
Dalton Trumbo, un biopic classique et passionnant de Jay Roach
Dalton Trumbo relate l’existence tumultueuse du pestiféré le plus connu de l’histoire d’Hollywood. Scénariste de génie, vainqueur de plusieurs Oscars mais cloué au piloris pour ses sympathies communistes, Dalton Trumbo a vécu l’enfer des listes noires. A la sortie de la seconde guerre mondiale, le sénat américain ne plaisantait pas avec ceux qu’il nommait les traitres. Bryan Cranston prête ses traits avec conviction au scénariste de Vacances romaines et Spartacus dans un biopic certes classique mais ultra prenant.
Sorte de légende d’Hollywood, Dalton Trumbo subit de plein fouet la peur des américains pour leurs voisins russkofs dès 1947. La crainte d’une invasion, ou pire d’une insurrection, a servi de caution pour une impitoyable chasse aux sorcières. Si Trumbo est la victime la plus célèbre de cette sombre période de l’histoire américaine contemporaine, des milliers de ses compatriotes ont été rejetés, vilipendés, jetés en prison, licenciés ou roulés dans la gadoue. Difficile de se remémorer ce temps pas si lointain d’hégémonie bicéphale et mortelle entre Ouest et Est. Une constante paranoia motivait les pires extrémités sous couvert de raison d’état. Le parti communiste avait beau ne pas être interdit, tous ses membres ont subi l’opprobre populaire et médiatique. Le film insiste sur les défenseurs de la patrie les plus zélés. John Wayne, McCarthy et Hedda Hopper rivalisaient de manichéisme pour tordre et découper ceux qu’ils imaginaient frayer avec l’ennemi.
Si Trumbo est la victime la plus célèbre de cette sombre période de l’histoire américaine contemporaine, des milliers de ses compatriotes ont été rejetés, vilipendés, jetés en prison, licenciés ou roulés dans la gadoue.
Comme il l’explique à la fin du film, Dalton Trumbo n’était ni un héros ni un méchant, juste une victime d’un dogme injuste motivé par la crainte du rouge. Bryan Cranston rappelle le célèbre Walter White de Breaking Bad dans son implacable résolution à ne pas se laisser abattre. Si Eisenberg luttait avec ses armes contre le cancer et le déclassement social, Trumbo utilise ruses et subterfuges pour ne pas couler. Prêtes-noms et relations lui feront trouver de précieux alliés dans l’industrie du cinéma pour continuer à travailler sou couvert de fausses identités. L’aide des renommés Kirk Douglas et Otto Preminger sera une clé déterminante pour ouvrir le cadenas du maccartisme. Une galerie d’acteurs VIP hante le film, d’un côté comme de l’autre. Le toujours truculent John Goodman, la perfide Helen Mirren et la séduisante Elle Fanning apportent leur charisme pour habiter le film de leurs performances.
La sortie d’un tel film en 2016 est-elle une coincidence quand on contemple l’actualité ? A l’instar des années 50, l’époque actuelle semble bien déboussolée pour choisir des actions d’envergure, jugées soit critiquables soit nécessaires… à tort ou à raison, seule l’histoire pourra juger a posteriori. La protection d’un modèle social est réclamée par une majorité dans un réflexe d’autodéfense compréhensible. Le maccartisme a fait des victimes collatérales… Dalton Trumbo a réussi à sortir de l’ornière à force de persévérance. Pour un vainqueur, combien de victimes ?
Réalisateur sympathique des pochades Mon Beau-père et Moi ou Austin Powers, Jay Roach passe à la vitesse supérieure avec un film rythmé et captivant. Il fait revivre les années 50 dans sa plus grande futilité avant de basculer dans le drame politique avec la même constance. Les acteurs se coulent avec conviction dans leurs habits avec Bryan Cranston en honorable tête d’affiche. S’il n’y avait pas eu l’inévitable Léonardo diCaprio, un Oscar n’aurait pas été usurpé. Une autre fois, peut être.
Hollywood, la Guerre Froide bat son plein.
Alors qu’il est au sommet de son art, le scénariste Dalton Trumbo est accusé d’être communiste.
Avec d’autres artistes, il devient très vite infréquentable, puis est emprisonné et placé sur la Liste Noire : il lui est désormais impossible de travailler.
Grâce à son talent et au soutien inconditionnel de sa famille, Il va contourner cette interdiction.
En menant dans l’ombre un long combat vers sa réhabilitation, il forgera sa légende.
Sortie : le 27 avril 2016
Durée : 2h04
Réalisateur : Jay Roach
Avec : Bryan Cranston, Helen Mirren, Elle Fanning
Genre : Drame, Biopic




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