, qui sortait, qui allait aux toilettes… Il est intéressant de voir des personnages qui eux semblent se souvenir d’absolument rien, comme s’ils souhaitaient occulter cette partie douloureuse de leur existence. On peut identifier des mannequins gonflables présents dans la salle, soit pour combler les places vides, soit pour figurer des terroristes, soit pour rappeler les personnes décédées et donc absentes de cette conférence. Le film a souvent des airs de documentaire et les histoires racontées dans le film sont vraies mais jouées par des acteurs extrêmement crédibles.

La limite entre fiction et réalité est troublante et donne tout son sel à ce film au plus près de la réalité.

SYNOPSIS :

17 ans après la prise d’otages du théâtre Dubrovka, l’une des tragédies majeures du 21ème siècle dans l’histoire de la Russie, Natalia, revient à Moscou pour organiser une soirée commémorative pour les familles des victimes de l’attentat d’octobre 2002. Pourquoi s’est-elle retirée dans un monastère depuis si longtemps ? Pourquoi sa fille la rejette-t-elle ? Quel est le but de sa démarche ?

Rosy, un documentaire instructif sur la capacité de résilience de l’être humain face à la maladie

Quand Marine apprend à 21 ans qu’elle est atteinte de la Sclérose en plaques, SEP pour les intimes, c’est le choc. Elle n’en connait rien mais sait que la pathologie peut potentiellement la mener à la chaise roulante. Mais elle décide de ne pas se laisser abattre et le documentaire Rosy raconte l’histoire de sa réaction. Et c’est impressionnant.

Un documentaire pour ne pas se laisser abattre

Là où beaucoup tombent dans l’inaction et la stupeur après une telle nouvelle, Marine décide de partir en voyages en Nouvelle-Zélande, en Birmanie et en Mongolie pour en apprendre plus sur elle-même et trouver les moyens de faire face. Avec un sac à dos, une tente, l’argent d’une cagnotte organisée sur internet et son téléphone, elle va vivre des expériences que peu connaitront dans une vie. Les paysages sauvages et escarpés de la Nouvelle-Zélande lui ont permis d’éprouver son corps, un séjour dans un lieu de silence en Birmanie lui a fait rencontrer son esprit, de longues randonnées à cheval en Mongolie lui ont fait toucher son âme. Ce périple a d’abord fait l’objet d’un livre, et puis Marion a décidé d’utiliser les 28 heures d’images récoltées pour monter un documentaire avec Anne-Sophie Bion. On la voit traverser des moments de doute, de découragement, d’euphorie, de folie douce, mais jamais elle ne compte abandonner son périple. Cette résilience fait plaisir à voir. Elle raconte son histoire depuis la découverte de la maladie avec des problèmes visuels inattendus, le diagnostic et l’incompréhension. Marine se documente pour en savoir plus, la maladie est incurable et agit par poussées visibles par IRM avec l’apparition de signaux colorés sur les images. Le documentaire souligne la force de caractère de l’héroïne, sa tchatche intarissable et son envie d’en découdre. Et c’est parti pour 1h30 d’ode à la vie et à la volonté.

Rosy est le surnom donné par Marine à sa maladie. Sclérose, rose, rosy, elle sait que son chemin se fera toujours avec elle, elle ne peut pas le refuser, son voyage lui a permis de l’accepter. Ce chemin de vie est comme une prouesse, un parfait exemple en tout cas pour tous ceux qui sont atteints de maladie, de SEP ou qui ne sont pas malades. Le documentaire est touchant, à découvrir en salles actuellement.

Synopsis: Marine, jeune étudiante de 21 ans, apprend qu’elle est atteinte d’une sclérose en plaques, une maladie auto-immune incurable. Le choc de l’annonce, l’urgence de la situation et le besoin de prendre une décision quant au traitement à suivre, la poussent à trouver une solution en elle… Elle décide de partir pour un long voyage initiatique dans 3 pays : la Nouvelle-Zélande pour redécouvrir son corps, la Birmanie pour apaiser son esprit et la Mongolie pour renouer avec son âme. À travers des expériences inoubliables, Marine part à la rencontre d’elle-même et d’un nouvel équilibre avec cette sclérose qu’elle surnomme Rosy.

Le ballet parfait pour célébrer l’esprit de Noël avec Casse-Noisette au Palais des Congrès du 28 décembre 2021 au 7 janvier 2022

En fan éternel de u ballet de Tchaikovsky, je me souviens de la dernière représentation de Casse-Noisette vue au Palais des Congrès en janvier 2020. Je comptais le revoir en janvier 2021, mais les circonstances sanitaires ont mené à l’annulation de cette session annuelle. Quelle joie de pouvoir de nouveau se rendre au Palais des Congrès pour venir admirer cette oeuvre inimitable porte par une troupe de danseurs talentueux et survoltés. A noter que la dernière représentation du 7 janvier 2022 est reportée au 24 février 2022.

Un ballet magique

Le chef d’œuvre classique Casse-Noisette est devenu au fil des siècles une véritable institution de la période de Noël propre à enchanter petits et grands. L’intrigue est connue. Ce conte est l’histoire de Clara, jeune fille qui reçoit un Casse-Noisette en forme de petit bonhomme en cadeau de Noël. La nuit animée et virevoltante voit un enchantement réveiller tous les jouets pour faire vivre à la jeune fille une féérie où les jouets menés par Casse-Noisette livrent une bataille contre les souris de la demeure où Clara vit. Elle participe au combat aux côtés de Casse-Noisette qui se transforme en prince charmant pour danser avec Clara dans un royaume de magie et de féérie. Ce ballet en 2 actes a été présenté la première fois en décembre 1892 à Saint-Pétersbourg au Théâtre Mariinsky avec la célèbre musique de Tchaïkovsky comme élément supplémentaire de magie. Car les morceaux ultra-connus émaillent le spectacle pour un supplément constant d’émotion. La troupe de danseurs du Bolchoï de Minsk concourt à la magie de l’instant avec une prestation en tous points parfaite, avec des portés vertigineux, des duos magiques et une danseuse d’une grâce infinie dans le rôle de Clara. La salle était remplie pour enfin pouvoir admirer ce ballet, dans des conditions de respect total des conditions sanitaires et un plaisir décuplé. L’orchestre a fait honneur au compositeur russe Tchaikovsky en insufflant la fougue nécessaire pour porter les passages cultes du ballet. La valse des fleurs, le pas de deux, tout est interprété avec virtuosité par le talentueux orchestre. Quant aux décors et aux costumes, c’est un enchantement permanent pour un spectacle de 2 heures conclu par une salve méritée d’applaudissements enthousiastes.

Casse-Noisette est un véritable joyau du répertoire classique, à admirer années après années en famille pour faire revivre l’enfant en chacun de nous. Ce spectacle au Palais des Congrès ne dépareille pas et tout est parfait pour ressentir des émotions inoubliables.

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