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Ema, le film incendiaire de Pablo Larrain sort en DVD / Blu-Ray / VOD le 19 janvier 2021

Un article est paru sur Publik’Art en 2020 pour évoquer ce film chilien de Pablo Larrain qui sort aujourd’hui en DVD / Blu-Ray / VOD. C’est le bon moment pour rattraper cette histoire de femme forte et fragile à la fois, marquée par une enfance difficile et décidée à se réaliser. Devenue danseuse, elle décide de mener sa vie comme elle l’entend, sans attaches ni contraintes. Dans un Chili actuel comme toile de fond, le réalisateur propose une méditation sur la danse et la maternité.

Un film entre passion et onirisme

Alejandro Moreno et Guillermo Calderón imaginent un scénario sur les difficultés rencontrées par un couple atypique. Gastón (Gael Garcia Bernal) est un chorégraphe renommé, il vit avec son épouse danseuse Ema (Mariana Di Girólamo) et tous deux vivent une histoire de plus en plus chaotique à mesure que la jeune fille fantasque de met en tête de structurer sa vie. Entre pulsions débridées et parpaing de la réalité, elle entraine son couple dans un drame inextinguible, entre incendie et maternité. Le réalisateur s’appuie sur le talent de l’actrice Mariana Di Girólamo pleine d’énergie et d’ambigüité. Gael García Bernal est un chorégraphe dépassé par les aspirations de sa compagne. Ema a des faux airs de comédie musicale avec des numéros de danse très maitrisés sur une musique rythmée emblématique de ces jeunes qui veulent conquérir le monde. Le film se déroule à Valparaiso et profite de couleurs chatoyantes qui rappellent des peintres illustres comme Chagall ou Gauguin tout en renvoyant à la culture pop.

Ema est à découvrir en DVD / Blu-Ray / VOD depuis le 19 janvier pour une expérience visuelle inédite.

Le DVD / Blu-ray contient :
– le DVD / Blu-ray du film
– un livret avec interview de Pablo Larrain par Jean-Christophe Ferrari (Transfuge) et de Mariana Di Girólamo par Cédric Lépine (blog sur Mediapart) (36 pages)

Clip Real de E$tado Unido (feat. Stéphanie Janaiana)
Chanson Destino de E$tado Unido
Bande-annonce du film

Synopsis: Ema, jeune danseuse mariée à un chorégraphe de renom, est hantée par les conséquences d’une adoption qui a mal tourné. Elle décide de transformer sa vie.

Un ensorcelant album entre country et folk avec Atlas by Morgane & Jeff

Le duo Morgane & Jeff associe deux filets de voix pour des compositions tout en finesse et en sensibilité. Accompagnés d’une guitare et d’un orchestration toute en épure, ils proposent 6 morceaux dépouillés plein de rêves et de délicatesse avec une sincérité jamais démentie. C’est beau, c’est doux, la pop est douillette et moelleuse, parfait pour se laisser aller à la rêverie Entre pop et folk, le EP Atlas se déguste avec délectation.

Un duo attachant

Longtemps retardé à cause des circonstances que l’on connait, le EP Atlas by Morgane & Jeff est aujourd’hui disponible avec 6 titres nés sur la route et inspirés par les rencontres. Morgane & Jeff se fondent dans une pop/rock matinée de country, de bluegrass, et agrémentée de soul des sixties. Atlas évite les grandes envolées pour des ambiances plus intimistes, en français et en anglais, tout en sonorités acoustiques. Les deux acolytes ont parcouru la France, l’Europe, et l’Asie pour multiplier les concerts à bord de leur combi Volkswagen de 1986 restauré afin de rencontrer leur public. Le single Feuille de Route est un reflet parfait de leur quotidien de musiciens partis sur les chemins. Avec un clip réalisé par Martin Laugery, ils n’oublient pas la fragilité de la vie malmenée mais aussi enrichie par le temps qui passe. L’artiste malgache Jao intervient sur un titre avec sa voix si particulière pour faire décoller leur musique dans une autre dimension. Les harmonies vocales rappelleront à beaucoup Angus & Julia Stone pour une atmosphère pleine de bienveillance et de convivialité. Les auditeurs sont les bienvenus dans cet univers ouvert aux 4 vents, comme une veillée au coin du feu où tout le monde est le bienvenu. Associés depuis près de 4 ans, Morgane et Jeff se sont rencontrés sur scène pour un crush immédiat. S’en sont suivies 3 tournées françaises arpentées dans leur van avec notamment 15 dates en Asie (Birmanie, Thaïlande, Cambodge). Ils ont joué sur les scènes du Bus Palladium, du Réservoir, de La Bellevilloise et du New Morning. Autres moments de grâce scénique, cette scène partagée avec le groupe Cocoon à la Sorbonne et la première partie des Innocents le 16 novembre 2019 à l’Echonova de Vannes.

Morgane et Jeff sont encore au début d’une grande aventure qui pourrait les faire éclore auprès d’un plus large public avec l’EP Atlas, rempli de compositions délicates qui peut tourner pendant de longues heures sur la platine pour se laisser ensorceler par des voix tout en sensibilité folk.

Fantôme(s), un projet collaboratif musical fascinant de Gabriel Kröger et Marie-Lys à découvrir le 5 février

Fantôme(s) est le projet commun de l’auteur-compositeur Gabriel Kröger, originaire de région parisienne et de Marie-Lys, poétesse essonnienne également chanteuse du groupe de post-folk Lily. Leur projet collaboratif Fantôme(s) pourrait bien vous faire chavirer avec ses textes poétiques et ses rythmes oniriques. Loin des standards commerciaux actuels, le deux artistes creusent un sillon beaucoup plus personnel qui vise plus le cœur. Ma jeunesse, Sanctuaire et Petit fantôme sont quelques-uns des titres à découvrir le 5 février.

De la personnalité et du coeur

Fantôme(s) se veut le résultat d’un univers partagé par deux esprits créatifs rentrés en collision pour engendrer un projet multiforme entre synth-rock, batteries lo-fi, envolées post-rock et énergies new wave, jusqu’à même un noise agressif. Ils ont composé, écrit, enregistré, mixé et masterisé entièrement cet album sans se couler dans un quelconque moule technique. Tous deux autodidactes, ils se sont allés à ouvrir tout simplement leurs cœurs. Marie-Lys, la chanteuse du groupe Lily (Somnambule en 2018) et Gabriel Kröger (Journal d’un jeune dégueulasse, 2020) mélangent leurs plumes, leurs voix et leurs instruments pour accoucher de compositions intrigantes qui fascinent très vite. Ils ont poussé leur vigueur créative jusqu’à réaliser également les clips pour retranscrire les thèmes qui leur tiennent à cœur: l’absence, les retrouvailles, la mélancolie. Ils ont réutilisé des images d’archives perdues et anodines et filmé également au téléphone portable pour des atmosphères teintées de nostalgie, agencées à la mode artisanale et fait maison. Loin des circuits balisés de la production musicale classique, les deux artistes préfèrent conserver leur liberté pour un vrai lâcher-prise musical qui resplendit de sincérité et d’authenticité.

Le projet Fantôme(s) fait plaisir à écouter, les deux complices prennent un plaisir évident à marier leurs voix pour des compositions impossibles à ne pas réécouter en boucle. Ma jeunesse peut rester bloqué pendant de longues heures pour en saisir toutes les mini-ambiances mélangées avec bonheur. Vivement le 5 février.

Shanghai chagrin de Léopold Prudon, une BD initiatique intimiste au milieu de la foule, sortie le 14 janvier 2021 aux éditions L’association

L’auteur de la BD va se ressourcer en Chine pour faire le deuil de son père disparu. Il soliloque au milieu de l’architecture mi-moderne mi-décrépie de Shanghai, il se demande ce qu’il fait bien là, les raisons de son périple lui semblent d’abord obscures, le voyage tient de la redécouverte du monde autant que de lui-même, il lui faut se perdre pour se retrouver.

Une BD introspective de voyages

Le chagrin le dispute aux remords alors que le dessin extrêmement précis fait découvrir une ville protéiforme aux nombreux aspects. Ce qui apparait au départ comme une fuite désordonnée se transforme petit à petit en pèlerinage à l’ombre des buildings et au milieu d’une foule nombreuse. BD d’avant Covid, Shanghai chagrin fait le pari de l’introspection immersive pour un récit fait de bribes et de lambeaux. Léopold Prudon propose un livre de voyages dans un pays trop grand pour être complètement appréhendé autrement que par petites touches. Croyant pouvoir échapper à sa peine, il comprend qu’il va devoir vivre avec elle et la digérer en déambulant et en dessinant. Des souvenirs de discussion mettent en relief les rapports toujours distants entre le fils et le père, avec tous ces non-dits maladroits et inévitables. Les dessins d’architecture sont somptueux, montrant bien l’art de l’auteur pour capter le réel et se l’approprier.

Shanghai chagrin est une BD éminemment personnelle, comme une thérapie pour son auteur afin de réaliser le deuil toujours nécessaire même si douloureux. Les éditions L’association proposent un beau moment de rêverie entre béton et déambulations.

Synopsis: Après la mort de son père, Léopold Prudon part s’installer un an dans la tentaculaire agglomération chinoise. Un monde neuf, inconnu, où il observe les formes de la ville en tentant de ne plus penser à rien. C’est ainsi qu’il fait son deuil, dans cette ville étrangère qui se dévoile par fragments, au gré des cases, à travers un noir et blanc élégant et épuré : des lignes d’horizon rompues par le sommet des gratte-ciels, les courbes de béton des échangeurs autoroutiers, les passants anonymes ou les néons des sinogrammes qui clignotent dans la nuit. Des images auxquelles se superposent des bribes de poèmes liées à la mort de son père et des dialogues issus de conversations banales – comme pour souligner que la vie suit son cours. 

Editeur: L’association

Auteur: Leopold Prudon

Nombre pages / Prix: 144 pages / 17 euros

Certains cœurs lâchent pour trois fois rien, un livre bouleversant de Gilles Paris (Flammarion)

Certains cœurs lâchent pour trois fois rien, un livre bouleversant de Gilles Paris (Flammarion)

Qui ne connaît pas Gilles Paris ? Cela fait des années que nous suivons cet auteur, toujours avec admiration. On aime son style, à la fois simple et profond. Chaque mot a son importance. Après l’Autobiographie d’une courgette, La lumière est à moi, Le vertige des falaises, Inventer les couleurs, Gilles Paris nous ouvre son cœur avec Certains cœurs lâchent pour trois fois rien.

Vie intime et dépressions

Si à chaque livre, Gilles Paris se livre un peu, cette fois-ci, il se raconte vraiment. Pas en tant qu’auteur ou éditeur mais en tant qu’homme. On le savait très sensible, très humain, très à l’écoute de l’autre. Avec Certains cœurs lâchent pour trois fois rien, on le découvre aussi dans sa fragilité, son extrême humanité. Gilles Paris nous raconte son calvaire. Sans prévenir, la dépression l’atteint régulièrement. Et de façon très sévère. Huit dépressions en trente de vie. Traversées du désert, séjours nombreux en établissements psychiatriques. L’enfer au quotidien. Qui dure une éternité. Toujours au plus proche du gouffre…

Silences, souffrances, isolement, hospitalisations, détresses, épuisements, tristesses, déprimes, solitudes extrêmes… Et tout cela durant des jours et des jours, même des mois, même une année entière. Avant de toucher le fond de la piscine et de doucement remonter à la surface… de la Vie.

Gilles et son enfance

Son récit est bouleversant. Gilles ne se plaint pas, il nous décrit simplement ses différents états et l’incompréhension de ses proches. Mais pourquoi a-t-il aussi souvent des dépressions, lui  » qui a tout pour être heureux  » ? 

Gilles Paris fait lui-même une excellente analyse de sa vie et plus particulièrement des relations avec ses parents. Des violences verbales et physiques de son père ont entrainé des séquelles irréversibles. Comment est-ce possible d’avoir été autant maltraité ? Avec une mère qui n’a pas été capable d’être « suffisamment bonne », qui n’a pas tout fait pour sauver son enfant. Une mère plus épouse que mère. Une épouse abandonnée à cinquante ans… Une femme dépressive qui a beaucoup souffert alors Gilles lui pardonne…

Equilibre et amour

Gilles a réussi à trouver la force, à chaque fois, de se remettre debout, grâce à lui-même et aussi grâce à son mari. Laurent a constaté qu’après chacune de ses parutions, Gilles tombait ensuite en dépression. Il est possible qu’écrire lui demande un tel effort, qu’après, il reste vidé, au sens propre comme au figuré. A tel point que son mari lui demande d’arrêter d’écrire. Pour ne plus tomber en dépression. Impossible pour Gilles ! Cette fois-ci, il semble que Gilles ait trouvé son équilibre. Après avoir tant souffert et tant donné !

On espère qu’après Certains cœurs lâchent pour trois fois rien, Gilles va tenir le coup, et son coeur aussi, et que ce livre qui a dû le faire horriblement souffrir, va lui servir de thérapie. « Sortir » toutes ses souffrances peut permettre de guérir… On l’espère de tout notre cœur !

Quand on finit ce livre, on est à la fois bouleversés et en même temps, on est heureux d’avoir partagé tous ces moments intimes avec l’auteur qui est devenu au fil des pages, notre meilleur ami. On a envie de le prendre dans nos bras en lui disant que le plus dur est derrière lui et que maintenant la vie va, enfin, lui sourire… Et que tout son entourage, enfin presque (!), sera bienveillant à son égard. Tourné vers la lumière ! 

Ce livre peut aider beaucoup de personnes souffrant de dépression, qui est une maladie insupportable, pour tous. Mais guérissable !

Merci Gilles pour ce beau don de vous-même que vous nous avez fait !

On attend déjà avec impatience votre prochaine oeuvre !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 27 janvier 2021
Auteur : Gilles Paris
Editeur : Flammarion
Prix : 19 €

Une thèse savante et surprenante à découvrir avec La Transgression selon David Cronenberg aux éditions Playlist Society, sortie le 21 janvier 2021

Réalisateur clivant au possible, David Cronenberg est souvent perçu comme un adepte un peu timbré du gore, des provocations visuelles et de l’horreur soft. Quelques succès critiques et publics ont fini d’assoir une renommée sulfureuse, mais c’est faire bien peu de cas des intentions véritables du réalisateur canadien. Fabien Demangeot remet les choses à leur place en évitant soigneusement le premier degré pour analyser finement une oeuvre à la cohérence autant philosophique que cinématographique. 144 pages suffisent à convaincre de la pertinence du travail effectué, fouillé, complexe, cohérent. L’analyse est brillante et permet d’ouvrir des lucarnes insoupçonnées sur un esprit qui ne recherche jamais la transgression gratuitement.

Un réalisateur aux obsessions toujours renouvelées

C’est parce que les êtres humains enfouissent tous des névroses au plus profond d’eux-mêmes que David Cronenberg aime à s’intéresser autant à la manière qu’ils ont de tenter de vivre malgré tout. Il cherche à sonder les tréfonds de la psyché humaine pour en révéler les déviances engendrées autant que le lien ineffable entre corps et esprit, sans tabous, d’où des scènes parfois limites mais jamais gratuites, que ce soit au niveau de la sexualité ou des mutilations physiques. Ses personnages si souvent adeptes ou victimes de dégradations physiques jusqu’à ulcérer une bonne partie des spectateurs suivraient des tendances psychiatriques ou philosophiques que Fabien Demangeot analyse avec un brio jamais démenti dans un ouvrage impossible à lâcher jusqu’à la dernière page. Le scientifique de la Mouche, les frères jumeaux de Faux-semblants, l’auteur halluciné du Festin nu, le golden-boy de Cosmopolis, depuis Frissons jusqu’à Maps to the Stars, David Cronenberg n’hésite pas à creuser le sillon de la transgression comme révélation à soi-même. S’il choque finalement la morale de beaucoup, c’est pour révéler la nature profonde de ceux qui ne peuvent pas subsister dans le cadre habituel proposé par la société. La lecture révèle surtout un esprit à l’oeuvre qui ne se contente pas de regarder la réalité par le petit bout de la lorgnette. Les personnages adeptes de sexualité extrême et de tole froissée dans Crash vivent pleinement leurs existences, à la fois sans se préoccuper de convenir à l’éthique collective ni hésiter à mettre leur chair à nue. L’auteur multiplie les références pour étayer son propos et finir de convaincre que Cronenberg n’est pas, comme certains les pensent, qu’un esprit malade mais au contraire un observateur avisé de l’esprit humain.

La transgression selon David Cronenberg est un ouvrage qui pourrait faire date dans la littérature d’analyse cinématographique tant l’auteur parvient à démontrer brillamment que Cronenberg échafaude un édifice complexe et savant au fur et à mesure de sa filmographie. Un peu comme Bergman ou Kurosawa avant lui, il y a pire comme comparaisons.

Synopsis: Après ses débuts dans la sphère underground de Toronto, à la fin des années 1960, David Cronenberg s’est imposé comme un auteur majeur capable de passer avec aisance du mainstream à l’expérimental, sans perdre sa singularité de cinéaste. Son œuvre met en scène des corps mutants, façonnés par la science et la technologie, comme dans La Mouche ou Crash, ou simplement victimes de l’environnement dans lequel ils évoluent. À travers eux, le cinéaste explore les zones insoupçonnées de l’inconscient et interroge la nature, à la fois provocatrice et libératrice, du fantasme. La Transgression selon David Cronenberg analyse l’œuvre d’un observateur de la nature humaine qui redéfinit, par le biais du corps, notre rapport au monde, à l’esthétique et à la morale.

Editeur: Playlist Society

Auteur: Fabien Demangeot 

Nombre de pages / Prix: 144 pages / 14 euros

Fureur des corps et contemporanéité par quatre chorégraphes d’aujourd’hui à (re)voir

Fureur des corps et contemporanéité pour une soirée gagnante du Ballet au Palais Garnier
The Seasons’ Canon – Crystal Pite © Julien Benhamou / OnP

Fureur des corps et contemporanéité par quatre chorégraphes d’aujourd’hui à (re)voir : Thierrée / Shechter / Pérez / Pite

Danse et genres sont à l’honneur de ce programme présenté au Palais Garnier en 2018 qui questionne le masculin et le féminin en passant par un dépassement des deux pour se confondre en un profil androgyne et qui est à revoir à la fin de cet article. Une traversée portée par une ferveur des corps et une contemporanéité dont les danseurs de la compagnie parisienne se sont appropriés le vocabulaire et l’esthétique, dans un geste aussi enlevé que maîtrisé.

Un univers ardent

On est accueilli en préambule de la soirée par James Thierrée et ses créatures étranges dont il a le secret, qui voient des corps mi-humains/mi-insectes s’articuler, déambuler, ramper, muer, dans les parties publiques du Palais Garnier où chaque figure, chaque vision, chaque sonorité, renvoie à son univers baroque et toujours ardent.

Un lâcher prise

La soirée se poursuit avec « The art of not looking back” créée par l’israélien Hofesh Shechter en 2009, qui fait son entrée au répertoire.

Portée par des danseuses sous haute tension, la pièce fait écho au choc vécu par le chorégraphe israélien lorsqu’il fut abandonné par sa mère au plus jeune âge. Tour à tour guerrières, pionnières ou victimes, les danseuses hypnotisent l’espace dans une ambiance tribale à l’abri de mouvements d’ensemble désarticulés dans une lumière blanche puis vive, avant une libération brutale et salvatrice.

Puis,“The Male dancer” de l’Espagnol Iván Pérez interroge avec 10 interprètes masculins la figure du danseur pour s’affranchir et se libérer de son image normative, porté par un geste pluriel célébrant le corps et sa nouvelle symbolique, qui fait exploser les codes de la masculinité.

Un embrasement chorégraphique

Le spectacle se termine avec le retour très attendu de la chorégraphe canadienne Crystal Pite, qui fut élève de William Forsythe au Ballet de Frankfort, et sa création “The Season’s Canon” dont l’embrasement nous laisse une fois encore, sans voix.

Un oeuvre phénoménale pour 54 danseurs sur les Quatre Saisons de Vivaldi en version revisitée par Max Richter, sur une chorégraphie organique et d’une intensité inouïe où le rituel d’une communauté humaine se charge d’une danse tellurique aux prises avec les éléments/phénomènes déclinant chaque saison.

Les danseurs sans distinction de genre, en pantalon de treillis et torse-nus, le cou tatoué d’une minerve colorée en vert, embrassent le monde naturel et ses mystères dans une chaîne de mouvements, les liant les uns aux autres, ainsi qu’une tension dramaturgique palpable, le tout emmené par la cheftaine et royale Marie-Agnès Gillot.

Disponible du 10/01/2021 au 16/05/2021

Chorégraphes : James Thierrée, Hofesh Shechter, Ivan Pérez, Crystal Pite

Les vins de l’état américain de New York, une variété impressionnante de cépages et d’appellations

Les New York Wines se dévoilent à travers des webinars qui permettent d’en savoir plus sur une région viticole mal connue de ce côté de l’Atlantique. Le 5e épisode animé par Olivier Borneuf, journaliste critique du nouveau media La Tulipe Rouge après 5 années passées au guide Bettane+Desseauve a permis d’en savoir plus sur les millésimes issus de cette vaste région, aussi étendue que la distance MarseilleDijon. Plusieurs vignerons ont participé à cet évènement avec de beaux enseignements.

Une région viticole riche et variée

Après une première dégustation comme une belle introduction aux vins de l’état de New York, le moment est venu de creuser pour en savoir plus. Lilia Pérez de RGNY Vineyards, Gilles Martin de Sparkling Pointe, Erwin Kalmar de Four Maples Vineyard & Winery et Louis Barruol ont apporté leurs lumières savantes grâce à leurs riches expériences œnologiques. Les présentations se sont faites en français car beaucoup viennent de notre beau pays, comme Gilles Martin, né en Champagne et diplômé en biologie à Paris avec un master en œnologie reçu à l’université de Montpellier, spécialisé dans les vins effervescents. Son vintage 2017 méthode champenoise n’a rien à envier aux champagnes de chez nous. Composé de 54% de Chardonnay, 33% de Pinot noir et 13% de Pinot Meunier, il est élevé à North folk of Long Island avec 12 autres produits uniquement effervescents, du brut au long vieillissement. 16 hectares de vignes permettent aux 3 cépages faire de très bons vins effervescents. Le vin est proposé à 31 $USD avec un très bon rapport qualité prix pour un vin titré à 13,5%. Olivier Borneuf explique que l’Etat de New York est un grand état pour le vin avec un territoire de 550km de long, autant que la distance Marseille – Dijon. 10 OWR (Official Wine Regions, équivalent des AOC) permettent de produire 170 millions de bouteilles chaque année et de recevoir 5M de visiteurs annuels. Les conditions particulières de climat génèrent des expressions très différentes dans les vins. La latitude est équivalente à Saragosse mais les conditions se rapprochent plus des vins de Bordeaux. La présence d’une grande quantité d’eau à proximité permet l’existence d’une grande variété de cépages très différents. Rouge, blanc, sparkling, il n’y a aucune limite pour une production qui s’adapte aux gouts du public. Les plantations suivent les gouts du marché et le poids de l’héritage historique est moins important que chez nous. Les températures de la région sont plutôt basses, ce qui représente des conditions spéciales pour faire pousser la vigne. Les températures descendent parfois jusqu’à -4°C, ce qui est difficile pour le Pinot Noir ou le Cabernet, d’autres variétés plus nordiques sont choisies pour mieux s’adapter au climat et répondre aux demandes du marché: Marquette, Seyval, Traminette, Sabrevois du Canada, Chambourcin, Catawba.

Une agriculture souvent certifiée bio

L’agriculture locale recherche de plus en plus souvent des certifications bio pour montrer le respect de l’environnement avec des certificats malgré les difficultés locales, notamment en terme de biodynamie. La vision organic est difficile à imposer du fait de la très grande humidité de la région, avec son lot de maladies liées. Deux autres cuvées ont pu être dégustées. Le 2017 Four Maples Vineyard and Winery, Cuvée du Petit Champlain, Champlain Valley of New York, composé de 75% de Marquette et 25% de Frontenac rouge. Malgré une année difficile et des vendanges tardives le vin est très équilibré avec une belle acidité. Proposé au prix de 22 $USD, ce vin est parfait pour la garde. Chez RGNY Wine, le 2018 Scielo Tinto se compose de 43% de Merlot, 37% de Carbenet Sauvignon, 10% Carbernet Franc et 10% Petit Verdot. Titré à 12,7%, il est proposé à 30 $USD avec des beaux aromes fruits rouges, une belle acidité et un bel équilibre.

La présentation en ligne a permis de beaux échanges avec des viticulteurs passionnés pour en savoir plus sur les vins de la région de New York, avant peut-être une visite prochaine des exploitations?

Drôles d’oreilles ! Elles sont à toi, petit poussin ? (Casterman)

Drôles d’oreilles ! Elles sont à toi, petit poussin ? (Casterman)

Casterman sort une nouvelle collection pour tout-petits, des livres marionnettes : Drôles d’oreilles ! Il s’agit de petits albums entièrement cartonnés d’où jaillit de très belles oreilles, très douces au toucher.

Mais à qui sont-elles ces oreilles ?


L’idée est très originale et les dessins naïfs et colorés ne peuvent que plaire à nos charmants bambins !


Et dans le fond, sommes-nous assez attentifs pour connaître la forme des oreilles du poussin, ou encore du mouton, ou de l’âne ? pas si sûr !


Drôles d’oreilles ! Elles sont à toi, petit poussin ? un album drôle, câlin et intelligent ! A offrir dès la naissance !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 13 janvier 2021
Auteur : Collectif
Illustrateur : Collectif
Editeur : Casterman
Prix : 9,95 €

Nouvelles dégustations pour la Saint-Valentin 2021 des vins et spiritueux

Après une première dégustation de vins et spiritueux pour la Saint-Valentin 2021, 4 nouvelles cuvées ont été découvertes pour des confirmations de la qualité des grandes appellations dégustées.

Promesse 2018, Côte Rôtie, Domaine Christophe Pichon

Ce beau mélange est un assemblage de cépages Syrah pour 90 % et Viognier pour 10 %. A l’œil, la cuvée se distingue par sa robe rubis profond à nuance pourpre. Le nez est intense, vif et mûr fraise-groseille, muscade vanille, tabac blond. La bouche est ronde, croquante, épicée, fruitée, fraîche et fondue jusque dans la longueur. Le vin est en parfaite harmonie avec les mets suivants: terrine de campagne, tikka masala, faisan rôti, côte de bœuf et le fromage coulommiers. Distribué en vente directe, en CHR et chez les cavistes, le vin est proposé au prix TTC départ cave de 40 euros. Une merveille à ne pas manquer.

Château Landat 2016, Haut-Médoc – Domaines Fabre

Composé des cépages Cabernet sauvignon pour 60 %, Merlot pour 35 % et Petit verdot pour 5 %, ce vin apparait d’abord avec une belle robe chatoyante. Le nez est porté sur des notes de fruits noirs, de nougatine, de grillé. La bouche est souple et ample avec des touches de musc, de sous-bois et des nuances boisées. Le vin accompagne idéalement de la viande rouge, une côte de bœuf, un carré d’agneau aux herbes et du chaource. Distribué en vente directe, en CHR et chez les cavistes, le vin est proposé au prix TTC départ cave de 14,50 euros, un très bon rapport qualité-prix.

Boléro 2018, Domaine Cauhapé – Jurançon moelleux

Composé de 100% de Petit Manseng, ce jurançon typique de l’appellation et vraiment inoubliable apparait avec une belle robe dorée et brillante. Le nez est intense et frais avec des touches de fruits exotiques, d’agrumes et des notes de pain d’épice. La bouche est gourmande, fraîche et croquante. Le vin se déguste avec du foie gras mi-cuit, une cuisine sucrée-salée, une tarte aux fruits (abricots, pêches, fraises), de la charlotte ou une salade de fruits. Distribué en vente directe, en CHR et chez les cavistes, le vin est proposé au prix indicatif TTC départ cave de 15.90 euros. Une splendeur.

Liqueur Orange Cinnamon, Domaines Francis Abécassis – Cognac

Composé de 100% de cépage Ugni-blanc, ce cognac se distingue par son fruité orange, finement épicé cannelle. Il se déguste idéalement avec du chocolat noir 85 % et plus, une tarte tatin et de la brioche façon pain perdu. Distribué en vente directe, en CHR et chez les cavistes, ce cognac vraiment surprenant et addictif est proposé au prix indicatif TTC départ cave de 42.90 euros pour une vraie expérience inoubliable.

Black beach de Esteban Crespo, un thriller prenant disponible en VOD le 14 janvier

Les réalisateurs espagnols sont à la fête depuis quelques années si on en juge le rythme de sortie de thrillers plus palpitants les uns que les autres. Après La Isla Minima, Que dios nos perdone ou El Reino, ce Black Beach continue à creuser un sillon à succès. Raul Arevalo est de retour pour interpréter une sorte de mercenaire à la solde d’une grande multinationale occupée à des business douteux. Plongé dans des luttes de pouvoir qui le dépassent au cœur d’une Afrique corrompue, il navigue entre règlements de compte et secrets d’état. Du rythme, des courses effrénées, des trahisons, le compte y est pour un bon moment de suspense.

Un thriller épileptique

Raúl Arévalo attire la caméra à lui tout du long d’un film labyrinthique où les cadavres s’enchainent comme des perles. Entre Afrique dangereuse et Europe des multinationale où l’argent coule à flot dans des cercles très restreints, la loi est peu de choses comparé aux rivalités économiques. Black Beach est le nom d’une prison connue pour sa brutalité au cœur de la Guinée Equatoriale. La ligne d’équilibre entre bien et mal est rendue bien floue alors que le personnage de Carlos Fuster ne cesse de rencontrer de nouveaux obstacles sur son chemin. Alors que sa femme enceinte l’attend sagement au pays, il doit continuer à débroussailler sans fin les décombres d’un continent laissé à l’abandon où les énigmes ne cessent d’apparaitre. Le second long métrage du réalisateur espagnol Esteban Crespo est d’une efficacité redoutable et le thriller vire au drame quand les victimes collatérales pavent le chemin du héros à son grand désarroi. L’intrigue internationale est prenante, les double jeux se font jour et la tension ne baisse jamais d’un degré. L’actrice Candela Peña déjà entrevue chez Almodóvar fait une apparition remarquée en amie indéfectible.

Black Beach est un thriller classique des plus efficaces, disponible en VOD le 14 janvier 2021 pour un visionnage sans ennui.

Synopsis: Carlos Fuster, cadre dirigeant espagnol, vit à Bruxelles et travaille pour une importante société pétrolière américaine. Il mène une vie luxueuse, animé par l’espoir de devenir associé de son entreprise et déménager à New York avec sa femme Susan. Mais ses plans tournent mal lorsqu’il est choisi par sa direction pour négocier la libération d’un ingénieur américain, kidnappé dans un pays insulaire africain isolé…

Petits contes de sagesse au pays de Wardé, un très beau livre illustré (Père Castor)

Petits contes de sagesse au pays de Wardé, un très beau livre illustré (Père Castor)

Petits contes de sagesse au pays de Wardé a été écrit par l’autrice Kochka et illustré par Donatien Mary. C’est un album hors du commun. Un album qui peut se lire à différents niveaux, et très joliment illustré !

20 contes aux saveurs d’Orient vont ouvrir l’esprit du lecteur. Chaque soir, le père de Wardé raconte une histoire à sa fille et pour être sûr que Wardé a bien compris, il lui pose deux, trois questions sur le conte. Du coup, l’histoire prend tout son sens, un peu comme une leçon de vie, une leçon de morale, de sagesse (écrit en rouge). Quelle belle idée !

Chaque histoire est emplie de trésors. Chaque lecteur en sera émerveillé.

Que ce soit l’histoire du tableau noir, où le maître de l’école est jugé comme mauvais car les enfants n’ont pas assez de travail à faire, ou l’histoire du manteau de la vérité, qui transforme la vie d’une petite fille, ou l’histoire du fil d’or dans les cœurs, où le grand-père révèle son trésor à son petit-fils, toutes ces histoires dévoilent les secrets de la Vie !

Publik’Art a été très touché par ces petites leçons de philosophie, à la portée des tout jeunes lecteurs, dès l’âge de 7 ans ! Notre coup de cœur de cette rentrée, assurément !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 13 janvier 2021
Auteur : Kochka
Illustrateur : Donatien Mary
Editeur : Père Castor
Prix : 12€

Silence version Masahiro Shinoda réalisé en 1971, en exclusivité sur le Video Club Carlotta Films du vendredi 15 au mardi 19 janvier inclus

En avant-première de sa sortie en Blu-Ray et DVD du 24 mars prochain, le chef d’oeuvre qui a inspiré Martin Scorsese est disponible sur Video Club Carlotta du 15 au 19 janvier. Eh oui, Scorsese s’est inspiré du film japonais de 1971 du même nom pour son film de 2016. Avec beaucoup plus de dialogues en japonais mais pas beaucoup de portugais, encore une fois, malgré la présence de jésuites portugais au XVIIe siècle. Le résultat est tout de même poignant avec une chasse aux chrétiens qui ouvre la porte aux plus bas instincts primaires de l’être humain…

Un film historique douloureux

Adapté du roman du même nom de Shusaku Endo, également embauché pour être coscénariste du film, Silence évoque le conflit culturel engendré par la peur que suscitaient les missionnaires jésuites portugais arrivés au Japon lors d’un XVIIe siècle toujours dominé par l’ordre social immémorial des shoguns et des samouraïs. Qu’un nouvel ordre puisse bousculer l’ancien, c’est intolérable pour des seigneurs sans vergogne, avec exécutions et tortures à la clé. Pour ceux qui ne le savaient pas, Scorsese n’a rien inventé et Andrew Galfield accompagné d’Adam Driver ne sont que les successeurs de Francisco Garrpe et Sebastian Rodrigo et 45 ans séparent les deux films. Masahiro Shinoda fut une figure clé de la Nouvelle Vague japonaise, et il n’hésitait pas à questionner la difficulté à faire cohabiter plusieurs cultures avec des natures humaines devenues moins obéissantes à l’ordre ancien. Le grand directeur de la photographie Kazuo Miyagawa (Rashomon d’Akira Kurosawa, L’Intendant Sansho de Kenji Mizoguchi) officie sur le film avec une mise en scène qui fait ressortir l’intense spiritualité de personnages qui tentent de sauvegarder leur foi malgré les perspectives de souffrances et de coercition. Au milieu de magnifiques paysages japonais, le film se déroule comme une chasse aux sorcières qui fait froid dans le dos. Le pays se transforme en territoire insondable avec le regard différent des jésuites portugais, forcément décontenancés par les différences culturelles locales. Le conflit aboutit comme chez Scorsese à un face-à-face magistral entre les pères Rodrigues et Ferreira, et le seigneur japonais qui rappelle la rencontre entre le colonel Kurtz et son futur meurtrier dans Apocalypse Now. La joute verbale est pleine de sens avec une profondeur qui interpelle le spectateur.

Le voyage spirituel est éblouissant et le film Silence laisse un peu plus la place au réalisme que chez Scorsese. Peut-être parce que le réalisateur est japonais, et non pas américain. Le film est à découvrir pour une vraie immersion dans une culture millénaire.

Synopsis: Au XVIIème siècle, deux prêtres portugais débarquent sur les côtes japonaises. Leur but est d’infiltrer la communauté chrétienne contrainte à la clandestinité par les autorités féodales, et de réimplanter l’Eglise dans ce pays insulaire isolé. Bientôt persécutés à leur tour, les prêtres vont découvrir la terrible vérité cachée derrière la disparition d’un autre missionnaire des années auparavant…

Saria, l’intégrale BD de Jean Dufaux, Paolo Serpieri et Riccardo Federici (Delcourt)

Saria, l’intégrale BD de Jean Dufaux, Paolo Serpieri et Riccardo Federici (Delcourt)

Paru pour la première fois en 2007 sous le nom Les Enfers, ce récit de Jean Dufaux a été rebaptisé Saria après que Riccardo Federici a succédé à Paolo Serpieri en tant que nouvel illustrateur en 2012. Un triptyque tout juste terminé qui s’est offert une belle intégrale – déjà en rupture de stock – avant les fêtes de fin d’année.

Le monde de Saria est peuplé de créatures fantastiques qui semblent tout droit sorties des enfers. Un récit fantastique sombre où s’affrontent un oncle (le Doge, détenteur actuel d’un pouvoir fasciste) et sa nièce (Saria, l’héritière légitime portée disparu) dans une quête d’artefacts (3 clés pouvant ouvrir l’enfer, le paradis ou le néant) et de pouvoir au coeur de la cité Vénitienne. Les auteurs développent un univers baroque à l’identité marquée dont l’ambiance générale oscille entre intrigues politiciennes, violences et horreurs exacerbées interprétées par des créatures des plus inquiétantes…

Le changement d’illustrateur opère quant à lui un changement assez radical de style graphique mais sans porter atteinte à l’intégrité du récit de Jean Dufaux dont l’esprit, l’univers et l’efficacité restent intacts. Un défi dans le défi, très bien relevé.

Saria ne manque pas d’originalité, et hypnotise presque son lecteur, entre mysticisme, horreur et décadence… A découvrir.

Extrait de la BD : 

Résumé de l’éditeur :

La saga dystopique de Jean Dufaux, Paolo Serpieri et Riccardo Federici qui prend place dans une Venise baroque en proie aux luttes des pouvoirs est enfin disponible au format intégral. À la mort de son père, Saria s’est vue confier trois clefs, l’une donne accès à la porte du Paradis, l’autre aux Enfers et la troisième au Néant. Fuyant le Doge, et ses sinistres phalanges fascii prêts à tout pour s’emparer des clefs du pouvoir, la jeune fille se forge une nouvelle incarnation, celle de La Luna, héroïne du peuple vénitien. Mais pour accomplir sa destinée, Saria devra traverser les Enfers…
 
Date de parution : le 18 novembre 2020
Auteurs
: Jean Dufaux, Paolo Serpieri et Riccardo Federici
Genre
 : Fantastique
Editeur : Delcourt
Prix : 29,95 € (192 pages)
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La jeune chanteuse Rosemarie dévoile son délicat morceau Le Lilas le 13 janvier 2021

C’est avec son premier titre Nuit d’été sorti en septembre que Rosemarie a commencé à se faire connaitre. La chanteuse sort son deuxième clip Le lilas le 13 janvier et l’année 2021 pourrait bien être parfaitement remplie si les évènements sanitaires le permettent. Ouvertures prévues pour Pomme et pour Shannon Wright, de quoi accroitre sa notoriété, le temps le dira.

Une chanteuse à texte tout en délicatesse

La chanson française compte désormais une nouvelle référence pleine de talent. Celle qui se faisait autrefois appeler Paillette utilise allègrement sa belle voix à coup de musique féérique avec des textes en français qui rivalisent de poésie. Le clip de Le Lilas a été tournée dans l‘Ardèche. Les paroles sont sans concession avec une rupture amoureuse douloureuse abordée avec recul mais pas sans déchirement. La musique accompagne la sensibilité de la voix et des paroles pour un trip doucereux qui parlera à chacun. La chanteuse se met-elle à nu après une histoire personnelle délicate? Le mystère reste entier, la chanson pourra en tout cas résonner différemment dans l’esprit de chaque auditeur. Agée de 27 ans (l’âge Rock’n’Roll?), Rosemarie est originaire de Saint-Etienne mais habite à Lyon depuis plusieurs années. Elle écrit et compose en français depuis tout récemment. La musique est déjà une longue histoire pour elle qui a suivi un cursus en piano classique au conservatoire, de quoi partir sur des bases solides. Le morceau Le Lilas a été composé et écrit par Rosemarie et arrangé par Olivier Koundouno, qui a bossé entre autres avec Emily Loizeau et Dick Annegarn. Le premier titre Nuit d’été sorti en septembre a suivi le même cheminement. Rosemarie se définit comme une artiste-entrepreneuse car elle s’occupe de tout, constamment au mour et au foulin: auto-production, promotion, booking, c’est à un vrai sacerdoce qu’elle se consacre pour vivre sa passion de la musique.

Ce titre Le Lilas s’insinuera dans votre esprit pour ne plus vous lâcher avec sa douceur délicate et sa mélancolique poétique. Il faut écouter et soutenir cette jeune artiste bien décidée à se faire sa place sur la scène musicale francophone!

Après l’enfer, T02 : BD de Damien Marie et Fabrice Meddour (Grand Angle)

Après l’enfer, T02 : BD de Damien Marie et Fabrice Meddour (Grand Angle)

Scénarisé par Damien Marie (La Cuisine du diable, Ceux qui me restent, Back to perdition, Dans mes veines) et illustré par Fabrice Meddour (John Arthur Livingstone), Après l’enfer est à la croisée du récit historique et du conte fantastique. Dans l’après guerre de sécession, les auteurs nous emmènent au coeur du Bayou pour un voyage initiatique vaudou au milieu des esprits.

Le Bayou d’Oz empreinte aussi des faux airs d’Alice au Pays des Merveilles et multiplie les clins d’oeil et références au magicien d’Oz, en compagnie de ces trois soldats confédérés, de Dorothy et d’Alice perdus et menacés dans cet abîme marécageux et hostile. Et c’est évidemment Alice qui fera le plus grand voyage…

Un scénario qui cultive les subtilités, que l’on prend plaisir à lire malgré quelques temps d’égarement.  Le dessin inspiré de Fabrice Meddour n’y est sans doute pas étranger : le trait est brut et naturel, mis en valeur par une coloration aquarelle qui l’est tout autant. 

Un diptyque qui marque par son originalité, à découvrir.

Extrait de la BD : 

Résumé de l’éditeur :

«Pour Alice et Dorothy, l’âpre réalité du Sud vaincu est un conte noir à mille lieux d’Oz et du pays des Merveilles…». La Guerre de Sécession terminée, trois confédérés démobilisés reviennent sur leurs terres exsangues. De leur rencontre avec Alice et Dorothy va naître l’espoir de se reconstruire autour d’un même but : retrouver le trésor du Sud spolié par ces mystérieux 12 soudards à la traîne des troupes de Sherman et menés par La Reine et le Chapelier. Le petit groupe s’enfonce dans le Bayou d’Oz où la frontière entre la vie et la mort se délit.
 
Date de parution : le 13 janvier 2021
Auteurs
: Damien Marie et Fabrice Meddour
Genre
 : Aventure
Editeur : Grand Angle
Prix : 14,90 € (64 pages)
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Roméo et Juliette sous le regard endiablé d’Eric Ruf, diffusé sur le site de la Comédie-Française

Roméo et Juliette : l'amour à mort sous le regard d'Eric Ruf

Roméo et Juliette sous le regard endiablé d’Eric Ruf, diffusé sur le site de la Comédie-Française le 09 janvier

Pour sa première mise en scène en tant qu’administrateur de la Comédie-Française, Eric Ruf s’attaquait à la légende de Roméo et Juliette dont il retenait la fureur de vivre : « un éclair avant la mort », où à quitte ou double se joue la liberté d’aimer envers et contre tous. Une réussite.

Eric Ruf met ainsi l’accent sur la figure de l’héroïne dont le premier amour transgressif en fait une rebelle, prête à tout pour en découdre. Elle y incarne cette soif de vivre immergée dans un environnement rude marqué par l’autoritarisme d’un père qui empêche toute possibilité d’émancipation.

Et pour traduire l’urgence et l’absolutisme de ces vies consumées qui passent de la passion à la mort en quelques jours, le metteur en scène choisit le sud de l’Italie des année 30, sa lumière accablante, avec son ambiance mafioso et de vendetta où les hommes ont le sang chaud et ne transigent pas.

Le spectacle enregistré à la Comédie-Française, le 13 octobre 2016, est diffusé sur le site de la Comédie-Française , le 09 janvier 2021 à 20h30.

[…] Suliane Brahim, littéralement possédée par le rôle, est une juliette immense […]

Le pièce s’ouvre sur la scène de bal très réussie emportée par la fête, instant suspendu à l’énergie explosive et flamboyante d’une jeunesse invincible et sans limite. Quant à la déclaration du balcon où les amants se jurent à la vie à la mort leur amour, elle imprime entre le verbe et la chair, cette brûlure fiévreuse où Juliette, retranchée du sommet d’une corniche, en déséquilibre, un pied dans le vide à plusieurs mètres de hauteur, assène sa pleine et entière volonté, habitée de tout son être par un désir irrépressible.

Une urgence de vivre qui consume les êtres dont les situations et les tirades mémorables cristallisent cette passion à la vie, à la mort. Où l’effervescence et la tension sont portées à leur paroxysme, le tout incarné par des acteurs du Français à leur meilleur.

Une danse de mort inaugurale donc, tel un fil rouge, qui imprègne en filigrane toute l’intrigue entre tragédie et comédie. Où la course folle de deux amants jusqu’auboutistes qui voit les tensions entre les camps opposés à leur union se tendre, s’exacerber face à leur refus implacable de tout compromis.

[…] Une relecture vivante  […]

Image finale saisissante que celle du mausolée où des spectres sont recouverts de robes sculpturales signées Christian Lacroix dont les tons subtiles et les matières de tous les costumes se fondent au climat ambiant propre à chaque situation.

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© Vincent Pontet, coll. Comédie-Française

Suliane Brahim, littéralement possédée par le rôle, est une juliette immense : ardente et résolue, sa voix grave transporte l’écho sourd de la guerre intérieure à laquelle elle se livre. Tandis que Jérémy Lopez incarne un Roméo fougueux et impulsif, l’anti-héros par excellence.

Les autres personnages ne sont pas en reste : Danièle Lebrun est parfaite en épouse dévouée et soumise à son mari Capulet (Didier Sandre) dont la rosserie dans une scène d’altercation avec sa fille atteint son paroxysme. Pierre Louis-Calixte campe un Mercutio aussi ravageur que farceur impénitent et que Serge Bagadassarian est un Frère Laurent cocasse, rapidement dépassé par la tournure des évènements.

Enfin, Claude Mathieu est une nourrice attachante qui témoigne d’une sensibilité débordante, et toujours à l’écoute attentive de Juliette.

Une relecture vivante et d’une grande cohérence qui restitue toute la richesse de la langue shakespearienne. Bravo.

Bande annonce

Date : 09 janvier 2021 sur le site de la Comédie-Française à 20h30
Metteur en scène : Eric Ruf

L’Oiseau Rare T02 : BD de Cédric Simon et Eric Stalner (Grand Angle)

L’Oiseau Rare T02 : BD de Cédric Simon et Eric Stalner (Grand Angle)

Suite et fin du diptyque L’Oiseau rare avec la parution de La Grande Sarah, album conclusif dont l’univers de la fin du XIXe est toujours aussi plaisant à parcourir. Le premier tome avait été une jolie découverte, proposée par Cédric Simon en tant que scénariste et par Eric Stalner, dessinateur.

On retrouve la bande d’amis d’Eugènie, véritable famille adoptive, prête pour aider la jeune fille à réaliser tous ses rêves. Et les petites combines vont prendre une allure plus risquée dans ce nouvel opus. La violence n’est jamais loin, et le danger plane sur la bande. On suit son épilogue à travers un récit fleuve, qui ne se précipite pas et évite les écueils. Une écriture maitrisée, servie par la finesse des traits de Stalner, dont on ne se lasse d’admirer le sens du détail. 

L’Oiseau rare est ainsi un bon divertissement, qui fait voyager à une autre époque et n’oublie pas de nous tenir en haleine. 

Extrait de la BD : 

Résumé de l’éditeur :

Dans ce bidonville parisien, au milieu du petit peuple chassé par la spéculation immobilière, vit Eugénie et sa bande : le vieil Arthur, Tibor, l’ancien dompteur hongrois et les deux frères, Constantin et Lucien. Le ciment de cette famille, c’est Eugènie qui les entraîne dans son rêve fou de reconstruire l’Oiseau rare, le cabaret de son grand-père. Pour cela, chanter dans les rues ne suffit pas. C’est un prétexte pour attirer les bourgeois aux bourses pleines. Vols et filouteries sont leurs véritable activité. Mais les combines de plus en plus risques, les problèmes avec les apaches et la police vont précipiter le petit groupe dans une spirale dangereuse.
 
Date de parution : le 13 janvier 2021
Auteurs
: Cédric Simon et Eric Stalner
Genre
 : Aventure,
Editeur : Grand Angle
Prix : 14,90 € (64 pages)
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A mains nues, un très chouette album de Leïla Slimani (Les Arènes BD)

A mains nues, un très chouette album de Leïla Slimani (Les Arènes BD)

Publik’Art suit de très près Leïla Slimani et toujours avec passion ! Cette fois-ci, l’auteure nous livre une BD qu’elle a créée avec Clément Oubrerie. Leïla a écrit le texte de cette BD alors que c’est Clément qui l’a merveilleusement illustrée.

Le scénario original

L’histoire commence en 1900. Suzanne Noël est alors une petite fille qui débarque dans la capitale. Puis, on assiste à son mariage avec Henry Pertat, un médecin parisien. Ce sera son propre mari qui va l’aider à reprendre ses études. D’abord le Bac, puis des études de médecine. Bien sûr, rien ne sera facile pour elle car à l’époque peu de femmes se lançaient dans de telles études.

Une ambiance de l’époque

Les illustrations sont tout simplement sensationnelles pour nous restituer l’ambiance de l’époque. Que ce soit au niveau de l’environnement comme des costumes !
Suzanne Noël est en avance sur son temps et jouit d’une certaine liberté, y compris sur le plan personnel. C’est une femme résolument en avance sur son temps. Féministe et d’une intelligence foudroyante.

Non seulement on découvre la vie qu’a menée cette femme mais aussi son évolution durant des années avant d’arriver à sa passion : la chirurgie esthétique. Elle a été à l’origine d’une vraie révolution ! Non sans douleur et non sans critique !

A mains nues dévoile la vie incroyable de Suzanne Noël à qui nous devons la chirurgie esthétique, chirurgie qui a changé un nombre de vies incalculables dans le Monde, surtout après la 1ère Guerre Mondiale qui avait massacré tant de soldats ! Qu’il est bon de rendre hommage à cette femme ! Notre coup de coeur de cette rentrée !

On attend donc, déjà, avec impatience le Tome 2 !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : Novembre 2020
Auteur : Leïla Slimani
Illustrateur : Clément Oubrerie
Editeur : Les Arènes BD
Prix : 20€

Les entraîneurs les plus titrés de la Ligue des Champions

Les entraîneurs les plus titrés de la Ligue des Champions

La Ligue des Champions est la plus prestigieuse des compétitions des clubs en Europe. Le Real Madrid est le club le plus titré de ce tournoi avec 13 succès. Nombreux sont les entraîneurs qui ont le privilège de décrocher au moins une fois le trophée de la C1. Mais seulement trois ont plus remporté que les autres : il s’agit notamment de Bob Paisley, Carlo Ancelotti et de Zinedine Zidane. Ces trois ont la particularité d’avoir tous été joueurs avant d’embrasser la carrière d’entraîneur. Retour sur leur parcours en Ligue des Champions.

Bob Paisley, l’inoubliable à Liverpool
Si Jurgen Klopp a permis à Liverpool de remporter sa dernière Ligue des Champions lors de la saison 2018-2019 (contre Tottenham en finale), il y avait un homme tres populaires comme les paris sportifs en France, qui compte trois succès avec les Reds. Robert « Bob » Paisley était un ancien défenseur de Liverpool qui a joué entre 1930 et 1954 avec plus de 250 matches joués. Sa carrière d’entraîneur a démarré en 1954 ou il a pris en charge l’équipe réserve de Liverpool. Mais en 1974, il est promu entraîneur principale de l’équipe première. Il a remporté six titres de Premier League sur le banc (1976, 1977, 1979, 1980, 1982 et 1983), trois coupes de la Ligue (en 1981, 1982 et 1983), trois Ligues des Champions (1977, 1978, 1981). En termes de bilan comme entraîneur des Reds de Liverpool, Bob Paisley a enregistré 308 victoires, 131 nuls et 96 défaites.

Carlo Ancelotti, le sage
Carlo Ancelotti (61 ans) est un entraîneur italien qui a encadré plusieurs grands clubs en Europe notamment Juventus, Milan AC, Real Madrid, Bayern Munich, Paris Saint Germain, Naples et maintenant Everton. Il a connu à trois reprises le succès en Ligue des Champions. D’abord, il remporte deux C1 avec les Rossoneri en 2003, 2007 formée d’une génération dorée (Nesta, Maldini, Seedorf, etc). En 2014, il permet au Real Madrid de décrocher sa 10ème Ligue des Champions. Son assistant était un certain Zinedine Zidane, qui se prépare à se révéler au monde. Pour rappel, Carlo Ancelotti a aussi remporté la coupe aux grandes oreilles, quand il était joueur (1989, 1990)

Zinedine Zidane, au sommet de son art
Il est le plus particulier des entraîneurs les plus titrés d’Europe. Après l’avoir remporté en tant que joueur en 2002, Zinedine Zidane a enfilé à trois reprises consécutives (2016, 2017, 2018) la Ligue des Champions en tant qu’entraîneur du Real Madrid. Une performance sans précédent dans l’histoire de la compétition. Il est le deuxième entraîneur français à remporter la C1 après Deschamps. L’ancien joueur de la Juventus et de Bordeaux, en cinq années sur le banc de la Casa Blanca, a décroché 11 titres, toutes compétitions confondues dont deux Liga, deux Super Coupe d’Espagne, deux Super Coupe de l’UEFA, deux Coupes du Monde des Clubs de la FIFA. Jusqu’où ira-t-il ?

Ils leur manquent un trophée pour rejoindre ces 3
Nombreux sont les entraîneurs qui ont remporté la Ligue des champions à deux reprises. On peut citer par exemple Arrigo Sacchi (AC Milan), Ottmar Hitzfeld (Borussia Dortmund, Bayern Munich), Vicente Del Bosque (Real Madrid), Sir Alex Ferguson (Manchester United), José Mourinho (FC Porto, Inter Milan), Pep Guardiola (FC Barcelone), Jupp Heynckes (Real Madrid, Bayern Munich).

Carole Pelé, de la musique urbaine qui explose en plein cœur, son premier single Nuit Blanche parait le 8 janvier 2021 (Chancy Publishing – Wiseband)

Carole Pelé rappe, parle, chante et chuchote pour livrer ses doutes, ses révoltes, ses espoirs et ses colères sans chercher d’excuses. Comme tout le monde, elle doit faire face à la peur, de tout, de son ombre, des autres, des petits riens du quotidien qu’elle évoque grâce à son flow d’écriture épileptique tout autant que poétique.

Un premier EP comme une révélation

Ancienne journaliste reporter d’images, Carole Pelé a décidé de suivre pendant 3 ans un atelier photo / vidéo à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts dont elle a récemment été diplômée. Elle sort son premier EP et imagine une expérience plastique où elle gravit des gravats, se recouvre le corps de charbon et improvise seule face à son micro. L’enregistrement a pris 50 jours en studio pour un résultat d’écorchée vive qui fascine. Pour mener à bien son projet, elle a embarqué avec elle une quarantaine de collaborateurs, du metteur en scène au chorégraphe en passant par le styliste, le photographe, le designer et le scénographe. Elle se sert de ses incertitudes pour faire jaillir une sincérité enthousiasmante quasi-documentaire. De sa near-death expérience initiale à l’heure de sa naissance où son cœur a failli s’arrêter, elle s’en sert comme d’une force pour abattre les barrières et tout oser. Carole Pelé se définit comme une combattante du mal-être, sans chiqué, en véritable survivante. Nuit Blanche est un monologue fascinant qui évoque ces nuits alcoolisées, vaines et dérisoires réactions à la déprime. Là où d’autres artistes choisissent de surfer sur une vague factice avec un univers préfabriqué de bric et de broc, Carole Pelé ouvre son cœur et choisit l’authenticité, sans mensonges ni masques. Elle se livre et ouvre son âme, avec courage et avec talent.

Carole Pelé ne choisit pas entre musique et performance, Nuit Blanche ressemble à un cri, un appel à ne plus laisser ces noires douleurs nous atteindre. Son premier EP est à venir le 26 mars (Chancy Publishing – Wiseband).

Un Putain de Salopard T02 : BD de R. Loisel et O. Pont (Rue de Sèvres)

Un Putain de Salopard T02 : BD de Loisel et Pont (Rue de Sèvres)

Régis Loisel (Peter Pan, Magasin Général…) et Olivier Pont (Où le regard ne porte pas) enfoncent le clou avec O Maneta, deuxième album d’Un Putain de Salopard. Sorte de thriller en pleine jungle amazonienne, le récit est notamment articulé autour de la quête de Max pour retrouver son père dont il ignore tout. A partir de quelques maigres éléments, il parvient à remonter la trace de ce dernier mais se retrouve vite dans une situation extrême, perdu au milieu de la jungle et très mal en point, pourchassé avec Baia par des hommes armés et visiblement énervés. 

Multipliant les rebondissements et les intrigues, Un Putain de Salopard se lit comme un bon polar qui aurait le goût d’une chasse au trésor. Un mélange bien dosé qui offre beaucoup de plaisir à la lecture. L’appétit du lecteur va d’ailleurs en grandissant au fil des découvertes. 

Un scénario d’autant plus plaisant qu’il est illustré avec beaucoup de finesse. Les détails sont légion, la coloration les met très bien en valeur. Bref, on se régale à parcourir ces belles planches proposées par Olivier Pont

Une valeur sûre, un album réussi qui va rendre difficile l’attente d’un troisième épisode.

Extrait de la BD : 

Résumé de l’éditeur :

Pour échapper aux hommes de main du camp minier, Max et Baia se perdent dans la jungle. Qu’importe, Baia guide, nourrit et soigne Max. En s’enfonçant toujours davantage dans cette forêt tropicale, Baia arrive jusqu’à l’épave d’un avion écrasé il y a quelques années. À son bord, le squelette d’une enfant dont les poignets sont encore ligotés. Serait-ce l’épave de cette vieille histoire de kidnapping de la fille du patron de la mine ? De leur côté, Christelle et Charlotte prennent la fuite en direction de chez Corinne. Elles quittent le dispensaire où elles abandonnent un cadavre. Recherchées, les deux infirmières pourront compter sur l’aide de Rego, un vieux flic de la région au passé douteux. Croisant malfrats, chasseurs de trésors, et vieux secrets enfouis, chaque pas dans la jungle amazonienne semble réduire les chances de survie de nos héros.
 
Date de parution : le 11 novembre 2020
Auteurs
: Régis Loisel (scénariste) et Olivier Pont (dessinateur)
Genre
 : Aventure, Policier
Editeur : Rue de Sèvres
Prix : 18 € (80 pages)
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Les Trois frères d’Or, album jeunesse d’Olga de Dios (Gallimard Jeunesse)

Les Trois frères d’Or, album jeunesse d’Olga de Dios (Gallimard Jeunesse)

Les Trois Frères d’Or revisite la fable de la Fontaine La Poule aux oeufs d’Or, invitant le jeune lecteur à imaginer la suite de ce récit. Une fois éclos, ces 3 oeufs connaîtront un destin bien différent. Trois frères et trois façons distinctes de vivre avec ce plumage d’or exceptionnel. Une histoire qui permet quelques réflexions sur nos sociétés de consommation, sur le bonheur (et l’argent, pour ne pas dire l’or) tout en ouvrant la porte habilement vers une suite imaginaire.

Un album jeunesse signé Olga de Dios joliment édité, tout d’or vêtu, qui est également illustré avec finesse et générosité. Un livre qui ne manquera pas de plaire à tous mais aussi d’interroger nos plus jeunes enfants.

A lire

Résumé de l’éditeur :

Dans quel monde voulons-nous vivre demain ? Lucide et mordant ! Tu connais sûrement l’histoire de la poule aux oeufs d’or. Mais sais-tu ce que sont devenus ses trois poussins d’or ? Elio, le premier, vivait heureux dans un pays aux ressources naturelles abondantes. Mais un jour, le climat changea… Martin, le deuxième, était un artiste adulé. Mais personne ne comprenait vraiment ses idées. Karl, le troisème, vendait son corps d’or pour s’acheter voitures et maisons de rêve.
En se retrouvant, les trois frères comprirent que le monde ne tournait plus très rond et qu’ils pouvaient utiliser leur expérience et leur savoir-faire pour le changer.
 
Date de parution : le 21 janvier 2021
Auteurs
: Olga de Dios (scénariste et dessinateur)
Genre
 : Roman graphique (à partir de 4 ans)
Editeur : Gallimard Jeunesse
Prix : 14,90 € (64 pages)

Viva l’anarchie 2e partie, une BD aussi instructive que pédagogique (La Boîte à Bulles)

Le premier volet de Viva l’anarchie a déjà fait l’objet d’un article sur Publik’Art. On y apprend l’histoire oubliée des deux anarchistes Buenaventura Durruti et Nestor Makhno au cours de décennies marquées du sceau de l’anarchisme. Un souffle historique surprenant empreint les 112 pages du Tome 2 au cœur d’une ambiance vigoureuse où les idéaux devaient être appliqués dans la réalité avec volonté et détermination, malgré les oppositions et les conflits.

Une aventure oubliée

Le second volume de Viva L’anarchie rentre dans le vif du sujet avec la mise en place d’opérations d’envergures afin de mettre en pratique les idéaux anarchistes, malgré les difficultés et les oppositions. Nestor Makhno narre les actions menées à la tête d’une armée insurrectionnelle pour créer et faire croitre une zone révolutionnaire libertaire au cœur de la Russie et la défendre face aux armées impérialistes et aux bolcheviks. Buenaventura Durruti détaille les actions qu’il a menées dans l’espoir d’affaiblir le pouvoir en place et le patronat aussi bien en Espagne qu’en Amérique Centrale. Dans les faits, les deux personnages se sont véritablement rencontrés en juillet 1927 pour le constat que les conditions d’une révolution libertaire étaient plus propices en Espagne qu’en Russie parce qu’il y existait un prolétariat et une paysannerie de tradition révolutionnaire et que les anarchistes espagnols avaient un sens de l’organisation qui manquait en Russie, avec la conclusion implacable C’est l’organisation qui assure la réussite en profondeur de toutes les révolutions. Bruno et Corentin Loth permettent de faire revivre cette période d’exaltation collective à travers un récit fouillé et détaillé exprimé par un dessin qui transmet la passion fiévreuse de cette période. Entre sectarisme impérialiste et impasse bolchévique, les deux protagonistes soulignent qu’une autre voie était possible, plus libertaire et surtout plus solidaire. Makhno le disait lui-même: Notre commune agraire était la cellule vivante, économique et politique de notre système social. Ces communautés n’étaient pas basées sur l’égoïsme individuel mais reposaient sur des principes de solidarité communautaire, locale et régionale. Ainsi, de la même manière que les membres d’une communauté se sentaient solidaires entre eux, les communautés se fédéraient entre elles. Notre pratique, en Ukraine, démontra que le problème paysan avait des solutions différentes de celles qu’imposait le bolchevisme.

Le tome 2 de Viva l’anarchie permet de creuser un peu plus une pensée anarchiste aux reflets humanistes, à contre courant de ce que la pensée officielle donne souvent à en penser. La lecture est aussi studieuse qu’instructive dans une BD qui permet d’en savoir plus sur une alternative sociale aux possibilités fascinantes.

Synopsis: Dans ce nouvel album, Bruno Loth retrace les principaux événements qui ont marqué la vie des deux anarchistes Buenaventura Durruti et Nestor Makhno qui ont en commun d’avoir réussi à mettre en pratique l’anarchie sur tout un territoire (Catalogne – Ukraine). En 1927, après une tentative de coup d’État contre le roi d’Espagne Alphonse XIII, Durutti est emprisonné en France. Finalement libéré, il échappera à l’extradition vers l’Argentine, mais aura 10 jours pour quitter la France. C’est à Paris, dans la clandestinité, que Durruti rencontre Nestor Makhno, figure de l’anarchisme ukrainien, communiste libertaire et fondateur de l’armée révolutionnaire insurrectionnelle Makhnovchtchina. Cette rencontre sera pour eux l’occasion de confronter leurs expériences et leurs idéaux…

Editeur: La Boite à Bulles

Auteurs: Bruno Loth / Corentin Loth

Prix / Nombre de pages: 20 euros / 112 pages

Top 10 Cinéma n°2 de l’année 2020: des bonnes surprises malgré le confinement

2020 n’a pas été qu’une année très étrange pour tout le monde avec des cinémas fermés une grande partie de l’année et une impossibilité d’aller assouvir sa passion de films frais en salles. Des bons films sont bel et bien sortis au cinéma et entre deux confinements, il a été possible d’en visionner des très bons. 56 films vus au cinéma quand même en 2020 et 10 s’en sont détachés pour des vraies émotions à se remémorer.

10- Le Mans 66

Film de 2019 mais visionné au tout début de l’année 2020, ce film procure de vraies émotions fortes sur fond de courses automobiles. Matt Damon et Christian Bale font revivre la rivalité entre les invincibles bolides Ferrari et le challenger Ford. L’accent gallois à couper au couteau de Bale tranche avec l’accent chewing-gum de l’équipe Ford avec des sensations de vitesse ahurissantes de réalisme. James Mangold marie idéalement grande histoire et divertissement cinématographique pour un moment cinéma hautement réjouissant.

9- Little Zombies

Film vu en projection presse mais pas encore sorti au cinéma, Little Zombies a été chroniqué sur Publik’Art pour une impression de grand trip psychédélique énergétique. Des petits japonais orphelins combattent l’adversité en montant un groupe de rock punk et le résultat est des plus jouissifs. Couleurs acidulées, rythme épileptique, un grand film régressif à découvrir en salles le plus vite possible, dès que les cinémas rouvriront. Little Zombies est un vrai Ovni venu du Japon, il ne faut pas bouder son plaisir.

8- Le père de Nafi

Autre film vu en projection presse, Le père de Nafi a fait l’objet d’un article sur Publik’Art. Variation de Roméo et Juliette dans un contexte sénégalais empreint de montée islamiste et de querelle familiale, le film émeut par sa tragédie inévitable et son atmosphère ultra réaliste. Les protagonistes sont saisissant de crédibilité, vivement la sortie en salles de ce film représentatif du dynamisme actuel du cinéma africain.

7- Chained

Premier volet d’une trilogie réalisée par Yaron Shani, Chained montre le reflet subjectif d’une relation amoureuse qui se délite petit à petit au point de vue du mari. Réalisme extrême, émotion croissante, les repères intangibles du policier se défont au fur et à mesure de son impossibilité à faire évoluer la situation de son couple comme il le souhaiterait. Difficile de rester insensible à cette belle démonstration réalisée sans cynisme ni ironie, dans une atmosphère de plus en plus apocalyptique. Où comment les joies les plus immenses comme les malheurs les plus tristes peuvent éclore du quotidien le plus lambda…

6- Lucky Strike

Le cinéma coréen sait enchainer les surprises année après année. Lucky Strike en est un parfait exemple avec cette galerie de personnages à la recherche d’un sac rempli de billets. Les péripéties s’enchainent de manière de plus en plus virtuose alors que les cadavres et les inimités conduisent à des situations inextricables et à des règlements de comptes sanglants. Pas un film pour tous les publics et plus qu’un exercice de style, Lucky Strike est une bombe jouissive à découvrir en VOD et DVD, article disponible sur Publik’Art.

5- De Gaulle

De Gaulle est un film historique rêche et réaliste dépeignant l’ascension d’un personnage hors-norme plongé dans un contexte historique retors. Très peu de grand spectacle et beaucoup de palabres pour décrire un personnage droit dans ses bottes, dévoué à sa famille et fier comme un bouc, incapable de se dédire et de faire des compromis. Les fans d’histoire seront comblés, ceux de Lambert Wilson également. Le rythme du film met en exergue l’urgence de la situation alors que la France est toute prête de tomber dans l’escarcelle nazie. Un film à découvrir.

4- Le Capital au XXIe siècle

Autre article paru sur Publik’Art suite à une projection presse, Le capital au XXIe siècle est une brillante démonstration expliquant les montés des inégalités dans ce bas monde. L’ouvrage de Thomas Pikéty sert de support à des interventions de brillants économistes pour étayer un récit historique, depuis la fin du XVIIIe siècle, par delà les crises et les évolutions, pour montrer que rien n’arrive par hasard. Le film est d’une pédagogie sans faille pour un résultat limpide et accessible à tous. Le documentaire de l’année 2020.

3- The climb

La comédie de l’année 2020 est américaine. The Climb suit deux amis à la relation particulière, c’est le moins que l’on puisse dire. Même anxiogènes, leurs liens les font se croiser encore et encore dans des épisodes de vie aussi tragiques que désopilants. L’un et l’autre alternent les baisses de forme et les rebonds, parfois au dépens de l’autre pour des règlements de compte inoubliables. Difficile de ne pas fondre devant ce film ahurissant d’humour cynique irrésistible. Michael Angelo Covino enchaine lees scènes cultes à ne pas manquer.

2- L’ombre de Staline

Le drame cinématographique de l’année 2020. Un journaliste part en URSS au début des années 30 pour comprendre les raisons du succès économique de ce pays dirigé d’une main de fer par le dictateur Staline qu’il souhaite également interviewer. Ce qu’il va découvrir va le surprendre au delà du possible. L’ombre de Staline évoque de manière glaçante le génocide du peuple ukrainien froidement organisé par Staline. Des scènes à la limite de l’insoutenable n’y vont pas par quatre chemins pour étayer la thèse du crime de masse. Un film pas facile mais nécessaire.

1- La communion

Le film de l’année 2020 est polonais. Un jeune voyou s’enfuit pour échapper à la police, il atterrit dans un petit village où il trouve la couverture parfaite. Il se fait passer pour le prêtre remplaçant et devient un véritable guide spirituel pour la petite communauté, révélant les craintes silencieuses et rapprochant les ouailles avec talent. L’acteur principal est surprenant de conviction dans un film qui soulève des tonnes d’émotion. Et que dire du dénouement… aussi tragique qu’inévitable. Un vrai film à voir et revoir pour en découvrir la touchante subtilité.

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