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La « Phèdre » sous haute tension de Brigitte Jaques-Wajeman

La "Phèdre" sous haute tension de Brigitte Jaques-Wajeman
Phèdre © Cosimo Mirco Magliocca

La « Phèdre » sous haute tension de Brigitte Jaques-Wajeman

Brigitte Jaques-Wajeman convoque « Phèdre » et met en lumière avec l’exigence qu’on lui connait, la complexité de la figure tutélaire, confrontée à la brûlure de l’amour inavouable.

Tragédie du secret, mais aussi de la nécessité d’en découdre par la décision de rompre le silence, Phèdre est considérée comme la pièce la plus réussie de Racine. Parler ou se taire, dissimuler ou confesser, tel est le dilemme ravageur qui alimente sans retour le drame. Pour une héroïne sacrificielle par excellence dont le scandale de la passion incestueuse la renvoie à sa douleur, à sa frustration et à sa dévastation originelle.

Ravagée par la honte et rongée par la jalousie envers sa rivale Aricie, condamnée à une mort certaine, elle est un personnage monstre. Tantôt victime ou bourreau, reine ou amante, perverse ou innocente, elle est celle qui défit l’interdit, l’humain et le divin. Et cette puissance dévastatrice, étendard d’un destin féminin, est aux prises avec une sauvagerie immémoriale mais aussi une ivresse pulsionnelle qui voit les corps se tordre et orchestrer les ravages meurtriers du désir empêché.

Une mise à nu des alexandrins

A l’abri d’une scénographie épurée qui télescope entre ombre et lumière, la temporalité entre l’ici et l’ailleurs, l’ancestrale et le présent, Brigitte Jaques-Wajeman scrute sans relâche à travers la puissance du verbe et son embrasement, les tourments de la passion, littéralement assiégés entre empêchement et exaltation.

Mais aussi leur emprisonnement face à une parole interdite, jusqu’à cet aveu extrême ô combien dévastateur, où les alexandrins portent à leur paroxysme cette tragédie du désir et son refoulement. Là où les pulsions interdites inaugurent du vertige de l’âme et de la raison jusqu’à la perdition.

Ardente, animale, tragique, désarmante, Raphaèle Bouchard est cette Phèdre prédatrice et torturée. Ses partenaires Bertrand Pazos (Thésée), Raphaël Naasz (Hyppolyte), Pauline Bolcatto (Aricie), Sophie Daull (OEnone), qui lui donnent la réplique ne sont pas en reste et accompagnent avec une individualité marquante, cette odyssée mortifère aux confins de la folie.

Dates : du 8 au 25 janvier 2020 – Lieu : Théâtre des Abbesses (Paris)
Metteur en scène : Brigitte Jaques-Wajeman

Je suis en CP, Méthode de lecture et cahiers d’apprentissage, Pédagogie Montessori (Flammarion)

Je suis en CP, Méthode de lecture et cahiers d’apprentissage, Pédagogie Montessori (Flammarion)

Flammarion jeunesse lance une nouvelle gamme parascolaire « Je suis en CP ». Il s’agit d’une méthode de lecture et de trois cahiers d’apprentissage, selon la pédagogie Montessori. Le but est d’apporter une aide précieuse aux parents et d’aider les enfants à  » mieux apprendre grâce aux neurosciences. »

Ce sont une Professeur d’Ecole et des spécialistes du parascolaire qui sont à l’origine de cette collection « Je suis en CP ».

Les enfants évolueront selon leur rythme et pourront facilement s’identifier aux personnages. Ils auront davantage l’impression de jouer que d’apprendre.
La méthode de lecture est phonologique. L’enfant va décoder des sons puis lire en donnant du sens à sa lecture.
Les cahiers de lecture, d’écriture et de calcul vont être un soutien aussi bien pour les parents que pour l’enfant, tout au long de ses apprentissages de CP.
Chaque cahier s’appuie sur la pédagogie Montessori, tout en s’appuyant sur les neurosciences. Rien n’est fait au hasard. Par exemple, pour le cahier d‘écriture, les lettres sont classées en fonction du geste d’attaque. Il en est de même pour les chiffres. L’enfant les découvre d’abord en l’air puis sur des lignes.
L’apprentissage sera progressif tout au long de l’année.

Je suis en CP, Méthode de lecture et cahiers d’apprentissage, un nouvel outil qui vient de sortir et qui va réellement soulager tous les parents dont les enfants sont en CP ! Plus de stress, que de belles activités à faire ensemble !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 15 janvier 2020
Auteurs : collectif
Illustrateur : collectif
Editeur : Flammarion
Prix : de 4,95€ à 8,95 €

PSY cause(s) 3, l’impayable cabinet psy de Josiane Pinson

PSY cause(s) 3, l'impayable cabinet psy de Josiane Pinson
PSY cause(s) 3 de et avec Josiane Pinson © Fabienne Rappeneau

PSY cause(s) 3, l’impayable cabinet psy de Josiane Pinson

Josiane Pinson reprend son rôle de psy dans “PSY-Cause(s) 3”. On l’a retrouve toujours confrontée à l’inconscient gratiné de ses patientes. Où leurs maux l’a renvoient sans concessions à sa vérité de femme en quête d’elle même à la fois : fille, mère, amante, aux prises avec sa propre vie et ses choix irréconciliables avec son entourage.

Il y a là sa mère dont Judith Magre prête sa voix et qui, d’outre tombe, continue à l’observer et à la juger mais aussi ses enfants qui prennent un malin plaisir dans leur vie d’adulte à s’opposer à cette mère considérée comme toxique et castratrice, avant de décider de rompre définitivement avec elle.

La comédienne prend place au centre du plateau dans son fauteuil ergonomique orange, tournant, qui est une pièce maitresse du dispositif scénique.

Il offre différentes positions ou angle de vue : assise, allongée, vide, qui sont autant d’indicateurs sur la psyché à décrypter, à s’approprier, à s’émanciper tant du coté du thérapeute que de l’analysée, où les affects et les paroles se croisent et se répondent.

Dans son cabinet des patientes donc qui se succèdent où s’exhortent sans filtre et face au thérapeute, les névroses, fantasmes ou autres pulsions qui font aussi échos à son parcours chaotique de vie.

On croise notamment une femme qui se débat avec un arbre généalogique aussi complexe qu’explosé, une vieille dame mariée depuis 50 ans mais toujours vierge et suicidaire ou encore une bourgeoise en recherche de sensations fortes auprès de chauffeurs routiers !

Hilarant et introspectif

Et si les fêlures secrètes, sont traitées avec humour, elles n’en demeurent pas moins transgressives, interrogeant par la même la neutralité du sachant qui est une femme comme les autres, confrontée elle aussi à une remise en cause de sa situation personnelle – malmenée et aliénante – dont elle éprouve les limites.

Josiane Pinson, portée par son écriture acérée mâtinée d’humour noir, excelle en psychanalyste posée, très professionnelle, et au bord de la crise existentielle.

Elle endosse tour à tour avec une aisance naturelle ces personnages névrosés et son propre rôle où sa gestuelle et ses intonations changeantes cristallisent toute la psychose et la perdition qui se jouent.

La mise en scène précise de Gil Galliot avec sa direction d’acteur, son univers sonore, sa lumière, assure une fluidité parfaite entre les scènes et focalise cette urgence à dire, à vivre enfin et contre tous.

Dates : du 18 janvier au 25 avril 2020 à 17h (sam.) l Lieu : Théâtre la Scène Parisienne (Paris)
Metteur en scène : Gil Galliot l Avec : Josiane Pinson

Sortie du film Viendra le feu en DVD et VOD le 4 février

Le film d’Olivier Laxe a marqué le Festival de Cannes, remportant le prix du jury Un certain regard 2019 après deux premiers longs métrages déjà primés (Vous êtes des capitaines en 2010 et Mimosas en 2016). Viendra le feu marque le spectateur par un spectaculaire travail sonore et visuel pour une réflexion saisissante sur l’altérité. Il y a de la poésie dans ce cinéma de l’humain confronté à son destin et à la nature environnante.

Un cinéma vrai et viscéral

Le pitch n’y va pas par 4 chemins. Amador Coro a été condamné pour avoir provoqué un incendie. Lorsqu’il sort de prison, personne ne l’attend. Il retourne dans son village niché dans les montagnes de la Galice où vivent sa mère, Benedicta, et leurs trois vaches. Leurs vies s’écoulent, au rythme apaisé de la nature. Jusqu’au jour où un feu vient à dévaster la région. Le ton est à la dramaturgique et les flammes qui engloutissent la végétation asséchée ont un quelque chose de maléfique. Car elles sont rendues belles devant la caméra du réalisateur. Le personnage principal est un pyromane jugé coupable et stigmatisé par la société. Mais rien ne permet de trancher sur cette culpabilité, le spectateur peut être amené à le penser mais le personnage souffre visiblement et le comprendre permet de faire naitre un sentiment paradoxal de pardon. Le réalisateur lui-même semble fasciné par le feu, les images montrent surtout que le feu est dangereux, il a cherché à l’étudier et à le comprendre. Sa maison elle-même a été à moitié ravagée par un incendie, il sait donc de quoi il parle. Et les feux sont réels, le film ne comporte qu’un seul trucage quand on voit la maison d’un voisin est en flammes. Viendra le feu transmet un sentiment douloureux, celui de la douleur provoquée par les incendies, notamment dans une séquence difficile l’on voit un cheval brûlé et devenu aveugle. Les tournages de nuit rendent la beauté des incendies d’autant plus fascinante et scandaleuse. Au final, le film se contemple comme un tableau incandescent sans parvenir à détourner le regard. Le réalisateur évoque dans une interview Pasolini et sa phrase célèbre le cinéma, c’est du papier brûlant. C’est d’une pertinence totale.

Ce film à la fois minimaliste et excessif, comme un très bel exemple de l’altérité, comme une bataille sans fin entre l’homme et les éléments, nous demandant de sortir de nous-mêmes pour admirer le monde et abandonner l’egocentrisme de notre société. Sa sortie en DVD et en VOD le 4 février est une très bonne occasion de le découvrir pour un très beau moment de cinéma.

La petite ceinture, une drôle histoire de couple (Editions du Rocher)

La petite ceinture, une drôle histoire de couple (Editions du Rocher)

Publik’Art avait déjà beaucoup apprécié le livre de Nathalie Piégay : Une femme invisible. Cette fois-ci, elle nous embarque, avec sa très belle plume, dans une histoire de couple pas ordinaire avec son dernier livre : La petite ceinture.
Adrienne est une jeune femme qui vient de divorcer. Elle vit seule dans une maison près de Fontainebleau. Un soir, elle rencontre François et sent dès les premières minutes que cet homme, elle le reverra.
Et c’est ce qui se passe. Ils se retrouvent et se donnent régulièrement des rendez-vous. Toujours autour de la Petite Ceinture. Jamais à Paris. François ne vit pas à Paris, mais vient régulièrement y donner des cours de violon au Conservatoire.
Et très vite, ils s’attachent l’un à l’autre. Adrienne est accro à son téléphone, elle attend les messages de François. Mais il n’est pas libre. Du coup, elle est encore plus accro. Elle a peur qu’il ne vienne plus à leur rendez-vous « clandestins ». L’important est de vivre caché avec lui. En-dehors de toute réalité quotidienne.
Mais est-ce vraiment de l’amour ? Est-ce ça la liberté ? Ne serait-ce pas plutôt tout le contraire ?
Le lecteur se fera sa propre impression en lisant ce livre intrigant qu’est La petite Ceinture !

 

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 8  janvier 2019
Auteur : Nathalie Piégay
Editeur : Editions du Rocher
Prix : 19 € (248 pages)

Un épisode mal connu de l’histoire de France ravivé dans Les damnés de la commune, tomes 2 et 3

Les Damnés de la commune, Raphaël Meyssan, Delcourt

Après le tome 1 A la recherche de Lavalette paru en novembre 2017, les tomes 2 Ceux qui n’étaient rien et 3 Les Orphelins de l’histoire permettent de savoir ce que sont devenus Victorine et Lavalette, principaux protagonistes romancés de la Commune de Paris qui s’étala tout au long de 72 journées remplies d’abord d’espoir puis de terreur. Raphaël Meyssan utilise des gravures contemporaines des évènements pour illustrer cette histoire d’amour, de liberté et de désillusion. Une BD véritablement incontournable.

La grande histoire ravivée

La date du 18 mars 1871 restera à jamais éternelle. C’est le moment unique dans l’histoire de France où la Commune de Paris est proclamée place de l’Hôtel de Ville. La révolution qui débute laisse place à des élections, à des célébrations perpétuelles et finalement à un bain de sang quand les troupes versaillaises loyalistes investissent la ville 72 jours plus tard. La BD a donné lieu à une véritable enquête de l’auteur dans les archives et s’illustre à travers des premiers livres déjà très aboutis. 6 années ont été nécessaires pour finaliser l’enquête menée sur les personnages et rassembler l’immense iconographie nécessaire à la narration. Son travail fouillé et minutieux fait écho à d’autres auteurs connus pour l’acuité de leurs bandes dessinées documentées, Joe Sacco en tête, Etienne Davodeau également. Les influences dépassent parfois l’univers stricto sensu de la bande dessinée, rappelant des séries historiques d’investigation. C’est également une référence explicite à la mode du roman feuilleton très en vogue au XIXe siècle, avec toujours le souci de l’authenticité historique. Le lecteur voit la colline de Montmartre avant la construction de la basilique et l’impressionnant incendie des Tuileries. L’épisode final dévoile les épisodes douloureux de la semaine sanglante au travers de gravures de l’époque avec son cortège de fusillades et d’exactions en tous genres. La BD se parcourt comme un précieux témoignage d’une époque où les troupes ne faisaient pas de détail pour écraser ce qui était considéré par beaucoup comme un soulèvement populaire dangereux de la population. Il en reste tout de même l’image d’une histoire romantique où les libertés ont été hissées bien haut pour faire s’imposer les idées du peuple. Comme le montrent les gravures, l’espoir a été aussi fou que la répression a été sanglante. Une BD historique qui mérite la découverte pour un beau moment de lecture.

Mot de l’éditeur: Ils ont eu soixante-douze jours pour renverser le roman national. À présent, Victorine, Lavalette et les Communards affrontent une armée. La Semaine sanglante a commencé. Avec les mots et les images de l’époque, ce livre retisse les fils de notre histoire. Pour nous, les orphelins de l’histoire, les enfants perdus de la Commune.

Editeur: Delcourt

Auteur: Raphaël Meyssan

Prix/Pages: 23,95 euros, 176 pages

Petit Sapiens T2, Derrière la montagne, BD (Père Castor)

Petit Sapiens T2, Derrière la montagne, BD (Père Castor)

Après le Tome 1, Petit Sapiens La vie de famille, de Ronan Badel, les Editions du Père Castor nous dévoile le Tome 2 : Petit Sapiens Derrière la montagne.
On y retrouve Petit Sapiens, petit garçon de la Préhistoire. Il rencontre Tigror, un garçon de la tribu des Prognathes. Ce sont leurs nouveaux voisins mais le père de Petit Sapiens n’apprécie pas du tout cette nouvelle tribu, beaucoup trop différente d’eux.
Ensemble, les deux garçons vont vivre des aventures derrière la montagne, endroit interdit… Vont-ils tomber sur des Australopithèques ?
Publik’Art apprécie les dessins de Ronan Badel mais également la lecture de cette BD. Elle peut se lire à plusieurs niveaux : soit dans les bulles, soit en lisant le texte narratif, très riche en vocabulaire. Le tout avec beaucoup d’humour !
Petit Sapiens, Derrière la montagne, une BD à découvrir et à offrir !

Infos de l’éditeur :

Dès 8 ans.

Date de parution : 8 janvier 2020
Auteur : Ronan Badel
Illustrateur : Ronan Badel
Editeur : Père Castor
Prix : 7,50 €

Un premier dossier vin très complet pour 2020: Vins et Spiritueux pour la Saint-Valentin et les Viguiers Côtes-du-Rhône 2019

2020 va certainement s’inscrire sous le signe du vin avec de belles découvertes viticoles à faire. De nombreuses bouteilles ont été adressées pour des dégustations surprenantes. Suivez le guide pour quelques très bonnes idées de découvertes.

Des belles surprises avec les Vins et Spiritueux pour la Saint-Valentin

De nombreux vins sont proposés pour la Saint Valentin, un certain nombre a pu être dégusté.

Un vin rouge réconfortant: Saint Amour 2018 – Vinescence, Vignerons de Bel Air
Avec son cépage 100% Gamay, ce vin rouge se distingue par sa robe pourpre et son nez mûr et complexe où se révèlent raisin et fruits rouges fraise-cerise. La bouche est ample et gourmande, les tanins sont présents mais fondus avec une jolie longueur poivrée-réglissée.
Pour l’accompagner, rien de meilleur que des verrines tartare de tomates et chèvre ou des pruneaux au bacon. N’hésitez pas non plus à tenter le rôti de porc aux pruneaux, le pavé de bœuf ou un tajine d’agneau aux raisins. Proposé en vente directe ou GD au niveau régional, il est recommandé au tarif de 8,10 euros.

Un très beau Chinon, La Diligence 2017 – Couly-Dutheil
Couly-Dutheil propose un Chinon rouge croquant et gourmand, parfait pour un tête-à-tête spécial Saint Valentin. Composé de Cabernet franc, il arbore une robe pourpre sombre et un nez fruité, cerise kirschée. La bouche est ronde avec des tanins fondus, finement épicée poivre et cacao amer. Une belle fraîcheur apparait jusque dans la longue persistance. Ce vin est idéal pour accompagner des poivrons grillés à l’huile d’olive, un boudin noir ou des brochettes de bœuf. Distribué en vente directe ou via des cavistes, il est proposé au tarif de 10,30 euros.

Un Cognac surprenant avec ABK6 Honey Cognac Liqueur – Domaines Francis Abécassis
Vous voulez un vrai gout de cognac et également plein de surprises? Le ABK6 Honey Cognac Liqueur est fait pour vous. Composé d’Ugni-blanc, il est élégant et subtil, floral (jasmin, violette, chèvrefeuille et pétales de rose) et également doux grâce aux touches de miel. Idéalement servi sur glace, pur ou en cocktail, c’est un vrai plaisir. Distribué en vente directe caveau, chez les cavistes ou dans les restaurants, il est proposé en coffret deux verres 42,00 euros ou en canister à 38,00 euros. Vous n’en reviendrez pas!

Une belle découverte avec La Perle du Lac – Domaine Xavier Jacqueline
Ce Brut Chardonnay ravit avec sa bulle fine et sa robe brillante au doré franc. Son nez est riche et délicat avec des notes de fruits blancs pomme et poire. Sa bouche est soyeuse, gourmande et fraîche avec des arômes toastés et une belle complexité aromatique où l’on retrouve la matière du nez. Des rillettes de saumon, du tarama, ou un dos de cabillaud aux épices douces sont parfaits pour l’accompagner. Distribué en vente directe caveau, chez des cavistes ou des restaurants, il est proposé généralement au prix de 11,00 euros.

Un classique, le X Noir – Ackerman, Orchidées, Maisons de Vin
Composé de Chenin noir Pineau d’Aunis, le X Noir se distingue avec sa bulle régulière et arbore une belle robe rose pâle. Son nez est fruité fraise-groseille, finement épicé. La bouche est gourmande, harmonieuse entre fraîcheur et matière, longue sur la framboise et la muscade. Il vaut mieux le servir en apéritif avec des pruneaux au bacon, du saumon fumé sauce raifort ou un velouté de potimarron aux copeaux de foie gras. Il est distribué chez Carrefour, Carrefour Market, Intermarché, Géant Casino, Monoprix, Système U au prix de 6,20 euros.

Une appellation à découvrir, Les Viguiers

Les Viguiers est un vrai univers de Côtes-du-Rhône premiums et traditionnels dans les trois couleurs. Pour en savoir plus, une viguerie ou vicaria est une juridiction administrative médiévale administrée par un viguier, nom de famille relativement répandu dans le Sud de la France. Acteur fort en Rhône Sud, le Cercle des Vignerons du Rhône réunit trois entités : Ortas Cave de Rasteau, Cave de Visan, Cave de Sablet le Gravillas. L’alliance de la fraîcheur et du fruité distingue cette gamme historique et traditionnelle, des vins produits sur des coteaux argilo-calcaires et des vignes âgées de 20 à 25 ans, taillées en gobelet et cordon de Royat. Une collection réservée au secteur traditionnel, cavistes-grossistes et vente directe, ainsi qu’à l’export (Europe et USA) avec des prix de vente tout doux, 5,80 euros pour le Rouge et le Rosé, 6.55 euros pour le Blanc.

Le groupe lillois Be4t Slicer dévoile son album hypnotique After Midnight

Be4tslicer

Les jeunes pousses du groupe lillois Be4t Slicer dévoilent l’album After Midnight porté par un single nommé 9h57. Leur musique entre beats electro et incursions jazz, voire soul, force le respect. La densité du son et son architecture aux petits oignons entraine l’auditeur dans un univers musical varié. C’est du très bon travail qui s’imprime pour longtemps dans l’esprit.

Un album qui pourrait faire date

L’album A.M. est sorti le 8 novembre dernier et connait déjà un joli succès. Les membres du groupe Be4t Slicer se définissent comme des musiciens experts en collages sonores, usant avec dextérité de samples et de beats electro pour un résultat quasi hypnotique avec utilisation de machines et prestations lives avec instruments. Les genres sont aussi variés que complémentaires, entre hip-hop, dubstep, jazz fusion et accents funk. D’autres ont déjà créé de tels mélanges avec succès, comme The Go! Team ou 2 Many DJs , Be4tslicer creuse le sillon en renouvelant leur son avec de nouvelles influences. Les 4 lillois utilisent leurs 8 mains pour expérimenter, inventer et proposer une vraie musique originale. Leurs deux premiers EP ont lancé la machine et l’album A.M. démontre leur capacité à enchainer les titres avec talent. Le premier titre 00h85 semble à mi-chemin entre dubstep et jungle. 01h52 met en avant des samples de voix sur un rythme electro hypnotique. 02h70 continue sur cette voie à la limite du hip hop. 03h85 donne la plus grande place à des délicates notes de piano avec un simili violon. 04h79 est plus midtempo comme 05h80. 06h82 mélange les sons et fait penser à du M83. 07h70, 08h59 et 09h57 sont dans la même veine. Le premier extrait 09h57 donne un bon aperçu des capacités du groupe à agripper l’auditeur pour le faire rentrer dans leur univers sonore.

Le groupe Be4t Slicer enchante les salles de concert avec son énergie pour un premier album maîtrisé paru sur le label Ba Zique.

Un patrimoine mutilé, Palmyre : hier, aujourd’hui. Et demain ? (Favre)

Un patrimoine mutilé, Palmyre : hier, aujourd’hui. Et demain ? (Favre)

Dans leur collection « Albums », les Éditions Favre ont sorti un magnifique livre intitulé : Un patrimoine mutilé. Palmyre : hier, aujourd’hui. Et demain ?
Patrick M.Michel et Yves Ubelmann en sont les auteurs.
Patrick M.Michel « dirige à l’Université de Lausanne, en Suisse, un projet de numérisation et de valorisation des archives sur Palmyre du Fonds de l’archéologue suisse P.Collart. » Quant à Yves Ubelmann, architecte, il est à l’origine de la création de la société Iconem « qui développe de nouvelles solutions de numérisations 3D d’environnements ou d’architectures. »
Et dans ce livre, Un patrimoine mutilé, les auteurs nous dévoilent Palmyre dans les années 50, grâce à des documents d’archives et Palmyre en 2016, photographiée par drone, par Iconem. Le résultat est aussi époustouflant que dramatique.
Avec de très belles photos, le lecteur découvre les trésors de cette ville antique, son histoire et son drame. Des photos, ou des preuves de ce qui existaient avant à Palmyre, comme le sanctuaire de Bêl, le sanctuaire de Baalshamîn, les nécropoles, le théâtre, le musée, le tétrapyle. Tout un patrimoine ! Un des plus anciens du Monde.
Grâce à de très belles photos, le lecteur découvre les destructions massives, par Daech, de ces trésors. C’est tout simplement catastrophique.
Ce très beau livre, Un patrimoine mutilé, Palmyre : hier, aujourd’hui. Et demain ? met l’accent sur cette terrible et absurde guerre. Même s’il y a reconstruction, ce ne sera jamais plus comme avant… Le passé est à jamais enseveli…
Un patrimoine mutilé, Palmyre : hier, aujourd’hui. Et demain ? , un livre bouleversant, à lire absolument.

Infos de l’éditeur :

Date de parution :  décembre 2019
Auteurs : Patrick M.Michel et Yves Ubelmann
Editeur : Favre
Prix : 25 € (152 pages)

June and the Jones, un groupe qui dépote et présente son nouvel EP Square the circle

June and the Jones dévoile un nouvel EP intitulé Square the Circle, porté par le très dansant Dancing On The Moon. Le clip met en scène la chanteuse et ses frères tous 100% français. C’est donc une histoire de famille pour une pop accrocheuse et rythmée, aux influences vintages nombreuses et assumées.

De la musique pour donner le sourire

Les 3 membres de la famille Jones se prénomment en réalité Hadrien, Louis et Alice. Ensemble, ils libèrent une énergie communicative bien ancrée dans son époque. Les morceaux déjà sortis comme Wild ou Before the Sunrise rappellent aussi bien Tame Impala que Metronomy. La sortie de Square the circle le 24 janvier permettra de mieux connaitre les multiples talents du groupe pour faire se trémousser les popotins et égrener les paroles directes des morceaux. L’extrait Dancing on the Moon en est la parfaite illustration grâce au mix de Robin Leduc. June and The Jones est un groupe 100% de chez nous même si les paroles sont chantées en anglais, ce qui explique fort justement leurs influences pop british. A l’origine, ce sont les écoutes prolongées des morceaux des années 60 qui ont servi de terreau fertile à leur créativité musicale même si le son se veut furieusement actuel et pas du tout daté. Square the Circle est déjà leur second EP et il démontre une fois de plus leur passion pour la musique et le rythme. Des touches dance, electro et hip-hop imprègnent les titres d’un album qui s’écoute avec plaisir. Le groupe a déjà conquis un large public avec des apparitions nombreuses en concert où la chanteuse a pu démontrer l’étendue de ses talents vocaux en compagnie des instrumentations oniriques de ses frères.

Certains se souviendront que June and the Jones sont arrivés en finale du Tremplin Ricard SA Live en 2016 avant que de sortir leur premier EP Starter en 2017. La traduction de Square the Circle est à peu près Réaliser l’impossible, nul doute qu’ils y parviendront!

https://www.youtube.com/watch?v=XWX_NS4gafg

Le jeune groupe Tiger & the Homertons dévoile son premier EP Shadow in the Dark

Tiger & the Homertons, Shadow in the Dark

Tiger est un auteur et compositeur accompagné de son group The Homertons. Ils ont publié le 25 novembre 2019 un nouvel EP intitulé Shadow In The Dark. Le ton se veut résolument folk et rock avec 4 chansons qui accrochent immédiatement l’auditeur. Certains penseront à Fleetwood Mac avec cette voix féminine qui se superpose souvent à la voix du Tigre, une bonne idée!

Un album entre Folk et rock

Tiger ne se le cache pas, il est un chanteur et songwriter avant tout folk qui n’hésite pas à bifurquer du côté du rock. Son projet en compagnie du groupe The Homertons se nourrit de sonorités sauvages inspirées du grand ouest américain avec cette guitare sèche accompagnée d’une délicate guitare slide. Tiger est un fan invétéré de la musique du grand Neil Young et également de Tracy Chapman. Il écrit depuis l’âge de sa première guitare et compose des mélodies aux accents très américains avec des mots qui lui ressemblent. Attiré par les grands espaces et curieux de nature, il a commencé un voyage musical qui abouti à ce EP après plusieurs années à traverser les mers et à rencontrer de nouvelles personnes. Au contact de nouvelles cultures et de nouvelles atmosphères, il a affuté sa vision artistique. Les souvenirs hérités de cette période nourrissent un projet qui est passé par de déjà nombreuses étapes et des concerts partout sur la planète. Tiger revient enfin en Europe où il a passé un an à Londres, partageant des appartements avec le guitariste Dário Ferreira ainsi qu’avec la chanteuse et pianiste Célia Kleindienst. Devenu t étudiant à la London Music School, il a rencontré le bassiste et ingénieur du son Fabio Gentilin. Avec chacun ses propres expériences et sa propre culture musicale, les trois ont vite compris qu’ils pouvaient parcourir un petit bout de chemin musical ensemble. L’EP Shadow In The Dark en est le reflet. Rejoints par le guitariste et compositeur Anthony Vamvakas et le batteur français Thomas Kerbrat, ils se font appeler Tiger & The Homertons. Une première tournée les a portés en France, au Royaume-Uni et au Portugal durant l’été 2019 et le premier album sera enregistré début 2020.

Les premières chansons Shadow in the dark, Winter, Somewhere else et Follow you méritent l’écoute pour se plonger dans une vraie ambiance musicale. Chantées en anglais souvent à deux voix, avec toujours cette lancinante guitare slide, c’est un régal à écouter et à découvrir.

Le ballet Casse-Noisette enchante le public du Palais des Congrès

Casse Noisette 2019

Comme chaque année au cœur de la période de Noël, le ballet Casse-Noisette a fait son grand retour sur les scènes parisiennes. Conte de Noël par excellence, il enchante petits et grands avec ses costumes féériques, sa musique incomparable et son histoire merveilleuse. Ce sont les danseurs de l’Opéra National de Russie qui sont venus montrer leurs talents avec la participation exceptionnelle d’Artem Ovcharenko et Anastasia Stashkevich, danseurs étoiles du Bolchoï de Moscou.

Un spectacle féérique

Les deux actes du ballet passent comme dans un rêve quand le spectacle est total. C’est dans l’Opéra National de Russie qu’est né Casse-Noisette en décembre 1892. L’histoire de la petite Clara et de ses étonnants jouets prenant vie le soir de Noël n’a pas pris une ride. Elle virevolte avec le soldat de bois Casse-Noisette offert par son père et vainqueur de l’armée de souris venues l’assaillir. Avec un orchestre et une troupe de danseurs, la virtuosité est au rendez-vous et les spectateurs sont bouche bée devant les envolées des danseurs, les portés des couples et les pointes des danseuses. Les décors sont majestueux avec cette maison reconstituée depuis le salon où trône un énorme sapin jusqu’à l’extérieur de la bâtisse. Les costumes sont eux aussi à la hauteur de cette œuvre centenaire et toujours magique, le spectacle semble traverser le monde depuis la Russie jusqu’à la Chine. Mais c’est la musique du compositeur Tchaikovsky qui est au cœur de tout, l’orchestre rend justice à l’œuvre et il faut entendre l’enchainement de la Valse des fleurs et du Pas de deux pour comprendre ce qu’est un grand ballet. Les connaisseurs se sont délecté de la musique proposée par l’orchestre tandis que les aficionados de danse n’ont pas manqué une miette des acrobaties des danseurs.

Certains se donnent rendez-vous une fois par an pour revoir ce spectacle qui pourrait revenir au Palais des Congrès fin 2020 comme il l’a déjà fait fin 2018 et donc fin 2019/début 2020.

Mathias Duplessy revient avec les Violins of the world pour l’album Brothers of String

Duplessy & The Brothers of String, The Violins of the World

La renommée ascendante de Mathis Duplessy se constate sur Facebook (20 millions de vues sur Facebook pour son dernier album Crazy Horse, organisation de tournées internationales sold out) mais pas seulement. Toujours accompagné des Violins of the World, il dévoile un album très attendu et intitulé Brothers of String. Truffé de reprises et de morceaux originaux invitant à des voyages imaginaires, l’album mérite plus qu’une oreille attentive!

Un véritable album iconoclaste

3e œuvre collaborative issue de l’association entre Mathias Duplessy et les Violins of The World, Brothers of String rassemble une fois plus des spécialistes d’instruments mal connus de par chez nous: le maître de la vièle chinoise erhu Guo Gan, le spécialiste de la vièle scandinave Aliocha et le maitre de la vièle à tête de cheval et au chant mongol Epi. Mathias Duplessy creuse des sillons ancestraux pour diversifier ses compositions et ses inspirations. Cette collaboration permet de multiplier les apports traditionnels et d’abolir les frontières pour ne pas se cloisonner dans un seul genre. L’album Brothers of String débute par un Texas boléro fleurant bon l’Asie avant d’embrayer sur quelques adaptations occidentales avec des musiques de films ou des classiques comme The good the bad and the ugly ou Brothers in Arms. Si on ajoute une valse lente aux tonalités japonaises comme A Japanese in Paris, du jazz manouche à la tonalité chinoise sur Chinese Dumplings ou l’hommage très sobre à Bruce Lee sur Kung-Fu, on comprend mieux que les artistes n’ont aucune limite pour délimiter leur genre. L’album entier est empli d’une énergie communicative qui touchera même ceux qui n’écoutent pas si souvent de la musique d’obédience asiatique.

La guitare de Mathias Duplessy se fraie un chemin dans un orchestre inédit pour se fondre dans la masse en toute harmonie en compagnie des trois vièles qui entremêlent leurs sonorités. Le premier extrait Chiken Del est à découvrir sur YouTube.

American Royals, ou tout ce qu’on ignore de la famille Royale des États-Unis (Lumen)

American Royals, ou tout ce qu’on ignore de la famille Royale des États-Unis (Lumen)

Katharine McGee est une autrice américaine, célèbre pour sa trilogie Inaccessibles, qui lui vaut le titre de « bestselling author » du New York Times. Fascinée par l’idée d’une famille royale américaine, elle écrit American Royals, son quatrième roman.

Une famille royale Américaine

Dans American Royals, Katharine McGee réécrit l’histoire. Après la guerre d’indépendance, George Washington s’est vu proposer la couronne des États-Unis. Et dans ce roman, il l’a acceptée, devenant le premier Roi des États-Unis d’Amérique. Des années plus tard, à notre époque, ce léger changement a eu des répercussions inimaginables : les autres pays sont restés à la monarchie également, la France est maintenant gouvernée par Louis XXII et les Washington sont toujours à la tête des États-Unis. Dans le roman de Katharine McGee, cette réalité alternative, pourtant inconcevable pour nous, est rendue totalement crédible.

Différents points de vue

L’une des forces d’American Royals, c’est sa quantité de points de vue. Pour une histoire de cette ampleur, avoir non pas un mais plusieurs narrateurs permet à la fois une compréhension plus facile des enjeux du roman, mais aussi de s’attacher plus facilement aux différents personnages quand ils sont nombreux, comme c’est le cas ici. Katherine McGee nous raconte l’histoire de la famille royale des États-Unis d’Amérique à travers le personnage de Béatrice, héritière du trône, Samantha, sa petite sœur, Daphnée, ex petite-amie de Jefferson, le frère jumeau de Samantha, et enfin Nina, la meilleure amie de Samantha.
Béatrice envie les possibilités qui s’étalent devant sa sœur, alors qu’elle sacrifier tous ses rêves pour la couronne, pour le restant de ses jours. Samantha est jalouse de son frère jumeau, Jefferson, à qui on pardonne tout. Mais ce qui permet réellement au lecteur de comprendre la complexité de cette famille, ce sont les deux points de vue extérieurs au cercle familial strict : Daphné, prête à tout pour reconquérir le prince et acquérir un nouveau titre de noblesse, nous offre un accès VIP dans les coulisses des jeux de réputation de la cour. Nina est la meilleure amie de la princesse Samantha depuis leur plus tendre enfance et garde cette amitié secrète pour préserver une vie « normale ». Elle souffre de cette distinction entre sa vie au sein de la famille royale et sa « vraie » vie, où elle ne peut même pas parler de sa meilleure amie sans risquer une vie de course-poursuite avec les paparazzis.

Une vie régie par la monarchie

À travers l’histoire de la monarchie Américaine, on retrouve les protocoles que l’on connaît par exemple de la famille royale d’Angleterre. On comprend également le poids de la couronne, que ce soit pour le Roi, l’héritière Béatrice ou même tous les membres de la famille royale. Tous ceux qui évoluent dans leur cercle doivent respecter des règles très strictes. Si leur sort peut être enviable, on comprend surtout, à travers l’histoire d’American Royals, qu’il les prive de toute liberté. Même ceux qui n’accèderont au trône ont leur vie toute tracée, le monde a des attentes très précises pour eux. Pas question d’épouser n’importe quel roturier ou d’étudier n’importe quoi, les membres de la famille royale ne sont pas libres. Ce sentiment de privation est parfaitement mis en valeur par Katharine McGee, au point que le lecteur se sent étouffé au même titre que les personnages… et soulagé, aussi, de ne pas devoir répondre aux mêmes attentes qu’eux.

Katharine McGee laisse toute la place pour développer un peu plus la dimension politique et historique dans les tomes suivants. Elle instaure également un suspense bien maitrisé, et attise l’attention du lecteur jusqu’à la dernière page. L’autrice prête sa voix à de nombreux personnages.

Infos de l’éditeur :

Date de parution : septembre 2019
Auteur : Katharine McGee
Editeur : Lumen
Prix : 16,00 €

WORKS ou les précipités dansants d’Emanuel Gat

WORKS ou les précipités dansants d'Emanuel GAT
WORKS Emanuel Gat © Julia Gat

WORKS ou les précipités dansants d’Emanuel Gat

La France a découvert Emanuel Gat en 2004 au festival de la Nouvelle Danse d’Uzès (Gard). Le danseur et chorégraphe israélien apportait avec lui sa version du Sacre du printemps, au style imparable et plutôt rock, et Le Voyage d’hiver, une rêverie sur la musique de Franz Schubert aussi enlevée que spirituelle. Immédiatement, la rigueur de son écriture chorégraphique, l’intensité de sa gestuelle et la présence de ses danseurs marquaient les esprits.

Aujourd’hui artiste associé à Chaillot – Théâtre national de la danse, le chorégraphe poursuit sa route de sa danse éruptive, mouvante et sensuelle : un réjouissement.

WORKS est né au départ d’une collaboration entre Emanuel Gat Dance et le Ballet de Lyon, réunissant dix danseurs de chaque compagnie. Deux ans après sa création, Emanuel a recréé une nouvelle version avec des danseurs issus uniquement d’Emanuel Gat Dance, creusant ainsi les idées et thèmes explorés dans la première version de l’œuvre.

Dans ce nouvel opus, Emanuel Gat s’attache à la singularité et à l’engagement des artistes qui l’accompagnent. Dix d’entre eux donnent à voir six courtes pièces qui sont autant de variations sur les recherches du chorégraphe mais qui portent, pour la plupart, le nom de leurs interprètes. Où le chorégraphe fait naître une cohabitation sensible des corps au sein du groupe, mêlant des fragments d’histoires et des impressions personnelles.

Un précipité d’abstraction et de fougue

Sur un plateau presque nu, l’émotion circule par le mouvement pur : duos et pièces de groupe se succèdent et se construisent parfois en temps réel, à partir de fragments et de dialogues. Les danseurs y font corps avec la clarté et la précision qui donnent sa marque à l’écriture d’Emanuel Gat et son langage chorégraphique : entre émotion, sensation et fragilité. Un foisonnement des corps qui plonge le spectateur dans une énergie poétique, bigarrée et expressive.

Alternant musique live et enregistrée, passant de Nina Simone à Awir Leon, la pièce est un lâcher prise, créant en temps réel un précipité d’abstraction, de chair, de présence et de fougue pour un hommage à la danse et ceux qui l’inventent sur scène, en direct !

Dates : du 8 au 11 janvier  2020 – Lieu : Théâtre National de Chaillot (Paris)
Chorégraphe : Emanuel Gat

Le chanteur Aziz Sahmaoui présente son nouvel album Poetic Trance

L’artiste Aziz Sahmaoui est de retour avec son nouvel album Poetic Trance. Après avoir participé à la fondation du groupe l’Orchestre National de Barbès, Aziz Sahmaoui trace sa route en compagnie de son groupe University of Gnawa pour rappeler à quel point il est un musicien prodigieux et surfer sur les sonorités de toutes les parties de l’Afrique.

Un album pour s’évader

D’abord orienté vers des études de lettres, Aziz Sahmaoui est né à Marrakech avant de débarquer à Paris pour y co-fonder un groupes restés dans toutes les mémoires de ceux qui ont vécu intensément les années 90, l’Orchestre National de Barbès. Avec sa nouvelle formation University of Gnawa, le chanteur et musicien cherche la transe avec des boucles rythmiques sans fin qui mènent tout droit vers l’hypnose. C’est toute la musique méditerranéenne qui se révèle aux oreilles d’un auditeur subjugué, celle qu’il a connu dès son enfance avec l’écoute des musiques populaires du Maghreb. Cet album Poetic Trance privilégie les sonorités traditionnelles, avec tambours, violons et guitares. Il revisite son identité musicale et s’affranchit des frontières. Certains se souviendront qu’Aziz Sahmaoui a travaillé avec une grande figure du métissage cosmopolite, le pianiste Joe Zawinul, ancien de chez Miles Davis et fondateur de Weather Report. Dans Poetic Trance, Aziz Sahmaoui & University of Gnawa proposent leur déjà troisième opus pour un voyage musical fascinant, surtout pour ceux qui ne sont pas totalement habitués à ces sonorités. En compagnie de Martin Meissonnier à la production, ils creusent leur sillon entre Nord et Ouest de l’Afrique, Orient et Occident pour s’adresser à un public plus large que leur cercle initial de connaisseurs. L’influence des musiques traditionnelles semble a priori l’évidence même avec des morceaux qui transportent dans des régions qui ne demandent qu’à être découvertes. Le morceau Gang sound of Mbirika rappellera même à certains les riches heures du Krautrock avec ses sonorités puissantes et enveloppantes, preuve de la richesse d’un album varié et éclectique.

Aziz Sahmaoui sera en concert à la Cigale le 25 mars 2020, l’occasion de participer à une orgie de sons et de plonger dans un univers fascinant.

L’histoire de l’aviation, superbe livre de collection (Gründ)

L’histoire de l’aviation, superbe livre de collection (Gründ)

Que vous soyez un passionné de l’aviation ou pas, ce magnifique ouvrage, L’histoire de l’aviation, grand format, de Gérard Feldzer, Michel Polacco, Carl Warner et Stephen Woolford, ne peut que vous emballer. Les photos y sont sublimes !

Le lecteur découvre l’évolution de l’aviation à l’aide de textes, de photos et de nombreux documents de l’époque. Magnifique panorama historique de l’aviation.

En novembre 1783, on découvre le premier vol en montgolfière.
George Cayley est le « père de l’aviation ». Avec lui, le premier planeur prend forme et son premier vol a lieu en 1853.
Les frères Wright, Louis Blériot, Charles Lindbergh, Howard Hughes, et bien d’autres encore, vouèrent leur vie à l’aviation.
La guerre devint aérienne. Et les progrès de l’aviation furent fulgurants, grâce à des génies, comme Marcel Dassault.

Et aujourd’hui, l’avion est le moyen de transport le plus sûr au monde. Les jeunes générations l’utilisent sans vraiment se rendre compte de la chance qu’ils ont de parcourir ainsi le monde.
L’histoire de l’aviation est non seulement un livre passionnant par ses explications mais c’est aussi un livre d’art avec des photos magnifiques. A lire et à contempler sans restriction !

 

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 5 décembre 2019
Auteurs : Gérard Feldzer, Michel Polacco, Carl Warner
et Stephen Woolford
Editeur : Gründ
Prix : 29,95 €

Lames vives, un premier tome à la découverte d’Obédience, d’Ariel Holz (Mnemos)

Lames vives, un premier tome à la découverte d’Obédience, d’Ariel Holz (Mnemos)

Ariel Holzl se fait connaître avec la trilogie des Sœurs Carmines, qui fait l’unanimité autant pour son humour noir et sa plume acérée que pour l’univers qu’il a créé avec Grisaille. Il remporte notamment pour Le complot des corbeaux, le premier tome de sa trilogie, le Prix Imaginales 2018 ainsi que le Prix de l’Imaginaire des Booktubeurs 2018.

Un roman unique

Dès les premières lignes, on sent dans Lames vives un mélange de diverses inspirations, qui rend ce roman unique, semblable à aucun autre. Avec ce nouveau roman, Ariel Holzl fait un premier pas hors de la littérature de jeunesse et nous propose un récit plus adulte, plus sombre, moins dans l’ironie et le sarcasme, sans perdre en qualité.

Cinq narrateurs, cinq points de vue

Obédience, c’est un méli-mélo de personnages, tous uniques, qui prêtent leur voix pour faire de Lames Vives un roman aux multiples points de vue. Ils apportent chacun quelque chose, que ce soit des émotions, de l’action ou simplement des informations supplémentaires sur le fonctionnement d’Obédience. Ce sont cinq narrateurs qui, chacun leur tour, entraînent le lecteur d’un coin à l’autre de cet univers qui nous semble complètement brisé. Maîtres, esclaves, défenseurs d’une République en laquelle ils ne croient plus vraiment, chacun est persuadé d’être du bon côté de l’histoire. Ainsi, Ariel Holzl ouvre une réflexion, nous fait penser à des éléments de notre propre histoire, nous fait analyser par deux fois ce que l’on pense connaître avec certitude.

Un tome d’ouverture

Obédience est une introduction à un univers sombre et très complet, riche, que l’on n’a pas encore fini de découvrir. Obédience semble retenir des dizaines de secrets, que le lecteur s’échine à deviner tant bien que mal, alors qu’Ariel Holzl parvient à nous surprendre, toujours là où on ne l’attendait pas. Les personnages possèdent des pouvoirs qu’ils ne comprennent pas encore forcément bien, et que le lecteur n’a pas encore découvert entièrement. Obédience permet à Ariel Holzl de nous faire découvrir cet univers, tout en gardant pour lui les réponses aux dizaines de questions que le lecteur se pose encore une fois le roman terminé.

Ariel Holzl nous prouve une nouvelle fois qu’il est maître dans l’art de créer des univers de toute pièce. Après les Sœurs Carmines, il renouvelle l’exploit avec Lames Vives, dans un texte plus adulte et plus sombre encore.

Infos de l’éditeur :

Date de parution : novembre 2019
Auteur : Ariel Holzl
Editeur : Mnemos
Prix : 18€

Le duo Dune publie son premier LP Near or Far à l’atmosphère hypnotique pop

Dune, Near or Far

Le duo Dune composé d’Anja Fougea au chant et de Thomas Chatel aux synthés et à la production forme le groupe Dune. Les premiers extraits Lift Up et Under the rain donnent la couleur de leur premier EP Near or Far. Les sonorités électro-acoustiques accompagnent la voix très pop acidulée de la chanteuse pour une très belle surprise de ce début d’année 2020.

Un duo à surveiller de près

Loin des clichés RnB synthétiques actuels, Dune joue la carte d’une pop assez classique, acidulée et pleine de surprises. Leur premier Ep Near or Far contient seulement 5 titres qui donnent le sourire tant les compositions sentent le professionnalisme et provoquent l’émerveillement. Les ‘arrangements sont splendides, la voix d’Anja Fougea rentre dans l’esprit pour ne plus en sortir et les ambiances sont complémentaires d’une chanson à l’autre. Lift Up est un plaisir coupable avec son intro ressemblant au thème de James Bond et la voix très The Cardigans période Lovefool. Et puis il y a le sublime Near of Far, plus aérien et cérémonial. La voix devient une invitation au voyage. C’est Etienne Caylou qui a mixé le tout, avec un mastering signé Chab avec une grande place laissée aux machines antiques, comme un clavier Juno-106 et une boîte à rythme CR-78. Le clip de leur premier titre Lift Up fait apparaitre de belles couleurs criardes dans une ambiance west coast presque seventies. Les humains semblent en représentation permanente, toujours dévoilés sous leur plus beau jour, les rendant synthétiques et vides, comme figés dans le marbre. Le téléphone portable est omniprésent et chaque scène bouscule la suivante dans une litanie de moments éphémères immortalisés pour une postérité désabusée. Au son de Lift Up, les personnages vont pourtant prendre vie et s’agiter jusqu’à une improbable dénouement façon exposition de David Hockney. Le duo s’est rencontré au lycée avec une amitié qui a lié à jamais Anja et Thomas. La chanteuse exerce sa voix depuis toujours jusqu’à rédiger ses premières chansons pour révéler son imagination débordante, entre conscience de la vacuité des choses et de leur emprise sur l’esprit humain dans une société qui enserre les gens dans des besoins futiles mais omniprésents. Thomas est le maitre d’œuvre du combo, du projet grâce à une curiosité qui lui a fait découvrir notamment le jazz, les machines électroniques et les synthés. Les deux complices sont le Ying et le Yang d’un projet musical au cœur d’une société qui perd ses repères et a pourtant besoin de se retrouver avec des contacts humains loin des technologies factices. Pour cela, Anja et Thomas n’hésitent pas à chercher encore et encore des sons qui touchent l’auditeur, en quête de perfection avec des mélodies plus qu’accrocheuses. Le deuxième extrait Under the Rain se veut plus punchy pour faire danser et se mouvoir. La chanson est décrite comme un hommage à un être cher et disparu. Le morceau est un paradoxe avec des paroles mélancoliques sur une musique entrainante.

Le duo Dune pourrait bien marquer l’année à venir avec comme première pierre à l’édifice ce LP qui impose des écoutes répétées tant la musique et les paroles sont au rendez-vous pour le plus grand plaisir de l’auditeur.

Japon, à pied sous les volcans, un superbe livre de Nicolas Jolivot (HongFei)

Japon, à pied sous les volcans, un superbe livre de Nicolas Jolivot (HongFei)

Publik’Art a eu la chance de rencontrer Nicolas Jolivot à Grain de Sel, à Aubagne. Un grand salon du livre réservé à la jeunesse. Nicolas a fait des dédicaces sublimes, à l’image de ses dessins !

Dédicace Nicolas Jolivot au Salon du livre Jeunesse Grain de Sel
©Publikart

Nicolas Jolivot nous offre un joli album avec Japon, à pied sous les volcans. C’est une sorte de carnet de bord, journalier, tenu par l’auteur lors de son voyage au Japon. Mais le plus important est sans aucun doute les dessins qui illustrent ses récits.
Il a traversé à pied l’île de Kyushu. Une épopée pas toujours facile ! Et souvent sous la pluie.
Tout au long de son périple, il nous livre ses rencontres et ses ressentis. Nicolas a dessiné ce qu’il voyait, le tout au feutre noir. Les dessins ont été par la suite colorisés. Ils sont de toute beauté !
Avec Japon, à pied sous les volcans, Nicolas Jolivot, on fait la découverte d’une facette très naturelle du Japon.

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 2018
Auteur : Nicolas Jolivot
Illustrateur : Nicolas Jolivot
Editeur : HongFei
Prix : 23 €

Top 10 Cinéma : le meilleur de l’année 2019

2019, l’année de la beauté tout azimut … et de la relève.

Surprenant classement final que celui-ci exempt de véritables maîtres du jeu comme Martin Scorsese, Quentin Tarantino ou encore Pedro Almodovar, alors que ceux-ci ont délivré de très jolies fictions en 2019. Rarement on aura vu autant d’histoires inspirés à l’heure où tout semble à la suite de la suite, au remake du reboot, à la franchise Comics. Mais, il ne m’en fallait que 10. Comme chaque année. Et encore une fois, mon coeur de cinéphile va vous révéler ci-dessous les films qui m’ont le plus touchés, émus, fait frisonner (beaucoup !) et, en somme, fait adorer encore un peu plus le 7e Art, si cela est possible.

10 – L’heure de la sortie (Sébastien Marnier – France).

Sébastien Marnier plonge Laurent Laffite dans un récit nébuleux.

Une confirmation que le cinéma français peut nous proposer des choses en majuscules après la réussite de Xavier Legrand et son asphyxiant Jusqu’à la garde l’an dernier. Ici, on retrouve le caméléon Laurent Laffite, prof remplaçant aux prises avec une bande d’élèves surdoués baignant dans une atmosphère étrange à la minéralité très Lynchienne. On se laisse très vite piéger par un récit de faux-semblants à la conclusion étonnante. Brillant.

9 – Le Traitre (Marco Bellocchio – Italie).

Favino ou Buscetta, le mimétisme est parfait.

Il y avait bien longtemps qu’un grand film dédié à la Mafia n’était pas sorti sur grand écran. L’éternel Marco Bellocchio s’accoquine avec le sémillant Pierfrancesco Favino pour nous narrer l’hallucinant Procès du Siècle dédié à la Pieuvre palermitaine et son légendaire parrain Toto Rina. Passé le défilé de moumoutes, de postures stéréotypés ou encore son ballet d’exécutions convenues, nous nous trouvons face à une œuvre virtuose et inspirée multipliant les scènes déjà cultes, tel l’interrogatoire par hélicoptère interposé suspendu au dessus de la baie de Rio.

8 – Golden Glove (Fatih Akin – Allemagne).

L’un des choc de 2019. Attention au coma éthylique.

Il est aisé de comprendre le bad buzz qui colle aux chevilles poisseuses de ce film tant il se vautre dans la fange puante, dégueulasse et sans morale de son personnage principal : le fameux Boucher de Hambourg. Rarement un thriller suivant les péripéties d’un serial killer n’aura suscité tant de haut le coeur. Il faut dire que son réalisateur, Fatih Akin, inattendu ici, et son acteur, Jonas Dassler, signent ici une reconstitution méticuleuse et démentielle du quotidien de ces êtres marginaux qui veulent « vivre ». Un choc.

7 – Dolemite is my name (Craig Brewer – USA).

Le grand retour d’Eddie Murphy ou de Dolemite, c’est selon.

L’éclat de rire de l’année est pour … Eddie Murphy ! 3 décennies plus tard, quasiment sans une ride, il reprend sa légendaire moustache et son regard pétillant pour interpréter un looser magnifique qui veut à tout prix réussir dans l’industrie du spectacle. Et pour parvenir à ses fins, quoi de mieux qu’une réplique déjà culte : « Je m’appelle Dolemite, et pour bai**r ces enf***és, je n’fais pas dans le light ». A coup de situations délirantes, de générosité dans sa retranscription de l’époque et de sa faune, Dolemite fait parti des excellentes surprises de Netflix (pas si nombreuses).

6 – Midsommar (Ari Aster – USA)

Vous reprendriez bien un peu de tourte à la viande ?

2 années de suite présent dans le top 10 … pour ses 2 premiers films ! Quelle promesse que représente Ari Aster pour le cinéma de genre. Ou plutôt le cinéma tout court, tant il semble imprégner de générosité chacune de ses fictions. Ici, une plongée immersive totale lors des célébrations du solstice d’été dans ce qui semble être une secte scandinave. On pense souvent au Wicker man de Robin Hardy pour le WTF total de certaines scènes. Une expérience cinématographique intense.

5 – US (Jordan Peele – USA).

Mieux vaut ne pas savoir ce que cette jeune fille regarde. Ou pas.

Après le premier choc qu’avait constitué Get out, inutile de vous dire l’impatience que nous avions avant de découvrir US. Sur les thèmes rebattus du double et du home-invasion, Peele nous surprend malgré tout avec un nouveau cauchemar éveillé aux ramifications multiples. Le tout avec un sens de l’esthétisme toujours plus prononcé de Mike Gioulakis, qui est aussi le DP de Shyamalan, et une vraie générosité dans la construction de son récit. La relève est là.

4 – Green Book (Peter Farrelly – USA).

L’un des plus beau duo d’acteur de la décennie écoulée.

Une belle grosse surprise que de retrouver l’esthète du pipi-caca-sperme dans les cheveux aux commandes de cette somptueuse comédie dramatique que n’aurait pas renié Frank Capra. Certes il s’agit bien d’une sorte de buddy movie, et l’un des plus drôle assortiment qu’on ait vu depuis des lustres, mais ici, tout n’est que classicisme et rhétorique élégante. Il faut dire que le sujet d’être Noir dans les US des années 60 ne se prête pas tout à fait à la rigolade. Le genre d’introspection sur elle-même que l’Amérique sait faire, nous condamnant à perpétuer cette légendaire image d’elle : la terre du possible.

3 – El Reino (Rodrigo Sorogoyen – Espagne).

Une thriller politique à ce niveau : total régal.

Oui messieurs, merci bien pour eux, le thriller espagnol se porte comme un charme. Celui que déploie l’exceptionnel Antonio de la Torre dans la peau d’un politicien coincé entre le marteau et l’enclume quand une lourde affaire de corruption éclate au sein de son parti. Après le brillant Que dios nos perdone, le prometteur Rodrigo Sorogoyen opère au scalpel le milieu de la politique de son pays (et des nôtres ?) avec une précision dans l’image et dans les mots assez hallucinantes. Un crescendo jubilatoire jusqu’à l’entretien télévisuel final à couper le souffle.

2 – Parasite (Bong Joon-ho – Corée du Sud).

Méfiez-vous de l’eau qui dort.

S’il ne devait rester qu’un cinéma pour illustrer la décennie (voir depuis les années 2000), je choisirai sans hésitation aucune celui de la Corée du Sud. L’hybride parfait pour nous européens entre une occidentalisation assumée et cette folie juste-au-boutiste typiquement asiatique. Cela nous donne cette année une Palme d’Or, et surtout un thriller d’une maitrise sans pareil. Impossible d’évoquer quoique ce soit du scénario pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte aux néophytes. On dira juste que c’est le film de famille parfait.

1 – Les oiseaux de passage (Ciro Guerra & Cristina Gallego – Colombie).

En 2019, le café grand cru Colombien est N°1.

J’ai choisi de placer numéro 1 de ce classement en 2019 une pépite colombienne dans lequel le mot ART pour 7e Art me semble pousser tous les curseurs au maximum. Les oiseaux de passage est un condensé de la vie et de ses tumultes comme on peut en voir souvent sur grand écran. Mais à ce niveau d’engagement esthétique total, jamais. Une musique organique en parfaite symbiose avec des images d’une beauté à couper le souffle. Tellement d’humanité dans le regard de Rapayet, broyé par les turpitudes d’un monde à la limite de d’effondrer.

Top 10 Opéra / Danse : le meilleur de l’année 2019

Top 10 Opéra/Danse : le meilleur de l'année 2019
La Traviata de Giuseppe Verdi, mise en scène Simon Stone – photo © Charles Duprat/Opéra national de Paris

Top 10 Opéra / Danse : le meilleur de l’année 2019

Après notre top 10 des pièces de théâtre pour l’année écoulée, place au top 10 Opéra / Danse qui consacre des surdoués de la scène opératique ou chorégraphique. Simon Stone qui, pour sa première mise en scène d’opéra, a fait sensation avec sa Traviata revisitée, prend la tête du classement, sans oublier les valeurs sûres : Krzysztof Warlikowski, Bob Wilson, Anne Teresa De Keersmaeker, Crystal Pite ou encore Thierry Malandain ainsi que Calixto Bieito et Wayne McGregor, où chacun à sa manière, témoigne d’un univers singulier et réinventé. Bravo !

1) « La Traviata » de Giuseppe Verdi, mise en scène Simon Stone

2) « Les Six concertos brandebourgeois » – chorégraphie Anne Teresa De Keersmaeker

3) « Lady Macbeth » de Mzensk, mise en scène Krzysztof Warlikowski

4) « Madame Butterfly » d’après la pièce de David Belasco adaptée d’une nouvelle de John Luther Long, mise en scène Bob Wilson

5) « Don Giovanni » de Mozart, mise en scène Ivo van Hove

6) « La Pastorale », musique de Ludwig Van Beethoven, chorégraphie Thierry Malandain

7) « Lear » d’après William Shakespeare, mise en scène Calixto Bieito

8) « Tree of Codes », mise en scène Wayne McGregor

9) « Body and Soul » – chorégraphie Crystal Pite

10) « Le Presbytère » de Maurice Béjart, mise en scène Gil Roman

Top 10 Théâtre : le meilleur de l’année 2019

Top 10 Théâtre : le meilleur de l'année 2019
Ivo van Hove “The Hidden Force © Jan Versweyveld

Top 10 Théâtre : le meilleur de l’année 2019

Comme pour chaque fin d’année et sa rétrospective, nous nous sommes livrés au classement traditionnel des 10 meilleures pièces de théâtre de l’année 2019. Le classement retenu s’attache à des écritures théâtrales nouvelles, singulières, audacieuses, revisitées ou plus intimes, portées par une qualité de jeu toujours extrême, pour un théâtre qui parle forcément de nous pour mieux parler des autres et donc du monde. Excellente année 2022 à tous.

1) « The Hidden Force », de Louis Couperus, mise en scène Ivo van Hove

2) « L’Absence de Père«  de Lorraine De Sagazan, Guillaume Poix, adaptation d’après d’après (Platonov) de Anton Tchekhov, mise en scène Lorraine de agazan

3) « Fanny et Alexandre » d’Ingmar Bergman, mise en scène Julie Deliquet

4) « Déjeuner chez Wittgenstein » de Thomas Bernhard, mise en scène Agathe Alexis

5) « Opening Night », d’après le scénario de John Cassavetes, mise en scène Cyril Teste

6) « Mademoiselle Julie » d’August Strindberg, mise en scène Julie Brochen

7) « Tout le monde ne peut pas être orphelin », mise en scène Jean-Christophe Meurisse

8) « La passion suspendue » / Marguerite Duras, adaptation et mise en scène Bertrand Marcos

9) « Le Livre de la jungle » (Jungle Book) d’après Rudyard Kipling, Conception, décors, lumières et mise en scène Bob Wilson

10) « Les Sorcières de Salem », texte Arthur Miller, mise en scène & version scénique  Emmanuel Demarcy-Mota

Excessives, portraits de femmes de la fin du XIX siècle (Favre)

 

Excessives, portraits de femmes de la fin du XIX siècle (Favre)

Louise Ebel est une jeune femme passionnée par de nombreux domaines. L’Histoire, les arts, la mode, et surtout la femme sont ses sujets de prédilection. Et dans son dernier livre, Excessives, l’auteur met en lumière des femmes qui ont osé être femme à une époque où les femmes devaient rester discrètes. Excessives, portraits de femmes de la fin du XIX siècle, qui n’ont peur de rien et qui sortent de l’ombre !
Si Louise Ebel nous confie la vie de ces femmes, elle le fait toujours par rapport à l’Histoire. Impossible de sortir ces évènements de leur contexte historique. C’est d’ailleurs le côté passionnant du livre. Ces femmes, sont toutes des artistes, à leur façon, soit des comédiennes, soit des littéraires, soit des muses, soit des anarchistes, des rebelles mais toutes sont des féministes avant l’heure ! Elles ne reculent devant rien et leur corps est souvent un attrait terrible dont elles ne se cachent pas. Souvent elles en souffrent car il est quelquefois maltraité mais encore plus souvent leur corps est leur arme.
Louise Ebel a su mettre en avant leur vie hors norme, souvent hallucinante, au destin incroyable ! Excessives, porte bien son nom et nous entraîne bien loin de notre quotidien !

Infos de l’éditeur :

Date de parution : 17 octobre 2019
Auteur : Louise Ebel
Editeur : Favre
Prix : 22 € (248 pages)

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