Pour ne plus jamais t’ennuyer je dessine et je peins (Usborne)
En ces temps de confinement et de drôles de vacances, les Editions Usborne nous apportent leur aide précieuse avec ce manuel superbement illustré : Pour ne plus jamais t’ennuyer je dessine et je peins. Votre enfant va pouvoir tout faire et apprendre en autonomie ! Plus jamais il ne s’ennuiera.
Si cela peut paraître difficile de dessiner, grâce à ce livre, tout est à la portée de tous : dessiner mais aussi peindre avec des techniques inédites, comme la peinture soufflée, la peinture aux doigts, la peinture au sel… Et même la peinture à bulles !
Les manchots, les animaux sauvages, les licornes, les pavages n’auront plus aucun secret pour tous ! Le jeune lecteur pourra même créer sa propre bande dessinée ! Plus rien ne lui sera impossible !
Ce livre révèle de multiples trésors dans des domaines très différents qui vont développer des qualités cachées de nos petits et de nos grands ! Nos charmants bambins vont se transformer en artistes, grâce à ce fabuleux guide ! Place à l’originalité et à la créativité avec Pour ne plus jamais t’ennuyer je dessine et je peins !
L’écrivain basé à Londres et spécialisé en vin Jamie Goode a animé le 8e volet de la série de programmes dédiés aux vins de la région des Finger Lakes dans la région de New York aux Etats-Unis le 7 avril dernier. Des invités issus d’appellations reconnues de la région ont devisé sur l’importance du climat, de la typographie et des influences des lacs pour présenter des cuvées qui ne demandent qu’à être dégustées. De tout, et pas seulement du Riesling!
La passion du vin
Ce sont 3 appellations connues de la région qui ont été recommandées par des représentants plongés dans des discussions aussi techniques que passionnées sur les spécificités des vins de la région. Meaghan Frank pour Dr Konstantin Frank, Christopher Bates pour Element Winery et Oskar Bynke pour Hermann J Wiemer. La première a plus spécifiquement présenté la cuvée Dr. Konstantin Frank 2016 Blanc de Blancs des Finger Lakes, composée de Pinot noir, cépage très apprécié des américains. Christopher Bates a lui aussi vanté les vertus du Pinot noir tout comme Oskar Bynke avec le Dry Gewürtztraminer, Finger Lakes 2015. Des échanges poussés sont revenus sur l’influence de la mer pas si lointaine sur les cultures et des lacs tout proches pour apporter une vraie spécificité aux vins de la région. Si l’accent a été mis sur des vins blancs et des bulles, les Finger Lakes offrent toutes sortes de vins, beaucoup de vins rouges étrangement, dans une région au climat pas si propice a priori à la culture des vins de qualité. Ce sont des années d’acharnement de savoir faire qui aboutissent maintenant à la production de vins qui gagnent en reconnaissance, années après années.
Ce type d’évènement est une très bonne occasion pour découvrir des producteurs passionnés et décidés à promouvoir leurs productions pour vanter des cuvées qu’une dégustation récente approuvait en tous points.
Porté par sa renommée immédiate et son intense tension psychologique, le roman de Truman CapoteDe Sang Froid – In cold blood en VO – sorti en 1966 a fait l’objet d’une adaptation ciné dès 1967. Richard Brooks s’est accaparé l’ouvrage pour en livrer une version noire portée par un rythme à l’unisson de l’écriture de l’auteur de Diamants du canapé. La mise en scène précise et le jeu des acteurs créent une ambiance ambivalente qui dérange car rien ou presque n’est fait pour rendre les deux criminels antipathiques, bien au contraire. Le film ressort en 28 avril en édition Blu-ray+DVD+Livret inédit et version restaurée 4K avec de riches suppléments pour revivre une histoire vraie tragique.
Un film noir, très noir
Suite au meurtre sanglant d’une famille du Kansas, les auteurs du crime sont en cavale et cherchent à fuir les enquêteurs lancés à leur poursuite. Rien de plus banal jusque là, sauf que Truman Capote truffe son ouvrage d’analyses psychologiques foudroyantes qui font entrer dans l’esprit des deux malfrats. Leur arrestation et les fréquentes visites données à l’un d’eux par l’auteurva finir de troubler Capote, lui permettant certes de faire publier un des plus grands romans noirs du XXe siècle mais également le plonger dans une dépression intérieure dont il ne sortira plus, l’empêchant de publier quoique ce soit d’autre jusque la fin de sa vie. Le film suit en parallèle la fuite et la traque, jusqu’à l’arrestation et l’attente de l’application de la sentence, cette funeste peine capitale. Le film suit le déroulement de l’ouvrage, avec la même ambivalence sur les intentions de l’auteur, reprises ici à son compte par le réalisateur. Si rien n’est caché du caractère odieux des crimes, la narration fait ressortir l’attachement profond de Capote pour Perry Smith, comme le montre notamment les scènes d’aveux presque touchantes, faisant ressortir la faiblesse intérieure profonde du malfrat, et finalement son désarroi intrinsèque. La force du film tient d’une part à son épure totale côté enquête, rien n’est fait pour éprouver de l’empathie pour les agents de la loi, et d’autre part à la quasi tendresse pour des criminels partis sans beaucoup de chance dans la vie. La mise en rapport avec les victimes, et en premier lieu la jeune Nancy, empêche tout de même d’oublier l’horreur des faits. Le film s’accompagne d’une réflexion inévitable sur le caractère arbitraire de la peine de mort, sujet toujours autant d’actualité aujourd’hui.
De Sang Froid se voulait initialement un roman de non-fiction, il devient un film puissant devant la caméra d’un Richard Brooks décidé à faire passer autant d’émotions que possible dans un opus à la force intacte. Le découvrir en édition Blu-ray+DVD+Livret le 28 avril est une nouvelle possibilité de s’en rendre compte.
Synopsis: Le 14 novembre 1959. Une journée ordinaire pour les Clutter. Herb, un agriculteur qui a prospéré à force de travail et de volonté, sa femme Bonnie, à la santé fragile, et leurs enfants, Nancy et Kenyon, 16 et 15 ans, forment une famille aimée et respectée de tous à Holcomb, Kansas. À quelques heures de route, Perry Smith, la trentaine, des velléités artistiques mais déjà cabossé par la vie, tout juste sorti de prison, va retrouver un ancien codétenu, Dick Hickock, qu’il admire pour son charme et son bagout. Cette nuit-là, le destin de ces six êtres sera inéluctablement lié et scellé car les deux complices s’apprêtent à commettre le plus odieux des crimes. Et rien ne sera plus jamais comme avant.
Le grand manitou des excellentes éditions Playlist Society, souvent chroniquées sur Publik’Art, est de retour avec son second roman, Le silence selon Manon, un titre a priori énigmatique mais qui fait sens au fur et à mesure que les pages défilent dans un vacarme assourdissant de conflits de genres. Une écriture aussi rythmée que précise tient en haleine sur fond de rivalité entre féministes et masculinistes, avec musiques modernes et réflexes néolithiques, éliminations express et devenir de l’humanité internet, révélations fracassantes et rivalités cyber. Le monde réel laissera-t-il la place à un univers virtuel sans anonymat, avec le risque de la contrôle de la pensée et de l’abandon de la libre parole avec tout ce que cela peut comporter d’excès? Il y a du Bret Easton Ellis époque Less than zero dans ces chapitres tour à tour racontés sous l’égide de chacun des 8 protagonistes d’une histoire mélangeant attirance et répulsion, avec un vocabulaire souvent châtié et parfois plus cru sans que cela ne soit pas pour autant aussi pertinent, dans une histoire située en 2025 mais aux forts accents d’actualité.
Entre réalité et virtuel, les faux semblants sont partout
Ce qui frappe une fois les 331 plages de l’ouvrage terminées, c’est le constat d’impasses rédhibitoires autant dans le monde réel fatalement décevant que dans le monde internet autrefois tellement vanté pour ses possibilités de rapprochement des êtres. Les frères de Christo sont au centre d’un thriller aux forts accents philosophiques. L’histoire évoque une rivalité implacable entre incels masculinistes et neo straight edge féministes à la place croissante dans l’opinion publique, descendants du mouvement #Metoo actuel. Les deux frères portent la bonne parole de leur engeance alors que des extrémistes d’obédience incels célibataires frustrés se déchainent sur des forums à la visibilité vénéneuse. Simon et Yvan mènent une croisade qui va les mener au plus profond de leurs retranchements, jusqu’au drame. Leurs compagnessont également en première ligne alors que les prochains concerts du groupe d’Yvan, Significant Youth, font l’objet de menaces de plus en plus explicites de la part d’ultra incels tout prêts à en découdre. Si l’histoire tient en haleine comme dans tout bon thriller qui se respecte, avec quelques scènes chocs et des rebondissements inattendus, le constat de pouvoirs publics dépassés fait froid dans le dos combien même les enquêteurs démontrent une bonne volonté évidente, mais avec souvent un train de retard. Dans ce roman d’anticipation qui flirte entre le polar et l’étude de mœurs, le plus important semble cependant ailleurs. Car l’auteur échafaude surtout une théorie séduisante sur la voie sans issue prise par les êtres humains soucieux de se différencier en se plaçant une fois de plus les uns contre les autres. Incels et neo straight edge ne sont finalement que l’ultime avatar de luttes qui se mènent depuis la nuit des temps dans une humanité désunie, gauche contre droite, pauvres contre riches, hommes contre femmes. Cette nouvelle évolution semble une nouvelle synthèse de ce qui fait viscéralement l’humain, l’envie d’imposer ses idées et d’avoir le dernier mot, jusque dans la mort s’il le faut, sur le terrain du genre au cœur du système internet. Et c’est là que le titre du livre prend tout son sens, le silence devient une porte de sortie salutaire pour trouver l’épanouissement, surtout quand c’est le personnage sourd et empathique de Manon qui le promeut. Sans trop spoiler, on peut révéler qu’elle va aider l’un des deux frères de Christo à retrouver la paix intérieure dans certaines des plus belles pages du roman. Le silence, c’est autant l’absence de parasites sonores que de polémiques internet, apprivoiser le bruit omniprésent, le faire sien, couper la connection au monde virtuel et trouver la paix, cette paix qui semble de plus en plus difficile à trouver dans un monde à la complexité croissante où l’esprit humain est toujours plus sollicité, dans le monde réel comme dans le monde virtuel. Des sillons de plusieurs dizaines de pages se concentrent sur certains personnages centraux, puis le roman mène sur d’autres pistes, la lecture ressemble un peu à un roller coaster aux courbes à 180 degrés, c’est un sentiment jouissif de se sentir tirer par le bout du nez, jusqu’à de toujours nouvelles péripéties et un dénouement qui arrive presque un peu trop vite.
Ca n’arrête jamais dans Le Silence selon Manon et le roman aurait pu durer 200 pages de plus sans poser plus de problèmes que ça au lecteur ravi par sa lecture. Les différents niveaux de compréhension interrogent sur le monde qui s’ouvre à nous et offrent de belles possibilités d’envol intellectuel. Les plus curieux pourront se diriger vers le premier ouvrage de Benjamin Fogel, La Transparence selon Irina, pour continuer l’aventure et se questionner sur le futur possible de l’humanité connectée.
Synopsis: Le silence selon Manon peut être lu comme un « prequel » de La Transparence selon Irina. Dans les années 2025, le monde occidental se caractérise par une montée de l’agressivité sur les réseaux sociaux et en particulier des cas de cyber harcèlement, au point qu’une unité spéciale de la police, dirigée par le commissaire Sébastien Mille, a dû être mise en place. Sébastien Mille s’intéresse de près aux manoeuvres des groupes masculinistes en France. L’Amérique du Nord avait déjà connu dans les années 2010 des attentats dont les auteurs se réclamaient du mouvement « incel » (pour involuntary celibate) autrement dit des célibataires forcés qui conçoivent une haine des femmes et de la société contemporaine qu’ils jugent trop favorable au féminisme. A Paris, le groupe de musique hardcore Significant Youth, qui défend des valeurs humanistes et féministes dans ses chansons, est agressé lors d’un concert par une poignée de masculinistes qui fréquentent un forum dédié; Yvan, le leader est pris à partie et son frère Simon ainsi que sa compagne sont blessés dans la bagarre qui s’ensuit. Cet épisode n’est que le prélude à un attentat beaucoup plus violent qui va bouleverser la vie des deux frères et de leur entourage. Il faudra à Sébastien Mille une obstination hors du commun pour s’approcher des coupables, d’autant plus insaisissables qu’ils se cachent sous maintes identités, dissimulés par la grande Toile protectrice d’Internet… A travers ce polar aux personnages ambigus et pervers qu’on croirait sortis de l’univers de Patricia Highsmith, Benjamin Fogel poursuit son exploration de notre cyber monde. Le crime n’a plus lieu dans les ruelles sordides des villes ou dans les caves des banlieues, il rode sur la Toile de manière d’autant plus insidieuse que ses auteurs savent être furtifs.
Gardiennes, c’est avant tout la comédienne Fanny Cabon dans un seul en scène poignant de vérité. La pièce a été élue meilleur seul en scène Festival Off Avignon 2018 et on comprend rapidement pourquoi. La pièce jouée le 15 avril 2021 au Studio Hébertot dans le respect des protocoles sanitaires en vigueur était disponible en même temps en streaming live pour apprécier ce grand numéro d’actrice. C’est une lignée familiale sur un siècle qui est dépeinte à travers 10 personnages de femmes aux prises avec les mœurs de leurs époques.
Des femmes, gardiennes de la famille et de leur corps
Ce qui frappe dans les 10 monologues tous interprétés par Fanny Cabon, ce sont les références aux époques et l’évolution à laquelle le spectateur assiste. Du rôle de génitrice de famille nombreuse, la femme a pu acquérir des droits lui garantissant une liberté de choix face à l’homme autrefois tout puissant. Là où il était hors de question d’imposer quoique ce soit à celui qui rentrait fourbu d’un travail physique éreintant, il est devenu de plus en plus acceptable de vivre avec plus d’indépendance dans le cadre d’une société garantissant un vrai rôle de gardienne de son corps. Les histoires entremêlent humour et drame dans un rythme qui ne retombe jamais, les références aux combines pour ne pas passer incessamment à la casserole chaque soir avec le risque d’enchainer les grossesses suivent des récits de femmes fatiguées par les accouchements annuellement répétés avec le risque multiplié d’évènements malheureux. Et puis les temps changent, la possibilité de l’amour apparait et surtout les lois garantissant l’accès à l’avortement a bousculé le rythme de la vie. Fanny Cabon modifie les voix et les postures pour personnifier toutes ces femmes aux récits tour à tour comiques ou tragiques, et le seul en scène devient une vraie performance théâtrale. Outre que ce soit un immense bonheur de pouvoir assister enfin à une pièce de théâtre, celle-ci a des accents de vérité qui forcent le respect. Sans jamais tomber à côté ni faire preuve de légèreté malvenue, la comédienne fait plaisir et parle de vies qui se sont entrelacées jusqu’à aujourd’hui. Et c’est un vrai bonheur de théâtre.
Gardiennes est un moment de théâtre unique porté par la comédienne Fanny Cabon en état de grâce, dans une mise en scène elliptique et précise de Bruno de Saint Riqiuer. La comédienne met en scène actuellement Ne ferme pas les yeux petite fille, une adaptation du livre de Charlie Vincent sur son enfance à l’A.S.E (ex DDASS) et vient de terminer l’écriture de son prochain seule en scène sur les violences faites aux femmes, basé sur de multiples témoignages.
Synopsis: Gardiennes… Un siècle de témoignages de femmes d’une même famille qui découvrent l’amour, la sexualité et l’enfantement. Elles lèvent le voile, avec poésie et honnêteté sur des secrets et des actes parfois interdits. Des histoires cachées, enfouies, qui ne se disaient et ne se disent (encore maintenant) la plupart du temps qu’entre femmes. Des récits forts, drôles et bouleversants interprétés par Fanny Cabon. Dix portraits de femmes d’une même lignée familiale, de 1920 à nos jours, livrent leurs témoignages sur leur découverte de l’amour, la sexualité et l’enfantement. Elles lèvent le voile, avec honnêteté et humour, sur des secrets et des actes parfois interdits. Des histoires cachées, enfouies, qui ne se disaient et ne se disent la plupart du temps qu’entre femmes. Sous forme de monologues, c’est une pièce sur la transmission à travers dix récits, dix passages de témoin où Fanny Cabon incarne seule la mémoire de ces femmes dont elle porte l’ADN.
VAPA connait un succès croissant avec déjà un million de streams et plus d’une trentaine de singles et collaborations à son actif, notamment avec Cross et Camille Sorel. La sortie de son 1er EP Mental est prévue pour le 11 juin prochain et David de son vrai nom va révéler son single Deep le 16 avril. Cet artiste hyper talentueux vit entre la France et l’Allemagne, sans jamais montrer son visage jusqu’à maintenant.
Une marche en avant forcenée
Ce nouveau projet lui donne l’occasion de se mettre plus en avant et d’oublier sa discrétion naturelle. Premier indice avec le live qu’il a commencé à expérimenter notamment au Smmmile Vegan Pop Festival à La Villette l’automne dernier. Deep est le premier extrait de son futur EP et il s’est associé au chanteur et musicien rock bordelais Vincent Jouffroy alias I Am Stramgram. Les deux artistes questionnent l’isolement et notre soif de liberté dans nos sociétés ultra connectées. VAPA cherche à promouvoir des valeurs de communion, de réflexion et de lâcher prise dans un crossover musique/image inédit. Soucieux de faire communiquer liberté sonore et réflexion intellectuelle, VAPA fait se rencontrer ses deux passions, la musique et le monde qui nous entoure. VAPA signifie Vous n’Avez Pas d’Avis, pour souligner qu’il faut se fondre dans le collectif et toujours conserver son avis critique sur les évènements qui nous entourent. Le clip de Deep est un voyage dans l’esprit perdu en lui-même, égaré dans la nostalgie des contacts, des nuits et des corps. Le titre aurait très bien pu s’appeler solitude. Tout au long du clip, nous sommes dans la tête du héros, témoin de ses sentiments. Le flash-back à la fin du clip le ramène au début. Né à Châteaubriant, David a longtemps évolué dans un univers rock très seventies. Après être passé par la case rap au collège, il a découvert le metal vers ses 17 ans et il a décidé d’apprendre la guitare. Membre de plusieurs groupes (Mayawif, Giant Jack), il a décidé de se mettre à la composition sur ordinateur, composant la musique du court métrage d’un ami et fonçant dans la MAO pour ne plus en sortir. Le projet VAPA est né en 2017 avec un sample de Coluche prononçant cette fameuse phrase Vous n’avez pas d’avis? Depuis, les collaborations se sont enchainées, avec Cross (deep tech), Camille Sorel (pop érotique), I Am Stramgram, Charlotte Cegarra, Mey et bien d’autres. Suite à un déménagement à Cologne, il a découvert la foisonnante scène locale et le DJjing. Dans Deep, à 120 BPM, un refrain entêtant sur des rythmes électroniques délicats entraîne l’auditeur dans une ambiance sous-marine subtile (sons de guitares aquatiques).
Le premier EP de VAPA fera découvrir 6 nouveaux titres pour se laisser aller, encore plus imprégnés de poésie naturaliste et de production électronique introspective.
Ce film de 1963 en noir et blanc est le premier film de Lina Wertmüller. En plein cœur d’un petit village italien des Pouilles , le désœuvrement est roi pour des habitants plongé dans une profonde langueur existentielle. La réalisatrice a officié chez Fellini comme assistante sur Huit et demi (1963) et a profité d’une partie de son équipe pour tourner I basilischi, son premier long métrage.
Un temps que les moins de 20 ans…
I Basilischi est un succès précoce pour sa réalisatrice avec 2 prix obtenus au 16e Festival de Locarno, la Voile d’argent et le prix Fipresci, de quoi donner une impulsion décisive pour la suite de sa carrière, tourner Vers un destin insolite sur les flots bleus de l’été et se placer dans la droite ligne du combat déjà d’actualité pour l’égalité des sexes. La jeunesse locale apparait comme à l’arrêt, figée dans un lieu et une époque qui ne permet pas à la génération d’après-guerre de prendre son envol, pas encore du moins. Le provincialisme figé des traditions et l’autorité parentale empêche de réaliser les rêves et les ambitions. La musique d’Ennio Morricone accompagne les longs palabres dans la délicieuse langue italienne qui rebondit sur des anecdotes locales évoquant les vicissitudes d’un village vivant comme en autarcie. En se rendant en Basilicate, la réalisatrice filme les problèmes sociologiques propres à un Mezzogiorno pauvre et immobilisé dans des blocages antédiluviens. Ce sont la monotonie et l’enfermement qui priment pour une jeunesse qui cherche à quitter la région pour trouver un avenir meilleur. Le trio de jeunes hommes que la réalisatrice suit s’intéresse plus particulièrement au personnage d’Antonio, décidé à partir pour ne pas tourner en rond et se déliter doucement. Les sirènes romaines sont irrésistibles mais le jeune homme est attiré par son village, qu’il rejoindra comme un aimant, content de son expérience dans la capitale, mais de retour pour de bon, signe que l’atmosphère si particulière de son village lui manquait, contredisant toutes les aspirations d’ailleurs évoquées au début du film.
Lina Wertmüller analyse les mentalités d’une jeunesse locale bloquée par ses ainés et engoncée dans un provincialisme véritablement castrateur. Le film est à découvrir du 16 au 20 avril sur le Vidéo Club Carlotta Films pour un saut charmant dans le passé.
Synopsis: Antonio (Antonio Petruzzi), fils du notaire d’une petite ville du sud de l’Italie, a 20 ans et passe ses journées à s’ennuyer avec ses amis Francesco (Stefano Satta Flores) et Sergio (Sergio Ferranino). Les jours s’écoulent, interminablement semblables, meublés des mêmes discussions et de la même absence d’activité. Un jour, Antonio se voit offrir la possibilité d’aller vivre à Rome où il s’inscrit à l’Université. Mais de retour au pays pour une journée, il décide de ne plus repartir…
Derrière Rouge, il y Madeleine Cazenave qui voltige dans un univers fait de légèreté et de sensibilité. Pas d’urgence ni de rythmes trépidants, la musique se veut apaisante et savante. Son piano tient une place centrale dans des compositions qui rappellent sa formation classique et ses influences du côté d’Erik Satie et de Maurice Ravel et feront penser à Philip Glass ou Keith Jarret jusqu’au jazz.
Rouge, un projet en groupe
Rouge est un projet qui réunit la pianiste Madeleine Cazenave ainsi que Sylvain Didou à la contrebasse et Boris Louvet à la batterie. Derrière les paupières est un sommet de musique aérienne qui atterrira dans les bacs le 16 avril. La beauté le dispute à la virtuosité dans un album qui pioche chez des artistes aussi divers que variés dans le rayon classique. La pianiste peut voguer tranquillement sur les eaux de l’inspiration avec ses deux acolytes pour des textures qui raviront les mélomanes. Abysses est un morceau de plus de 6 minutes qui emmène dans un beau voyage entre musique répétitive et mélopée ravelesque. Petit jour lorgne du côté de sonorités plus arabisantes pour une impression hypnotique sur l’auditeur. Etincelles fait le crossover entre classique et jazz pour toucher des rivages chers à Keith Jarret jusqu’à tenter des moments plus sonores et puissants. Pas de limites dans une inspiration qui brosse large et pourra toucher un champ varié d’auditeurs. Le nom du projet Rouge n’est pas le fruit du hasard, c’est une couleur féminine forte, une évocation de sentiments puissants comme l’amour et la révolte. Les extraits déjà disponibles sur Youtube permettent d’apprécier la belle complicité entre les 3 musiciens lancés dans des morceaux qu’ils dévoilent avec gout et talent. Pour la pianiste bercée de piano depuis son enfance, le cursus classique au conservatoire de La Rochelle lui a permis de découvrir les bases avant d’entreprendre des études supérieures à Toulouse et à Bordeaux avec à la clé son DEM de piano et de musique de chambre. L’improvisation et la composition l’ont toujours attirée et les musiques de Satie, de Ravel, Nina Simone, des Children’s Songs de Chick Corea, ou encore le Köln Concert de Keith Jarret ont été des inspirations majeures pour elle. Les cours de jazz suivis aux conservatoires de Bordeaux puis de Rennes lui ont permis d’encore progresser pour acquérir un style personnel, comme en témoignent les deux albums Octobre et Matines sortis en 2011 et en 2014. Depuis 2017, elle a fondé deux groupes, le duo Azadi avec le chanteur et multi-instrumentiste Camille Saglio et le trio Rouge.
L’album Derrière les paupières sort chez Laborie Jazz le 16 avril pour un beau moment musical à apprécier à sa juste valeur.
100 super jets, à plier et à faire voler (Editions Usborne)
Usborne nous propose une activité manuelle qui va plaire à tous nos jeunes lecteurs : 100 super jets, à plier et à faire voler.
Il s’agit d’un cahier avec 100 feuilles, de très belles qualités, à détacher. Et à chaque page, un jet à fabriquer soi-même en pliant les traits comme indiqués. Des jets tous plus beaux les uns que les autres.
Ils sont tous différents, très précis, techniques et de couleurs attrayantes. Si cela peut paraître difficile, en réalité, il suffit de suivre les instructions que le lecteur trouvera en première page, avec rabats, cartonnée.
Il existe 4 modèles différents de super jets. Ils sont classés par famille : L’hypersonique, l’aile volante, l’avion orbital, le XT-578. Pour les reconnaître, il y a un symbole coloré en haut dans chaque coin gauche de la feuille.
Ensuite, chacun pourra remplir son journal de bord et raconter ses exploits !
Puis, il suffit de suivre le pliage concerné pour réaliser son super jet ! Et de le faire voler !
Qui n’a pas rêvé de réussir à faire voler son avion en papier ?
En ces temps de confinement, rien de mieux que des travaux manuels pour occuper nos chères petites têtes blondes !
100 super jets, à plier et à faire voler, une chouette activité pour tous !
Juste un Mouvement est une adaptation libre de La Chinoise, le célèbre film de Jean-Luc Godard tourné en 1967 à Paris. Le réalisateur Vincent Meesen resitue les personnages 50 ans plus tard à Dakar au Sénégal dans une intrigue actualisée. Le film propose une réflexion sur les liens toujours paradoxaux entre politique, justice et mémoire.
Un film thèse
Dans le film de JLG, Omar Blondin Diop est un intellectuel, militant politique, étudiant maoïste de l’UJCml (Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes), habitant la Résidence universitaire de Nanterre. Il y joue son propre rôle aux côtés de Jean-Piette Léaud et Anne Wiazemsky. Il devient le personnage principal de Juste un mouvement, comme une réincarnation d’une figure mythique, lui qui mourut dans des circonstances mystérieuses en prison au Sénégal en 1973. Juste un mouvement est tourné exclusivement avec des acteurs non professionnels, y compris les frères et amis d’Omar Blondin Diop et tout le monde joue son propre rôle pour se souvenir de lui. Un cinéaste, un rappeur, un poète, une travailleuse chinoise, un maître de Shaolin, un intellectuel sénégalais, le ministre de la Culture du Sénégal et le vice-président de la République populaire de Chine. Le documentaire doit être présenté au festival de film de Berlin 2021 dans la section Forum. Le réalisateur propose un regard poétique sur une page d’histoire politique et la vidéo, la photo et le son font ressortir l’intensité d’une existence passée dans la lutte politique.
Pandémie oblige, la Berlinale 2021 se tiendra cette année en deux temps. La première partie du festival se déroulera en ligne du 1er au 5 mars et sera réservée aux professionnels et à l’industrie. La seconde partie aura lieu du 9 au 20 juin, avec des projections ouvertes au public.
Synopsis: Au Sénégal, le nom d’Omar Blondin Diop est synonyme de crime d’État impuni. En France, il est surtout resté dans l’histoire comme un militant marxiste apparaissant dans La Chinoise, fiction d’anticipation politique de Jean-Luc Godard. Aujourd’hui à Dakar, ses frères et des proches se souviennent de lui tandis que la jeunesse locale joue son propre destin à l’imparfait du présent de la Chine-Afrique.
George Sand a marqué l’histoire par son oeuvre littéraire unique mais aussi ses frasques amoureuses et son sens inédit de la liberté au cœur d’une époque encore corsetée par les conventions. La BD George Sand ma vie à Nohant s’intéresse aux nombreux épisodes berrichons de sa vie au cœur d’une campagne qu’elle affectionnait tant. Bien loin de Paris, elle a vécu dans un domaine familial chéri depuis ses 4 ans et jusqu’à sa mort. Cet album réalisé en partenariat avec Le Centre des Monuments Nationaux revient sur une partie mal connue et pourtant centrale de l’existence d’une scandaleuse.
Une vie de liberté
Nohant a vu passer un florilège des plus beaux esprits du XIXe siècle. Liszt, Balzac, Delacroix, Flaubert et Chopin pendant 10 ans y ont fait escale pour faire éclater toute leur créativité aux côtés de la belle George Sand. Ce one-shot biographique en dit beaucoup sur un personnage plus grand que la vie, elle repense à son existence sur le perron de la maison familiale et partage ses souvenirs avec son amie d’enfance Ursule Jos, devenue couturière à La Châtre dans l’Indre. Les pages accumulent les cases et les bulles pour révéler d’abord la jeune Amantine Aurore Lucile Dupin à l’esprit tout aussi entier que son imagination est foisonnante. La disparition de ses parents l’entraine à Paris où elle est élevée par sa grand-mère Marie-Aurore de Saxe qui l’envoie au couvent sans pour autant calmer ses ardeurs. La fougue de la jeune fille se perpétue jusqu’à la jeune femme qui refuse de porter autre chose qu’un pantalon et décide de gagner sa vie en écrivant. La grande histoire de cette grande dame est aussi jalonnée de rencontres amoureuses et elle prendra le nom d’un de ses amants, Jules Sandeau, pour signer son premier roman, avant de devenir George Sand pour l’éternité. La liste de ses amours laisse rêveur, Alfred de Musset, Louis Chrysostome-Michel, Frédéric Chopin, Alexandre Manceau, tous sont passés à Nohant avec elle qui aimait s’entourer des plus grands artistes tout en gardant des liens étroits avec ses 3 enfants Maurice, Solange et sa fille adoptive Augustine. Le roman graphique est une splendeur et fait suite à Le dernier visiteur de George Sand déjà paru en 2006 aux Éditions du patrimoine. Les auteurs Chantal van den Heuvel et Nina Jacqmin mélangent texte et dessins avec une grâce iouïe pour faire revivre une existence unique.
La BD George Sand ma vie à Nohant se lit avec passion et fait résonner une femme que rien ni personne n’aurait pu museler ou empêcher de vivre son existence avec toute l’ardeur souhaitée. La BD parait le 14 avril pour un beau moment de culture au cœur d’un illustre lieu.
Synopsis: La liberté et les frasques de George Sand sont fameuses: ses liaisons hors mariages, son rejet de la bienséance hypocrite, son apparence masculine, son retentissant et passionné combat en faveur de l’émancipation et des droits de la femme… En s’adressant par l’écriture au monde, elle est aussi et avant tout célébrée pour son œuvre prolifique. La campagne berrichonne a une place primordiale dans ses ouvrages. Ses livres décrivent l’atmosphère campagnarde d’un monde qui n’existe plus mais qui fut le sien. Si elle a fréquenté Paris, George Sand a passé la majorité de son existence dans sa demeure de Nohant. Ce domaine familial hérité de sa grand-mère, où elle a grandi et vécu à partir de ses quatre ans, lui a donné l’amour des grands espaces et de la liberté. C’est dans cette maison qu’elle s’est passionnée pour les histoires, c’est dans cette maison qu’elle a fait son éducation mondaine et paysanne. C’est là qu’elle a vu mourir tant de ses proches, et c’est là-bas qu’elle-même mourra. Lieu isolé, paradis champêtre, cette bâtisse accueillera Liszt, Balzac, Delacroix, Flaubert ou même Chopin pendant presque dix ans. Nohant est, pour George Sand et ses invités, un lieu où peut fleurir la créativité. Dans cet album, Chantal van den Heuvel et Nina Jacqmin introduisent en toute subtilité un second personnage principal : le domaine de Nohant. Témoin essentiel de l’existence de tant d’artistes, ses murs contiennent l’écho de voix qui continuent à passionner les esprits du monde entier. En fin d’album, les croquis réalisés in situ par la dessinatrice sont réunis dans un portfolio coloré.
Le contexte sanitaire actuel oblige tous les théâtres et salles de spectacles à rester fermés. Pourtant la Comédie Nation a proposé un showcase pour quelques journalistes privilégiés, en présentiel et en streaming live pour présenter le spectacle Folle nuit à Paris. La capitale pendant les années folles devient le rendez-vous des frappadingues et des artistes du monde entier et le temps d’une nuit rocambolesque, de pétillantes péripéties s’enchainent sous l’égide de Louis Aragon et Elsa Triolet. La musique jazz rythme sans discontinuer des tours de chant réjouissants qui donnent envie de retourner rapidement dans les salles. Ca swingue tandis que les figures historiques de cette époque flamboyante s’enchainent dans un rythme frénétique.
De la folie douce sur scène
Les 3 comédiens et le pianiste sur scène le 8 avril à la Comédie Nation étaient Mathieu Becquerelle, Jeanne Jerosme, Thomas Cannariato et Benjamin Pras, dans ce spectacle mis en scène par Madlyn Farjot et écrit par Thomas Cannariatot où Elsa et Louis vivent une grande histoire d’amour dans le Paris des années folles. L’ambiance est surréaliste et Salvador Dali, Jean Cocteau et Ernest Hemingway hantent la pièce en compagnie de policiers et mafieux filous. Alors que Elsa et Louis ne sont pas encore des icônes, ils sont poursuivis par la police et par la pègre pour un moment magique. Les morceaux de piano s’enchainent alors que les comédiens enchainent les refrains jazz internationalement connus et adaptés à la sauce française. La fantaisie est reine, les blagues se succèdent non-stop pour une époque qui a marqué l’histoire du 20e siècle, avec une quantité de personnages de renoms qui ont posé leur empreinte sur la culture collective. Elle était russe et lui espagnol, et avant d’être français, ils étaient citoyens du monde, comme tous ceux qui ont rallié la capitale pour profiter de son euphorie. Elle sera la première femme à obtenir le prix Goncourt, il deviendra un immense poète inspiré à jamais par les yeux d’Elsa.
Cette comédie musicale de poche avec 3 comédiens-chanteurs-danseurs et 1 pianiste donne du baume au cœur pendant une heure et quart de folie non-stop où une quinzaine de personnages apparaissent sur scène dans une histoire rocambolesque rythmée par le jazz d’hier et d’aujourd’hui. Vivement l’ouverture des salles pour qu’une foule nombreuse puisse venir applaudir ce spectacle réjouissant à la Comédie Nation!
Valérie Villieu est infirmière à domicile. Quand elle doit s’occuper de Joséphine, retraitée parisienne souffrant de dégénérescence sénile à l’existence esseulée dans son petit appartement, la rencontre est drôle et vivante. La vieille dame doit s’habituer à cette nouvelle présence, jusqu’à accepter cette intrusion dans son petit cadre de vie. La BD douce amère raconte l’épuisement inéluctable d’un corps aux ressources vidées par la maladie. Mais l’esprit même absent connait des retours de flamme qui interrogent l’infirmière sur la force inextinguible du vivant et lui donnent l’envie de ne pas sombrer dans la passivité et l’indifférence.
Une vie au ralenti
Ce qui marque à la lecture de Little Joséphine, c’est la marque de la dépendance qui croit de plus en plus au fur et à mesure que la vie s’éteint. Valérie Villieu a rencontré Raphaël Sarfati pour mettre en dessin cette rencontre unique entre une infirmière dévouée et une personne âgée laissée à l’abandon. Les auxiliaires de vie défilent sans jamais se poser la question du bien être de la patiente, les proches se désintéressent de son sort, la vieille dame ne sort plus de son lit, son destin est devenu quantité négligeable alors que le cours trépidant de la vie se déroule au dehors. Cette réédition d’une BD de 2012 donne à voir l’imperfection d’un système où les plus faibles sont laissés à l’abandon, car inutiles, pesants et par trop fragiles. Les contempler fait comprendre la fragilité de l’existence humaine, et par la même, la notre. Ce constat devient inacceptable dans notre univers de réussite et de performance. L’infirmière réussit à récupérer des bribes de ce que fut l’existence de Joséphine, car elle aussi a eu une vie, des espoirs, des joies et des peines. Le lien que l’infirmière tisse avec elle apporte une respiration au lent délitement d’une personnalité de plus en plus enfermée dans un présent perpétuel.
Le dessin et les textes apportent un éclairage bienveillant sur la fin de vie et la manière la plus humaine d’accompagner ceux qui en ont le plus besoin. La lecture interroge sur le destin de chacun dans une société qui met de côté les plus vulnérables.
Synopsis: « Je suis comme un bout de bois, je regarde le ciel, les nuages, et je ne sens rien » m’a dit un jour Joséphine. J’ai eu la chance de la rencontrer, elle, qui se disait la fille d’Arsène Lupin ! L’humour était notre langage, notre terrain de jeu et notre lien. Elle était drôle et étonnamment vivante malgré les troubles dont elle souffrait. Joséphine a questionné des choses essentielles pour moi, m’a aidée à mieux penser mon travail pour ne pas me perdre dans la passivité, l’indifférence. Par ce récit, je voudrais dire qu’il ne faut jamais capituler face à ces troubles du comportement si déstabilisants pour nous « bien portants ». Il faut toujours chercher le lien, la porte qui nous permet d’accéder à l’autre. Et là, on peut être prêt à se laisser bouleverser par « la demoiselle aux yeux verts » C’est cette aventure éminemment humaine de sa complicité avec une de ses patientes atteinte de dégénérescence sénile que Valérie a demandé à Raphaël Sarfati de mettre en images, pour témoigner de son vécu et surtout du peu d’attention trop souvent portée aux personnes âgées. Émouvant et riche de questionnements.
Le triptyque éblouissant « Bartók/Beethoven/Schönberg » recréé par Anne Teresa De Keersmaeker sur la chaîne Mezzo Live
Trois pièces de jeunesse d’Anne Teresa De Keersmaeker sont diffusées sur la chaîne Mezzo Live après leur entrée en 2015 au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris. Elles témoignent de ce rapport de force entre la musique et la danse dont la chorégraphe flamande imprime l’empreinte des corps, des gestes et des notes dans une osmose aussi vibrante que foisonnante.
La captation de ce triptyque qui traverse dix années de création d’Anne Teresa De Keersmaeker, de 1986 à 1995, est donc à re(découvrir) le 12 avril à 21h00.
La première est une chorégraphie sur le Quatuor à cordes n° 4 du compositeur hongrois Béla Bartók où les danseuses en jupes volantes noires, tout droit sorties d’une pension de jeunes filles, et bottines qu’elles claquent au sol d’un talon provocateur, se jouent de leur liberté adolescente.
Toutes les quatre se reflètent dans les gestes de l’autre, comme dans une enfilade de miroir. Parfois l’une tombe et envoie les autres, éclatées aux quatre coins de l’espace. Elles se mettent alors hors-jeux un instant puis reprennent position portées par une énergie impétueuse et une chorégraphie entre gestes quotidiens et mouvement formel abstrait, ponctuée d’accélération et de silence. Le tout dans un rapport physique et mordant à la musique pour une emprise virevoltante.
« Die Grosse Fugue », sur une musique de Beethoven, est une célébration de la danse masculine qui a l’éclat d’un diamant brut.
[…] un rapport physique et mordant à la musique […]
L’écriture chorégraphique sur le thème de la chute dessine des lignes sophistiquées et nouvelles qui déstructurent l’espace d’où les corps s’échappent, bondissent, tombent et se relèvent au rythme de la partition contrapuntique.
A la manière du compositeur, le vocabulaire tisse, tantôt lâche, tantôt serré, ce lien rigoureux qui l’unit à la structure musicale dans une circulation parfaite : géométrique et dynamique.
Dans un décor crépusculaire devenu une forêt de troncs d’arbre, DeKeersmaeker scrute le sentiment amoureux à travers l’errance d’un couple démultiplié en autant d’images et de séquences de lui même entre attraction et répulsion.
Sur scène, les couples se succèdent ou se rejoignent. Comme souvent dans l’écriture de la chorégraphe, un mouvement à l’unisson exacerbe l’intensité du geste. Le vocabulaire fluide, jamais narratif, s’inspire entre autres des sculptures de Rodin dont l’élan immobile, volcanique, transfigure la tension des corps ou leur rapprochement.
Un triptyque de choc où entre féminin et masculin, prosaïsme et lyrisme, Anne Teresa De Keersmaeker signe une fois encore, une soirée mémorable. Bravo.
Date : Lundi 12 avril 2021 sur la Chaîne Mezzo Live à 21h00 Chorégraphe : Anne Teresa De Keersmaeker
Chez le véto, Histoires d’hommes et d’animaux (Favre)
Béatrice Guelpa est journaliste à Genève. Dans son dernier livre, Chez le véto, elle nous relate son expérience en immersion dans un cabinet vétérinaire. Plus exactement dans la salle d’attente d’un vétérinaire, en Suisse. C’est à la fois drôle et émouvant.
Les bêtes bien sûr !
Bien sûr, le véto est là pour soigner les bêtes, toutes sortes de bêtes. Beaucoup de chats et de chiens, de toutes tailles, mais pas seulement. L’auteure y a aussi rencontré des tortues, des oiseaux, toutes sortes d’oiseaux, même des perroquets, des poissons, des hérissons…
Bref, des animaux en souffrance amenés par leurs maîtres qui souffrent encore plus que leurs bêtes. Et qui, du coup, parlent dans la salle d’attente. Ils racontent des anecdotes. Ils se racontent.
Les hommes aussi
Ces personnes ont tous un point commun : ils aiment leurs bêtes et sont prêts à tout pour les soulager. Ils ont tous besoin de se raconter, de se confier. Besoin d’écoute et sans doute d’amour. Car leurs bêtes leur donnent de l’affection, de la tendresse et même de l’amour. Le stress est là. Il faut tout faire pour ne pas perdre leur animal…
Sacrée expérience
On imagine aisément l’auteure, Béatrice Guelpa, se faire toute petite dans la salle d’attente, pour observer les gens, de la même façon qu’elle le ferait à une terrasse de café. Elle scrute et note tout dans un coin de sa tête ! Comme une gardienne d’immeuble ! Car des histoires, elle va en entendre de nombreuses. Des insolites, des rigolotes, des tristes… Des histoires qui, au final, nous ressemblent !
Chez le véto, Histoires d’hommes et d’animaux raconte la vie, tout simplement ! Un chouette livre qui nous sort de notre quotidien et nous apprend à découvrir le monde animal sous un autre jour !
La question de l’orientation sexuelle a beau être partout dans les médias et dans notre société, ce n’est pas si simple lorsque cela concerne non plus un autre mais soi-même. Le jeune héros de Hugo est gay ne sait d’abord pas ce qu’il est, il n’a pour s’aiguiller que le regard des autres, miroir forcément déformant et difficile à décrypter sans se prendre méchamment la tête quand on est un adolescent de 14 ans. Le ton de la BD se veut plutôt léger pour aborder une question qui n’a pas de réponse toute faite et tourne en boucle dans un cerveau encore en construction. Pas de prosélytisme ni de cours magistral pour un très bon moment de lecture.
La toujours difficile découverte de soi
La BD Hugo est gay met les pieds dans le plat dès les premières pages, sans vulgarité ni raccourcis, le héros se questionne sur la possibilité de son homosexualité et se donne le temps de la réflexion le temps d’en savoir plus. Il réfléchit et se fait des films, ce qui ne se fait pas sans humour. Son recul sur les élèves de son âge obsédés par les filles et le football, son succès amical auprès des filles touchées par son côté féminin, son frère toujours lourd, ses lectures pour parfaire sa connaissance du sujet, la BD ne cache rien et dévoile l’intimité d’un jeune homme déboussolé par ses penchants. Au fur et à mesure que les pages se déroulent, il gagne en assurance, le ton reste toujours plutôt léger même si les références à l’homophobie et à l’interdiction historique de l’homosexualité montrent bien la complexité du sujet, surtout pour un jeune désemparé par tout ce qu’il peut voir et entendre. L’auteur de la BD imagine la rencontre du héros avec un jeune homme de 2021, pour bien montrer l’évolution du regard de la société sur la question gay, sans cacher les résistances toujours vivaces auprès de certaines franges réfractaires de la population. La BD fait un point salutaire sur les question LGBT en confrontant l’évolution des mentalités, au moins en France. Le dessin se veut réaliste avec des bulles à la belle clarté et un scénario qui vogue de la question initiale jusqu’à l’affirmation en passant par le coming out. De quoi parler à beaucoup, faire sourire souvent, et pas besoin d’être gay pour pouvoir s’identifier à cette BD d’apprentissage aussi rafraichissante que sincère.
Hugo est gay est un moment de lecture aussi divertissant qu’enrichissant pour découvrir un héros aussi lambda que n’importe qui et enclin à se cogner au mur de la réalité jusqu’à trouver son propre chemin.
Synopsis: Hugo, un collégien du début des années 2000, se sent différent des autres garçons de son âge. En fait, il se demande même s’il ne serait pas homo… Mais comment en être sûr ? De quelles ressources un jeune de 14 ans qui grandit à la fin du 20e siècle dispose-t-il pour trouver la réponse à ses questions ? Vers qui se tourner ? Il est en proie aux doutes, et son environnement ne semble pas tout à fait prêt à accepter sa spécificité. Alors quand Augustin, 14 ans lui aussi, débarque dans sa vie, tout droit arrivé de 2021, c’est le choc. Les deux adolescents comparent leurs vies respectives, et c’est Augustin qui rassure Hugo et l’aide à comprendre son orientation sexuelle. Petit à petit, à grand renfort de recherches, d’expériences et surtout de discussions avec son nouvel ami du futur, Hugo va parvenir à s’accepter tel qu’il est. Augustin lui fera ainsi découvrir la conception de l’homosexualité qui sera celle des années à venir… En attendant, Hugo doit traverser des étapes délicates : son coming-out auprès de ses parents, ses premiers émois amoureux, des tentatives de « guérison ». Il réalisera également qu’Augustin, en 2021, n’échappe pas non plus complétement à ces questionnements et difficultés, en dépit des progrès majeurs effectués en termes de droits LGBT.
La révolution industrielle, l’Histoire de France en BD (Casterman)
Votre enfant est passionné d’Histoire de France ? Alors cette collection, l’Histoire de France en BD, éditée par Casterman, est faite pour lui. Après Charlemagne, Ma première Histoire de France, La Première Guerre Mondiale, voilà La révolution industrielle, la dernière BD de cette série qui sort aujourd’hui même !
Le XIX siècle est un siècle très riche et en plein développement. Et surtout en pleine transformation. La révolution industrielle change la vie de tous !
Les gens quittent la campagne pour aller en ville, chercher du travail, travailler dans les usines. Sur de belles machines toutes neuves ! La machine à vapeur semble relever du miracle ! La métallurgie se développe à vive allure ! Le chemin de fer naît ! Et pour faire marcher toutes ces nouvelles machines, il faut extraire du charbon. Et les conditions de travail sont bien difficiles.
L’électricité arrive dans les foyers ! Puis le téléphone, la TSF, la photographie, le vélo, l’automobile, l’avion… Que de progrès pour améliorer la condition humaine !
Dominique Joly, l’autrice, est historienne. Elle sait captiver l’attention des jeunes lecteurs pour découvrir cette période incroyable de notre Histoire ! Avec de très beaux dessins de Bruno Heitz.
La révolution industrielle, une BD intelligente, à offrir à tous nos jeunes, dès l’âge de 8 ans.
Voilà un vin rosé qui fait plaisir à déguster, ce Château Sainte-Colombe sent bon le Languedoc, le sud de la France et le travail bien fait. Le temps des terrasses ombragées approche, de quoi se préparer à de belles dégustations, toujours avec modération.
Vivement le soleil de l’été
Ce sont des vendanges réalisées à la fraîche qui permettent de récolter le raisin. Après un pressurage direct et un débourbage statique à 10°C, la stabulation des bourbes est réalisée à froid pour laisser s’épanouir les arômes, avant de les filtrer pour les réintégrer au moût en fermentation. Le vin se compose de 50% de Grenache noir, 30% de Carignan et 20% de Cinsault. A l’œil, la robe apparait rose pâle et lumineuse. Le nez est assez intense avec des touches de petits fruits rouges (fraise-framboise) et de fruits exotiques (ananas) ainsi qu’un épicé poivre blanc. La bouche est vive, croquante et fraîche, longue sur les agrumes citron-pamplemousse, saline en finale. Ce vin accompagne parfaitement des asperges vertes, du saumon mariné, des crevettes, des sushis, une sole au citron, une tarte aux légumes du soleil, un chèvre sec ou un reblochon. Le vin est distribué en vente directe et en GMS régionale pour un prix TTC départ cave de 9,00 euros. De quoi profiter au mieux du soleil.
Publireportage: Crée en 1921, la cave regroupe 4 villages ; Cascastel, Fraïsse, St Jean de Barrou et Villesèque des Corbières-, dans le massif des Hautes Corbières et du Haut Fitou, à vingt kilomètres de la Méditerranée. Les spécialités pour les vins rouges : Carignan, Grenache noir – dont la grande majorité en vieilles vignes de plus de 50 ans – et Syrah ; Merlot pour la production d’IGP Vallée du Paradis rouge associé aux cépages traditionnels afin de leur donner un caractère spécifique. Pour les vins rosés: Cinsault et Grenache gris – également utilisé pour le Rivesaltes, dont les plus vieux datent de 1905. Pour les vins blancs: Grenache blanc, Macabeu, Marsanne et Roussanne. Pour le Muscat de Rivesaltes : Muscat d’Alexandrie et Muscat à Petits Grains.
Une jeune fille doute de la continuité de ses études et préfère rentrer se ressourcer dans le cocon familial alors qu’une de ses sœurs est au centre d’un questionnement existentiel, revenir chez sa mère naturelle ou rester dans cette famille d’accueil pas comme les autres qui n’hésite pas à accueillir des enfants et à leur donner de l’amour. La BD décortique le système des familles d’accueils volontaires en Belgique, dans ses avantages mais aussi ses inévitables impasses avec une belle démonstration de sentiments vrais et sincères, donc compliqués.
Une BD au réalisme doux-amer
L’auteure Tiffanie Vande Ghinste puise dans son expérience personnelle de sœur d’accueil pour raconter une histoire intimiste empreinte d’émotion et montrer la vie réelle de familles d’accueil où chaque cas est forcément différent. Car la bonne volonté et les efforts continus ne suffisent pas à toujours à pallier aux carences affectives et aux nombreuses fêlures psychologiques engendrées par les carences familiales historiques. Les enfants abandonnés sont pris en charge en Belgique par des familles d’accueil qui rivalisent d’attention et de prévention pour participer à la reconstruction de petits esprits abimés. L’histoire de Déracinée touche au cœur avec ses 2 parents qui se remettent constamment en cause pour ne pas faire dévier le navire de leurs efforts continuels dans le but d’apporter le soutien de tous les enfants escompté par les naufragés. Face à un père au four et au moulin et une mère à l’amour d’abordant, les enfants naturels ou accueillis, forment une tribu où les différences n’empêchent pas la vie en communauté. La jeune Soledad est particulièrement fragile émotionnellement suite aux errements de sa mère biologique, elle continue à rechercher son amour, désespérément. Le récit raconte également la difficulté du système pour gérer aux mieux des situations forcément compliquées, combien même le dévouement des familles, comme dans l’exemple de la famille de l’héroïne. Les 128 pages abordent différents sujets, avec art et didactisme, parfois aussi un peu de caricature, car même loin de la perfection, les agents du système n’ont pas des yeux traversant les murs pour savoir ce qui se passe dans les maisons, craignant d’identifier des abus et des situations de crise, même quand il n’y en a pas, hélas. Le dessin navigue entre réalisme et fantasmagorie, au cœur d’une nature luxuriante où se trouve juchée la maison assez inédite de cette famille, contribuant à son caractère unique.
Déracinée est une proposition de thèse à charge en faveur de tous ceux qui se débrouillent avec les moyens du bord pour dispenser de l’amour à ceux qui en ont besoin. Le récit doux amer n’en rajoute pas dans le pathos et trouve l’exacte mesure pour raconter une histoire aussi réaliste que touchante.
Synopsis: Bruxelles, 2012. Billie reçoit un appel de sa mère l’informant que la juge aux familles a décidé de rendre Soledad, sa sœur d’accueil, à sa mère biologique. Pour la famille, c’est tout à la fois un désaveu cinglant et surtout un drame car ils craignent pour la stabilité émotionnelle de Soledad. Sans hésitation aucune, la jeune femme abandonne la capitale belge et ses études de médecine pour revenir au sein du cocon familial, au beau milieu de la forêt, retrouver ses parents et ses 4 autres frères et sœurs. Son retour auprès de sa « tribu » sera bientôt suivi par celui de Soledad, déçue et traumatisée – une fois de plus – par le rejet de sa mère biologique. Si cette famille originale ne manque ni de charme ni de solidarité, ni d’originalité, chacun de ses membres se retrouve face à ses propres difficultés, que ce soit pour définir des choix de vie, pour se trouver une profession, ou pour continuer à croire en son rôle de parent d’accueil face aux aberrations d’une administration bornée… Car le mal-être de Soledad, jeune adolescente tourmentée, se trouve amplifié par les événements récents, avec un sentiment d’abandon décuplé et l’impression de n’avoir sa place nulle part, pas même dans sa famille d’accueil. Autour d’elle, la tribu tente de faire front et de l’apaiser. Mais c’est sans compter sur l’obstination et l’aveuglement d’un trio d’assistantes sociales au rôle de quasi sorcières maléfiques… S’inspirant de son expérience en tant que sœur d’accueil, Tiffanie Vande Ghinste livre ici un récit intimiste empreint d’émotion et de poésie sur le quotidien des familles d’accueil, marqué autant par les défis à relever que par la richesse des relations et l’intensité des moments de joie…
L’homme qui tua Nobunaga, tomes 1 & 2 : un manga de Kenzaburo Akechi et Yutaka Todo (Delcourt/Tonkam)
Récit historique qui nous emmène au coeur du XVIe siècle au Japon, L’homme qui tua Nobunaga retrace l’histoire du seigneur de guerre craint de tous Oda Nobunaga dont le destin a croisé la route d’un certain Yasuke, ancien esclave et premier samurai noir qui parvint à gagner l’amitié et les faveurs de Nobunaga.
L’art de la guerre et le code des samurais est au coeur de L’homme qui tua Nobunaga. Un scénario épique qui jongle avec les époques, les personnages et les lieux pour mieux mettre en perspective le funeste sort de Nobunaga. Le lecteur peut parfois se trouver en perte de repère et éprouver quelques difficultés à suivre la multiplicité des pistes proposées. Mais le sujet demeure suffisamment intéressant pour pousser à l’effort et poursuivre cette aventure historique.
Ces deux premiers tomes sont donc riches de protagonistes et d’intrigues. La suite promet d’être dense !
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Ce manga tente de résoudre l’énigme la plus marquante de l’histoire du Japon, l’assassinat d’Oda Nobunaga, il y a 431 ans. Découvrez son incroyable amitié avec Yasuke, un esclave noir devenu le 1er samurai non japonais.
Plongez au coeur des derniers mois d’Oda Nobunaga, éminent seigneur de guerre ayant unifié le Japon au XVIe siècle. Laissez-vous porter par l’amitié qui le liait à Yasuke, le tout premier samouraï noir, et découvrez l’histoire qui mena à son assassinat lors de l’incident de Honnôji. Après plusieurs siècles, le voile est enfin levé sur les mystères qui planaient sur cet événement historique.
Date de parution : le 3 février 2021 Auteurs: Kenzaburo Akechi (Scénario), Yutaka Todo (Dessin) Genre : historique, samurai
La déchéance d’un homme, manga de Junji Itô (Delcourt/Tonkam)
Le mangaka Junji Itô est de retour avec une adaptation de l’oeuvre de Osamu Dazai sous le titre La Déchéance d’un homme. Le premier tome du manga (qui doit en compter trois), nous plonge dans l’intimité d’un jeune homme torturé, qui vit très mal le jugement d’autrui, et plus particulièrement le regard de sa famille sur sa personne. Il décide alors d’emprunter des airs de clown pour divertir les siens à toute heure. Il devient celui dont on rit et dont on attend de rire.
Un semblant d’humour qui cache une profonde détresse, un abîme à glacer le sang. La noirceur du personnage dérange dans une atmosphère particulièrement malsaine. De quoi être amplement décontenancé à la lecture de ce premier épisode !
La Déchéance d’un homme heurte et questionne sous des airs inquiétants, ce que Junji Itô sait mettre en scène plus que quiconque. Âme sensible s’abstenir.
Extrait de la BD :
Résumé de l’éditeur :
Ce manga est l’adaptation d’un des romans les plus célèbres de la littérature japonaise contemporaine. Il est publié en France chez Gallimard depuis 1962. Yôzô Ôba souffre énormément du regard que les autres portent sur lui et ne comprend pas le bonheur de son entourage. La solution qu’il finit par trouver pour s’en guérir : se transformer en bouffon. C’est ainsi que s’écoulent ses jours, à se vouer à ce rôle de clown empli de souffrance. « Extérieurement, le sourire ne me quittait pas intérrieurement, en revanche, c’était le désespoir. »
Date de parution : le 17 mars 2021 Auteurs: Junji Itô (Scénario, Dessin), d’après une oeuvre d’Osamu Dazai Genre : roman, horreur, drame
The Exception est un thriller psychologique danois mettant en parallèle de manière hardie les tensions entre 4 personnages féminins et le concept de Psychologie du mal. Le réalisateur danois Jesper W. Nielsen truffe son intrigue de renvois aux crimes contre l’humanité comme autant de pistes de réflexion sur l’humain et sa capacité à faire le mal. Le trouble nait au fur et à mesure que les évènements s’accélèrent, jusqu’au drame final. Parti sur une peinture de société lambda, le film s’élève, et le spectateur avec lui.
Un thriller à ne pas manquer
Le film est accompagné d’un slogan à l’ambiguïté immédiate. Si vous aimez vos collègues, chérissez-les, tout le monde n’a pas cette chance. Comme si chérir ses collègues étaient la garantie d’une vie professionnelle épanouie… ou peut-être est-ce comme un avertissement prémonitoire. Cette adaptation du best-seller de Christian Jungersen n’est pas sans rappeler l’ambiance délétère de la saga Millenium, avec une bonne ambiance paranoïaque. Le mal est partout et peut surgir à tout instant. Une ONG danoise sert de cadre au film avec 4 documentalistes entre lesquelles les liens d’amitié et d’inimité instillent une tension constante et croissante. Alors que leur travail consiste à enquêter sur les génocides et les crimes contre l’humanité, la nouvelle venue Anne-Lise (toujours impeccable Sidse Babette-Knudsen vue notamment dans la série Borgen) se trouve mise à l’écart par ses 3 collègues, jusqu’à faire naitre le doute dans l’esprit du spectateur sur sa santé mentale. D’autant que les apartés sur un ouvrage en construction intitulé Psychologie du mal évoquent les ressorts psychologiques des bourreaux en périodes de guerres er de conflits. Anne-Lise se sent harcelée, presque torturée psychologiquement par ses collègues. Ce ressenti fait naitre un climat oppressant, surtout que des criminels de guerre en fuite apparaissent au fur et à mesure de l’intrigue, comme des rappels sur la proximité de l’horrible et de la normalité la plus lambda. Et comme des menaces de mort sont envoyées par un mystérieux expéditeur, la tension ne retombe jamais. L’engrenage est lancé et les révélations sur les 4 héroïnes concourent à complexifier encore un peu plus un film qui ne perd jamais en attrait. Les zones d’ombre se multiplient et brouillent toujours un peu plus les repères, enfonçant le spectateur dans un stress haletant jusqu’au dénouement… très ouvert, qui ne résout pas tout.
Paranoia et ambiguïté sont les piliers de ce thriller qui tente d’appliquer à un contexte ordinaire les ressorts de crimes normalement appliqués à des conflits de plus grande envergure. Le quotidien devient étouffant, complètement anxiogène, dans un film qui atteint son but, troubler le spectateur et le faire réfléchir sur la banalité du mal.
Synopsis: Anne-Lise rejoint, en tant que documentaliste, une petite ONG danoise travaillant sur les génocides. Remarques mesquines, mise à l’écart… Dès le départ, elle fait face à un front glacial instauré par trois employées. Le harcèlement subi par Anne-Lise vire au cauchemar lorsque ses collègues reçoivent des menaces de mort par e-mail. Les quatre femmes soupçonnent un criminel de guerre serbe dénoncé dans le cadre de leurs recherches, mais dans un climat de suspicion de plus en plus oppressant, elles en viennent bientôt à penser que la menace pourrait bien venir de l’intérieur…
Les domaines du ClubVignobles&Signatures sont des habitués de Publik’Art avec des dégustations récurrentes et toujours de qualité (dégustation de décembre 2020 et dégustation de juillet 2020). Le club propose deux nouvelles cuvées à déguster pour de belles découvertes, le Château Haut Selve Réserve 2018 Graves rouge de la Famille Lesgourgues et le Domaine de l’Hortus Grande Cuvée blanc 2019 IGP Val de Montferrand de la Famille Orliac.
Le Château Haut Selve Réserve 2018 Graves rouge de la Famille Lesgourgues
La famille Lesgourgues propose un large choix de cuvées, avec du Bas Armagnac, du Bordeaux, du Graves et du Madiran dans ses 240 hectares de vignes. Le Château Haut Selve Réserve 2018 Graves rouge se compose de 75% de Cabernet Sauvignon et de 25% de Merlot. A l’œil, la couleur est rouge grenat sombre. Le nez est complexe avec des arômes de fruits rouges et noirs, des notes épicées et mentholées, tout en fraicheur. Le boisé est présent mais subtil. En bouche, le côté mûr des Cabernets Sauvignon ressort clairement. C’est dense, serré, centré. La finale est longue sur une aromatique florale typique des grands terroirs de Graves avec quelques notes de violette. Avec des tannins bien enrobés, l’ensemble est aussi puissant que velouté. Le vin accompagne idéalement un carré d’agneau aux herbes, une côte de bœuf, un confit de canard et du brie. Un vin racé avec une forte identité proposé au tarif de 26 euros.
Cette cuvée existe sur les deux couleurs rouge et blanc, elle provient des plus beaux terroirs de la propriété. Il s’agît de parcelles dont les sols sont drainants et profonds afin que la plante ne souffre pas de la sécheresse estivale. Cela se traduit par l’obtention d’une maturité très homogène avec des baies offrant un excellent équilibre entre qualité des tanins, acidité et arômes. Cet équilibre permet un travail plus poussé sur le raisin (macération longue) et sur le vin (élevage long en fûts). Le vin se compose de 60% de Chardonnay, 20% de Viognier, 10% de Sauvignon Gris et 10% de Petit Manseng. A la dégustation, le nez est gourmand, riche et complexe sur des arômes de fruits à coque, d’abricot, de beurre et de genêt. L’attaque est ronde, sur des arômes d’abricot et de mangue, évoluant sur des notes exotiques et une finale plus minérale, légèrement citronnée. On note un bel équilibre entre onctuosité et fraicheur. Le vin est fin, élégant, à la forte personnalité. Il se déguste plus particulièrement avec un tajine de poisson, un risotto aux champignons et des encornets farcis. Levin est proposé à 24,15 euros et peut se garder 5 à 7 ans.
Les éditions L’Harmattan publient le livre d’Hugues Dufour intitulé Le langage intégral, sous-titré Théorie esthétique des nouvelles technologies. L’ouvrage se veut novateur, à la fois art poétique et traité esthétique traitant des interactions entre les langages artistiques et technologiques. La lecture demande une bonne concentration pour saisir tous les concepts qui sont évoqués. Lecture ardue mais passionnante, qui demande au lecteur de rester en alerte pour ne pas tout prendre pour argent comptant et exercer son esprit critique en permanence.
Une lecture érudite
Hugues Dufour est un sérieux client. Diplômé de physique et du Conservatoire et de l’École nationale des jeux et multimédias interactifs et numériques, il a travaillé dans l’industrie du jeu vidéo comme concepteur, musicien et scénariste. Il évoque dans son ouvrage les mille et une subtilités des langages, alphabétiques, numériques ou artistiques à travers les âges. Voir défiler les concepts tout le long des pages demande de conserver toute sa clarté et de ne pas se laisser submerger sous peine de passer à côté de finesses difficilement discernables a priori. L’ouvrage débute sur une théorie du langage total à travers le prisme du langage musical wagnérien, une introduction parfaite pour ne pas succomber de suite à la difficulté du sujet. Pour les fanatiques du Nibelungen, c’est un régal. Cette évolution décisive du langage opératique mélangeait musique, danse et mythes ancestraux, de quoi faire avancer le concept d’Opéra. Les références aux nouvelles technologies montrent bien que le langage n’est jamais in concept finalisé et qu’il se construit, encore et encore, dans une période actuelle où le champ des possibles est vertigineux. Quand l’auteur évoque la célèbre phrase de Magritte Ceci n’est pas une pipe, l’auteur évoque le paradoxe intrinsèque de la citation, alors que le tableau montre clairement le dessin d’une pipe. L’absence de référence à la phrase de Breton et Eluard publiée dans un article du numéro de décembre 1929 de la revue La Révolution surréaliste intitulé Notes sur la poésie où les deux auteurs inventent cette définition percutante La poésie est une pipe, à l’origine de la citation de Magritte, est paradoxale et souligne l’importance de rester en action à travers les pages d’un ouvrage qui sollicite la curiosité autant que l’intellectualité. L’auteur multiplie les analyses tout azimut passionnantes et exige que le lecteur exerce son avis critique pour un travail en temps réel sur le texte et les concepts traités. Le ping pong entre concepts de langage et art est constant et la lecture, même ardue, recèle une satisfaction intrinsèque au fil des pages.
Le langage intégral est une thèse qui force le respect par son ambition totale, intégrale, d’évoquer tous les langages. Tentative non point simple mais qui fait activer les synapses tout au long de la lecture pour un travail intellectuel digne de ce nom.
Synopsis: Comment les nouvelles technologies peuvent-elles inspirer les artistes d’aujourd’hui ? Il ne s’agit pas seulement de créer sur de nouveaux supports, mais de comprendre l’essence des technologies numériques, pour s’en inspirer et bousculer les catégories de ce que nous appelons encore art. C’est l’analyse des relations qui existent entre différents langages qui mettra en évidence une nouvelle manière de mêler réel et imaginaire. Jusqu’à présent, nous n’avons considéré que la fusion des langages dans l’opéra, le cinéma ou la chanson. Si elle promet d’élargir le champ expressif, elle montre aussi ses limites. Il nous faut donc imaginer son opposé, la fission des langages : la confrontation expressive des langages artistiques et technologiques devrait être au coeur d’une révolution culturelle encore à venir. Les chemins esthétiques qui y mènent restent à défricher. En étudiant les modalités qui intensifient les langages, une théorie esthétique générale et prospective se dessine.
Céleste et Marcel, un amour de Proust (Editions du Rocher)
Jocelyne Sauvard est depuis toujours passionnée par Marcel Proust. Presque hantée ! Alors, ce roman, Céleste et Marcel, n’est qu’une évidence pour elle !
Un personnage sorti de l’ombre
Personne ne connaît encore Céleste. Son mari est le chauffeur de taxi qui s’occupe régulièrement de Marcel Proust. A 27 ans, Céleste entre au service de l’écrivain. Elle devient sa servante. Mais certes, pas une servante ordinaire car Proust n’est pas un homme ordinaire.
Proust malade
C’est déjà un homme malade, avec de sérieux problèmes pulmonaires. Il a une vie décalée. Sans horaires. Du coup, Céleste le suit, nuit et jour. Elle est toujours là quand il a besoin d’elle, à n’importe quelle heure. Elle lui est entièrement dévouée.
Peu à peu, elle va prendre la place de sa secrétaire. Il lui dicte ses écrits, s’occupe de ses notes, vérifie ses informations. Elle veille sur lui dans tous les domaines. Il lui raconte ses nuits folles, ses liens avec ses amis, les ragots du monde extérieur… Il lui dit tout ! Marcel est encore jeune, 47 ans, mais il se sait condamné. C’est une course contre la montre car il n’a pas fini son écriture. Ni La Recherche, ni Robert et le chevreau ne sont finis. Il doit terminer ses œuvres… Et sans Céleste, il ne peut y arriver.
Sale période
Et dehors, c’est la guerre. On est en 1918. Les Allemands bombardent Paris. Céleste s’inquiète chaque nuit de voir disparaître Proust. Dans quel état va-t-il revenir ? Tant de dangers le guettent à l’extérieur. Sans oublier la grippe espagnole qui fait des ravages. Et les nuits folles avec le Tout Paris. Proust finit toujours par rentrer mais dans quel état ?
Ce n’est pas grave, l’important est qu’il rentre. Céleste fera tout pour lui. Elle est entièrement à son écoute . Leur relation est complètement platonique mais Proust ne s’est jamais confié qu’à elle. Une femme dans l’ombre mais pas pour Proust. Une femme qui lui entièrement dévouée, qui répondait nuit et jour à ses demandes. Sans rien attendre au retour. Elle disait recevoir tellement de ce génie qu’il emplissait sa vie…
Un amour de Céleste ? Dix ans auprès de Marcel, et plus d’un demi-siècle pour ne pas s’en consoler. Un amour si fort qu’il embrasera sa vie jusqu’à la fin. P.260
Jocelyne Sauvard rend un bel hommage à cette femme, Céleste Albaret sans qui Proust n’aurait pas été Proust. Et surtout Proust n’aurait pas réussi à finir seul son œuvre. Céleste et Marcel, une belle histoire d’amour, assurément !