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Les nommés de la 28e nuit des Molières sur France 2, le 23 mai 2016, ont été dévoilés

Les nommés de la 28 è nuit des Molières ont été dévoilés

Les nommés de la 28e nuit des Molières sur France 2, le 23 mai 2016, ont été dévoilés

les Molières, sous l’égide du président de l’association, Jean-Marc Dumontet, conservent leur format d’origine avec la captation en direct d’une pièce de théâtre en début de soirée dont le titre n’a pas été révélé lors de la conférence de presse afin de maintenir le suspens, et qui sera suivie de la remise en léger différé des prix à partir de 22h30.

Cette 28e cérémonie, enregistrée depuis le théâtre des Folies-Bergère, sera présentée par Alex Lutz qui succède à Nicolas Bedos. Avec pour défi créatif et humoristique de conforter le succès rencontré grâce à une prestation décomplexée qui avait renouvelé le genre, tout en fêtant et en honorant la grande fête du théâtre et de la culture promue par France 2, dédiée à ceux qui la créent et qui la font.

Dix-neuf Molières seront décernés, récompensant Théâtre public et Théâtre privé, avec l’entrée de deux nouvelles catégories : le Jeune Public et le One Man/Woman Show, étant précisé que cette année, l’ensemble de l’Académie établira les nominations, puis le palmarès.

Les nominations 2016 ont été ensuite dévoilées et nous vous invitons à retrouver grâce aux liens les spectacles chroniqués sur Publik’Art.

Dans la catégorie des prix d’interprétation dans un spectacle du théâtre public, sont nommés les deux comédiens qui ont marqué cette saison : Isabelle Huppert pour sa mise à nu vertigineuse dans Phèdre(s), mise en scène par Krzyszto Warlikowski, actuellement à l’Odéon, et Charles Berling à la présence insondable dans Vu du pont d’Arthur Miller, nommé également dans la catégorie Molière du Théâtre public qui s’est joué à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, mise en scène par Ivo Van Hove.

Molières 2016 – les nominations

Molière du Théâtre Privé
Fleur de Cactus de Pierre Barillet et Jean-Pierre Gredy
Les Cavaliers d’après Joseph Kessel
L’être ou pas de Jean-Claude Grumberg
Qui a peur de Virginia Woolf ? de Edward Albee

Molière du Théâtre Public
20 000 lieues sous les mers d’après Jules Verne, Théâtre du Vieux Colombier
Ca ira (1) fin de Louis de et mise en scène Joël Pommerat, Théâtre Nanterre-Amandiers
Lucrèce Borgia de Victor Hugo, La Comédie Française
Vu du pont d’Arthur Miller, Odéon -Théâtre de l’Europe

Molière du Comédien dans un spectacle de Théâtre public
Charles Berling dans Vu du pont d’Arthur Miller
Christian Hecq dans 20 000 lieues sous les Mers d’après Jules Verne
Denis Lavant dans les Fourberies de Scapin de Molière
François Marthouret dans les affaires sont les affaires d’Octave Mirbeau
Michel Vuillermoz dans Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand

Molière du Comédien dans un spectacle de Théâtre privé
Michel Aumont dans le Roi Lear de William Shakespeare
Michel Bouquet dans A tort et à raison de Ronald Harwood
Michel Fau dans Fleur de Cactus de Pierre Barillet et Jean-Pierre Gredy
Wladimir Yordanoff dans Qui a peur de Virginia Woolf ? de Edward Albee

Molière de la Comédienne dans un spectacle de Théâtre public
Catherine Hiegel dans le retour du désert de Bernard-Marie Koltès
Dominique Blanc dans les Liaisons Dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos
Francine Bergé dans Bettencourt Boulevard ou une histoire de France de Michel Vinaver
Isabelle Huppert dans Phèdre(s) d’après Wadji Mouawad, Sarah Kane et J.M Coetzee

Molière de la Comédienne dans un spectacle de Théâtre privé
Catherine Frot dans Fleur de Cactus  Pierre Barillet et Jean-Pierre Gredy
Dominique Valadié dans Qui a peur de Virginia Woolf ? de Edward Albee
Léa Drucker dans un Amour qui ne finit pas d’André Roussin
Muriel Robin dans Momo de Sébastien Thiéry

Molière du Comédien dans un second rôle
Didier Brice dans A tort ou à raison de Ronald Harwood
Jean-Michel Dupuis dans le Mensonge de Florian Zeller
Pierre-François Garel dans Qui a peur de Virginia Woolf ? d’Edward Albee
Sébastien Thiéry dans Momo de Sébastien Thiéry
Thierry Lopez dans Avanti ! de Samuel Taylor

Molière de la Comédienne dans un second rôle
Anne Bouvier dans le Roi Lear de William Shakespeare
Béatrice Agenin dans un certain Charles Spencer Chaplin de Daniel Colas
Michèle Garcia dans La Dame Blanche de Sébastien Azzopardi et Sacha Danino
Raphaéline Goupilleau dans la Médiation de Chloé Lambert

Molière de l’Auteur francophone vivant
Jean-Claude Grumberg pour l’Etre ou pas
Joël Pommerat pour Ca ira (1) fin de Louis
Léonore Confino pour le poisson Belge
Michel Vinaver pour Bettencourt Boulevard ou Une Histoire de France
Sébastien Thiéry pour Momo

Molière du Metteur en scène de Théâtre public
Christian Hecq/Valérie Lesort pour 20 000 lieues sous les Mers de Jules Verne
Eric Ruf pour Roméo et Juliette de William Shakespeare
Ivo Van Hove pour Vu du pont d’Arthur Miller
Joël Pommerat pour Ca ira (1) Fin de Louis

Molière du Metteur en scène de Théâtre privé
Alain Françon pour Qui a peur de Virginia Woolf ? de Edward Albee
Eric Bouvron/Anne Bourgeois pour les Cavaliers d’après Joseph Kessel
Michel Fau pour Fleur de Cactus de Pierre Barillet et Jean-Pierre Gredy
Sébastien Azzopardi  pour La Dame Blanche de Sébastien Azzopardi

Molière de la Révélation féminine
André Bescond dans les Chatouilles de Andrea Bescond
Géraldine Martineau dans le poisson Belge
Mathilde Bisson dans Fleur de Cactus de Pierre Barillet et Jean-Pierre Gredy
Ophélia Kolb  dans La Méditation de Chloé Lambert

Molière de la Révélation masculine
Alexis Moncorgé dans Amok de Stefan Zweig
Julien Dereims dans Libres sont les papillons de Léonard Gershe
Nicolas Martinez dans Ca n’arrive pas qu’aux autres de Nicolas Martinez et Benoît Moret
Thierry Lopez dans Avanti ! de Samuel Taylor

Molière de la Comédie
Fleur de Cactus
Les Faux British 
Maris et Femmes
Momo

Molière de la Création Visuelle
20 000 lieues sous les mers
Fleur de Cactus
La Dame Blanche
Un certain Charles Spencer Chaplin

Molière du Spectacle Musical
Cats
Irma la douce
Kiki de Montparnasse
Les Fiancés de Loche

Molière de l’Humour
Alex Lutz
Laurent Gerra
Sophia Aram
Stéphane Guillon
Valérie Lemercier

Molière du Jeune Public
Aladin
La petite fille aux allumettes
Pinocchio
Raiponce et le Prince Aventurier

Molière du Seul/e en Scène
Ancien malade des Hôpitaux de Paris de Daniel Pennac
Les Chatouilles d’Andrea Bescond 
Maligne de Noémie Caillaut 
Une vie sur mesure de Cédric Chapuis

Quand on a 17 ans, le film touchant mais trop pudique d’André Téchiné

Quand on a 17 ans Photo © Corentin Fila, Sandrine Kiberlain
Quand on a 17 ans Photo © Corentin Fila, Sandrine Kiberlain

Quand on a 17 ans, le film touchant mais trop pudique d’André Téchiné

André Téchiné aime cueillir les premiers émois à la fin de l’adolescence. Ce moment où, pas encore adulte mais déjà plus un enfant, on tâtonne vers sa sexualité. Dans son nouveau film, Quand on a 17 ans, il nous plonge (à nouveau) dans cette période pleine d’hésitations et de fausses assurances où chacun joue avec les apparences.

Kacey Mottet Klein et Corentin Fila, qui a obtenu là son premier rôle, incarnent Damien et Tom, 2 adolescents qui, dans la même classe, préparent le bac. Damien est citadin alors que Tom vit dans la montagne d’où un interminable trajet pour aller en cours. La mère de Damien, interprétée par Sandrine Kiberlain, va proposer à Tom de le loger … contre l’avis de son fils.

Le conflit plutôt que les mots.

Entre eux, les deux garçons sont violents, agressifs. Ils se cherchent et se trouvent dans la bagarre. Leurs corps-à-corps est un exutoire, ils redeviennent des animaux qui tentent de se libérer de leurs pulsions, de leurs désirs. La douleur des coups est voulue et la lutte devient un langage. Que se disent-ils en se battant ? « On ne s’aime pas c’est tout » explique Damien. Non, ce n’est pas tout.

Le réalisateur a privilégié les corps et les gestes mais aussi les silences plutôt que le verbe. Pendant presque 2 heures, le silence nous en révèlera bien plus que les mots échangés, des mots anodins, superficiels. Un conseil : suivez les regards, les hommes, eux, ne sont pas bavards. Un mode d’expression plus subtil, plus doux, moins ‘rentre dedans’. C’est agréable un film sans verbiage mais on trépigne parfois d’impatience, on aimerait qu’ils se parlent pour pouvoir se comprendre plus vite !

Ca cause pourtant mais autour. Pas Tom. Peu Damien. La mère de ce dernier est loquace. Son père, pilote dans l’armée, aussi. Ils s’aiment d’ailleurs, assez niaisement, et forment une famille idéale jusqu’au cliché. Cliché que l’on trouve habituellement dans les films hollywoodiens pour faire rêver la ménagère ou bercer les jeunes de chimères. Ce ressort de la famille parfaite, trop lisse, est lassant. C’est trop, c’est dommage.

Jeunesse perdue

Autre marotte d’André Téchiné : la nature. Il n’élargit le champ de sa caméra que pour la filmer dans sa splendeur, imposante et immuable. La montagne est un bon modèle, en hiver comme en été, c’est une nature brute et difficile mais sublime. Un lac se glisse dans le paysage. Isolé et glacé, Tom y plonge nu. Une réminiscence ? … Les Roseaux sauvages du même réalisateur ! Oui, il y a avait un cours d’eau et des jeunes au déshabillé facile. Oui, il y avait une relation ambiguë entre un « intello » et un « gars de la campagne ». Mais la jeunesse n’est plus la même. Elle était libre et volubile dans son film de 1994. Rêveuse, audacieuse, enthousiaste. Aujourd’hui, elle apparait renfermée, abattue, égarée … Est-ce les temps qui ont changé ? Ou est-ce les gens ?

Côté bémol, à l’instar de Tom et Damien, le film est « sur ses gardes » : il manque de chaleur sentimentale. On voudrait aimer davantage les personnages mais il y a comme une distance. Quelque chose d’inachevé aussi qui nous laisse inassouvi. Comme si la caméra ne se permettait pas ou rarement d’en dévoiler trop sur leur intimité, sur leurs émotions. C’est un film pudique, trop peut-être. André Téchiné nous a déjà proposé plus savoureux mais cette histoire sans prétention est touchante.

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Quand on a 17 ansDamien, 17 ans, fils de militaire, vit avec sa mère médecin, pendant que son père est en mission. Au lycée, il est malmené par un garçon, Tom. La violence dont Damien et Tom font preuve l’un envers l’autre va évoluer quand la mère de Damien décide de recueillir Tom sous leur toit.

Sortie : le 30 mars 2016
Durée : 1h56
Réalisateur : André Téchiné
Avec : Kacey Mottet Klein, Corentin Fila, Sandrine Kiberlain
Genre : Drame

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Five, le retour du film de potes avec Pierre Niney

Five
Five : Photo François Civil, Idrissa Hanrot, Igor Gotesman, Margot Bancilhon, Pierre Niney © Studio Canal

Five, le retour du film de potes avec Pierre Niney

Five, soit cinq pour les doigts de la main qui se referment et s’unissent pour vous assener un joli uppercut dans les zygomatiques. Soit l’effet recherché, et plus qu’atteint par la bande à Pierre Niney dans ce premier long réalisé par Igor Gotesman. « Un vrai film de pote, comme une famille. Notre génération a été biberonné à ça avec les séries Friends, How I met your mother, ou Le péril jeune de Klapisch », s’exclame de manière fort enthousiaste Gotesman, lors de la dernière conférence de presse qu’accueillait le déjà regretté Jardins des Sens des frères Pourcel à MONTPELLIER.

Pour réussir celui-ci, le duo ne part pas de rien. En 2011, Gotesman a déjà ébauché ses persos dans un court métrage assez réussi. Mais c’est surtout avec le programme court Casting(s) que Niney et Gotesman vont peaufiner leur style, leur écriture et surtout leur humour. D’ailleurs ce premier long peu paraitre par moment comme un gigantesque patchwork de scènes délirantes s’enchevêtrant les unes aux autres. Effet vite dissipé quand on voit la qualité d’écriture globale dont est affublé le film.

Il n’y a d’ailleurs pas que l’écriture qui bénéficie d’un soin tout particulier malgré le fait que nous soyons dans un premier film. La photo est également particulièrement soignée. Les tous premiers plans magnifiques des îles de Thaïlande qui accompagnent la ravissante Margot Bancilhon donneront le la à la qualité graphique du reste. On retiendra le plan séquence hyper inventif de la vue subjective du chien traversant l’appartement de la bande. Immersif et simplement génial. Tout part d’ailleurs de cette colocation tant désirée par la bande de cinq, et offerte sur un plateau par Samuel, alias Pierre Niney, alias le seul fils de.

[U]n vrai film de pote puissant et décomplexé.

Mais, à force de jouer au faux-semblant avec papa en professant faire des études de médecine alors qu’il s’épanouie sur les planches de théâtre, Samuel finit par n’être fils de personne. Vivres coupés, le jeune homme se retrouve face à ses responsabilités, et surtout l’effondrement imminent de leurs rêves à tous : l’appart. Mais qui a dit que la jeunesse des beaux quartiers n’avait pas de ressources et d’idées ? Avec un peu d’huile de coude, de chance et surtout pas mal de marijuana, la bande se retrouve vite fait au centre d’une série d’embrouilles qui mettra à mal vos abdominaux.

A la qualité d’écriture, de photo et de bande son, on rajoutera le jeu des acteurs et leur comique de situation tout à fait communicatif. Pierre Niney, dont on avait déjà perçu le potentiel humoristique dans Comme des frères, récidive avec une gestuelle et des mimiques dont lui seul a le secret. Il confirme rôle après rôle qu’il sait tout jouer, et qu’on devra compter sur lui pour les décennies à venir. A ses côtés, la grande révélation du film, François Civil, parfait dans le rôle de Timothée, alias Tim, « un vrai procrastinateur » (dixit Civil himself), croisement grandement réussi entre un Orelsan dans Bloqués, et un lucky looser sorti de chez Apatow ou les frères Coen. Les autres rôles ont tous aussi leur moment de gloire. On retiendra entre autres le licenciement de Julia, alias Margot Bancilhon, où celle-ci rentre dans une colère qui ferait passer l’Etna en fusion pour un vulgaire feu d’artifice de quartier. Jubilatoire. Comme la grande majorité des dialogues mi urbains, mi théâtraux, comme pour toujours garder le pied du bon côté de la barrière dans tout ce délire brassant plusieurs thèmes politiquement incorrects. C’est aussi, la force de ce film qui ne se perd pas dans une quête de rédemption bien pensante tirant vers un happy end béat.

Vous l’aurez compris, la bande à Niney pour son premier film, pose les jalons d’une comédie à la française complètement décomplexée, tirant vers ses ainés américains, en absorbant nos références contemporaines, pour mieux nous les distiller sous formes de vannes bien senties. Le tout en omettant pas d’y mettre une qualité technique certaine au service d’un divertissement intergénérationnel. En somme, un vrai film de potes puissant et décomplexé. On en redemande.

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FiveCinq amis d’enfance rêvent depuis toujours d’habiter en colocation. Lorsque l’occasion d’emménager ensemble se présente, Julia, Vadim, Nestor et Timothée n’hésitent pas une seule seconde, surtout quand Samuel se propose de payer la moitié du loyer ! A peine installés, Samuel se retrouve sur la paille mais décide de ne rien dire aux autres et d’assumer sa part en se mettant à vendre de l’herbe. Mais n’est pas dealer qui veut et quand tout dégénère, Samuel n’a d’autres choix que de se tourner vers la seule famille qu’il lui reste : ses amis !

Sortie : le 30 mars 2016
Durée : 1h42
Réalisateur : Igor Gotesman
Avec : Pierre Niney, François Civil, Igor Gotesman
Genre : Comédie

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Soleil de plomb, film puissant de Dalibor Matanic

Soleil de plomb
Soleil de plomb – Photo du film de Danibor Matanic Avec Goran Markovic et Tihana Lazovic – © Bac Films

Soleil de plomb, film puissant de Dalibor Matanic

Soleil de plomb revient sur le conflit yougoslave et son traumatisme sur les populations. Au plus près du conflit ou plus de 15 ans après la cessation des hostilités, les blessures surviennent, restent à vif et peinent à se refermer. Soleil de plomb suit 3 couples d’amoureux pris au piège de la passion et du clivage intercommunautaire. Peut-on s’aimer quand les familles et les communautés s’affrontent? De ces 3 histoires particulières, Danibor Matanic tire des enseignements à la portée universelle, avec grace et pudeur.

Le cinéma de l’ex-Yougoslavie sait produire des films puissants et déroutants. On se souvient de Clip, La parade, La vie est un miracle ou Le choix de Luna comme des moments de cinéma sans concession, à l’émotion retorse et aux intrigues dérangeantes. Soleil de plomb s’inscrit dans ce cinéma réaliste, au plus près des gens et de leurs tourments. 3 histoires se déroulent sur une période de 30 ans. La première à l’orée du conflit yougoslave, la seconde à son dénouement, la troisième 10 ans après la fin des altercations.

[…] des enseignements à la portée universelle, avec grâce et pudeur.

3 couples se rencontrent, s’aiment et font face aux antagonismes. D’abord croissants, puis à vif et enfin toujours palpables. L’acteur Goran Markvic et l’actrice Tihana Lazovic interprètent avec poésie les 3 couples confrontés à des destins contraires. Les mêmes lieux se succèdent dans des contextes différents et pourtant semblables. L’amour devient une bataille contre les préjugés et tensions communautaires. Sentiment interdit, dangereux, seul vestige d’espoir en des temps troublés.par la haine des hommes.

Le naturisme de la mise en scène fait la part belle aux décors naturels, à ces murs criblés de balle et ses populations démunies. Reste ce lac aux eaux paisibles représenté sur l’affiche, seul endroit de quiétude pour des esprits torturés. Comme un appel à l’essentiel. La musique industrielle retranscrit la tension des temps troublés, comme une menace invisible omniprésente. Soleil de plomb imprime une trace persistante dans l’esprit bien après la séance. Comme un message mêlé d’avertissement et d’espoir.

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Soleil de plombSoleil de Plomb met en lumière trois histoires d’amour, à travers trois décennies consécutives, dans deux villages voisins des Balkans marqués par une longue histoire de haine inter-ethnique. Soleil de Plomb est un film sur la fragilité – et l’intensité – de l’amour interdit.

Sortie : le 30 mars 2016
Durée : 2h03
Réalisateur : Dalibor Matanic
Avec : Goran Markovic, Tihana Lazovic
Genre : Drame

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Encore une histoire d’amour au Studio des Champs-Elysées

Encore une histoire d'amour

Encore une histoire d’amour au Studio des Champs-Elysées

La pièce Encore une histoire d’amour est mise en scène au Studio des Champs Elysées. Deux personnages blessés par la vie se découvrent par la grâce d’une correspondance téléphonique de plus en plus récurrente. Une intimité surprenante se créée et les rapproche jusqu’à marquer un nouveau départ. Une mise en scène brillante alliée à une empathie immédiate pour les personnages font de cette histoire d’amour un très beau moment de théâtre.

Une jeune actrice américaine joint par téléphone un auteur de théâtre britannique. Elle souhaite interpréter l’héroïne de la pièce à succès La maison vide et souhaite mieux comprendre le personnage principal. Sans d’abord rien savoir l’un de l’autre, les personnages vont apprendre à se connaitre et s’apprécier, par delà la distance et malgré les obstacles. Car l’auteur vit reclus à Londres sans presque jamais sortir de chez lui. Quant à l’actrice, une maladie neurologique dégénérescente la fait régulièrement souffrir et limite son autonomie. S’il s’inquiète d’abord bruyamment de ce qu’elle comprenne parfaitement la psychologie du personnage, le calme olympien de sa correspondante new-yorkaise le désarçonne jusqu’à l’ébranler. Les vociférations laissent place à des échanges apaisés. La petite brindille brisée transforme l’ours bourru à force de sincérité et de délicatesse.

La petite brindille brisée transforme l’ours bourru à force de sincérité et de délicatesse

Portée à l’écran, la pièce serait une rom’com’ anodine. Au théâtre, elle prend une ampleur inattendue. La mise en scène astucieuse de Ladislas Cholat fait cohabiter brillamment les personnages entre déambulations domestiques et mobilier mouvant. Les vidéos illuminent les murs pour recréer les appartements respectifs entre affiche de Birdman et posters de la pièce. Le dynamisme visuel fait décoller le texte de  Tom Kempinski tandis que la proximité se fait toujours plus grande entre les personnages.

Les spectateurs s’insinuent dans leur quotidien avec délice, partageant les moments de doute et d’euphorie. Elodie Navarre et Thierry Godard forment un duo rafraichissant. Les grognements fantasques du second complètent parfaitement la douceur résolue de la première. Et si les béquilles de l’héroïne ne pourront jamais vraiment disparaitre, la lente transformation physique du personnage britannique reflète avec finesse le bien que les personnages se font.

Une audience ravie a bruyamment félicité les acteurs pour sur belle performance et le metteur en scène pour ce moment de théâtre euphorisant.

Dates :  Jusqu’au 30 avril 2016
Lieu Studio des Champs Elysées
Metteur en scène : Ladislas Cholat
Avec : Elodie Navarre, Thierry Godart

Les eaux australes deviennent rouges. Mais tout le monde s’en tape.

dessin de Lodi
Dessin de Lodi – 29 mars 2016 : « Baleine » © Lodi Marasescu

Les chasseurs japonais ont continué. 333 baleines harponnées et éventrées. Les eaux australes deviennent rouges. Mais tout le monde s’en tape. Plus d’infos ici.

Jeremy James : showman costard ballerine, à Paris tous les lundis

Jeremy James
Jeremy James Photo © BilletReduc.com

Jeremy James : showman costard ballerine, à Paris tous les lundis

Jeremy James … l’allitération nous murmure à l’oreille, comme un appel : « souvenez-vous de mon nom ». On essaiera, en tout cas, il a tout fait pour. Il est survolté. Un tourbillon. Chaque parcelle de la scène est son espace de jeu qu’il occupe en enchaînant entrechats, grands écarts, pirouettes et autres pas non identifiés. Cela dit, la scène est modeste, elle lui simplifie l’exercice : 8 m2 !

Petite scène, grand rêve : être Beyoncé. Il tente de nous convaincre de leur similarité (flagrante !) à coup de déhanchés sensuels … L’affaire n’est pas dans le sac ! Le ridicule oui, le comique aussi. Il trime, il sue et c’est revigorant. Parce qu’il ne s’arrête pas à la vanne ou plutôt, la vanne ne s’arrête pas aux mots. Elle se glisse dans son corps, ses gestes, dans l’intonation de sa voix et le public pris à partie. Un effort que beaucoup d’humoristes ne fournissent pas se cramponnant au minimum théâtral et débitant leur texte sans mettre en action le reste.

Il trime, il sue et c’est revigorant.

Pourtant il faut de la vie au théâtre et du théâtre dans la vie ! De la vie, il en insuffle. Par le mouvement bien sûr mais aussi parce qu’il ne parle que de la sienne ! Les présentations sont rapidement faites avec papa « Stéphane Bern » et maman « De Rothschild ». Suit une initiation à la danse classique, sport de son enfance. Il enchaîne avec ses années d’école de commerce pour lesquelles il n’a déboursé que 65 000 euros et, clap de fin, son passage à Monoprix comme caissier. Avec énormément d’autodérision et un texte bien taillé, il s’amuse de lui et il nous amuse. Et se moquer de soi avant de railler les autres n’est-ce pas de la bienséance ? En plus d’une politesse qui commence par lui-même, il s’engouffre sans hésitation dans le ridicule pour notre grand plaisir. Collant serré et string du danseur ou bonnet de poulet … et avec aplomb s’il vous plaît. La route est embouteillée, les showman sont nombreux à vouloir une place au soleil de la reconnaissance grand public. Jérémy a du culot et du courage. Il en faut pour se détourner d’un master marketing ruineux certifié « avenir tout confort ». Mais il semble heureux. Il se réalise sur scène. Et tant mieux parce que quiconque veut provoquer le rire d’un public indolent se doit d’être déterminé.

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Spectacle : Jeremy James Aurait voulu

Dates : Tous les lundis à 20h15 2016 l Lieu : A la Comédie des 3 Bornes (Paris)
Metteur en scène : Jérémy James l Avec : Jérémy James

Jean-Michel Jarre commence son Electronica World Tour qui va durer 2 ans

Jean-Michel Jarre

Communiqué de presse :

Jean-Michel Jarre commence son Electronica World Tour qui va durer 2 ans.

A l’automne prochain, il fera, après six ans d’absence, son come-back sur scène à l’occasion d’une grande tournée mondiale et sera en concert dans 6 villes de France dont Paris le 12 décembre à l’AccorHotels Arena.

En prémices de cette tournée, Jean-Michel Jarre se produira cet été dans plusieurs festivals européens notamment au Sónar de Barcelone, au Montreux Jazz Festival, au Jodrell Bank Observatory de Manchester, au Melt Festival de Berlin mais aussi à Bayonne et Nîmes, les 13 et 14 juillet.

Célèbre dans le monde entier pour ses concerts spectacles qui ont influencé nombre d’artistes rock et électro sur scène, Jean-Michel Jarre revient aujourd’hui avec un dispositif scénique complètement nouveau pour jouer les titres d’Electronica volume 1 et 2 et certains de ses plus grands succès depuis Oxygène et Equinoxe.

Le 6 mai prochain sortira également la deuxième partie ‘Electronica 2 : The Heart of Noise’ à laquelle ont participé de nombreux artistes emblématiques de la scène électro.

Ouverture de la billetterie dès le 22 mars dans les points de vente habituels.

Gérard Drouot Productions présente en accord avec WME Entertainment :

2016 : Jean-Michel Jarre démarre sa nouvelle tournée Electronica World Tour qui se déroulera sur 2 ans.

2015 a marqué le grand retour d’un des pionniers de la musique électronique – Jean-Michel Jarre. En octobre dernier, le public retrouvait le musicien au meilleur de sa forme, à l’occasion de la sortie d’un de ses projets les plus ambitieux à ce jour, salué par la critique dans le monde entier. ‘Electronica 1 : The Time Machine’ a su trouver son public pour devenir l’un des grands succès de Jarre depuis Oxygene. Il s’est entouré pour l’occasion de nombreux collaborateurs de différentes générations liés à la scène électronique internationale.

Le 6 mai prochain sortira la deuxième partie ‘Electronica 2 : The Heart of Noise’ à laquelle ont participé de nombreux artistes emblématiques de la scène électro tels que Pet Shop Boys, Sébastien Tellier, Jeff Mills, Gary Numan, Peaches, Cyndi Lauper, Rone ou encore Christophe …

Jean-Michel Jarre fera, après six ans d’absence, son come-back sur scène à l’automne prochain, à l’occasion d’une tournée mondiale. Cet été, en prémices de cette tournée, Jean-Michel Jarre se produira dans plusieurs festivals européens. Il est attendu notamment au Sónar de Barcelone, au Montreux Jazz Festival, au Jodrell Bank Observatory de Manchester, au Melt Festival de Berlin, et en France, les 13 et 14 juillet à Bayonne et à Nîmes.

Depuis plus de vingt ans, les concerts hors normes de Jarre ont contribué à participer à l’histoire du musicien mais également à celle de la musique électronique. On se souvient encore des rendez-vous exceptionnels de La Tour Eiffel, de La Défense, de la Concorde ou plus récemment celui de Monaco pour le mariage princier mais aussi des concerts inoubliables donnés en Chine, aux Pyramides d’Egypte, ceux de Houston et de Moscou face à des millions de spectateurs, qui resteront à jamais gravés dans la mémoire collective.

Célèbre dans le monde entier pour ses concerts spectacles qui ont influencé nombre d’artistes rock et électro sur scène, Jean-Michel Jarre revient aujourd’hui avec un dispositif scénique complètement nouveau pour jouer les titres d’Electronica volume 1 et 2 et certains de ses plus grands succès depuis Oxygène et Equinoxe. Pour l’occasion, il se produira dans les plus grandes salles de France et d’Europe avant les USA et l’Asie en 2017.

BAYONNE – NÎMES – STRASBOURG – LYON – DIJON – CLERMONT-FERRAND – NANTES – PARIS

Extrait de l’émission A la bonne heure, Jean Michel Jarre, 15 octobre 2015, partie 2 :

Résultats concours : Tony Carreira, 5 albums gagnés Mon Fado dédicacés

Tony Carreira
Résultats concours : Tony Carreira, 5 albums gagnés Mon Fado dédicacés !

Vous avez été 4142 participants au concours Tony Carreira. Merci de votre excellente participation. Les 5 heureux gagnants d’un album Mon Fado dédicacé sont :

Xavier Bitaud, Sonia Mirgaux, Laurent Gely, Fatma Allal et Paul Labrosse

Bravo à tous ! N’oubliez pas de jouer à nos autres concours du moment !

N.B. : Les lots vous seront envoyés directement par notre partenaire sponsor du concours. La procédure est automatique dès lors que vous avez été tiré au sort. Il n’est donc pas nécessaire de nous contacter. Vous pouvez également nous laisser un commentaire qui nous fera toujours plaisir !

« Phèdre(s) », la mise à nu vertigineuse d’Isabelle Huppert

Phèdre(s), la mise à nu vertigineuse d'Isabelle Huppert
« Phèdres(s) » Isabelle Huppert et Norah Krief photo Pascal Victor

« Phèdre(s) », la mise à nu vertigineuse d’Isabelle Huppert

A partir de trois auteurs contemporains : Wajdi Mouawad, Sarah Kane, et J.M.Coetzee, Krzysztof Warlikowski en prolongement de la tragédie grecque à l’histoire latine, convoque Phèdre au pluriel et met en lumière la complexité de la figure tutélaire, confrontée à la brûlure de l’amour inavouable

Et qui d’autres qu’Isabelle Huppert, actrice hors norme, pour incarner cette héroïne sacrificielle dont le scandale de la passion incestueuse la renvoie à sa douleur, à sa frustration et à sa dévastation originelle. La comédienne offerte à tous les démons est exceptionnelle.

Après un bref prologue de la déesse Aphrodite, trois Phèdre se succèdent. La première politique sous la plume de Wajdi Mouawad, inspirée d’Euripide et de Sénèque, est une orientale confrontée au déracinement, à l’exil, et au massacre. La deuxième possédée, moderne, revisitée par Sarah Kane, se brûle et se consume à son désir transgressif pour Hyppolyte, son beau-fils. Enfin, la troisième, une intellectuelle pédante, de l’écrivain J. M. Coetzee, prend les traits d’Elisabeth Costello, et disserte habillement sur le sentiments amoureux.

[…] une extrême mise à nu

Et cette Phèdre composite, étendard d’un destin féminin, ne fait qu’une aux prises avec une sauvagerie immémoriale mais aussi une ivresse pulsionnelle, tantôt victime ou bourreau, reine ou putain, perverse ou innocente, elle défit l’interdit, l’humain et le divin.

A l’abri d’une scénographie qui télescope avec brio les images, la lumière, les sons, et la temporalité entre l’ici et l’ailleurs, l’ancestrale et le moderne, Warlikowski orchestre une mise en scène hypnotique où des caméras réfléchissent la mise en abîme des personnages.

Où l’abandon des corps inaugure du vertige de l’âme et de la chair sur fond d’un espace clinique aux hauts murs dévoilant un lit, une douche et un lavabo et dont la danse orientale d’ouverture, fiévreuse, de Rosalba Torres Guerrero sur un chant d’Oum Kalthoum préfigure aux cordes de la guitare électrique, la perdition.

[…] une mise en scène hypnotique

Ardente, incandescente, tragique, désarmante, Isabelle Huppert nous laisse KO débout tant la présence, la puissance et la métamorphose de son jeu en une fraction de seconde, imprime une extrême mise à nu.

Ses partenaires Alex Descas, Agata Buzek, Gaël Kamilindi, Norah Krief qui lui donnent la réplique ne sont pas en reste et accompagnent avec une individualité marquante, cette odyssée aux confins de la déraison.

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Dates : du 17 mars au 13 mai 2016 l Lieu Odéon – Théâtre de l’Europe (Paris)
Metteur en scène : Krzysztof Warlikowski

La fille du froid, un livre singulier de Rupert Thomson (Denoël & d’Ailleurs)

La fille du froid, un livre singulier de Rupert Thomson
Rupert Thomson Photo © twitter Rupert Thomson

La fille du froid, un livre singulier de Rupert Thomson (Denoël & d’Ailleurs)

Dès le début du livre, l’ambiance est très spéciale. On ne sait pas vraiment où Rupert Thomson nous emmène à travers son dernier livre : La fille du froid. Le livre est écrit à la 1ère personne. L’histoire est celle d’une toute jeune femme de 19 ans, Katherine Cartyle, dite Kit, née d’une fécondation in vitro… Ca, elle en parle à plusieurs reprises. On sait que son père est journaliste reporter et sa mère est décédée des suites d’un cancer.

Kit, est jeune et semble avoir terriblement souffert d’avoir été congelée, à l’état d’embryon, durant 8 ans avant d’être devenue un fœtus dans le ventre de sa mère. C’est comme si elle n’avait pas complètement décongelée ! Elle va rechercher le grand froid comme pour s’assurer qu’elle est bien vivante.

[…] Kit veut tester l’amour de son père.

Elle mène une vie des plus chaotiques et nous entraine de Rome à Berlin et de Berlin en Russie, dans les endroits les plus reculés et les plus froids de Russie. Là où personne ne va.… Non sans incident. Elle fait des rencontres qui ne lui seront pas toujours salutaires. Son principal souci : savoir si son père va se rendre compte de son départ. Et au bout de combien de temps. Elle imagine, tout au long du roman, un scénario par rapport à son père. Trouvera-t-il les indices, très faibles, qu’elle lui a parsemés tout au long de son périple ? Va-t-il vraiment lui consacrer du temps ? En d’autres termes, Kit veut tester l’amour de son père.

Ce voyage, sans but, est aussi une façon de « faire son deuil ». Elle revient souvent sur la mort de sa mère, sur ses derniers souvenirs vécus avec elle. On s’attache à Kit et souvent, on tremble pour elle. Elle fait de mauvaises rencontres. On ressent toute la jeunesse qui brille en elle, avec son insouciance et sa confiance en la vie. C’est beau et émouvant.

Rupert Thomson  écrit un livre très original, qui dévoile les sentiments d’une jeune femme, face à ses origines, peu communes. A croire que son subconscient a enregistré son passage « en congélation ». La maternité comme la paternité sont abordés de façon singulière mais profonde. J’ai beaucoup aimé ses interrogations concernant son père et les ressentis de cette jeune femme, perdue au bout du monde ! Et qui, en quelle sorte, va se tester elle-même, à travers ses voyages…

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La fille du froid

Trad. de l’anglais par Sophie Aslanides
Katherine Carlyle naît à la fin des années 1980 grâce à une fécondation in vitro. L’embryon a été congelé durant huit ans, avant d’être implanté dans le ventre de sa mère. Katherine grandit dans une famille aisée et aimante. Pourtant, les réminiscences de ces huit années restent profondément ancrées en elle.
Lorsque sa mère meurt d’un cancer, Katherine a dix-neuf ans et se retrouve isolée avec un père de plus en plus distant. Fantasque et libre d’esprit, elle semble toutefois mener une vie légère et séduisante, pleine de possibilités. Pourtant, quelques semaines avant d’entrer à l’université d’Oxford, Katherine disparaît sans un mot. Elle se lance alors dans un étrange voyage au bout du monde, se dirigeant toujours plus vers le froid. Katherine compte ainsi mettre à l’épreuve l’amour paternel, faire le deuil de sa mère et s’émanciper enfin.
Ce roman profond et émouvant offre une variation fascinante du mythe des origines. La Fille du froid s’annonce comme le chef-d’œuvre de Rupert Thomson.

Date de parution : le 10 mars 2016
Auteur : Rupert Thomson
Editeur : Denoël & d’Ailleurs 
Prix : 22,50 € (384 pages)
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Roméo et Juliette : le ballet théâtral flamboyant de Rudolf Noureev

Roméo et Juliette : le ballet théâtral flamboyant de Rudolf Noureev
Crédit : Julien Benhamou/OnP Légende : Les Montaigu et les Capulet de Shakespeare dans la chorégraphie de Rudolf Noureev

Roméo et Juliette : le ballet théâtral flamboyant de Rudolf Noureev

Avec Roméo et Juliette, Rudolf Noureev s’empare comme nul autre du souffle épique de l’un des chefs-d’œuvre de Serguei Prokofiev.

Dans une mise en scène fastueuse et cinématographique qui joue sur les flash-back, inspirée à la fois de la Renaissance italienne (décors et costumes) et des combats de rue tout droit sortis de West Side Story, le chorégraphe restitue sans relâche la tension et la fureur de vivre qui attisent le drame shakespearien. Il met aussi l’accent sur la figure de l’héroïne dont le premier amour interdit en fait une rebelle contre sa caste.

Juliette y incarne cette soif juvénile d’aimer, immergée dans un environnement hostile marqué par les clivages qui dressent des clans les uns contre les autres et annihilent toute volonté d’émancipation.

[…] le chorégraphe restitue sans relâche la tension et la fureur de vivre qui attisent le drame shakespearien.

La mort est aussi omniprésente. A la fois de manière concrète et sous forme allégorique. Dès le commencement où le rideau se lève sur un cortège funèbre : au petit matin, des moines poussant une charrette de cadavres, emmènent – hors des remparts de la ville – les corps de ceux qui, la veille, ont trépassé de la peste.

Puis, devant la maison des Capulet, alors que Roméo, Mercutio et leurs amis s’amusent à parodier l’entrée des invités, un mendiant les interpelle en tendant la main. Roméo se laisse attendrir et lui donne un pièce d’or. En recevant cette aumône inattendue, le pauvre s’étouffe et rend son dernier souffle.

Ainsi « né sous une mauvaise étoile » (ce que symbolise le groupe des quatre hommes du Destin jouant aux dés, pour ouvrir et clore le spectacle) Roméo veut « bien faire », mais chaque fois qu’il agira, il ne cessera de répandre la mort autour de lui : le mendiant, Tybalt, Pâris et Juliette.

Sur la partition-fleuve et symphonique de Prokofiev, la chorégraphie se pare d’un jeu d’opposition entre scènes de groupe et scènes intimes qui permet à la musique en osmose parfaite, de jouer sur les contrastes avec des leitmotive accompagnant les personnages transformés au fil de leur évolution.

Noureev témoigne de son style inventif : dense, exalté, lyrique, rude et poétique au service de l’action dans les scènes de foule sur la place publique, avec interventions d’acrobates, ballet de porte-drapeaux et mimiques expressives mais aussi des sentiments, ainsi qu’un réalisme théâtral dans les affrontements entre Montaigu et Capulet où les scènes du corps de ballet traduisent également l’atmosphère menaçante qui plane sur l’œuvre.

[…] un tempo vertigineux […]

Sa danse physique et libre non dépourvue d’humour, s’imprègne de toute la dimension intime, charnelle, guerrière, inhérente aux texte de Shakespeare, qui voit les corps exacerber l’amour fou et le désir ardent, la haine et la trahison, l’injustice et l’oppression. Le tout à l’abri d’un tempo vertigineux et d’un engagement total des danseurs/interprètes.

Un emportement donc, tel un fil rouge, qui imprègne en filigrane toute l’intrigue d’une destinée jusqu’auboutiste et sacrifiée à la haine des adultes.

La distribution est au diapason emmenée dans les rôles titres par Josua Hoffalt (Roméo) et Myriam Ould-Braham (Juliette) avec une mention spéciale aussi à Emmanuel Thibault (Mercutio) et Stéphane Bullion (Tybalt) où le final, dans un tableau saisissant d’intensité, parachève son homogénéité et consacre sans détour la mort des deux amants, tandis que dans l’accomplissement de leur destin funèbre, les deux familles ennemies sont enfin réconciliées à jamais.

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Dates : du 19 mars au 16 avril 2016 l Lieu A l’Opéra Bastille (Paris)
Chorégraphe : Rudolf Noureev

Rosalie Blum, un film sympa de Julien Rappeneau

Rosalie Blum, un film sympa de Julien Rappeneau
Rosalie Blum Photo © SND

Rosalie Blum, un film sympa de Julien Rappeneau

Julien Rappeneau, le fils de Jean-Paul Rappeneau réalise son premier long métrage avec Rosalie Blum. En fait, Rosalie Blum est une adaptation de la BD, du même nom, de Camille Jourdy.

Le film de Julien Rappeneau se décompose vraiment en trois parties, comme la BD. Et en fait, c’est un déroulement assez lent, surtout dans la première partie. Il ne se passe pas grand chose. Mais ce n’est pas désagréable. Pas du tout.

C’est l’histoire de l’arroseur arrosé.

Très vite, André Bamberski dévoile des anomalies énormes dans l’autopsie de Kalinka. Il sent que le coupable c’est le beau-père de Kalinka. Il va réunir toutes les preuves et se battre durant 30 ans pour que justice lui soit rendue. Jamais il n’abandonnera le combat, complètement dément face à la justice allemande, française, autrichienne. Et même face à Kromback qui nie tout en bloc y compris la propre mère de Kalinka. Le père de Kalinka va sacrifier sa vie à la justice de façon à ce que le criminel de Kalinka soit, enfin, sous les verrous.

Bien sûr, dans le film Au nom de ma fille, Daniel Auteuil est excellent. Même si certains passages sont un peu longs et répétitifs, il ne faut pas oublier que cette histoire a duré 30 ans ! On peut regretter d’apprendre très peu de choses du côté du coupable. Malgré plusieurs plaintes déposées contre lui, il continue d’exercer durant toutes ces années. Et sa femme, la mère de Kalinka, ne veut pas croire en sa culpabilité. Le film ne nous apprend rien sur le psychisme de cet homme, profondément malade, pervers et dangereux. On le regrette vraiment. Au nom de ma fille est centré sur le père de Kalinka essentiellement.

Vincent Garenq aime dénoncer des histoires judiciaires, totalement insupportables, et c’est ainsi que le grand public découvre l’aberration de la justice en France, à travers des cas comme Bamberski, ou d’Outreau

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Rosalie Blum, un film sympa de Julien RappeneauVincent Machot connaît sa vie par cœur. Il la partage entre son salon de coiffure, son cousin, son chat, et sa mère bien trop envahissante. Mais la vie réserve parfois des surprises, même aux plus prudents… Il croise par hasard Rosalie Blum, une femme mystérieuse et solitaire, qu’il est convaincu d’avoir déjà rencontrée. Mais où ? Intrigué, il se décide à la suivre partout, dans l’espoir d’en savoir plus. Il ne se doute pas que cette filature va l’entraîner dans une aventure pleine d’imprévus où il découvrira des personnages aussi fantasques qu’attachants. Une chose est sûre : la vie de Vincent Machot va changer…

Sortie : le 23 mars 2016
Durée : 1h35
Réalisateur : Julien Rappeneau
Avec : Noémie Lvovsky, Kyan Khojandi, Alice Isaaz
Genre : Comédie

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Batman vs Superman : quand les super-héros dansent la java sans entrain

Batman vs Superman
Batman vs Superman L’Aube de la Justice : Photo Ben Affleck, Henry Cavill © Warner Bros. France

Batman vs Superman : quand les super-héros dansent la java sans entrain

Batman Vs Superman débarque enfin sur nos écrans après une intense campagne internationale jalonnée d’un flot ininterrompu de trailers. Reste-t-il des surprises à découvrir dans le film de Zack Snyder ? En réunissant les deux mythiques superhéros américains, il exauce le voeu de millions de fans de par le monde. Mais réussit-il pour autant son pari d’initier une nouvelle franchise cinématographique autour des personnages DC Comics ? Le doute est permis.

Si le titre sous-entend une lutte fratricide entre le natif de Krypton et l’orphelin milliardaire, le film va bien au-delà d’une simple guéguerre entre les deux superhéros. Man of Steel se clôturait sur le combat dantesque entre Superman et le Général Zod. Une avalanche de coups réduisait en cendres plusieurs buildings de Métropolis en jetant un voile pudique sur les dégâts collatéraux. Batman Vs Superman débute sur ce constat inédit pour l’espèce humaine. Un alien a dorénavant la capacité d’annihiler l’humanité. Question philosophique passionnante abordée avec insistance par le réalisateur.

Ce qui donne deux premiers tiers de film flegmatiques, plus proches du thriller que du film d’action. Bruce Wayne porte plus souvent le costume smart que sa tenue de chauve souris tandis qu’il cherche à récupérer une arme capable de le faire affronter et vaincre le kryptonien. La première scène véritablement bodybuildée intervient après plus de 30 minutes, laissant un rythme crispant s’installer.

[L]es dialoguistes se sont mis en grève, c’est bien dommage.

Autant le dire tout de suite, si le film échoue à trouver son public, la faute en incombera certainement à cette partie du film bien loin des standards habituels des blockbusters. Les faramineuses explosions éclairent le dernier tiers, dans une avalanche de pyrotechnie qui ravira les artificiers. Les coups pleuvent, les superhéros s’affrontent et cherchent à vaincre un adversaire aussi hideux que pataud. Une partie qui ravira les jeunes fans mais ennuiera les puristes.

Zack Snyder prépare visiblement la suite et introduit l’univers DC Comics. Des personnages plus ou moins secondaires apparaissent subrepticement. De subtiles touches de Joker sont disposées et le vrai méchant est ici Lex Luthor. Jesse Eisenberg se glisse avec délectation dans les habits du richissime nemesis de Superman mais… si l’acteur multiplie les mimiques et faciès avec brio, ses dialogues ne sont pas au niveau attendu. Aucune réplique culte, aucune petite phrase, les dialoguistes se sont mis en grève, c’est bien dommage.

Henry Cavill et Ben Affleck font le job avec une trop habituelle économie de sourires et d’humour. Deadpool a pourtant remis à l’honneur une légèreté mise ici de côté. Même Alfred a un air lugubre, Jeremy Irons ne parvient pas à égaler Michael Caine. Quant aux doutes concernant l’intervention de Ben, l’âge et la sagesse le rendent plus crédibles qu’à la triste époque de Daredevil et Pearl Harbor. Seul problème, je n’avais jamais vu Batman manier une arme à feu, c’est ici une triste première, bien loin de la mythologie.

Les fantasmes entourant Batman Vs Superman ont mis une pression extraordinaire sur les épaules de Zack Snyder. Il livre un film certes imparfait mais non sans charmes. La 3D et les écrans verts frisent l’overdose, éloignant cet épisode du réalisme saisissant des épisodes de Christopher Nolan. A vouloir trop en faire dans un format déjà assez long (2h30), Snyder tape tout azimut afin de toucher toutes les cibles, mais ça fait beaucoup…

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Batman vs SupermanAvertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Craignant que Superman n’abuse de sa toute-puissance, le Chevalier noir décide de l’affronter : le monde a-t-il davantage besoin d’un super-héros aux pouvoirs sans limite ou d’un justicier à la force redoutable mais d’origine humaine ? Pendant ce temps-là, une terrible menace se profile à l’horizon…

Sortie : le 23 mars 2016
Durée : 2h33
Réalisateur : Zack Snyder
Avec : Ben Affleck, Henry Cavill, Jesse Eisenberg
Genre : Action, Fantastique

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The Apartments parcourra une nouvelle fois la France en Avril

The ApartmentsThe Apartments parcourra une nouvelle fois la France en Avril

Des moments à ne pas louper annoncés par le label Microcultures. The Apartments, emmené par la voix de crooner à vif de son songwriter Peter Walsh, entamera en avril une nouvelle tournée française.

Le groupe fut formé en 1978 à Brisbane (Australie). L’année dernière, l’arrivée presque inespérée de No Song, No Spell, No Madrigal (leur cinquième album) fût un magnifique présent pour tous ceux qui, presque résignés quant à la sortie de nouveaux spécimens, écoutaient encore en boucle les précédents. Aucun enregistrement complet n’avait en effet émané du groupe depuis dix-huit longues années. En 1999, Walsh connut l’immense tragédie de la perte d’un enfant. De quoi mettre en parenthèse l’avenir de The Apartments.

Entre temps, il continua tout de même à écrire des chansons, nécessités vitales et personnelles, sans que ces dernières aient particulièrement vocation à être partagées.
Ce n’est donc qu’en 2015 qu’elles apparurent sur la jaquette d’un CD. Comme un miracle pour les fans. Et comme une magnifique occasion pour tous ceux qui ne connaissaient pas le groupe, de le découvrir le long de cette pièce pop-rock tragique et « classieuse ».

The Apartments
Peter Milton Walsh, Natasha Penot, Antoine Chaperon

En tournée du 15 au 26 avril 2016

15 avril Chartres — Salle Doussineau
16 avril Saint-Lô — Église de Sainte-Suzanne-sur-Vire
17 avril Lille — La Ferme d’en Haut
18 avril Paris — Café de la Danse avec Jim Yamouridis / Réservez : http://bit.ly/1LmgFcf
19 avril Amiens — La Lune des Pirates avec Jim Yamouridis
20 avril Beaumont/Clermont Ferrand — Le Tremplin avec Jim Yamouridis
21 avril Hyères/Toulon — Théâtre Denis avec Jim Yamouridis
25 avril Grenoble — Maison de la Musique de Meylan
26 avril Lyon — Marche Gare (Soirée Le Petit Bulletin Live)

Toutes les informations sont à retrouver sur le site de The Apartments

Mitterrand Requiem, une BD de Joël Callède (Le Lombard)

Mitterrand RequiemMitterrand Requiem, une BD de Joël Callède (Le Lombard)

Mitterrand Requiem est un véritable coup de cœur. Joël Callède nous livre un récit d’une extrême intensité, tout en finesse et subtilité sur la fin de vie de François Mitterrand, seul face à lui-même.

C’est la dimension métaphysique de l’homme qui est ici mise en valeur. Mitterrand, terrassé par un cancer de la prostate qui le ronge de l’intérieur rencontre dans ses pensées le dieu de la mort Anubis, qui le guide dans les souvenirs de sa vie. Il l’amène a revivre tous les évènements marquants de sa vie : son investiture, ses choix politiques, ses rencontres, ses aventures féminines… C’est une confrontation violente, qui fait grandement réfléchir. Ne pas nier l’évidence, revivre ce que l’homme souhaite oublier. Seul face à lui-même. Une seule chose à faire : l’acceptation, pour partir en paix.

Les dessins de Joël Callède sont d’une précision remarquable. Ici, les traits des visages sont si réalistes, qu’ils pourraient se suffir à eux-mêmes. On lit à travers les lignes. Nous sommes à côté de Mitterrand, tout tremblants jusqu’à la délivrance.

Mitterrand Requiem, une bande-dessinée réellement incroyable et originale !

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR, INFOS ET PLANCHES DE L’ALBUM » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Au crépuscule de sa vie, François Mitterrand se confronte à son passé. Son esprit convoque de grandes figures qui l’ont inspiré – depuis Anubis, le dieu des morts égyptien jusqu’à Jean Moulin, en passant par Jaurès – pour entamer avec lui un fascinant dialogue sur sa vie. À travers ces échanges, l’auteur nous invite à redécouvrir le passé d’un homme d’état aussi exceptionnel que complexe.

Date de parution : le 25 mars 2016
Scénariste(s) : Joël Callède
Dessinateur(s) : Joël Callède (couleurs : Christian Favrelle)
Genre : Biopic
Editeur : Le Lombard
Prix : 17,95 € (144 pages)
Acheter sur : Amazon l BDFugue

La Passion selon Saint Jean au Théâtre des Champs Elysées

Ian Bostridge by Simon Fowler
Ian Bostridge by Simon Fowler

La Passion selon Saint Jean au Théâtre des Champs Elysées

La Passion selon Saint Jean de Jean-Sébastien Bach a fait étape au Théâtre des Champs Elysées avec Stephen Layton à la baguette. Le maestro britannique dirigeait l’Orchestra of the Age of Enlightenment le mercredi 23 mars pour une version puissante et émouvante de l’oeuvre monumentale du compositeur germanique. Le public de l’institution musicale parisienne a chaviré devant une interprétation habitée de l’orchestre accompagné des solistes et du Choeur Polyphony.

L’oeuvre de Bach met en scène la passion du Christ d’après l’Evangile de Saint Jean. De sa capture sur le mont des Oliviers jusqu’à sa mise en terre en passant par son procès et sa crucifixion, le récit de la dernière journée de Jésus est magnifié par un Jean-Sébastien Bach chargé de créer une oeuvre grandiose pour la semaine sainte de 1724. Jouée originellement à l’Eglise Saint-Thomas de Leipzig, l’oeuvre tombe dans les oubliettes avant d’être exhumée par Mendelssohn en 1833. Elle forme avec la Passion selon Saint-Matthieu et la Messe en si mineur une des trois oeuvres religieuses les plus magistrales de Bach. Le texte en allemand recèle de moments de bravoure imprimés dans l’histoire de la musique universelle. Es ist vollbracht (C’est accompli), Herr unser Herrscher (Seigneur notre maitre) ou In Meines Herzens Grunde (Au fond de mon coeur) forment les morceaux de bravoure de 2 heures de méditation musicale.

[U]ne fidélité absolue à l’esprit de l’oeuvre pour un moment de magie musicale.

Les choeurs alternent avec les récitatifs menés par Ian Bostridge en maitre de cérémonie. Le ténor britannique incarne l’évangéliste narrateur en alternance avec les personnages interprétés par les basses, contre-ténors et barytons. Un prompteur permet de suivre la traduction française des textes chantés dans la langue de Goethe. Pas d’entracte pour suivre le récit d’une journée qui a marqué l’histoire. Les répliques sont connues, de Voici l’homme à Je m’en lave les mains ou Avant le chant du coq tu m’auras trahi trois fois, les souvenirs de catéchisme sont d’une aide certaine pour resituer le contexte. Si les passages chantés en solo marquent les moments clés du récit, les choeurs font office de commentaires pour un Bach transcendé par sa dévotion. Les voix s’entremêlent dans des canons où les graves et les aigus se répondent avec majesté.

L’Orchestra of the Age of Enlightenment est connu pour jouer sur des instruments d’époque dans une fidélité optimale aux oeuvres baroques et classiques. Son interprétation de la Passion selon Saint Jean est d’une fidélité absolue à l’esprit de l’oeuvre pour un moment de magie musicale.

Géométrie du triangle isocèle, pièce diabolique au Théâtre Milhaud

Géométrie du triangle isocèle

Géométrie du triangle isocèle, pièce diabolique au Théâtre Milhaud

La compagnie Les Fées sans elle reprend la pièce Géométrie du triangle isocèle sur les planches du Théâtre Milhaud dans une nouvelle mise en scène. Créée en 2008, la pièce place trois femmes dans un triangle amoureux ambigu et déséquilibré.  Une pièce diabolique aux illustres inspirations.

La particularité géométrique du triangle isocèle est d’avoir deux côtés de même longueur, singularisant ainsi le troisième côté face à leur parfaite égalité. Ce troisième côté est le véritable enjeu de la pièce, interrogeant sur l’identité de la femme qui sera laissée pour compte. Mélanie Journeau invoque Bergman période Scènes de la vie conjugale dans sa mise en scène du texte de Frank d’Ascanio. Deux femmes devisent sur l’avant-scène tandis qu’une troisième est assise à l’arrière, absente physiquement mais au centre des discussions. Lola révèle à Véra son aventure avec Nina. Véra lui avoue qu’elle l’avait deviné et ne s’en offusque pas, commençant à fréquenter l’intruse tout en encourageant sa compagne à prolonger la relation. Si les discussions initiales fleurent bon l’inconséquence et la légèreté, les rapports se tendent d’abord imperceptiblement puis plus brutalement. Les longs palabres dévoilent une toile psychanalytique plus complexe. Le spectateur fasciné assiste à un jeu méthodiquement orchestré par une Véra bien moins bienveillante qu’espéré.

Les trois actrices jouent sur les affects avec charme et délicatesse

Les rapports de force font penser aux Liaisons Dangereuses de Choderlos de LaclosL’agrément bienveillant de Véra cache des intentions sournoises que les tourterelles peinent d’abord à déceler avant de devoir les affronter. Le jeu bavard et intellectuel se transforme en jeu du chat et de la souris, à la limite du sadomasochisme. L’ombre de Pedro Almodovar s’insinue avec une perversion qui donne tout le sel de la pièce. La musique initiale et finale renforce cette impression de personnages qui se percutent comme dans un jeu de billard. Cette Gnossienne envoutante d’Erik Satie exige une interprétation lente et douloureuse, demandant de la retenue et l’absence de tout sentimentalisme. Musique du contrôle de soi, elle se prête à merveille à Véra la manipulatrice.

Le jeu dialectique et rhétorique auquel se prêtent les trois femmes renferme bien des surprises. Les faux semblants guident ce couple face à une pièce rapportée qui privilégie les sentiments francs et directs. Les trois actrices jouent sur les affects avec charme et délicatesse. Jamais un mot plus haut que l’autre pour instiller le malaise ou la commisération. Géométrie du Triangle Isocèle est un vrai moment de subtilité théâtrale à découvrir au plus vite au Théâtre Milhaud.

Dates :  Jusqu’au 27 mai 2016
Lieu Théâtre Milhaud
Metteur en scène : Mélanie Journeau
Avec : Marie Herivan, Mélanie Journeau, Florence Fournier

Une Cantatrice Chauve revisitée par Alexis Rocamora


AFFICHE La cantatrice chauve_HD (1)Du Ionesco modernisé avec élégance 

« Deux couples, un pompier autour d’une intrigante bonne. Six personnages dans un univers intemporel où les phrases, les mots, les lettres et les situations s’entrechoquent dans un tourbillon coloré d’absurdité étrange, inquiétant et drôle à la fois. »
Dans cette version revisitée et modernisée du classique de Ionesco, le salon de M. et Mrs Smith accueille des personnages encore plus loufoques et déjantés. Elégance et curiosités sont de rigueur dans la Cantatrice Chauve vue par Alexis Rocamora.

« Tiens, il est neuf heures » chez M. et Mrs Smith, la pendule sonne dix-sept coups et n’est autre que la voix de la Bonne (Nell Darmouni) dont les « Coucou » retentissent. « Dès que j’ai lu la Cantatrice Chauve, pour moi l’horloge, c’était la Bonne » précise Alexis Rocamora, metteur en scène qui signe sa première mise en scène de pièce de théâtre. La bonne dans cette version modernisée de Ionesco, est le fil d’Ariane de l’histoire. Elle orchestre, d’un oeil inquiétant, toutes les absurdités des Smith et des Martin.

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 Le minimalisme du décor met l’accent sur la curiosité des personnages

Dans « l’intérieur anglais » d’Alexis Rocamora, il n’y a pas de « fauteuil anglais » ou d’intérieur bourgeois, nous sommes dans un non-lieu. Nous sommes à Londres, et pourtant rien ne l’indique. « God save the Queen » chantera Mrs Smith au milieu de la pièce, rappelant au spectateur dans quel univers il doit s’imaginer. Le minimalisme du décor, loin d’être dérangeant, met l’accent sur la curiosité des personnages : M. et Mrs Smith, M. et Mme Martin, ainsi que le pompier, ont de curieuses allures à mi-chemin entre les chanteurs des Kiss et les Voca People. Avec leur maquillage de noir et de blanc et leurs costumes presque gothiques, ils ont des airs de marionnettes effrayantes. « C’est ce rôle de manipulatrice que j’ai voulu représenter » précise Alexis Rocamora, une manipulatrice qui joue avec ses personnages comme avec des pantins de bois. Intrigante, inquiétante, directive et sensuelle, la bonne, seul personnage vêtu de couleurs d’un costume de couleurs, joue avec les protagonistes déjantés de ce salon anglais. C’est elle qui rythme la pièce et fait avancer l’histoire à sa guise.

Un double message réside dans ce nouveau regard sur la Cantatrice Chauve : au-delà du message transmis par le texte original de Ionesco, Alexis Rocamora offre à cette pièce une dimension extrêmement actuelle. « J’aime la dimension sociétale de cette pièce, qui se fait le miroir de l’omniprésence de la manipulation » rajoute-t-il. Politique ou médiatique, la manipulation est un thème d’actualité, qui fait écho à notre quotidien.

Une belle interprétation théâtrale qui rappelle que, 66 ans après sa première représentation au Théâtre des Noctambules le 16 mai 1950 (mise en scène à l’époque par Nicolas Bataille), la Cantatrice Chauve n’a pas pris une ride.

Dates :  du 16 mars au 8 mai 2016
Lieu Lucernaire (Paris)
Mise en scène : Alexis ROCAMORA
Avec :
 Laura MARIN, Alexis ROCAMORA, Taos SONZOGNI, Jean-Nicolas GAITTE, Nell DARMOUNI et Guillaume BENOIT

La saison des femmes : bande annonce enfin dévoilée du film indien de Leena Yadav

La saison des femmes
La saison des femmes Photo © Seville International

La saison des femmes : bande annonce enfin dévoilée du film indien de Leena Yadav

La saison des femmes, est un très beau film sur les femmes. Leena Yadav a réalisé ce film suite à un voyage qu’elle a fait en Inde. C’est une parfaite fiction, mais en même temps, c’est un film qui sonne vrai et qui veut donner la parole aux femmes, et surtout mettre l’accent sur leurs droits. Leena Yadav met LA femme indienne au cœur de son film. Un très beau film dont la bande-annonce est à découvrir sans plus attendre !

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La saison des femmesInde, Etat du Gujarat, de nos jours. Dans un petit village, quatre femmes osent s’opposer aux hommes et aux traditions ancestrales qui les asservissent. Portées par leur amitié et leur désir de liberté, elles affrontent leurs démons, et rêvent d’amour et d’ailleurs.

Sortie : le 20 avril 2016
Durée : 1h56
Réalisateur : Leena Yadav
Avec : Tannishtha Chatterjee, Radhika Apte, Surveen Chawla

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Every thing at once, nouvel album des Travis, avec 2 clips en ligne

TravisEvery thing at once, nouvel album des Travis, avec 2 clips en ligne !

Communiqué de presse :

TRAVIS annonce son grand retour ! Très attendu, leur nouvel album Everything At Once sortira le 29 avril sur leur propre label Red Telephone Box. Ecrit par le groupe et produit par Michael Ilbert dans le légendaire studio Hansa à Berlin, Everthing At Once déborde de conviction et de confiance tout en conservant l’identité sonore du groupe, avec la voix chaude reconnaissable de Fran Healy. Quant à leur retour sur scène, les tournées anglaise et européenne seront bientôt annoncées. Affaire à suivre… 😉

TRACKLISTING DE L’ALBUM:

1. What Will Come
2. Magnificent Time
3. Radio Song
4. Paralysed
5. Animals
6. Everything At Once
7. 3 Miles High
8. All Of The Places
9. Idlewild (ft. Josephine Oniyama)
10. Strangers On A Train

Pour en savoir plus : ICI

Un petit aperçu du nouvel album des Travis, l’un des groupes de rock préféré du public britannique :
Clip : Everything at once :

Clip : Magnificent time :

DieuMerci, on a tous un rêve de gosse, un film pas drôle de Lucien Jean-Baptiste

Dieumerci, on a tous un rêve de gosse
Dieumerci, on a tous un rêve de gosse Photo © Wild Bunch

DieuMerci, on a tous un rêve de gosse, un film pas drôle de Lucien Jean-Baptiste

Lucien Jean-Baptiste réalise son troisième film avec DieuMerci, on a tous un rêve de gosse. Film presque autobiographique, pourrait-on dire. Car Lucien Jean-Baptiste a eu un peu le même parcours pour arriver à devenir comédien. Et il raconte, à la fin du film, un événement très personnel qui a réellement bousculé sa vie. Et c’est ainsi qu’il devint lui-même comédien.

L’histoire de DieuMerci est simple. DieuMerci, c’est son nom, sort de prison et décide de réaliser son rêve de gosse : devenir comédien. Il s’inscrit au Cours Ventura et décide de passer le concours en candidat libre. Mais pour cela, il faut payer. Il va donc faire des petits boulots en intérim, et se débrouiller comme il peut pour survivre. Dans le film DieuMerci, c’est le réalisateur lui-même qui interprète le rôle principal.

Il n’y a pas cette petite étincelle qui fait que l’on va vibrer.

Son binôme au théâtre, Clément, Baptiste Lecaplain, va le suivre partout. Il est son opposé. Autant Lucien Jean-Baptiste est excellent dans son rôle et émouvant, autant Baptiste Lecaplain ne l’est pas ! Il joue le fils à papa dans toute son horreur. Et leur duo ne prend pas ! Les quelques passages de théâtre sont éloquents mais surtout pour DieuMerci. Il n’y a pas cette petite étincelle qui fait que l’on va vibrer. Si ce n’est juste les dernières minutes du film. Dommage ! Quelques passages se veulent rigolos, surtout quand Clément fait exprès de faire l’idiot. Mais c’est tellement énorme, qu’on ne rit même pas ! Dommage que Firmine Richard ait un si petit rôle car franchement, on l’adore !

Ce n’est pas du tout une comédie, davantage un film qui traite de l’intégration, des différences de classes sociales… Bref, c’est un film sérieux qui traite de sujets graves, et de situations dramatiques. On est loin de la comédie, comme l’annonce Allociné…

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Dieumerci, un film de Lucien Jean-BaptisteÀ sa sortie de prison, Dieumerci, 44 ans, décide de changer de vie et de suivre son rêve : devenir comédien. Pour y arriver, il s’inscrit à des cours de théâtre qu’il finance par des missions d’intérim. Mais il n’est pas au bout de ses peines. Son binôme Clément, 22 ans, lui est opposé en tout. Dieumerci va devoir composer avec ce petit « emmerdeur ». Il l’accueille dans sa vie précaire faite d’une modeste chambre d’hôtel et de chantiers. Au fil des galères et des répétitions, nos deux héros vont apprendre à se connaître et s’épauler pour tenter d’atteindre l’inaccessible étoile.

Sortie : le 9 mars 2016
Durée : 1h35
Réalisateur : Lucien Jean-Baptiste
Avec : Lucien Jean-Baptiste, Baptiste Lecaplain, Delphine Théodore
Genre : Comédie

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I am Stramgram : Lauréat du Prix Ricard S.A Live Music, en tournée dans toute la France

Ricard S.A Live MusicI am Stramgram : Lauréat du Prix Ricard S.A Live Music, en tournée dans toute la France

Communiqué de presse :

EN TOURNÉE DU 22 MARS AU 5 AVRIL 2016 – 10 CONCERTS GRATUITS AVEC PUGGY, ROCKY ET I AM STRAMGRAM

Fidèle à sa promesse de soutien à la scène émergente française depuis plus de 20 ans, Ricard S.A Live Music revient au printemps pour une tournée de 10 concerts gratuits. Le public pourra découvrir, aux quatre coins de la France, le nouvel album de PUGGY, mais aussi les chansons-punch de ROCKY et la folk envoûtante de I AM STRAMGRAM, Lauréat du Prix Ricard S.A Live Music 2016.

En tournée dans toute la France :

Mardi 22 mars – LE HAVRE // Le Tetris
Mercredi 23 mars – CAEN // Le Cargö
Jeudi 24 mars – RENNES // L’Ubu
Vendredi 25 mars – LA ROCHELLE // La Sirène
Mardi 29 mars – PARIS // Café de la Danse
Mercredi 30 mars – LILLE // L’Aéronef
Jeudi 31 mars – NANCY // L’Autre Canal
Vendredi 1er avril – LYON // Le Transbordeur
Lundi 4 avril – TOULOUSE // Le Bikini
Mardi 5 avril – MONTPELLIER // Le Rockstore

Cette nouvelle édition de la tournée Ricard S.A Live Sessions, ouverte à tous et gratuite, sera lancée le 23 février lors d’un showcase privé avec Puggy et Rocky au siège de Ricard S.A Live Music. Afin que quelques privilégiés puissent venir découvrir en avant-première les nouveaux titres de ces artistes, 30 premières places seront disponibles dès le 17 février sur www.ricardsa-livemusic.com, et 20 places seront ensuite offertes via les médias partenaires de la tournée. La billetterie de la tournée ouvrira quant à elle le mercredi 24 février via réservation sur le site www.ricardsa-livemusic.com. Mais attention, ces billets seront valables uniquement jusqu’à 20H00 car au-delà, plus de passe-droit, l’entrée sera libre pour tous dans la limite des places disponibles !

Karl Ove Knausgaard : Mon combat, livre III : Jeune homme (Denoël & D’Ailleurs)

Karl Ove Knausgaard
Karl Ove Knausgaard Photo © Wikipedia


Karl Ove Knausgaard : Mon combat, livre III : Jeune homme (Denoël & D’Ailleurs)

En Norvège, Karl Ove Knausgaard  a vendu 500 000 livres pour une population de 5 millions d’habitants. Il dit lui-même : J’ai donné la vie de ma famille en pâture au monde… Mais j’ai fabriqué un monstre que je ne contrôle plus.

Toute sa famille a souffert des récits autobiographiques de Karl Ove. La vérité sur sa famille n’est jamais bonne à dire. Jamais sans conséquences non plus. « En écrivant les deux premiers tomes, j’étais très naïf. J’ai envoyé le manuscrit à ceux qui y apparaissaient. Leur réaction a été un choc ». Il ajoute même : « Je hais ce qu’ai écrit. » (NouvelObs.comCela me rappelle le roman autobiographique écrit par Lionnel Duroy : Le chagrin. Suite à sa publication, il s’est fâché méchamment avec toute sa famille.

La vérité sur sa famille n’est jamais bonne à dire.

Karl Ove Knausgaard a écrit et publié six tomes en deux ans, entre 2009 et 2011. Le 3ème tome vient juste de sortir en France. Il a écrit de plus en plus vite, sans se relire, sans apporter la moindre correction. Cette écriture spontanée, comme l’écriture d’un enfant donne la force au récit, d’après lui. Tout est écrit sans élégance, sans recul, mais tout est tellement vrai. Les multiples détails de choses parfaitement anodines prennent du volume et de l’importance sous sa plume. Et rien n’est ennuyeux. On avale, à toute vitesse, ses pages, aussi vite qu’il les a écrites ! L’auteur, 47 ans seulement, reçoit de nombreux prix littéraires, dont le prix Brage, l’équivalent du Goncourt en France. On le surnomme le « Proust norvégien » ! (larepubliquedeslivres.com)

C’est une saga familiale passionnante !

Pour lui, ce qu’il écrit est totalement nouveau dans la littérature. Jamais un auteur s’est acharné à décrire des tâches quotidiennes, voire ménagères, durant des pages et des pages, dans leur roman. Lui, oui ! Moins le sujet est intéressant et plus il va s’y attarder. Et le lecteur va le suivre dans ces détails du quotidien qui n’apportent rien à la vie mais qui vont le régaler ! Ce troisième tome est consacré à sa vie d’enfant, de jeune homme, avec une mère aimante et un père très dur et autoritaire. Karl Ove va trouver refuge auprès de sa mère et de son grand frère ou auprès de ses copains. Mais il va énormément souffrir de la tyrannie du père, lui qui est un garçon très intelligent et hyper sensible. Il vit sa vie en fonction des humeurs de son père. Sa vie ressemble davantage à un cauchemar qu’à une gentille vie d’enfant. On s’attache énormément à lui et c’est aussi pour cela que l’on trouve que c’est une saga familiale passionnante ! On attend déjà avec impatience le 4ème tome !

Extrait p.447 :

Dans ma chambre, je n’avais qu’une hâte, celle de devenir adulte. De pouvoir décider librement de ma vie. Je haïssais papa, mais j’étais entre ses mains, pas moyen d’échapper à son pouvoir. Impossible de me venger autrement qu’en pensée et en imagination, mais là je pouvais l’écraser. […] Ma volonté à moi, il la brisait comme un rien. »

[vc_text_separator title= »RESUME DE L’EDITEUR ET INFOS » color= »custom » border_width= »5″ accent_color= »#1e73be »]

Karl Ove Knausgaard

Trad. du norvégien par Marie-Pierre Fiquet

Par une belle journée d’août 1969, une famille emménage dans sa nouvelle maison de Tromøya, dans le sud de la Norvège. C’est ici que le fils cadet, Karl Ove, va passer son enfance, rythmée par les expéditions à vélo, les filles, les matchs de football, les canulars pyrotechniques et la musique. Pourtant, le jeune Karl grandit dans la peur de son père, un homme autoritaire, imprévisible et omniprésent.
Ce troisième opus est le portrait sans fard d’un enfant à la personnalité complexe et terriblement sensible. Knausgaard y dépeint un monde dans lequel enfants et adultes évoluent selon des trajectoires qui ne se croisent jamais, cette période de la vie durant laquelle chaque victoire et chaque défaite est ressentie avec violence, où toute tentative de se construire est vouée à la frustration.
Un récit sur l’enfance et la famille, doublé d’un portrait de l’écrivain en jeune homme, nouveau volume de l’exceptionnelle fresque autobiographique de Karl Ove Knausgaard.

Date de parution : le 14 janvier 2016
Auteur : Karl Ove Knausgaard
Editeur : Denoël & D’Ailleurs
Prix : 24,50 € (592 pages)
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Bruxelles, t’es belle.

Manneken Pis
© Lodi Marasescu

On se sert les coudes. Manneken-Pis, si tu veux on te la tient pour que tu puisses te sécher les yeux. Bruxelles a essuyé ce matin deux attentats revendiqués par Daesh. Ce qu’il s’est passé en Belgique aujourd’hui est le quotidien dans d’autres pays du monde.

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